Je regarde le chêne
Couché sur le chemin
On pourrait croire qu'il dort
Qu'il a mis à sécher
Ses rêves détrempés
De longue nuit d'orage
Il porte en plein cœur
Une fureur de tempête
Quelques lambeaux de vie
Frissonnent encore
Dans l'épaisseur de son feuillage
Le ciel a déjà oublié son front
Le soleil renié son ombre
Les oiseaux l'ont quitté
Sans même un requiem
Sous un linceul de mousse
Son corps tout entier
Déroule sa plainte
Parcourue d'un regret
Que ne suis-je né
Roseau