Il est apparu, sans cheval blanc ni flamberge,

Avec juste quelques mots à distribuer,

Par belles poignées, pour qui les attraperait.

Ils parlaient du temps passé, d'amour et d'asperges...

 

En voyage, elle était descendue à l'auberge ;

Quand elle les vit tournoyer comme des papillons,

Elle eut envie d'en saisir plusieurs, sans raison,

Peut-être pour les emmener à Blankenberge...

 

Elle conserverait les plus beaux pour les tristes jours ;

Ces jours gris où quoi qu'elle fasse, ses idées convergent

Vers des souterrains où d'inaccessibles tours.

Elle les lirait devant un jus de canneberge,

 

Ou à l'ombre du tilleul, auprès de la berge,

Se remplissant du ciel accroché aux branchages

Fleuris, quand les canards s'envolent ou bien s'immergent

Quand la nature la soigne, redevenue sauvage...