07 janvier 2017

Participation de Tilleul


Comme chaque été, nous nous retrouvions mes frères et moi, en vacances chez mes grands-parents. Ce n'était pas l'hémisphère sud, parfois le soleil boudait mais nous adorions ces jours où le ciel montrait grise mine. Après un copieux petit déjeuner, nous nous enfermions au « grenier des anges », une mansarde surnommée ainsi par mon grand-père – sans doute nous trouvait-il bien sages... Là, étaient stockés de véritables trésors. Chiner était la passion de ma grand-mère. Sur un vieux secrétaire, la plume d'oie, ramassée lors d'une balade à la ferme voisine, trempait dans un vieil encrier de  bronze. L'encre bleue ardoise avait séché depuis bien longtemps mais nous aimions jouer à faire semblant, tantôt j'étais marquise, tantôt j'étais reine et prenait plaisir à diriger mes valets...
Dans un coin, une Marianne grandeur nature, donnait l'impression de surveiller nos moindres faits et gestes. Elle avait longtemps trôné au milieu d'un parc, au temps où mes aïeux, jeunes mariés, habitaient une petite maison bleue. Ils avaient emporté la statue en changeant de demeure. Elle était dans le grenier provisoirement avant de retrouver une place dans le nouveau jardin... Le provisoire était devenu définitif...
Sous la toiture, à l'endroit où il fallait se baisser pour avancer, il y avait un grand coffre noir. Nous aimions fouiller  ses secrets... Des vieux chapeaux, des photos jaunies, couleur du temps qui passe, montraient bon-papa et bonne-maman tout jeunets... A l'arrière d'un cliché, on pouvait lire « promenade d'un dimanche dans l'allée des orangers »... Il y avait un paquet de lettres aussi, serrées par un ruban de satin bleu. C'était sans doute le courrier échangé par mes grands-parents au temps de leurs fiançailles mais nous n'avons jamais lu ces missives, par respect pour leur vie privée. Pour des enfants, les grands-parents ont toujours été vieux. Il était dès lors difficile d'imaginer que papy et mamie aient pu être de jeunes amoureux...
La rentrée des classes approchant, nous repartions le cœur gros mais la tête remplie de doux souvenirs en attendant les vacances suivantes...

N.B Je n'ai pas connu mes grands-parents... Aujourd'hui, je suis mamie et j'aimerais que mes petits-enfants gardent de tels beaux souvenirs de leurs vacances chez moi...
 

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17 mars 2012

Matricaire discoïde (Tilleul)

 

En été, l’entretien du jardin prend la plupart de mon temps. L’an dernier, alors que le soleil brille après quelques jours de pluie, un sarclage est nécessaire. Chaussée de bottes, tenant en main l’outil adéquat, je me penche et… tout d’un coup, une odeur particulière me transporte cinquante ans en arrière...

Je me revois assise sur le seuil en pierre bleue de la maison de mon petit voisin avec qui je partage tous mes jeux. Il fait beau, la pierre est chaude, je suis bien. Dans le verger, les linges mis à sécher sur le fil dansent au vent léger. La barrière fermée du jardin potager interdit aux poules en liberté d’y entrer mais ne nous empêche pas d’aller de temps en temps croquer une jeune carotte ou une feuille d’oseille… Papa est sans doute parti en forêt, maman est peut-être derrière sa machine à coudre, occupée à nous confectionner une jolie  robe ? Mon souvenir reste vague, seule une impression d’immense bien-être, de jours heureux,  a marqué ma mémoire…

Dans la terre battue du sentier piétiné, poussent quelques mauvaises herbes, des petites boules jaunes que l’on cueille tantôt pour simplement les écraser entre nos doigts, tantôt les  déposer dans une assiette de dînette pour le repas d’une poupée…

 

Chaussée de bottes, tenant en main l’outil adéquat, je me penche et… je n’ai pas arraché cette plante qui me rappelle de si bons souvenirs…

 

« L’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer… à porter sans fléchir… l’édifice immense du souvenir » (M.Proust)

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04 février 2012

Le bourg de tilleul (Tilleul)

  

Entouré de bois et de collines, mon bourg est tout petit. Je ne cite point son nom, il renferme une lettre interdite…

Tout près de chez moi, une forêt de chênes rouvres, de frênes, de peupliers et de conifères qui restent toujours verts, offre son ombre et ses sentiers en été et permet surtout de trouver du bois pour nourrir le poêle en hiver. Chevreuils, cerfs ou biches y trouvent refuge. Les derniers loups ont été tués depuis bien longtemps…

Mon logis est modeste, je m’y sens bien. Non loin de chez moi demeure une copine qui tient une boutique ou vous pouvez trouver outre du sucre, des légumes ou des boites de conserve, une serpillière, des piles, ou des serviettes… Je ne peux tout énumérer. C’est précieux pour les têtes de linotte comme moi qui oublie bien souvent des petites choses lors de ses courses en ville.

Les nuits sont silencieuses et noires, point de bruit de voiture pour troubler vos rêves. Les réverbères éteints permettent de découvrir des milliers d’étoiles qui scintillent. De temps en temps, vous pouvez percevoir le ululement d’une chouette chevêche. Qu’il pleuve, qu’il vente ou que le soleil brille, les bouvreuils, merles ou rouge gorge côtoient les pies et les corneilles venues pour engloutir les tournesols semés pour eux.

Pour vos sorties, point de ciné ni de musée, seules quelques soirées entre voisins où rires, bonne humeur et jeux de belote s’invitent. Cinq kilomètres plus loin, une petite ville offre tous les loisirs possibles… Non ! Je ne m’ennuie nullement. Pour meubler mes temps libres, je peins, je tricote, je visite différents blogs que j’estime (Berthoise, Joye…*) ou bien j’écris ce défi…

 

* Je ne peux nommer les blogs qui renferment une lettre interdite. Mille excuses.

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14 janvier 2012

Poussières … (Tilleul)


Petites particules,
Oubliées dans le vestibule,
Unanimement chassées
Sur les meubles cirés et
Sous l’escalier,
Il faut vous en aller.
Envoyez-vous en l’air,
Retournez à la terre,
Evitez de vous montrer !
Saletés !

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19 décembre 2009

Femmelette givrée (Tilleul)‏

Une odeur de cannelle emplit la maison… Vous l’avez compris, je ne dîne pas seule ce soir… Mes invités vont arriver d’un moment à l’autre. Il est 18h et ils ont promis d’être là en fin de journée. Le vin chaud est à la bonne température, les verres sont prêts, la table est dressée…

18h30. Il serait temps qu’ils se pointent !! Le vin refroidit et l’agneau a trop chaud !! Il sera délicieux celui-là !! Dans le pot au feu, j’ai ajouté une cuillerée de coriandre, du cumin, du gingembre et un soupçon de piment de Cayenne en poudre… dans le livre, ils appellent cela de « l’agneau Kebab »… Ce sera de l’agneau brûlé si ils tardent encore !!

19h. Enfin ! La sonnette de la porte d’entrée retentit…

19h10. C’était la voisine, elle vendait le calendrier des pompiers !

19h45. J’ai déjà réchauffé le vin trois fois. Il ne doit pas bouillir et à force de regarder dans la marmite et de respirer les effluves aromatisés qui s’en échappent, je suis à moitié « pompette ». D’ailleurs, je vais en boire un petit peu, rien que pour le goûter…

Ils sont sans doute coincés dans une congère… Et le chasse-neige n’est pas encore passé… Si au moins ils avaient un portable !

20h. Je n’aurais pas dû !! J’ai vidé quatre verres de vin… Vous dites ? Non, je ne suis pas alcoolique mais il fallait vérifier l’assaisonnement… Pour les mêmes raisons, l’agneau est bien entamé lui aussi…

C’est la cinquième fois que je redémarre le CD de Johnny… Mes invités sont fans de lui, alors, vous comprenez, c’est pour leur faire plaisir parce que moi, je n’apprécie pas plus que cela, je préfère Mozart ou Bach…

Les bougies allumées pour une ambiance de fête sont presque consumées. Tant pis ! Je les éteins et la gazinière aussi !

Pfff ! En plus j’ai mal aux pieds ! J’enfile mes pantoufles et je me laisse tomber dans un fauteuil… où je ne tarde pas à m’endormir…

20h35. Driiing ! Mince ! Les voilà ! Et je ne suis pas prête…

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12 décembre 2009

Mots-cadeau (Tilleul)

A vous tous qui venez me lire,

En cette fin d’année morose,

J’ai envie d’offrir

Des rêves tout en rose

 

Des roses ?

Qu’en feriez-vous

C’est le temps du houx

Et de la neige qui se pose…

 

Une pause ?

En musique, c’est un silence,

Des secondes pour respirer, s’oxygéner…

Effacer la souffrance

 

En France, en Amérique et même en Palestine

Partout, les lumières éclairent les vitrines

Les sapins s’illuminent

Père Noël et angelots se côtoient… Qui les y a mis ?

 

Amis virtuels,

Que cette année nouvelle

Vous apporte mille étincelles

De paix, d’amour partagé et de joie réelle

Pour que la vie soit belle !

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14 novembre 2009

Suite de Zigmund (Tilleul)

ma non tropo

Nos deux héros, petites notes sur une portée, sont allongées, nues  à l'ombre de la clé de sol

Si bémol croche  reproche à Mimi bémol blanche de se  trainer, mais Mimi rêve d'un beau point d'orgue bien musclé et langoureux.

Alors que Si bémol souhaite des syncopes, des soupirs, et quelques pauses coquines.

Mimi aime à regarder le reste de la portée, les autres notes au loin qui attendent la fin du point d'orgue pour redémarrer. Profite  dit Mimi  ...

C'est "quand il veut le batteur  ! " répond  Si bémol

Un câlin, un sourire minaude Mimi bémol.

L'est déjà assez longue cette mesure grogne la croche, si on met une liaison entre toi et moi , çà va lasser, je te le dis...j'aimerais passer à la vitesse supérieure si tu vois ce que je veux dire.

Ce compositeur, je ne sais pas où il veut en venir, à mon avis il va lui falloir un sérieux coup demain pour terminer sa partition

on n'est pas rendu à la double barre finale c'est moi qui te le dis.

"c'est la double barre finaaale, groupons nous z'et demain, musique géniaaale pour tout le genre humain"fredonne Mimi sur un air bien connu.

Et maintenant c'est quoi ce  Fa dièze qui vient se pointer à la reprise hein ? l'a pas l'impression de mettre le souk avec  deux bémols à la clé non ?

Ben quoi , si je veux passer en sol mineur, faut bien que je le case mon fa dièze, et puis après tout c'est qui le compositeur ?

clip

Suite par Tilleul :

« Papapam ! Papapam !

Oust ! Finie la récréation !

Et les potins de salon ! »

Mais qui est-il celui-là ?

Un trombonne ? Un tuba ?

Terminée la promenade !

Sans dièse ni bémol, telle une tornade,

Il souffla, souffla si fort

Que la portée se dénuda…

Parties les notes, là…

La clef de sol est devenue fa…

Plus de Mimi, de blanches ni de noires

Cette anicroche

A supprimé les croches…

Seules quelques rondes, bonnes poires,

Lovées entre silences et  soupirs

Attendent le point d’orgue avec un sourire…

Pas de sol mineur pour cette composition !

Le do majeur sera mieux dans le ton…

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05 septembre 2009

A l’ombre des balsamines (Tilleul)

 A l’ombre des balsamines,

J’ai vu, déposés sur le lit de l’onde,

des pépites d’or…

 Elles étincelaient de tout leur éclat

Quelqu’un m’a dit : ce sont des cailloux

Polis par le courant,

Qui brillent sous le soleil…

 Moi, j’ai vu des pépites d’or…

 

 

Dans le fond de l’étang,

J’ai vu, s’enfonçant dans la vase,

Un coffret d’argent…

Quelqu’un m’a dit : c’est un papier alu

Qui a été jeté par un promeneur

Peu respectueux de l’environnement…

 J’ai vu un coffret d’argent.

Or, je ne mens pas et l’autre non plus,

Et chacun raconte ainsi qu’il a vu.

 

 

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27 juin 2009

La version de Tilleul

Où, nus, allongés sur le dos, nos deux héros discourent de la forme des nuages, de la caresse du soleil sur la peau, des petites bêtes qui peuplent la lande et du plaisir d'être, tandis qu'à l'horizon, l'adversité tisse ses noirs desseins.

Une petite brise légère rafraichit l’atmosphère lourde de cette fin de mois de juin… Les examens sont terminés. Les résultats devraient être à la hauteur des efforts fournis durant cette longue période de torture estudiantine. Les vacances promettent d’être belles…

Elle attendait depuis longtemps ce jour où il lui déclarerait enfin sa flamme… Maintenant, elle a l’impression que son cœur est trop petit pour contenir la joie qui l’habite.

Il se demande pourquoi il a tant tardé à lui avouer son amour…

En observant le bleu du ciel, ils s’amusent comme deux adolescents sans soucis à interpréter le dessin formé par les quelques voiles cotonneux qui traversent l’azur… Ils sont seuls au monde… Leur bonheur durera longtemps !

Soudain, effrayés, ils se redressent d’un mouvement brusque…  et c’est debout qu’elle s’exclame :

« Non ! Ils ont osé ! »…

 

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26 juin 2009

Après la tempête (tilleul)‏

Quel jour sommes-nous ? Vendredi ? Vous êtes sûrs ? Il est grand temps que j’envoie mon défi alors ?

Pour le taper, il n’y a pas de problème (tant que la batterie de mon portable est chargée…) mais pour l’envoyer, si cette panne de courant dure, je me demande comment je vais faire… Le soir, je m’éclaire avec des bougies, et pour me laver, je fais chauffer de l’eau sur la gazinière… J’ai l’impression de vivre au début du siècle dernier. Sans internet ni télé, j’ai perdu les contacts avec le monde extérieur…

L’habitude de tourner le robinet pour avoir de l’eau chaude, de pousser sur le bouton de l’aspirateur pour nettoyer, de se servir de robot, moulinette, mixer…Avez-vous remarqué qu’il existe une machine électrique pour toutes les tâches ménagères ?  (Le voisin, se rase dans sa voiture avec la prise de l’allume-cigare). Il est interdit d’ouvrir le congélateur… Le matin, mon réveil radio ne marche pas… Heureusement que le soleil se lève tôt…

Cette panne dure depuis deux jours…

C’était la nuit, un terrible orage a éclaté et les bourrasques de vent ont arraché les câbles trop vieux. En un instant, toute la rue s’est retrouvée dans le noir… Le dieu Eole s’en donnait à cœur joie, il faisait valser les tôles de l’étable voisine, il déracinait les arbustes (le boule de neige et le merisier de mon jardin se sont retrouvés dans une position oblique…) Je n’étais pas rassurée, craignant à chaque instant que le toit de la maison s’envole…

Maintenant, le calme est revenu… les ouvriers d’Electrabel s’affairent de tout côté pour réparer les dégâts… Mais, qu’est-ce que j’entends ? Le frigo recommence à ronronner, les spots de la cuisine sont allumés… Youpi ! C’est réparé ! Je poste tout de suite !

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