12 août 2017

Manque plus que la mayo (Vegas sur sarthe)


La môme Piaf :"Hé les moineaux, j'étais là avant vous!"
Barbara dite l'aigle noir :"Ouais... un beau jour ou peut-être une nuit"
La môme Piaf :"J'essuyais les verres au fond du café... j'peux pas être partout"
Théophanis dit Théo Saraporte:"Mais toi t'es le dernier, mais toi t'es le premier... à quoi ça sert tout ça?"
L'albatros dit Beau de l'air :"Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule"
Théophanis :"Tu t'es pas regardé!"
Barbara :"Méfiez-vous de la môme, elle met du vieux pain sur son balcon pour nous attirer"
L'albatros :"D'où tu sors ça?"
Barbara :"Tu peux pas comprendre... c'est du Goldman"
Théophanis :"Ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte..."
La môme Piaf :" Tu radotes, Théo!"
L'albatros :"L'un agace son bec avec un brûle-gueule"
Barbara :"Ah, redis-le, redis-le moi"
L'albatros :"L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait"
La môme Piaf :"ça y est! J'les ai retrouvées mes trois cloches!"
Barbara :"Je hurle vengeance, je n'épargnerai rien, attends!"

Moi dit Le propriétaire de la chaise :"Germaine... quand est-ce qu'on bouffe?"
Germaine dite Germaine :"J'entends que dalle avec ce tapage"
Barbara dite l'aigle blacos :"Du tapage? Nous, on fait du tapage? Vous l'entendez la Germaine?"
Théophanis :"C'est vrai que Germaine elle est cruelle, j'lui avais apporté des bonbons passeque les fleurs c'est..."
La môme Piaf :" Tu débloques encore, Théo!"

Les admins des Défis Du Samedi :"Euh... on avait juste proposé quatre moineaux sur une chaise de jardin"
Germaine :"Dis donc biquet, tu pourrais mettre la table"
Le propriétaire de la chaise dit biquet dit Moi :"Attends un peu... je termine mon texte pour le 467ème défi!"
L'albatros dit Beau de l'air :"Et dire que j'aurais pu finir comme ça si j'avais pas imaginé mes Fleurs du mal"
Les admins des Défis Du Samedi :"Mais c'est quoi ce binz?"
Moi :"On est peut-être allés un peu loin... ou pas assez?"
Germaine :"En attendant, la mayo... qui va m'la faire la mayo?"
Théophanis :"Ne vous déplaise, en remuant la mayonnaise..."
La môme Piaf :" Tu débloques vraiment, Théo!"

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22 juillet 2017

Un truc au tympan (Vegas sur sarthe)


"Qu'est-ce que c'est que ce truc dans le tympan?"
Germaine me fusille d'un regard de reproche et chuchote :"C'est pas un endroit pour se curer les oreilles! Un peu de savoir-vivre. On est dans un lieu saint"
Elle a tellement bien chuchoté que tous les touristes se retournent sur nous.
Pas le temps de lui expliquer ce qu'est un tympan.
Je montre du doigt la sculpture en question :"C'est quoi ça d'après toi?"
D'après Germaine il est judicieux d'enlever ses lunettes de soleil pour y voir quelque chose.
Elle scrute la voute céleste à la recherche d'un angelot joufflu ou d'une apparition divine, vacille, fait trois tours sur elle-même.
Je précise :"Là... entre le chapiteau aux deux éléphants et celui aux griffons affrontés!"
"Effrontés" corrige t-elle "ils sont effrontés ces singes musiciens"
"Je ne parle pas des singes musiciens mais des griffons... à gauche!"
Germaine pivote à droite et tombe sous le charme d'un Samson viril et chevelu; elle en chancelle dirait Jacques et se raccroche à mon bras.
"Quand tu auras repris tes esprits, dis-moi ce que tu vois sur le tympan"
Germaine est une mystique, une pieuse dans l'âme, une goulue du divin à défaut d'être une acharnée du divan; elle m'a entraîné ici au prétexte qu'on n'a pas les moyens d'aller à Lourdes; d'ailleurs il n'existe pas un seul endroit où on ne s'est pas arrêtés pour visiter une église, une chapelle, un monastère, une abbatiale, un prieuré...

Germaine scrute mon oreille droite, me tire sauvagement le lobe en chuchotant :"Je ne vois rien, rien du tout... faudrait consulter un auto-rhino-machin"
Je récupère ma feuille de chou endolorie et me recule prudemment :"Moi j'y vois un barbu à corps de lion et queue de dragon"
Germaine s'écarte vivement de moi :"Si c'est ça, faut qu'tu consultes au plus vite!!"
A quoi bon tenter de lui expliquer que le spectacle est là-haut et pas dans mes oreilles.
Je capitule et prends la direction de la sortie.
Germaine me rattrape :"Appelle le docteur Sinus de ma part" et elle ajoute "et tu devrais faire une prière avant de sortir!"

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15 juillet 2017

À la tronçonneuse (Vegas sur sarthe)


"C'est pour quoi?"
"Bonjour, c'est pour une chute"
"C'est bien ici. Est-ce que cette chute fait suite à un élagage, à un problème de voisinage ou à une catastrophe naturelle du genre coup de vent, bourrasque, tornade, tempête ou autre cataclysme ?"
"C'est plutôt du genre tornade mais pas naturelle... enfin c'est quoi la différence?"
"S'il s'agit juste de vieilles branches par exemple..."
"Une vieille branche, on pourrait dire ça. On est mariés depuis... depuis bien trop longtemps"
 "Alors si c'est un sinistre, ça doit d'abord se déclarer au deuxième étage"
"Sinistre... c'est le mot adéquat! Elle file le bourdon à tout le quartier"
"Vous êtes sur la commune, évidemment?"
"Germaine est plus particulière que commune et je suis dessus depuis bien trop longtemps"
"C'est surement pour ça qu'elle a craqué. Vous avez une responsabilité civile, j'espère?"
"Responsabilité? J'entends ça tous les jours. Elle me met tout sur le dos: le gouvernement, les impôts, la météo, le prix des clopes"
"S'il s'agit d'une surcharge sur une branche morte, ça change tout. On est dans le cadre d'une simple imprudence et je ne peux rien faire"

(Soupir)
"Une branche morte? Si vous pouviez dire vrai. Ce serait un soulagement pour tout le monde sans parler de mon arbre généalogique qui penche un peu trop de son côté"
"En tout cas s'il y a gêne sur la voie publique, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière il faudrait rapidement déblayer tout ça à la tronçonneuse"
"A la tronçonneuse? C'est peut-être un peu... expéditif, non?"
"C'est vous qui voyez, en vertu des articles R116-2 et L114-1 du code de la voirie routière ça doit être fait à la diligence et aux frais des propriétaires"
"Y aura pas besoin de diligence, j'ai la Twingo... elle devrait rentrer dedans en tassant un peu"
"Sinon je peux vous réserver l'équipe municipale avec le camion, ils sont cinq"
"Cinq? Ca devrait suffire pour son quintal !"
"Et pour l'effeuillage vous avez ce qu'il faut?"
"Oh l'effeuillage! C'était avant, quand elle était jeune et mince. Maintenant c'est grenouillère molletonnée et hôtel du cul tourné"

"Et vos voisins, ils en pensent quoi?"
"Ils disent qu'elle s'en relèvera jamais et que c'est triste de finir comme ça sous les yeux des gamins... c'est pas un bon exemple pour la jeunesse vous savez"
"Allons! Allons! Ca n'est pas si grave, à votre âge on a encore le temps et l'envie de replanter"
"Replanter? Vous en avez de bonnes. On voit bien que vous ne connaissez pas Germaine!"

"Germaine? Je ne connaissais pas cette essence. C'est de l'exotique?"
"De l'exotique, oui! Elle est berrichonne, de Vignoux sur Barangeon, un trou perdu exotique"
"Sachez qu'aucun trou n'est jamais perdu Monsieur tant qu'on a le désir de planter! Vous n'avez pas la fibre écologique, hein?"

(Soupir)
"C'est pas le tout mais je suis venu pour trouver une chute... on m'a dit que j'en trouverais ici"
"Vous cherchez une chute? Vous êtes un drôle de type vous alors..."

Marcel se retourna vers ses potes des Défis Du Samedi :"Bon, ben désolé les gars, y aura pas de chute cette fois-ci"

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08 juillet 2017

Sciences physiques: Problème de Seconde (Vegas sur sarthe)

 

"La clepsydre est la roue de secours du cadran solaire" (André Michelin. 1892)

 

Enoncé:

Sachant qu'une clepsydre d'une hauteur de 12 doigts (un doigt = 1,89 centimètre) et d'une demi-coudée sacrée de diamètre au sommet (1/12è de coudée sacrée = 2,52 cm) est percée d'un trou de 2/10ème de millimètre de diamètre à sa base:

  • Calculer la surface du trou d'écoulement (le trou étant considéré comme rond et Pi égal à 3,141 592 653 589 793 et des poussières d'albâtre)

  • Calculer le volume d'eau de pluie que peut contenir la clepsydre sans la faire déborder (sinon, retrancher la quantité d'eau perdue)

 

Sachant que l'eau s'écoule du haut vers le bas par un phénomène grave qu'on appelle gravité, sachant que la gravité de l'eau est de 9,81 m/s² et que la vitesse d'écoulement de l'eau dépend de la hauteur d'eau puisqu'elle n'est pas constante (Voir la loi de l'emmerdement maximum):

 

  • Calculer la vitesse d'écoulement au début, puis à mi-hauteur, puis en fin d'écoulement (la vitesse en fin d'écoulement doit tendre vers zéro, sinon il reste encore de l'eau)

  • En déduire l'échelle de graduation qu'il faudra graver dans la clepsydre pour limiter à 3 secondes l'erreur de mesure du temps (1 seconde = 1/60ème de minute et des poussières de temps).

     

Notes:

L'épaisseur des barreaux de l'échelle de graduation sera considérée comme négligeable de même que l'évaporation naturelle de l'eau.

L'expérience sera réalisée à une température supérieure à 0°C pour faciliter l'écoulement et inférieure à 100°C pour éviter de se brûler.

Conseils:

s'il ne pleut pas, utiliser celle qui coule de source

Si l'eau ne s'écoule pas, déboucher le trou.

 

Exercice complémentaire:

Après avoir remplacé l'eau par du sable sec, vérifier que l'eau mouille contrairement au sable sec.

 

Enfin vous vérifierez l'exactitude de vos calculs en empruntant la clepsydre de Karnak utilisée par le pharaon Aménophis III comme montre-bracelet et déposée au musée du Caire. (descendre à la station Sadate et demander Mérytaton sauf le jeudi)

 

Vous avez deux heures et quelques gouttes

 

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01 juillet 2017

Acrostiche meurtrier (Vegas sur sarthe)

 

Je me suis blessé en voulant planter cet acrostiche

Bombe bactéricide
Iode en teinture
Désinfectant chimique
Onguent antibiotique
Urgo cicatrisation rapide
Inhaleur aux huiles essentielles
Lotion apaisante
Lingettes au calendula
Antiseptique cutané
Garrot auto-agrippant
Eosine aqueuse

On ne m'y reprendra pas

 

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24 juin 2017

Grosse fatigue (Vegas sur sarthe)

 

Samedi

Annabelle

Mercredi

Eliane

Dimanche

Irène

 

... vivement lundi

 

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17 juin 2017

Les Gigots Matiques (Vegas sur sarthe)


Quand j'entrai pour la première fois au club de musculation où je m'étais inscrit par téléphone, je ne vis aucun tapis, aucun agrès ni le moindre appareillage propre à entraîner son corps et ses muscles.
C'était sans doute ça la surprise.
Le patron – un dénommé Nicolaï Zygoma – m'avait parlé d'une méthode surprenante, révolutionnaire en ricanant au téléphone d'une façon qui m'avait intrigué et j'avais hâte d'en savoir plus.
Les joyeux adhérents s'appelaient les Gigots Matiques, tel qu'inscrit sur leurs tee-shirts; j'en aperçus quelques uns dont l'enbompoint faisait plaisir à voir et m'inquiétait tout à la fois.
J'en conclus qu'ils étaient nouvellement inscrits comme moi et je suivis le groupe vers une grande salle où nous allions transpirer pour la première fois.
Dès qu'il entra je reconnus le patron, moins à sa voix qu'à son rire gras et communicatif; d'ailleurs les autres se mirent à glousser en signe de ralliement et je me sentis obligé de me joindre à cette basse-cour...
C'était la première fois que je gloussais de ma vie et je dois dire qu'une fois passée la douleur aux commissures labiales, la sensation était plutôt agréable.
Premier exercice pour s'échauffer: dilatation du muscle risorius.
Je ne comprenais rien à ce terme technique jusqu'à ce que Nicolaï explique qu'il s'agissait d'un ridicule petit muscle sans lequel le monde entier eut été privé du sourire de la Joconde!
Pour l'exercer on eut droit à quelques blagues sur les blondes qui ne firent travailler que ceux qui les comprirent.
On eut droit en prime à celle-ci:"C'est en sciant que Léonard devint scie"... pas de quoi exploser le muscle risorius.

On enchaîna alors sans respirer une série de cinq Bigard, un développé de douze Semoun entrecoupé de Foresti dévastateurs!
Au beau milieu du dernier Foresti – si tant est qu'une blague ait un milieu – j'étais sur les rotules... enfin sur les parties postérolatérales de l'os maxillaire, ce qui revient au même.
Les autres n'étaient pas mieux et quand Nicolaï annonça pour finir en apothéose un combiné de dix Elmaleh  et Dubosc, certains quittèrent la salle.
J'essayais de faire bonne figure malgré mes larmes et une teinte lie-de-vin sur tout le visage qui s'avéra être une réaction normale des musculus zygomaticus minor.

Je ne me souviens plus de la suite. Je me réveillai dans une salle de massage où il me semble que de jolies mais expertes malaxaient mes mâchoires et ma bouche en riant aux éclats.
C'était sans nul doute le meilleur moment de la séance bien qu'il soit facturé à un prix qui vous ôte définitivement l'envie de sourire.

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10 juin 2017

Le peuple des Yaka-Yakapa pour les Nuls (Vegas sur sarthe)


Dieu seul sait quand ils sont apparus mais Dieu n'en a rien dit, alors on ne le sait pas.
Ce qu'on sait c'est que les Yaka-Yakapa sont un peuple homogène dont la devise est "là où y'a de l'homo y'a pas d'gêne, que du plaisir" contrairement aux peuples hétérogènes qui n'ont pas de devise particulière ou alors Dieu seul le sait.
 
Le royaume des Yaka-Yakapa est une monarchie patriarcale dirigée par le roi Kisenfou-Kisenfoupa dont le pouvoir cesse à sa mort et secondé par plusieurs chefs coutumiers qui ont coutume de l'appeler Crèvera-Crèverapa.

S'ils ont joué un rôle important dans le commerce triangulaire – la vente de triangles de signalisation routière de type Tupasse-Tupassepa – les Yaka-Yakapa sont plus connus pour la culture du café-filtre robusta également de type Tupasse-Tupassepa.
Peuple bantou ennemi juré du peuple banrien,  ils sont voisins des Sudoku, des Jiva-Jivapa, des Pan-Bagna, des Pipi-Caca et des Jicroi-Jicroipa.

On distingue sept castes chez les Yaka-Yakapa :
les profs ou boss-paboss
les atchoums ou avosouhai-paavosouhai
les dormeurs ou dodo-padodo
les grincheux ou ronchon-paronchon
les joyeux ou ravi-paravi
les timides ou gêné-pagêné
et les simplets ou nigo-panigo

Leur démographie est régulée par une contraception ancestrale héritage de Zanini, dite Tuveu-Tuveupa.
Leur langue, la plus connue des langues bantoue est le swahili-swahilipa qui permet tout à la fois de lire ou de ne pas lire.
Pour l'écriture ils possèdent l'alphabet swatuécri-swatuécripa.
Ils croient à la foudre, à l'arc-en-ciel (surtout le bleu), à la tablette tactile, aux sorciers amateurs de chair humaine et au Ypleu-Ypleupa.
Ils croient aussi aux défis de chaque jour de la semaine sauf à celui du samedi qu'ils nomment étrangement le samedipa.

Prochainement : Le peuple des PourUnOui-PourUnNon pour les Nuls

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03 juin 2017

Le Resolute Desk (Vegas sur sarthe)


J'avais trop entendu les anciens évoquer des années de disète à l'heure du formica ou à celle plus récente du plastique pour ne pas avoir envie de me farcir le style suédois au risque de me bousiller les mandibules sur un avsiktlig ou un godmorgon... alors j'avais choisi les formes simples, les courbes discrètes du style Directoire et le charme de ses chapiteaux de feuilles de palme en acajou... Miam Miam

C'est fou ce qu'on peut trouver comme vieilleries dans les musées, c'est pourtant là où j'avais rencontré Vrillette, une jeune gourmande capable de vous grignoter les orteils d'un pied de méridienne sans respirer.
Elle tenait ça de sa grand-mère qui avait parait-il visité toutes les bergères d'un lupanar du XVIème arrondissement de Paris! La grande classe!

Il fallait voir Vrillette creuser ses galeries "dans un fauteuil" si je peux dire et faire d'adorables petits tas de sciure comme un jeu de piste dans les allées désertes où je la suivais à la trace comme un élève docile.
Je me demande où cette menue bestiole pouvait bien mettre tout ça, moi qui me rassasiais d'un bouton de tiroir ou d'une maigre moulure de baldaquin.
Ainsi grâce à Vrillette j'appris tout de ce fabuleux métier de sapeur auquel j'étais destiné mais au fil du temps et des orgies de hêtre et de noyer je sentais bien que Vrillette perdait le moral et donc l'appétit.
Il faut dire que son désir secret, son besoin inassouvi c'était d'aller Outre Atlantique goûter à ce fameux bureau – le Resolute Desk offert par la reine Victoria aux Etats-Unis en 1880 et fabriqué dans le bois d'un navire british sauvé des glaces par les ricains – un bureau de chêne de plus de 220 kilos récemment livré aux frasques du nouvel occupant de la Maison Blanche!
   
J'eus beau argumenter que là où y'a du chêne y'a pas d'plaisir, je voyais Vrillette dépérir chaque jour, les mandibules désespérément tournées vers son Eldorado.
J'eus beau lui présenter un reste de baldaquin que l'armée de mes congénères convoitait... rien n'y fit.
Elle disparut un matin alors que j'attaquais une commode Louis XV histoire de varier le menu.
J'espère qu'elle aura pu embarquer sur un de ces tas de ferraille qu'on appelle tankers et qu'elle saura ronger son frein car la route est longue vers les amériques...

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20 mai 2017

Les Quatre-fers-en-l'air (Vegas sur sarthe)


Je l'avais rencontrée à la Va-comme-je-te-pousse – une guinguette pour célibataires endurcis dont la devise était «Célibataire optimiste: votre lit est à moitié plein» – où on nous avait rangés sur deux lignes-de-mire: la ligne des Quatre-fers-en-l'air et celle des Feu-au-derrière.
J'étais dans celle des Quatre-fers-en-l'air et donc celle que j'appellerai Germaine se trémoussait d'impatience sur l'autre rang-d'oignon.
La lumière des vessies-pour-des-lanternes était si tamisée qu'on se serait crus aux toilettes; on n'y voyait goutte-qui-fait-déborder-le-vase, pourtant je vis qu'elle avait d'immenses yeux-plus-grands-que-le-ventre et une façon de pousser-mémère-dans-les-orties qui l'avait propulsée au premier plan-foireux.
Moi je n'avais que mes yeux-de-merlan-frit comme tous les vendredi et je ne voyais pas comment j'aurais pu en changer.
Pour nous mettre dans l'ambiance les organisateurs nous avaient proposé des canapés au beurre-dans-les-épinards et un cocktail tout-sucre-tout-miel à base de pissenlit-par-la-racine mais vu l'heure tardive j'optai pour un bouillon-de-onze-heures et elle une soupe-à-la-grimace dont elle but juste un doigt-dans-l'engrenage mais avec le sourire.
J'eus tout le loisir d'admirer sa belle paire de jambes-en l'air et ses chevilles-ouvrières, ses cheveux-sur-la-soupe qui frisaient-le-ridicule et ses airs-de-ne-pas-y-toucher.
De son côté – celui des Feu-au-derrière – elle ne semblait pas indifférente à mes poils-de-la-bête à défaut d'en deviner plus-si-affinité.
Comme elle me frottait le dos-de-la-cuillère, je la tempérai un peu, beaucoup, passionnément, pas enclin à me coucher-avec-les-poules.
Elle insista quand même pour monter-sur-ses-grands-chevaux malgré l'exiguïté de l'escalier.
Je pris sa main-au-panier mais sans le panier dans un premier temps.


Je trouvai la chambre ordinaire... Germaine non plus, alors je cessai de siffloter ce tube qui ne marche qu'avec les Félicie...

Tandis qu'elle ôtait sa jolie robe verte-et-des-pas-mûres, j'enlevai mon habit-ne-fait-pas-le-moine réparé à la diable-par-la-queue et cousu-de-fil-blanc faute de moyens.
Impressionnés – surtout moi – on se glissa sous la peau-de-l'ours-avant-de-l'avoir-tué; en effet la chambre-de-commerce empestait l'ours, un subtil mélange de gibier-de-potence et d'huile-de-coudes.

Avant même qu'on commence à crier-sur-les-toits, derrière les murs-ont-des-oreilles j'entends chanter un oiseau-de-mauvaise-augure. Tout ça ne présage rien de bon, Nom d'un chien-dans-un-jeu-de-quilles!  je crois bien que c'était une levrette... on n'est jamais très sûr.

Comme elle m'avertit que son chat-échaudé-craint-l'eau-froide je la prends-avec-des-pincettes, je la mange-à-tous-les-rateliers, lui offre mon manche-après-la-cognée jusqu'au bout du rouleau-de-printemps (Passez-moi l'expression... non, ne me la passez pas)
Alors elle m'appelle son petit bonhomme-de-chemin, me baptise son cadet-de-ses-soucis, son inconnu-au-bataillon, puis son polichinelle-dans-le-tiroir, son as-de-pique et enfin son autre-paire-de-manches.
Je lui dois-une-fière-chandelle... je n'aime pas devoir.
Elle tourne-sept-fois-sa-langue-dans-ma-bouche, elle trompette-de-la renommée, elle aboie-et-la-caravane-passe (il y a foule tout à coup), elle rue-dans-les-brancards, elle s'en tamponne-le-coquillard... il va être temps de conclure quand un homme-averti-en-vaut-deux pointent leur tête à la mords-moi-le-noeud en demandant-si-c'est-du-lard-ou-du-cochon?

Péniblement je me remets-sur-mon-trente-et-un, je chausse petit.
Tuée, ma poule aux œufs dort-sur-ses-deux-oreilles, un ange passe-comme-une-lettre-à-la-poste... pas moyen d'être tranquille.
Dans le doute, absente-toi!
Je prends-mes-cliques-et-mes-claques, surtout mes claques... je me souviendrai du Va-comme-je-te-pousse.

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