29 novembre 2014

Ont trouvé leur objet

Flash

326

Venise ; Fairywen ; Vegas sur sarthe ; Joe Krapov ;

Zigmund ; JAK ; bongopinot ; Walrus ; EnlumériA ;

joye ; MAP ;

 

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Essai de vie en chanson (MAP)

La vie en chanson

 

On n'est jamais compris par les siens !!!

Dur, dur !!!

:-)

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Chuis tire-bouchon (par joye)

On m'avait dit : « Tu n'es qu'un tire-bouchon.
Prendr'd'la bouteille, ce n'est pas toujours bon.
A quoi ça sert de vouloir tout ouvrir ?
Laiss' les bocaux, ils ne sont pas pour rire. »

On m'avait dit : « On ira voir Liège. »
Et chuis toujours tombé dans le piège.
Maman m'a dit : « Fais gaffe à ton hélice ! »
Et j'ai grandi, craignant les capsules à vis.

Qui a le droit, qui a le droit,
Qui a le droit de dire ça
Aux tire-bouchons à queue de cochon ?
C'est du bla-bla !

 On passe sa vie sans dire merci,
Merci à qui ? Ben, à moi !
Malgré la pluie ou le beau temps
Chuis tire-bouchon exécutant !

 On m'avait dit de rester au tiroir
Qu'un tire-bouchon, ce n'est qu'un simple « pour boire »
Mais c'est pas vrai, sans moi aux canicules
Tu meurs de soif ou bien tu bois des bulles.

A toi aussi, j' suis sûr que l'on t'a dit,
Qu'un tire-bouchon n'ira pas au paradis
Parce que maintenant, on retrouve dans les boîtes
De la picole presque adéquate...

Qui a le droit, qui a le droit
Qui a le droit d'faire ça
Aux tire-bouchons un peu folichons
C'est pas sympa !

On passe sa vie sans dire merci
Merci à qui ? Ben, à moi !
Malgré la plage et le beau sable
Chuis tire-bouchon indispensable !

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Une certaine idée de la danse (EnlumériA)

Je vins au monde aux soieries Abraham, en 1925, quelque part dans la vallée du Rhône. Cette période ma jeune vie est assez floue. J’ai le vague souvenir d’une origine animale puis de mon passage dans d’étranges machines composées de cadres et de rouleaux enchevêtrés et virevoltants dans une stupéfiante danse mécanique. Je me souviens avoir peu à peu acquis ma couleur hyacinthe et ma forme définitive quelques mois plus tard. Lorsque je fus devenu une splendide écharpe, on me plia soigneusement et l’on me déposa dans une boîte de carton fleurant la colle fraîche et l’encre d’imprimerie. Je revis la lumière peu de temps après quand une modiste niçoise m’exposa dans sa vitrine. Je n’attendis pas longtemps pour qu’une cliente de passage m’adoptât par un bel après-midi de mai contre monnaie sonnante et trébuchante. C’est là que je pris conscience de ma véritable valeur.

La dame, fine et gracieuse malgré ses 50 ans, semblait survoler le sol plutôt que d’y marcher. Quelle sensation que le contact de son cou gracile et le doux balancement de sa démarche de danseuse. Malgré les deux tours que je faisais autour de son cou, je battais de mes pointes ses mollets gracieux, juste en dessous de l’extrémité de sa robe de lin.

Dès lors, ma vie fut un tourbillon de lumières, de rires et de musique ponctuée de phrases chantantes susurrées d’une voix de contre-alto par ma maîtresse. Étrange destin que celui d’une écharpe de soie hyacinthe devenue la parure d’une star aux pieds nus, vieillissante et bisexuelle.

Un jour, ma maîtresse s’enticha d’un garagiste du nom de Benoît Falchetto de vingt ans son cadet. Décidée à croquer son jeune mécanicien, elle acquit sur son conseil une Amilcar GS 1924, élégante automobile bleu azur équipée de gracieuses roues à rayons, prétexte à multiplier les rencontres avec son prince de la mécanique.

Un après-midi de septembre, sous un soleil propice aux amours improbables, Isadora m’enroula autour de son adorable cou et quitta son studio de danse au volant de son Amilcar, la tête pleine d’indicibles projets. J’entends encore ses dernières paroles : « Je vole vers l’amour !  » Le cœur rempli d’allégresse, elle me laissa danser au vent de son bolide. C’est en arrivant sur la Promenade des Anglais que, mue par une curiosité soudaine, je m’approchai inconsidérément de la roue arrière droite. La griserie de l’air filant autour de moi s’interrompit si brutalement que j’en ressenti un douloureux tiraillement. Par un incompréhensible concours de circonstance, je m’enroulai autour de cette roue de malheur sans parvenir à lâcher la gorge d’albâtre que j’ornais de ma chatoyance. On raconte que la soie dont je suis faite est une des plus résistantes au monde et que c’est pour cela que ma dame trouva la mort, la nuque brisée net.

Ainsi s’acheva ma destinée d’écharpe de soie et l’existence d’Isadora Duncan morte d’avoir été trop élégante et trop amoureuse de la vie.

 

Évreux, 27 novembre 2014

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La chose en soi (Walrus)

L'âge aidant, je l'ai oublié, mon âge.

Mon nom aussi d'ailleurs !

C'est gênant pour les présentations.

Ce l'est d'autant plus que je suis enfermé, seul, dans une vitrine du charmant petit béguinage d'Anderlecht.

Vitrine qui attire immanquablement les regards et me vaut d'ouïr à chaque fois le dialogue standard :

- Oh ! Qu'est-ce que ça peut être ?

- J'en sais fichtre rien !
   Mais, attends !  Il y a une étiquette !
   Ah... Merde !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Ils savent pas non plus, ils disent que si on sait, on le leur fasse savoir.

 

w01

 

 

NDLR : Si vous savez, vous pouvez aider !

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Ma vie de petite boite par bongopinot

 

MA VIE DE PETITE BOITE

 

 

 

bo01

Je me revois dans les mains de cet artiste

Moi, simple morceau de bois

Je devins une magnifique boite

Terminée en mille neuf cent trente trois

 

 Il me donna à sa femme

Qui aimait tant me garnir

De ses lettres de ses poèmes

Que je vis doucement jaunir

 

Ensuite elle m’offrit à sa fille pour un anniversaire

Je me souviens elle me remplissait de beaux petits cailloux

Qu’elle ramassait au cours de ses balades solitaires

Souvent pour regarder ses trésors  elle me posait sur ses genoux

 

Les années passèrent et moi je me suis retrouvée avec sa fille

Elle, elle me remplissait de crayons de couleur pastel

Lorsqu’elle m’ouvrait le matin à son réveil

Moi la petite boite je me sentais immortelle

 

J’ai vécu dans sa chambre des années

Puis je fus exposée dans son salon

Avant d’être confiée à sa fille ainée

Qui me couvrit de bijoux, de ses créations

 

De génération en génération je suis invitée

A partager la vie de petites filles et de demoiselles

J’espère que ma vie sera encore longue et animée

Et toujours magnifique et exceptionnelle.

 

 

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Sous le joug (JAK)

sem 326 defi le joug

 

Je suis toujours là pour répondre à ton désir,

Dans ta main déliée   tu me courbes  tout à  loisir

D’un style cursif et souple   comme une  plume d’oie

Tu me palpes de  tes mains,  me caressant  parfois 

Crayonnant des volutes sur ma peau  de vélin

 

Dans un geste possesseur tu  me soumets enfin

 

Toi l’abject,  Moi l’unique, qui suis  ta femme-objet

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Le prisonnier (Zigmund)

Vous me remarquerez à peine sur le bureau de mon maître Zigmund. Il me cache,  parce que je lui fais honte. Je suis un petit boîtier commun ; une fente pour insérer une carte verte me différencie de mon aïeule la calculatrice ou de mon cousin le lecteur de carte bleue. 
Il y a quelques années, de fort mauvaise grâce, il a du se résoudre à m'adopter ; il a réglé le fournisseur puis m'a attaché à son ordinateur en sifflant d'affreux jurons.
Depuis, c'est la guerre entre nous. Je n'ai rien fait pour mériter sa haine, je suis innocent je le jure.
Même si je pouvais lui dire que l'arme est moins responsable du meurtre que la main qui la dirige, je n'arriverais pas à éteindre la flamme mauvaise dans son regard quand il m'aperçoit. Je peux me réjouir de l'absence de hache dans les alentours... sinon il y a longtemps que je serais  en miettes. (Dois je m'inquiéter quand il me regarde juste après avoir caressé le katana qu'il a cache sur son box de consultation ?)
Nos rapports s'enveniment au fil du temps.  
Jusqu'à présent, chaque matin il déclenchait l'ouverture du programme après avoir intégré son code, puis il passait la carte vitale de chaque patient.
Et voilà que depuis début Octobre 2014, au retour d'une manif,  et obéissant à un obscur mot d'ordre  d'excités de son acabit, il m'a retourné rageusement face contre terre et a annoncé fièrement : à partir d'aujourd'hui la télétransmission c'est NON !  (bon ça va j'ai échappé au katana ...).
Alors depuis, je me morfonds, inutile, face contre le bureau, je m'ennuie à mourir, j'attends, j'espère, je prie pour  qu'arrive un patient CMU ou AME (qu'il accepte encore de télétransmettre). Là, c'est Noël pour moi :  il m'allume enfin avec un soupir, et je passe le reste de la journée à assister à ses consultations comme au bon vieux temps. Il va même, le soir venu, jusqu'à mettre à jour mon programme... pour un peu j'en pleurerais de bonheur !
Il parait qu'une bonne partie de mes malheurs sont dus aux déclarations d'une ministre sur les "dépassements d'honoraires" , sur le tiers payant généralisé obligatoire et sur la loi santé.
Mais moi je n'ai rien fait, je suis innocent, ce type est un dangereux psychopathe !  Venez me chercher ou alors faites quelque chose pour abréger mes souffrances. 
Au secours !   

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Au décrochez-moi ça, articles de voyages (Joe Krapov)

Que ne ferais-tu pas pour séduire Artémise,
Homme, présomptueux ver de terre, qui boîtes ?
Depuis la nuit des temps tu m’admires et convoites,
Tu voudrais m’accrocher aux pans de ta chemise

Mais c’est plaisanterie, ce sont carabistouilles,
Ballets de mots passants, contes de la bécasse,
Forfanteries de Cyrano ou de Fracasse,
Orgueil de fanfaron enivré de chatouilles !

Si tu veux me toucher, entre dans la cabine,
Espèce d’animal ! Fais vrombir le delco,
Promets-moi de l’amour, du miel, Acapulco !
Approche-toi de moi, montre-moi ta bobine !

Parcours cette distance en petite foulée !
N’oublie pas de m’offrir, en guise de pastis
Un bouquet de poèmes ou de myosotis
Mais surtout pas de valse, encor’ moins d’azalée. *

Ah, te voilà enfin, sortant de ta nacelle,
De ton petit module enfin posé chez Diane.
Emu par ma tranquillité si océane
Tu as fait un grand pas… Patatras ! Tu chancelles !

Un petit Papou l’homme,
Un grand Papou Lune habitée !

DDS 326 Vocaline

 

* Parce que "l'azalée c'est une valse" ne rajeunit personne
et surtout pas les vieilles lunes !

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J'ai horreur du samedi (Vegas sur sarthe)

Samedi
10H15:
J'ai horreur du samedi!
Deux heures que j'poirotte dans la boîte à lettres et j'ai même pas droit à un vrai regard.
Si encore j'avais la tronche d'un avis d'impôts fonciers, je comprendrais qu'on m'fasse la gueule... mais là! Quand j'pense qu'on a mis l'paquet cette semaine sur l'habillage et les gros titres!
Si c'est pas malheureux.
Y a que moi pour tomber sur la lectrice de base: Robe de chambre en pilou, bigoudis et toutou à sa mémère.
On est 355 830 à inonder nos fans chaque semaine et il faut qu'je tombe sur ELLE!
Ferme la porte Bon Dieu! Ca caille!!”
Lui, c'est son Jules. Pas de danger qu'il s'intéresse à moi, même si on n'est pas obligé d'être cultivé pour regarder les images.
Page 63 on a fait exprès d'coller un Sudoku force Zéro pour les mecs, mais c'est encore trop.
10H20: Le toutou à sa mémère me renifle comme si j'annonçais la fin du monde.
Rien de tout ça, saucisse à pattes! Chez moi y a que du charme, de l'intime, du glamour, de la French touch, des confessions, de la sueur des podiums, de la beauté en tube-en pâte-en spray-en veux-tu-en-voilà, Pffuuiii... j'en reviens pas moi-même.
11H00: Pardon! ELLE est connaisseuse, cette lectrice assidue qui se délecte de mon avant-dernière page, celle de l'horoscope.
ELLE est quoi la mémère? Balance? “Sensualité et mots d'amour. Vous sortez de votre léthargie”... je crains le pire!
Sûr qu'ELLE va s'prendre pour Marilyn, accélérer l'mouvement et me prendre à rebrousse-poil jusqu'à la page de garde à grands coups d'ongles acérés. Si jamais ELLE s'arrête sur Brad Pitt, on va finir écartelés sur le lit son Jules et moi!!
 
11H15: Bien griffé mais toujours vivant. Le Jules a rien d'un Brad Pitt et me sauve la mise avec une grosse gueulante :”Quand c'est qu'tu vas aller t'préparer? J'te rappelle qu'on bouffe à midi chez ta frangine!!”
11H16: On va s'préparer, on investit la salle de bains. L'humidité c'est pas mon truc.
Le pilou est tombé et j'ai pas envie d'finir avec l'eau du bain.
11H25: De la mousse jusqu'aux bigoudis, ELLE déguste la recette du moelleux façon “Carrot Cake”.
Pourquoi y mettent 50g d'orange confite? Est-ce que j'sais, moi? J'ai juste envie d'sortir du bain.
11H35: Comment ça? “Ils sont les premiers à quitter le navire” en quatre lettres! ELLE va quand même pas faire les mots croisés en barbotant!
11H40: Un puissant “Qu'est-ce que tu fous là-dedans, bordel?” provoque un tsunami dans la baignoire et je finis sur la carpette côté Charlène et ses futurs jumeaux... j'aurais pu tomber plus mal, en compagnie de Sabatier par exemple.
11H45: Le moteur de la Twingo rugit devant la porte, le toutou aussi.
ELLE n'en revient pas! Le prince Harry voudrait des implants capillaires! Qu'est ce que ça peut bien nous foutre? Si j'tenais celui qu' a écrit l'article... Euh, c'est un pote? Alors je prends sur moi.
11H48: Une chance sur deux qu'ELLE m'emmène déjeuner chez sa frangine. C'est un coup à changer d'crèmerie parce qu'un hebdo gaulé comme moi... ça se refile aussi vite que d'la daube à Saint Ouen.
11H50: Le Jules est sorti furax de sa Twingo et m'arrache des mains de ma lectrice de base.
Je vais finir écartel...
MON CLOSER!!!!!”

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