Nous irons à pas lents, puisque le temps s’y prête
Le chemin fait trois tours au creux des trois vallons
Donnez-moi votre bras, je suis un peu pompette
Trois valses, c’est beaucoup. Tiens, voici trois moutons !

J’ai eu trois fois vingt ans, cher ami de toujours
J’ai quitté trois maris, il m’en reste trois filles
Le temps se rafraîchit, ne parlez pas d’amour
Pour vous je ne serai à jamais qu’une amie !
   
Quand nous reverrons-nous, compagnon de jeunesse
Vous partez pour trois mois ou peut-être trois ans
Trois rides sur le front empreintes de tendresse
Donnent à votre sourire la douceur d’un printemps
   
Le geste bénisseur d’une statue de bronze
Nous arrête à trois pas de la grille du parc
Quittons-nous donc ici, le ciel déjà se fonce
Trois cloches dans le soir me rendent élégiaque
   
Ecrivez-moi surtout, trois lettres par semaine
Répétez-moi trois fois que nous nous reverrons
Trois baisers sur la joue, voyez que j’ai de peine…
Vous aimer, mon amour ? Perdez-vous la raison ?...