25 mars 2017

Paysages de pâtes (Laura)

 

En Champagne, comme ailleurs je pense, mon paysage de pâtes d’enfant sage est constitué de cheveux d’ange et des pâtes en forme de lettres de l’alphabet, du vermicelle dans du lait et des coquillettes.

Lorsque j’ai quitté mes parents pour la première fois pour une chambre de bonne au sixième étage (sans ascenseur, toilettes sur le pas de la porte, pas de douche bien-sûr) à Paris, j’avais juste un butagaz (interdit) pour faire la cuisine, c’était assez rudimentaire. Faisais-je des pâtes ?

J’en ai cuit dans mon deuxième appartement car j’étais un peu mieux équipée : une cuisinière, un four. Je mettais des pâtes dans un plat, des œufs et du gruyère et je faisais gratiner le tout au four. Mon plat de Reims.

J’ai du manger des pâtes chez des copines (j’en avais peu) et chez des copains (j’en ai eu pas mal) mais je me souviens plus de ce qu’on buvait que de ce que l’on mangeait…

J’ai toujours eu des chéris cuisiniers, des hommes qui n’avaient pas besoin de femme pour s’occuper d’eux.

 

Avec mon mari, nous avons découvert les ravioles dans la Drôme où nous avons vécu et dans l’Isère voisine d’où elles sont originaires, je crois. Allez à Romans voire le paysage et manger des Ravioles. Je n’en trouve plus en paquets mais fraîches en plaque, elles sont très bonnes.

 

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18 mars 2017

Participation de Laura


Je suis née dans les paysages de Champagne
Entre coteaux charmants et plaine monotone
Je suis née dans une ville dont les contours
Forment en pétillant un bouchon de champagne
 
Je suis partie dans la seule région de France
Où il n’y a, il me semble, aucun cépage
Mais où les yeux des gens pétillent
Pour vous accueillir autour d’une bière
 
Je suis descendue, comme on dit, dans le sud
Celui des Pyrénées et du rugby, l’ouest du sud
J’ai bu les vins du Languedoc et des Corbières
Des côtes du Roussillon aux Costières de Nîmes
 
Je suis remontée, comme on dit, dans le centre
Où j’ai goûté, dans le sens premier du terme
Les vins du Forez, ceux de la Loire
Pas celle des châteaux mais de Saint-Etienne
 
J’ai quitté la France et ses paysages vinicoles
Pour le Maroc  où les français ont planté leurs cépages :
Grenache, le Carignan, le Cinsault et l'Alicante
De Berkane à Meknès, De Boulaouane à Benslimane

Si je ne suis pas fan des vins liquoreux comme en Dordogne
Le Monbazillac ou le Porto que je buvais avec ma grand-mère
Je chéris chaque instant passé à boire un verre
Avec une personne et / ou un paysage que j'aime
 

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11 mars 2017

S'éclater (Laura)



S'éclater pour ne pas éclater en vol de douleurs et d'angoisse
Danser comme on fait du sport pour  se dépenser encore
Se dépenser jusqu'à l'épuisement de ses forces, dépasser ses limites
Danser jusqu'à  ce que nos jambes lâchent, que notre tête explose
 

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraine jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie
"Etre un instant la "Danseuse créole" d'Henri Matisse
Trouver enfin les clés comme la danseuse de Fernand Léger
Se trémousser devant le vieillard musicien de Picasso
Aller à l'"Ecole de danse " d'Edgar Degas, être à  sa place
 

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraine jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie
Pour "Une danse en ville" avec Auguste Renoir
Je transpirerais toute la nuit, je crierais, taperais des mains
Pour "Une danse de noce" avec Pieter Bruegel
J'irais jusqu'au bout de sa voix et de mes oreilles
 

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraine jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie
Au "Bal élégant" de Marie Laurencin, je me parerais
De bijoux qui scintillent comme une boule à facettes
J''accompagnerais Toulouse-Lautrec au Moulin -Rouge
Il me présentera La Goulu et  Valentin le Désossé
 

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c'est ta façon d'aimer
Ce rythme qui t'entraine jusqu'au bout de la nuit
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie
Je danse avec ma grand-mère le tango et la valse
La java  bleue ma gagne et mes talons claquent
Alors que les basses s'affolent
Et que les guitares se déchaînent.

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04 mars 2017

Dans ma poche (Laura)

 

Dans ma poche, je mets des mouchoirs pour les urgences.

Dans ma poche, je mets mes clés de travail, que du pratique

Je sème mes mouchoirs et les clés percent mes poches.

Le portable, secondaire obligation est plus souvent à terre

Que dans la poche qui préfère avoir sous la main un livre

Mais les poches sont beaucoup trop petites pour y contenir un monde

Et les livres sont beaucoup trop grands pour l'espace d'une poche.

J'aimerais sauter comme un kangourou avec ma poche

Pour me transporter ailleurs, avec mes livres de poche.

Dans ma poche- sac, il y a des mouchoirs pour les urgences

Dans ma poche, il y a mes clés de maison qui a souvent changé de clé

Et de région et de pays sans que les trésors de ma poche me quittent jamais.

Dans ma poche-sac, il y a un livre pour les urgences-attentes

Sans paysages-tableaux à regarder, ne pas perdre une minute

D'un temps et angle mort: pour lire et apprendre un peu du vaste monde

Dans ma poche.

 

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25 février 2017

JOBASTRE (Laura)

 

Je dis plutôt kéké dans la phrase exclamative et négative: Fais pas ton kéké!

Où ai-je pêché cette expression marseillaise: dans l'enfance de mon grand-père?

Bercée par sa gouaille à la Gabin; sa casquette ne faisait pas de lui un jobastre

Avec les risques qu'il a pris dans le maquis et en étant lui-même

Secret, sacré, ton souvenir n'efface pas tes erreurs mais les excuse

Tendre  et tempétueux, moderne patriarche d'une tribu orpheline

Rends-je honneur à mon aïeul dans cet acrostiche "Jobastre"?

Exprimant ainsi mon grand-père, ce héros en  bancal oxymore.

 

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18 février 2017

Le culte des images (Laura)


Comme Charles Baudelaire, je glorifie  « le  culte des images[1] »
Sous toutes sortes de formes : j’ai aimé les livres d’images
De mon enfance, les illustrations-gravures de mes lectures de jeunesse
J’aimais les jolies couvertures cartonnées, colorées et imagées
De certaines collections dont la mode est de faire des « remake »
Plus chers et surtout plus moches ; heureusement, les formats de poche
Sont souvent bien « designés » s’ils ne sont pas dans l’outrance
De l’agressivité commerciale de certains titres surtout à l’approche des fêtes.
J’aime aussi follement le cinéma en noir et blanc ou en couleur, classique
Ou moderne, commercial (plus raisonnablement) ou d’auteur, drôle
Ou policier ; j’adore tout François Truffaut dans sa Nouvelle vague
Je ne peux que me pâmer devant Casablanca que j’ai respiré de
Très près ; à l’insu de mon plein gré, je suis téléphage, je me soigne
Mais contrairement à la cigarette, je ne riens trouver qui remplace
Ce fonds d’images sonores qui berce mon travail et mes lectures.
C’est grave je sais mais j’assume et ça ne m’empêche pas d’aimer et de lire
J’aime ton image, surtout celle que je peux caresser, St Valentin ou autre fête
Qu’on se crée comme des images pieuses à garder pour des heures plus sombres.
J’idolâtre les Beaux-arts, même ceux que certains trouvent laids, je peine
Un peu avec un certain art contemporain, trop vidéo ou « performance »
A mon goût ; le conceptuel parfois m’échappe mais dans l’ensemble
J’aime tout, plus ou moins ; surtout, je garde les yeux ouverts pour la découverte.
Je fais par contre un blocage presque total devant certains clips soi-disant féministes
Où les femmes se dévoilent en poupées gonflables pornographiques
Et se dandinent en poses obscènes et dégradantes que je peux appeler danse.
Excusez-moi de paraître bégueules d’autant que je ne le suis pas puisque
J’ai mis en scène dans des nouvelles, une Cannelle bien plus olé-olé que
Ces péronnelles dévoilées-voilées ; un dernier coup de gueule contre
Les vidéos  caustiques, sarcastiques où l’on se moque de tout et de tout le monde
Mais pas de soi-même, l’objectif étant le ricanement perpétuel des aigris et autres
Nuisibles qui n’ont que ça à faire dans leur vie que de laisser sous des vidéos insanes
Des commentaires encore plus débiles et haineux que certaines émissions télé réalistes !
 


[1] (ma grandemon unique, ma primitive passion)in Mon cœur mis à nu

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11 février 2017

Paysages de chasse (Laura)

 

Je ne peux relire un passage de Mademoiselle de Maupin sans penser à sa préface

Où Théophile Gautier, précurseur du Parnasse, proclame que l’art est inutile

Et  ne vise que le beau, c’est la doctrine de « l’art pour l’art » et non pour la morale

 

 

Je ne peux parler de Théophile Gautier sans penser à Nerval et Baudelaire

Ce dernier dédie ces Fleurs du Mal à Gautier , « poète impeccable »

Nerval fut l’initiateur de  Gautier, notamment en littérature allemande

 

 

Je ne peux lire un passage  de Gautier concernant  le faucon et la chasse

Sans penser à Eugène Fromentin et à son œuvre magnifique,

Chasse au faucon en Algérie, auteur aussi de deux récits de voyage

 

Baudelaire dédie un poème à Fromentin dans son recueil Les Epaves

Maxime Du Camp évoque Nerval et Fromentin dans ses Souvenirs littéraires

Il exagère sur Nerval mais n'oublie pas le chef d'œuvre de Fromentin, Dominique

 

 

Je ne peux lire cette scène de chasse  sans penser à Maurice Genevoix et sa harde

Dans ma bibliothèque d'enfance, les couvertures cartonnées en couleur des livres

Je reste toujours ébahie devant les œuvres de Bruegel l'Ancien dont les Chasseurs dans la

neige; je pense aussi à Jack London mais il faudrait de toute manière que je le relise

 

En voyant  la Chasse à cerfs, l'hallali du cerf  de Gustave Courbet, paysage

D'hiver en décor, je nous revois marchant dans la neige, cherchant en Franche

Comté, avec réussite ou pas les tableaux de l'Ornanais parmi les grottes et les sources

 

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04 février 2017

Jeune goinfre[1] (Laura)

 

Cannelle fut une jeune goinfre de chocolat sous toutes ses formes

Jusqu’à ne quasiment plus le supporter sous aucune forme

Cannelle fut une jeune goinfre d’hommes, de sexes, moins de femmes

Cannelle est toujours gourmande  mais avec moins de frénésie de sexe

Il lui fallait toute gouter, tout essayer jusqu’à l’écœurement des caresses

C’est comme si elle devait aller jusqu’au bout de ses désirs, jusqu’à perdre

Parfois son honneur, sa fierté, la tête, sa culotte, la face

Cannelle fut une jeune goinfre d’alcools, doux ou forts jusqu’à l’alcoolisme

Quand elle se mit à trembler le matin, elle sut reconnaitre cette limite.

Cannelle est toujours gourmande de champagne brut avec beaucoup de bulles

Pour faire pétiller les livres dont elle est toujours goinfre

Goinfre de mots à lire, à vivre, écrire jusqu’à l’ivresse

Des  journaux d’Anaïs Nin qui lui donne le souffle sans la tempête

 De ses outrances sexuelles, alimentaires et liquides de jeune goinfre.

 



[1] Titre d’un poème d’Arthur Rimbaud

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28 janvier 2017

Paysages avec oiseaux (Laura)

 

Ce n'est pas de la roupie de sansonnet,

Ce sonnet de Nerval, cet épitaphe

Où il se compare  tantôt au sombre Clitandre

Quand il n'est pas "gai comme un sansonnet"

 

Je ne prétendrais jamais faire aussi bien

En parlant des corbeaux que mon grand-père imitait

Ou des serins à nos fenêtres, qu'on enfermait

Que dire de l'ombre du héron près du grand bassin?

 

Comment ne pas évoquer Le chardonneret

De Carel Fabritius, rendu célèbre par Donna Tartt

Dans un poème qui se désire comme un sonnet?

 

Pour revenir aux corbeaux de Van Gogh

Et à l'ombre du héron de la fable

Comme  la mort  de mon grand-père et de l'artiste

 

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21 janvier 2017

Paysages d’une Venise du Nord (Laura)


Après nous être installés et rafraîchis à l’Hôtel avec vue sur un canal,
Mon mari et moi, étions partis à pied à la redécouverte de  Bruges.
C’était notre manière de vivre les paysages de cette Venise du Nord
Après ceux de la Venise-Mère, d’Istanbul, de Casablanca, de Paris
Que nous avions écumé au moins sept jours sans nous reposer le dimanche.
Nous humions l’air humide qui sourdait du ciel et des pierres.
Je me nourrissais de  ce paysage aquatique comme à ma toute première visite.
Je me sentais  primitive comme un des personnages des  flamands de cette époque.
Mon mari s’était arrêté devant une vitrine d’une galerie d’art que j’avais raté
« Il avait aperçu l'étonnante composition : une miniature exécutée à la tempera
Sur un panneau de pin. »  Plus que la tempera ou la matière du support
C’est la représentation de l’espace en perspective qui avait arrêté son regard.
Pour ma part, j’étais surprise de voir tant d’éléments de paysage méridional
Sur ce trottoir  septentrional : l’artiste  avait du voyager en Espagne, voire en Italie.
La peinture avait encore la symbolique médiévale et le sujet religieux ;
Le fond doré représente la lumière divine mais on discernait la recherche
De la représentation de la nature du XIV e siècle née  avec Giotto et Martini.
Mon mari que je traînais depuis vingt ans dans les musées de France et de Navarre
Avait senti que cette composition pourrait me plaire : la scène de la visitation
Etait construit avec une perspective atmosphérique  et un dégradé de ciel
Au niveau de l’horizon qui nimbait la perspective architecturale de qui ressemblait
Au Sfumato de Léonard de Vinci. Malgré tout, l’église est hyperréaliste.
La lumière semble celle du Nord de l’Europe et illumine la Vierge à droite.
Même si la perspective n’est peut-être pas encore mathématiquement juste,
La symbolique voilée de cette tempera peut-être liée à l’huile la magnifie.
Nous restâmes un moment à admirer ce panneau de pin  recouvert
Par une scène naturaliste à la Van Eyck avant la perspective linéaire à point de fuite unique
De Brunelleschi, utilisée par Masaccio puis théorisé par Alberti et Della Francesca.
Durer n’était pas encore allé en Italie et il n’avait ramené en Europe du Nord
Cette représentation de l’espace caractéristique de la Renaissance : j’aimais ce paysage
J’aimais le paysage de cette Venise du Nord dont tu es le personnage principal :
Si tu étais cette miniature, ma théologie personnelle te donnerait donc une grande taille.
Nous reprîmes notre chemin vers  le Musée Groeningen pour voir d’autres primitifs flamands
Mais notre voyage était déjà riche de mille paysages vus et lus en livres et images
Qui ne demandaient qu’apparaître dans les vitrines des musées et des villes-monde.

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