Amêijoas à Bulhão Pato (Walrus)
Oups ! Je me suis laissé emporter par l'ambiance de samedi dernier...
C'est que je voulais vous parler des palourdes !
Vous connaissez, je suppose...
Moi, j'adore !
Dans mon resto italien favori, comme plat principal, je ne mange presque jamais rien d'autre que les "Liguine alle Vongole" (sans tomates ! Faut toujours répéter, un moment de distraction en cuisine est toujours possible, n'est-ce pas). À part que les Lisboètes n'y mettent pas de pâtes c'est quasiment la même recette que celle du titre. Bref, avec ou sans pâtes, portugaises ou italiennes, j'adore les palourdes, je ne le répéterai jamais assez.
Bon, les palourdes !
Ici, à Bruxelles, elles sont généralement vendues conditionnées dans de petits sacs en résille pour éviter qu'elles s'ouvrent et perdent leur eau.
Mais dans les mercados portugais de la côte atlantique (mal dit ! Toute la côte portugaise est atlantique) elles vous attendent sur les étals dans des bacs d'eau de mer.
Comme nous séjournions à Quinta do Lago (un patelin un brin "artificiel" peuplé de golfeurs) sur le bord ouest exrême de la Ria Formosa, nous fréquentions essentiellement les mercados d'Olhão, Quarteira et parfois Loulé.
C'est là que les palourdes pouvaient donner libre cours à leur caractère vindicatif !
Au vu de la réputation des mollusques, vindicatif, ça vous fait peut-être sourire mais que je vous explique : regardons ensemble la structure interne de l'animal :
Si vous avez déjà eu le bonheur de déguster ce coquillage, vous aurez remarqué comme moi ces deux petits "tuyaux" dépassant de la structure générale et dénommées "siphons" (un siphon,phon,phon les petites marionnettes) sur l'image ci-dessus. Ils servent à aspirer et rejeter l'eau pour en extraire la nourriture. Ils servent également à faire se mouvoir l'animal en éjectant violemment cette eau, tel un petit moteur à réaction.
Si bien que lorsque vous vous penchez vers l'étal pour examiner vos "amêijoas" (l'appellation portugaise de la chose...) et que les bestioles essayent de fuir, comme elles sont coincées entre leurs congénères, elles vous envoient de l'eau dans la tronche ! Des sournoises je vous dis !
C'est pour ça que certains jours, mon épouse déclarait "Aujourd'hui, nous allons acheter des cracheuses !"
Et sa vengeance est terrible : elle les fourre dans une cataplana. Faut pas trop la provoquer ma moitié...
P.S. : Vous aurez remarqué qu'en dépit de mes origines et de la porte d'entrée béante qui m'était offerte,
je n'ai pas embrayé sur les "Moules et Frites" !