03 novembre 2018

Vite expédié ! (Joe Krapov)

Le daguerréotype est un peu l’ancêtre du selfie. C’est un procédé primitif de capture d' images de vieilles badernes alors que le selfie est un procédé moderne de capture d’images de primitifs par eux-mêmes.

Le stéréotype n’a rien à voir avec la capture du son par les oreilles gauche et droite ni avec la monogamie. Celle-ci n’engendre pas forcément la monotonie - voyez donc Vegas et Germaine ! - alors que la polygamie provoque très souvent la polyphonie surtout en Corse. Pour monter gaiement au septième ciel, le meilleur moyen reste bien sûrle funnyculaire. Pour dormir sur vos deux oreilles, éloignez les coucous, surtout les Suisses. Ils ont tendance à sonner toutes les heures et à pondre en stéréo faux-nids chez les autres.

Quant à la linotype elle n’a pas de rapport avec le linoléum ni avec Lino Ventura. Elle aussi est assez âgée et n’imprime plus guère.

Il faudrait parler aussi du préfet Poubelle qui laissa son nom à une boîte à ordures alors qu’il était toujours propre sur lui et moralement irréprochable.

Donc ce monsieur Daguerre est l’inventeur d’un procédé photographique grâce auquel une image était captée sur une plaque d’argent polie. Aujourd'hui, l'argent, sonnant et trébuchant, jure pis qu'un charretier.

Janis et Daguerre ne sont pas des adverbes de temps. On ne peut pas écrire : « Janis, j’écoutais des 78 tours de Scott Joplin » ni « Daguerre on disait « oncques » pour parler de l’ancien temps ou pour saluer le frère de sa mère ou de son père ».

Par contre « Jadis et naguère » est le titre d’un recueil de poèmes de Paul Verlaine datant de 1884.

Mais même s’il s’intéressa à la photographie, je ne vais pas vous reparler de Rimbaud. Fabrice Luchini fait ça mieux que moi ! 

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Une histoire de fous (Walrus)

 

Vous connaissez bien sûr ce matheux de Charles Lutwidge Dodgson

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Et Alice

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Et le chapelier fou

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Quoi ? L'autre ? OK !

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Non, ce ne sont pas des daguerréotypes, seulement des photos argentiques et pour l'une peut-être même purement digitale.

Alors, me direz-vous, quel est le lien avec le sujet ?

Facile : la folie ! (comme ça, je suis englobé dedans)

Car pourquoi les chapeliers sont-ils fous ?

À cause des sels de mercure utilisés lors du foulage des feutres.

Et comment révèle-t-on l'image daguerréotypesque, hein ? Hein ? (ouais, je sais, y a mon côté ch'ti qui ressort (à boudin))

À la vapeur de mercure !

Si ça c'est pas un lien...

C'est pas fou ça ?

 

 

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Participation de Nana Fafo

portrait de ronchonchon

Lorsque Ronchonchon a reçu ce message enigmatique

il a pensé :

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" Prends un couteau pour ramasser des baies dans le bosquet.

Va à la mer pécher du poisson et rince-le sous le robinet.

Après ce repas, tu pourras retourner dans ta tente où rappelle-toi, il est interdit de rester debout. "

 

Et vous ? ça vous a fait penser à quoi ?

Bon remue "méninges" !

 

La réalité n'est qu'une version de l'histoire !

 

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Défi 531 : (c'est la réponse du rébus !)

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

 

 

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Mille nuances de gris (Venise)

 

15 jours que j’attends, que je mange sans appétit et à n’importe quelle heure, que je ne sors plus de chez moi, que je me lave à peine, que je vis l’œil rougi par le visionnage obstiné des chaines d’info en continu, 15 jours que je néglige mes amis, mes enfants et petits-enfants qui, lorsque j’en ai la garde, sont nourris de pizzas immondes livrées par des travailleurs surexploités que je note mal (exprès) sur les sites faits pour ça, juste parce que je suis devenue méchante , juste parce que depuis 15 jours, l’insoutenable attente, entretenue par  des scientifiques sadiques souhaitant reprendre le contrôle du climat et cherchant à me faire croire qu’on va sortir de la grisaille .

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De ces fumée, plomb, poussière, muraille… gris éléphant, souris, tourterelle… gris de Payne, de perle, gris gustavien… gris Delacroix, Renoir, Vélasquez… gris administratif… éminence grise, marché gris, matière grise, pouvoir gris, zone grise… faire grise mine, en voir de grises… grisaille, griserie, griseur, feldgrau…

Oui la Grise climatique , avec ces mistigris de l’écologie nous promettant un avenir lumineux si et encore si  on accepte que les crevettes deviennent grises

Je te fais un dessin où tu vois le tableau avec ses milles nuances de gris qui nous attendent.

 

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À Daguerre comme à Daguerre (Vegas sur sarthe)

 

Ce matin en quittant la place du Pont-Neuf, Monsieur Bourgeois se hâtait de rentrer au logis, serrant sous son bras le précieux colis, un daguerréotype commandé à la célèbre maison Lerebours pour célébrer les quarante ans de son épouse Mathilde Bourgeois née Trottefort.
Mathilde s'était prêtée deux semaines plus tôt – fastidieuse séance de pose dont elle était revenue fourbue – au rituel que nécessitait ce nouveau procédé photographique dont le Tout-Paris daguerréophobe raffolait.
Monsieur Bourgeois y voyait là le moyen de moderniser la galerie des affreux tableaux de famille et d'offrir à ses hôtes la preuve irréfutable de son ascension sociale et de son éclatante modernité.

Comme chaque quinzaine Madame était partie visiter sa mère en province et Monsieur Bourgeois trépignait à l'idée de découvrir le résultat avant de l'offrir à Mathilde à son retour.
Il ne fut pas déçu du voyage en découvrant avec ahurissement sa Mathilde sous un jour nouveau.
Il fut d'abord tenté d'essuyer le verre avec ses doigts afin de chasser cette image cauchemardesque mais un daguerréotype nécessite d'être manipulé avec d'infinies précautions.
Assurément, un employé de Lerebours avait commis une boulette en préparant le paquet.

La scène n'avait rien à envier aux sulfureuses bacchanales de Titien et Monsieur Bourgeois put s'émerveiller de la netteté du cliché quand on sait que les sujets avaient dû garder la pose dans des attitudes pour le moins scabreuses pour les uns et et acrobatiques pour d'autres.
Bien évidemment il reconnut sa Mathilde cramponnée au photographe lui-même entrepris par la veuve Campion, leur voisine du 3ème étage !
A leurs côtés s'exhibaient deux monstres difformes dont il était impossible de dénombrer les paires de bras et de jambes si tant est qu'il y eut des paires complètes...
Pour le reste, bien des protagonistes étaient masqués et il eut fallu les connaître plus intimement pour parvenir à les identifier aux seuls indices apparents qu'étaient les croupes rebondies ou les toisons hirsutes.
Il crut malgré tout reconnaître le sacristain de l'église Saint-Roch à sa panse rebondie et à sa moustache de brigadier qu'il avait tout d'abord confondue avec une toison pubienne.
Le décor fait de rideaux drapés et le mobilier luxueux faisaient pâle figure comparés à la brillance argentée des corps enchevêtrés qui soudain s'animèrent !

Dans les mains de Monsieur Bourgeois la plaque sous verre insérée dans son écrin décoré d'angelots potelés s'était mise à trembler, donnant vie à cette scène effarante à laquelle il lui semblait qu'il participait malgré lui!
Monsieur Bourgeois poussa un râle, cherchant désespérément ce chignon revêche et cette bouche pincée qui caractérisaient Mathilde mais il n'y vit qu'extase, pâmoison et aussi le gros « petit-oiseau-qui-va-sortir » de Lerebours, cet attribut qu'affectionnent tant les photographes et qu'ils promettent à leur sujet à l'instant de presser le bouton magique...

Un fracas se fit entendre dans la galerie des tableaux de famille où l'un d'entre eux – chargé de courroux et de regards accusateurs – venait de se décrocher en signe de protestation.
Monsieur Bourgeois en échappa la plaque sous verre qui se brisa en deux sur le parquet ; le corps décapité, Mathilde gardait encore cet air béat qu'ont tous ceux qui se font tirer le portrait pour la toute première fois.
Il n'empêche que ce Lerebours forçait l'admiration par une précision dans la restitution des détails qui révélait jusqu'au minuscule tatouage sur la fesse droite de la veuve Campion du 3ème étage... un détail dont Monsieur Bourgeois n'avait pas souvenir et qu'il se faisait fort d'examiner à la prochaine occasion.
Sans doute ignorait-il que le procédé inventé par Daguerre inversait l'image et que c'était la fesse gauche de la Campion qui se trouvait tatouée.
Monsieur Bourgeois poussa un soupir de soulagement : le daguerréotype – merveille de technologie – avait la singularité d'être unique et de ne pouvoir être reproduit ou dupliqué d'aucune manière... ainsi personne ne verrait jamais ce qu'il venait de voir, du moins l'espérait-il.

Ayant réduit en miettes l'objet du scandale avec la pointe de sa canne, Monsieur Bourgeois quitta son appartement, évitant au passage le tableau de famille déconfit et prit la direction du 3ème étage... on allait voir ce qu'on allait voir et – jamais en peine d'un bon mot – il songea « à Daguerre comme à Daguerre ».

 

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Visages et paysages (Laura)

 

Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

Charles Baudelaire par Nadar, portraitiste de la bohême
Entre 1855, année de la mort de Nerval, membre du Cénacle
Et 1858, au moins trois séances de pose , la perte
Du négatif dit la préciosité de cette unique épreuve.

Ce visage brouillé, le regard ailleurs est-il resté à l'île Maurice
Que Baudelaire a dépeint dans "Parfum exotique", un des  paysages
Qui dit l'âme du poète comme le "Ciel brouillé[1]" , "L'invitation au Voyage",
Les "Tableaux parisiens" et les "Petits poèmes en prose."

Le portrait de Nerval par Nadar[2] une année avant sa mort, rend visible
L'invisible d'un homme qu'on a enfermé dans sa folie, alors que son paysage
S'étend bien au-delà de la Rue de la Vieille Lanterne
Et de l'Ancien Consulat de Turquie où il fut soigné par le Docteur Blanche

Les autoportraits de Nadar, de Rembrandt sont des daguerréotypes
De leurs âmes, spectres échappés d'une époque et d'un paysage
Moulins ressortant sur un ciel de Hollande, Desbordes-Valmore
Poétesse loué par Nerval, qu'Obispo a eu le mérite de refaire entendre

Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

 

 

 


[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2012/11/14/silhouette.html

 

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27 octobre 2018

Défi #531

 

Un truc encore plus vieux que moi :

daguerréotype

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Viens donc prendre le café ! (Joe Krapov)

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Tous les jours les épouses d’ouvriers de la cité minière
S’invitent les unes chez les autres à tour de rôle.
A peine les époux ont-ils tourné le coin de la rue
Que ces dames se rassemblent chez Lady Simone autour d’une tasse café.

C’est que depuis la veille, on a plein d’anecdotes à se narrer
Et il est bien plus agréable de converser en buvant du café.
On médit surtout de dame Philomène
Une originale qui a la fâcheuse habitude de fréquenter les débits de boissons locaux.

Refrain

Venez donc prendre le café !
Un bon petit café
Un petit noir extra !
Profitez-en, il est encore chaud
Venez donc prendre un petit café !

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Parfois on use de stratagèmes pour venir bavarder avec sa voisine :
« Je n’ai plus de thym ! Pourrais-tu me dépanner d’une échalote ? »
Heureusement dans chaque habitation de la rue
La cafetière est toujours posée sur le coin du feu.

C’est réconfortant d’avoir d’aussi charmantes voisines,
Qu’il s’agisse de Jeannette, de Suzanne ou bien de Pauline.
Ces dames ont sûrement fait un stage au Brésil
Car leur café est tout sauf de la camomille.

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De la lavasse, ici, de toute façon, on n’en boit pas.
Le café de ces dames est si fort qu’il donne des palpitations.
Le café, comme dit Marie Toutouille,
C’est meilleur arrosé avec du genièvre.

On y trempe un sucre pour faire un canard, on le déguste
C’est terriblement bon. Rien à voir avec le jus de chaussette de Monsieur Clooney !
Allez dame Amélie, reversez m’en donc une tasse si cela vous agrée !
Bien faire et laisse dire ! Ignorons les mauvaises langues qui pourraient médire sur notre compte !

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N.B. On aurait bien tort de croire que je n'ai pas respecté la consigne de mon cher voisin l'oncle Walrus !
Ceci est en effet ma traduction en français soutenu de la chanson d'Edmond Tanière "Eun' goutt' ed jus" que je vous interprète ci-dessous dans ma langue natale, le ch'timi :

 

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ch'timi bilic ! ou ch'timi biloute (Nana Fafo)

Ronchonchon-bob razowski

 

Ou l’art des représentations.

 

Lorsque Ronchonchon s’est retrouvé à Denain, il pensait que c’était une petite ville,

avec des petites gens bien gentils. “Bob Zakowski” lui avait dit qu’il y trouverait

une attraction locale hors norme.

Automatiquement il a pensé à des nains, avec un nom pareil, ça semblait évident !

 

Quenelle ni !

 

Le héros local, s’appelait “Zeph”, un personnage haut en couleur, moustachu,

pour qui les gens semblaient avoir beaucoup d’affection,

il avait quand même une énorme statue dressée à son image !

Les locaux l’appelait le bachi-bouzouk du pour chaud.

 

Un mercenaire qui voulait conquérir le Sud… Intéressant...

 

Ronchonchon ne comprenait pas tout ce qu’il racontait, mais ça le faisait sourire,

car il avait l’impression d’être dans le remake d’un film booniesque, où il ne parlait pas langue.

Zeph Cafougnette lui a demandé, de devenir l’élément central

de sa nouvelle trouvaille : le Jacuzzi de Pourcieux.

Ronchonchon était flatté que si loin de chez lui, on connaisse ses talents de vendeur hors pair.

Enfin, c’est ce qu’il a cru comprendre lorsque Zeph lui a dit :

“rien n’est bradé de ch’l’ancien comorate” je vais faire avec ti du “zakouski de pourcheau” *.

 

Ça aurait dû lui mettre la puce à l’oreille, qu’un gars du Nord parle du petit village provençal de Pourcieux !

 

Ronchonchon a été obligé d’écourter sa visite à Denain,

en se carapatant dare dare pour éviter de devenir le dindon de la farce.

 

Il était à 1000 lieux d’imaginer que de nos jours, le racisme existait encore, il ne voyait pas d’autres explications à cette histoire qui a failli finir en eau de boudin.

 

Quel escroc ce Bob ! Il faut toujours se méfier d’un gars qui n’a qu’un oeil ! c’est louche.

 

* Zakouski en belgique : petite saucisse entourée de pâte feuilletée

Pourcheau en chti : cochon

Rien n’est bradé de ch’l’ancien comorate,  expression chti pour dire : tout est bon dans le cochon

 

 

 

8204946  cafougnette

 

Belle lecture créative à toutes et à tous.

 

Défi 530 : Ch'timi

 

Pour : http://samedidefi.canalblog.com/

 

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