24 juin 2017

Grosse fatigue (Vegas sur sarthe)

 

Samedi

Annabelle

Mercredi

Eliane

Dimanche

Irène

 

... vivement lundi

 

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17 juin 2017

Les Gigots Matiques (Vegas sur sarthe)


Quand j'entrai pour la première fois au club de musculation où je m'étais inscrit par téléphone, je ne vis aucun tapis, aucun agrès ni le moindre appareillage propre à entraîner son corps et ses muscles.
C'était sans doute ça la surprise.
Le patron – un dénommé Nicolaï Zygoma – m'avait parlé d'une méthode surprenante, révolutionnaire en ricanant au téléphone d'une façon qui m'avait intrigué et j'avais hâte d'en savoir plus.
Les joyeux adhérents s'appelaient les Gigots Matiques, tel qu'inscrit sur leurs tee-shirts; j'en aperçus quelques uns dont l'enbompoint faisait plaisir à voir et m'inquiétait tout à la fois.
J'en conclus qu'ils étaient nouvellement inscrits comme moi et je suivis le groupe vers une grande salle où nous allions transpirer pour la première fois.
Dès qu'il entra je reconnus le patron, moins à sa voix qu'à son rire gras et communicatif; d'ailleurs les autres se mirent à glousser en signe de ralliement et je me sentis obligé de me joindre à cette basse-cour...
C'était la première fois que je gloussais de ma vie et je dois dire qu'une fois passée la douleur aux commissures labiales, la sensation était plutôt agréable.
Premier exercice pour s'échauffer: dilatation du muscle risorius.
Je ne comprenais rien à ce terme technique jusqu'à ce que Nicolaï explique qu'il s'agissait d'un ridicule petit muscle sans lequel le monde entier eut été privé du sourire de la Joconde!
Pour l'exercer on eut droit à quelques blagues sur les blondes qui ne firent travailler que ceux qui les comprirent.
On eut droit en prime à celle-ci:"C'est en sciant que Léonard devint scie"... pas de quoi exploser le muscle risorius.

On enchaîna alors sans respirer une série de cinq Bigard, un développé de douze Semoun entrecoupé de Foresti dévastateurs!
Au beau milieu du dernier Foresti – si tant est qu'une blague ait un milieu – j'étais sur les rotules... enfin sur les parties postérolatérales de l'os maxillaire, ce qui revient au même.
Les autres n'étaient pas mieux et quand Nicolaï annonça pour finir en apothéose un combiné de dix Elmaleh  et Dubosc, certains quittèrent la salle.
J'essayais de faire bonne figure malgré mes larmes et une teinte lie-de-vin sur tout le visage qui s'avéra être une réaction normale des musculus zygomaticus minor.

Je ne me souviens plus de la suite. Je me réveillai dans une salle de massage où il me semble que de jolies mais expertes malaxaient mes mâchoires et ma bouche en riant aux éclats.
C'était sans nul doute le meilleur moment de la séance bien qu'il soit facturé à un prix qui vous ôte définitivement l'envie de sourire.

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10 juin 2017

Le peuple des Yaka-Yakapa pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Dieu seul sait quand ils sont apparus mais Dieu n'en a rien dit, alors on ne le sait pas.
Ce qu'on sait c'est que les Yaka-Yakapa sont un peuple homogène dont la devise est "là où y'a de l'homo y'a pas d'gêne, que du plaisir" contrairement aux peuples hétérogènes qui n'ont pas de devise particulière ou alors Dieu seul le sait.
 
Le royaume des Yaka-Yakapa est une monarchie patriarcale dirigée par le roi Kisenfou-Kisenfoupa dont le pouvoir cesse à sa mort et secondé par plusieurs chefs coutumiers qui ont coutume de l'appeler Crèvera-Crèverapa.

S'ils ont joué un rôle important dans le commerce triangulaire – la vente de triangles de signalisation routière de type Tupasse-Tupassepa – les Yaka-Yakapa sont plus connus pour la culture du café-filtre robusta également de type Tupasse-Tupassepa.
Peuple bantou ennemi juré du peuple banrien,  ils sont voisins des Sudoku, des Jiva-Jivapa, des Pan-Bagna, des Pipi-Caca et des Jicroi-Jicroipa.

On distingue sept castes chez les Yaka-Yakapa :
les profs ou boss-paboss
les atchoums ou avosouhai-paavosouhai
les dormeurs ou dodo-padodo
les grincheux ou ronchon-paronchon
les joyeux ou ravi-paravi
les timides ou gêné-pagêné
et les simplets ou nigo-panigo

Leur démographie est régulée par une contraception ancestrale héritage de Zanini, dite Tuveu-Tuveupa.
Leur langue, la plus connue des langues bantoue est le swahili-swahilipa qui permet tout à la fois de lire ou de ne pas lire.
Pour l'écriture ils possèdent l'alphabet swatuécri-swatuécripa.
Ils croient à la foudre, à l'arc-en-ciel (surtout le bleu), à la tablette tactile, aux sorciers amateurs de chair humaine et au Ypleu-Ypleupa.
Ils croient aussi aux défis de chaque jour de la semaine sauf à celui du samedi qu'ils nomment étrangement le samedipa.

Prochainement : Le peuple des PourUnOui-PourUnNon pour les Nuls

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03 juin 2017

Le Resolute Desk (Vegas sur sarthe)


J'avais trop entendu les anciens évoquer des années de disète à l'heure du formica ou à celle plus récente du plastique pour ne pas avoir envie de me farcir le style suédois au risque de me bousiller les mandibules sur un avsiktlig ou un godmorgon... alors j'avais choisi les formes simples, les courbes discrètes du style Directoire et le charme de ses chapiteaux de feuilles de palme en acajou... Miam Miam

C'est fou ce qu'on peut trouver comme vieilleries dans les musées, c'est pourtant là où j'avais rencontré Vrillette, une jeune gourmande capable de vous grignoter les orteils d'un pied de méridienne sans respirer.
Elle tenait ça de sa grand-mère qui avait parait-il visité toutes les bergères d'un lupanar du XVIème arrondissement de Paris! La grande classe!

Il fallait voir Vrillette creuser ses galeries "dans un fauteuil" si je peux dire et faire d'adorables petits tas de sciure comme un jeu de piste dans les allées désertes où je la suivais à la trace comme un élève docile.
Je me demande où cette menue bestiole pouvait bien mettre tout ça, moi qui me rassasiais d'un bouton de tiroir ou d'une maigre moulure de baldaquin.
Ainsi grâce à Vrillette j'appris tout de ce fabuleux métier de sapeur auquel j'étais destiné mais au fil du temps et des orgies de hêtre et de noyer je sentais bien que Vrillette perdait le moral et donc l'appétit.
Il faut dire que son désir secret, son besoin inassouvi c'était d'aller Outre Atlantique goûter à ce fameux bureau – le Resolute Desk offert par la reine Victoria aux Etats-Unis en 1880 et fabriqué dans le bois d'un navire british sauvé des glaces par les ricains – un bureau de chêne de plus de 220 kilos récemment livré aux frasques du nouvel occupant de la Maison Blanche!
   
J'eus beau argumenter que là où y'a du chêne y'a pas d'plaisir, je voyais Vrillette dépérir chaque jour, les mandibules désespérément tournées vers son Eldorado.
J'eus beau lui présenter un reste de baldaquin que l'armée de mes congénères convoitait... rien n'y fit.
Elle disparut un matin alors que j'attaquais une commode Louis XV histoire de varier le menu.
J'espère qu'elle aura pu embarquer sur un de ces tas de ferraille qu'on appelle tankers et qu'elle saura ronger son frein car la route est longue vers les amériques...

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20 mai 2017

Les Quatre-fers-en-l'air (Vegas sur sarthe)


Je l'avais rencontrée à la Va-comme-je-te-pousse – une guinguette pour célibataires endurcis dont la devise était «Célibataire optimiste: votre lit est à moitié plein» – où on nous avait rangés sur deux lignes-de-mire: la ligne des Quatre-fers-en-l'air et celle des Feu-au-derrière.
J'étais dans celle des Quatre-fers-en-l'air et donc celle que j'appellerai Germaine se trémoussait d'impatience sur l'autre rang-d'oignon.
La lumière des vessies-pour-des-lanternes était si tamisée qu'on se serait crus aux toilettes; on n'y voyait goutte-qui-fait-déborder-le-vase, pourtant je vis qu'elle avait d'immenses yeux-plus-grands-que-le-ventre et une façon de pousser-mémère-dans-les-orties qui l'avait propulsée au premier plan-foireux.
Moi je n'avais que mes yeux-de-merlan-frit comme tous les vendredi et je ne voyais pas comment j'aurais pu en changer.
Pour nous mettre dans l'ambiance les organisateurs nous avaient proposé des canapés au beurre-dans-les-épinards et un cocktail tout-sucre-tout-miel à base de pissenlit-par-la-racine mais vu l'heure tardive j'optai pour un bouillon-de-onze-heures et elle une soupe-à-la-grimace dont elle but juste un doigt-dans-l'engrenage mais avec le sourire.
J'eus tout le loisir d'admirer sa belle paire de jambes-en l'air et ses chevilles-ouvrières, ses cheveux-sur-la-soupe qui frisaient-le-ridicule et ses airs-de-ne-pas-y-toucher.
De son côté – celui des Feu-au-derrière – elle ne semblait pas indifférente à mes poils-de-la-bête à défaut d'en deviner plus-si-affinité.
Comme elle me frottait le dos-de-la-cuillère, je la tempérai un peu, beaucoup, passionnément, pas enclin à me coucher-avec-les-poules.
Elle insista quand même pour monter-sur-ses-grands-chevaux malgré l'exiguïté de l'escalier.
Je pris sa main-au-panier mais sans le panier dans un premier temps.


Je trouvai la chambre ordinaire... Germaine non plus, alors je cessai de siffloter ce tube qui ne marche qu'avec les Félicie...

Tandis qu'elle ôtait sa jolie robe verte-et-des-pas-mûres, j'enlevai mon habit-ne-fait-pas-le-moine réparé à la diable-par-la-queue et cousu-de-fil-blanc faute de moyens.
Impressionnés – surtout moi – on se glissa sous la peau-de-l'ours-avant-de-l'avoir-tué; en effet la chambre-de-commerce empestait l'ours, un subtil mélange de gibier-de-potence et d'huile-de-coudes.

Avant même qu'on commence à crier-sur-les-toits, derrière les murs-ont-des-oreilles j'entends chanter un oiseau-de-mauvaise-augure. Tout ça ne présage rien de bon, Nom d'un chien-dans-un-jeu-de-quilles!  je crois bien que c'était une levrette... on n'est jamais très sûr.

Comme elle m'avertit que son chat-échaudé-craint-l'eau-froide je la prends-avec-des-pincettes, je la mange-à-tous-les-rateliers, lui offre mon manche-après-la-cognée jusqu'au bout du rouleau-de-printemps (Passez-moi l'expression... non, ne me la passez pas)
Alors elle m'appelle son petit bonhomme-de-chemin, me baptise son cadet-de-ses-soucis, son inconnu-au-bataillon, puis son polichinelle-dans-le-tiroir, son as-de-pique et enfin son autre-paire-de-manches.
Je lui dois-une-fière-chandelle... je n'aime pas devoir.
Elle tourne-sept-fois-sa-langue-dans-ma-bouche, elle trompette-de-la renommée, elle aboie-et-la-caravane-passe (il y a foule tout à coup), elle rue-dans-les-brancards, elle s'en tamponne-le-coquillard... il va être temps de conclure quand un homme-averti-en-vaut-deux pointent leur tête à la mords-moi-le-noeud en demandant-si-c'est-du-lard-ou-du-cochon?

Péniblement je me remets-sur-mon-trente-et-un, je chausse petit.
Tuée, ma poule aux œufs dort-sur-ses-deux-oreilles, un ange passe-comme-une-lettre-à-la-poste... pas moyen d'être tranquille.
Dans le doute, absente-toi!
Je prends-mes-cliques-et-mes-claques, surtout mes claques... je me souviendrai du Va-comme-je-te-pousse.

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13 mai 2017

Ubac or not ubac ? (Vegas sur sarthe)


Depuis le jour où ont été créés le soleil, l’hémisphère Nord, les montagnes et les vallées les ubacquois et les ubacquoises vivent dans l’ombrée tandis que les adretois et adretoises vivent dans l’adroit.
Tout le monde ne peut pas naître du « bon côté » de la montagne sinon la montagne déséquilibrée basculerait, de même que le soleil ne peut éclairer les deux versants de la même manière sinon à quoi servirait l’ubac ?
Ainsi les ubacquois vivaient dans l’ombre quand les adretois vivaient dans la lumière et c’était ainsi, les uns condamnés à grelotter et choper la crève quand les autres grillaient et se ratatinaient au soleil.
Un versant sentait la tisane et le grog quand l’autre versant sentait la merguez et l’huile solaire.
Alors chaque année ceux qui n’en pouvaient plus de grelotter votaient pour élire le roi de l’adroit et ceux qui en avaient assez de griller votaient pour élire le roi de l’ombrée.
Bizarrement le roi de l’adroit était cousin du roi de l’ombrée; ils avaient eu la même nurse, les mêmes couches-culotte, avaient été élevés dans les mêmes principes, avaient suivi les mêmes études de roi et régnaient pourtant sur deux peuples qui s’enviaient à tout instant.
Certes l’herbe était plus verte chez les uns que chez les autres mais qu’y faire ?
Un jour vint à passer au creux de la vallée celle qu’on baptisa aussitôt la reine des tièdes et dont les deux rois tombèrent éperdument amoureux tout comme tous les ubacquois et tous les adretois.
Le roi de l’ombrée en fut tout cramoisi quand le roi de l’adroit fondit sur place bien plus qu’il ne le faisait chaque jour.  
Mais dans les contes une reine – fut-elle reine des tièdes et pas farouche – ne peut épouser deux rois tout comme le soleil ne peut sourire aux deux pentes d’une montagne en même temps.
Elle leur raconta qu’elle venait de l’hémisphère Sud, un endroit curieux où ceux exposés au Sud grelottaient et ceux exposés au Nord grillaient et s’enviaient tout autant… ce qui ajouta à leur confusion.
Il décidèrent donc que le mieux était de ne rien faire et de laisser la reine des tièdes choisir son amoureux.

Des siècles plus tard les ubacquois continuent à grelotter, les adretois à griller et les deux cousins-rois à se morfondre… et tous les hommes quel que soit leur versant élisent et réélisent leur célibataire reine des tièdes.

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06 mai 2017

Téléscopage (Vegas sur sarthe)


La souillarde – d’autres disent cuisine –  était déserte, aucun témoin oculaire en vue à l’heure sacrée de la sieste, Jeannot se haussa à la hauteur d‘une des boîtes de lentilles, s’en saisit puis remit de l’ordre dans le placard.
Tante Jeanne n’y verrait que du feu.
En faisant deux petits trous dans cette boîte de lentilles, Jeannot ne visait qu’un seul objectif: se construire une lunette à bas coût, une comme il en avait tant vu dans les vitrines de Noël mais à des prix astronomiques; il en bavait d‘envie.
Maintenant il devait tester son invention et il ne s’agissait pas de regarder tous azimuts; il lui fallait trouver une cible de choix.
Il monta à l’étage où tante Jeanne était allée se reposer et braqua machinalement sa boîte magique sur le trou de la serrure de sa chambre.
Au début il ne vit rien qu’une nuit sans étoiles mais comme il allait pester contre son invention, il y eut comme un ronflement puis un mouvement sur le lit et une lune apparut, une grosse lune parfaitement ronde qui semblait lui sourire.
La planète callipyge rayonnait malgré un certain flou qu’il qualifia d‘artistique, elle palpitait comme un coeur ou bien c’était le sien qui explosait dans sa maigre poitrine!

Haletant, il observa l’astre blême pendant un long moment jusqu‘à s’en tordre le cou, jusqu’au bruit alarmant des pas d’oncle Hubert dans l’escalier.
Jeannot s’éclipsa dans sa chambre, serrant crânement son télescope de fortune dans ses bras: il n’en croyait pas ses yeux, ça avait fonctionné !
Derrière la mince cloison, des chuchotements puis des soupirs et des bruits divers s’étaient installés.
C’était donc vrai ce qu’on racontait sur les pouvoirs insoupçonnés de la lune… la mer qui montait, les cheveux qui poussaient, le sang qui bouillait, les femmes qui pondaient leurs marmots!

Après un temps interminable comme on peut en mesurer à l’heure où les grands font la sieste, les bruits divers cessèrent d’un coup; Jeannot attendit un peu avant de sortir discrètement de sa chambre non sans avoir caché son invention sous son lit. Demain, il se faisait fort d’aller observer les planètes jumelles de ses cousines.
Dans la pénombre il ne vit pas Oncle Hubert sorti vivement de sa propre chambre et qui le télescopa en s’empétrant dans les bretelles pendantes d’un pantalon tout aussi pendant :“Cré vindiou!“ tonna t-il de sa grosse voix “tu peux pas plutôt aller traînailler déhors avec ce soleil?“

Jeannot faillit lui faire remarquer que l’astre du jour ne présentait plus aucun intérêt pour lui dorénavant mais il se ravisa. Oncle Hubert ne devait rien savoir de sa nouvelle passion.
Plus tard il serait astronome ou voyeur… si les boîtes de lentilles n’avaient plus de secret pour lui il ignorait le terme exact pour décrire ce si beau métier.

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29 avril 2017

Triste baladin (Vegas sur sarthe)


Je danse comme un pied, les filles déguerpissent
et tous mes boniments ne servent à rien
je rame sur la piste autant qu’un galérien
et je reste planté comme un Manneken-Pis

Elles me font tourner en baudet, en bourrique
Pas une ne succombe à mon regard de braise
je suis le funambule au bord de la falaise
je n’essuie que refus, nenni catégoriques

Je suis le cochonnet qu’on tire à la pétanque
le dindon de la farce, Auguste au nez rougeaud
je drague les canons autant que les cageots

Seul chez moi dans mon lit je dresse chapiteau
Je me vois en vainqueur de tournois coïtaux
Je suis un rigolo, un pitre, un saltimbanque

 

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22 avril 2017

Et alors ? (Vegas sur sarthe)

 

La rodomontade est à Rodomont ce que la fanfaronnade est à Fanfaron et la tartarinade à Tartarin c’est-à-dire du boniment de bonimenteur, de l’esbrouffe d’esbrouffeur, de la frime de frimeur, de la vantardise de vantard, de… « Bon ! Et alors ? »  diront certains « il en faut, et si ça ne sert pas à grand-chose ça répond au Défi du samedi »

 

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08 avril 2017

Retard à l'allumage (Vegas sur sarthe)

 
Procrastiner c'est remettre à deux mains ce qu'on peut faire avec une seule

J'en étais là de cette masturbation intellectuelle quand Germaine a déboulé sous l'appenti où j'avais envisagé de désosser la tondeuse à gazon pour retrouver la mèche de cette foutue bougie.
Tu sortiras les poubelles, chou” m'a t-elle sussuré de cette voix de crécelle dont raffolent les voisins à l'heure de la sieste.
Je n'ai jamais compris pourquoi la délicate opération de transport des poubelles est le propre de l'homme alors que la vue de mains féminines cramponnant les anses et celle d'une croupe vacillante au bord du trottoir sont un ravissement pour les yeux... bref je venais d'écoper d'une corvée rébarbative et sans aucun intérêt pour un mâle normalement constitué.

Tu sortiras les poubelles, chou” répéta t-elle comme un écho tandis que l'homme au sommet de son art s'essuyait le front d'un ample revers de main crasseuse, soulignant ses rides viriles d'un sillon de cambouis digne de Jean Gabin dans la Bête humaine.
J'eus alors droit à un baiser fougueux doublé d'un balayage de cheveux embroussaillés aux fragrances head&shoulder Air fresh car Germaine le vaut bien.
Je réalisai que pour elle la coupe était pleine et peut-être aussi les poubelles.

J'ai marmonné un “J'le f'rai demain” auquel a répondu un “Demain, ça s'ra trop tard” et j'ai repris mon autopsie: chant stérile, clés à haleine, compresses ou plutôt sparadrap, Chatterton... admirative, Germaine m'observait.
Depuis le premier jour j'avais prisé cette ténacité chez Germaine, cette manière de camper sur la ligne de front avec deux yeux revolver prêts à défourailler, sa choucroute blonde à la Pamela Anderson et ce tremblement de la lèvre inférieure qui m'ôte toute envie de quémander un baiser.
C'est ainsi que je l'aime... rebelle, belle et rebelle – c'est marrant, ça rime avec poubelle –
indomptable!
C'est le mot qu'elle emploierait mais je préfère têtue.
Têtue c'est moins blessant qu'incurable et je n'ai pas envie de la blesser à cet instant crucial où je sens que cette foutue tondeuse à gazon va repartir de plus belle.
C'est aussi l'instant où Germaine entame les négociations à coups d'arguments crescendo:
et que les éboueurs passent demain matin à cinq heures
et que si on manque le rendez-vous il faudra faire dix bornes pour aller à la déchetterie
et que les voisins eux ont déjà sorti leurs poubelles
et que si la tondeuse redémarre il y aura de l'herbe coupée à mettre dans des poubelles pleines
et que au pire la tondeuse à gazon en kit finira dans la poubelle
… et pour finir, l'argument qui tue: sa mère arrive ce soir et elle ne supportera pas cette odeur de rat crevé!

J'évacue ce sarcasme sur mes capacités à réparer car il y a de quoi s'étrangler: “Ta mère débarque ce soir?
Les yeux revolver crachent le feu façon Kalachnikov :”D'abord ma mère ne débarque pas... elle nous rend visite
Je ne me risquerai pas à faire un parallèle entre un débarquement et l'arrivage de trois grosses valises et deux labradors séniles.
Celle-là elle a toujours eu du retard à l'allumage! La prochaine fois, si j'ai le choix je prendrai une autoportée
Germaine explose :”En vingt ans t'avais jamais parlé comme ça d'ma mère!
Le tournevis m'échappe des mains :”Euh... j'parlais d'la tondeuse, poussin
Poussin ravale un sanglot, remet de l'ordre dans sa choucroute et resussure :”Tu vas me les sortir ces poubelles, hein chou?

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