17 avril 2021

Claque sonne (Kate)

 

Pas besoin d'en écrire des tonnes

(cf. "Zombie" de Michael Jackson)

Car cette chanson résonne

Claque et me sonne

Comme une claque sonne

Même si je connaissais Johnny Cash

C'est "Walk the line", le film

Qui m'a fait connaître June Carter Cash

Et comprendre de cette chanson l'énigme

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10 avril 2021

J'ose pour... (Kate)

 

Le jodhpur

Pas pour

Faire du cheval

Ça va mal

Pas pour

Flâner en ville

C'est débile

Ni pour

Marcher en forêt

Un brin benêt

tintin haddock

Le jodhpur

Pas pour

Tintin reporter

Tenue de golf sous imper

Mais pour

Le capitaine Haddock

Toujours la tenue ad hoc

Le jodhpur

Avec des bottes ?

Ça m'botte !

 

Mais lit-on partout

Le jodhpur

Jamais avec des bottes

Ça serait une faute

De goût

 

Le jodhpur

Avec quoi ?

Des Birks

Des Clarks

Des sabots

Des stilettos

Des Docs

Des crocs

Ma foi

Des brodequins

Des mocassins

Des escarpins

Non enfin !

Les chaussures adaptées

Seraient les bottines

Mollets libérés

Chevilles tenues

Avec ça tu trottines

Sur les avenues !

 

N.B.1 : Même s'il paraît que "jodhpurs" ne s'emploie qu'au pluriel, j'ai toujours entendu et lu "un" jodhpur de même qu'on dit "un" jean et non des jeans ou une paire de jeans...

haddock jodhpur

N.B.2 : Même s'il paraîtrait que l'on ne met pas de bottes avec ce pantalon, l'élégance parfaite du Capitaine (avec la veste parfaite) nous pousse à croire que si !

N.B.3 : Walrus, pour le défi de la semaine, ta source d'inspiration pour ce mot a-t-elle été la chanson "Vous oubliez votre cheval" de Charles Trénet interprétée et illustrée par Joe Krapov ?

En tout cas, après avoir eu pour le mot "idole" une première idée consistant à raconter "une idole ayant pour idole une autre idole" (notamment Tina Turner fan des Rolling Stones les rencontrant, tournant décisif de sa carrière), dès que j'ai vu Tina et ses jambes, j'ai changé de cap. Quand j'ai vu l'illustration de "jodhpurs", j'ai encore vu une histoire de jambes et j'ai, comme on dit "changé de pied", et osé me tourner vers l'élégance...

 (photos de l'auteur tirées de l'album "Les sept boules de cristal", Hergé)

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03 avril 2021

Pour faire la capture d'une idole (Kate)

 

Imaginer d'abord un podium

Sans socle de marbre

Genre truc en aluminium

Rien à voir avec un arbre

Quelque chose de rare

Quelque chose de cher

Quelque chose qui valorise

Votre tendre et chère

Idole qui vous idiotise

Vous faisant passer pour un nullard

Mais tant pis

D'après le programme télé

Le jour J

Est arrivé

0 2

Placer vos yeux

Devant le camaïeu

De l'écran de votre téléviseur

Qui fait trop battre votre coeur

Bien vérifier qu'il fonctionne

(Pas votre palpitant,

L'appareil, j'entends)

Mettre un pied

(Ou la table de la salle à manger

Soigneusement calée)

Pour que la photo soit bonne

Et pas toute floutée

Se préparer à mitrailler

(Pas votre belle idole,

Que trop vous adorez)

Mais son image d'une valeur folle

radio 2

Ensuite sur votre radio-cassettes

Aux aguets

Si vous l'entendez

Interviewée

Appuyez à fond les manettes

Sur les touches dédiées

Maintes fois vérifiées

 

Sinon prendre un crayon

Un bout de papier

Et chaque mot noter

Une bribe de religion

 

Enfin en toute tranquillité

Vos photos développées

Admirées

L'interview réécouter

Relire les idées

Les projets

Et cette proximité

Avec votre idole

Sera votre secret

Quand vous rentrerez de l'école.

0 2

0-1 2

(Inspiré par Jacques Prévert, "Pour faire le portrait d'un oiseau", Paroles)

mytho 2

 (Livre dont sont extraites les photos de la télévision et du radio-cassettes... et la photo des bottes)

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27 mars 2021

Généalogix (Kate)

 

A1

A2

Dans les Combrailles (comme ailleurs*) depuis le Moyen-Âge (voire avant), on fabriquait du charbon de bois pour aller le vendre dans la plaine de Limagne.

On vivait de peu : quelques légumes, quelques poules, quelques lapins, quelques vaches... J'ai des souvenirs durables du début des années 70 ("Seventies") où des cousins vivaient dans une pièce unique dans une masure au sol en terre battue, où le lit tutoyait la table et où je disais que je n'avais pas soif pour ne pas boire de l'eau dans un verre aussi culotté, gens humbles et chaleureux que mon père aimait.

Mon arrière-grand-mère Anne descendue au marché de la petite ville vendre le contenu de son panier y est restée. La vie y était rude aussi : le froid, le travail, la pauvreté. Les hommes voulaient partir : à l'armée, aux colonies ou finissaient par arriver à Paris au départ de Pont-du-Château avec les bateliers de l'Allier puis de la Loire et souvent restaient à la capitale où Dame Misère les attendait aussi.

Ils ont fait porteurs d'eau pour les bourgeois : eau froide, eau chaude... Et puis le métier s'est éteint. Ils ont porté des sacs, roulé des tonneaux sur les quais de Bercy : du bois, du charbon, du pinard, du sable, du bois... Certains ont pu accéder à un petit commerce "Bois, charbons" et d'autres travailleurs venus du Massif Central et d'ailleurs ont grossi leurs rangs.

Les bougnats, comme on les a surnommés. Ils étaient plutôt les "Auvergnats de Paris" mais "bougnat", c'est plus court. S'ils ont transporté de tout, certains, plus entreprenants, ont monté des bistrots dans le sud de Paris : 11ème, 12ème, et même le Flore au Quartier Latin et tant d'autres...

À la fin du 19ème siècle, les "filles-mères" n'avaient souvent d'autre recours que d'abandonner leur enfant non désiré. Ma grand-mère est née ainsi à Paris 14ème de père inconnu et a été mise directement à l'Assistance Publique par sa mère Claudine. Comme le décrit si bien Ivan Jablonka dans "Ni père, ni mère", elle a, comme tant d'autres été placée dans une ferme loin de Paris où l'on travaillait plus qu'on ne mangeait, comme il se doit...

Comment a-t-elle pu rencontrer mon grand-père en ville ? Par le bal, par hasard... Je ne sais. Mon père, qui aimait bien tout savoir (et aimait raconter), ne l'a jamais su : on était plutôt du genre "taiseux" sur ces choses-là. D'une servitude à l'autre, ils se sont mariés et le chef de cette famille était Anne. Veuve prématurément, elle allait monter un café pour gagner des sous... Pas grand chose : ma grand-mère malheureuse, mon grand-père sombrant dans l'alcoolisme, deux de leurs trois enfants aux destins tragiques.

Parmi tous les monuments de Paris que mon père aimait, du Père Lachaise à Montmartre, des Champs Elysées au Louvre, des quais à Saint Michel, j'ai mis longtemps à comprendre pourquoi le Lion de Denfert figurait sur la liste : les branches cassées de ses origines maternelles, peut-être...

(*) et encore dans la forêt anglaise au XXIème siècle évoquée  dans l'épisode de "Inspecteur Barnaby" (dont je ne retrouve pas le titre) où Joyce va chercher du charbon de bois pour organiser un barbecue pour l'anniversaire de John et se retrouve nez à nez avec des crânes humains...

(**) dont ma première rencontre en 2018, suite à La Grande Librairie, avait été "En camping car"...

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20 mars 2021

Sa nuit chez Côme (Kate)

 

Chère Marianne,

"Grégorix

Bien arrivé

STOP

Carnyx

Non cassé

STOP"

Petit "télégramme" rassurant même s'il a dû t'envoyer un long texto...

Il a fait escale à l'Office de Tourisme où je l'attendais. Son instrument a fait sensation (tu t'en doutes !).

cathérdrale

Après s'être désaltéré (oui, ça donne soif !) et un peu restauré, un journaliste lui a proposé de se produire sur la place de la Cathédrale, près de la statue du pape Urbain II : télescopage historique !

Belle organisation, brillante prestation, bonne interview.

Sous un angle bien choisi, il a été photographié entre la "tête" du carnyx gaulois et une gargouille gothique à tête d'animal de la cathédrale (cliché historique, hein ?).

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Après un café dans mon bureau, profitant du beau temps, je l'ai fait monter à la Tour de la Bayette (oui, interdite au public, tu sais bien) et admirer la ville, les volcans et les Côtes recouvertes d'arbres en fleurs leur donnant un aspect de neige.

En descendant, comme on avait un moment, après avoir rassemblé quelques sandwichs et boissons, je l'ai amené là-haut en moto (oui, j'avais un casque pour lui).

De là, belle vue sur le Sud : la ville et le plateau de Gergovie, ce haut lieu. Quelques chants d'oiseaux, quelques joggers ou promeneurs de chiens, le calme.

On a pris à pied le sentier où alternent bois et prairies balisé de panneaux sur faune et flore. Un peu à l'écart d'un chêne et d'une herbe piquetée de pâquerettes et de violettes, une orchidée sauvage. Même si elles sont communes, elles sont protégées. Greg l'a prise en photo pour te l'envoyer.

Un peu plus loin, on a fait une pause près d'un petit ruisseau qui gargouillait, hésitant entre surgir et s'amollir sur place.

paysageag

On est revenu en boucle vers le versant Sud, celui où a été tourné le film "Ma nuit chez Maud", tournage qui avait tourné la tête aux habitants de voir débarquer tant de monde en cet hiver 68 pour filmer leur ville noire toute drapée de blanc.

poésie

Ensuite, Pacôme, organisateur de la Semaine de la Poésie cette année (si, si !) est venu le récupérer en voiture pour l'héberger au rez-de-chaussée de sa maison où il aura une chambre à côté du studio d'enregistrement qu'utilise le groupe de rock de Pacôme le week end.

Une tonne de travail m'attendait au retour... et pour Grégory, "Sa nuit chez Côme" !

Bises de ta cousine,

Sarah

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13 mars 2021

Pf ! (Kate)

 

Pas un fifrelin

Ah ! Ah !

Et un "tu l'auras"

Sera mieux qu'"un tien"

Bredouille

En somme

Pauvre grenouille

Ma pomme

Pas la moindre girolle

Aucun grain de poivre

Nul vaccin en vue

Nulle actrice connue

Sinon quelques paroles

Qui me navrent

 

Pas un fifrelin

Zéro joueur de fifre

Absence de sous-fifre

La solitude, tiens !

Alors "À l'aide

Wiki et compagnie !"

Mais "with Madonna in bed"

Ne m'aide pas ici

0 2

Succombons

À nos vieux démons

Chevauchons

Et cravachons

Schtroumpfons

Par vaux et par monts

 

Première assertion :

" Si les Schtroumpfs vivent dans des champignons"

Deuxième assertion :

"Alors les fifrelins leur servent de maisons"

À tort ou à raison

Pourtant leur nom

Nom d'un Schroumpf !

Presque une chaussette

Non, pas à six schroumpfs

Pas noire ni verte

0-2 2

Allons donc !

Avouons ma passion

Mon trip mon démon

C'est la seconde mutation

Consonantique

Pf ! De la linguistique

Des langues cousines germaniques

Pas un pfennig

Pas de bol

On navigue

On s'envole

Et flûte !

Et zut !

Le fifrelin

Ne vaut pas rien !

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06 mars 2021

En Caustique (Kate)

En Caustique

Pas des accords toltèques

Que je vous cause

Ni de casuistique

Chez les anciens Aztèques

Pour qui tout n'était pas rose

 

Pas question de Jamblique

D'univers philosophique ou mystique

Nulle querelle théologique

Aucune connaissance biblique

Exigée

Pour naviguer

en Caustique

Entre compliments

Trop emphatiques

Amis et amants

En matière plastique

Auteurs de rejets toxiques

 0-1 2

La belle Carte du Tendre

En Caustique

Ne pourra vous défendre

Ni des pervers narcissiques

Des pulsions sadiques

Des rires sardoniques

Des manipulateurs hystériques

0 2

Pauvre Ariane

Embarquée en Caustique

Empêtrée dans vos lianes

Abandonnez tout esprit critique

 

De Paul Scarron

À Saint-Simon

En Caustique

Ignorez les piques

Et faites fi des critiques

 

Vous êtes unique

Une personne précieuse

La vie est délicieuse

Mais c'est du rock acrobatique

En Caustique

0-2 2

Dernier conseil géographique

Pour survivre en Caustique

Prenez un bagage

Rempli de livres

Humoristiques

Qui aident à survivre

Et qui délivrent

Des cahots du voyage

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Car que l'on boude

Rumine ou critique

Ça dessoude

En Caustique !

 

(photos de l'auteur)

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27 février 2021

Grégorix ne manque pas de souffle (Kate)

 

Chère Sarah,

Tu railles ? Gentiment, poliment et patiemment quand même !

Je me souviens que Pacôme nous avait parlé de la passion de son frère pour les trains mais je n'imaginais pas à ce point...

Nestor s'occupe de son fils en ce moment, un texto de temps en temps. Et je fais le grand ménage chez moi, ça fait un bien fou !

"Didgeridoo

J'digère pas tout

Je l'ai cherché partout

Ton roudoudou

Mais il est où ?"

C'est le SMS que j'ai envoyé à Greg en réponse à son appel enregistré sur ma boîte vocale :

"Merci Ma Rianne de me préparer mon didgeridoo. Je passe le prendre demain."

Bon, tu vois ma surprise ? D'abord il est (ou était) au Pays Basque et soudain il va débouler chez moi pour récupérer cet instrument.

Suite à mon SMS, il m'a appelée immédiatement pour me donner des précisions. En résumé :

La mission au Pays Basque s'est terminée plus tôt que prévu et une nouvelle opportunité s'offre à lui. Enfin, plusieurs, c'est un peu compliqué mais il s'agit toujours d'un truc où on souffle dedans, sa spécialité à la base...

Finalement, je lui ai décrit les deux longs tubes que j'ai retrouvés derrière la porte d'un placard où je vais rarement : l'un qui fait du bruit comme si des paillettes d'étoiles crépitaient doucement et l'autre avec des dessins et un trou pour souffler, je suppose. Non, pas le premier c'est un bâton de pluie (le bruit doit l'attirer, celle-là) mais le deuxième, c'est ça le didgeri...doudou.

Son cri de joie : "Oui, c'est ça ! J'arrive demain fin de matinée."

Dimanche matin, levée tôt, je n'avais pas dormi pour tout dire, quelques courses au marché et j'ai mis au four le filet de poisson, le tian de légumes, mis du riz au cuiseur et préparé une petite mousse au chocolat et une salade de fruits frais, du vite fait !

Quelques rides sur son visage, mêmes yeux, même sourire, c'était bien lui. Nous avons déjeuné de bon appétit et il a été enchanté de retrouver son DJ machin et aussi son bâton de pluie et encore son attrape-rêves qui va avec, ça peut toujours servir, n'est-ce pas ?

Tu vas sûrement le voir au pays Arverne dans les jours qui viennent car l'équipe du film l'a pris comme conseiller artistique musical pour un film : Astérix. Il a besoin de plusieurs de ses instruments à vent pour travailler le son et son didgi truc va lui servir. Mais non, même bardé d'instruments, il ne jouera pas le rôle du barde, enfin je ne pense pas !

Ce projet de cinéma l'emballe complètement et il a pris contact avec le musée de Tintignac à propos du carnyx pour enregistrer des sons, en faire faire des copies 3D par les décorateurs, enseigner aux figurants la manipulation de l'instrument qui n'a rien d'évident.

D'ailleurs, en 2014, pour la fabuleuse expo intitulée "Tumulte gaulois" à laquelle tu avais participé au Musée Roger-Quilliot, on avait eu la chance de se trouver avec toi au Musée Bargoin pour une démonstration exceptionnelle de John Kenny, spécialiste mondial du carnyx, qui avait été assisté par Greg. Le mot "tumulte" était à la mesure de cet instrument démesuré !

Côté nostalgie, encore, quand Grégory a revu le coquillage qui donne à ma salle de bain des airs des mers du Sud, il s'est souvenu qu'on l'avait trouvé près des usines sur un trottoir à côté de poubelles de gens qui déménageaient... Il m'a raconté l'histoire du coquillage retrouvé dans les réserves d'un musée de Toulouse qui serait le plus ancien instrument de musique du monde connu à ce jour.

Encore une histoire de souffle et Grégory n'en manque pas !

Voilà, chère Sarah, une belle surprise

Et reçois des bises

De ta cousine Marianne

 

 

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20 février 2021

Ordinaire (Kate)

 

Toi Danny moi Brett comme une évidence

Notre amitié comme un hasard

Toi Danny qui se bat et s'élance

Moi Brett aristo en costard

J'y repense

Comme il se fait tard

Notre amitié

Dura des années

On s'identifia

À ces beaux gars

Nous des filles

Sans sombre héros

Ni mantille

Juchées sur nos vélos

 

Musique de John Barry, "britannico-américain" comme dit sa bio

(et "véritable créateur de la musique "bondienne""

et premier mari de Jane et père de Kate, mais c'est une autre histoire...).

Musique qui nous transporta 

Toi vers la folk de New York à San Francisco

Moi de Cambridge à Glasgow

Nourries de nos héros

Tels des flambeaux ardents

Nous réchauffant souvent

Surtout nous permettant

D'échapper à nos parents

Adolescentes nous sommes restées

Nourries de nos clichés

Attirées par nos vies rêvées

Adolescentes vieillissantes

Mais de ciné

Et de musiques gavées

Toi attirée par Liam

Et moi William

Quel message dans cette bouteille

Sacrée bouteille ?

Ben ordinaire

Nous étions ben ordinaires

Nous ne l'acceptions pas

De cette vie nous n'en voulions pas

Mais quand j'entendais cette chanson

Je ne l'écoutais pas

Maintenant c'est ma passion

Si tendre est Charlebois

Je ne dis pas non

Je crie qu'il a raison

Et on n'en guérit jamais

C'est ben vrai...

Hommage

À l'auteur

Et aux interprètes

Vigueur

Des poètes

Ben ordinaires ?

 

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13 février 2021

Sarah raille (Kate)

 

Ma chère Marianne,

Un rêve ! Tu vis un rêve, un homme en or, ce Nestor !

Il te fait la cour, comme on disait il y a bien longtemps. Tu ne le vois pas ?

S'il n'est pas allé jusqu'à préparer une flambée dans la cheminée pour te faire transpirer et succomber comme par magie sur la peau de bête préposée à cet effet, comme J.J. le vétérinaire contrôlé par le fisc affublé non pas d'un expert-comptable, comme il le croyait, mais d'un "expert en comptabilité", c'est plutôt une bonne chose pour lui ! Comme on avait pu rire ! Vois sur quels terrains tu m'amènes...

Plus sérieusement, il sait mettre tous tes sens en éveil sinon en émoi : la vue (livre, coquillage, fumée...), le goût (thé au jasmin), l'odorat (jasmin, encens), le toucher (livre, tasse), l'ouïe (bossa, silence...) et l'esprit aussi, allez avoue ! La bonne idée de t'avoir emmenée passer cette journée dans la nature.

Tu n'es pas convaincue ou plutôt tu es prudente, de plus en plus, je le comprends. Tous les débuts ne sont pas des débuts, tous les débuts sont différents, ouais. Il faut faire connaissance, établir un lien, une confiance, réfléchir, avoir envie, etc... et tomber amoureuse ! Cela fait beaucoup et trop vite mais cette belle journée sans fausse note t'appartient, elle est à toi. On sait bien que rien ne presse jamais et c'est moi qui me suis toujours précipitée qui te dis ça, qui à la moindre palpitation, n'écoutant que mon envie de plaire, élaborait déjà tout un scénario qui ne marchait pas, bien sûr... C'est moi qui te dis ça, avec quelques années de plus, ma natte jusqu'aux fesses en moins (elle m'encombrait plus qu'autre chose et ne me rajeunissait pas franchement, mais j'ai fini par comprendre) !

Pour l'heure je reviens d'une semaine de travail à Paris et comme je ne pouvais pas y aller en moto, j'ai pris le train. Surprise, je me suis retrouvée à l'aller assise non loin de Damien, le frère de Pacôme (enfin, Côme de son vrai nom, tu sais bien). C'est lui qui m'a reconnue et nous avons lié conversation, enfin lui, plutôt. Il est pharmacien, comme son père l'avait espéré pour ses jumeaux prénommés Damien et Côme (mais Pacôme est avocat comme son père Yves et non médecin). Damien se rendait à Paris pour quelques jours et m'a aimablement fait la conversation, enfin il a parlé :  en effet, je n'ai pu lire mais tout le trajet ferroviaire (et au-delà) m'a été dûment expliqué dans les moindres détails par un spécialiste non seulement de ce parcours mais par un passionné de "La Vie du Rail" dont il est d'ailleurs un grand contributeur, tant au niveau photographique que technique (sic).

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Le moindre signal, le plus anodin croisement, la plus banale bifurcation... Il connaît tout, de chaque horaire à chaque numéro de train. Il s'est même dépêché à sa montée, juste après le passage du contrôleur qu'il avait guetté, d'aller ouvrir un boîtier dans le couloir pour relever je ne sais quel numéro sur son carnet, ce qui est, bien sûr, rigoureusement interdit ! Je l'ai vu faire et j'en ai eu le souffle coupé d'autant plus que le contrôleur revenait justement vers nous.

Tout, tout, tout... vous saurez tout sur les trains non seulement de France mais d'Europe et lors d'un précédent voyage il a pu, en compagnie d'autres passionnés absolus, voir des merveilles ferroviaires de Moscou à Pékin avec son sac à dos rempli d'appareils photos... J'ai évoqué un train touristique des Alpes et il m'en a déroulé tout le parcours, l'historique, les péripéties : toute l'histoire du train et même tout ce qui touche aux travaux l'intéresse, que dis-je, le passionne ! Même la construction du tramway de Clermont n'a aucun secret pour lui, il l'a suivie de bout en bout (et ça a été long, tu t'en souviens !) et auparavant il se rendait régulièrement à Lyon pour voir les travaux du tram (quels beaux week ends !). J'ai tenté de le rejoindre sur ce terrain car la construction du tramway de Lyon a permis des découvertes archéologiques... mais il dévié tout de suite, si j'ose dire !

Il m'a expliqué qu'il habite un immeuble qui surplombe une gare (non, tu n'hallucines pas !), ce qui lui permet de voir en permanence ce qui s'y passe... Pour ma part, c'est plutôt le problème des retards incessants, de plus en plus longs et de plus en plus inexplicables sur la ligne de Paris qui me dérangent et même m'inquiètent mais, tu t'en doutes, pas Damien ! Les retards ? Oui, ça arrive a été sa seule réponse accompagnée d'un sourire.

Par bonheur, j'ai eu quelques moments de répit quand il est parti photographier je ne sais quel poteau ou panneau et j'ai juste fermé les yeux... M'est apparu l'immense Jean Gabin dans "La Bête humaine" et l'instant d'après se superposait la scène où Jean Poiret explique à Michel Serrault comment il doit tenir sa biscotte en prenant exemple sur ce cheminot descendant de sa loco pour aller boire son thé à la cantine... 

J'ai souri et je m'apprêtais à sortir enfin un livre de mon sac ("Le roman de Bergen") quand il est revenu vers moi avec son appareil photo : "Tu ne devineras pas ce que j'ai vu sur le ballast juste après Nevers !"

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Il m'a montré cette photo numérique et malgré toutes ses explications, mon esprit divaguant ailleurs, je ne te dirai pas quelle particularité géniale a été capturée, tu ne m'en voudras pas...

Voilà un trajet avec une heure de retard seulement mais en inoubliable compagnie !

Bises à toi,

Ta cousine Sarah

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