23 août 2008
Le couffin (Brigou)
C’est
aujourd’hui le premier samedi du mois…. Jour de grande brocante au
village. La « chine » est devenue l’un de mes loisirs favoris. J’aime
ce déballage de menus objets qui après de bons et loyaux services
finissent sur le trottoir en espérant une nouvelle vie. Je ne suis pas
attachée à la valeur pécuniaire de l’objet. C’est plutôt un coup de
cœur qui va m’attirer. Même si je ne l’utilise pas, je lui trouve un
petit coin dans mon intérieur et je le garde précieusement pour le
plaisir. J’hésite
toujours un peu entre laisser les objets raconter leur histoire avec
leur patine, leurs fissures, leurs couleurs ou bien les rénover pour
leur donner une nouvelle identité. A
mon retour, je me suis interrogée sur cet achat, pourquoi un couffin ?
Serait-ce le désir de devenir grand-mère, de grimper dans l’arbre
généalogique de la famille ? Je suis sûre que l’arrivée de
petits-enfants donne un souffle nouveau et j’ai très envie de recevoir
ce cadeau de la vie. Patience…
Cet après-midi au coin d’une rue,
j’ai déniché un stand où un charmant monsieur au regard d’un bleu azur
et une barbe de viking vendait des articles pour bébé. Un petit couffin
ancien m’a attiré. Il est bleu-grisé avec des petites roues
métalliques, je le trouve très joli même avec ses craquelures et son
osier un peu abîmé.
05 juillet 2008
Souvenirs d’enfance (Brigou)
Dans ma boite à petits bonheurs je retrouve surtout ceux liés aux souvenirs de l’enfance :
Déguster la confiture de mûres :
Les jeudis après-midi : la virée en 2 CV dans les petites routes tranquilles de Normandie, les fous-rires à attraper les plus hautes branches pour cueillir les fruits, les chansons à tue-tête, les paniers remplis, les doigts tâchés par les mûres et le retour à la maison, ivres de soleil et de bonheur !
Pique-niquer en montagne :
Les dimanches en plein été : se retrouver en famille, étaler les couvertures à l’ombre des sapins, ramasser du petit bois pour mettre en route le barbecue, siroter l’apéritif maison de maman, jouer au badminton, faire des couronnes de fleurs pour mettre dans les cheveux, s’endormir dans la voiture au retour !
Le départ en vacances :
Se lever dès l’aube, compter les heures de route, se chamailler dans l’arrière de la voiture, s’arrêter pour la « pause pipi », se raconter des histoires drôles et des devinettes, s’interroger sur les plaques d’immatriculation des voitures, pleurer « qu’on a faim, qu’on a soif et qu’on veut arriver » !
07 juin 2008
Rendez-vous d'embauche (Brigou)
Au bout d’une enquête de deux ans et demi, l’équipe a rendu son jugement positif et me propose un entretien d’embauche. Je dois me présenter à quatorze heures.
Après avoir franchi la porte blindée, je me retrouve dans un long couloir étroit et aérien. Des bruits électromagnétiques me guident vers un espace éclairé de rayons lumineux. Je m’arrête devant un panneau en verre, celui-ci glisse et me laisse pénétrer dans un sas.
Je patiente quelques minutes, une voix métallique me dicte les consignes. Il me faut me tenir droite devant une cellule photoélectrique, déposer dans une corbeille ma montre, mon téléphone portable.
Je sens les murs se rapprocher de mon corps. La sensation d’étouffement m’indispose. La sueur perle sur mon front et mes mains sont moites.
La porte s’ouvre enfin et je me retrouve dans une grande pièce toute blanche. Je suis seule. Une lumière éclaire une table en verre et une chaise. Au mur rayonne un écran plasma.
Une voix, à travers un micro, m’invite à m’asseoir et à commencer les tests. Les épreuves sont projetées : items verbaux ou pratiques, raisonnements arithmétiques, assemblages d’objets, classements d’images, etc… A chaque épreuve, un chronomètre se met en marche et relève exactement le temps accompli.
Ma concentration est au maximum. Les yeux commencent à me brûler, mon dos et mes cervicales me font souffrir. Depuis combien d’heures suis-je là ?
Une sonnerie retentit. L’écran se ferme. La voix m’annonce la fin des épreuves.
Je reprends le même itinéraire qu’à l’aller.
A la sortie, une borne électronique me demande de poser ma main droite sur un écran. S’affiche alors un message : votre numéro d’enregistrement est le : XJH45/J2, nous reprendrons contact avec vous.
17 mai 2008
Le Cloitre (Brigou)
Puisque je n’ai pas de blog et que vous n’avez pas l’occasion de découvrir mon univers, je vous invite à m’accompagner sur un lieu que je côtoie régulièrement. Il ne m’appartient pas mais je suis une fidèle spectatrice de cet endroit.
En effet, depuis toutes ces années où je suis installée dans les montagnes, j’ai le privilège de travailler auprès d’un édifice restauré pour le plaisir des yeux. Un lieu mystérieux où l’âme et le corps s’harmonisent.
Au milieu d’une plaine, éloignée des habitations de la commune, tout proche d’une rivière escarpée et implantée sur un léger relief, une Chartreuse et son Cloitre offrent une vue totalement dégagée en direction des quatre points cardinaux.
Ce lieu si fort, si chargé d’histoire est devenu un site contemporain. L’on pourrait croire à une contradiction, il n’en est rien. La chapelle, datant du XIIIe siècle accueille des œuvres modernes. Ces créations nous interrogent sur le présent et l’avenir. Il suffit de se laisser emporter par sa propre interprétation, par l’émotion que suscitent les formes et les couleurs et de faire son chemin personnel.
J’aime venir me réfugier dans ce cloitre et me ressourcer au calme. Il inspire la méditation et l’observation. Je retrouve dans ce lieu la simplicité et la sobriété qui caractérisent l’esprit de la règle des chartreux. Seul, un chat est sculpté dans l’édifice. Adossé à l’église, la tête légèrement inclinée, il s’apprête à se lécher pour une toilette consciencieuse et appliquée. Nul ne sait quelle intelligence l’a conçu, ni quel sculpteur a manié le burin qui l’a taillé dans cette pierre de tuf.
Futurs visiteurs je détiens les clés ! alors n’hésitez pas je vous y accueillerais avec plaisir.
10 mai 2008
Clara - Brigou
Il était une fois une fille qui parlait aux oies. Clara habitait
dans un pays lointain où vivaient princesses et lutins, où les arbres étaient
bleus et le ciel aux couleurs des rires des enfants. Ses parents avaient
construit une petite maison dans la forêt et au bord d’un magnifique lac.
Depuis leur arrivée dans ce lieu paradisiaque nul n’était venu déranger leur
quiétude comme si cet endroit n’existait que pour eux, comme s’il les
protégeait du monde extérieur.
Clara ne manquait de rien si ce n’était d’un autre enfant pour
partager ses rires. Mais la vie en avait décidé autrement, ses parents
n’avaient pu avoir qu’une seule fille.
Souvent le couple venait se recueillir au bord de l’eau sous l’œil
attendri de la lune et des étoiles. Face à tant d’amour, la lune ne put rester
insensible. Un soir alors que les jeunes époux enlacés la contemplaient en
versant des larmes de désespoir, elle leur parla ainsi : « jeunes
amis, votre tristesse ne peut me laisser indifférente, votre amour est si beau
et si pur qu’il m’émeut, je ne peux pas vous laisser dans une telle détresse.
Faites un vœu et je vous aiderai à le réaliser ».
Les deux jeunes crurent d’abord à une hallucination due au souffle
du vent dans les branchages, ils répondirent d’une seule et même voix :
« ce que nous désirons le plus au monde est un enfant ! ».
La lune leur demanda alors de déposer dans une fleur de nénuphar un mélange de leurs larmes et quelques gouttes de rosée du matin. Ensuite ils placeraient cette fleur au centre du reflet de la lune sans froisser la surface plane de l’eau.
Au petit matin, ils deviendraient alors parents d’un nouvel enfant.
03 mai 2008
Les toilettes du bureau - Brigou
Grâce à la fée Kloelle, je vais être invisible une petite heure. Je décide de m’installer dans les toilettes du bureau. Chaque jour ce lieu reçoit la visite de tous les employés, ils viennent faire une pause « pipi » mais aussi souffler un moment tranquille loin de l’agitation de l’agence.
Tiens, voilà Béatrice, la secrétaire qui vient faire une retouche à son rouge à lèvres, un peu de poudre sur les joues, un soupçon de parfum dans le cou et derrière les oreilles. A peine a-t-elle tourné les talons que voici, Céline, la stagiaire qui vient cloper en douce mais qui n’oublie pas d’ouvrir la fenêtre pour envoyer la fumée à l’extérieur. Il était temps qu’elle sorte, Monsieur Legrand, le chef du personnel, s’impatientait déjà.. Il vient se laver les dents et repart en se laissant un peu de dentifrice sur le coin des lèvres ! Mais voici ce cher comptable, Hugues, il procède à un tout autre rinçage, il sort sa flasque d’alcool fort et s’enfile une rasade.
Les minutes tournent, je vais bientôt redevenir visible, mais que vois-je ? c’est notre chère directrice.. oh mon dieu ! sa jupe est coincée dans son collant et on a une vue sur sa petite culotte… !!!!!
12 avril 2008
Chair de coq (Brigou)
Mathilde est arrivée la première. Elle est accoudée à la barrière du champ. Des milliers de tournesols semblent la regarder fixement.
« Eh oh !!! j’arrive » crie Rémi, juché sur son vélo.
« T’es en retard, j’te f’rais dire ».
« Ben oui… ! ma mère m’a retenu comme d’hab ».
Mathilde a déjà installé le goûter, elle a apporté des gaufres faites maison et quelques morceaux de chocolat.
« Regardes la Thilde .. »
« Ouais, super, des tagadas ! ».
« Tu sais Rémi, hier, quand tu m’as poussé sur la balançoire, j’ai eu un peu peur ! j’avais la chair de poule pourtant j’avais pas froid ! »
Rémi éclate de rire : « la chair de poule c’est pas quand on a froid… ! »
« Ah bon ? c’est quoi alors ? »
« Tu sais garder un secret Mathilde ? »
« Ben oui ! »
« La chair de poule c’est quand t’es avec quelqu’un qui te plait », répond Rémi, très sûr de lui « toi la thilde, t’as la chair de poule, eh ben moi j’ai la chair de coq ! ».
« et qui t'as dit ça ? »
« ben mon frère... il a 15 ans ! ».
05 avril 2008
Meurtre - Brigou
Le commissaire Albert Jacquart a peine arrivé sur les lieux, déclara « Monsieur Dubois, avez-vous quelque chose à dire ? ».
L’homme figé dans le coin du salon, se leva péniblement de son fauteuil. Les yeux hagards, le teint blême, les mains tremblantes, il s’avança vers le commissaire et réussit à articuler quelques mots :
« je l’avais prévenu plusieurs fois monsieur le commissaire !… ma femme passait plus de temps avec internet qu’avec moi. Son blog… les commentaires de ses lecteurs… les statistiques… Elle était collée du matin au soir devant son écran et moi, pauvre idiot, j’étais devenu transparent pour elle ».
Le corps de Madame Dubois n’avait pas été déplacé. Il gisait, avachi sur l’ordinateur. Monsieur Dubois avait serré le cou de sa femme avec le fil de la souris comme un lacet étrangleur. La forte strangulation avait comprimé la trachée empêchant le retour du sang vers la tête et le cœur. Le visage de Madame Dubois était cyanosé et un œdème cérébral avait entraîné la mort de celle-ci.
29 mars 2008
Agenda - Brigou
8h : Je prends connaissance que la nuit dernière a été calme. Le veilleur a noté sur le cahier « RAS ».
9 h : Pendant que les réveils s’échelonnent et que tous semblent déjeuner tranquillement, je peux lire les dernières observations annotées par mes collègues.
10 h : Le rythme s’accélère. Certains doivent se rendre impérativement à leurs rendez-vous hebdomadaires, d’autres à leurs activités sportives.
11 h : Ma collège vient faire la doublure. Nous en profitons pour réunir le groupe afin d’aborder quelques points importants des règles de vie et évoquer notre futur camp aux vacances de printemps.
12 h : C’est l’heure de passer à table. Ceux qui sont de service vont chercher les plats en cuisine.
13 h : Chacun a rejoint sa chambre et pendant ce moment de calme, j’en profite avec ma collègue pour boire un café et échanger sur le planning horaire pour ces quinze prochains jours.
14 h : Rassemblement du groupe dans le salon pour organiser l’après-midi.
15 h : Départ pour une randonnée, pour certains c’est la fête pour d’autres c’est l’activité non choisie mais qui a été retenue à l’unanimité.
16 h : Il est temps de s’arrêter et de sortir le goûter des sacs à dos.
17 h : Retour à l’établissement, chacun vaque à ses occupations. Bientôt ce sera l’heure de la douche !
18 h : J’ai fini pour aujourd’hui. Ma collègue va assurer seule cette fin de journée et soirée. Je souhaite au groupe une bonne semaine car pour ma part je serais absente quelques jours, il me reste des congés trimestriels à prendre.






