28 octobre 2017

Couchant (Thérèse)

 

Tel un magistral chef d'orchestre,

un peintre fou a badigeonné le bleu céleste à grands coups de pinceaux.

Il a mélangé l'or et le charbon, le souffre et l'argent,

il a dilué le vert et le bleu, le rouge et l'orangé, le rose et le violet,

nuages de fumée propulsés par un vent chahuteur,

poussière de nuages dans le coeur du couchant...

 

Tel un peintre de génie,

il a explosé sa palette de peintures dans un feu d'artifice,

il a soufflé des cristaux de diamant dans les nuages de suie.

Et la lumière joue dans l'océan du ciel,

et des vagues de nuages s'affrontent en combats de titans,

et le réel tutoie le fantastique...

Combattants conquérants,

nuages écartelés découvrent le bleu d'un ciel

tellement insoupçonné qu'il en est reposant.

Extase du temps présent...

 

Tel un prestigieux chirurgien,

il a colmaté les blessures du soleil

en tissant des fils d'or et d'argent

à travers ses larges plaies béantes.

 

Telle une tendre mère aimante,

il a effleuré de ses doigts le ciel,

il a fermé les paupières du jour

pour que s'ouvrent les yeux de la nuit.

 

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Sous l'arche de l'obscur (petitmoulin)

 

Toute l'étendue
De l'espérance usée
Descend jusqu'à ton ombre
Des syllabes
Collées à tes lèvres
Voudraient lever nos paupières
Désemmurer notre pensée
Trouer nos silences
Sous l'arche de l'obscur
Calé contre l'abandon du jour
Tu secoues ta réserve
De couleurs
Tu déguises ton regard
Qui consent au mirage
Bref triomphe
Sur ton horizon
Désespérément clandestin

 

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Ecrire à Rimbaud ? 10, Kaléidoscope (Joe Krapov)

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

“Picture yourself in a (drunken ?) boat on a river
With tangerine trees and marmalade skies
Somebody calls you, you answer quite slowly
A girl with kaleidoscope eyes »

The Beatles – Lucy in the sky 


Aujourd’hui je suis censé, ou insensé, en faire voir de toutes les couleurs. Mais je vais surtout m’étonner de ton travail à moitié fait, de ton inconstance et de tes revirements. Peut-être es-tu au fond pareil à cet enfant à qui on a offert un kaléidoscope. Il secoue le tube en carton, regarde le résultat, ressort de là les yeux illuminés, secoue à nouveau le tube, recommence, recommence, recommence…

Si au départ était le Verbe, si au départ était la lettre – celle du voyant lumineux ! – il faut bien constater, à l’arrivée, que tu nous as posé un lapin et que tu n’as là peint que les voyelles. Et encore, pas toutes ! L’I-grec, on ne l’y trouve pas dans le fameux sonnet ! Il peut bien aller se faire voir chez les Québécois libres !

DDS 498 Juillet-1967_-Vive-le-Quebec-libre

C’est pourquoi, en vue de suppléer à ta trop fumeuse rumba du pinceau, je me suis permis de colorier, sur ta lancée, les consonnes ! J’eusse aimé concocter une «Ballade des consonnes» mais c’eût été trop difficile et trop court. Aussi ai-je choisi, pour construire les éléments de ce kaléidoscope langagier la forme du poème en prose qui fut celle des  insomniaques "Illuminations".

Rimbaud voyelles luque_les_hommes_daujoudhui_500B ! Outremer profond des bleuités béantes où s’élance le bateau livre. Il fait vibrer les baies de la bibliothèque, Titanic mal barré voguant vers l’iceberg forcément bruxellois, puisque c’est à Bruxelles que tout le monde est chou.

C ! Rouge cardinal, œil ouvert et béant du bon roi Henri II dans le couloir des lices et la douleur lui fait lancer au Ciel des cris désespérés cependant que la Mort, la cruelle crécelle tournoie dans un ciel blanc de craies et crissements. Désolé Montgomery, mais une lance chez Heni II, ça se plante dans le buffet, pas aileurs !

Le D, chapeau d’argent au doigt des couturières, brillant, déclamatoire, du désir d’en découdre ou gris perle pour dire en douce la folie du Camp du Drap d’Or : le hasard n’abolit jamais les coups qu’on se prend sur les doigts.

Pour les fleurs du chemin, pour les femmes absentes, pour les filles d’auberge, aux flasques de liqueur, aux forêts des Ardennes, aux fortins en Dancalie, pour les pétales des roses, pour la force du destin, pour le fil court des Parques, nous donnerons au F, extrait du nuancier des fadas de l’Olympe la couleur « cuisse de nymphe émue ».

DDS 478 K arc-en-ciel

Délire des couleurs au kaléidoscope ! Pour défendre son K peignons le d’arc-en-ciel, faisons tourner le tout il en sortira blanc : c’est la métamorphose du procès Kafkaïen !

La « n » de Napochose est vert empire des batailles qu’on livre aux nuits de l’insomnie. Comment sera-t-on demain ? Ne vaut-il pas mieux laisser la réponse à Chopin sous forme d’énigmes nocturnes ? Est-ce qu’une nuit blanche vaut deux nuits noires ? Qu’est-ce qui croche ? Qu’est-ce qui cloche ? Déjà celle de sept heures du mat’ ? Car la « n » n’est jamais brillante.

Pour ce foireux de P aucun doute possible : terre de sienne brûlée pour le plaideur marron !

Du q, rose tyrien, ne dis rien, rebondis ! L’oiseau Quetzalcoal nous a prêté ses plumes. Il ne fait plus très bon, mon pauvre Saint-Antoine, promener son cochon, tout se barre en quenouille ! Alors rabattons-nous sur la quintessence du rose, le flamant : tenir debout sur une patte, n’avoir bon bec que de paris et tant pis si ces dames ont plumes au derrière, si Zizi chante Queneau en croquant les diamants : descendons bien les escaliers de l’Alquazar, mon général ! Songez que la Quamargue n’a jamais rien pardonné à personne. Encore moins à quiconque massacre l’orthographe de son nom !

S ! Sinuosités turquoises de la Seine et des serpents marins aux eaux bleues des Seychelles, souffle tournant du Sirocco, soulèvement des sables jusqu’aux strato-nimbus, écrin de ciel servant de scène aux farces de celui qui se veut digne fils du soleil et puis souffre, seul, en silence.

V jaune d’or, scintillement de la victoire, de la couleur du vêtement que revête le vainqueur de la course à vélo, couleur-douleur du foie que dévore, vorace, l’aigle des vieilles divinités qui punissent de leur vice tous les voleurs de feu. 

DDS 478MAG01__2

Comment peindre sous X autrement qu’en vert pomme ? Au croisement de femme et d’homme, Dieu le Père chapeaumelonne. « Ne Lessinons pas sur les frais » a dit Eve en croquant le fruit. Vous voyez d’ici le tableau lacéré d’une croix juteuse ? Pas étonnant qu’il ait chassé le couple du Cabaret vert !

Z ! Zinzolin, forcé ! Les pagnes des zoulous, les costumes des zazous, les robes des danseuses de la zarzuela, le foulard de Zorro et son épée qui zèbre d’un éclair déchirant le ventre de Garcia ! Les zigzags du voyant zézayant aux Abruzzes.

Je m’arrête ici. Elles ne sont pas toutes là mais maintenant nous avons matière à poncer !

Repose en paix, Arthur ! Je travaille pour toi comme on roulait pour nous jadis ! 

blablabla-diapo-cdn-besancon-franche-comte

Ceci est l'affiche du spectacle Blablabla qui permet à qui le souhaite
de découvrir un formidable kaléidoscope sonore.

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Participation de Venise

 

v

 

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Kaléidoscope (Laura)

 

J'aime l'étymologie du mot "kaléidoscope": "kalos" signifie "beau;"j'aime
Ce qui me semble beau car la notion de beauté est bien relative.

J'aime l'étymologie du mot "kaléidoscope": "eidos" signifie "image"
Et comme Baudelaire-sans me comparer à son génie- j'ai le "culte des images[1]"

J'aime l'étymologie du mot "kaléidoscope":"skopein" signifie "regarder"; j'aime
Regarder les images qui me semblent belles et je vois la beauté où d'autres

Ne voient rien. La ou les couleurs n'apparaissent pas dans "kaléidoscope
Etymologiquement: j'aime la couleur, les couleurs que reflètent la lumière extérieure

 


[1] Mon coeur mis à nu

 

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Participation d'Emma

 

Emma nous offre une prise de vue à travers l'œilleton de son kaléidoscope :

 

Admirez la synchronisation avec la musique

 

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21 octobre 2017

Défi #478

 

Un moment, j'ai pensé vous filer
Ku Klux Klan, mais ce n'est guère français
et désespérément monochrome.

Alors je préfère vous inciter à jouer
avec des couleurs :

kaléidoscope

Source: Externe

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Se sont plongés dans la fontaine

pas cons

4772

Laura ; Pascal ; Venise ; Joe Krapov ; joye ; JAK ;

bongopinot ; Walrus ;

 

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Dans l'eau de la claire fontaine (Walrus)

 

Pour accéder à l'eau de la fontaine mythique, Odin lui-même aurait, dit-on, accepté de perdre un œil.

Aujourd'hui, elle est à la portée de tout un chacun, dans toutes les pharmacies, parapharmacies, parfumeries, drogueries, salles de fitness, j'en passe et de meilleures.

Heureusement, car aujourd'hui, chacun se doit de rester jeune, même avec un pied déjà dans la tombe.

Bah, il n'y a pas grand chose de changé, déjà au temps de mes jeunes années, j'entendais mes parents dire de l'un ou l'autre vieillard : "Il est retombé en enfance !"

Je me demande bien si c'était un compliment...

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Ma cure de jouvence par bongopinot


Pour ma cure de jouvence
Je prends la direction de Sablé
Sur les traces de mon enfance
Pour des vacances méritées

Je prends les rues sombres
Les ruelles étroites et pavées
J’aperçois enfin d’immenses arbres
C’est le retour sur le chemin de mon passé

Au loin sur un promontoire rocheux
Se trouve le château de Sablé ici depuis des siècles
Et tout de suite me reviennent, les jours heureux
Les beaux feux d’artifices et les spectacles

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Dans ma tête en désordre défilent mes années
Mes rires et mes jeux d’enfant
La petite fille un peu garçon manqué
Les balades avec les grands-parents

Soudain j’arrive devant une grille en ferronnerie
Et j’entre par la toute petite porte
Et là le parc du château me sourit
Je déambule dans ses allées où il m’emporte

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Et mes souvenirs me submergent
Mélange de mélancolie de bonheur
Je suis sur les bords de la Vaige
La main de grand-père me réchauffe le cœur

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Et il me raconte le marquis de Colbert de Torcy
Le premier maire de couleur Raphaël Elizé
Et bien sûr le poète Pierre Reverdy
Et tout cela donne de belles couleurs à Sablé

Voilà pourquoi je vais à chaque vacance
Faire un petit tour pour me ressourcer
Dans cet endroit qui fleure bon mon enfance
C’est pour moi une bonne cure de jouvence

 

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