29 novembre 2008

Funambule (Pandora)



 

Une longue ligne droite d’ici au phare

Pour tendre mon fil et naviguer

De point en point sans balancier

Partir et larguer les amarres

 

Une belle fleur jaune, pour le départ

Un canot blanc en première gare

La bouée d’amarrage à dépasser

Et lentement commencer la montée

 

Je danserai seule dans ma bulle

Pour m’envoler depuis ma toile

Là-bas très haut, vers les étoiles

Légère et aérienne, funambule

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Q.Q.C.O.Q.P. (Papistache)

Ma chère Marie,


Je suppose que c’est toi ma fille ainée. Dans mon portefeuille, j’ai trouvé un petit bristol fatigué avec écrit, de la main de ta maman : “Les adresses de tes enfants”. Elle y a noté également des numéros de téléphone, mais, ici, je ne vois pas de cabine et je n’ai pas de monnaie, non plus, sur moi. Tu es la première de la liste, ta maman a certainement fait sa liste en commençant par l’ainée, c’est tellement dans ses habitudes.

J’ai dû me tromper de sortie sur l’autoroute. A Conflans-Sainte-Honorine on ne voit pas la mer. J’en suis sûr. On y voit des... je ne trouve plus le mot, tu sais, ces bateaux à fond plat qui transportent de lourds chargements. Enfin, ici, ce n’est pas Conflans. J’ai roulé longtemps. J’étais fatigué. Je me suis trompé de sortie. J’ai roulé longtemps. Je me suis envasé en voulant faire demi-tour. Ici, c’est pas Conflans.

Le moteur ne marche plus. Il fait froid dans la voiture. Personne ne passe. Ce doit être l’hiver. Devant moi, je vois une grande tour comme on aimait visiter quand tu étais petite. Tu sais, au bord de la mer. Une tour qui lance des éclairs, ce n’est pas une éolienne, mais un nom comme ça.

Tu ne diras pas à ta maman que je me suis perdu. D’ailleurs, elle doit déjà être fâchée contre moi. Elle n’est pas dans la voiture. On a dû se disputer. C’est peut-être pour cela que j’ai son alliance au petit doigt. Tu ne lui diras pas, n’est-ce pas ?

Tu verras, pour me trouver, c’est facile, des fleurs jaunes poussent devant le capot de la voiture. Ce sont des, Le nom ne me revient pas. Les copains du lycée horticole se ficheraient bien de moi. Tu te rappelles quand on se baladait, avec ton frère et tes sœurs, pour herboriser sur les dunes, pendant les vacances.  Tu ne voulais jamais qu’on  dérange les petits escargots qui se collaient aux tiges de ces fleurs...

Je ne vais pas la poster, la lettre. Je vais la laisser dans la voiture, sur le siège, à côté de moi. Ta maman devrait y être assise. Elle a dû sortir. Elle va encore revenir avec une tonne de moules à faire cuire. Mais elle n’a pas pris le bateau. Il danse sur les flots entre la voiture et le la tour. A son âge, c’est plus prudent, tu ne crois pas.

J’ai un peu sommeil. Alors, je vais attendre qu’elle revienne et nous serons chez toi pour le dîner. Ton mari doit aimer les moules, non ? C’est lui qui est douanier ou c’est ton frère ? Je ne sais plus. On sera là ce soir. Je vais dormir un peu en attendant ta maman.


Je t’embrasse, ma grande.
A ce soir. J’ai vraiment sommeil.

Ton papa qui t’aime.
Papa.

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Bouteille (Yvette&Alfred)

Un message trouvé dans une bouteille échouée sur le sable blanc d’une plage abandonnée et baignée par la lumière douce d’un soleil printanier.


Notre existence est un défi stupide, nous allons détourner une embarcation pour y mettre fin.
Sans regret ni reproche, vous nous oublierez.

Yvette & Alfred

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maudite rame (rsylvie)

« maudite rame » par rsylvie

 

-« ….Qui

Quoi

Comment

Quand

Pourquoi »….

mais comment veux tu te souvenir de cette maudite

règle de grammaire, si tu n’y mets pas la forme !

Je recommence qui que quoi dont où lequel sont

sont..

-« sont dans un bateau.

Qui tombe à l’eau ?

Quoi ? ici débute, une histoire de bouchon.

Comment ? certainement pas faute au vent. C’était le calme plat !

… hou ! la vilaine, qui veut toujours avoir réponse à tout !

Quand ? ben samedi

Pourquoi ? ne me demandez pas ! je n’en sais pas plus que vous.

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Rapt (Ondine)


Mon inaccessible amour,

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La photo que tu as prise du phare ne me quitte pas. Le jour, je la glisse dans mon portefeuille, le soir, sous l’oreiller. Comme je me languis de toi, de ces trois jours passés loin de tout, de tous, vécus dans l’instant. Temps volé, envolé. Je me fais violence. Je tente d’oublier, de me perdre en cet ailleurs.

Cette nuit, comme toutes les nuits depuis que nous avons réintégré nos vies respectives, les heures s’effilochent, douloureuses. De temps en temps, j'ouvre les yeux, pour comprendre si l’obscurité se prolonge ou s'achève. J'appelle l'heure bleue, comme une condamnation, comme une délivrance, mais elle se refuse à moi. Une fois, cinq fois, j'ai failli descendre, pour t'écrire, pour oublier, pour me sentir mourir à petit feu. Dix fois, cent fois, j'ai senti la morsure de la douleur, celle de respirer loin de toi, de te sentir présent en moi, de ne pas pouvoir accepter les roses et négliger les ronces. Mille fois, dix mille fois, j’ai tourné sur moi-même, un volcan en irruption dans mon corps et ma tête. J’ai essayé d'éteindre le feu, sans succès.

Je me suis rappelé cette aube blafarde alors que, légèrement frissonnante, je m’étais enveloppée dans ta chemise, m'imprégnant de ton odeur, l'imprégnant de mon odeur. Je pensais aux matins où tu allais la remettre, qu'elle deviendrait pour toi à la fois carapace et réconfort. J’ai imaginé ton trouble poindre quand tu repenserais à cet instant précis, la gourmandise de mon regard, l’insolence de mes jambes à peine couvertes, au milieu d'une réunion officielle. Combattre le souvenir pendant que l’on convainc le client.

Emportée par le feu qui couvait en moi, j’ai rêvé d’entendre ta voix, là, sur le champ. J’ai souhaité que le soleil se lève sur la mer, que tes mots glissent dans mon oreille, ton souffle contre le mien, couvrant le bruit des vagues, du vent. J’ai voulu contempler ton écriture, en détailler les aspérités, laisser le geste couler sur moi, en moi. Un fugace instant, j’ai senti ton odeur, le grisant de ton parfum s’amalgamant au grain de ma peau. Mes doigts se sont accrochés aux draps, dans l’espoir de déchiffrer ton corps robuste, en aveugle, avec tendresse, avec douceur. Ma main n’a trouvé que le creux de ma hanche. Dérive, délire, désir...

L'heure bleue a enfin accepté ma douleur en offrande. Elle m'a enveloppée de ses bras protecteurs. Tu t'es fondu en elle et je me suis endormie. Quelques heures à peine plus tard, j'ai cru être réveillée à coups de pieds. Je ne pouvais pas déjà te quitter, après avoir perdu toutes ces heures à te retrouver. Une envie de vomir m’a assaillie, mais je me suis levée, lentement, douloureusement, en souhaitant que dans la clarté du matin ma peine s'allège.


Ondine

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Toute ressemblance entre les personnages est peut-être fortuite. Ou pas.
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Braises (Caro Carito)


Sainte-Reine…..    …..

     Pirou Plage   

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J’ai reçu cette carte hier. Elle s’était glissée entre un catalogue et quelques prospectus. Et une facture, je crois. J’ai d’abord cru que c’était une erreur. Je l’ai retournée plusieurs fois dans mes mains mais mon nom était bien inscrit en toutes lettres. L’adresse aussi. Il n’y avait même pas d’erreur à Janinscky. Qui pouvait encore connaître mon nom de jeune fille… J’ai cru un instant à une mauvaise blague…

Pas de texte, juste quelques lettres hoquetantes, sous le timbre banal, tracées sur la surface glacée. Là, j’ai vu qu’il ne s’agissait pas d’une carte postale mais d’une photographie.

Plus tard quand j’ai enfin trouvé quelques minutes apaisées dans l’envol permanent qui règne sur la maison : portes claquées, rires et guerres fraternelles factices, course effrénée entre les jumeaux et Mistigrette. Plus tard donc, je me suis assise là où un peu de sérénité s’était réfugiée. Je voulais  observer ce paysage brumeux. Eaux dormantes, frêle esquif. Un phare juché au bout du monde.  Pour te redécouvrir.

Car c’est toi, n’est-ce pas ? Ta main carrée a tracé soigneusement l’adresse. Dix ans sans nouvelles, dix ans jour pour jour. Postée de Pirou Plage.  J’entends encore ce petit nom que tu me glissais à la dérobée dans le creux de l’oreille. Pirou…

Et cette tache grise qui rend mon prénom presque illisible. J’ai voulu croire à la pluie. Je n’ai pas pu. Pas longtemps. Je t’ai deviné, quelques jours de printemps plus tôt, dans la fraîcheur persistante des matins d’avril, te dirigeant vers la boîte jaune. Le froid piquant t’a arraché une larme, ou serait-ce une ombre du passé…

J’ai encore en tête ton odeur de sel et d’herbe dure quand je me brûlais en embrassant ta joue pour un bonjour. J’aurais voulu plus. Je sentais nos corps se durcir puis s’éloigner. Gêne fugace. Nos paroles s’accrochaient, s’écorchaient. Enfin, un souffle complice. Trêve.

Ce jour-là. Dix ans déjà. J’avais posé ma main, un instant, sur ton bras. Tu avais incliné ta tête vers moi. Je revois l’ombre grise de ton regard. Tu es resté immobile. Aucun de nous n’a osé ce geste qui aurait fait flancher la balance. Un léger bruit, l’instant s’est enfui.

Tu parlais trop, de projets et d’impossible. D’un phare du bout du monde comme une lueur dont le sillage apaise. Tes paroles se déversaient en flots tumultueux. Je ne disais rien. Aucun mot n’aurait pu endiguer le courant de tes pensées. Je devinais sans peine comment apaiser ton âme. Ton regard, tout en toi quémandait une réponse, cherchait à m’arracher un serment, un demain. Comment promettre sans me dédire. J’évitais ton regard, je me voulais transparente. Tu es parti, me laissant ces derniers mots qui tremblaient presque. Dans dix ans, m’auras-tu oublié, parce que moi… Dix ans déjà, ta voix frisonne encore en moi.

Je suis toujours institutrice ; mon adresse est la même. Je n’ai jamais quitté Sainte-Reine. Les enfants ont grandi, bien sûr. Au fond, rien n’a vraiment changé.

Je posterai cette lettre dès que la nuit viendra. Le village sera désert. Quand le rectangle gris disparaîtra dans la fente della bocca de la verita, je frissonnerai. Je sentirai comme parfois le poids de ton regard. Le regret mordra à pleines dents, je sentirai le manque s’emparer de chaque parcelle de mon être. De toutes mes forces, j’éloignerai les chimères assassines, les peut-être cruels, parce que je t’ai aimé.

Parce que je t’aime encore.

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V.

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Toute ressemblance entre les personnages est peut-être fortuite. Ou pas.
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A mon amour aux ailes coupées (Alice)

Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Je me souviens du bateau qui s’éloigne doucement.
Je suis sur la rive de la passion avec ma valise.
Je te regarde sans comprendre.
J’ai couru vers toi, je t’ai hurlé de revenir, comme dans les mauvais films.
Je t’ai lancé une pelote de laine rouge, tu l’as attrapée, je tenais l’autre bout, très fort.
Et le fil se dévidait à mesure que ta silhouette s’éloignait.
Plus rien.
Un fil à la surface de l’eau.
Un sillage rouge.
Tu m’as écrit : « je reste troublé de notre rencontre ».
Comme cette eau.
Mais l’eau redevient lisse quand le bateau est parti…
En moi, elle fait des ondes à l’infini.
Mon amour aux ailes coupées,
Tu es parti là-bas, au pays de la raison.
Ton cœur est resté dans ma valise.

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Detective particulier (Val)

Cher Monsieur Blousé,

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Après moult investigations (qui d’ailleurs m’ont mené au bout du monde, vous trouverez ci-joint mes notes de frais), j’ai enfin retrouvé votre douce épouse et son polisson de ravisseur. Que je vous rassure : elle va bien ! Son moral est au plus bas, mais elle est en bonne santé.

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Croyez-moi, Monsieur, la retrouver n’a pas été chose facile ! Ce coquin de voleur d’épouse est très futé ! C’est dans un phare qu’il la retient prisonnière, sur une Ile quasi inhabitée.

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J’ai retrouvé leur trace depuis quelques semaines, mais j’ai attendu d’en savoir un maximum avant de vous contacter. J’ai mené mon enquête. J’ai pris contact avec le ravisseur. J’ai pu parler avec votre épouse (qui d’ailleurs me charge de vous dire combien elle vous aime). J’ai même pu prendre quelques clichés.

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A ce propos, mon appareil est tombé en panne. Fort heureusement, un jeune touriste a accepté, moyennant quelques billets, de me céder le sien. Vous comprendrez, cher Monsieur, je vous serai très reconnaissant de bien vouloir me faire un virement bancaire des sommes dépensées dans le cadre de l’enquête. Le seul motel de l’Ile est très onéreux (fort heureusement ils acceptent les cartes visa), et les vivres sont hors de prix. Je ne pourrais pas aller au bout de la mission que vous m’avez confiée sans une avance de frais. J’ose croire que vous le comprendrez.

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Il serait bien trop long de vous expliquer en détail les embuches et rebondissements qui m’ont conduit jusqu’au repère ou est retenue votre femme. Je vous en ferai le récit de vive voix lorsque ma mission sera accomplie et que vous me remettrez, comme promis, ma récompense.

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Pour l’heure, il faut que je mette tout en œuvre pour libérer votre dame au plus vite. Le temps presse. Et il est contre nous ! Je me suis entretenu avec le vicieux détrousseur : il demande une rançon.

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Je préfère vous mettre en garde, Monsieur Blousé, c’est pour votre bien : ne prévenez pas les autorités. J’ai déjà eu affaire à cet individu. Il est dangereux. Il la tuerait s’il soupçonnait la moindre duperie de votre part ou de la mienne.

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Je sais comme vous aimez passionnément votre belle épouse, et je sais également comme vous pouvez vous montrer raisonnable quand la situation l’impose. Ayez confiance en mon professionnalisme, Monsieur Blousé ! Je vais prendre les choses en main, et bientôt, moyennant le demi million réclamé par l’individu, elle sera à nouveau dans vos bras.

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Par chance, il y a une banque sur l’Ile. Le mieux est encore que vous me versiez le demi-million par virement bancaire sur mon compte courant, et je m’arrangerai pour retirer la somme en liquide et la verser au ravisseur.

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Bien évidemment, mon cher Monsieur Blousé, les risques encourus sont énormes et avérés. Le kidnappeur me demande de l’attendre demain, dés l’aube, seul dans une barque au milieu de l’étang que le phare domine, avec la valise contenant les billets, bien évidemment.

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Qui sait s’il ne me tuera point ? Aussi, pour assurer un train de vie honnête à mes enfants, je vous prie de bien vouloir me verser également, sur mon compte, une prime de risque qui vous sera rendue si je survis. Dans le cas contraire, cher Monsieur, mes héritiers toucherons la somme en dédommagement. C’est à cette seule condition que j’accepte la prise de risques.

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Je vous prends au dépourvu, je l’admets, Monsieur Blousé, mais sachez que le temps presse, et que si la transaction n’a pas lieu demain matin le dangereux vaurien repartira de plus belle vers d’autres lieux inconnus, avec votre épouse en otage. Qui sait si je les retrouverai ? Cette fois nous avons eu de la chance, mais ce ne sera peut-être pas toujours le cas…

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J’attends de vos nouvelle au plus tôt, cher Monsieur Blousé. Et, pour vous rassurer sur ma bonne foi, vous trouverez ci-joint, en plus des notes de frais et factures diverses, une photographie du phare dans lequel est retenue votre épouse.

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Votre fidèle et dévoué détective privé

Jean Lovelace.

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RECLAMATION (Martine27)

A l'attention de Monsieur le Maire de Pedzouille les Bains

De la part de Madame la Baronne Cunégonde de Haute-Volaille - Neuilly

 

Cher Monsieur le Maire,

Mon époux le Baron et moi-même avions choisi votre si Charmante et si Pittoresque bourgade balnéaire pour nous ressourcer et nous reposer de notre Trépidante vie parisienne.

Nous avions, pour se faire, loué une Adorable petite bicoque de 100 m2 sise sur une île à l'écart des plages surpeuplées par le petit peuple et accessible uniquement par barque.

Nous pensions donc, en dépit du coût modeste de cette location (10.000 € la semaine) pouvoir bénéficier d'un minimum de quiétude qui nous eut permis, ainsi que je vous en entretenais plus haut, de nous aérer et de nous remettre de notre année consacrée aux conseils d'administration pour mon époux et aux bonnes œuvres et shopping pour votre servante.

Las !

Ce qui devait être une villégiature de rêve fut une catastrophe.

La chambre que nous avions choisie, pour reposer nos pauvres corps fourbus et nos âmes lasses, ne possédaient que de Modestes rideaux de soie qui n'occultaient point la lumière matutinale et nous obligeaient à nous lever à l'heure, vous en conviendrez aisément, Indécente de onze heures du matin.

Cet état de choses motive ma première plainte contre l'officine pharmaceutique de votre Charmant bourg.

Ayant oublié mon masque de repos, je fus horrifiée de constater que l'apothicaire de Pedzouille n'avait point en stock ce type d'article hautement Utile et Civilisé.

Bref !

Il me fallut bien faire contre mauvaise fortune bon cœur dans la mesure où la Civilisation n'était point arrivée à votre porte.

Non, ce qui motive ce courrier Indigné, voire Outré, vous me voyez fort Marrie d'employer des termes aussi Excessifs, c'est le sans-gêne Scandaleux de notre voisin le plus proche sis sur un escarpement rocheux en face de notre petit île.

Sachez Monsieur l'Edile que toutes les nuits ce Malfaisant, cet Ehonté, n'ayons pas peur des mots, s'amusait à faire clignoter une puissante lumière qui venait avec une régularité Horripilante éclairer notre chambre dépourvue, je vous le rappelle, de panneaux occultants.

De plus, étant des maîtres libéraux nous ne pouvions guère déloger nos domestiques des chambres que nous leur avions allouées et qui se trouvaient à l'opposé de ce Trublion.

Monsieur le Baron et moi-même pensâmes qu'il s'agissait d'un boite de nuit pour le vulgus pecum.

Nous cherchâmes donc à identifier ce Malappris !

Las à nouveau ! Nous nous heurtâmes à l'Incompréhension voire à l'Ignorance crasse et à l'Insolence de l'indigène tenant la poste, une certaine Madame Suzanne, ainsi qu'à ceux de votre propre secrétaire de mairie, vous me voyez profondément Navrée de devoir vous en réferer.

Je ne compris pas non plus pourquoi ces deux écervelées osèrent me rire au nez, oui Monsieur le Maire, me rire au nez !

Voilà Monsieur le Maire, j'espère de tout cœur que vous pourrez faire cesser cette nuisance qui troubla notre repos bien mérité et que vous sermonnerez d'importance l'employée territoriale sous votre responsabilité et la Dame de la poste par la même occasion pour leur manque de Courtoisie et d'Efficacité.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes très sincères et très distingués sentiments.


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De Monsieur le Maire de Pedzouille les Bains

A Madame la Baronne Cunégonde de Haute-Volaille - Neuilly

 

Chère Baronne,

J'ai lu avec Intérêt votre Missive de Réclamations qui a retenu Toute mon Attention.

Je ne puis, malheureusement, lui donner suite.

L'édifice qui vous causa tant d'Inconfort est le phare de la commune et ne peut être éteint, vous nous en voyez désolé.

Si vous revenez parmi nous lors d'une prochaine Villégiature, je me ferai une Joie de vous offrir, sur mes deniers Personnels, le masque de repos qui vous manqua tant.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Baronne, l'expression de mes sentiments Respectueux et Républicains.

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Une lettre a la mer - Janeczka

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