Quand je vais chez le psy, je n’ai pas besoin de beaucoup d’artifices pour me sentir bien. Car, la main qui m’accueille est tellement chaleureuse que je suis déjà toute apprivoisée. Le « bonjour Sylvie » est si tendre et sincère, que je me blottirais entière dans la douceur de ses yeux.

Quelques pas de plus, et je suis dans une petite pièce assez impersonnelle, où vous attendent 3 gros fauteuils de velours bleuté. D’une apparente sérénité, que je m’y love avec gourmandise, en prenant soin de vivre? pleinement chacune de mes sensations. Et là, confortablement installée, je confie ma vie…Et j’y suis bien.

-« On m’l’avait dit,,, mais j’le croyais poâ » !
-« Elle est maboule de la citrouille ».
-« Elle consulte » !

-« Moi j’crois qu’elle est amoureuse... Son p0v’e mari qui s’doute de rin » !

Quand je vais chez m’ameBoul, je suis tout de suite dans la ZenAttitude. La pièce aux lumières tamisées respire la magie des parfums de l’orient. Et la fontaine d’eau de pluie, égraine goutte à goutte les secondes de quiétude volées à la course du temps ! Nue sous l’éponge orangée, ma peau s’offre aux biens faits d’un massage aux huiles essentielles. Petit à petit, mon esprit se détache de mon corps pour courir sur les plaines sauvages de mon imagination. Et je quitte ce monde matériel, pour devenir petite poussière qui virevolte aux rythmes de la mélodie…. Et je suis bien

-« On m’l’avait dit qu’y s’passait des choses louches lâ-bas…. Mais j’le croyais pôa » !

-« E’ dit qu’elle a mal partout ».

-« Drôle de r’bouteuse c’te M’ameBoul »!

-« Moi j’crois qu’elle aime les femmes … Son p0v’e mari qui s’doute de rin » !

Quand je prends rendez-vous pour une coupe, je sais déjà que le résultat ne sera pas à la hauteur de mes espérances. C’est ainsi à chaque fois que je sorts du salon. Mais je sais qu’au moins j’aurai, en plus d’un carré bien coupé, un instant de plaisir entre les 10 doigts de la shampouineuse. Impatiente sur mon fauteuil, je me prêterai volontiers aux parlottes de bienvenue et aux patatis et patatas,,,, car bientôt tout cela cessera, dés que je sentirai un filet d’eau glisser de ma tête vers la nuque. Et que par la suite, j’offrirai ma chevelure aux milles petites caresses actives qui la parcourront de long en large, et de haut en bas. Les yeux fermés je profiterai pleinement de cet instant de détente. Plus rien n’aura d’importance…. Je suis bien.

-« Moi j’prèfére la faire v’nir à domicile !

-« Comme ça vot’Maurice y peut veiller qu’é prend rin pendant qu’z'avez l’dos tourné !.

-«Bin vrai ! L’a quand même de drôle de mœurs dame Roulleaux…

-" c’est une jouisseuse » ! 

-« Et son p0vre mari qui s’doute de rin » !
……KD G H BJ…..
-« Hé Georgette, vous pensez qu’m’ame Roulleaux  elle pourrait … »
-« Enfin Raymonde, vous z’y pensez pâ !
et pi votre Maurice qu’est-qui dirait d’tout ça,  hein »?
-« ben rin,,,,,,,
-«  Raymonde, à quoi qu’vous pensez don‘ ?
-« Ben, à c’p0v’ mari qu’est tout seul…  » !