11 mai 2008
Défi 10
Le voilà, le dixième !
Non ! Pas d’expo photo en string, au grand désespoir de ma camarade… C’est qu’on a une image de marque, nous !
Par contre, un petit message :
Merci de participer. Merci de lire. Merci de commenter. Merci ! Merci !
Je suis très heureuse de co-animer cet espace. Je pense, sans me tromper, que Janeczka a le même sentiment que moi :
Publier trois défis par samedi, c’est déjà aller au delà de nos attentes, alors…
Alors, Merci !
Cet espace est aussi le votre. N’hésitez pas à nous soumettre vos consignes, remarques et idées. Nos boites mail vous attendent les bras ouverts.
La consigne :
Offrez un lieu qui ne vous appartient pas (un monument, une ville, un pays, la maison de votre voisin…) à la (aux) personne(s) de votre choix.
Comme d’hab’, les textes sont à envoyer avant samedi à :
janeczka@hotmail.co.uk ou pitch30@wanadoo.fr
Bonne semaine…
10 mai 2008
Un Conte Moderne - Janeczka
Il etait une fois
Une fille qui parlait aux oies
Aux oiseaux
A foison
Qu'importe la saison
Elle bavardait
Bavassait
Revassait
Aux arbres
Aux brins d'herbes
Aux nuages
A des apres-midi
De lilas
Et de
Papillons sauvages...
Et puis la petite fille a grandit... mais elle aime observer les lilas et les papillons virevolter dans son jardin pendant une apres-midi paresseuse... Elle continue toujours de parler aux oiseaux... Et n'a pas oublie non plus de rever aux arbres et nuages, quelle que soit la saison.
La fille et les trois oies (Tilu)
Il était une fois
Une fille qui parlait aux oies
Et se demandait bien pourquoi
Elles ne lui répondaient pas…
Etaient elles sourdes ces rabat-joies ?
Un jour, n’y tenant plus, ma foi,
Elle s’empara d’un porte-voix
Et au bord de la marre se planta
Avec un petit sourire narquois,
Et quand se pointèrent les oies
L’une derrière l’autre, en convoi,
La minote dans son cornet s’exclama
En hurlant d’ une drôle de voix :
« Dites donc, bande de casse-noix !
Que vous ai-je fait à toutes les trois ?
C’est ma tête qui n’ vous revient pas ?
Ou bien p’têt que je sens le putois ?
Vous m’ignorez ! C’est discourtois !
Mais j’me laisserais pas faire comme ça !
Alors maintenant dites moi,
C’est quoi chez moi qui ne vous plait pas ?
Non d’un p’tit pois ! répondez moi ! »
Les trois oies impassibles à ce brouhaha
Ne comprenant pas plus cette fois,
Ces paroles de charabia
Passèrent leur chemin cahin-caha
Ignorant cette fille en émoi .
Pauvres oies , elles ne savaient pas
Qu’énerver les hommes ça ne se fait pas,
Même si c’est des filles au joli minois.
Car c’est ce jour , et à cause de ça,
Que fut inventé le premier foie gras….
Grand-mère (Kloelle)
- Il était une fois une fille qui parlait aux oies…
C’est la première fois que je prononce cette phrase, alors je le fais doucement avec précaution, de la même manière que j’ai tout à l’heure ouvert les vieilles malles et déplié les étoles de dentelle. Je ne m’attendais pas le trouver ici ce livre, au beau milieu de ces capelines satinées et de ces corsages vieillis savamment ordonnés dans leur papier de soie. La petite fille et ses oies… C’était une de ses histoires préférées, c’était en tout cas celle qu’elle nous racontait le plus souvent à mes sœurs et à moi.
Nous avions souvent envie de lui dire : « Vous nous l’avez déjà racontée grand-mère » mais maman nous faisait un petit geste de la tête pour nous faire comprendre que ce n’était pas grave. Elle avait raison, même si nous en connaissions par coeur tous les rebondissements, nous aimions l’écouter cette histoire.
Grand-mère se posait dans son fauteuil près de la fenêtre, le dos bien droit et le menton en avant et nous nous installions autour d’elle, les genoux sur ces petites coussins recouverts de rosaces de laines que je trouvais très laids et qu’elle passait des journées entières à broder.
Elle lisait d’une voix claire et franche qui n’hésitait jamais et avec un débit qui ne laissait de place à aucune des questions que mes sœurs et moi aurions pu lui poser. Nous l’écoutions dans un silence religieux.
L’histoire terminée, son devoir de grand-mère exécuté, elle nous engageait à partir bien vite jouer au jardin. Elle nous aimait, mais en photo, celles ou nous posions en robes de dentelles et rubans joliment tournés sur nos mèches blondes, je crois qu’elle avait du mal à s’adapter à notre présence réelle, à nos rires et à nos rondes enfantines.
Enfant, je m’imaginais qu’en vrai, c était elle la petite fille de l’histoire et que le soir venu les oies de son enfance revenaient se poser sur l’herbe tendre du jardin et qu’avec elles elle savait parler, rire et jouer…
- Il était une fois une petite fille qui parlait aux oies…
Le voilà entre mes mains maintenant, avec sa couverture cartonnée d’un autre temps, ses images trop bien dessinées et sa petite héroïne aux pommettes bien roses.
Du dehors montent les voix claires de fillettes qui ressemblent à celles dont les photos ornaient jadis la cheminée. La fenêtre du grenier donne sur le jardin où elles rient, il a ce même parfum qu’il avait avant, quand j’y jouais enfant à me cacher en sautillant derrière les framboisiers.
J’attends ce soir avec impatience, ce moment où elles vont me demander : « Mamie, tu nous lis une histoire ! »
Clara - Brigou
Il était une fois une fille qui parlait aux oies. Clara habitait
dans un pays lointain où vivaient princesses et lutins, où les arbres étaient
bleus et le ciel aux couleurs des rires des enfants. Ses parents avaient
construit une petite maison dans la forêt et au bord d’un magnifique lac.
Depuis leur arrivée dans ce lieu paradisiaque nul n’était venu déranger leur
quiétude comme si cet endroit n’existait que pour eux, comme s’il les
protégeait du monde extérieur.
Clara ne manquait de rien si ce n’était d’un autre enfant pour
partager ses rires. Mais la vie en avait décidé autrement, ses parents
n’avaient pu avoir qu’une seule fille.
Souvent le couple venait se recueillir au bord de l’eau sous l’œil
attendri de la lune et des étoiles. Face à tant d’amour, la lune ne put rester
insensible. Un soir alors que les jeunes époux enlacés la contemplaient en
versant des larmes de désespoir, elle leur parla ainsi : « jeunes
amis, votre tristesse ne peut me laisser indifférente, votre amour est si beau
et si pur qu’il m’émeut, je ne peux pas vous laisser dans une telle détresse.
Faites un vœu et je vous aiderai à le réaliser ».
Les deux jeunes crurent d’abord à une hallucination due au souffle
du vent dans les branchages, ils répondirent d’une seule et même voix :
« ce que nous désirons le plus au monde est un enfant ! ».
La lune leur demanda alors de déposer dans une fleur de nénuphar un mélange de leurs larmes et quelques gouttes de rosée du matin. Ensuite ils placeraient cette fleur au centre du reflet de la lune sans froisser la surface plane de l’eau.
Au petit matin, ils deviendraient alors parents d’un nouvel enfant.
Conte écrit par Val pour son fiston
- Il était une fois une petite fille qui parlait aux oies.
- C’est quoi, une oie ?
- C’est un gros canard ! Il était une fois une petite fille qui…
- Comment elle s’appelle, la petite fille ?
- Heu… je sais pas.
- Jeusépa ?
- Non ! Bon, on va dire Sofia, tiens ! Elle s’appelait Sofia.
- Oh, Sofia, comme la Sofia qu’est dans ma classe !
- Oui bon ! IL était une fois une petite Sofia, qui parlait aux oies.
- Elle avait quel âge ? Hein Maman ? Moi, j’ai trois ans !
- C’est pas important.
- Ben si !
- Bon, elle avait trois ans comme toi ! ça te va ? Et elle parlait aux oies !
- Elle avait pas peur ? Moi j’ai peur des canards, moi !
- Non, Gaby, elle avait pas peur parce que ses parents avaient une ferme avec plein d’oies et qu’elle y était habituée ! Je peux reprendre ?
- Oui…
- Sofia parlait aux oies, donc…
- Elle parlait bien, Sofia ?
- Comme un livre !
- Ça parle pas, un livre !
- Ah bon ? Ben je les entend ou, les histoire que je te lis ? ça parle, un livre !
- Pourquoi moi je les entends pas, alors, les livres ?
- Parce que tu ne sais pas lire.
- Ah !
- Sofia, qui avait trois ans, parlait aux oies qui vivaient dans la ferme de ses parents. Elle leur parlait comme un livre.
- Ça sait lire les oies, Maman ?
- Non. Je peux continuer ?
- Oui, vas-y…
- Un jour, elle rencontra une oie qui lui répondit…
- Elle s’appelait comment, l’oie, Maman ?
- ON S’EN FOUT ! Tais-toi et écoute l’histoire, tu poseras les questions à la fin.
- D’accord, Maman.
- L’oie, qui s’appelait Josiane, si ça peut te faire plaisir, lui répondit…
- Maman ?
- Quoi encore ?
- Tu veux pas plutôt me lire le petit ours brun ?
- …
Petite fille aux oies - MAP
Quand la petite Elsa
promène ses six oies
fine baguette en main
pour guider leur chemin,
elle n’oublie jamais
son livre préféré :
« Les beaux contes de fée. »
Ce qu’elle aime vraiment
en ce charmant moment
c’est lire à haute voix
pour ses petites oies
comme fait sa maman
le soir en l’endormant.
Saint Benoît patron du foie gras (Papistache)
Il était une fois, une fille qui parlait aux oies.
Mais les oies ne répondaient pas. C’est bête ma foi !
Lassée de s’adresser à ses oies, en vain, de
gros mots sortirent de ses lèvres : “Sales grosses dindes !”
Elle entreprit de murmurer à l’oreille des poules
Lesquelles, en caquetant, se foutaient de sa goule.
La fille aurait pu faire le tour de la basse-cour,
Mais au couvent, son père l’enferma à double tour
Depuis, elle adresse ses prières à Benoît,
Qui ne répond pas, le patron de la Sainte-Croix.
Du coup, la gamine console sa crise de foi
En tartinant son pain béni de foie gras d’oie.
Moralité
Si, futée, la fille avait parlé au Jeannot
Plutôt qu’aux sottes volailles de son troupiau
Dans ses jamb’s gambaderaient de jolis marmots.
Moralité seconde
Si Benoît prenait l’temps de répondre aux prières,
Du Sud-Ouest, l’industrie s’écroul’rait toute entière
Tais-toi Benoît, du foie gras, protèg' la filière.
04 mai 2008
Defi #9
Pour samedi prochain (10.05):
'Il etait une fois une fille qui parlait aux oies...' *
Avec cet incipit, composer une petite histoire, poeme, dialogue, ce qui vous fait envie! *sourire*
*There was a girl who talked to geese (CocoRosie - Girl and the Geese)
AJOUT:
Si vous souhaitez inserer des photos, videos, audio avec vos textes, pas de probleme, pensez juste a nous les envoyer en pieces jointes, c'est plus facile apres pour nous! Merci d'avance *sourire*
03 mai 2008
Tube cathodique - Caro_Carito
Avant de lire, regarder : http://fr.youtube.com/watch?v=1zJVYkX9r8w&feature=related
J’éteins la
télé. C’est vraiment une sale manie que j’ai prise d’écouter M6 au saut du lit.
Mais ça me donne là pêche. Et j’en ai besoin. Tous les jours de la semaine,
congés, dimanche et jours fériés compris. Mais surtout quand je vais au boulot.
Bon il est temps. Je pense à ce vidéo clip, ça doit être étrange de se
retrouver autre. Bon le gars-là, Kamini y devient blanc. Qu’est-ce que je
pourrais devenir. Tiens invisible. Il suffit que je me regarde dans la classe,
un teint pâle et des cheveux courts d’une couleur indéfini. Un pull gris. Un
jean. Un uniforme. De toute façon, on ne me remarque pas. Je ne parle pas, je
bosse, corvéable à loisirs, avec un petit salaire et on me dit à peine merci.
Un dernier coup
d’œil dans la glace. Mais j’ai la berlue. Il n’y a plus personne dans ce
miroir. Me voilà invisible pour de bon. Je m’assois deux secondes. Heureusement
même transparent, je peux avaler un peu de café. Bon, ce n’est pas la peine que
je prenne mon vélo pour aller au taff. Il faut que je prenne le métro. Et
d’ailleurs pourquoi je devrais aller bosser. Puisque l’on ne me voit pas.
Soudain je regard mon tube cathodique et je vois ce mec black, enfin non, il est
blanc maintenant, qui se marre. « Salut mon pote, t’as droit à une heure
d’invisibilité, profites-en !» Dernier éclat de rire et ploff plus rien.
La porte vient de se fermer derrière moi. En profiter, pourquoi faire… Je pourrais aller au taff et leur faire payer par mille misères ce qu’ils me vont supporter chaque jour, cette insoutenable indifférence polie. Non. Trop facile. Devant moi, j’aperçois une blonde au lourd manteau de fourrure. Elle grimpe dans un taxi en demandant un péremptoire « les Champs Louis Vuitton », je l’y rejoins aussi sec. Là, confortablement engoncé dans les fauteuils de cuir, légèrement dans les vapes, son parfum c’est pas du truc pour jeune fille à l’extrait de rose et de magnolia. Ca dépote ! Je me laisse bercer par paris est ses berges, ses boulevards. Je suis béat. Et puis je le vois, comment l’avait-on surnommé lors de sa construction ? La verrue ! L’Opéra Garnier. Bingo Ca y est je sais, je sais que je vais faire, je vais courir après un autre invisible, un de ces êtres que l’on ne voit pas. Et qui sais-trouver le lac oublié. Je profite d’un feu rouge pour me glisser hors du taxi et je grimpe le cœur léger les marches de l’opéra Garnier. Au passage je chipe à un touriste distrait son Gaston Leroux ; une heure m’avait-il dit, une heure pour aller au-delà des pages, pour plonger à sec dans le réel derrière l’encre et le papier.



