17 avril 2021

Paysage avec klaxon (Laura)

 

Si vous trouvez que Paris est embouteillée, bruyante et polluée, n'allez pas à Casablanca car tout ce que  vous trouvez insupportable dans notre capitale, est multipliée par trois dans la capitale économique du pays et la plus grande ville du Maroc par sa population. Pour moi qui n'aimais déjà pas conduire en France, je m'y suis encore moins risqué là-bas. Etre passagère était déjà bien suffisant que ce soit dans notre voiture personnelle conduite par mon mari et encore plus dans un petit taxi rouge(dans la ville) conduits par les Casaouis. Il faut vous dire que là-bas, le prix d'une course est équivalent à un ticket de transport en commun chez nous. Il y aussi des bus(souvent des anciens parisiens) dans lesquels je ne suis jamais allée ou les grands taxis blancs qui emmenaient à l'extérieur de la ville; quand ils avaient un accident où ces taxis étaient impliqués, on disait qu''il y avait d'office au moins huit blessés car c'était la capacité moyenne de ces vieux Mercédès. Malgré le risque d'être piéton et le stress automobile, j'ai aimé cette ville "fourmilière"(comme disait Baudelaire dont c'est l'anniversaire cette année) où les klaxons ne s'arrêtent qu'au ftour(rupture du jeun: la ville se vide aussi vite que le soleil se couche) du Ramadan(qui commence le 13 avril au soir). Là-bas, le premier jour est marqué par des coups de canon. Les jours suivants, il n'est pas besoin  de regarder dehors: les gens ont fini de rompre le jeun en famille quand les coups de klaxon reprennent.

 

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10 avril 2021

Paysages imaginaires d'Inde (Laura)

 

Ce samedi, j'ai à peine à vu l'image car à la lecture du mot "Jodhpurs", j'avais une représentation mentale. Et avec elle une cohorte d'autres images d'un paysage imaginaire de l'Inde où mon mari était allé pour son travail. De son propre aveu et indépendamment de sa volonté, il avait surtout vu l'aéroport et l'usine de textile indienne qui était le but de son voyage. Je schématise un peu mais il n'avais pas le temps de se visiter à côté de ses soixante heures de travail hebdomadaires. Je crois qu'avec moi, il a pris le temps de découvrir des paysages que moi-même(pour d'autres raisons), je n'aurais peut-être pas  non plus pris le temps de vivre avant. On change, on évolue et c'est le chemin de la vie en général et de celle du couple de transformer(en bien ou en mal) l'existence de l'autre.

Je ne suis donc pas allée en Inde mais les "Jodhpurs" ont ouvert ma "boîte à images" mentale en créant un paysage imaginaire de l'Inde.

Les livres lus comme "Le livre de la jungle" augmentée d'images dessinés. Les films anciens, parfois en noir et blanc, sur fond de colonialisme britannique. La figure de Gandhi apprise à l'école.

Un de mes grandes rencontres indiennes fut celle de sa cuisine, grâce à mon meilleur ami Jean-François(mort il y a quelques années à 68 ans comme mon mari il y a 1 an bientôt et de mi, me reste-il à moi aussi, 20 ans à vivre?) qui en était un adepte. Quand il allait à Paris, il ramenait avec ses maigres ressources, il ramenait des épices et autres ingrédients pour nous faire à mon mari et moi, un repas indien. Nous primes la même habitude et nous mangions sur place au moins une fois quand nous séjournions dans la capitale dans le passage Brady[1]. Un de mes derniers repas avec notre ami se fit dans ce lieu après une de mes multiples chutes. Je regrette que nous ayons tant fumé car il est mort de ça et moi, j'ai arrêté juste après... sa mort.

Je me souviens aussi d'un repas de fin de stage d'anglais où nous avions mangé indien aussi et bu du lassi.

Je me souviens aussi de notre dernier repas indien( végétarien pour moi puisque je ne mange plus de viande le soir depuis mon rééquilibrage alimentaire qui m'a aidé à perdre 40 kg) à Paris (en été 2019) et à Casablanca dans un restaurant où nous avons rencontré le fils de celui qui nous servait autrefois C'était  une semaine avant...

C'est la même musique et vidéos que l'on voit dans ces lieux: Bollywood.

Je vous conseille "The lunch box[2]" où l'on voit une Inde qui sonne vrai... sans "Jodhpurs".

 

 


 

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03 avril 2021

Le crépuscule des idoles (Laura)

 

Comme je suis passionnée par les images, comme mon idole Baudelaire, quand paraît le nouveau défi du samedi (ou autre sujet d'atelier), je regarde d'abord l'image, donc, sans être influencée, je crois par le souhait négatif des maîtres, je n'ai pas pensé à l'"idole des jeunes" ou autre idole de ce genre

mais à l'idole des hébreux, le veau d'or, avant que Dieu s'en mêle par l'intermédiaire de MOISE. Le veau d'or imite le taureau Apis des Egyptiens.

J'ai aussi pensé aux idoles que j'ai étudiées en sociologie quand j'étais en prépa HEC.

C'était plus l'aspect "culture générale" qui m'intéressait que les maths. Je pense aux peuples évoqués par Lévi-Stauss et ceux qui seront mis à l'honneur au Musée du Quai Branly et qui ont beaucoup inspiré les surréalistes. Comment ne pas penser aux idoles des Marquises évoquées par Gauguin? Je terminerais avec les Moai de l'Ile de Paques.

Ah j'allais oublier d'expliquer mon titre qui est celui d'un livre de Nietzsche qui est une référence ironique au "Crépuscule des dieux" de Wagner.

Tout cela n'est-il pas à l'opposé de l'idéologie du président normal?  Y a t-il encore des idoles dans le cinéma, la musique? N'en avons-nous pas besoin?

 

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27 mars 2021

Paysages de houille (Laura)

 

J'ai quitté ma terre de textile, plus précisément de bonneterie pour suivre un homme de textile dans un pays qui l'était aussi, comme l'était toute la France... jadis. Cette terre était aussi un paysage de houille mais, si nous avons beaucoup circulé et visité , je suis passée à côté de ce passé du Nord jusqu'à ce que je visite le musée du Louvre-Lens alors que je n'étais plus dans cette région. Ce coin de France portait dans sa chair les traces de cette industrie et son absence en a fait un paysage triste et beau. C'est curieux que je me retrouve aujourd'hui vivre dans un autre paysage de houille, Saint-Etienne que j'imaginais d'ailleurs grise de charbon alors qu'à mon premier posé ici, je suis tombée amoureuse jusqu'à m'y réinstaller, y continuer ma vie professionnelles, de veuve aujourd'hui. Ces paysages de houille, je te les dois, toi, homme de textile, qui m'a confirmé que l'industrie était source de bonheur et de souffrance, oxymore de la vie même.

 

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20 mars 2021

J'ai l'esprit qui gargouille (Laura)

 

J'ai l'esprit qui gargouille

Quand se dévérouille

Le défi du samedi: gargouille

Le mot plus la bouille

De la bête qui crachouille.

Mon esprit part en vadrouille:

Vérifier le sens du mot gargouille

Y associer le verbe: un peu arsouille

Comme procédé mais la patrouille

Du samedi devrait aimer qu'on fasse l'andouille

Avec les mots: dans mon esprit, je fouille

J'y trouve Charles Méryon et sa gargouille

Je bidouille 

Et voilà Baudelaire, cette fripouille

Si je trifouille

Notre-Dame de Paris, ouille

Un des derniers paysages, ça gratouille

Vus ensemble, ça me barbouille

Ton absence alors j'ai l'esprit qui gargouille

Le coeur qui bafouille

Avec Hugo et les livres, je me dépatouille

Avec la douleur; je gazouille

Même avec l'art; carabistouille

Ca me fiche quand même la trouille

L'image de ta dépouille

Qui déforme et brouille

Nos paysages de gargouille

Nos années de vadrouille

Alors, j'ai l'esprit qui gargouille

 

 

https://www.sarah-sauvin.com/index.php?option=com_virtuemart&view=productdetails&virtuemart_product_id=136&virtuemart_category_id=173&lang=fr

 http://www.lelitteraire.com/?p=915

 

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13 mars 2021

Pas beaucoup plus qu'un fifrelin? (Laura)

 

Mes livres ne me rapportent pas beaucoup plus qu'un fifrelin
Peut-être moins que ce que peut gagner un margoulin
A peine de quoi, je suis sûre, acheter un agnelin
Certains disent que je devrais effacer tout ça avec un sopalin

Mais pour le fantôme et moi, ça vaut plus qu'un fifrelin
Au moins plusieurs draps, voire des camelins.
Les sommets que vois en écrivant en deviennent capitolins
Je devrais alors gagner des francs suisses ou des carlins.

Pourquoi ne pas écrire sur du vélin
Avec des lettres en caractère carolin
Pour gagner plus qu'un fifrelin
Et avoir mon nom gravé sur du marbre cipolin?

Je voudrais écrire sur le ciel en rouge carolin
Mes paysages pour en faire un tremplin.
Mais les gens préfèrent acheter des craquelins
Que mes mots qui n'ont pour eux rien de cristallin

Suis-je, depuis le début de ma vie sur le déclin
Si je ne parviens pas à faire entendre ma voix, drelin
Drelin: écoutez-moi et vous serez peut-être enclin
A me faire gagner quelques francs ou esterlins?

Si je réussissais à dompter ma peur comme un félin,
Je parviendrais  sûrement à modeler des vers figulins.
Je marche comme un équilibriste accroché à un filin
Qui vise la lune à atteindre à la Saint Glinglin

J'ai visité beaucoup de manufactures sans voir de gobelins
Mes objectifs sont tout ce qu'il y a de hyalin:
Vendre pour un jour visiter le Kremlin

Voyage qui coûte plus qu'un fifrelin

 

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06 mars 2021

Paysages d' encaustiques (Laura)

 

Dans tous les lieux où j ai vécu
Je n' ai jamais aimé l' encaustique
Par contre, partout, j 'ai adoré les paysages d' encaustiques

 

Comme les musées d' histoire où d 'art antique
Où j' ai admiré les paysages lapidaires et picturaux
Même si mon mari préférait les paysages modernes a priori sans encaustique.
Partout, j' ai cherché par le paysage extérieur et plus intime à comprendre  à savoir
Ces paysages d'encaustique

 

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27 février 2021

Curieuse dedidgeridoo, curieuse de tout (Laura)

 

Quand j'ai découvert ce matin le nouveau sujet du défi du samedi, il m'a enthousiasmé[1] car je ne connaissais pas le didgeridoo et maintenant grâce à vous, j'ai appris un nouveau mot et avec lui un instrument de musique, "âme-son" selon vos mots et symbole de la culture aborigène. Mon ignorance m'encourage plus que mon savoir à me lever le matin: apprendre quelque chose. J'ai eu peur de perdre cet enthousiasme (que nous partagions) au sens fort du mot mais la curiosité a envahi le vide que tu as laissé, le didgeridoo étant ma bouée de sauvetage de ce monde qui rejette vers la plage les restes du naufrage de nous deux.

 

Curieuse[2] de didgeridoo, curieuse de tout.

 



 

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20 février 2021

Le curriculum vitae, "déroulement de la vie[1]" ou la fuite du temps. (Laura)

 

Je ne suis pas la seule, je pense à ne pas bien me souvenir de mes premières années d'où mon émotion en revoyant et entendant mes proches et moi dans une vidéo exhumée par une cousine. Revoir mes disparus, surtout, est surprenant car la représentation  que j'en avais dans mes souvenirs est différente.
J'ai étudié "La fuite du temps" au lycée, à une période de ma vie où je voulais, au contraire que le temps passe plus vite, être plus âgée, pour faire ceci ou cela. Si "Le lac" de Lamartine [2]me plaisait, je me sentais plus proche de Baudelaire et de son Ennui[3] ou spleen.
Pourtant, je ne m'ennuie pas comme les collégiens que je côtoie dans mes CDI de professeure-documentaliste. A ceux qui m'écoutent, je leur réponds que j'aimerais bien m'ennuyer comme eux. Je n'envie pas leur ennui en fait mais le temps qui leur reste pour faire toutes ces choses dont j'ai envie ou pour revivre les instants passés dont j'ai l'impression de ne pas avoir assez profité et je me souviens de:

 

"Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours ![4]"

 

et de notre séjour sur les traces de Lamartine.

Les vanités[5] sont les symboles picturaux de cette fuite du temps inéluctable.
Je ne suis pas seule, je pense à ressentir, après la perte de l'être aimé qui nous était le plus proche(pour moi, mon mari) , l'urgence absolue de vivre puisque la mort nous a frôlé de près en nous obligeant vis à vis de celui qui est mort à vivre pour deux:

« Trois mille six cents fois par heure, la seconde chuchote : souviens-toi ! »
Vers 9 et 10 de L’horloge dans les Fleurs du mal
Charles Baudelaire

et je me souviens du thème étudié au lycée notamment à travers Ronsard:

« Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. »

reprise du Carpe  diem" d'Horace.



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13 février 2021

Toi qui aimais tant les trains (Laura)

 

Toi qui aimais tant les trains

Tu es parti en train

Pour ton dernier voyage

Et je t’ai rejoint en train

Pour te dire adieu : ton train

Miniature t’a accueilli et ma main

Ne touche plus qu’un froid écrin.

 

Tu m'as donné cette passion

Du ballast, qui est aussi un recueil[1]

De poésie, poésie que je t'ai fait découvrir

Echange de passions

Vocabulaire du chemin de fer

Chemin de vie

Paysages de gares

 

Toi qui aimais tant les trains

Ta mort a fait dérailler mon quotidien

Qui ne tourne plus autour de tes reins

Mais de ton absence, en vain

Je te cherche dans ton train

D’où tu m’as  quitté un matin

 


[1] http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Poesie-Gallimard/Ballast

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