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Le défi du samedi
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4 juin 2011

tempi (tiniak)


Le temps... Le temps... mais qu'est-ce ?
Considérant celui d'une vague caresse
polissant la surface au dos d'un galet rond
celui du météore au flanc de l'horizon
passant inaperçu dans le jour qui paresse
où vivre ?
À ce moment près d'elle seule ? dans son livre ?

Temps passés ou futurs n'êtes à l'aujourd'hui
que reliquats obscurs, rêves inassouvis
- mêmes, imaginaires...
C'est d'ici, maintenant, que je prends le parti
d'en faire
un endroit familier où je vais prendre l'air
du temps
tel qu’il me plaît vraiment

Me voici dans Paris croisant un éléphant
connu de mes amis et de moi seulement
à cette heure
(où l'On craint le hulan cantonné à demeure)
et qui sera bientôt des plus problématiques
quand l'ère aura versé d'Empire à République

Trois Jules vont venir au devant de la scène
arracher les marmots à la mine et aux champs
pour les jeter sitôt brailler "Allons z'enfants !"
sur les chemins de gloareu...
Sans faire autant d'Histoire de France
moi, je n'en aime qu'un pour tout ce qu'il balance
et prône au Décadent sur les quais de la sienne
de Cène

L'à-présent me taillade et son vent libertaire
me prêtera sa main pour entrer en enfer
comme on va d'un bon coup achever la semaine
passant à la revue des deux mondes le seul
qui vaille
de souiller nos linceuls aux fruits de nos entrailles

Sorties des toits bourgeois dont les cheminées fument
grisant le ciel joufflu, des colonnes d'écume
plombent, empestent
l'âpre souper frugal des demeures sans restes
la voisine repue sous son mari trop gras
le paternel inceste
la poularde
qu'arrose de son jus la bonne - campagnarde !
la suée des dortoirs
et le vieux saucisson pourrissant sous les draps
qui finiront charpies paquetées aux armoires
sanitaires
et panseront les plaies de trop pauvres misères

Des fenêtres les pianos las
pleurent des doigtés réfractaires
à ces mélodies populaires
qui romancent les célibats

Dans cette vaste fourmilière
au quotidien
je bade un art à son affaire
aussi mon chien
relevant la piste tracée
par les humeurs
d’artistes battant le pavé
jusqu’à pas d’heure

C’en est fini du bon Parnasse
levons haut le vers libéré
sur le boulevard Montparnasse
les apaches vont défiler

Jusqu’à pas d’heure, alors c’est dit
tandis qu'auprès de moi tu lis
je rêve encore et reste ici

Commentaires
T
Beau voyage dans le temps, et à Paris en plus comme moi:-)<br /> <br /> J'aime bien ce passage «...et prône au Décadent sur les quais de la sienne de Cène»
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T
@Droufn : déjà, la poésie, chacun (se donnant les moyens d'arrêter le cours habituel du temps) s'en empare avec ses valises... ensuite, les miennes sont pleines de cette époque, la fin du XIXe, durant laquelle le vers se libère et le surréalisme pointe son nez.<br /> <br /> Dans ce poème, quelques références plus ou moins appuyées ; Tailhade, Albert Samain, Jules Laforgue... les revues Le décadent, La revue des deux Mondes... et, si tu es curieux, certain Paul-Jean TOULET, avec son Eléphant de Paris que tu trouveras ici : http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/paul_jean_toulet/lephant_de_paris.html
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D
c'est étrange, ton texte.. j'ai rien comprit à ce que tu voulais exprimer mais je trouve ça beau.. c'est grave docteur?
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M
Je l'ai vu !!! Et je crois bien que j'ai été influencée par ce film pour vous donner cette nouvelle consigne !<br /> Il faut le voir ! On en sort complètement ravi !!!
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T
Merci pour vos regards attentifs et attentionnés, les Aminches.<br /> Je profite de ce thème pour vous engager à ne pas manquer le dernier Woody Allen "Minuit à Paris", il apporte de l'eau à mon moulin... et à cette consigne ;)<br /> http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=178300.html
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