Je me souviens des nuits de moissons – borborygmes d’insectes géants mastiquant  les champs.

Je me souviens de la bouche noire du puits, le rire grinçant de la chaine – mes yeux fermés.

Je me souviens d’un porte-bagage, et de son dos, son dos…

Je me souviens de l’odeur mate après l’orage.

Je me souviens, dans la musique de fête foraine, le goût sucré des pralinés.

Je me souviens des diabolos et de l’électronique « Pop corn »

Je me souviens de la brioche à la messe du quinze août – nous étions fidèles ce jour là !

Je me souviens de sa main sous mon pull.

Je me souviens de mon Solex

Je me souviens de ce manoir que l’on s’était juré d’habiter quand on serait grands.

Je me souviens de notre collection de petites cuillères piquées dans les bistrots.

Je me souviens des nuits, l’herbe sèche, les étoiles filantes, nos quinze ans.