09 janvier 2010

Céladon (Virgibri)

Céladon

Disait d’Urfé

C’est la vie

Disait ma grand-mère

C’est l’hiver

Dit-on

Je vous donne le feu

Et peu de vers

Mais l’espérance qui va avec

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02 janvier 2010

Consigne 87‏ (Virgibri)

 

Texte 1 : Tu m’enivres.

Vivre en toi, vivre avec toi, vivre de toi, voilà ma sève, mon essence, ma folie.

Je ne sais plus les jours, ni les secondes ; j’ai oublié mes amis ; je ne décroche plus le téléphone –sauf si c’est toi.

Je n’ose plus tomber dans la réalité de l’existence –les courses, le travail, le rangement, les factures, les plaies quotidiennes. Tu me suffis.

Non, tu suffis à mon amnésie que je sais temporaire. Qu’il est doux de tout oublier, et de ne voir le monde que par toi !

Ta peau est ma route ; étrange chemin sans pancartes ni balises, où il fait toujours beau : ce n’est que sable chaud qui adoucit, que tempête de pain d’épices, qu’oasis fraiche…

J’y place mes propres repères, j’y laisse mes traces, aussi fugaces soient-elles.

La passion nous dévore, oui, peut-être, mais je te dévore, et j’observe ton cœur incandescent qui ne brûle que pour moi, comme un flambeau dans la nuit.

Je suis tout attachée à ma proie, disait le poète.

 

Texte 2 : Tu me fais tanguer.

Vivre en dehors de toi, vivre sans toi, vivre des autres, voilà ma souffrance, mon horreur, mon vide.

Je regarde les heures défiler sur le cadran, et chaque minute frappe et cogne ; tout le monde me dit que c’est mieux ainsi et je voudrais hurler ; je ne leur réponds plus au téléphone, c’est déjà ça.

J’ai branché le pilote automatique pour te détester, me dire que j’en suis réduite aux factures, au train-train, aux cauchemars quotidiens. Abattre les corvées est une victoire, chaque jour.

Chaque chose me rappelle toi, et je voudrais fuir pour t’oublier.

Je crois pourtant que j’ai peu à peu perdu le goût de ta peau. D’autres y laissent leurs sécrétions, leur désir, leurs mains que je veux maladroites, leur empreinte, et je suis sûre que tu ne sais plus la douceur de mes doigts depuis longtemps. Ton désir s’est éteint, avec la passion.

Je regarde ton cœur battre pour d’autres que je juge indignes de toi. Je cherche un flambeau pour illuminer mon tunnel sans fin ; en vain.

Tu t’es détachée. Et je suis pieds et poings liés…

 

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19 décembre 2009

Oh, n'arrivez pas trop vite... (Virgibri)

Cela ne date pas d’hier. Et ça ne cessera pas, je le sais, malgré mes airs désabusés, mes déceptions, et le reste.

Il y a longtemps, bien avant internet et sa simultanéité, il y avait les lettres. De vraies lettres. Les enveloppes étaient enluminées, les timbres vivaient leur vie colorée et gracieuse, l’écriture emplissait mon regard et donnait souffle à ses pages souvent parcheminées, de vélin délicat, de grenat, de curry ou d’une tonalité quelconque.

Et la magie opérait : pour une lettre envoyée, il y avait un retour. Je comptais les jours : deux voire trois pour la réception de ma missive, autant pour recevoir un écho splendide à mes bafouillages. Il fallait donc une semaine au minimum. Généralement, l’attente fébrile n’était jamais déçue.

J’avais beau savoir que rien n’arriverait avant huit jours, dès le lendemain du petit cliquetis de la boîte qui avait avalé ma production épistolaire, je guettais. Je savais que le facteur passait vers onze heures. Parfois, je descendais pour une quelconque raison nos quatre étages, et je m’armais de cette petite clef sur le trousseau, bien tenue dans la main, pour ouvrir la boîte aux lettres magique. Le moment le plus délicieux était celui où, plantée là, devant les casiers du hall, je voyais un pli épais dépasser de la fente. Ou celui où j’imaginais que la boîte était remplie de surprises.

Plusieurs de mes amis fonctionnaient sur le même mode. J’avais donc aussi des chances de croiser les courriers, et d’en recevoir un alors que je venais d’en poster un autre.

Parmi ces amis, il y avait une danseuse, une calligraphe, une photographe, des camarades de colonies de vacances, des amis Sénégalais, d’anciens professeurs… Une multitude de possibilités et de merveilles à découvrir.

Et je rêvais de recevoir une lettre d’amour, un courrier extraordinaire de quelqu’un que je ne connaitrais pas et qui me dirait comme il m’aime… Parce que, de toute façon, les lettres sont toujours des lettres d’amour.

Il y a eu cette fois où mon amie V. a dû se faire opérer du genou pendant les vacances d’été, en 1997. Je partais trois semaines travailler en tant qu’animatrice de colonie de vacances : je savais que je n’aurais pas le temps de lui écrire. Alors j’ai anticipé : j’ai créé environ quinze courriers à l’avance, sur lesquels j’avais fixé des post-it. Ma mère avait les dates auxquelles il fallait les envoyer. Une lettre tous les deux jours. Quand V. a émergé après l’anesthésie il y avait une pile de courriers sur son chevet.

Ou encore, quand j’ai passé l’Agrégation en dilettante, et que j’ai écrit une lettre sur une copie, au lieu de composer en dissertation…

Copie_agreg

Aujourd’hui, on estime qu’internet, c’est de la communication. Mais rien ne vaudra jamais le bonheur de l’écriture reconnue, l’attente fébrile avant d’ouvrir délicatement une enveloppe, le bruit du papier frotté contre les doigts impatients…


Je ne me vois pas imprimer mes mails ou mes sms, aussi beaux fussent-ils. J’ai gardé des dizaines de courriers au goût de cannelle dans des boîtes d’archives.

Parfois, bien plus rarement qu’autrefois, je me fends de ce qui est un effort au lieu d’être seulement un plaisir, et j’écris. Une amie a survécu à cela, même si nos échanges sont de plus en plus sporadiques.

J’écris pour être lue, pour donner et pour recevoir. Pourtant, je ne descends plus au courrier juste pour cela. J’allume mon ordinateur…

Mais ça ne cessera pas, je le sais, malgré mes airs désabusés, mes déceptions, et le reste.

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12 décembre 2009

Résine de vie (Virgibri)

A ma mère : VIVACITE, car il contient la Vie et toute l’énergie dont elle a toujours fait preuve, quels que fussent les moments à passer, joyeux ou effroyables.

A mon père : MAJESTE, puisqu’il en a fait preuve jusqu’au bout, jusqu’à la Mort, et bien avant déjà.

A ma grand-mère paternelle : LIONNE, elle l’était : douce et sauvage à la fois.

Aux femmes : SENSUALITE, c’est ce qu’elles m’ont appris et ce qui est troublant pour moi en elles.

A mes amours perdues : TORTURE. Et si, et si…

A mes amis : SURPRISE, étant donné que la roue de l’amitié a souvent tourné, dans le bon ou le mauvais sens…

A mes félins : FIDELITE, car personne au monde ne l’est plus qu’eux, et que leur amour indéfectible me bouleverse toujours autant.

A la littérature : MERCI de m’avoir sauvée, de n’avoir pas fait de moi une simple passante dans l’existence, même si je souffre souvent de tant de mots.

Aux peintres : FRISSONS de peur, de plaisir, d’émotion…

Aux professeurs qui m’ont donné FOI en ce métier : AMEN ! Ainsi soit Je.

A mes élèves : PATIENCE, la grande vertu dont je fais preuve avec eux, et qu’ils doivent apprendre face aux efforts fournis…

A mon corps : PARDON de te faire subir ce que je ne sais gérer, et je te DETESTE de ne pas t’aimer.

Et à l’écriture : CATHARSIS, puisque c’est cette fonction qu’elle a toujours eu pour moi, avec tout le mystère antique qui l’entoure.

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05 décembre 2009

Erase (Virgibri)

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous contacter suite à votre annonce. Je pense avoir toutes les qualités requises pour cet emploi. En effet, mes capacités gommantes ne sont plus à prouver : j’ai travaillé avec les plus grands hommes politiques de France, mais aussi européens.

J’ai effectué un stage de formation auprès des présidents de multinationales dans un premier temps, essentiellement ceux des industries pétrolières, après quelques amas de mazout sur les côtes. Les habitants, ainsi que les animaux, ont eu un gommage personnalisé effectué par mes soins.

Par ailleurs, j’ai des entrées dans le milieu de la justice : certains coupables ont bénéficié de mon talent dans des affaires embarrassantes, ou lorsque leur violence avait été telle, j’ai facilité les choses pour les victimes et leurs familles tourmentées.

En conséquence, je pense pouvoir vous être grandement utile au sein de votre centre d’aide psychologique. Je veux maintenant aider les particuliers, ceux qui souffrent, ceux qui sont tourmentés pas leur passé, leurs ruptures, leurs deuils…

Je suis apte à remettre leurs compteurs à zéro, afin qu’ils puissent revivre dignement, sans douleur. Je suis parvenu à une technicité quasi parfaite, j’ose le dire. Je l’ai nommée la « technique soma ». Je souhaiterais que votre centre puisse en profiter au plus vite.

Je souhaite simplement ne pas être oublié, et laisser mon nom à la science moderne, tout en aidant les personnes en souffrance.

Dans l’attente de votre réponse, je reste à votre disposition pour tout entretien ou pour une démonstration de gommage éventuelle.

E. Rase

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21 novembre 2009

L'Autre reflet de moi-même (Virgibri)

virgibri

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31 octobre 2009

Marx attacks (Virgibri)

Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs,

Nous sommes réunis en ce jour pour célébrer Dieu et tous les siens. Merci à vous tous d’être venus assister à cet office, placé sous le signe de la crise, tant économique que morale. Oui, nous découvrons ébahis une société qui se perd dans des plaisirs futiles, qui pense que ne pouvoir acheter ce qui lui plait est un réel souci*.

Non, mes frères ! Le bonheur n’est pas dans le périssable, dans le superflu, dans ce qui a un prix** ! Le bonheur, Dieu nous le donne, Dieu nous l’offre chaque jour : dans le sourire de nos enfants, dans l’amour de l’épouse, dans la bienveillance de l’époux, dans un travail gratifiant et honorable, dans un bon repas…

Mais c’est surtout l’épouse, celle qui s’occupe du foyer et de nos plaisirs quotidiens, qui est à récompenser. Je vois au premier rang de mes ouailles une délicieuse famille et de jeunes couples. Les femmes sont délicieuses, avec leurs jolies robes d’été colorées, leurs décolletés plongeants (au moins du 95C pour celle à ma droite), leurs mains fines…

Oui, mes frères, le bonheur est là ! Dans les décolletés offerts gracieusement par Dieu, dans la bouche pulpeuse de cette tentatrice (pour l’éliminer, tapez 2 sur votre clavier !***), dans ces doigts caressants…

Oui, mes sœurs ! Vous êtes Satan réincarné dans des plaisirs charnels, et je m’y vois bien, en Enfer : les flammes me chatouillent les mollets et plus encore… J’ai dû manger trop de chili con carne ce midi.

Mes frères, plongez dans vos lits et retirez vos chaussettes en fil de soie ! Honorez vos épouses des bienfaits qu’elles vous offrent ! Luttez contre le fléau du capitalisme outrancier ! Marx nous attaque ! Mars attacks too !

Satan est parmi nous, mais le pire est à venir : les merguez vont disparaître ! Luttons ensemble et veillons à ce que le pouvoir de la merguez perdure. Pour preuve de ma dévotion à la Sainte Saucisse**** Diaboliquement Piquante, j’ôte ma robe et me flagelle à coups de côtelettes d’agneau !

Le saint Agneau***** me sauvera, oui. Oh oui, la douceur des côtelettes sur ma chair piquante ! Je suis une merguez dont on doit retirer le piment ! Oh, que de saucisses érigées partout ! Je ne les avais jamais vues, sauf dans les plis de mon lit…

Ah, Marx, délivre-moi du mal !

 

*La notion philosophique du désir reprend bien cette question : on désire quelque chose ardemment, et une fois qu’on la possède, on n’en tire aucun plaisir car on désire alors autre chose encore.*

** Même à prix coûtant, évidemment, sinon à quoi servent donc les promotions à part nous attirer dans leurs filets ?**

*** 5€ la première minute, puis 3€ les suivantes, prix d’ami***

**** chipolatas et de Strasbourg ****

*****AOC*****

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24 octobre 2009

Et vogue la galère (Virgibri)

Si nos larmes rentraient dans toutes les bouteilles vides du monde

Le niveau de l’eau ne serait plus un problème

On les viderait progressivement

Dans l’eau salée

Si tous nos chagrins pouvaient voguer au gré des flots

On aurait de jolis petits bateaux

A la dérive

Dont personne ne voudrait

Ou alors

On se noierait

Ou alors

On embarquerait

Et puis c’est tout

Et puis c’est tout

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10 octobre 2009

Nikè et compagnie (Virgibri)

« Je tenais le match, je le sais. J’étais à l’aise dans mes baskets Niquele sans lesquelles je ne ferais rien, mais tout a basculé à un moment donné… Il faisait chaud, la sueur me coulait dans les yeux… J’ai cru que je voyais mal… J’ai compris que je perdais le match quand j’ai vu la navette spatiale atterrir… »

« Le problème, c’est qu’eux et nous, nous avions les mêmes baskets Adadas. Alors forcément, pour nous départager, c’était dur… L’amorti, la chambre à air intégrée, le mini frigidaire, l’ABS, les lacets phosphorescents et le GPS vers les buts, toutes ces options ne pouvaient nous départager. Mais la prochaine fois, on aura un autre sponsor, c’est sûr ! Comment ? Nos performances sportives ? Notre entrainement ? Euh… Je dois filer aux vestiaires, on m’attend pour des photos, désolé ! »

« Tout d’abord, je tiens à remercier mes sponsors sans qui rien n’aurait été possible, le maire de cette si belle ville qui nous a ouvert le stade pour une somme modique, ma grand-mère qui m’a donné le goût de l’effort, mon entraineur Joseph qui est un ami et… Pardon ? Non, je n’ai pas changé d’entraineur récemment. Euh, ah oui, c’est Jacques. Donc Jacques qui est mon ami depuis toujours, et mon chien avec qui je cours quotidiennement. C’était un beau match, vraiment. Je sortais d’une blessure au lobe d’oreille, et j’avais vraiment peur de ne pas assurer aujourd’hui. J’ai puisé au plus profond de moi-même, j’ai bien lacé mes chaussures Le Poulet sportif et j’ai foncé ! Non, vraiment, y’a pas à dire, on court vite avec ça. J’ai bien pris appui sur mes cuisses et j’ai couvert les ailes avant. Voilà, tout le secret est là. »

 

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26 septembre 2009

Déclics (Virgibri)

Elle n’en a jamais rien su. Des nuits à l’attendre dans le noir, de la poussière qui s’entassait sur mon corps, de la sueur qui coulait le long de mes hanches lorsqu’elle me tenait. Rien non plus sur la jouissance qu’elle me donnait du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvrait sur ma vie, des pupilles qui se dilataient, encore moins de ma solitude dans le coffre de métal qui devait me protéger.

Elle sait pourtant le bonheur du soleil d’hiver sur mes joues, et mes paupières délicates. Les ombres ne m’ont jamais fait peur. Je ne pouvais pas avoir peur : elle était là.

Jamais elle n’a tremblé.

Ah, si, une fois. Enfin, elle a eu peur de trembler. Elle a craint de rater l’image parfaite, de ne pouvoir la saisir. Je sais qu’elle aime les portraits. Elle dit qu’elle rend les gens beaux. Qu’elle ressort d’eux cette beauté, parfois insaisissable.

C. était là, dans la lumière déclinante du début de soirée, après une promenade dans les monts auvergnats. Les pantalons et les pulls avaient souffert, mais nous étions arrivés jusqu’à Saint-Nectaire. Nous étions passés par les champs interdits. Les chemins de traverse. Le moment était parfait.

C., assise sur un banc de fortune, perdue dans le fil de ses pensées, vraisemblablement heureuse à ce moment-là, précis et infime. Prête à se lever, seule sa main se mouvait, comme un signe de départ.

Elle m’a pris entre ses mains légèrement tremblantes, à la fois empressées et savourant l’instant parfait. La lumière. L’arbre noueux en arrière-fond. Ne pas manquer le tronc ancien, qui entourait le visage de C.. Les yeux de cette dernière ont braqué notre regard, et ont ébauché un sourire. C’était le signal.

Elle n’a pas tremblé. Le portrait serait parfait, forcément. En noir et blanc, forcément.

Plus tard, quand C. sortirait violemment de sa vie, elle me rangerait dans une valise rembourrée. Je l’ai attendue des mois, des années peut-être. Ma meilleure amie. Ma plus belle amante. Celle qui se cache derrière moi pour mieux se voir au travers des autres. Inconnus ou personnes aimées.

Il y a maintenant des milliers de cadeaux que nous avons faits ensemble. De l’infiniment petit. Des nus. Du très proche. Des œuvres d’art. Paris. Beaucoup de portraits.

Elle n’a jamais tremblé. Juste failli une fois. C’était il y a longtemps. Des mois, des années, c’est sûr.

Elle n’en saura jamais rien. Des nuits à l’attendre dans le noir, de la poussière qui s’entasse parfois sur mon corps, de la sueur qui coule le long de mes hanches lorsqu’elle me tient. Rien non plus sur la jouissance qu’elle me donne du bout des doigts, des fenêtres qu’elle ouvre sur ma vie, des pupilles qui se dilatent, et encore moins de tout l’amour que l’on s’échange, entre deux miroirs…

 

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