Pour le défi #194
Venise ; AlainX ; MAP ; Vegas sur sarthe ; Anémone ; EVP ;
Mamido ; Joe Krapov ;
Défi #194
Visite au Musée !
Nous attendons vos découvertes, vos impressions, vos observations
à
A tout bientôt !
Ont aiguisé leur langue à la meule
(Photo prise au Béguinage d'Anderlecht)
Venise ; Joye ; Lorraine ; Vegas sur sarthe ;
Mamido ; Anémone ; EVP ; tiniak ; MAP ;
Walrus ; Lise ; KatyL ; Adrienne ; Titisoorts ;
Sebarjo ; Joe Krapov ; Célestine ; AlainX ;
Promesses (AlainX)
Oublier (Célestine)
Il lui fallait oublier sa bouche, surtout sa bouche. Une bouche grenade qui lui explosait la langue en étincelles. Un salmigondis de papilles fruitées et agaçantes comme une limette cueillie sur l’arbre un matin d’été, torrent de framboise et de menthe et d’anis.
Il lui fallait oublier sa peau, ses courbures de velours, un velours mat et fluide, et étourdissant et enivrant de la douceur salée dorée d’un coquillage. Oublier la suave langueur de ses bras blancs, naturellement refermés sur lui en berceau, ses mains virevoltantes qui se jouent de sa nuque, petit animal fou accroché à son cou.
Il lui fallait oublier ses cuisses ombrées de lune effarées de plaisir, son petit cul potelé, la palpitation sauvage de ses seins de crème et de satin, sa fleur de lys immaculée aux feulements de tigresse engloutie. Sa voix passion de cascade fraîche, sa voix désir de colombe frémissante, sa voix tourment de fontaine et de soleil. Et puis ses yeux de jade intemporelle, tour à tour glace et feu, citron et miel.
Et tous les délicieux supplices de son cœur.
Elle avait ri, d’un sourire de perle vénéneux , l’éclair vert de sa prunelle laissant venir la tempête. Il lui faudrait oublier aussi son parfum flou de myrte et de cardamome, lui crevant les narines quand l’image même de sa folie disparaissait dans un éclat de rire cruel.
Elle lui avait balancé son bouquet à la tête en criant « c’est fini ».
Il regarda les pauvres pétales dispersés au vent gris de novembre, et y vit clairement les morceaux de son cœur égosillé de désespoir.
Il y a douze pieds dans un alexandrin (Joe Krapov)
Evidemment, dès qu'il s'agit de découper un cercle, les Bretons sont là ! Dans le rond de Saint-Vincent, ils découpent quatre-quarts, ils s'en paient une tranche, ils essuient leurs doigts bien gras sur le fond de leur bragoù-bras et ils font glisser par là-dessus un coup d'cid' dont vous m'direz des nouvelles, M'ame Corneille !
Côté kouign-amann, c'est peut-être plus sympa et plus prudent de couper le cercle en huit, rapport à votre taux de cholestérol limite et au fait que, justement, autour de la table, on est huit !
Ce qui est bien aussi, à part couper les cheveux en quatre et se fiche du tiers comme du quart, c'est de couper les tartes en douze. Surtout si on a invité Blanche-Neige, les sept nains et les trois petits cochons pour un buffet disneyatoire. Ou les sept mercenaires et les trois mousquetaires, les ceusses qui s'entendent comme les cinq doigts de la main pour mettre les bouchées doubles.
J'aime bien le chiffre douze. Il y a les douze travaux d'Hercule, le mystère des douze chaises d'Il'f et Petrov, les douze mois de l'année républicaine : Vendéemièvre Brunolemaire Primaire Névrôse Morôse Mixomatôse Terminal Loréal Orignal Labrador Corridor et Fruidor.
Il y a aussi, qui sont si drôles, les douze signes du zodiaque :
Le bélier, qui enfonce toutes les portes même quand elles sont ouvertes ;
Le taureau à qui l'on mène la vache en désarroi et la vie dure dans des arènes ;
Les gémeaux dont je ne sais jamais lequel est Pollux, lequel est Castor, lequel est Simone de Beauvoir et lequel Jean-Paul Sartre ;
Le cancer qui ne s'use que si pile Wonder (Stevie, tu ne devrais pas conduire avec ta vue qui baisse !) ;
Le lion mowim mowim qui dans la jungle terrible jungle est mort ce soir ;
La vierge bien souvent marrie d'échapper à la conception en vue de rester immaculée (surtout, si, ah le coup vache, on lui montre le taureau en action !) ;
La balance que j'ai failli oublier – quelle injustice c'eût été de ne pas la dénoncer à la police comme la championne des hésitantes ! - ;
Le sagittaire avant de s'en servir une rasade supplémentaire, de la potion magique du Sar Rabindranath Duval ;
Le scorpion qui squatte, mais jamais trop longtemps, le dos des grenouilles naïves ;
Le capricorne c'est finicorne et direcorne que c'était la villecorne de mon premier amourcorne ;
Les poissons qui n'ont pas forcément la taille réglementaire et qu'on est obligé de rejeter dans le marais de la maison VIII où leur regard vitreux s'épanouira sans doute, surtout celui des carpes s'il y passe un lapin ;
Le verseau qui gaspille si souvent la flotte – Mademoiselle Zell, sors de la douche, ça fait trois quarts d'heure que j'attends mon tour ! - et dont on ne voit jamais le recteau.
Il y a aussi les douze coups de minuit et surtout, plus scientifiquement, les douze heures d'une demi-journée que mesurent la trotteuse, la grande aiguille et la petite sur la montre ou la pendule en prenant toutes les positions du Time-Kama-soutra avant de se retrouver l'une par-dessus l'autre, comme en pile à midi ou minuit pile et de repartir pour un tour.
Il y a également les douze divinités de l'Olympe, douze hommes en colère et j'espère aussi qu'à me lire quelqu'un(e) se fendra un jour une ou deux de ses douze paires de côtes.
Vous avez remarqué le titre ? « Il y a douze pieds dans un alexandrin », c'en est un !
Mais assez philosophé pour aujourd'hui. Il est temps, grâce à Jacques Grello, Guy Béart, aux Frères Jacques et aux Krapov brothers, de savourer l'histoire d'un cycle * de douze heures dans un monde idéal : il y fait beau !
* En parlant de cycle, j'ai tellement pétalé dans le yaourt ailleurs sur la toile que j'ai oublié d'en parler, des pétales de la photo. Pour la peine, en voici d'autres. Des Rennais, cette fois. Et la boucle est bouclée !
La vie en rose (Sebarjo)
La Vie en Rose
Souviens-toi de ce jour où nous étions tout ouis !
Ce jour à l'unisson, main dans la main, où nous flottions sur notre petit nuage et puis nagions légèrement sur notre cirrocumulus.
Aériens.
Souviens-toi nous sortions tout ébahis et fûmes éblouis par la lumière soudaine. Et, sur le perron de la mairie, envahis par une pluie de pétales de rose, nous dessinions malgré nous et allègrement des sourires immenses avec nos lèvres rougeoyantes.
Notre arc-en-ciel.
Souviens-toi quelques jours plus tard, nous avons foulé cette place à nouveau. Amusés, nous avons retrouvé quelques pétales survivants qui avaient voleté gracieusement au vent, pour se coucher en face du théâtre de la ville.
Vestiges d'un jour
Pétales sur le pavé
Vent frais du printemps
Je me suis alors souvenu de cette chanson que j'aimais te chanter :
Participation de Titisoorts
Adrienne se rebiffe (Adrienne)
C’était bien la peine, se dit-elle, de passer trois jours entiers à genoux à tout gratter pour arriver à ce résultat-là, à peine trois semaines plus tard!
Participation de KatyL
Les pétales de roses légers et vaporeux, couchés sur le sol depuis peu, d’où viennent –ils ??
De ce tableau de la forêt près de chez moi ? Il y a bien du rose, un arbre rose en effet !
De celui-ci sans doute, le jardin au printemps ??
De celui-ci représentant une boutique de fleurs où quelques pétales ont pu s’échapper du magasin et s’en aller vivre leur vie sur le trottoir ??
De ce bouquet d’hortensias ???
Enfin allez-vous me dire d’où viennent ces pétales de rose ?
Je sais ! Ils viennent du bouquet de fleurs que vous formez tous, et de nos écrits, ils vont au gré du vent, ils s’éparpillent sur la toile, mais pas celle du peintre, l’autre toile, celle du net.
Comme il sent bon l’amitié ce parfum des écrits.
Bisous à tous, de la part de katyL 
Métamorphose (Lise)
Métamorphose
Quand la roue se repose
De sa course infinie.
Chaque métamorphose
La transforme et grandit.
Son oeil est une rose
Dont le coeur refleurit.
Ainsi en toute chose
S'éparpille la Vie.
J'inspecte votre cible (Walrus)
... et je dois le constater : Joli tir groupé !
Vous devez avoir la main ferme, le regard aiguisé et une arme parfaitement ajustée.
Voie tracée (MAP)
À fleur, le temps (tiniak)
Le temps, c'est du vent, mais la pierre ?...
J'étais là, pour ma promenade
- un jeu pas loin de la parade;
au front logé quelque mystère
accaparé par l'atmosphère
J'observais dans mon entourage
les bâtiments plus ou moins vieux
au mitoiement pas très heureux
mais dont je tirais avantage
Et puis, j'ai regardé mes pieds
A l'endroit où je m'arrêtai
je découvris cette insolence :
la nature et sa résistance !
D'entre les pavés jaillissait
une banale touffe d'herbe
(pas de quoi en faire une gerbe,
mais assez pour m'interpeler)
Pour ajouter à ma surprise
le hasard jeta sur le sol
quelques vestiges de corolle
soufflés par l'automnale bise
Je révisais mon jugement :
le temps ne donne pas mesure
par nos œuvres d'investiture
mais son naturel évident
Je finis donc ma promenade
sans jamais plus lever le nez
mais à surveiller qu'à mes pieds
ne se trouvât quelque boutade
Depuis, je ne vois dans la pierre
qu'une cynique et vaine injure
à ce que peut faire nature
sans prétendre à quelque carrière
Demeure le temps, son passage
Y cherche quel est mon courage.
Rose-bonbon (EVP)
Je suis venu sur la rosace de pierre,
Avec une rose en témoignage d’amour éternel,
Elle avait fichu le camp, la garce, avec marcel.
J’me retrouve couillon avec les pétales par terre.
La prochaine fois j’apporterais des bonbons,
Au moins, j’pourrais les manger,
J’aurais toujours l’air du roi des c…s,
Mais ça console ces trucs sucrés !
A rose is a rose is a rose is a rose (Anémone)
La roue est en mouvement, fut-elle immobile.
Une rose est une rose est une rose,
Ronde comme tous les cycles.
Même éparse en pétales.
L'oeil se fixe sur le centre du Labyrinthe,
Sur ce qui se déroule dans ses méandres.
Alors que dans le même instant tout va et vient, libre
Entre l'intérieur et l'extérieur du Dédale.
Sur la terrasse abandonnée… (Mamido)
C’est la fin de l’été
Sur la terrasse abandonnée
Les herbes folles ont poussé
Quelques pétales échappés
D’une rose fanée
Jonchent le sol.
Avant de prendre leur envol
Pour des cieux plus sereins
Les hirondelles sur le fil
Forment la gamme sans fin
D’un doux chant aux accords subtils :
Celui de la fin de l’été
De la terrasse abandonnée
Où la rose a jeté en corolle
Sa jupe sur les herbes folles…
La rose et le pissenlit (Vegas sur sarthe)
"Sur les pavés en rond
je viendrai à midi
Te fais pas de mouron"
lui avait-elle dit...
Il mit un beau veston
écoutant sa coutume
d'une rose en bouton
décora le costume
Entre les pavés ronds
tel un triste présage
vivait un dent-de-lion,
pissenlit d'un autre âge
Midi vint, midi vingt
la journée puis la nuit
chiffe molle devint
la rose épanouie.
"Elle ne viendra pas
crois-moi, vieux camarade
malgré tous ses appâts
moi l'expert en salades"
Pourquoi prendre racine
le jour va se lever
et d'humeur assassine
sur le rond des pavés
la rose il effeuilla
Roses du soir (Lorraine)
Le soir s’est glissé dans la chambre close
Faisons quelques pas dans le chemin creux
Qui mène à l’étang. La lune morose
Ouvre son grand oeil jaune et ténébreux
Donne-moi la main. Vois comme les roses
Aux têtes poudrées, aux cils vaporeux
S’inclinent en rêvant et disent des choses
Que seuls entendront les coeurs amoureux
La nuit le jardin se tait et repose
Ecoute l’écho d’un oiseau peureux
Et ce bruit mouillé d’un crapaud qui ose
Sauter dans l’étang lourd et colèreux
L’heure a le parfum des amours écloses
Le vieux banc rêveur semble malheureux
Viens, la nuit frissonne et sur mon cou pose
Le baiser léger des amants heureux.
CE QU'ELLE M'INSPIRE, L'IMAGE (joye)
Les gâteaux
de ma tante
étaient craquants.
Tant pis
pour mes molaires...












