29 avril 2017

Triste baladin (Vegas sur sarthe)


Je danse comme un pied, les filles déguerpissent
et tous mes boniments ne servent à rien
je rame sur la piste autant qu’un galérien
et je reste planté comme un Manneken-Pis

Elles me font tourner en baudet, en bourrique
Pas une ne succombe à mon regard de braise
je suis le funambule au bord de la falaise
je n’essuie que refus, nenni catégoriques

Je suis le cochonnet qu’on tire à la pétanque
le dindon de la farce, Auguste au nez rougeaud
je drague les canons autant que les cageots

Seul chez moi dans mon lit je dresse chapiteau
Je me vois en vainqueur de tournois coïtaux
Je suis un rigolo, un pitre, un saltimbanque

 

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22 avril 2017

Et alors ? (Vegas sur sarthe)

 

La rodomontade est à Rodomont ce que la fanfaronnade est à Fanfaron et la tartarinade à Tartarin c’est-à-dire du boniment de bonimenteur, de l’esbrouffe d’esbrouffeur, de la frime de frimeur, de la vantardise de vantard, de… « Bon ! Et alors ? »  diront certains « il en faut, et si ça ne sert pas à grand-chose ça répond au Défi du samedi »

 

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08 avril 2017

Retard à l'allumage (Vegas sur sarthe)

 
Procrastiner c'est remettre à deux mains ce qu'on peut faire avec une seule

J'en étais là de cette masturbation intellectuelle quand Germaine a déboulé sous l'appenti où j'avais envisagé de désosser la tondeuse à gazon pour retrouver la mèche de cette foutue bougie.
Tu sortiras les poubelles, chou” m'a t-elle sussuré de cette voix de crécelle dont raffolent les voisins à l'heure de la sieste.
Je n'ai jamais compris pourquoi la délicate opération de transport des poubelles est le propre de l'homme alors que la vue de mains féminines cramponnant les anses et celle d'une croupe vacillante au bord du trottoir sont un ravissement pour les yeux... bref je venais d'écoper d'une corvée rébarbative et sans aucun intérêt pour un mâle normalement constitué.

Tu sortiras les poubelles, chou” répéta t-elle comme un écho tandis que l'homme au sommet de son art s'essuyait le front d'un ample revers de main crasseuse, soulignant ses rides viriles d'un sillon de cambouis digne de Jean Gabin dans la Bête humaine.
J'eus alors droit à un baiser fougueux doublé d'un balayage de cheveux embroussaillés aux fragrances head&shoulder Air fresh car Germaine le vaut bien.
Je réalisai que pour elle la coupe était pleine et peut-être aussi les poubelles.

J'ai marmonné un “J'le f'rai demain” auquel a répondu un “Demain, ça s'ra trop tard” et j'ai repris mon autopsie: chant stérile, clés à haleine, compresses ou plutôt sparadrap, Chatterton... admirative, Germaine m'observait.
Depuis le premier jour j'avais prisé cette ténacité chez Germaine, cette manière de camper sur la ligne de front avec deux yeux revolver prêts à défourailler, sa choucroute blonde à la Pamela Anderson et ce tremblement de la lèvre inférieure qui m'ôte toute envie de quémander un baiser.
C'est ainsi que je l'aime... rebelle, belle et rebelle – c'est marrant, ça rime avec poubelle –
indomptable!
C'est le mot qu'elle emploierait mais je préfère têtue.
Têtue c'est moins blessant qu'incurable et je n'ai pas envie de la blesser à cet instant crucial où je sens que cette foutue tondeuse à gazon va repartir de plus belle.
C'est aussi l'instant où Germaine entame les négociations à coups d'arguments crescendo:
et que les éboueurs passent demain matin à cinq heures
et que si on manque le rendez-vous il faudra faire dix bornes pour aller à la déchetterie
et que les voisins eux ont déjà sorti leurs poubelles
et que si la tondeuse redémarre il y aura de l'herbe coupée à mettre dans des poubelles pleines
et que au pire la tondeuse à gazon en kit finira dans la poubelle
… et pour finir, l'argument qui tue: sa mère arrive ce soir et elle ne supportera pas cette odeur de rat crevé!

J'évacue ce sarcasme sur mes capacités à réparer car il y a de quoi s'étrangler: “Ta mère débarque ce soir?
Les yeux revolver crachent le feu façon Kalachnikov :”D'abord ma mère ne débarque pas... elle nous rend visite
Je ne me risquerai pas à faire un parallèle entre un débarquement et l'arrivage de trois grosses valises et deux labradors séniles.
Celle-là elle a toujours eu du retard à l'allumage! La prochaine fois, si j'ai le choix je prendrai une autoportée
Germaine explose :”En vingt ans t'avais jamais parlé comme ça d'ma mère!
Le tournevis m'échappe des mains :”Euh... j'parlais d'la tondeuse, poussin
Poussin ravale un sanglot, remet de l'ordre dans sa choucroute et resussure :”Tu vas me les sortir ces poubelles, hein chou?

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01 avril 2017

Ostrakon (Vegas sur sarthe)



Ostrakon: Tesson de céramique sur lequel était inscrit le nom du banni


“Dix ans! Les pourris! Ils m'en ont mis pour dix ans... qu'est-ce que je vais bien pouvoir foutre pendant dix ans?”
La sentence de bannissement prononcée à l'encontre de Karolos par l'Ecclésia – l'assemblée des citoyens d'Athènes – était sans appel.
D'une voix blanche il interrogea sa compagne Penny: “Hein? Qu'est-ce qu'on va foutre maintenant?”
Penny tenta de l'apaiser :”On pourrait peut-être organiser des courses de chars... pourquoi pas les vingt quatres heures d'Athènes? Le vainqueur recevrait une exonération fisca...”
Karolos l'interrompit d'un haussement d'épaules autant que lui permettait sa toge sur mesures :”Ca marchera jamais! Et pis si t'as rien d'autre à proposer que des cadeaux fiscaux tu peux retourner à ta quenouille et tes pelotes”
Penny se permit d'insister :”Pense à nos enfants, à notre train de vie, à notre villa de Kolonaki, à tous nos esclaves, nos métèques... il faut que tu trouves un vrai travail, Karolos”
Cette dernière remarque eut le don de l'énerver encore plus :”Dangereux. Ils me considèrent comme dangereux. Non mais je rêve! Si on peut plus accepter les cadeaux des copains ni planquer des drachmes chez Attica Bank, où va t-on?”
 
Consciente de ne pas avoir été à la hauteur Penny fit une dernière tentative: “Je pourrais me lancer dans la fabrication de pots à rillettes en céramique ou des plats à macédoine, ou bien...”
“Surtout ne fais rien, Penny et ne me parle plus de la Macédoine! Pas un qui a mis son bulletin dans l'urne pour moi” explosa Karolos “c'est un complot, une machination. Qu'ils aillent se faire voir chez les nôtres avec leur soi-disant Démocratie”  

Les dix stratèges n'avaient pas fait dans la dentelle, ils avaient fini par en avoir ras l'acropole de ces polémiques qui brouillaient l'écoute (contrepèterie grecque).
Les scribes grattaient du papyrus sans discontinuer, le Journal de l'Après-Midi et le Journal du Lendemain s'arrachaient comme des petites pita et l'Aphrodite-Kronou-Heliou (*) – le VSD local – était en rupture de stock permanente.

“C'est temporaire mon choupinou” minauda Penny “tout ostracisme a une fin et d'ici-là ils auront tout oublié”.
Choupinou la fusilla du regard :”Qu'est-ce que tu crois qu'y vont faire tous ces clowns pendant MES deux quinquina(*): Emmanuel Platon,  Zeus Ammon et même Alexandre le Petit? Encore heureux qu'il n'y ait pas de femmes”
“Alexandre le Petit?” pleurnicha t-elle “tout le monde dit qu'il a raccroché”.
Karolos explosa :”Raccroché? Tu sais combien de temps il lui faudrait pour venir du Cap Nègre par Hellenic Seaways? Trois jours en ramant bien... et il rame bien le Petit!”
Penny soupira et s'éteignit comme les athéniennes s'éteignent selon une tradition ancestrale.
Alors frappé par quelque inspiration divine Karolos se redressa subitement :”Il faut enrayer l'hémorragie! Je vais racheter ce “Papia alysodethei”(*) qui me bave sur les rouleaux depuis trop longtemps, et la Revue des deux Grèces aussi!”
Penny allait applaudir quand elle se ravisa :”Euh... choupinou... on va les racheter avec quoi?”
Karolos réfléchissait vite :”Va chez Cronos avec mes deux cadrans solaires en titane, il m'en donnera un bon prix parce que je le vaux bien”
L'ostracisé eut un sourire revanchard, sa devise n'était-elle pas “En touto nika” (en tout... nique) ?


(*) Aphrodite-Kronou-Heliou: Vendredi-Samedi-Dimanche
(*) quinquina: apéritif très très amer qui se conserve pendant cinq ans.
(*) Papia alysodethei: Journal appelé Volatile muselé en français.

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25 mars 2017

Contrepèteries (Vegas sur sarthe)


“Dis, pourquoi les nouilles c'est si long?”
“Parce qu'elles arrivent à pied par la Chine”
“Tu déconnes!”
“J'déconne... c'est juste une contrepèterie”
“Dis, c'est quoi une contrepèterie?”
“C'est un jeu de mots où tu permutes des syllabes ou des lettres... comme dans Auberge de Vendée”
“L'auberge de Vendée? Celle des Sables d'Olonne où t'avais pas arrêté d'draguer la serveuse?”
“Oublie, c'est juste un exemple de contrepèterie”
“Dis sérieusement, alors pourquoi les nouilles c'est si long?”
“Parce que c'est des mille-pattes alimentaires”
“Beurk! Des mille-pattes alimentaires!”
“C'est comme les langoustines, t'es pas obligée de manger les pattes”
“Dis, tu t'ficherais pas un peu d'ma poire?”
“Non! Comment tu crois qu'on fait les nouilles sautées? On les met au bord du plat, on leur tend une carotte, de l'oignon et de l'ail et elles sautent grâce à leurs pattes!”
“Là, tu me mais farcher”
“Hein?”
“Tu me mais farcher”
“Et ça veut dire quoi?”
“Ben... c'est ma contrepèterie à moi”
“C'est pas drôle, ça veut rien dire”
“Ah bon?”
“Dis, c'est vrai que t'es vraiment nouille!!”

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18 mars 2017

Le Monbazillac pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Le Monbazillac est ce qu'on appelle un vin français écoeurant – certains disent liquoreux pour faire moins écoeurant – produit au sud de chez Cyrano de Bergerac à qui Rostand a tiré le nez, sur des coteaux à dahut dans les environs du village de Monbazillac.
A quelques kilomètres près, le village se serait appelé Rouffignac-de-Sigoulès et le cru aurait porté le nom de Rouffignac-de-Sigoulès au risque de déborder de l'étiquette à moins que l'étiquette ne fasse le tour de la bouteille: le vin aurait alors porté le joli nom de  Rouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-SigoulèsRouffignac-de-Sigoulès, jusqu'à en avoir le tournis.

Le village de  Monbazillac possède un château qui s'appelle le château de  Monbazillac; il aurait pu s'appeler le château de Rouffignac-de-Sigoulès mais ça n'est pas le sujet.
Il est construit sur un site classé appelé site web où l'on accède à l'aide d'une hache-tétépé-chateau-monbazillac-point-com... enfin, c'est vous qui voyez.
Si l'appellation se situe à cheval sur plusieurs communes on n'est pas obligés de savoir monter pour la parcourir.
En tout cas le vignoble repose sur des terrains rudimentaires – certains disent sédimentaires pour faire croire qu'ils en savent plus que moi – datés de la fin du rockenscène et du début du larcène.
Les cépages sont le muscadoux ou muscat fou et le sauvageon ou sauvageon.
Le muscadoux peut s'appeler aussi marmouset, hi-han, bouillant, mouflette, chaud-devant ou raisinette; c'est pourquoi on l'appelle muscat fou pour faire simple.

On plante ces cépages à raison (ou à tort) de 4000 pieds par hectare pour pouvoir marcher entre les pieds, sauf si on possède moins d'un hectare ou que l'on chausse petit. L'hectare fait à peu près dix mille mètres carrés et le mètre carré est un carré à quatre côtés d'à peu près un mètre chacun.
L'à peu près s'appelle la triche et est puni d'à peu près pas grand chose.
La taille se fait en gobelets puisqu'il est question de produire du vin à boire alors que s'il était question de produire du raisin de table on pratiquerait la taille en sandwich.
Quand le vignoble est pourri on le récolte car il le vaut bien.
La vendange commence à la mi-octobre contrairement à celle des chats qui commence à la mi-aout.
La vendange des pieds se fait à la main, elle a donné son nom à l'expression “faire des pieds et des mains” c'est pourquoi on dit que les monbazillacois et les monbazillacoises sont tétus... surtout les monbazillacoises.
On ne récolte que les grains les plus pourris – ceux atteints de pourriture noble – et on laisse le reste pourrir encore un peu – ceux atteints de pourriture vilaine – on dit aussi botrytisé pour faire moins pourri.
Le raisin est pressé afin de ne pas perdre de temps, en Dordogne on est si pressé qu'il arrive par précipitation qu'on récolte la vendange de l'année suivante.
L'élevage qui dure de dix à vingt quatre mois – et même jusqu'à deux ans – se fait en barriques de chêne français d'où s'échappe par l'opération du saint-esprit ce qu'on appelle “la part des anges”.
Le reste appelé “la part des démons” est mis en bouteille; une fois passé l'embouteillage le Monbazillac recommence à circuler et peut tenir ainsi vingt, trente ans et plus avant d'être débouchonné.
Pour la mise en bouteille on procède à la tirade du vin appelée tirade de Cyrano et dont le verre le plus célèbre est : “Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap!”
Le meilleur millésime de Monbazillac est le 2005, année mémorable où les français ont dit NON à la constitution européenne et où Armstrong a volé son septième et dernier tour de France.
Terminons par un dicton célèbre: “Avec un Monbazillac, plus de crises cardiaques ni d'hypocondriaques, que de l'aphrodisiaque”

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11 mars 2017

La Lambada, c'est chaud (Vegas sur sarthe)


“Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer”
“Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer”

“Euh... tu l'as déjà dit”
“Oui mais les paroles sont écrites comme ça, c'est pour le rythme, tu comprends?”
“Moi je lis : Chorando se foi quem um dia so me fez chorar”
“Oui mais je préfère chanter en français pour qu'on comprenne mieux”
“Parce que tu comprends c'que tu dis quand tu chantes Je pleurais quand un jour m'a seulement encore fait pleurer ?”
“Attends, on comprend mieux avec la suite”
“O.K. Continue”

“Pleurer était un rappel d'un amour... qu'un jour j'ai su soigner”
“On imagine pas les danseurs tortiller du cul sur des paroles aussi tristes”
“Tu peux pas comprendre si t'es pas investi de l'esprit Brésilien... Ecoute un peu ça : Le souvenir va rester avec lui où qu'il soit”
“J'ai déjà lu ça... gravé quelque part... dans un cimetière!”
“J'te jure que la suite est plus légère... ça fait: La Lambada sera un rappel de cet amour Qui pour un jour, un instant a été roi”
“J'me demande comment on peut faire un tube avec un tel charabia; heureusement que dans l'clip ça frétille du croupion”
“Obsédé! La Lambada c'est universellement connu, sais-tu que Lambada ça se dit Lambada en anglais, en italien, en espagnol, en polonais et même en allemand?”
“Ouais, sauf qu'en japonais ça se dit Lama”
“J'peux pas croire que Serge Lama l'a chanté en japonais!”
“Il a pu l'chanter à sa manière, imagine:   Viens, laisse un peu tomber tes poupées
Laisse tes livres et tes cahiers et viens danser la Lambada! C'est génial, non? en tout cas tu m'feras pas chanter ça, ça m'fout l'bourdon”
“C'est pas donné à tout le monde tu sais, c'est pas sans risques”
“Parce qu'en plus c'est risqué?”
“Tu sais pas que le mois dernier l'interprète brésilienne a été retrouvée carbonisée dans sa voiture?”
“Ça  c'que j'disais... les paroles originales c'est vachement plus chaud !”

 

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04 mars 2017

Le kangourou pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


De la famille des marsupiaux – on dit marsupiaux quand il y a plusieurs marsupials, ce qui est assez courant dans une famille – le kangourou roux se distingue du kangougri gris par sa carrosserie rousse.

S'il vit en petites bandes appelées “mobs” ou “meules” il ne roule pas mais se déplace à pied, par bonds et en zigzag pour éviter le boomerang du chasseur “aborigène” (dérivé de l'expression kangourou D'abord y gêne).
Le kangourou ne court pas mais il saute grâce à un jeu d'amortisseurs arrière de type Kangoo; il est équipé d'une grande queue qui lui sert de béquille à l'arrêt et de stabilisateur correcteur d'assiette quand il saute.
Pour cette raison on dit que le kangourou a cinq pattes, comme le mouton.
La femelle possède à l'avant une boîte à gants ou “poche” équipée de quatre tétines à marmots.
La boîte à gants arrière qui s'appelle une poche revolver est interdite depuis la tuerie de Port Arthur en 1996.
Deux heures avant la naissance la maman kangourou nettoie la boîte à gants où va glander le marmot “in-the-pocket” pendant 2 mois, après quoi il saute puisque c'est un kangourou.

Le kangourou passe les heures chaudes de la journée à dormir à l'ombre contrairement à la nuit qu'il passe à dormir dans la pénombre.
La nuit tous les kangourous roux sont roux pour ne pas les confondre avec les kangougris gris, les Chats Sauvages vages et les Chaussettes Noires noires.

Le kangourou est herbivore comme le gnou ou le zébu mais il est le seul à rapporter 19 points au scrabble grâce à son K.
Il ne rumine pas ni ne remâche ni ne ronchonne ni ne bougonne ni ne grommelle, il mastique tout simplement grâce à 16 dents du fond ou molaires qui peuvent repousser 4 fois dans sa vie car il le vaut bien.
Le kangourou mange des herbes courtes car les plus courtes sont les meilleures.
Il mastique bien chaque bouchée avant d'avaler car c'est ainsi qu'on lui a appris; le kangourou est un herbivore obéissant.
Si le kangourou est herbivore, le kangouvore est herbirou mais ça n'est pas le sujet.
Selon des chercheurs russes, la plupart des kangourous australiens sont gauchers – information utile pour les combats de boxe – alors que beaucoup d'argentins sont gauchos.

La queue du kangourou a ceci de particulier qu'elle s'arrête au bout d'un moment et cet article aussi.
 

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25 février 2017

Tra la la la lère (Vegas sur sarthe)


Quand elle m'a traité de jobastre, j'ai d'abord pris ça pour un compliment mais le ton n'y était pas et le regard non plus.
Quand j'ai demandé ce qu'elle entendait par jobastre elle a répondu que j'étais vraiment un foutu jobastre et elle a ajouté fada pour que je comprenne bien.
Chez moi le fada on l'appelle beusenot ou beuillon.
Elle n'était pas d'ici assurément et en plus elle se trompait: je ne suis ni jobastre ni fada ni beusenot, je suis juste un peu naïf.
J'aurais pu la traiter de cul-terreuse sauf qu'elle avait plus l'accent du sud que de Saône-et-Loire et d'abord cul-terreuse c'est pas une insulte.
J'avais pas envie de l'insulter, je voulais juste qu'elle me voie autrement qu'un jobastre.
J'ai dit “Y'a pas d'jobastres chez toi?”
Elle a ri :”Si... et des broques, des caraques, des fangoules et des pédés aussi!”
J'ai compris que d'où elle venait la vie ne devait pas être facile.
“Et des cons? Y'a aussi des cons chez toi?” ai-je insisté.
Elle a éclaté de rire:” Des cons on en met partout, c'est même une ponctuation chez nous, con”
J'avais hâte de savoir dans quelle contrée on finissait les phrases en rendant hommage aux cons.
Je découvrais une marseillaise, une vraie de vraie. Elle a raconté la Bonne Mère, son quartier populaire du Panier en mélangeant tout... l'immigration, Borsalino, Plus belle la vie, les grognasses – ses copines – les bars pourraves et la défonce.
A côté de ça j'avais l'air d'un beusenot avec ma moutarde, mon pain d'épices et mon blanc-cassis.
Alors j'ai sorti le grand jeu, le ban bourguignon, un  “Tra la... Tra la... Tra la la la lère” en approchant les mains en forme de coupe à hauteur de la trogne pour les faire tourner comme si on regardait à travers, et elle a été scotchée, rétamée, pécho la marseillaise!

Du coup je suis passé du statut de jobastre à celui de ravi.
Y parait que c'est vachement mieux... en tout cas on est devenus potes.

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18 février 2017

Icônes au clash (Vegas sur sarthe)


“Iconoclastes! Invertébrés! Bachi-bouzouks!” Un torrent d'insultes ad hoc – c'est à dire proportionnel à la somme des carrés des côtés du temple – sortait de la foule des iconodules*.

“Trop de culte tue le culte!” répondaient leurs adversaires sans regarder plus bas que leur nombril tandis que les iconodules ramassaient minutieusement des fragments de statues pour tenter de les recoller.
“Quand les uns s'énervent les autres vénèrent... Comment veux-tu, comment veux-tu qu'on iconocule?” scandait un sympathisant de l'empereur Léon III du haut de son échelle.
Depuis que Leon III cartonnait dans les sondages bien qu'il ait employé illégalement son fils Constantin V, on décimait à tout va toutes les images pieuses à grands coups de marteaux et de pioches.
“Mille millions de mille sabords” gueula un défenseur d'icônes en retenant un mur de mosaïques sur le point de s'effondrer.
“D'abord c'est quoi un sabord?” demanda un sombre iconoclaste.
“Analphabète! Va t'faire voir chez les Grecs” répondit l'autre.
“Mon cul!” répondit le démolisseur “j'en reviens et j'suis pas prêt d'y retourner”.
“Vivement le Concile qu'on répare tout ça” pleurnichait un défenseur d'images pieuses.
“Ca sera quand?” s'enquit son voisin. (On s'enquérait pas mal à l'époque)
“D'après le prophète Elisée ça s'ra en 787 mon vieux, d'ici là y z'auront tout pété, ces sauvages!”
“On devrait appeler les CRS*” suggéra un autre.
Dans un grand fracas les bustes de marbre tombaient un à un comme au chamboule-tout.
“Qui va garantir nos statuts?” demanda un iconodule sénile.
“Celui qui a eu l'idée folle d'inventer l'école” rétorqua l'autre.
“Qui ça? Julius Ferry?” chevrotta le vieux.
“Non! Ce sacré-sacré-sacré-sacré-sacré-Charlemagne” fredonna l'érudit et adorateur de Francegal.
 
L'imposant Christ Chalkitès accroché à la porte de bronze du Grand palais de Constantinople fut finalement mis à terre.
“Encore un coup du Sénat!” gémit un iconodule.
“C'est sûr” confirma son voisin “j'ai vu passer un train de sénateur y'a une heure... il allait pas vite”.
“Tous des feignasses, des emplâtres à la graisse de hérisson! Y manquent pourtant pas d'assistants” gronda le premier.
Plus loin deux forcenés se disputaient une Pénélope de marbre au risque de la démembrer.
“Et mon culte, c'est du poulet?” hurlait l'iconodule cramponné à la croupe callipyge.
“T'occupes pas de l'oie blanche, ectoplasme à roulette” criait l'autre “ça sert à rien tout ça. C'est de l'idolâtrie, du marketingue!”
“Du marque quoi?” s'esclaffa l'iconodule.
“Laisse tomber, tu peux pas comprendre. T'es qu'un iconodule, un papou des carpates” conclut l'iconoclaste.
Alors l'iconodule laissa tomber l'oie blanche avec son fuseau, son fil et son diadème.
Le schisme était né.


iconodule: anti-iconoclaste
CRS: Compagnon Réparateur de Statue
Marketingue: Etude de ce qu'il faudrait faire si on était suffisamment bête pour être client
Schisme: Brouille entre un Tchouk-Tchouk-Nougat et un mérinos mal peigné

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