Quoi ? Vous voulez faire de moi une femme-objet ?!

Mais vous n’y pensez pas, espèce de goujat !!!

Ah non ? Ah que je m’imagine seulement en être un.

Allons, laissez-moi donc retrouver mon oreiller câlin.

 

Tiens, voilà bien un objet qui tout à fait me convient,

Souple, doux, rembourré et moelleux à tout le moins.

Les soupirs y expirent, les fous-rire s’y étouffent.

Les chagrins s’y épongent, les larmes s’y essoufflent.

Je me ferai dodu pour accueillir les rêves les plus doux,

Et puis j’adoucirai ces vilains cauchemars si fous.

On me frappera le matin, mais sans me faire bien mal,

On changera ma taie, comme si c’était une robe de bal.

Je me reposerai tout le jour, de vos nuits tant agitées,

Et je garderai, bien tapis en mon cœur, tous vos secrets.

 

Mais laissez-moi, maintenant, en tête à tête avec moi-même,

Il est temps à présent, de tirer longuement ma flemme.

Ne me réveillez pas, je vous prie, pour cette fadaise,

J’attendrai samedi, pour lire des auteurs bien plus balaises !