La couleur est inexistante sans le regard, le regard profond découvre le vert pour y lancer un sens. Sans l’œil, le fil ne démarre pas. La couleur me fait prendre conscience de l’efficacité de mon œil.

Le vert encombre la nature, l’étouffe et se modifie continuellement en riant. Vert, je ne t’aime pas, tu es froid, lourd, fatiguant et provoque l’artiste peintre à créer des natures mortes…. Tu impose à l’art l’immobilité,  alors que tu es naturellement si variable et indéterminée.  Tu m’épuise et provoque en moi le début d’une sieste profonde comme le soleil du soir.

J’aimerais te transformer en orange. Orange salivant ma langue qui se met à pétiller, qui offre un réveil, une chaleur, l’étalement de mon corps sur une herbe rayonnante. Tu te moquerais des nuages, du brouillard et nous imposerait ton plaisir à temps plein.

Le vert, désolée pour l’être qui t’aime, je t’enterre à jamais, et offre à mon regard ta transformation en orange. Vive les lunettes colorées !!!