Dès qu'il virent les flamberges et leurs  formes ondulées
que les preux chevaliers brandissaient en hurlant
« sus aux mécréants »
leurs énnemis se mirent tous à hurler !
Ils ont des colichemardes, ils ont des colichemardes !

Comment des colichemardes s'écria Renaud de Montauban ?
On vient juste de fabriquer ces armes
et ils les prennent pour des colichemardes,
nos armes de pointe pour transpercer ces gueux ?
Ce sont des flamberges, point des colichemardes, Messieurs !

De bouches à oreilles et de rang en rang
le message se répand dans la troupe des gueux
Ils ont des flamberges , ils ont des flamberges
C'est pas des colichemardes, ce sont des flamberges !
La peur se diffuse, terrible  dans la troupe ahurie qui gamberge
Imaginant les formes ondulées les tortillonner en deux
Ne leur laisser aucune chance
pour qu'un jour encore, ils puissent faire bombance

S'ils ont des flamberges, on ferait mieux  de retourner au camp
dit leur chef qui n'en menait pas large , évitons l'abordage
C'est l'heure de la soupe, vite, retournons au camp
Et laissons-les, ma foi,  se dévorer entre eux,
ces malandrins qui se croient plus malins
avec leur nouveau truc, leur flamberge et leur machin !

C'est ainsi, qu'en l'an, je ne sais plus quand
le combat cessa faute de combattants
Mais  une région de France fut rajoutée au bilan
grâce à la flamberge de Renaud de Montauban