14 octobre 2017

Je ne suis pas iatrophobe (Laura)

 

Je ne suis pas iatrophobe mais je ne cours pas aux mammographies
Je le fais par goût de la vie et non par envie
Je ne suis pas iatrophobe mais je supporte mal l’IRM
Car je suis claustrophobe et souffre physiquement de rester sans bouger
Je ne suis pas iatrophobe mais je ne cours après l’infiltration
Surtout l’intra discale : elle me fait aussi mal que la douleur
Et ne me soulage pas, alors basta !
Je ne suis pas iatrophobe mais s’il faut que je refasse une gastroscopie
J’accepterai cette fois qu’on m’endorme
Je ne suis pas iatrophobe ; je me soigne, je me soigne !

 

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07 octobre 2017

Hypocondriaque (Laura)

 

Je ne suis pas hypocondriaque
Et pourtant parfois je craque
Je n’ai pas peur des microbes
Par contre, je suis un peu snob
Je ne fuis pas le soleil
Mais ne me bronze pas jusqu’aux oreilles
Je suis insomniaque
Et je n’ai pas toujours la niaque
Je fuis les courants d’air
Et ça gène parfois mes congénères
Je mange beaucoup de fruits
C’est comme ça ma vie
Je mange beaucoup de pommes
Et aussi souvent mon homme
Je me dope aux yaourts sans sucre
Nature mais j’aime le stupre

 

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30 septembre 2017

Pas besoin de gramophone (Laura)


Pas besoin de gramophone pour apprendre à danser avec ma grand-mère
Car c'est elle qui chantait les airs sur lesquels elle avait connu mon grand-père.
"Le plus beau de tous les tangos du monde[1]" entonnait-elle en montrant le rythme
De la danse à mes pieds; ses mains dans les miennes, elle chantait à tue -tête.
 

Des refrains que j'ai gardés dans mon coeur et qui forment avec d'autres mon paysage
Musical: "C'est la java bleue[2], la java la plus belle, celle qui ensorcèle " et "mon manège
À moi, c'était  ta voix, les pas que tu m'apprenais, mes talons qui un jour percèrent
Le plancher. Pas besoin de gramophone pour te réentendre et sourire avec des larmes.

 

[1] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2017/09/23/le-plus-beau-tango-du-monde-pour-ma-grand-mere-morte-en-2003-5982505.html

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23 septembre 2017

Mes paysages de bières (Laura)

 

Je ne connais pas la fripouille, bière ambrée aromatisée au chanvre
D'ailleurs, excusez-moi mais je goûte peu les bières aromatisées quoique
D'autre part, je préfère en général boire la bière en pression plutôt qu'en bouteille

Ma première bière, je l'ai bue en bouteille, en cachette de mes parents
Je peux l'avouer ici puisqu'ils ne me lisent pas: j'ai bu avec des fripouilles
Moi qui venait d'une famille où je n'ai jamais vu ni cigarette, ni bière

Ma deuxième bière fut bue avec du Picon, comme c'était bon... et fort
Ma deuxième bière me monta directement au cerveau, case ivresse
Je retins que le Picon était bon et fort; ce ne fut pas ma dernière sensation forte.

Après ma passion pour l'Irlande, après ma majorité, je me pris de passion
Pour la Guinness, une histoire d'amour alcoolisée qui dure contrairement à d'autres
Je la goûte moins l'été car elle ne se sert pas très fraîche, elle nourrit aussi

Pour moi, la Guinness comme les autres est meilleure en pression
Je me souviens de la tête de mon père quand j'ai commandé un Monaco:
Période tendre de ma vie en bière: version sucrée comme le panaché.

"Les trois brasseurs" comme son nom l'indique est une brasserie, maison mère
Située en face de la Gare Lille Flandres; elle  a essaimé de Lyon à St Quentin
Notre lieu de rendez-vous entre Tourcoing, la fac et la Lys: avec une flamkuche

"La brasserie Georges" est notre lieu de rendez-vous du Sud de la Loire
Entre St Etienne, la fac, le  CDI, pas loin d'un de mes autres paysages de gare:
La gare Perrache; boire un demi en attendant le retour de son chéri à Part-Dieu.

La pils du Maroc, pas toujours autorisé, pas partout, d'autant plus appréciable
Et la Casablanca, en bouteille, en terrasse là-bas, un luxe suprême
Le meilleur spot, une pression fraîche en regardant l'Océan de la Corniche.

 

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16 septembre 2017

Un jour, j’ai entendu une voix… (Laura)


Un jour, j’ai entendu une voix qui me disait : « Viens et suis-moi. »
Ma première réponse fut de dire à Dieu : « Oui, je veux être ton épouse. »
Des propositions comme celle-ci, on n’en a pas tous les jours, des demandes en mariage
J’en ai eu quelques unes mais celle-ci me posa un cas de conscience
Cela dura des mois, dans un cycle de quelques années où je voulais être sainte.
Je voulais être  Sainte Thérèse ou rien : je voulais connaître l’extase
Telle qu’elle fut sculptée par Le Bernin, architecte de la chapelle qui est son écrin.
Je suivais les traces de Jeanne d’Arc, je lisais des récits de martyres.

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09 septembre 2017

MAIS OU SONT PASSÉS LES DORYPHORES[1]? (Laura)


Il y avait une pièce à la décoration "seventies"
Il y avait une armoire avec une grande vitre
Il y avait un balcon d'où on surplombait la rivière
Il y avait des boîtes transparentes avec des insectes

MAIS OU SONT PASSÉS LES DORYPHORES?

Il y avait une collection réunie patiemment
Il y avait des insectes joliment disposés
C'était un plaisir à regarder pour les enfants
Et une fierté de celui qui avait fait ça

MAIS OU SONT PASSÉS LES DORYPHORES?

Il y avait des coléoptères, des papillons de mille couleurs
Comme chez Nerval ou Odilon Redon[2]
Il y avait des hannetons chers aux Egyptiens
Il y avait des  sauterelles, des libellules

MAIS OU SONT PASSÉS LES DORYPHORES?

 


[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2017/09/03/les-papillons-5976464.html

 

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02 septembre 2017

Paysages avec hérons et couleuvres (Laura)


Ce n'est pas de la roupie de sansonnet,
Ce sonnet de Nerval, cet épitaphe
Où il se compare  tantôt au sombre Clitandre
Quand il n'est pas "gai comme un sansonnet"

Je ne prétendrais jamais faire aussi bien
En parlant des corbeaux que mon grand-père imitait
Ou des serins à nos fenêtres, qu'on enfermait
Que dire de l'ombre du héron près du grand bassin?

Comment ne pas évoquer Le chardonneret
De Carel Fabritius, rendu célèbre par Donna Tartt
Dans un poème qui se désire comme un sonnet?

Pour revenir aux corbeaux de Van Gogh
Et à l'ombre des héron des fables de la Fontaine
Comme  la mort  de mon grand-père et de l'artiste

Comment reconnaître une couleuvre
D'une vipère: cette question me fait déborder du sonnet
Pour parler de "L'homme et de la couleuvre", fable
Qui n'évoque ma grand-mère tueuse de vipères

Ni ma mère qui attrapait les orvets, inoffensifs
Reptiles comme les belles couleuvres
Qui sifflent sur nos têtes de Gorgone du Caravage?

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26 août 2017

Le fantôme du paysage (Laura)


Il des lieux qui ne sont pas des paysages car on ne les regarde pas
Il est des paysages qui redeviennent seulement des lieux car on ne les regarde plus
Il est des lieux entre vie et mort, des lieux hantés où règne le fantôme du paysage
Ce sont des villes où l'on est né, où l'on a marché pour la première fois
Ce sont des rues où on est allé à l'école, où l'on a pédalé, marché, aimé
Ce sont des rues où on a pleuré, souri, sauté dans les flaques, couru
Ce sont des rues où on a posé pour un peintre, embrassé, bu, fait l'amour
Ce sont des rues où on a enterré sa grand-mère, parlé avec son meilleur ami
C'est une ville où on a lu, été heureux, crié, souffert, été soi-même et parfois un autre
C'est une maison où on a lu ses premiers livres puis sous les draps avec une lampe
C'est un lieu où on a dansé avec sa grand-mère avant de sortir en boîte
C'est une ville dont on a connu l'histoire, le nom des rues, la place des statues
Ce sont des rues qu'on a parcouru en tout sens avant de partir ailleurs
C'est une ville où on est revenu le vendredi, parce qu'on y chérissait des personnes
C'est une ville qu'on défend parce qu'elle est belle et riche de passé et de possibles
C'est une ville où on a vécu et où on ne vit plus, où on ne voudrait plus vivre
Mais c'est une maison où on a écrit pour donner des nouvelles, faire un signe
C'est une maison qui a reçu des cartes de  tous les coins de France où on a pensé à elle
C'est une maison qu'on aimait pour ses racines de coeur, les personnes qu'on y aime
C'est comme l'arbre dont on coupe une branche et qui pleure sa sève blanche
C'est comme si j'étais cette branche sans tronc dans un paysage sans âme.
C'est une maison, une ville où plane des souvenirs qu'on jette aux oubliettes
D'un grenier poussiéreux, c'est une maison qui bafoue son passé en le glorifiant
C'est un paysage où ne reste plus qu'un fantôme d'amours qu'on nie sans vergogne.

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19 août 2017

Participation de Laura

 
Sourire d’un matin câlin
Oublier les bruits de la ville
Urgence du chant des oiseaux
Rareté des moments heureux
Impossible de les laisser passer
Rides de sourire même forcé l’
Emportera sur la colère et la haine
 

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12 août 2017

Comme des oiseaux sur une drôle de branche (Laura)


Comme des oiseaux sur une drôle de branche
Les poètes-artistes  chantent la vie et le rêve.
Il s disent le printemps en plein automne
Et l’été sous les flocons de neige.

Comme des oiseaux sur une drôle de branche
Ils se posent  au dessus des nuages.

Ils nous libèrent des souffrances
Et hurlent  plus haut nos victoires.

Comme des oiseaux sur une drôle de branche
Ils réveillent  nos tristes paysages.

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