01 octobre 2022

En thérapie (Emma)

 

Edwige.

       Aidez-moi, docteur, je le hais, je le hais !

 Ses rouflaquettes à 30 cm, qui m'envoient des bouffées tiédasses d'eau sauvage, non seulement j'ai l'impression de dormir avec Jules Ferry ou Louis Philippe, mais l'hygiène ?

Un poil au microscope, c'est répugnant, vous voyez plein de bestioles qui font l'ascension, si si j'ai vu un docu, alors une forêt de poils, rodéo de champignons et acariens, microcosmos en live, je n'en peux plus !

Moi au moins, je mets une Charlotte pour dormir !

Le psy…….

Edwige.

       Poil, vous voyez, c'est le gorille, la bête en nous.

 Si on réfléchit bien, l'homme n'est pas fini. La femme non plus, même si globalement elle a l'air plus finie que l'homme, parce qu'elle n'a presque plus de poils.

Un truc que je me demande, c'est pourquoi on a gardé les poils du gorille et pas les écailles des dinosaures. Ou des plumes, comme les anges, tiens, encore que ça doit pas être plus propre que des poils, mais les écailles, un coup de karcher…

Le psy…….

Edwige.

       Pourtant, rien ne m'émeut plus qu'une barbe de trois jours sur une peau bronzée…                              

La barbe de trois jours, c'est le rêve, l'aventure, Indiana Jones, Casanova et Rhett Butler, les voiliers, les déserts, la sueur, la poussière…

Tiens, même les petits poils roux qui scintillent au soleil à chaque coup de pédale sur les mollets de mon voisin Jean Claude me font craquer.

Alors comment pouvez-vous expliquer que j'aie envie de tuer ce brave Jean Marc, à cause de ses rouflaquettes poivre et sel ? C'est votre métier, quand même !

Le psy……

Edwige.

       OK, bon, alors on continue sur le poil ?

Le psy….

Edwige.

       Ma cousine Marie Thérèse disait qu'un baiser sans moustache est un gigot sans sel. Bonjour l'hypertension.

J'ai aimé autrefois un homme qui en avait une belle. De moustache. Mais selon l'adage, une moustache trahit l'homme volage. (entre nous, voilà un beau pléonasme ! ).

Le psy……

Edwige.

       Au quotidien, il y a de l'entretien, une barbe de quatre jours n'est plus photogénique, il faut la raser, mais alors l'homme est glabre, il a perdu sa virilité, il est de mauvais poil et il doit se cacher pendant 3 jours. A moins que son coiffeur sache la lui tailler au petit poil, pile poil hauteur 3 jours.

Tiens, encore une association d'idées, ça va vous plaire : autrefois j'ai aimé un coiffeur, mais il aimait un danseur. Lequel aimait un coiffeur, mais hélas pas le même.

Dites-moi si je vous rase ?

Le psy.

       On en reste là pour aujourd'hui. Non non, je ne reçois pas d'argent, glissez les billets dans cette enveloppe que vous mettrez dans ma boîte à lettres en sortant...

 

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03 septembre 2022

El' camanette (Emma)

 

 El' camanette

Ah, te v'la min garchon, ch'est pas souvint qu'on t'vo à l'mason d'puis l'virus. Te bo eun' goutt' ed' jus ? Ah che vrai, che del' camomil qu'i t'faut, a'ch'teur, y parait qu'te dev'nu vegan ? Che t’femme qu'el do et' continte !
Cha, che quet'cos que j’ai toudis pas compris, qu'on dit  ches cats cha n'jonne pon des kyins ! mais  commint qu'cha s'fait qu'te peux avoir deus, tros, quate, dich gosses, pas un parel !
R'gard' tin frere Gustav. Sacré rojin, toudis bénache, toudis joïeux, i pinso qu'à minger, un vrai galaffe : che gatiaux , che gauf, el tarte au chuc, che  frites, cha y allo !
Et ti, min tiot,  tout quinquin  t'éto un vrai moniau pour ech’cat !  Pluquard, tatasse, nareux !
Allez min garchon, che des carabistoules, va t’kère eune bière din ch'frigo, chez vegan, cha, el bière ?
 

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La bavarde

Ah, te voilà, mon garçon, c'est pas souvent qu'on te voit à la maison depuis le virus. Tu veux une tasse de café ? Ah, c'est vrai, c'est de la camomille qu'il te faudrait à présent, il paraît que tu es devenu végan ? c'est ta femme qui doit être contente !
Ça c'est quelque chose que j'ai toujours pas compris, on dit que les chats font pas des chiens, mais comment ça se fait que tu peux avoir 2, 3, 4 ,10 gosses, pas un pareil !
Regarde ton frère Gustave. Sacré gamin, tout le temps content, tout le temps joyeux, il ne pensait qu'à manger, un vrai gourmand : les gâteaux, les gaufres, la tarte au sucre, les frites, ça y allait !
Et toi, mon petit, tout bébé tu étais un petit moineau, chipoteur, tatillon, difficile! Allez mon garçon, tout ça c'est des bêtises, va te chercher une bière dans le frigo, c'est végan, ça, la bière ?

 

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20 août 2022

De la notoriété (Emma)

 

       Autrefois le plus humble mort était quelqu'un, il comptait dans le village : on lui mettait son costume de mariage trop étroit, on drapait sa porte de tentures noir et argent, le bedeau sonnait le glas ; tous les valides, et même les boiteux suivaient son corbillard en petits pas courbés, casquette à la main, en parlant de l'orage qui avait abîmé les récoltes.
C'était au temps des chevaux et des curés.
Qui donc ici-bas, même le plus liké, laisse un trou dans l'eau ?
Pour certains, une vaguelette, un entrefilet dans le canard local : notre ami, président du club de ceci… de la société de cela…  a fait partie de la fanfare… dans les années soixante.
Peu s'en souviennent, qui s'en soucie, en vérité ?
Quelques-uns méritent une entrée dans le dictionnaire, avant que leur notoriété passagère, comme celle du mot biloute, soit balayée par une nouvelle promotion de morts médiatiques.
Plus rares encore, les éminents, qui ont porté bicorne, képi étoilé, montre à gousset et souvent noble barbe ont parfois leur buste dans un square, sur lequel fientent les pigeons.
Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, alors que tant de belles âmes restent inconnues à jamais, une poignée flamboie çà et là dans nos mythologies, Ramsès2, Vinci, Colomb, Landru… et nos grands hommes, à qui la patrie reconnaissante dédie des flonflons chaque fois qu'il est nécessaire de requinquer ou recadrer le peuple indiscipliné, mais que parfois on déboulonne quand le politiquement correct d'une époque découvre quelque crapotage dans leur biographie.

- eh, m'sieur Victor, un selfie ?
Ben oui, j'vous ai r'connu, à votre costume de pingouin comme à la télé. Mais dans la rue, j'en avais jamais vu, un costard pareil ! C'est chic, et ça colle pile poil avec votre barbe.
Ah ! ah ! pile poil, la barbe…
Laissez tomber.
Prenez pas cet air "penseur de Rodin", comme si votre tête était trop lourde pour tenir toute seule. Ah ? Elle est si lourde que ça ? Mince alors !
Mais c'est pas comme ça qu'on fait un selfie, rapprochez votre tête de la mienne, voilà ! Neymar, y fait ça tous les jours.
Neymar. !
Laissez tomber.

 

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04 juin 2022

La vie est un songe. (Emma)

 

L'existence individuelle n'est qu'une illusion destinée à donner à l'homme, pendant le temps utile à l'espèce, le goût de la vie, afin qu'il la conserve et la transmette. Le plaisir de s'accoupler est une précaution élaborée par la vie pour assurer sa pérennité 1

Ainsi en a décidé le grand illusionniste ! qui se moque de l'individu mais protège l'espèce, Dieu sait pourquoi.

Dans ce pays de caillasse, les humains grattaient la terre depuis des siècles et des siècles (et même avant). Gris comme le sol sec, dont, les années fastes, ils tiraient une maigre subsistance, en plus du lait de quelques chèvres, qui ont toujours fait bon ménage avec l'aridité, et de quelques bestioles attrapées au collet.

Quand même ils savaient bien qu'il existait un autre monde. Une fois par an, des véhicules bariolés empruntaient le lit de l'ancienne rivière, et les saluaient à grands coups de klaxon. Ils ne raflaient plus d'esclaves, comme les cavaliers des anciens temps, mais parfois un garçon s'accrochait en fraude derrière un camion et disparaissait pour toujours.

Quand la désespérance était trop grande, les hommes battaient leur femme. Sous tous les cieux, ils savent faire, et ça leur fait du bien.

Car sous tous les cieux, les femmes sont bavardes et futiles. Elles ont besoin de guitares, de clairs de lune, de roses et de caresses, sinon elles s'étiolent.

Quand la vieille Baba vit que Marie filait vraiment un mauvais coton, après la fuite de son fils aîné accroché à un camion, elle lui apporta, en cachette de Joseph, de la poudre d'oubli, dont la recette, évidement secrète, était transmise de sorcière en sorcière, depuis… toujours. Elle lui tint à peu près ce langage : " Marie ma belle, la pleine lune arrive. À son zénith rends-toi près du puits. Je te déconseille de t'y jeter. C'est le seul point d'eau d'ici à l'horizon, tu ne voudrais pas empoisonner tous tes enfants ? assieds- toi dans l'ombre du puits, et mâche ces quelques herbes, tu te sentiras mieux".

Ainsi fit Marie. La nuit était douce, comme douces et encore un peu chaudes les pierres usées qui dessinaient une couronne autour du puits. Et tellement douce la solitude !

Alors elle entendit comme des grelots, et un âne apparut, monté par un mendiant qui n'avait pas d'ombre, et qu'elle trouva, ma foi, fort beau, lorsqu'il mit pied à terre. Il s'assit près d'elle, décrocha la guitare qu'il portait en bandoulière, et, s'accompagnant d'une étrange mélodie, se mit à chuchoter dans une langue inconnue.

Or Joseph avait suivi sa femme de loin, incrédule devant son audace. Arrivant près du puits, il la vit qui parlait avec un âne.

La punition pouvait attendre, pas l'âne qui valait de l'or. Il s'en approcha à pas de loup, mais l'animal s'éloigna, alors il partit à sa poursuite, au clair de lune, dans la caillasse, sur laquelle seuls ses propres pas résonnaient. Après un long trajet, l'âne sembla se dissoudre dans une vaste nappe d'eau qui miroitait sous la lune. Mais Joseph ne trouva pas d'eau. Seulement un vieil ermite crasseux dans une grotte, enthousiaste à la vue d'un visiteur. L'ermite avait fait le tour de lui-même depuis bien longtemps, mais heureusement il avait trouvé comment broyer et distiller les épines des alentours pour en tirer un nectar des plus roboratifs, qu'il fit goûter à son hôte inespéré ; et bientôt il n'y eut plus, dans la caillasse sous la lune, que deux pochards hilares, célébrant la grandeur de la création.

Au lever du soleil, Joseph et Marie avaient regagné leur humble masure, chacun avec des rêves plein la tête.

Mais une surprise les attendait. Le fils prodigue était de retour. De passage seulement, prévint-il, sans donner plus de détails. En vérité il comptait bien retourner au plus vite dans le squat obscur de la ville lumière où il habitait désormais, où l'attendaient des paradis multicolores. Il avait trouvé cette moto qui lui avait permis de remonter le lit de l'ancienne rivière. Car il voulait absolument montrer à tous ses frères et sœurs la merveille qu'il avait trouvée. Merveille qui tenait dans sa poche, et sur laquelle il pouvait faire apparaître des animaux et même des monstres, et des personnages minuscules qui s'accouplaient et se massacraient comme des humains, mais en mieux.

Car la vie est un songe, et le songe lui-même un songe 2

une histoire contée par un idiot, pleine de bruit et de fureur 3

1, G. Bénichou, le chiffre de la vie. 2, P. Calderon de la Barca. 3, W. Shakespeare, Macbeth

 

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05 février 2022

robots tueurs (Emma)

em1

références

le petit peuple      CLIC      

les dames du lac     CLIC    



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13 novembre 2021

Le sac (Emma)

 

Seigneur,

dit la vieille,

me voici devant toi

avec mon corps usé.

 

Usé   Poussez, Madame ! Poussez !

 

J'ai juste un petit sac,

deux fois rien,

une comptine…

un dessin…

 

dessin      à  Maman, pour  sa fête...

 

des couleurs...

des odeurs…

le bruit du ressac…

des mots…

 

des mots          printemps, amour, blablabla…

 

des notes 

Chopin dans le ghetto…

Mozart dans la savane…

 

Mozart      à partir de maintenant, tout ce que tu diras, je le croirai

 

Quelques tessons de cœur…

 

tessons             ça t' suffit pas, salope ? t'en veux encore ?

 

des petites joies

des grandes douleurs

la peau douce, la peau douce…

 

tout ça ne pèse rien,

un fouillis,

 un sac de femme, quoi.

 

Je suis toujours femme

dit la vieille,

et j'aime encore.

 

Arrête de rigoler, Seigneur,

je  sais très bien

que tu n'existes pas !

Mais à qui veux-tu que je parle ?

 

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25 septembre 2021

Participation d'Emma

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29 mai 2021

Et j'entends encore siffler le train… (Emma)

 


A-t-on jamais vu quais plus gais que ceux de 14, quand, aux fenêtres des trains qui les emmenaient à la boucherie, nos petits paysans agitaient des drapeaux en promettant d'aller manger chez les Hohenzollern ? La fleur au fusil, la même allégresse des deux côtés de la frontière, s'il faut en croire les services de propagande.

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Peut-être  quelques embarquements de fringants supporters   qui terrifient aussi bien les cheminots que la police.

Rien à voir avec le raffinement des quais de métro nippons

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Partir, arriver, quitter, se quitter… Tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre (Pascal, patron des confinés)

Te rappelles-tu ces quais ruisselant de bière dans les tessons de bouteilles, à chaque gare des villes de garnison, tout au long du parcours du Calais Bâle, cette nuit où par distraction tu es montée dans un train militaire UN JOUR DE QUILLE ? quand il a fallu qu'un médecin militaire t'exfiltre pour aller vous retrancher dans la motrice avec les contrôleurs affolés…

C'était il y a bien longtemps, et dans le même temps, cette nuit-là, précisément, la fureur des hooligans de Liverpool massacrait 39 supporters de la Juventus.

 L'alcool révèle le loup qui est en toi, et la meute veut du sang.

Te rappelles-tu ce quai, ou plutôt cette absence de quai dans la gare de triage des RER à Massy, où plongée dans une lecture passionnante, tu t'es retrouvée seule au milieu d'une mer de trains déserts ? avec une "marche" de 2 m dissuadant de rejoindre la "terre ferme", et d'où tu fus sauvée après une heure ou deux par un vigoureux employé de maintenance, alors que ta conférence était passée depuis longtemps ?

Te souviens-tu de ce beau garçon en costume bleu qui, après avoir été  happé par un train, a mis un temps interminable à mourir sur le quai, au milieu des passagers qui sifflotaient ou s'irritaient de l'arrêt forcé de la rame ?

Te souviens-tu de ce quai de nuit désert, qui aurait fait un merveilleux coupe gorge, où un sans-abri en quête de chaleur s'est agenouillé pour te déclamer une longue tirade, selon lui de Proust, qui se terminait par "madame, je vous aime" ?

Te souviens-tu des quais humides des petits matins gris, déversant des foules silencieuses de zombies déshydratés qui ne reprendraient vie qu'auprès de leur machine à café ?

Te souviens-tu des quais noirs de fatigue et colère des jours de grève, où un jour, par trois fois, tu renias tes convictions et ta jeunesse pour souhaiter que les CRS viennent au plus vite flanquer la pâtée aux protestataires enchaînés sur les rails ?

Et d'où vient cet espoir insensé, maintenant que l'automne est venu, de chercher une silhouette qui attendrait au bout du quai ?

Partir, arriver... qu'on le veuille ou non, à la fin, le train s'en va…

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24 avril 2021

Chez Monstranto (Emma)

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10 avril 2021

Participation d'Emma

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