Longtemps, Cannelle a collectionné des hommes,
Elle les enfilait comme des perles, peu importe l’homme
Pourvu qu’il y ait l’ivresse et la jouissance de conquérir
Des hommes, être désirée, désirable et désirante, jouir
 
Envers et contre les bien-pensants et  les rabat-jouir
Les « peine-à-jouir » ne comprenaient pas son désir
De rencontrer, séduire, sentir  monter en soi, l’envie
De pénétration, de connexion, fusion, une sorte d’harmonie
 
Impossible hors de la sexualité, l’Amour  avec un grand A
Elle avait vu ses ravages, ses mensonges, elle n’y croyait pas
S’il existait, il ne pouvait s’apprendre qu’au prix d’une formation
Qui incluait la collection de spécimens et leur observation
 
Apprendre sur le tas pour aimer un jour sur le tard
Un homme et un seul,  le reste de sa vie, s’engager sans fard
Ne rien regretter de cet amour, de cette collection, ces papillons
Epinglés sur le tableau de chasse d’une Diane sans concession