J'ai quitté ma terre de textile, plus précisément de bonneterie pour suivre un homme de textile dans un pays qui l'était aussi, comme l'était toute la France... jadis. Cette terre était aussi un paysage de houille mais, si nous avons beaucoup circulé et visité , je suis passée à côté de ce passé du Nord jusqu'à ce que je visite le musée du Louvre-Lens alors que je n'étais plus dans cette région. Ce coin de France portait dans sa chair les traces de cette industrie et son absence en a fait un paysage triste et beau. C'est curieux que je me retrouve aujourd'hui vivre dans un autre paysage de houille, Saint-Etienne que j'imaginais d'ailleurs grise de charbon alors qu'à mon premier posé ici, je suis tombée amoureuse jusqu'à m'y réinstaller, y continuer ma vie professionnelles, de veuve aujourd'hui. Ces paysages de houille, je te les dois, toi, homme de textile, qui m'a confirmé que l'industrie était source de bonheur et de souffrance, oxymore de la vie même.