Il était une fois… il a été une fois… j’étais sur un échafaud…

Oui, vous avez bien lu.

 

C’était il y a bien longtemps.

Attendez que je vérifie dans mes papiers. Car je suis toujours senti obligé de tenir à jour la chronologie de mes différentes vies. J’ai la mémoire qui flanche.

 

Celle que je vis en ce moment est la 7ème, si mes comptes sont exacts.

 

Mais je ne suis pas sûr que tout ce qui est noté sur mon carnet de route soit parfaitement exact. Les pages, pour certaines, commencent à être illisibles. Et j’ai dû tant de fois disparaître pour survivre, me cacher pour échapper à mes poursuivants.

 

Mais je suis là aujourd’hui pour vous en parler.

 

Ci-dessous, quelques événements que j’ai vécus, comme on dirait maintenant de l’intérieur.

 

Je fus l’un des trente-deux derniers fidèles de celui qui fut surnommé « le Roi de la Vendée ». Le 23 mars 1796, les troupes de Hoche l’avaient fait prisonnier. Il avait continué de se battre dans le bocage vendéen. Traqué et malgré ses blessures, il s’était risqué à de nombreuses escarmouches avant d’être arrêté.

 

Mais le 29 mars 1796, place de Viarmes, à Nantes, le général François-Athanase Charrette de la Contrie a été fusillé devant les troupes.            

 

Général Charette

 

 

Exécution du général Charrette (Julien Le Blant)

À ce moment-là, je me suis souvenu des paroles que Madame Roland, lors de sa conduite à l’échafaud le 8 novembre 1793, avait dites à Bosc, au pied de la charrette :

« Liberté, liberté, que de crime on commet en ton nom ! », phrase qui deviendra immortelle.

 

 

Je continuais de vivre.                                                              Madame Roland

 

Mais malheureusement, l’histoire me rattrapa. Je fus un des derniers guillotinés de cette triste période. Juste un inconnu qui paya de sa vie son engagement.

 

Mais rassurez-vous, j’ai vécu d’autres vies après celle-ci. par exemple, celle qui me permet de vous narrer cette histoire aujourd’hui, samedi 4 juin 2011.

 

Quelques lignes pour ne pas oublier…