La goualante se voudrait gouleyante à souhait comme un bon vin ou réconfortante,  comme un chocolat chaud, avalé face à la mer, au mois d'avril... Elle aurait dans ses couplets le récit de voyages imaginaires, ce sont les plus beaux...Oh, elle parlerait d'amour, à n'en pas douter, de celui qui fait frissonner rien que d'y penser, de celui qui vous cueille et vous emporte si loin que vous perdez tous vos repères .

La goualante se voudrait romantique, presque démodée. Elle promènerait sur de grandes phrases, des déclarations de rêve, des baisers magiques, troublant, des mots caressant la musique pendant des heures, sans se lasser. Elle prendrait son temps pour ne rien gâcher, pour faire durer le plaisir.

La goualante se voudrait sensuelle, comme un regard intercepté sur la courbe du désir, comme un doigt posé sur les lèvres d'un aveu timide, comme un slow langoureux dansé par deux amoureux enlacés, sur une piste désertée.

La goualante se voudrait inédite pour avoir tout à inventer : la musique, les paroles, les cadences...Elle serait libre. Elle serait inventive et belle, naturelle et authentique, surprenante et magnifique.

La goualante nous accompagne parfois sur mon chemin préféré, est-ce que tu l'entends ? Elle s'amuse de ton absence et t'explique mes émois. Je sais que tu l'entends parce que tu es là...tout près de moi. Elle te raconte les fleurs écloses, depuis la dernière fois, les cannetons, le bruissement des feuilles, le silence, la pluie sur mes joues. Elle te parle de moi, au rythme de mes pas.

- Est-ce que tu l'entends, dis, est-ce que tu l'entends, aussi ?