17 janvier 2015

A travers les rameaux… (Lorraine)

Quand la harpe du vent agite les rameaux

Qui tintinnabulent

Se lève le fantôme altier des jouvenceaux

Dont le chant hulule

 

Ils s’en vont aériens et tout le corps voilé

Dans le crépuscule

Armée d’anciens héros, Pages et chevaliers

Là-bas se bousculent

 

Quand je les aperçois au loin dans la futaie

Mon âme bascule

Comme si, sous mes yeux, l’écuyer que j’aimais

Soudain s’articule

 

Les ombres peu à peu se fondent dans la nuit

Tremblants funambules

Et le vent qui se tait soudain de moi se rit :

Suis-je ridicule !...

 

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06 décembre 2014

LA PROCRASTINATION (Lorraine)

Si j’ai tendance à remettre au lendemain ce que je pourrais faire à l’instant ? Oui. Pourquoi ?

-      Parce que je suis une impulsive sollicitée par quantité d’intérêts aussi divers que disparates : (écrire un poème, un message, nourrir mon chat Milord qui miaule impérieusement, ranger la table du déjeuner, dresser ma liste de courses, décider d’aller à la Bibliothèque dans l’après-midi, écouter à l’instant même « Le 3ème Homme » qui berce si savoureusement ma mélancolie, l’écouter une deuxième fois,  lire la consigne de « Samedidéfi » et commencer à cogiter, dresser ma liste de cadeaux de Noël, repenser à la consigne et aligner quelques mots, répondre au téléphone, relire les quelques mots et les trouver boiteux, barrer, remplir une deuxième fois le bol de Milord, boire un verre d’eau et me demander très sérieusement ce qui m’empêche de continuer à écrire la consigne, puisque c’est ce que j’aime le mieux et que rien, mais vraiment rien, ne m’en empêche !?...

-      Comment je résous le problème ? Le plus souvent comme aujourd’hui : je m’assieds carrément devant l’ordi en envoyant au diable toutes les bonnes ou mauvaises raisons d’écrire ou non et ma procrastination prend les voiles. Je suis, en effet, (d’après Wikipedia) du sous-type Emotif « qui agit seulement quand il est porté par l’enthousiasme et sur ce qui lui apporte des satisfactions immédiates ».

-      Si ces distinctions de la procrastination me conviennent ? Pas vraiment. Quand je pratiquais encore ma profession, je ne me posais aucune question, je n’hésitais pas, je me mettais au boulot, point .Envie ou pas, pluie ou soleil, je n’avais pas le loisir d’être procrastinatrice.  Et c’était beaucoup plus efficace !

-      D’où je conclus que si l’on ne change pas, en tous cas on évolue : la fatigue, la solitude, l’âge influencent la personnalité. Que reste-t-il de mon passé ? L’impulsivité. Voilà pourquoi je termine à l’instant la consigne et l’envoie sur-le-champ à Samedidéfi.

 

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22 novembre 2014

LE VIEUX CAHIER (Lorraine)

 

Un cahier de vieux dessins

Me rappelle l’âge des tresses

L’âge où l’on n’a pas de seins

Mais le cœur plein de promesses

 

Un cahier sans fioritures

Evoque les bancs de l’école

Le col blanc à l’encolure

Et l’esprit qui caracole

 

Un cahier au petit point

Brode les leçons d’histoire

On pense au garçon du train

Qui a de si beaux yeux noirs

 

Un cahier d’arithmétique

Prend la fuite à tire d’aile

Loin des calculs hermétiques

Il butine l’asphodèle

 

Un cahier de poésie

Ecrit le bonheur d’aimer

Il a quinze ans et Lucie

Sous son charme a succombé

 

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15 novembre 2014

VOL A L’ETALAGE (Lorraine)

        C’est au moment où il glissa le « Dictionnaire des Synonymes » dans son blouson que j’ai compris, Monsieur le Commissaire. Du coup, je ne l’ai pas quitté d’une semelle. Il n’avait pourtant pas l’air nummulitique, mais les apparences sont trompeuses.

        Il marchait un peu de travoul, comme s’il avait bu ; d’ailleurs, il buvait, on est en pleine quinzaine des vins du Midi et je peux vous dire qu’il ne ratait aucune dégustation. Il s’était même muti d’un puchoir, comme je vous le dis !

        Et je te  puche un vin moelleux blanc, et je te puche un verre de muscat doré, il faisait rire les démonstratrices, surtout la levantine avec qui il frelochait, j’en mettrais ma main au feu ! Elle était complice, Monsieur le Commissaire, ça se voyait ; elle lui a refilé sans mutir une fiasque qu’il n’a pas payée.

Je ne fais que mon devoir. Il n’y a peut-être pas de quoi courtauder le voleur, mais, croyez-moi, ça lui servirait de leçon…

 

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08 novembre 2014

LE CLOWN (Lorraine)

Il tomba de la lune

Par un beau soir d’été

Sans ami, sans fortune

Le pauvre clown parcheminé

 

Où était Capucine

Qu’il avait tant aimée ?

La jolie ballerine

Un beau jour s’en était allée

 

Qu’est devenu Lawrence

Elégant et racé

Qui sur la corde danse

Dans ses souvenirs angoissés

 

Son cœur perdu renonce

A vivre le passé

Quand une voix prononce

Des mots charmeurs et insensés

 

Relève-toi, ami,

Je suis la fée Mylène

Partons au beau pays

Où l’on oublie toutes les peines

 

Il eut soudain vingt ans

Le corps rapide et leste

Un chapeau de clown blanc

Et un essaim de fées célestes

 

Avec elles il partit

Au rythme de la brise

Un jour (a ce qu’on dit)

Il épousa une marquise

 

Le clown parcheminé

Retrouva sa jeunesse

Moi, je suis arrivée

Au bout du défi.. Quelle liesse !...

 

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25 octobre 2014

Participation de Lorraine


CA ALORS !

Ca alors ! C’est bien toi ?
Ces yeux bleus, ce chapeau, toujours cette dégaine
Cet air de bon aloi
Qui affrontait le temps…Tu m’appelais « Ma reine » !…

Ne dis rien. Tu es là
Le hasard, le chemin qui nous pousse ou nous traîne
T’ont ramené vers moi
Ce n’est plus le printemps…Tu me disais « Je t’aime »

Je vais bien. A part ça ?
Rien. Non. Ou presque rien, tu connais la rengaine
On croit qu’on n’oublie pas
On pleure un peu. Beaucoup. Ça n’en vaut pas la peine..

Et puis – ça va de soi –
On rencontre Kevin, Loïc ou bien Eugène
J’ai rencontré François
J’ai deux enfants mignons. Mais oui, je suis sereine !

Nous revoir ? Et pourquoi ?
Je n’ai pas de regret, pas d’envie ni de gène
Adieu ! Ne reviens pas.
Je veux vivre et chanter sans regret et sans haine

…Même si quelquefois un sanglot se déchaîne…

LORRAINE !

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20 septembre 2014

SANG-FROID ? (Lorraine)

        Le chemin de halage s’enfonce dans la nuit tombante. La lumière falote du réverbère cligne comme un œil borgne.

        Dans l’obscurité de sa chambre, l’homme se redresse. Il frissonne. Froid ? Panique ? Il serre les poings. La musique du bar hurle jusqu’à lui .. Il va descendre, nul ne l’entendra.

 Il laissera la valise dans la garde-robe. Ils auront tôt fait de l’ouvrir, de retrouver le tableau de maître espagnol de la jolie infante qu’il a dérobé il y a trois ans. Ce soir, il abdique. Il a déjoué tous les pièges, toutes les poursuites policières, les filatures, la dernière  dénonciation…En vain. Ils le  talonnent, ils seront là bientôt. Une immense lassitude l’étreint. Mais très vite son imperturbable sang-froid refait surface.

Un bref instant sa silhouette s’encadre à la fenêtre. C’est l’heure. La route est déserte. Dehors, le ciel étoilé de septembre lui arrache un soupir. Là, plus bas, la Meuse scintille sous la lune.

L’homme allume une cigarette, sa pointe incandescente troue une seconde l’obscurité.

Il descend vers le fleuve…

 

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30 août 2014

LE PETIT PONT DE BOIS (Lorraine)

Non, je n’ai pas rêvé ce petit pont de bois

Ni le ru murmurant qui longe la prairie

C’était un jour d’été et soudain je revois

Mes cousines aux yeux bleus et leur robe fleurie

 

Aline et Nathalie, le petit chien et moi

Allions nonchalamment de jardin en charmille

Aline chantonnait quand, près du petit bois

Trois garçons ont surgi la mine réjouie

 

Ils nous ont dit « Bonjour » d’un petit air narquois

Nous n’avions pas quinze ans mais c’est à la folie

Qu’Aline tout soudain a aimé Jean-François

Un charmant troubadour qui séduisait les filles

 

Nous étions arrivées au petit pont de bois

Qui menait au château et à ses armoiries

Je l’ai franchi d’un bond, j’habitais à deux pas,

Entraînant Nathalie et Aline éblouie

 

Les années ont passé, le temps est un sournois

Aline y a laissé son amour en charpie

Nathalie (qui l’eut cru ?) épousa un chinois

J’élève mes moutons dans une bergerie

 

Non, je n’ai pas rêvé ce petit pont de bois

Qui garde d’autrefois une image attendrie

La vie qui vient qui va ressemble à  un tournoi

L’amour est un refrain d’orgue de Barbarie

 

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09 août 2014

RUE DE LA PIERRE HARDIE (Lorraine)

La rue de la Pierre Hardie ? Oui,  je connais, j’y passe chaque jour, j’arrive par le chemin des Etudiants et, en tournant le coin, j’y suis.  C’est à trois pas, venez,  je vous conduis. Vous voyez cette lampe généreuse, elle éclaire bien  les pavés rudimentaires qui  dégringolent vers la ruelle des Trois Fontaines où je respire mieux, je l’avoue..

Pourquoi ? C’est vrai, vous n’êtes pas du pays, vous ne connaissez pas notre histoire locale, qui fait trembler les vieilles gens les soirs d’orage…et un peu aussi les jeunes filles qui tirent vite les volets pour éviter la stridente menace des éclairs.

 Il faut dire que l’orage, dans ce pays entre forêts et collines,  a des allures dantesques. Il dessine des ombres surprenantes dans les vallées et illumine la crête des bois d’une couronne de feu.
Comme en cette soirée d‘été où une bande d’étudiants en goguette sortit de la « Taverne du Chat Noir » en chantant la Marjolaine (et d’autres choses aussi que je ne puis pas dire ici….) Enfin, vous me comprenez. Leurs lanternes divaguaient  autant qu’eux. Il y avait le bel Eloi, le grand et fort Jehan qu’on disait de Gascogne, Arnaud-le-petit, et trois autres, fort éméchés tous tant qu’ils étaient.

On dit –mais que ne dit-on pas ! – qu’ils s’en allaient courir la gueuse. L’air sentait le jasmin qui poussait haut et dur contre le mur du Monastère et attisait la tentation de la femme. On dit aussi que le jasmin est perfide et fouette les sangs. Ils tournaient donc le coin de la rue comme s’en revenait, en sens opposé, la jeune Aube, fille du meunier, tout juste seize ans, belle à mourir. Elle hâtait le pas, pressée par le bruit d’un orage proche.

-     Hôla ! lança Eloi, on ne passe pas…
-     Puis se ravisant, il ajouta, cynique :
-     …ou d’abord par nos mains…
-    ...

Je ne sais que vous dire, mon bon Monsieur. La pucelle se débattit, les assoiffés tiraient la jupe, le corsage. Et ce sui arriva (j’en tremble rien qu’à vous le dire) fit jaillir les éclairs, sabrant le ciel, hurlant l’orage, déchaînant la foudre en une meurtrière avalanche.

Quand les paroissiens osèrent ouvrir leurs persiennes, six corps ensanglantés gisaient sur le pavement disloqué. La jouvencelle, saine et sauve, rattachait en tremblant ses habits déchirés. Près d’elle, une énorme pierre venue du ciel. Une pierre hardie, qui donna désormais son nom à la rue. Cet ex-voto en latin, posé là en remerciement par le père de la jeune Aube, est bien vieux, il remonte à près de deux siècles, il dit que c’est juste là où vous vous tenez qu’on trouva les corps écrabouillés. On dit aussi – mais que ne dit-on pas –que certains soirs d’orage, le fantôme des six jeunes gens vient errer sur la lande et s'arrête en cet endroit même. Ne sursautez pas, ce sont là bavardages de bonnes femmes.

Tiens, il commence à pleuvoir, on avait annoncé l’orage à la TV.. Avec un peu de chance, vous les verrez. Qui ? Les fantômes, pardi !

Monsieur, où allez-vous ?…Ah bah ! On dirait qu’il a peur. Ces gens de la ville, quand même !...

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19 juillet 2014

LE FER A CHEVAL (Lorraine)

Le premier devait porter chance

Argent, bonheur et tant d’amour 

Me murmurait le beau Lawrence

Que je fus éprise à mon tour

 

Il avait beaucoup de prestance

Mais dans la vie de tous les jours

Je déplorai son arrogance

Et le quittai donc sans retour

 

Xavier, cavalier de prestance

M’en offrit un, en troubadour.

Il y mit beaucoup d’espérance ;

Ne l’aimant pas, je coupai court

 

L’amour a ses incohérences

Pourquoi, traversant le faubourg

Ai-je vu, quelle extravagance !

Un fer à cheval dans la cour !

 

J’y entrai brûlant d’impatience

Maréchal ferrant à son four

Jean me sourit. A l’évidence

Nous venions de trouver l’amour

 

Et depuis lors sur ma crédence

Trois fers rappellent le parcours

Qui m’a menée à l’alliance

De deux cœurs unis pour toujours

 

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