Minuit moins une. Tout le monde s’apprête à « fêter » la nouvelle année. Le contremaître vient de terminer son bref discours. Tous les yeux sont rivés sur l’immense pendule accrochée au mur de l’entrée. Il commence le décompte : « 10, 9, 8, 7, 6, 5. » Et s’interrompt.. La pendule s’est arrêtée dans un grincement sinistre.

Minuit moins cinq. Tout le monde retient son souffle, les yeux braqués fixement sur la pendule arrêtée. Les corps décharnés tremblent. « Comment est-ce possible ? » aboie le chef au préposé au temps. Un sabre siffle dans les airs. Le préposé ne répond pas, sa tête n’est plus là pour répondre. Une porte qui s’ouvre. Un coup de pied du contremaître et roule la tête jusqu’à la gueule du tigre du Bengale qui s’en empare, son menu préféré, et retourne roder autour du bâtiment.

Minuit moins une âme. Tout le monde attend avec angoisse. Droits comme des « i », debout face aux machines. Un homme est désigné pour réparer la bête de métal. Et s’exécute précipitamment pour échapper à une nouvelle exécution sommaire.

Minuit moins que rien. Tout le monde reprend son souffle souffreteux : la pendule est réparée.  Les choses sont revenues à la normale. Le décompte peut reprendre : « 4, 3, 2, 1, 0. Bonne année ! »