Défi #253
"Il n'y a pas de hasard
il n'y a que des rendez-vous !"
Paul Eluard
Qu'en pensez-vous ?
A vos plumes chers amis défiants !
Réponses souhaitées à l'adresse bien connue :
A très vite ...
"Il n'y a pas de hasard
il n'y a que des rendez-vous !"
Paul Eluard
Qu'en pensez-vous ?
A vos plumes chers amis défiants !
Réponses souhaitées à l'adresse bien connue :
A très vite ...
Walrus ; EVP ; Vegas sur sarthe ; Vanina ; Venise ;
Anémone ; Prudence Petitpas ; MAP ; Stella No. ;
Joye ; Joe Krapov ;
Calais - Douvres
Un vent soutenu sévit sur le Pas-de-Calais.
Comme annoncé sur le site de la météo des ports, il est à son maximum pour l'heure très matinale de la traversée et la hauteur des vagues dépasse largement les deux mètres, celle de la houle également (si vous êtes sages, je vous expliquerai la différence).
Avant que le ferry n'entre dans le port de Douvres, je tente un raid vers les toilettes (ben oui, le thé, c'est diurétique). Le parcours est ardu car c'est toujours au moment où je veux reposer un pied au sol que celui-ci se dérobe parce que le bateau roule. Quand je pénètre enfin dans les "lieux", je suis accueilli par une symphonie pour portes de djocs de ton mal défini : quand le bateau roule sur bâbord, toutes les portes des toilettes s'ouvrent dans un long gémissement de leurs charnières grippées et quand il repart sur tribord, elles se referment en un chapelet de claquements brutaux.
Je ne m'étendrai pas (m'étaler serait plus de circonstance) sur l'habileté qu'il faut déployer, n'étant muni que de deux mains, pour sauvegarder un équilibre menacé de toutes parts (car le raffiot roule et tangue tout à la fois), maintenir la braguette ouverte, l'élastique du slip baissé, et diriger le jet vers une cible en mouvement perpétuel (ou à la position incertaine, c'est comme vous préférez). Je comprends mieux pourquoi les marins portent des bottes !
Douvres - Calais
Sur le Dover Strait, c'est le calme plat.
Même si durant presque tout le trajet du Suffolk jusque Douvres, il a plu, une fois la traversée entamée, le soleil s'est mis de la partie, inondant de lumière une mer sans autres rides que les sillages des navires.
Sirotant un stout irlandais dans le salon arrière, nous constatons en observant ce fameux sillage que notre bâtiment ne semble pas traverser en ligne droite mais en une succession de courbes larges : bancs de sable, croisement de navires empruntant le détroit parallèlement à son axe ? Je n'en sais rien (voulez-vous que je me renseigne ?).
C'est quand j'ai pensé qu'avec une mer pareille je n'aurais pas droit à la symphonie du voyage aller que ça a démarré : une bande de gusses s'est mise à chanter ! J'ai d'abord pensé à des Gallois lesquels ont une propension bien connue à se rassembler en chorales, mais ceux-ci chantaient en anglais des histoires de marins loin de leur pays.
Le groupe chantait plutôt juste, ce qui exclut les Irlandais, et après un quart d'heure de prestation, les applaudissements du public (forcé) ne les ont pas incités à faire une collecte, ce qui élimine les Écossais. C'étaient donc bien des Anglais.
Elle semble comprendre exactement ce que je ressens.
Elle vous écoute et vous avez l’impression qu’elle sait déjà et ne juge pas.
Au fond de chaque être vivant il y a une vérité unique ; le regard de Miss vous ramène face à vous-même, face à la vérité.
Dieu, grâce à elle, j’y crois, et pour ceux que cela fait sourire, qu’ils se disent simplement qu’il vaut mieux vivre les yeux levés au ciel que baissés sur son nombril.
Miss à mes côtés : je ressens très fort l’autre comme un peu étranger, intimidant ; je ne m’habitue pas à son regard qui vous cherche soudainement, se cherche en vous ?
C’est tout à coup, à n’importe quel moment, n’importe où, cette impression aiguë de liberté, l’envie de tout aimer, de sourire à tout, ce besoin de remercier quelqu’un ;
Elle en premier.
Je me souviens d'une colline
Verte dans la verte Erin.
Elle avait cette joie intime
Que donne la mélancolie.
Elle avait ce charme infini
Qui berce ma mémoire
Encore aujourd'hui.
Sur la colline croissaient des fleurs
Blanches piquées dans le gazon.
Je portais une robe blanche.
Main dans la main, nous descendions.
Le soleil blond te coiffait de mèches folles
En bataille.
On devait bientôt les couper
A l'armée.
Depuis il a gelé sur la trop verte Erin.
Et la guerre est venue.
Des hommes se sont battus
Et le sang a souillé les fleurs de la colline.
Dans le grenier ma robe s'est fanée.
Bientôt pourtant reviendra la clarté.
Et sèchera le sang sur la verte Erin.
Et sècheront les plaies dans mon coeur douloureux.
Mais jamais, non jamais, je ne pourrai oublier
Nos adieux et mes larmes au bas de la colline,
Quand je dus te quitter,
Toi, et ta verte Erin.
Bruxelles, 1972
(1)
Je venais d'arriver en France pour la première fois. J'avais vingt-deux ans, la tête pleine de rêves et une grosse valise. Après tout, j'étais venue pour y passer une année scolaire comme assistante d'anglais. Je ne connaissais personne, mais j'étais munie d'un billet, d'une adresse, et d'une bonne formation. J'avais négocié l’avion, Chicago, Montréal, CDG, le car qui m'amenait au train, le train qui m'amenait à la Gare du Nord, et même le métro jusqu’au Quartier Latin, mais je ne voyais pas exactement où je devais descendre. Un peu perdue, je pris la grosse valise et ce qui restait de mes forces et je quittai le métro à un arrêt sans correspondance. Oui, je reconnus le risque je courais ! Un peu aveuglée par le soleil, j’ai pu repérer un petit taxi blanc à la sortie et je demandai au monsieur de m’amener à ma destination.
- Mais mademoiselle, c’est tout près d’ici, m’expliqua-t-il, gentiment.
- Mais monsieur, je ne peux plus ! Ne voulez-vous pas m’y amener, s’il vous plaît ?
Et le monsieur rattrapa ma grosse valise, la mit dans le coffre, et exécuta le petit parcours de cinq minutes à peine. Il accepta tous mes remerciements et la (trop) grosse pourboire, mais quand je lui dis « Monsieur, vous êtes un ange ! », il enleva sa casquette, me fit un grand sourire et cria « Très chère mademoiselle, bienvenue en France ! ».
(2)
Plusieurs années plus tard, j’arrivais un après-midi d’avril à Angers. Le parcours entre St-Laud et le quartier St-Léonard n’est pas inabordable, et ma grosse valise était déjà consignée à l’hôtel en face, mais il faisait moche dehors, alors, je retrouvai la gare et un taxi – une belle, grosse Américaine nickel. Le chauffeur était très bien habillé, et super désintéressé par tout, surtout par cette grande Américaine-ci sans moteur. De grosses sploutchs de moitié-neige, moitié-pluie tombaient sur le pare-brise, et les essuie-glaces Ford les effaçaient silencieusement.
- Dites, monsieur, quel temps pourri ! C’est ça, la douceur angevine ? lui demandai-je, histoire de converser un peu.
Il n’hésita pas une seconde pour répondre.
- Non, madame, ça, c’est le printemps.
Et nous continuâmes alors en silence.
(3)
Un soir, encore à Paris, quelques années plus tard, je raccompagnai à pied un ami à Austerlitz afin qu’il prenne son train. Pour rentrer, ce n’était pas loin, mais je n’avais pas envie d’y aller seul, et il se faisait tard. Je m’approchai du premier taxi dans la queue, et je vis le chauffeur, un homme noir comme la nuit.
- Voulez-vous bien m’amener à la Rue Mouffetard, monsieur ?
- Oui, mais pas de gros billets, s’il vous plaît !
- Entendu, dis-je, et je montai dans le taxi.
- Pas de gros billets, et comme pourboire, un bisou ! ajouta-t-il. Je vis ses yeux qui brillaient d’humour dans le rétroviseur.
- Un bisou ! Mais qu’en dira Madame le Chauffeur ? dis-je, en riant.
- Ben, tant que je travaille, elle sera d’accord !
(L’Enterrement)
La dernière fois que je pris un taxi, c’était ici en Iowa, à Des Moines. Je venais d’assister à un repas d’adieux, mais en ce moment-là, je ne le savais pas. Un ami de très longue date était venu me voir, et tout comme je ne savais pas que c’était la dernière fois que je le reverrais, nous passâmes la soirée à rire comme des dingues. La chauffeuse qui vint nous chercher au restaurant à la fin de la soirée était immigrée, d’Afrique, et je pus lui poser des questions sur ses expériences en Iowa. Elle dit qu’elle aimait les gens, que nous les Iowaniens étions sympathiques et généreux. Je lui dis qu’elle avait raison. Elle dit aussi qu’ici c’était tout petit, qu’elle préférerait aller vivre dans une ville plus grande. Elle rêvait de New York ou de Californie, comme le reste du monde en rêve. Elle s’étonna du monsieur venu de Paris, qu’est-ce qu’il faisait à Des Moines ? C’est une question que tout le monde doit se poser. Car c’est bien connu qu’ici, c’est tout petit, et sans intérêt.
La valise acquise à Valence
Où donc l’emmener en vacances ?
A Venise ? A Saint-Paul-de-Vence ?
Pleine de devises à Trévise ?
Pleine de pétulance à Lens ?
Même si toi tu t’en balances
Je crois que je penche pour Pise !
***
Celui qui oublie ses valoches
A l’avant du train
Mérite une paire de taloches
Ou qu’on lui botte l’arrière-train.
***
Sur le cannevas des vacances
Je tire un fil qui va
De Paris où l’on danse
Le french-cancan
Jusqu’à Cannes
Ou à Vannes
En passant
Par Trifouilly-les-Oies
Où la cane cancane
A propos des noces de Cana
Où Vanessa trouva
Son petit paradis
***
C’est si compliqué de savoir
S’il faut aller passer ses vacances en Vallonie
Ou ses ouacances en Ouallonie
Que la plupart des Belges préfèrent
Partir les passer en Espagne.
Bonnes vacances à toutes et à tous !
Il avait brandi une carte de visite chamarrée, qui le présentait comme le spécialiste du safari de Buffles d’Afrique, aventure pittoresque à des tarifs compétitifs. Il était même venu à me raconter les joies du safari.
Il me proposait donc ,de m’emmener dans des régions où nul autre blanc n’était jamais allé.
Dans la lueur de la brume du petit matin, le guide m’attendait sur sa moto.
On va voyager là-dessus protestai- je ?
Bien sûr dit-il.
C’est à quelle distance ?
Dans six à sept cents kilomètres
J’imaginais mon quintal de chair grasse flasque et dépourvue de muscle filait à cent cinquante kilomètre-heure sur la route.
Non refusais – je fermement.
On peut prendre ta voiture si tu veux.
Et nous nous retrouvâmes à foncer plein sud dans la brousse.
Après des heures de route que je ne comptais plus. Un troupeau d’une douzaine de buffles broutait tranquillement dans les hautes herbes.
Un buffle mâle nous attendait, la tête haute les naseaux dilatés, ses énormes cornes se découpant sur la brume qui montait de la rivière. Il me fusillait du regard.
J’avais un couteau de table plutôt élégant dans le tiroir à couvert, mais le couteau n’était pas à portée de main.
Le poids du véhicule devait être équivalent à celui du buffle.
J’ai compris plus tard que dans la nature rien ne frappe plus vite qu’un bluffe contrarié
Le mouvement est si rapide qu’il est impossible de l’observer.
Au même moment j’entendis mon guide me chuchoter : si tu ne fais pas de geste brusque, il ne chargera pas.
Ça va le rendre malade et de mauvais poil et il n’y a rien de plus dangereux qu’un buffle de mauvais poil croyez moi. !!
La redoutable tête s’approcha de mon bras sur le côté gauche.
Je n’eus même pas besoin de réfléchir
Il souleva le véhicule avec ses deux cornes
Espèce de connard gueulai-je en direction du guide.
Continue d’accélérer tu va voir tu vas y arriver répondît-il atterré.
Nous étions dans une impasse .impossible de tout lâcher et de partir en courant.
Je me serais évanouie si l’idée de m’évanouir dans une masse de buffle avait été plus attrayante
Bien sûr dit mon guide tu es dans un état de terreur avancée.
Ce qui rend tous ces buffles très mécontents !!
Bon je ne voudrai pas te froisser, mais dans ton état de panique actuel tu présentes un sacré danger pour moi dit le guide.
Au retour le véhicule défoncé, le guide me dit, de son plus beau sourire ne t’inquiète pas je ne dirai rien à personne.
J’eus envie de sauter du véhicule en marche, mais où aller ?
Car voyez vous je connais la brousse maintenant. Les buffles sont indéniablement des créatures intéressantes dans leur habitat à condition que cet habitat soit à des milliers de kilomètres du mien !!
- Courage ma fille, nous sommes bientôt au bout de nos peines, allez, tiens le coup, on arrive au bureau d’enregistrement… lui dit sa mère, alors qu’elles courraient toutes les deux dans les couloirs sans fin de l’aéroport de Schiphol à la recherche de ce foutu bureau. Il faut dire qu’elles venaient de faire douze heures d’avion entre le Honduras et Amsterdam, et que Marie, la plus jeune, avait très mal au ventre depuis qu’elle avait ingurgité le jus d’orange servi par la compagnie aérienne. Elizabeth, la maman, ne savait plus quoi faire pour la remettre sur pied et pas très à l’aise dans les aéroports, paniquait un peu à l’idée de ne pas trouver le bon bureau. Ayant trois d’heures d’attente lors de cette escale, elles arrivèrent très en avance sur l’horaire, et Liz, de son petit nom, sortit du peu d’énergie qu’il lui restait son plus beau sourire à l’hôtesse derrière le comptoir et commença à baragouiner en anglais, tendant son billet et son passeport.
- Vous n’êtes pas au bon endroit, madame, ici c’est la porte d’embarquement, il faut retourner sur vos pas…
Liz, déconfite, comprenant avec peine ce que disait cette blonde à l’accent incertain, fit une telle tête que l’hôtesse lui attrapa son billet électronique, regarda son passeport et lui dit que vu la distance à parcourir elles pouvaient s’enregistrer ici, et qu’elle les appellerait lors de l’embarquement.
Liz souffla, et regardant l’air décomposé de sa fille, lui proposa d’aller se rafraichir aux toilettes, tout près d’ici.
Pendant ce temps, son regard circula sur les rangées de fauteuils déjà bien occupés, jusqu’à en repérer deux à côté l’un de l’autre. Elle alla s’assoir, et étendant ses jambes, elle ferma à demi les yeux pour se détendre un peu. Elles étaient parties faire une action humanitaire dans ce dangereux pays qu’est le Honduras et ces quinze jours sur place, bien que riches en rencontres, en découvertes et en émotions, les laissaient éreintées. Elles avaient hâte de rentrer chez elle où leur mari et père les attendait. Marie revint des sanitaires, plus blanche que jamais, chercha sa mère du regard et alla d’une traite se poser vers elle.
- Vannée, je suis vannée… ça va toi ma p’tite mère ?
- Oui, tout va bien, vivement la fin de ce voyage… il ne nous reste plus qu’à attendre l’embarquement.
Deux heures plus tard, l’oreille aux aguets, elles entendirent la voix de l’hôtesse annoncé l’embarquement pour Lyon, elles se levèrent alors et s’approchèrent de la porte. D’un geste précis, l’hôtesse leur fit signe de se mettre sur le côté et elles attendirent sagement qu’on leur dise d’y aller, ne comprenant pas vraiment la raison qui les empêchait de suivre le troupeau de touristes qui s’enfonçait dans le couloir pour rejoindre leur avion. Il ne restait plus que six personnes à attendre, quand l’hôtesse leur expliqua dans un français très relatif, que l’avion avait été surbooké de 6 places, que 3 personnes seulement ne s’étaient pas présentées et que s’étant enregistrées au mauvais endroit, elles ne pouvaient prendre cet avion.
Gros moment de solitude pour la mère et la fille dont les informations arrivaient tout doucement dans leur cerveau et qui commençaient à comprendre qu’elles ne pourraient rentrer chez elle par ce vol. Ils étaient trois dans le même cas, puisque derrière elles un monsieur attendait et leur dit dans un français parfait, avec un accent de Strasbourg, que lui aussi ne prendrait pas ce vol, et qu’il ne fallait pas qu’elles s’en fassent, tout allait bien se passer.
- Quelle chance d’être avec un français, souffla-t-elle à sa fille dont la colère avait redonnée quelques couleurs à son teint. On va bien trouver une solution, reprit-elle assez peu sure d’elle mais faisant marcher son éternel optimisme. Elle entendit alors ce même homme parler à l’hôtesse qui s’avançait vers eux dans un pur hollandais et Liz ne put s’empêcher en se tournant vers lui de lui dire dans son plus joli sourire :
- La providence nous offre un français qui parle apparemment couramment hollandais… quelle chance, c’est plutôt rare !
Et l’homme de rétorquer :
- Je suis plutôt un hollandais partant couramment français, ce qui est déjà moins rare…enchanté, je me prénomme Herman et l’hôtesse vient de me dire que la compagnie va nous dédommager de ce changement de programme et que nous allons pouvoir appeler gratuitement le numéro de notre choix pour prévenir quelqu’un et toucher la somme de 250 euros chacun pour combler ce préjudice…
Cette information redonna un peu plus de couleurs à Marie, et fit sourire sa mère qui reprenant de l’énergie fit agir son charme en acceptant la proposition de partager ces quelques heures d’attente avec leur compagnon de fortune.
Ils discutèrent à bâton rompu tout ce laps de temps, firent connaissance en refaisant le monde ou presque et lorsqu’ils s’aperçurent qu’aux prochaines vacances, Herman et sa femme ne passaient pas loin du domicile de Liz et son mari, ce fut naturellement qu’ils s’échangèrent leur email avec la promesse de se retrouver quelques mois plus tard chez le couple français.
Ce fut le début d’une longue amitié internationale entre un couple français et un couple Hollandais… qui dure encore et encore… Merci le surbooking…
De ce fabuleux voyage en Afrique du Sud, je ne saurai vous compter toutes les merveilles,
Tant et tant d’images si belles…De ce pays qu’on appelle la nation Arc-en-ciel.
De Cap Town et son Water-front si victorien, de Jo’Burg à Stellenbosch si européen, de Soweto à Pretoria : Tant de failles ! Tissus déchirés qu’on recoud maille à maille.
Mais l’émotion qui reste la plus vive, c’est près du Parc Kruger à Mohlabetsi, en fin d’après-midi dans les hautes herbes, une lionne esseulée et ses yeux de topaze.
Elle gît, tranquille, apaisée, à peine curieuse. Nous sommes si près d’elle, silencieux, le souffle suspendu, le guide est attentif mais souriant, détendu. Il nous montre doucement le ventre distendu.
Dans la fourrure beige, une houle, un mouvement : Frémissement de la vie à naître.
Madame lionne se prépare à l’enfantement. Quelques rayons de miel rose éclaboussent la scène. Après un très long moment, elle se lève et se cache plus loin, nous devenons importuns.
Hamilton remet doucement en route le 4x4 dans la nuit africaine.
Jusqu’au lodge, personne ne dit mot, tant nous sommes émus d’avoir vécu cela.
Pour revenir dans le présent, ma fille plaisante :
C’était quand même un très très gros chat !!
En attendant les prochains congés :
des moments ou des rencontres qui vous ont marqués
pendant vos moments de liberté ...
à tout bientôt le plaisir de vous lire !
Approche-toi de ma baguette.
Brandis la tienne.
Range-moi tous ces complexes.
Appelle-moi, je répondrai.
C'est à toi que je me connecte.
Au travers de tant de liens dispersés.
De ta magie je suis touchée.
Allons ensemble vers la grâce,
Bravons la vie.
Rends-toi avec confiance
A cette évidente beauté:
TU ES MON MAGE
JE SUIS TA FEE
La fée Elsa Maire avait quelques problèmes de mémoire :
Abra…Raccourcis
Abra…Le corps
Abra…De mer ?
Non, non, c’est pas ça :
Abraca…Cahuètes
Abraca…Rambar
Abraca…Fé-crème ?
Zut, zut, il faut absolument que je réalise ce vœu, c’est une déviante défiante qui n’a pas la moindre idée pour cette semaine…
Abracada…Hlia
Abracada…Mas
Abracada…Dirladada ?
J’vais y arriver, j’y suis Presque :
Abracada…Pied
Abracada…Jambe
Abracada…Bras
Youpi !! J’ai réussi !!
Euh…Zut flûte et parachute ! C’était quoi son vœu ??!!
Courait-elle dans l’herbe avant qu’on ne l’attrape,
Avant qu’on ne lui greffe, au bout de son museau,
Un fil qui la rattache au monde des « Fenêtres » ?
La vie longtemps pour elle a marché comme sur des roulettes :
Il suffisait, pour que ça roule
De ne jamais perdre la boule.
Mais le progrès vous scie les pattes et c’est désormais ventre à terre
Qu’elle officie, handicapée mais productive,
Se mouvant pas très loin sur le ring comme toute envoyée au tapis.
Nul ne l’attrape par la queue sauf lors des déménagements.
Tout le monde lui caresse le dos – c’est pour elle jeu de main chaude –
Mais elle ne ronge plus que son frein.
En guise de cerveau elle a un côté gauche dédié à l’action
Et une partie droite consacrée à Mémoire
Mais bon il faut aimer qu’on vous tape sur la tête.
Le quatorze juillet et tous les autres jours
Sa bosse, Monseigneur qu’on touche en permanence,
Donne, sans pistolet, départ au défilé.
Tant de cordes à son arc mais une seule flèche !
Qu’elle atteigne la cible et le sablier tourne
Tandis que les lumières du kaléidoscope
Changent devant nos yeux souvent émerveillés.
Je hais par-dessus tout qu’on la trempe dans l’huile ou dans l’eau :
Froid ou chaud, plein d’effroi, peu me chaut l’escargot,
Trop lent pour la machine, qui sent l’ail et l’enterrement
Des feuilles de papier mortes.
A tout coup désormais importée de la Chine
Sans qu’on ne nous fournisse le moindre certificat vétérinaire
Elle indiffère le chat qui se désintéresse de cette bête-simulacre.
On n’aimait peu jadis l’avoir dans sa maison
Mais les temps ont changé. Monsieur, à l’occasion,
L’eût bien mise dans son lit
Mais madame est contente de la voir disparaître.
Pour l’adultère virtuel hélas nous serons chocolats
Car on passe aux tablettes.
Alors, adieu, souris ! Prends tes clics et tes claques,
Merci pour ta magie, chapeau pour le boulot, bravo, petit mulot
Et tant pis si Progrès-prestidigitateur
Te met dans son chapeau et te pose un lapin sorti du haut-de-forme.
D’un abracadabra de baguette magique
Un artiste farceur te repeindra en vert
Et te redonnera liberté sur pelouse, pattes, oreilles, moustache…
Allez, souris, souris !
La vie n’est pas si dure
Que le disque rayé veut nous le faire accroire !
Première fois que j'ai vu, un tour de magie