Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

Charles Baudelaire par Nadar, portraitiste de la bohême
Entre 1855, année de la mort de Nerval, membre du Cénacle
Et 1858, au moins trois séances de pose , la perte
Du négatif dit la préciosité de cette unique épreuve.

Ce visage brouillé, le regard ailleurs est-il resté à l'île Maurice
Que Baudelaire a dépeint dans "Parfum exotique", un des  paysages
Qui dit l'âme du poète comme le "Ciel brouillé[1]" , "L'invitation au Voyage",
Les "Tableaux parisiens" et les "Petits poèmes en prose."

Le portrait de Nerval par Nadar[2] une année avant sa mort, rend visible
L'invisible d'un homme qu'on a enfermé dans sa folie, alors que son paysage
S'étend bien au-delà de la Rue de la Vieille Lanterne
Et de l'Ancien Consulat de Turquie où il fut soigné par le Docteur Blanche

Les autoportraits de Nadar, de Rembrandt sont des daguerréotypes
De leurs âmes, spectres échappés d'une époque et d'un paysage
Moulins ressortant sur un ciel de Hollande, Desbordes-Valmore
Poétesse loué par Nerval, qu'Obispo a eu le mérite de refaire entendre

Les visages s'effacent derrière les paysages
Qui disent plus l'âme que les portraits
Même parfaitement réussis, comme si les traits
Du visage mentaient plus que les lignes du paysage

 

 

 


[2] http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2012/11/14/silhouette.html