Le défi du samedi

Défi #465

Grand-Bigard, avril 2011

Allez, faites-nous une fleur !

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22 juillet 2017

Nous l'ont faite sculpturale

pas cons

Surgères, octobre 2005

Venise ; Walrus ; Vegas sur sarthe ; JAK ; joye ;

Joe Krapov ; bongopinot ;

 

 

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Une drôle de sculpture par bongopinot


C'était pendant un été
Au fond d'une carrière
Une sculpture en pierre
Y avait été oubliée

Et représentait le corps d'un animal
Mais avec une tête d'homme
Un monstre en somme
Qui n’avait rien d’amical

Il semblait me regarder
Lorsqu’un oiseau passa
Je me suis retournée
Et l'automne était là

Que s'était il passé
Mon cœur s'assombrit
Et tout me sembla gris
Et l'hiver arriva

Et l’oiseau se mit à chanter
Et ce fut le printemps
Comme un combattant
Il était venu me sauver

J’enterrai le centaure
Et couru très vite
Continuer mes visites
Ai-je eu raison ou tort

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Le Mystère de la sphinge à barbe (Joe Krapov)

DDS 464 sphinge à barbe

Nous n’aurions pas dû être surpris. Les temps sont jupitériens, les foudres de guerre courent les rues et nous avions planté notre tente au pied du mont Olympe.

Pas étonnant dès lors que nous fussions arrêtés chaque jour, au bout de la passerelle qui mène à la ville, près du vieux moulin à eau, par cette créature mythologique bigrement questionnante. Par référence à l’histoire complexe d’Œdipe et du fait que ce bestiau nous posait chaque jour une énigme différente autant que stupide, nous l’avions baptisé « sphynge à barbe ».

Comme aurait dit Totor Hugo :
« C’était un haut-relief de l’armée en déroute,
Corps de chien, tête d’homme, allure de douanier
Il piochait sa question dans un petit panier
Et au retour, cruel, il nous barrait la route
Pour obtenir réponse à ses absurdités.

Si l’on répondait faux, avec des crudités
Et d’autres condiments, la bête promettait
- Tous les voleurs de feu font ainsi des serments -
De nous avaler goulûment ».

 

170715 265 051

1er jour, 1ère question :

- Comment appelle-ton les habitants de Charleville-Mézières ?

Ça, je m’en souvenais pour avoir déliré récemment sur ces noms improbables que l’on nous fait porter du fait de la naissance ou de la domiciliation :

- Les Carolomacériens !

- C’est bon, passez ! a dit la bête.

 

170713 265 0412e jour, 2e question :

- Pourquoi n’y a-t-il que dix bateaux dans le port de plaisance de Charleville-Mézières ?

Pas de bol, ma barbue ! En vacances je lis le quotidien local. Ici il s’appelle « L’Ardennais », il est bien documenté et remonté contre les absurderies de la mairie.

- Pour entrer dans le port les bateaux doivent passer sous une passerelle piétonne. La hauteur maximale des bateaux étant limitée à trois mètres la plupart d’entre eux doivent faire demi-tour et stationner ailleurs que dans le bassin prévu à cet effet.


170712 265 0363e jour, 3e question :

- Quel est le plus célèbre des natifs de Charleville-Mézières ?

- Trop fastoche ! Tu déconnes ou quoi, Madame Sphinge ? Pourquoi crois-tu qu’on soit venus ici ? Pour sea, sex and sun ? Pour le duc de Gonzague ? Pour Boris Ravignon ? C’est bien sûr Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud. Son musée est très beau, sa maison des ailleurs très sobre mais alors, le pauvre gars, s’il voyait ce que les marchands du temple ont fait de son effigie ! Entre la Rimbaud’tech, incubateur d’entreprises innovantes, Hair com Rimbaud, coupeur de cheveux et la cuvée d’Arthur, bière et limonade, y’a comme dirait Souchon de la récup’ dans l’air !


4e jour, 4e question :

- Pourquoi Rimbaud est-il parti en abandonnant tout ?


- Parce qu’il est comme nous : il aime bien Charleville mais… z’hier ! Parce qu’à force d’entendre tous les quarts d’heure le carillon de la mairie entonner le « Chant du départ » de Méhul ben ça ne donne pas d’envie de rester, Ursule ! Parce que les fêtes nocturnes des kékés locaux avec musique à fond et claquements de portières jusqu’à cinq heures du matin juste à côté du camping, ça ne donne pas très envie de revenir, Olympe !

 

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5e jour, 5e question :

- A quelle heure sera tiré le feu d’artifice local ?

- A 22 h 40 selon l’Ardennais ; à 23 heures selon le bulletin municipal ; à 10 h 20 selon la police qui divise tout par deux dès qu’il s’agit de compter. C’est l’Ardennais qui a dit vrai mais, en raison de ce je viens de dire au sujet des noctambules carolomacériens, après les Illuminations suit une Saison en enfer !

Je vous fais grâce des autres question de la femme à barbe. Ou pas, tiens !

- Oui c’est bien au Belgium coffee snack qu’on déguste la meilleure carbonade de France et de Navarre.

- Oui, c’est bien un labyrinthe qu’on trouve entre Gernelle et Rumel mais vous vous attendiez à quoi en longeant le ruisseau « L’Infernal » ? A un sentier de randonnée balisé en bonne et due forme ? Ils ne sont pas fous, ces Ardennais ! Ils ne vont quand même pas bosser pour attirer chez eux des touristes autres que les Néerlandais de passage !


170715 265 010- Oui c’est bien le sanglier qui est l’emblème de la région, enfin, du département !


- Oui, il est bien fait mention d’une partie d’échecs dans la légende des quatre fils Aymon racontée à l’horloge du grand marionnettiste. Mais nous n’y sommes pour rien si elle est restée coincée au tableau douze le samedi soir !


- Oui, il y a bien un comité anti-éoliennes au pays de l’homme aux semelles de vent !

Au bout de la semaine d’interrogation des Krapov, la bête est restée sur sa faim. Nous on avait comblé la nôtre avec bonheur : croisière sur la Meuse, ascension de la crête au-dessus de la boucle de la Meuse à Monthermé, tour du lac des Vieilles forges, dégustation de bières locales, visite du très beau Musée des Ardennes…

Si elle avait voulu, la mystérieuse sphinge à barbe, elle aurait pu nous dévorer dès le premier jour. Il lui suffisait de demander : « Qui suis-je ? ».

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas trouvé, entre gorgone, méduse, phœnix et hydre de Lerne où je pourrais classer cet animal hybride. Sphinx égyptien, peut-être ?

Au secours, Miss Map ! De ne pas savoir me ronge ! Je suis comme ça !

Ô saisons, ô chateaux !
Quelle âme est sans défauts ?

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Autant en emporte le plat : Épisode Deux (joye)

L'histoire jusqu'ici : http://samedidefi.canalblog.com/archives/2017/07/15/35471871.html

Heureusement, cette nuit, Hammour et Garceline trouvèrent un moyen de se réchauffer - comme on dit -  sans brûler la prosthèse de la demoiselle.

Après leur nuit glorieuse d’ébats-le-briquet, Hammour se réveilla au grand lit du cottage. Respirant l’odeur du bouquet de pervenches lon-là, le roi des gitans entendit sa Garceline qui ronflait encore comme une gentille petite bouilloire, voluptueuse même sous la couette.

Il poussa un grand soupir de contentement.

- Au secours ! J’entends un ours ! cria soudain Garceline, levant la jolie tête.  Ého ! Ma jambe ! Passe-moi ma jambe que je l’assomme !

- Du calme, ma belle ! rit Hammour, essayant de la prendre encore dans ses bras. Je ne m'appelle pas Ého. Ce n’est que moi, Hammour. Ne te souviens-tu pas ? Tu as bien dormi ?

- Oui, oui, murmura-t-elle enfin, mais elle regrettait déjà un peu sa nuit de jambe en l’air.  Passe-moi ma jambe, insista-t-elle encore.

- Attends, je vais sonner mon nain, Vonceralet. Il te la cherchera.

- Mais pourquoi ? demanda-t-elle, perplexe.

- Bah, parce que…parce que… Sa voix s’éteignit et puis il se souvint…Eh ben, parce que…je suis le roi des gitans !  Comme quoi, on a des coutumes à observer ! prononça Hammour, majestueusement.

-Très bien, soupira-t-elle, mais une fois n’est pas coutume ! C’est où, ma jambe ?

Malheureusement, Hammour se rendormit pendant l’échange (c'était aussi une de ses coutumes). Mais Garceline, nécessiteuse, ne pouvait plus attendre. Il fallait absolument qu’elle aille à l’endroit où même le roi des gitans doit aller sans cheval. Pareil pour leurs amantes, quoi, même si l’on n’en parle jamais dans les romans.

Habile et merveilleusement souple, la jeune femme sauta hardiment sur un seul petit pied blanc jusqu’à la porte qu’elle put enfin ouvrir en tirant sur la bobinette avec ses belles dents blanches.

- Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhheurrggggggggggggh !  cria-t-elle de gorge déployée.

Son cri réveilla encore Hammour qui sauta du lit, retombant immédiatement sur son nez, ses jambes à lui emmêlées dans les draps que Garceline avait rejetés sur lui en sortant du lit. Mais enfin, il arriva à la rescousse de sa gajica, qui resta figée de peur devant l’horrible figure à la porte :

pierre

- Ah ça ! Hammour hurla de rire. T’en fais pas, ma douce Garce’. Ce n’est que mon frère !

- T-t-t-ton f-f-f-frère ? gargarisa-t-elle, encore terrifiée.

- Bah oui, c’est mon frangin. Pierre.

~ À suivre ~

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SURGÈRES (JAK)


T’as   voulu voir Surgères
Et on a vu Notre Dame
T’ as voulu voir  l’château
On a vu le chapiteau
T’as voulu voir les orgues
Et on a ouï les cloches
Avec tous leurs  flonflons
Qu’on rien de l’accordéon
J’ai voulu voir des filles
Tu m’as fait voir des monstres
Comme toujours

Mais je te le redis ... Chauffe Marcel,
Je n'irai pas plus loin
Mais je te préviens,  Kaï, Kaï
J’préfère remuer mon purin
Et puis rentrer mes foins     
D'ailleurs , j'ai horreur
De quitter mon patelin.
Et même le  brave Marcel
Jamais n’y pourra onques  rien

Merci Jacques

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Un truc au tympan (Vegas sur sarthe)


"Qu'est-ce que c'est que ce truc dans le tympan?"
Germaine me fusille d'un regard de reproche et chuchote :"C'est pas un endroit pour se curer les oreilles! Un peu de savoir-vivre. On est dans un lieu saint"
Elle a tellement bien chuchoté que tous les touristes se retournent sur nous.
Pas le temps de lui expliquer ce qu'est un tympan.
Je montre du doigt la sculpture en question :"C'est quoi ça d'après toi?"
D'après Germaine il est judicieux d'enlever ses lunettes de soleil pour y voir quelque chose.
Elle scrute la voute céleste à la recherche d'un angelot joufflu ou d'une apparition divine, vacille, fait trois tours sur elle-même.
Je précise :"Là... entre le chapiteau aux deux éléphants et celui aux griffons affrontés!"
"Effrontés" corrige t-elle "ils sont effrontés ces singes musiciens"
"Je ne parle pas des singes musiciens mais des griffons... à gauche!"
Germaine pivote à droite et tombe sous le charme d'un Samson viril et chevelu; elle en chancelle dirait Jacques et se raccroche à mon bras.
"Quand tu auras repris tes esprits, dis-moi ce que tu vois sur le tympan"
Germaine est une mystique, une pieuse dans l'âme, une goulue du divin à défaut d'être une acharnée du divan; elle m'a entraîné ici au prétexte qu'on n'a pas les moyens d'aller à Lourdes; d'ailleurs il n'existe pas un seul endroit où on ne s'est pas arrêtés pour visiter une église, une chapelle, un monastère, une abbatiale, un prieuré...

Germaine scrute mon oreille droite, me tire sauvagement le lobe en chuchotant :"Je ne vois rien, rien du tout... faudrait consulter un auto-rhino-machin"
Je récupère ma feuille de chou endolorie et me recule prudemment :"Moi j'y vois un barbu à corps de lion et queue de dragon"
Germaine s'écarte vivement de moi :"Si c'est ça, faut qu'tu consultes au plus vite!!"
A quoi bon tenter de lui expliquer que le spectacle est là-haut et pas dans mes oreilles.
Je capitule et prends la direction de la sortie.
Germaine me rattrape :"Appelle le docteur Sinus de ma part" et elle ajoute "et tu devrais faire une prière avant de sortir!"

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Surgères (Walrus)

 

 Surgères, octobre 2005

 

Pris d'une pulsion aussi créatrice que prémonitoire (sans parler que l'on est ici dans le vignoble des bois ordinaires du Cognac), le sculpteur d'une des métopes de l'église locale fit surgir de la pierre un Ronsard devenu chèvre (à moins que ce ne soit lion superbe et généreux) fou d'amour pour la jeune et belle damoiselle Hélène de Surgères.

(Mais oui, vous savez bien :
"Quand vous serez bien vieille...")

C'était prédestiné, l'amoureux transi ne se prénommait-il pas... Pierre ?

 

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Participation de Venise


GUILLEMETTE  !!!!
Où se trouve ton mari  crie la garde du ROI

Nous venons l’arrêter
Pourquoi demande GUILLEMETTE toute affolée?

Il a commis l’irréparable avec ses dernières singeries.
Le Roi est hors de lui et veut détruire tout son travail.
Cet effronté doit être châtié en place publique .

Pardonnez son audace dit guillemette entre de longs sanglots
Nous sommes des enfants exténués par un siècle d’injustice.

Un rayon couleur miel frappe le visage de guillemette
Qui se volatilise en un éclair.
Qu’elle prenne garde avec ses tours de sorcellerie  crie le garde hors de lui .
Derrière la palissade les ombres des chimères courent les rues et imitent le rire des corneilles

Personne n’a jamais parlé et guillemette et son mari se cachent derrière les broussailles de nos révoltes
Et se moquent d’un rire malicieux des grands de ce monde .

ve

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15 juillet 2017

Défi#464

 

Surgères, octobre 2005

Je suppose que vous n'avez pas besoin d'aide pour trouver l'inspiration...

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Sa dernière heure par bongopinot

 

Bande, juin 2008

 


M’asseoir sur un banc cinq minutes
Regarder une branche et sa chute
Me dire que l’arbre est dangereux
Pour tous les couples d’amoureux

Pour les enfants jouant au grand air
Grimpant dans cet arbre centenaire
Même ce simple panneau planté
Indiquant un éventuel danger

Ne suffira pas à faire comprendre
Qu’un coup de vent peut surprendre
Cet arbre d’une autre époque
Et faire tomber ses branches qui se disloquent

Et malheur à celui qui est dessous ou dessus
Et qui sur la tête l'a reçu
La nature peut parfois être cruelle
Tout autant qu’elle peut être si belle

Aujourd’hui une branche est tombée
Sur ce banc délaissé
Car le vent a tant soufflé
Toute la nuit et la journée

Et l'arbre majestueux
Si beau et courageux
Qui est plus que centenaire
S’arrache doucement de sa terre

C’est dans ce joli parc
Où il a tout son public
Et entouré de fleurs et de senteurs
Que sonna sa dernière heure

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Aparté (Walrus)

 

- Ah, tu vois que j'ai bien fait d'installer ce panneau : notre banc est libre maintenant.

- T'es un génie, mon chéri...

 

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Autant en emporte le plat (joye)

hammour

La forêt enchantée ruisselait sous une drache soudaine. Elle vit s’approcher le jeune homme, monté sur son grand cheval. Soudain, il s’arrêta et descendit devant elle.

- Je suis Hammour Chute-Debranches, roi des gitans. Et vous êtes ?

- Garceline. Garceline Perrier-Badoit de l'Évian.  Elle frissonnait devant cet être mâle qui suintait la virilité masculine.

- Venez, belle dame, vous êtes trempée jusqu’aux os !  Je vous amène à mon cottage, lui dit-il courtoisement.

Et, sans attendre une réponse, il l’attrapa brusquement par la taille, et elle se retrouva sur sa bête magnifique. Elle haleta de surprise de savoir qu’un roi de gitans habite un cottage…

Quelques heures plus tard, galopant à travers la forêt, et puis une prairie, et ensuite dans un pré à côté de l’autoroute et à travers un champ de blé - poursuivi pendant plusieurs kilomètres par un agriculteur acrimonieux sur son vieux tracteur - avant d’enfin retrouver les arbres, le couple arriva au cottage qui se trouvait dans une banlieue magique de la forêt enchantée. Un nain trollâtre leur a ouvert, grommelant.

- Roncevalet, prépare-nous un feu dans la cheminée ! commanda régalement Hammour.

- Peux pas, grommela le nain, grincheusement.

- Pourquoi pas ? demanda le roi, d’une voix impatiente et impérieuse.

- Tout d’abord parce que je ne suis pas Roncevalet. Je suis son neveu, Vonceralet !

- Un peu son neveu! s'exclama Hammour. Et alors, prépare-nous un feu dans la cheminée, Vonceralet.

- Peux pas, grommela de nouveau le nain.  Y a pas de bois !

Hammour l’envoya donc s’occuper du cheval. Le nain s’exécuta, mais peu gracieusement.

Une fois seul devant la cheminée déserte, le couple s’enlaça fougueusement. Tremblant de passion, ou peut-être du froid, sa main à lui relevait avidement l'ourlet détrempé de sa jupe à elle. D’un coup, il se retira de ses bras à elle afin de bien regarder, lui, sa jambe à elle.

- Mais Garceline…ta jambe ! murmura-t-il, confus.

- Oui, mon amour ? soupira-t-elle, voluptueusement, les yeux mi-clos, souhaitant encore tâter tendrement les muscles énormes de ses bras à lui.

- Euh, ben, on dirait que tu as une jambe de bois ? s’exclama-t-il, chevaleresquement.

- Ah, ça...Cela t’embête, mon Hammour ? demanda-t-elle, d’une timidité féroce.

- Ben, tu parles que ça m’embête, ma Garce'! cria-t-il. Tu te rends compte ? On aurait pu s’en servir pour allumer le feu dans la cheminée !

~ À suivre ~

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Les fleurs bleues (Pascal)

 

Au hasard de notre balade sentimentale, nous avions rejoint un petit square ; il semblait sorti de nulle part. Il y a toujours un parc, un espace vert, une issue de secours s’opposant à la morosité de la ville et qui s’offre à l’errance enthousiaste. On a tous besoin de ces havres de paix, de ces jardins d’Eden pour croquer dans sa pomme d’Amour.
Inconsciemment, on les recherche ; c’est un retour à la nature, peut-être, l’ombre complice des frondaisons, sûrement. Le vieux grillage en fer forgé, l’ancestral porche d’entrée, les parfums capiteux de la verdure débordants, en étaient les invitations convenues…  

Nous avions couru dans l’allée pour ne pas nous mettre en retard sur le bonheur d’être ensemble, à cet instant d’intemporalité enchanteresse. Sous les grands arbres, et dans l’abri de leurs ombres, nous faisions des haltes baisers ; je ne reprenais ma respiration qu’après nos tours de langue, comme des tours de clé fougueux, pour m’emparer encore de ton cœur. Dans leur antre protecteur, nous étions tremblants sous le saule pleureur, impressionnés sous le grand chêne, hilares sous le tilleul, emballés sous le frêne, enfants sous le hêtre ; aux moindres de nos soupirs, toutes les feuilles de tous ces arbres semblaient nous applaudir !
Parfois, des branches basses emprisonnaient tes cheveux et, preux chevalier, j’avais un grand plaisir à démêler une à une tes boucles blondes ; elles étaient des guirlandes d’or sur le sapin de Noël de notre été et, toi, tu en étais le plus fabuleux cadeau…

Je ne voyais un futur envisageable que dans la prunelle de tes yeux ; de celui du ciel à celui des abysses, en passant par les fleurs, tous les bleus s’y confondaient dans une intimité de cascade débordante. J’aimais bien tout ce déséquilibre qui me maintenait pourtant dans une expectative heureuse ; je pouvais me noyer dans l’un et planer dans l’autre.
Dans leurs reflets, je voyais le monde dans une dimension extraordinaire ; j’étais ton courageux héros, l’escaladeur de tes cils papillonnants, l’émérite nageur de tes larmes de rire, l’explorateur de tes cernes complices, le goûteur de ton mascara, l’arpenteur de tes sourcils froncés, dans l’impatience d’un autre baiser. La frange sur ton front, le grain de beauté sur ton nez, la fraîcheur de ta joue, le goût de ta salive, le tourbillon de ta jupe quand tu tournais autour de mon doigt : le bout du monde était partout, à portée de voix de tous mes je t’aime.  

Ta respiration était la mienne, ta démarche était la mienne, tes émerveillements étaient les miens, tes rires étaient les miens, et nos silences étaient complices. Ils continuaient de se murmurer des mots doux, ces caresses qui touchent l’âme et qui tissent des habits de lumière éblouissants. Le long de tes soupirs, j’étais un cerf-volant flottant dans l’éméraldine et tu agitais ma ficelle à la langueur de tes délicieux caprices. Fondus dans le creuset de l’Amour, dans un tout, aussi chimérique qu’impérissable, nous n’étions plus qu’un…  

On marchait main dans la main. C’était si difficile de nous dénouer de ces liens d’amour ; quand on croisait un couple de personnes âgées, un enfant sur son petit vélo, un landau de maman, un vieux monsieur pendant l’assiduité de sa lecture, nous inventions toujours des stratagèmes pour ne pas nous détacher. Parfois, on ne pouvait pas faire autrement, à cause des aléas de l’allée, et quand nous nous retrouvions, c’était comme si nous nous étions séparés depuis mille ans ! Telle une valse insatiable, t’apprendre, te retenir, t’apprendre encore, te laisser t’enrouler contre mon épaule, te regarder te déplier jusqu’au bout de nos doigts, te reprendre, te garder contre moi, je peaufinais nos pas de danse…

Te souviens-tu de la statue paresseuse ? Assise et pensive, elle faisait la circulation aux amoureux en pointant son doigt vers l’enfilade des bancs ! Et la fontaine aux glouglous mystérieux comme des secrets courant à fleur d’eau ! Il s’y baignait les nuages baladeurs et ils allaient sécher dans un autre coin du  ciel ! Te souviens-tu du charivari des petits oiseaux sur la gamme des branches alentour ? Ils étaient la musique de fond de notre aventure bucolique ; nous apprenions les paroles de notre chanson et nos baisers étaient nos refrains qu’on connaissait sur le bout du cœur. Et quand nos ombres se confondaient au soleil d’une autre de nos embrassades ? Le monde tournait autour de nous…  

Sous l’œil intrigué du gardien, nous avions foulé sa pelouse. Tu avais enlevé tes chaussures ; tu les portais dans chacune de tes mains et quand on s’enlaçait, je sentais leurs talons se frotter dans mon dos. Je tenais tes hanches comme on tient un instrument de musique quand on en a compris les premiers accords. Tu te grandissais sur la pointe des pieds et ta jupe se soulevait plus que de raison ! Au diable la raison et son triste cortège d’a priori, de modération et d’indifférence !... Il y aurait tant à dire mais ce n’est pas le sujet du jour !...  

Nous avions rejoint le banc des amoureux ; autoritaire et entremetteur, sans façon, il nous a basculés en arrière comme s’il nous prenait dans ses bras ! Il avait coincé ta jupe entre ses planches, ce vieux coquin ! C’est ce moment qu’a choisi le gardien voyeur pour nous sermonner ! « Vous n’avez pas vu le panneau, les jeunes ?... » « Ben non, puisque nous sommes arrivés de l’autre côté » ne puis-je m’empêcher de lui répondre. « Chute de branches » nous lança t-il, en regardant la cime des arbres. « Pour  conserver la chance de votre idylle toute neuve, il y a franchement d’autres moyens de toucher du bois !... » dit-il, en souriant. Ce devait être sa phrase fétiche, sa ritournelle champêtre, celle qu’il sert et ressert à l’occasion des amoureux qui viennent se bécoter sur son banc des passions…

Quand il s’éloigna, ingénue Cendrillon posée sur le banc de pierre, à genoux, je glissai doucement tes chaussures de verre sur tes pieds menus et c’était un feu d’artifice dans mes pensées multicolores…

 

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Participation de Venise


Dans la campagne chevauchant le vent et ses longs sourcils
Etourdie du pollen des tilleuls , mon âme solitaire se cache dans la forêt d’avant  l’âge de vos parents .
Il faut être sans vie pour laisser trainer un tel message

ATTENTION CHUTE DE BRANCHE
Faites plutôt quelques pas de danse prés d’eux .
Car ce que vous avez de plus secret seul les arbres peuvent l’entendre.
Pauvres humains mal assurés, voyant partout des murs emplis de tesson de bouteilles!!

Le monde vous appartient petit poissons rouges  
Brisez votre bocal de neige et regardez le ciel .

 

ve



Rien ne nous fera plier , nous irons sous les platanes
Prier  un Dieu qui s’est défilé au dernier 14 juillet
Nous irons dés les premières averses d’Avril  promener  nos clébards dans les prairies semées de panneaux interdits .
Par ce que nous vivants , dans nos cœur royaux
Rien ne nous obligera à nous détourner de notre chemin de ronce .

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À la tronçonneuse (Vegas sur sarthe)


"C'est pour quoi?"
"Bonjour, c'est pour une chute"
"C'est bien ici. Est-ce que cette chute fait suite à un élagage, à un problème de voisinage ou à une catastrophe naturelle du genre coup de vent, bourrasque, tornade, tempête ou autre cataclysme ?"
"C'est plutôt du genre tornade mais pas naturelle... enfin c'est quoi la différence?"
"S'il s'agit juste de vieilles branches par exemple..."
"Une vieille branche, on pourrait dire ça. On est mariés depuis... depuis bien trop longtemps"
 "Alors si c'est un sinistre, ça doit d'abord se déclarer au deuxième étage"
"Sinistre... c'est le mot adéquat! Elle file le bourdon à tout le quartier"
"Vous êtes sur la commune, évidemment?"
"Germaine est plus particulière que commune et je suis dessus depuis bien trop longtemps"
"C'est surement pour ça qu'elle a craqué. Vous avez une responsabilité civile, j'espère?"
"Responsabilité? J'entends ça tous les jours. Elle me met tout sur le dos: le gouvernement, les impôts, la météo, le prix des clopes"
"S'il s'agit d'une surcharge sur une branche morte, ça change tout. On est dans le cadre d'une simple imprudence et je ne peux rien faire"

(Soupir)
"Une branche morte? Si vous pouviez dire vrai. Ce serait un soulagement pour tout le monde sans parler de mon arbre généalogique qui penche un peu trop de son côté"
"En tout cas s'il y a gêne sur la voie publique, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière il faudrait rapidement déblayer tout ça à la tronçonneuse"
"A la tronçonneuse? C'est peut-être un peu... expéditif, non?"
"C'est vous qui voyez, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière ça doit être fait à la diligence et aux frais des propriétaires"
"Y aura pas besoin de diligence, j'ai la Twingo... elle devrait rentrer dedans en tassant un peu"
"Sinon je peux vous réserver l'équipe municipale avec le camion, ils sont cinq"
"Cinq? Ca devrait suffire pour son quintal !"
"Et pour l'effeuillage vous avez ce qu'il faut?"
"Oh l'effeuillage! C'était avant, quand elle était jeune et mince. Maintenant c'est grenouillère molletonnée et hôtel du cul tourné"

"Et vos voisins, ils en pensent quoi?"
"Ils disent qu'elle s'en relèvera jamais et que c'est triste de finir comme ça sous les yeux des gamins... c'est pas un bon exemple pour la jeunesse vous savez"
"Allons! Allons! Ca n'est pas si grave, à votre âge on a encore le temps et l'envie de replanter"
"Replanter? Vous en avez de bonnes. On voit bien que vous ne connaissez pas Germaine!"

"Germaine? Je ne connaissais pas cette essence. C'est de l'exotique?"
"De l'exotique, oui! Elle est berrichonne, de Vignoux sur Barangeon, un trou perdu exotique"
"Sachez qu'aucun trou n'est jamais perdu Monsieur tant qu'on a le désir de planter! Vous n'avez pas la fibre écologique, hein?"

(Soupir)
"C'est pas le tout mais je suis venu pour trouver une chute... on m'a dit que j'en trouverais ici"
"Vous cherchez une chute? Vous êtes un drôle de type vous alors..."

Marcel se retourna vers ses potes des Défis Du Samedi :"Bon, ben désolé les gars, y aura pas de chute cette fois-ci"

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Participation de Sandrine

 

Assis sur son banc public, le sien mais à tout le monde, Emile attendait Sylvain. Son pote lui avait donné rendez vous là, deux saisons auparavant, quelque part au printemps :

-        Ciao, on se revoit à la saison des éléphants.

Crac, l’automne arrive, une branche profite du grand vent pour sauter de son arbre et aller s’asseoir sur le banc public d’Emile :

-        Salut Emile

-        Salut vieille branche… 

 

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CHUTE DE BRANCHES (Laura)

 

Aux informations, on entend beaucoup parler de risques: c'est pourquoi je ne les regarde

Presque plus; je préfère la presse écrite nationale et locale: j'y pioche ce dont j'ai besoin.

A entendre les journaux télévisés, la vie ne serait que risques: à quoi je réponds à eux

Et d'autres que le plus grand risque qu'on prend en naissant, c'est de mourir un jour

Non pas que ça m'enchante; pour moi, il y a largement de quoi s'occuper pour l'éternité

Mais dans le doute, d'une vie après la mort, je prends le risque de vivre ici et maintenant.

Face au risque de chute de branches, j'utilise le bois dans les livres que je lis sous un arbre

Sans branches ou "sous le soleil, exactement" en prenant le risque du coup de soleil.

Je ne crains pas trop les avalanches car la neige qui tombe chaque hiver dans ma ville

Suffit à mon goût du risque: tenir debout sur les trottoirs verglacés en évitant les chutes.

 

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