L'été pointe son nez et déjà j'imagine
Qu'à septembre futur je vais devoir sortir
Ma palette à couleurs pour novembre bâtir ;
Le choix du matériel dès lors me turlupine,

D'être peintre d'automne il n'est pas si aisé !
Quelques coquelicots et un brin d'amarante,
Les pétales discrets d'une rose odorante
Caressée au violon d'un bourdon irisé,

Voici pour façonner mes carmines teintures.
Il me faudra cueillir un bouquet de bleuets,
Des violettes aussi, bercé des menuets
De papillons en fleur aux ailes d'argentures

Pour une touche avoir de pastel indigo.
Je prendrai le pollen sur l'abeille gourmande
Qui s'en est recouverte en flirtant la lavande
Et puis le romarin de son leste tango,

Je mettrai de côté quelques jaunes pétales
D'arnica, de jonquille et autres boutons-d'or
A ressortir au soir de l'été qui s'endort,
Dernier présent avant que l'hiver ne s'installe.

Et quand de ces trésors j'aurai sous mon pinceau,
Parmi le paysage, étalé les nuances,
J'irai dormir enfin d'une douce insouciance
Dès que décembre aura déposé son blanc sceau.