06 mai 2017

Étoiles (La bande des cinés)

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Le samedi, il n’y a pas grand-chose à faire dans le coin. On prend nos mobylettes et on file au stade municipal tirer des penalties. Quand il y en a marre, on va traîner sur le parking du cinéma L’Étoile, on achète dans le hall un cornet géant de pop-corn, qu’on picore en regardant les photos des stars sur les affiches. C’est pour ça que tout le monde nous appelle la bande des cinés.

Je ne me rappelle plus lequel d’entre nous, ce jour-là, a proposé d’aller faire un tour au club d’astronomie, qui organisait une journée portes ouvertes à la salle polyvalente, ni à la suite de quels palabres nous convînmes que l’idée n’était pas naze. La nuit commençait à tomber. L’animateur nous a installés autour d’un des télescopes posés sur la pelouse. « La première chose, dit-il, c’est de se familiariser avec le matériel. Je reviens vous voir. »

On a trouvé facilement comment ça marche. Au point qu’il nous a fallu moins d’un quart d’heure pour faire une découverte. La science sert à ça, avons-nous pensé avec fatalisme, mais quelle découverte ! Des astres blancs avec un cœur jaune en fusion, dans un nébuleux fouillis de queues de comète agitées par le vent interstellaire, sur lesquelles s’affairaient des extraterrestres à la tête rousse, avec un ventre noir et le thorax rouge brique. « Hé, venez voir, chef. »

Il a collé son œil une nanoseconde, sans paraître impressionné. Ou alors il était vexé, parce que la nouvelle galaxie ne porterait pas son nom. Mais il s’est quand même rattrapé, tout en essayant de nous en mettre plein la vue avec des mots savants. « Vous êtes fortiches, a-t-il concédé. Avec leurs tiges pubérulentes et ces feuilles lancéolées, vous êtes tombés sur des stellaires holostées, qu’on appelle aussi langues d’oiseaux. »

L’un de nous a demandé timidement si on pouvait savoir à combien d’années-lumière c’était. Cette fois, il a ri. Il nous a montré le viseur, à l’autre bout du télescope. « C’est de ce côté-ci qu’il faut regarder, les gars. Et faites attention à ne pas vous laisser bouffer, c’est plein de fourmis rouges dans l’herbe », a-t-il dit en s’éloignant.

 

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Participation de JAK

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Allez viens (Pascal)

 

Allez viens, on va aller repeindre ce ciel trop noir, on va rajouter des étoiles en couleur dans les coins les plus sombres. On va l’éclairer encore plus fort que le soleil qui est mort tout à l’heure en allant se jeter dans l’horizon et, s’il brille maintenant pour d’autres frontières, pour sécher d’autres larmes, nous, on va apprivoiser la grande Ourse. Regarde, elle a rentré ses griffes juste pour nous. Monte dans son chariot et partons visiter nos cieux… 

Allez viens. Soulève-toi… Regarde au loin, regarde demain… Allez, sous les étoiles, on ne craint rien, cherche-nous celle du Berger, peut-être devant ce troupeau d’éclairées ou bien, en rang, dans l’ordre de cette nébuleuse. Protégés par cette voûte, on est à l’abri de tout... Il peut bien pleuvoir des étoiles filantes pour notre feu d’artifice nocturne, on les comptera toutes et si on se trompe, on recommencera, encore et encore… 

Elles ne se lassent jamais de tracer des myriades argentées, ces affolées de vitesse, elles concourent entre elles, tu vois, c’est juste pour nous. Celle-là n’en finit plus sa course et se laisse admirer sans pudeur en éclaboussant le ciel de lumière magique, presque éternelle... Elle dessine le tableau noir de la nuit à la craie blanche et la poudre se fait poussière scintillante dans nos yeux éblouis. On dirait qu’elle se frotte à un nuage pour faire autant d’étincelles… Regarde, lève le nez, sèche tes yeux et tente encore de poser sur sa traîne sauvage quelques vœux impossibles. Cette nuit, tout est permis, comme les autres… 

Allez, regarde plus loin que ce qui danse dans ta cervelle humide. Admire ce qui se voit en vrai et puis, ces étoiles, on peut les toucher, on peut se les apprivoiser quelques instants. C’est sûr, elles sont là juste pour nous, et elles nous laissent le temps d’en faire nos plus beaux souvenirs pour chasser, pour écraser, pour tuer les autres. Mais non, elles ne dessinent pas son sourire ; c’est une illusion, cet assemblage, cet attelage n’est encore que dans ton imagination galopante. Elles ne sont qu’éparpillées sans ordre et brillent chacune à leur façon. Elles occupent le ciel et découpent la noirceur ambiante. La nuit s’endormirait sans le bruit de leurs lumières…

Chacune a son histoire, c’est ton Histoire. A tes vœux, rajoute aussi quelques prières. Ne demande rien, ne fais que remercier ces étoiles et ton cœur est la Pulsation du monde. Tu es toi-même Etoile dans cet Univers. Tu brilles à ta manière, d’une Lumière tout aussi belle… 

Allez viens, laisse tes frissons glisser sur ta peau, sans les commander… Le Bonheur est là, au-dessus de nos têtes, au-dessus des plus hautes branches, au-dessus des nuages… Regarde cette Etoile, c’est bien un astre pour se figer aussi fort dans nos yeux. Il s’incruste pour nous aveugler et pour se voir encore quand nos paupières se ferment. Regarde encore, même ce satellite se prend des airs de fugaces furtives et s’enfuit sans effort… 

Allez viens. Ne pense plus qu’à cette nuée silencieuse, mais si bruyante dans nos têtes avides, tellement pleines. Mais non, laisse le Passé mourir seul. Il devient si lourd qu’on ne peut plus avancer qu’en traînant sa misère. Lève les yeux même s’ils sont gonflés des pluies à venir. Les larmes n’arrosent que la terre et les étoiles se moquent bien des orages.  Allez, compte avec moi, sans penser à ses yeux qui brillent encore plus, sans penser à ses cheveux de feu qui brûlent sur ses épaules, sans penser à son visage de rêve, sans penser à rien… 

Ce soir, il neige des étoiles pour tapisser le ciel, juste pour nous. Et tant pis, si on a mal au cou de trop de curiosité lointaine. Regarde ces flocons immobiles et mesure l’importance de ton chagrin et tu verras que ces belles éphémères de la nuit seront toujours plus nombreuses que toutes tes idées noires. Je sais ton malheur mais ces lumineuses se portent toutes seules et elles se portent bien et brillent toujours aussi fort. Je peux compter les étoiles dans cette larme qui tarde à mourir au sol…  

Viens, on va s’inventer de nouvelles figures astrales, on fera un signe au zodiaque, on déshabillera Cassiopée, on mariera la constellation d’Orion avec celle d’Andromède, on donnera des noms aux étoiles les plus lointaines, on en découvrira d’autres, on croira nos vœux, de tout à l’heure, sur la bonne voie !... Viens, je connais des histoires, de météores qui se sont rencontrés sans heurt, de marins égarés à la recherche de leur bonne étoile et qui se sont retrouvés ! On va occuper la nuit blanche !... La nôtre doit bien exister !... Il ne faut plus chercher celle qui est le plus près, celle qui brille le plus, la moins farouche ou la plus sauvage, et même si l’Idéale n’existe pas, elle est là !... C’est sûr… 

L’est, perfide, s’allume, timide mais déterminé, encore…  Les Belles affaiblies se taisent, fondent et se dissipent ; elles s’éteignent, soufflées dans l’air frais du matin pressant. La brume naissante cache les plus têtues, les plus tenaces… Je cherche la toute dernière, sans doute, celle qui porte tous mes espoirs… c’est la plus lourde. Elle me clignote encore mes SOS, s’enfuit et disparaît de mes paupières embuées... Alors, la tête dans les étoiles endormies, les yeux dans le vague et l’âme en perdition, je marche sur mon ombre grandissante, pour attendre la nuit prochaine…

Ciel-étoilé

 

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Participation de Venise


Si nous avons besoin de cartographier le ciel
A qui la faute?
Si nous avons perdu nos rêves en demandant à la science de s’y substituer
A qui la faute?

Je suis comme une enfant qui n’a plus le droit  de me fier à l’étoile du berger

MERCI mon GPS!!!
Conduisez moi au Pays  déconnectés sans équation.

ve

Redonnez moi la nuit

La lune et son pierrot .
Je veux être non pas à coté de la vie , mais dans  elle ;
Viens avec moi partons
L’ignorance nous guidera
Ecartez vous de mon chemin gentils dinosaures
Nous serons rendus au monde , quand seuls nous marcherons, sans point d’appui
Au bord d’un vide rempli de larmes et de rires.

Nous apprendrons à nous abandonnés ,
et nos chances grandiront à trouver le matin.

Faites taire vos télescopes,
Cet œil fait mal au crépuscule
Il ne nous apprend rien
Et tous ces mouvements qu’ils font autour d’un centre vide.
J’essaie de protéger l’impalpable mystère , l’espérance du jour
A quoi bon agiter la voie l’actée qui dort dans des draps de satin?
A quoi bon chercher l’âge de ce vieux ciel si bleu ?
Ne voyez vous donc pas les ponts  qui enjambent  notre innocence?

Le monde est trop sensible pour le résumer
Nous attendons une parole nouvelle..
Et d’une main tremblante l’aube venue
Nous nous reposerons des voyages inutiles , des courses folles et vides.
Nous trouverons les clefs pour retrouver les hommes en repoussant ces univers glacés.

 

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Téléscopage (Vegas sur sarthe)


La souillarde – d’autres disent cuisine –  était déserte, aucun témoin oculaire en vue à l’heure sacrée de la sieste, Jeannot se haussa à la hauteur d‘une des boîtes de lentilles, s’en saisit puis remit de l’ordre dans le placard.
Tante Jeanne n’y verrait que du feu.
En faisant deux petits trous dans cette boîte de lentilles, Jeannot ne visait qu’un seul objectif: se construire une lunette à bas coût, une comme il en avait tant vu dans les vitrines de Noël mais à des prix astronomiques; il en bavait d‘envie.
Maintenant il devait tester son invention et il ne s’agissait pas de regarder tous azimuts; il lui fallait trouver une cible de choix.
Il monta à l’étage où tante Jeanne était allée se reposer et braqua machinalement sa boîte magique sur le trou de la serrure de sa chambre.
Au début il ne vit rien qu’une nuit sans étoiles mais comme il allait pester contre son invention, il y eut comme un ronflement puis un mouvement sur le lit et une lune apparut, une grosse lune parfaitement ronde qui semblait lui sourire.
La planète callipyge rayonnait malgré un certain flou qu’il qualifia d‘artistique, elle palpitait comme un coeur ou bien c’était le sien qui explosait dans sa maigre poitrine!

Haletant, il observa l’astre blême pendant un long moment jusqu‘à s’en tordre le cou, jusqu’au bruit alarmant des pas d’oncle Hubert dans l’escalier.
Jeannot s’éclipsa dans sa chambre, serrant crânement son télescope de fortune dans ses bras: il n’en croyait pas ses yeux, ça avait fonctionné !
Derrière la mince cloison, des chuchotements puis des soupirs et des bruits divers s’étaient installés.
C’était donc vrai ce qu’on racontait sur les pouvoirs insoupçonnés de la lune… la mer qui montait, les cheveux qui poussaient, le sang qui bouillait, les femmes qui pondaient leurs marmots!

Après un temps interminable comme on peut en mesurer à l’heure où les grands font la sieste, les bruits divers cessèrent d’un coup; Jeannot attendit un peu avant de sortir discrètement de sa chambre non sans avoir caché son invention sous son lit. Demain, il se faisait fort d’aller observer les planètes jumelles de ses cousines.
Dans la pénombre il ne vit pas Oncle Hubert sorti vivement de sa propre chambre et qui le télescopa en s’empétrant dans les bretelles pendantes d’un pantalon tout aussi pendant :“Cré vindiou!“ tonna t-il de sa grosse voix “tu peux pas plutôt aller traînailler déhors avec ce soleil?“

Jeannot faillit lui faire remarquer que l’astre du jour ne présentait plus aucun intérêt pour lui dorénavant mais il se ravisa. Oncle Hubert ne devait rien savoir de sa nouvelle passion.
Plus tard il serait astronome ou voyeur… si les boîtes de lentilles n’avaient plus de secret pour lui il ignorait le terme exact pour décrire ce si beau métier.

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Rue des étoiles (Laura)

 

Rue des étoiles, j’ai rencontré Gérard de Nerval

Qui cherchait sa « seule étoile » qui était déjà morte.

Rue des étoiles, j’ai ramassé des « Fleurs du Mal »

Sous un soleil noir qui rendait mélancolique.

 

J’ai marché jusqu’à la rue de la Lanterne

Où j’ai aperçu un gibet cythéréen lugubre

Qui assombrissait des côtes charmantes.

Je suis retournée lentement rue des Etoiles.

 

J’y ai croisé des « Bohémiens en voyage »

Peints par Chagall, Lautrec et Matisse.

Ils buvaient de l’absinthe forte et verte

En regardant passer une « Goulue » scandaleuse.

 

Rue des Etoiles, j’ai écrit des strophes érotiques

Qui plaisaient à Apollinaire et au marquis de Sade.

Rue des Etoiles, un tremblement de terre

A tout englouti dans la poussière des astres.

 

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29 avril 2017

Défi #453

 

Télescope

 

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Faites-nous voir les étoiles
... ou tout autre chose !

 

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En ont fait un festival...

pas cons

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Laura ; Venise ; Vegas sur sarthe ; Walrus ; Pascal ;

joye ; bongopinot ; Joe Krapov ;

 

 

 

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Comédie-plagiat (Joe Krapov)

DDS 452 Montmartre_PicassoArlequinFaut-il envier les saltimbanques ?

Ils doivent installer les tréteaux, dresser leur estrade, tendre des calicots, parcourir les faubourgs, donner la parade à grand renfort de tambour ! Garer devant l'église la roulotte peinte en vert, installer les chaises pour un théâtre à ciel ouvert et surtout espérer drainer derrière eux tout le pays comme un cortège en folie !

Quelle gageure ! Les candidats à la Présidence de la République réussiront toujours cela mieux que vous, saltimbanques ! Sans rien savoir faire que causer-gloser et en arborant cravate, qui plus est ! Et suivis par des forêts de caméras !

Si vous voulez voir confondus les coquins dans une histoire un peu triste où tout le monde s'arrange à la fin, si vous aimez voir trembler les ambitieux, vous lamenter sur Benoît ou rire avec les heureux, parcourez la toile et entrez donc vous installer ! Sur les étoiles le rideau va se lever. Quand les trois tops du vingt heures retentiront dans la nuit, ce dimanche, ils vont renaître à la vie, les vrais comédiens !

Pendant ce temps les saltimbanques ont démonté leurs tréteaux. Ils ont ôté leur estrade et plié les calicots. Ils laissent au fond du cœur de chacun un peu de la sérénade et du bonheur d'Arlequin.

Arlequin ? Combien de divisions ?

Demain matin quand le soleil va se lever ils seront loin, et nous croirons avoir rêvé. Ils auront disparu dans la nuit et nous, dans nos villages, endormis, nous resterons les indécis à qui on offre de choisir entre patrie et patrons, entre hérésie et peu de raison, entre hystérie et pressage de citron.

Ca m’énerve trop, tiens ! Attendez-moi, les saltimbanques ! Je vous rejoins, j’ai une guitare, l’amour des mots, un nez de clown et un ukulélé rose ! Vous avez une place pour moi dans la roulotte ?

P.S. Un grand merci à M. Jacques Plante à qui j’ai emprunté la moitié, sinon plus, des phrases de ce texte !
P.S. L'illustration du haut de la page est de Pablo Picasso. Elle s'intitule "L'Arlequin au verre"

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Artistes de rue par bongopinot

 

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Voilà les caravanes et les camions
Avec une troupe d'hommes et de femmes
Ils s'installent tout près d'Avignon
Dans une agitation ils forment leur programme

Un clown entonne une chanson
Une funambule se promène dans les airs
Ce tableau vivant donne le frisson
Et nous sommes les seuls bénéficiaires

Tous ces saltimbanques se préparent
Ces acrobates en équilibre fragile
Et une funambule avance au son des guitares
Ces spectacles arrivent dans la ville

Découverte d'un art visuel
Artistes en Improvisation
Animés d'une même passion
Avec leur langage universel

De doux partages de beaux échanges
Les yeux brillent sous les applaudissements
Et tous ces sourires qui se mélangent
Font de ces moments un ravissement

Manifestations fortes et de caractère
Réjouissantes et essentielles
Malheureusement éphémères
Mais appréciées et providentielles

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