Le défi du samedi

Défi #469

Castiglione del Lago, mai 2008

Vous y croyez, vous,
aux fantômes ?

 

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19 août 2017

Sont tout sourire

pas cons

4682

Laura ; Venise ; petitmoulin ; Pascal ; Thérèse ;

Walrus ; joye ; bongopinot ; Joe Krapov ;

 

 

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Ecrire à Rimbaud ? 4, Sourire (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

« C'est moi que je suis la Joconde.
Que de mots vains on m'inonde.
Critiques, artistes abondent
En intarissables facondes. »

 

2017 08 17 mona lisa RimbaudCette semaine on me demande de faire sourire ! Ce n’est pas bien difficile pour moi qui passe désormais ma vie à ne faire que cela ! Je fais sourire et je prête même souvent à rire à taux de z’héros !

Je pourrais bien aller piocher dans mes collages de Jean-Emile Rabatjoie, par exemple. Jean-Emile R. est un avatar de moi-même qui découpe des images dans des vieux magazines et les colle ailleurs, cela pour suivre les traces artistiques et iconoclastes de Jacques Prévert. Je pourrais endosser à nouveau son costume pour concocter d’autres rapprochements improbables et, par exemple, coiffer Mona Lisa avec les chapeaux de la reine d’Angleterre.

Le plus simple à vrai dire serait de recopier ici mon journal de voyage à Charleville-Mézières et de publier un diaporama photographique rassemblant les enseignes et effigies « dédiées à ta gloire » que j’ai pu contempler dans ton Ardenne natale. Mais le sourire serait un peu jaune, peut-être.

 

Je préfère t’annoncer que j’ai bien reçu ton « pitch ». Le pitch, toi qui fus angliciste mais ignores les tics du langage français moderne, c’est le scénario d’un film, c’est la trame d’un récit, le sujet d’une œuvre, le thème d’un poème.

Il est intéressant, ton story-board kaléidoscopique mais je trouve qu’il manque de musique et… qu’il ne prête pas précisément à sourire, même si les notes de bas de page laissent à penser qu’il y a plein de sous-entendus coquins et cultivés là-dessous. Ou pas.

C’est pourquoi je me suis permis de chausser mes gros sabots et d’en réécrire trois. J’ai pitié des Défiant(e)s du samedi qui en ont déjà marre sans doute de cette correspondance idiote entre deux types qui n’ont rien à voir ensemble sinon qu’ils sont un peu, comment dire, chacun dans leur genre, « illuminés ». Je n’en livre donc ici qu’un seul, « Hortense », libre transposition krapovienne du texte intitulé « H » à la page 278 de l’édition en Pocket de tes œuvres complètes.

 

HORTENSE

Ne demande pas la main d’Hortense :
Elle s’occupe à fourrager
Beaucoup plus bas que sa voilette.

N’attends pas d’Hortense
Un doigt d’indulgence :
Il s’applique à la mécanique
Hygiénique et il met
- Ô monstruosité ! –
De la frivolité
Au sein de sa pilosité.

Hortense a des gestes atroces,
Des passions, des actions violentes,
Des manigances érotiques.

A force de frotter
Elle fait tout reluire
D’un beau vernis de mandoline.

Pour la dynamique amoureuse,
Pour ce qui va la rendre heureuse,
Elle paye, depuis l’enfance,
Un tribut de portes ouvertes,
De décorporation salace,
De travaux de mise en lumière
Car elle est reine d’éclairage.
C’est là sa mauvaise habitude.

Et surtout ne paie pas Hortense
D’un rubis sur l’ongle :
Elle rira sous sa pelisse
De ton frisson d’amour novice.

Attends juste qu’elle finisse,
Arthur appuyé au chambranle,
Sa toilette.

Les amateurs de littérature comparée iront lire l’original ici.

Ca les fera peut-être sourire. Ou pas.

Sur ce je repars m’activer une semaine en Normandie. Bon repos à toi, cher poète de mes dix-sept ans !

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S comme ... par bongopinot


C'est une clé secrète
Qui ouvre bien des cœurs
Il contribue aux petits bonheurs
Et efface un peu le mal être

Qu'il soit cajoleur enjôleur
Il accueille désarme rassemble
Moment agréable et aimable
Il arrive tous les jours à toutes heures

Il a un rôle précis
Quant il est vrai et sincère
Il fait oublier les colères
Et éloigne un temps les soucis

Il est souvent communicatif
C'est aussi un bon moyen de défense
Il nous donne de l'assurance
Et nous rend plus positif

C'est un langage universel
Et il peut si on le désire
Exprimer ce qu’on n’a pas su dire
Il est de plus en plus essentiel

Alors aller y SOURIEZ encore
Donnez et recevez toujours
C'est votre cadeau de tous les jours
Il ne coûte rien et il rend plus fort

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Autant en emporte le plat : Épisode Sixtus (joye)

L’histoire jusqu’ici :  http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html

- Alors, Hammour, qu’est-ce que tu proposes ? lança Garceline.  Tu es, après tout, le roitelet des gitans !

- Et si l’on jouait au nid-oui, nid-non ? demanda Fanfan, essayant d’aider, et échouant, comme d'habitude.

Vonceralet ne dit rien. Il boudait comme un bouscarle (si les bouscarles boudaient).

Hammour secouait ses plumes.

- Eh bien, commença-t-il, mais ne dit plus rien, parce que, devant ses yeux, et entourée des éclairs se trouva une jolie fillette-fée !!

encore emilie

- Qui êtes-vous ?!? crièrent Garceline, Hammour, et Fanfan ensemble.  Vonceralet ne cria pas, il boudait (au cas où vous avez oublié, ou si vous avez mal lu jusqu’ici, ou même si vous vous en fichez, c’est selon).

- Justement, dit la princesse-fée. Si vous voulez que je vous aide, il faut deviner mon nom. Mais attention, continua-t-elle. Vous pouvez chacun deviner une seule fois et si vous ne trouvez pas, je ne pourrai pas vous aider.

Sans hésiter ou attendre, parce qu’il était toujours impulsif (c’est bien ainsi qu’il se fit transformer en marionnette et puis moineau), Fanfan hurla la première chose qui lui vint à l’esprit :

- Constance I. Nople !

La princesse le regarda avec de la pitié et hocha sa belle tête.

- Espèce de con ! cria Garceline, encore irritée.

- Euh...non, rigola la merveilleuse princesse-fée, toutefois un peu embarrassée par ce niveau de langage.

- Oh ! Non ! Je ne devinais pas, je parlais à cet idiot de mari à moi que j’ai ! Ça ne compte pas ! pleurnicha Garceline.

- Désolée, sourit la ravissante princesse-fée à la chevelure soyeuse et brune. Ça compte.

- Mince ! soupira Hammour.

- Non plus, désolée, murmura la jeune princesse-fée. Même ses adorables taches de rousseur semblaient sourire à la stupidité collective du groupe qui regarda soudain Vonceralet, leur dernière chance.

Roncevalet ouvrit son petit bec et puis le referma. Il aimait bien dramatiser, lui. Mais quand il l’ouvrit encore, c’était pour deviner  le nom de la princesse-fée.

- É-mi-lie, prononça-t-il, soigneusement.

- Ah ! Bravo ! C’est ça ! Je m’appelle Émilie ! rayonna-t-elle.

- Mais, comment l'avez-vous deviné ? crièrent les camarades du nain grincheux.

- Beuh, moi, je n'ai pas deviné ! J'ai Googlé ! Et, puis encore... j'ai Facebouque ! expliqua-t-il.

Alors, la talentueuse princesse-fée frappa les doigts (parce qu’elle avait oublié sa baguette magique dans son autre sac à dos ce jour-là en rentrant de ses leçons d'équitation), et poum ! Les quatre petits oiseaux retrouvèrent leurs formes originelles.

Hammour était encore beau, musclé et masculin. Malheureusement, Garceline avait encore sa jambe de bois et Fanfan était encore marionnette (sans doute parce qu’il y aura au moins encore deux épisodes cet été, hein).

Mais Vonceralet…eh, bien, Vonceralet…Les autres haletèrent de surprise en le voyant. Mais la princesse-fée Émilie sourit tout grand comme ça :

fairy

~ À suivre ~

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Le temps est assassin... (Walrus)

 

Neuf ans déjà que nous promenions par les chemins du jardin botanique de Meise, au plus froid de l'hiver, cet arc-en-ciel ambulant.

Les photos, finalement, n'apportent que des regrets.

Source: Externe

À moins qu'elles ne nous réchauffent un court instant le cœur...

 

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Un enfant (Thérèse)


Un enfant, c'est un morceau de soleil
qui vient réveiller tes jours gris
quand nostalgique tu sombrais.

Un enfant, c'est de grands yeux étonnés
de découvrir le monde,
à petits pas prudents.

Un enfant, c'est doux et chaud entre tes bras
quand, tout confiant, il s'abandonne
pour te livrer tous ses secrets.

Un enfant, c'est une partie de toi
qui déverse son innocence
et ravive tes souvenirs.

Un enfant, c'est un rire en plein cœur
qui reste en héritage
quand tu n'as plus que ta mémoire en partage.

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Marie-Jeanne (Pascal)


J’avais réservé une table à l’Auberge du Pachoquin. Située dans la vallée du Gapeau, ancien relais de poste transformé en restaurant, c’était un antre de délices pour toutes les papilles gourmandes et c’était foule, ce dimanche. Fin de l’automne et chasse ouverte, sur tous les menus, le civet de sanglier était la marque de leur grande notoriété dans la région.

Quand nous entrâmes dans l’immense salle, le restaurant embaumait ses gibiers et ses marinades. Avec tous les salamalecs d’usage, on nous trouva notre petite table, on nous installa, on nous apporta les menus, la carte des vins et quelques amuse-gueules pour nous aider à patienter.
En attendant la commande, nous restâmes en contemplation devant l’énorme cheminée ; une véritable moitié de tronc d’arbre se consumait lentement dans l’âtre. Telles les fusées rougissantes d’un feu d’artifice improvisé, des crépitements soudains pétardaient dans les flammes dansantes ; coupant la parole, ils taisaient un instant le brouhaha des attablés alentour comme si toutes ces petites détonations faisaient partie du spectacle. Entre deux fourchetées, entre deux rasades, entre deux bons mots, cela rajoutait encore au décor gentiment champêtre de l’endroit. Des vieilles choses accrochées aux murs enrobaient l’ambiance des fastes d’une nostalgie ancienne ; leur désuétude flagrante plongeait immanquablement les attablés dans le siècle passé.
Quand ce n’était pas les senteurs boisées du chêne brasillant dans la cheminée, le bouquet précieux des gerbes de lavande séchée, des effluves tièdes de mangeaille appétissante venaient nous taquiner les narines et, des yeux, nous cherchions désespérément un serveur pour nous rappeler à lui. Enfin, l’un d’eux, un peu moins occupé que les autres, vint prendre notre commande. Ce fut un civet de sanglier, bien entendu…

Pour célébrer cette sortie dominicale, tu portais une belle robe blanche, brodée de motifs tarabiscotés, comme un habit de princesse médiévale. Tu avais relevé tes cheveux dans une coiffure savante entre mèches et boucles, entre tresses et barrettes. Pour parfaire ton charme, tu avais glissé quelques bagues le long de tes doigts, attaché un collier de perles transparentes autour du cou et ajusté des bracelets tintinnabulant leur liberté à chacune de tes gesticulations.
Mais ce qui m’éblouissait le plus, c’était tes sourires que tu me flashais en salves quand je t’admirais ; jeunes amoureux, nous étions connectés au grand Tout, celui qui augure des secondes lumineuses et des lendemains enchanteurs. J’avais l’eau à la bouche…

Avec le peuple occupant la grande salle, l’atmosphère était lourde, entre la fumée opaque des cigarettes, la chaleur rayonnante du foyer, les fragrances capiteuses des plats posés sur les tables et le tintamarre obsédant des discussions enflammées. C’était comme un bourdonnement incessant ; seuls des éclats de rire, des tintements de verres, des chaises malmenées crissant sur le carrelage, semblaient émerger du tumulte.

Curieuse de ton entourage, tes regards s’étaient portés sur une table proche ; elle était occupée par une huitaine de personnes âgées en pleines libations gargantuesques. Chacun des protagonistes, trop occupé à engloutir ses carrés de quartanier, ignorait son voisin comme s’il avait peur qu’on lui ravisse sa part…

On venait de nous apporter notre poêlon de sanglier mariné ; dans la corbeille, les tranches de pain croustillant n’attendaient que notre boulimie et nos verres étaient remplis avec un gouleyant vin rouge provençal. Je nous servais grassement en laissant couler la sauce épaisse sur nos morceaux de viande…

Au milieu de cette troupe de cheveux blancs, tu avais remarqué le comportement étrange d’une petite mémé qui se balançait mollement sur sa chaise, comme si elle avait perdu le contrôle de ses facultés. Tu me le faisais remarquer quand, tout à coup, les yeux de la vieille dame se révulsèrent et sa tête tomba au mitan de l’assiette…

Debout, avant que je m’en aperçoive, et que toute sa tablée ne s’en aperçoive aussi, n’écoutant que ta compassion, tu as retroussé les manches de ta belle robe brodée, tu as foncé vers elle, tu l’as sortie de sa fâcheuse posture d’inconsciente, en début de noyée, et tout aussi promptement, tu l’as installée sur le sol, dans la position latérale de sécurité.
Tu t’occupais d’elle, tu tapotais ses joues si pâles, tu lui parlais avec des mots d’assistance comme si tu la connaissais ; son dentier à la main, tu avais un peu de bave entre les doigts. Tu as trempé une serviette dans un pichet d’eau et tu lui as humecté doucement le visage en le nettoyant de toute cette sauce tellement brunâtre. Tes bijoux ne brillaient plus pareil, comme si un sortilège les avait subitement ternis à mes yeux ; l’ambiance enchanteresse de notre dimanche s’était soudain effacée devant la réalité du fait divers…  

Dans nos assiettes, le civet de sanglier fumait toute son impatience et tous ses parfums de garrigue sauvage ; le vin rouge stagnait dans nos verres et je n’osais même pas goûter ce que j’avais piqué au bout de ma fourchette…

Revenue des limbes comateux, la tête blottie entre tes bras, la vieille dame t’a souri ; j’ai pensé que c’était un sourire de miraculée mais c’était plutôt un sourire de maman. Il y avait de l’Amour dans cette grimace à l’endroit, une miséricorde réciproque, et je compris que c’était ton salaire de labeur. Vous aviez des secrets que je ne comprenais pas et j’étais bêtement jaloux de ne plus être le seul détenteur de tes attentions humanitaires.
Sur ta tête, ta coiffure s’était disloquée, et les mèches, et les barrettes, et les boucles, et les tresses, s’emmêlaient sans que ton charme n’en souffrît une seconde. Tu étais Marie, bénie entre toutes les femmes, tu étais Jeanne, Jeanne d’Arc, volant au secours des plus démunis, tu étais Marie-Jeanne, mon Amour, mon Amie, ma Fiancée de toujours…

La vieille dame avait repris ses esprits ; nantie de son appareil dentaire, elle avait réinvesti sa table et réclamait déjà une autre louche de sanglier mariné. Je me souviens comme elle lorgnait sur notre table comme si elle attendait que l’un de nous deux défaille pour voler à son secours ; je me souviens de ses mille œillades complices de vieille maman qui veille sur sa progéniture…

C’est le patron de l’Auberge du Pachoquin qui était content ; tout sourire mercantile dehors, il vint nous apporter un nouveau poêlon de sa daube de sanglier mariné parce que, réchauffé… c’est encore meilleur…

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Les couleurs entre les mains (petitmoulin)


Les couleurs entre les mains
Tu ouvres une brèche
Par où s'éveille
Une autre saison
La tienne
Ton regard mutin
Éclabousse mon visage
Et ton  sourire
Dépose sur moi
L'éclat de ta présence
Qui me sauve de l'hiver

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Participation de Venise


J’ai vu le sillage éteint
De mon frère le singe
Et
J’ai souri
J’ai vu le vol désirable de l’aigle
Et
J’ai souri
j’ai senti le frottement de l’épaule d’un papillon de nuit
 Et J’ai souri

v01

Et ce fut le point de départ
La force conductrice qui m’a déportée
Vers eux.
Vers l’esquisse d’une poétique de l’habitation animale de la Terre.
Nous n’avons rien en propre
Nous sommes comme eux De passage.

 

v02



Ils sont les Maitres du silence , nous sommes leurs voisins bruyants.

Et si le sourire habitait ce silence
Et qu’il nous vienne de la bête en nous qui enfin se tait.

v03

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Participation de Laura

 
Sourire d’un matin câlin
Oublier les bruits de la ville
Urgence du chant des oiseaux
Rareté des moments heureux
Impossible de les laisser passer
Rides de sourire même forcé l’
Emportera sur la colère et la haine
 

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12 août 2017

Défi #468

Meise, février 2008

Souriez !

 

 

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Bizarre (Walrus)

 

Je n'ai pas eu besoin de spécifier qu'il s'agit de moineaux, tout le monde les a reconnus.

Il semblerait que ce moineau soit l'oiseau par excellence, l'emblème de la gent ailée.

Et  pourtant...

Depuis combien de temps n'en avez-vous pas entrevu le premier bout de plume ?

 

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Ecrire à Rimbaud ? 3, Drôles d'oiseaux (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

 

Mon cher Arthur

« Like a bird on the wire
Like a drunk in a midnight choir
I have tried on my way to be free »

Quand on a une cervelle de piaf, tout se bouscule au portillon !

Posons d’abord que cet extrait de chanson est de Léonard Cohen, un autre poète voyageur qui sema quelques perles de poésie et de musique avant de, récemment, disparaître vers un monde de plus en plus noir. 

170804 265 010

« Des Ardennes au désert », le recueil de tes œuvres chez l’éditeur « Pocket » m’accompagne encore, même ici chez moi où je suis rentré après une autre semaine de marche dans un autre pays de nuages, de semelles et de vent. A croiser tes mots avec des paysages nouveaux, des idées me viennent en nombre. Les quatre moineaux de la photo m’invitent à te parler ce jour de Twitter, le réseau de l’oiseau bleu, et de l’Angleterre où tu es allé traîner tes guêtres avec Verlaine d’abord puis avec Germain Nouveau.

Comment t’expliquer le principe idiot et la vogue paradoxale de Twitter à toi qui as fait dans le « tout ou rien » ? Arthur Rimbaud ? 230 pages de poésie écrites en même pas cinq ans puis le silence total pendant vingt ans après (comme aurait dit Alexandre Dumas). Il paraît que le top du top en notre XXIe siècle pour l’être humain est d’émettre des gazouillis à tous vents. Des messages limités à 140 caractères typographiques. Difficile d’installer un bateau ivre dans ce Port-Racine où tout le monde s’engouffre cependant. 

DDS 467 twitter

 

J’ai moi-même ouvert jadis un compte sur ce « réseau social » où l’on discute, de fait, avec zéro zoziaux ! J’y ai publié des haïkus à la petite semaine. J’ai le sentiment que l’on pourrait faire encore plus court, encore plus ludique avec tes poèmes. En résumant par exemple le premier vers de chacun de ceux-ci par les initiales des mots qui le composent. 

 

J’adore inventer des jeux pour mes blogami(e)s. Ils et elles devineront peut-être ceux-là :

CJDDFI
CEUTDVOCUR
ONEPSQOADSA
JMEALPDMPC
HLTTCLM

Le dernier est un piège : c’est un vers de Baudelaire !

DDS 467 So irresistible

 

Mais cessons de divaguer, fermons les yeux, repensons à l’Angleterre et revenons à la chansonnette du début. Un usage intéressant de Twitter consisterait à y publier des aphorismes anglo-saxons. Je viens justement de lire cet été deux recueils de Jean-Loup Chiflet, « So irresistible ! » et « So incredible ! ». J’en conseille vivement la lecture à qui souhaite se dilater la rate.

Quelques exemples ?  En voici :

L’autre jour j’étais tranquillement chez moi en train d’écouter un disque de Leonard Cohen et quelqu’un a sonné à la porte alors j’ai retiré le revolver de ma bouche. (Vernon Chatman)

Je ne me considère pas comme un pessimiste. Pour moi un pessimiste c’est celui qui attend qu’il pleuve. Moi je suis tout le temps trempé. (Leonard Cohen)

Quand Bob Dylan a chanté pour lui le pape a dit « Je parle pourtant plus de huit langues mais je n’ai rien compris. » (Conan O’Brien)

Le flamand n’est pas vraiment une langue, c’est plutôt une maladie de la gorge. (Mark Twain)

L’hiver anglais se termine en juillet et recommence en août. (George Gordon)

L’Enfer : un chauffeur français, un flic allemand, un cuisinier anglais, un amant suisse, le tout dirigé par des Italiens (John Elliott)


Un qui me fait beaucoup rire aussi ces temps-ci c’est le philosophe Michel Onfray dont on peut entendre les conférences sur le Cosmos chaque après-midi à 16 heures sur France-Culture. En voilà un qui n’entrera jamais, lui non plus, dans le cadre très limité de Twitter ! Entre les 28 minutes qu’il met à répondre à une Québécoise pour lui dire qu’il n’a pas de réponse à sa question et les 23 minutes de bla-bla qui précèdent la réponse "oui" à la demande « Est-ce que vous croyez à l’amour ? », cet homme est dans le hors cadre total ! Mais, sans être un voyou dans ton genre, je pense que c’est ce qu’il faut être et je trouve passionnant et amusant d’écouter ses dissertations.

Voilà, mon cher Arthur, les autres drôles d’oiseaux en compagnie desquels je passe mon été. Désolé de ne pouvoir pas mieux partager avec toi ces gouttes de rosée, ou plutôt ce « vin de vigueur » qui permet de faire front.

Amitiés et bon vent à toi, Arthur, qui as cessé de battre la semelle !

 

DDS 467 moineaux MAP

P.S. Les réponses du petit jeu :

Comme Je Descendais Des Fleuves Impassibles

C’Est Un Trou De Verdure Où Coule Une Rivière

On N’Est Pas Sérieux Quand On A Dix Sept Ans


Je M’En Allais Les Poings Dans Mes Poches Crevées


Homme Libre Toujours Tu Chériras La Mer

 

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Sur une drôle de branche par bongopinot

 

Source: Externe


Par la Fenêtre le clair de lune
Au loin le sable et les dunes
Le matin l'air frais puis le soleil
Doucement le corps s'éveille

Ils Volent et se posent
Devant nos paupières close
On s'étire on se lève alors
Et on aperçoit au dehors

Sur un dossier de chaise
Quelques oiseaux à l'aise
Sur cette drôle de branche
Toute droite et toute blanche

Ils Commencent leurs récitals
Un peu trop matinal
Un homme au chapeau
Admire déjà leurs numéros

Sirotant un bon café
Il baille et fini par s'étirer
Il leurs donne une Récompense
Devant leurs belles éloquences

C'est le goût des vacances
Ces chants coupent le silence
Une nouvelle journée arrive
Musique et en couleurs vives

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Autant en emporte le plat : Épisode Georges V (joye)

L’histoire jusqu’ici :  http://samedidefi.canalblog.com/archives/joye/index.html

Quand Hammour, roi musclé et masculin des gitans, se réveilla, il entendit les pépiements des oiseaux de la forêt magique.

- Garceline ! essaya-t-il de crier, mais il n’entendit pas le basso profundo normal de de sa propre voix. Les pépiements devinrent plus forts.

Il tendit sa main, mais ne vit devant ses yeux encore un peu troublés que des ailes.

Incrédule, il essaya de se lever, et d’un coup, se trouva sur une chaise, à côté de trois autres oiseaux.

Eh oui, cher lecteur, vous aurez deviné --- un méchant sorcier, un peu fatigué de leur histoire, avait pris sur lui de transformer les personnages de leur petit drame en oiseau ! Et, leur créatrice, en grand besoin de vacances ou peut-être de changement, ou encore, plus de deux commentaires, avait pris sur elle de transformer l’histoire en roman-photo, au moins pour cette semaine…

 

portrait de famille~ À suivre ~

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L'heure bleue (Thérèse)

 

Posé sur la croix d'une tombe, un passereau s'ébouriffait.

C'était à l'heure bleue, cet espace entre jour et nuit.

Le soleil hésitait : tantôt il pâlissait sur la ligne d'horizon,

tantôt il reprenait vigueur, brillant de tous ses rayons.

Le ciel, doucement, s'assombrissait à travers des nuances

de bleus et de gris savamment orchestrés

qu'un peintre fou avait badigeonnés

à grands coups de pinceaux.

De blancs nuages échevelés,

dans l'azur, s'effilochaient.

Des piaillements résonnaient alentour,

des trilles se répondaient en échos,

des moineaux espiègles se pourchassaient

dans une ultime poursuite.

La terre exhalait des parfums d'herbe et d'humus.

Le temps était suspendu, l'air semblait immobile.

Il faisait bon entre ciel et terre.

C'était l'heure bleue où tout se pose,

où tout repose.

 

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Contemplation (Val)

 

Il fait beau. Nous sommes à la fin du printemps. Le salon de jardin est ressorti. 

C'est agréable, ce soleil qui caresse la peau sans la brûler.

Il est là. Comme chaque année. Son éternel chapeau protège son crâne nu des premiers rayons du soleil , qui, il le sait, peuvent être méchants. 

Sa montre brille plus que d'habitude. C'est bientôt l'été. 

C'est l'heure du thé. Le premier thé dehors de la saison. Il y en aura des dizaines d'autres. 

Elle est là, elle aussi. Cachée, discrète, effacée. À quoi pense-t-elle? Qu'a-t-elle dans les yeux, que ses lunettes s'efforcent de dissimuler? 

Ils sont là tous les deux, immuablement, d'année en année. Ce même jardin, ce même mobilier, ces mêmes grands arbres dans l'allée. 

Et jamais ils ne se sentent observés.

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