Modifications minuscules à un chef-d'oeuvre majuscule (Joe Krapov)

- Tiens, Petit Chaperon rouge, puisque tu n’as rien à faire cet après-midi, ce serait bien que tu ailles rendre visite à ta grand-mère à Saint-Sulpice-la-Forêt. Porte-lui donc ces six galettes et ces saucisses que j’ai achetées ce matin au marché des Lices ! Ca lui rappellera l’époque où elle allait au stade de la route de Lorient voir les matches du Stade Rennais Football Club avec Papy. Si tu veux, tu peux y aller avec mon scooter.
- Avec ton scoot’ ? Alors là je suis toujours prête ! Je finis ma partie et j’y vais tout de suite !

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En chemin, au carrefour de la D 97 et de La Foye, le Petit chaperon rouge croise l’heureux loup. Il est là qui trépigne sur place avec son maillot rouge et qui gueule « On est en finale ! On est en finale ! On est, on est, on est en finale !». La jeune fille arrête son scooter et va taper la discute avec l’imbécile heureux.

- Où tu vas, la meuf ?
- Je vais porter des galettes-saucisses à ma grand’mère qui habite 4 allée des Oliviers à Saint-Sulpice-le-Forêt ! Et puis comme elle va me donner de la thune vu que c’est mon anniversaire demain, j’aurai de quoi m’acheter une place pour la finale de la coupe de France ! Rennes–Guingamp au Parc des princes ! Je suis sûre que t'en rêves la nuit !
- Ah t’as trop de la chance ! Tu me dégoûtes, tiens ! C’est pô juste ! Salut la meuf !

Dès que le Chaperon rouge a redémarré, l’heureux loup saute dans sa Renault Twingo, il double le scooter, file tout schuss chez la Mère-Grand, frappe à la porte et se prépare à contrefaire la voix de la fille au bonnet rouge.


- Qui est là ? demande la grand-mère en mettant son œil derrière le judas.
- C'est votre petite-fille, le petit Chaperon rouge qui vous apporte des galettes et des saucisses que ma mère vous envoie. »

La bonne mère-grand qui n’est pas née de la dernière pluie lui répond :

- Transpire la mimolette et la souricette se gavera !
- Comment ?
- Tire sur la languette et l’apéricubette savoureras !
- Je crois que tu te trompes de formulette, Mamy !
- Retire-lui sa nuisette et la Marinette te chérira !
- Qu’est-ce qui se passe ? T’as forcé sur le chouchen aujourd’hui, ou quoi ?
- Dis-lui « Pas de ça Lisette ! » et sois sûr qu’elle le fera !
- M’enfin ! Qu’est-ce qui t’arrive ?
- Colle-lui une étiquette et la lettre s’affranchira !
- Alors là, c’est bien ma chance ! pense le loup. La grand-mère est Alzheimer !
- Shakespeare l’aride Hamlet et puis la tempête suivra !
- Tu t’éloignes, Mamy ! Ca commence par « tire » !
- Tire sur la bandelette et la momie nette s’effondrera !
- C’est un truc pour ouvrir la porte !
- Vire de là ta mobylette et l’escampette suivra !
- C’est quand même malheureux qu’à ton âge tu ne te souviennes déjà plus de tes classiques !
- Tire de ton escopette et l’alouette débusqueras !
- E' va me rende folle, la vieille !
- Tire sur ton épuisette et l’ablette ramèneras !
- Ca fait trop penser au sketch du plombier de Fernand Raynaud, ce gag, même si je n'ai pas l'âge d'avoir connu c'truc-là !
- Fais tomber la p’tite lingette et la sanisette broiera !
- Bon ça suffit comme ça, j’me casse ! Tant pis pour le billet de la finale !
- Je crois que j’ai perdu la clé, Chaperon, mais l’échelle est dressée sur le pignon. Escalade-la, monte sur le toit et descends par la cheminée, j’ai mis un matelas dans mon âtre pour que tu te reçoives bien à l'arrivée.
- Okkkaaaaay ! fait l’heureux loup qui commence sa grimpette et dévale par le conduit pour faire un brin de conduite à sa façon à Super Mamy Nova.

***

Deux heures après, le Petit Chaperon rouge radine. Elle appuie sur la sonnette.

 

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La mère-grand ouvre la porte. Elle a son tablier de cuisine tout taché de sang. Elle se font la bise. 

- Hmm ! Ca sent bon, chez toi, Mamy ! Qu’est-ce que tu mijotes ?
- Un filet de loup rapide façon Silvia. J’ai trouvé ça sur Marmiton.org. Dis-donc, tu as fait bonne pêche, cette semaine ! Il était gras et dodu à souhait, celui-là. Mais tu es en retard, toi ! Qu'as-tu fait depuis que tu m’as appelé avec ton portable pour me dire que l’imbécile heureux avait mordu à l’hameçon !
- Ch’suis allé donner les galettes saucisses au Resto du cœur pour nourrir les enfants Poucet et en passant, accessoirement, j’ai brûlé un portique écotaxe !
- Rigolote, va ! Allez, enlève ton bonnet rouge et viens donc goûter à mon kouign-amann !
- N’empêche, quels relous, ces loups !
- Ils n’ont pas encore compris ça, ces clowns ! La supériorité de l’homme sur l’animal, c’est que la femme, elle, a lu "Les Trois petits cochons" et les oeuvres complètes de Marcel Gotlib ! 

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MINUSCULE (bongopinot)

Ça commence toujours par un câlin

Puis, une course folle pour gagner

Il faut trouver le bon chemin

Il n'y en aura qu'un à l'arrivée

 

le gagnant s'installe au chaud

Comme une toute petite graine,

Où un minuscule haricot

Il va grandir pendant des semaines

 

Trois centimètres, de petits yeux

Une forme humaine qui se dessine

Et des parents vraiment heureux

Un petit être que l’on devine

 

Trois mois, douze centimètres

Un cœur qui bat pour de bon

Un petit enfant à naître

Noir ou blanc brun ou blond

 

Huit mois, enfin tu es viable

Dans un coin du monde tu va arriver

Pourvu que ce pays te soit charitable

Et qu’en paix tu puisses jouer

 

Mais même si tu nais sous les bombes

Minuscule être qui se présente au monde

Respire même si les autres succombent

Reste à l’abri loin du ciel que gronde

 

Maintenant te voilà

Et tu es bien là !

tu  es enfin sorti

tu es si petit

tu n'es plus dans ta bulle

Petit être minuscule

 

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Minuscule ( petitmoulin )


Quitter les chemins d'éternité
Impraticable gageure
Pour flâner sur chaque instant
Du présent minuscule
S'écarter provisoirement de l'abîme
Inconsolable vertige
Pour saisir à hauteur d'espérance
Le fil minuscule
Labourer l'étendue des blessures
Indomptable douleur
Pour cueillir sur des chants de tendresse
Un geste minuscule.

Parcourir nos multiples saisons
Abyssal possible
Pour croiser les précieuses couleurs
De la vie majuscule.

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defi minuscule mais d'importance ! (Sebarjo)

L’œuvre minuscule de monsieur Legrand

ou

Opuscule d'un Géant

 

 

oeuvre minuscule m legrand

 

 

Pour finir – et ça c'est un début original – Esther Minus demanda à Monsieur Legrand de lui écrire une œuvre totale et miniature qui tiendrait sur une page A4, sérieusement pliée en quatre. Elle voulait une oeuvre à taille humaine et d'un nouveau genre, que l'on pourrait appeler non pas mineure ni même majeure mais intégrule. Ce qu'il fit pour rendre honnule à sa grandule, sans stupules et sans scrupeurs, sans compter les hules de labules, sans jeter un seul oeil sur les pendeurs moqûles, devenant ainsi un somnambeur rêvule et  un noctambeur à flule de peau. Ce n'était pas une mince affaire et la tache était immense. Mais pour Esther Minus, et ce, malgré les apparences, Monsieur Legrand ne se perdit pas en route et atteignit son but en composant le minuscule opuscule qui suit, divisé ainsi :

 

Pièce de théâtre en un acte :

 Les Petit

Albert Petit (père), grandiloquent : ça va mon grand ?

Albert Petit (fils), d'une voix à peine audible : petitement.

 

Roman, à la recherche du temps rattrapé :

Du côté de chez Petit

Longtemps Albert Petit se leva de bonheur à petits pas. Chaque petit matin, il demandait haut et fort à son fils qui n'était pas de taille à se lever : Comment ça va mon grand ? Le Petit Petit que le plus grand Petit eut avec Madeleine – tous les deux donc (h)auteurs de ses petits jours - répondait le souffle court un mot interminable qui s'évanouissait avant de s'achever. Comme chaque jour alors, Monsieur Petit lut avec gourmandise sur ses lèvres : petitement. Et avec grandeur, il pensait que ce n'était pas nain porte quoi.

 

Recueil poétique :

Petits Petit

Bonjour minuscule
D'un père à son fils Petit
Un silence immense.

 

Album de chanson :

Petits Petit petits

Petit Petit Petit
Dit Monsieur Petit à son petit
Comment ça va mon grand ?
Le petit de monsieur Petit
Répondit peu fortement :
Petitement


alt : Noomiz

 

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Microscopique, même ! (Walrus)

Notre espèce est venue à bout de tout, ou presque, du tigre de Bali à l'ours de l'Atlas, en passant par le dodo (dronte) de Maurice et le lièvre de Majorque. Elle est tellement efficace dans son côté destructeur que selon certains, elle a fait entrer notre planète dans sa sixième extinction de masse.

Le "presque" de ma pemière phrase est directement lié au thème de la semaine, car ce que nous n'avons pas été, et ne sommes toujours pas, capables d'éradiquer fait partie du monde microscopique et même submicroscopique.

Au début, nous avons cru pouvoir venir à bout des microbes, mais l'usage sans mesure ni discernement des antibiotiques a provoqué l'apparition de souches résistantes et nous sommes aujourd'hui bien démunis de moyens d'action contre elles. Nous en reviendrons bientôt aux temps bénis des grandes épidémies.

Et le plus grave n'est pas là, le plus grave se situe à un niveau de taille encore inférieur : les virus. Ces êtres hybrides, à cheval sur la vie et le monde minéral (car certains cristallisent, comme la mosaïque du tabac), sont les plus sournois des adversaires et les plus réactifs à nos attaques. Ebola ou HIV, leurs petits noms sont synonymes de grandes trouilles.

Comme dit un de mes compatriotes (Lou Deprijck) "On verra tout à l'heure si vous n'avez pas peur !"

 

Et vous devriez, car, comme à chaque grande extinction, la vie certes survivra, mais nous pas. Via ses plus infimes manifestations, elle aura eu raison de notre espèce, et avec elle de tout ce qui avait fait sa fierté, son orgueil.

Même l'œuvre de Marcel sera réduite à rien (comment ça, "ça ce n'est pas une catastrophe" ?)

 

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Participation de KatyL

C’est Tout cet infiniment petit qui nous aide à grandir

  

k01 Des petites flaques d’eau dans lesquelles se reflétait le ciel et que j’aimais tant piétiner (pour danser au-dessus du miroir) qui m’ont donné cette envie de liberté et de franchir « certains  interdits ».

k02 A ces tout petits dessins qui m’ont aidée à m’exprimer et ces petites pages blanches de mes carnets que je couvrais de mes mots d’enfant qui m’ont permis de tenir et d’avancer.

k03 Et ces petits cailloux que j’ai semé toute ma vie, déposés à chaque lieux de rencontre avec mes amies (amis) et tant d’autres que j’ai croisés, qui m’ont conduite à trouver un chemin de philosophie, d’écoute et de tolérance, d’altruisme aussi.

k04   Ce sont ces petits pas de mes enfants, leurs petites mains dans la mienne, qui m’ont fait tant grandir moi-même

k05 Et dans ces petits paquets cadeaux, le dernier le plus petit d’entre eux est celui qui contient le plus beau cadeau, un cœur dessiné par mon fils avec un mot d’amour pour sa maman.

k06 Alors la vie m’a donné tant de petits cailloux à déposer ici et là sur mon chemin, que je ne peux me perdre ni perdre mon âme

 

k07

 

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Participation de Nhand

Espèce de vaurien
Ta grande taille,
Tes gros sabots
Et ta carrure de futaille,
Nous font passer pour des nabots.
Ton arrogance,
Ton air narquois,
Ta souveraine extravagance
Et les flèches de ton carquois,
Nous empoisonnent l’existence
Avec ardeur et persistance !
Comme tu crois qu’évidemment
Nul ne t’arrive à la cheville,
Tu te prends pour tout ce qui brille…
Mais tu le sais pertinemment :
Ce qui te fonde s’articule
Autour d’un vide consternant ;
Sous ton masque de dominant
Se terre un vaurien ridicule
A la valeur bien minuscule.

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Théodule (EVP)


Il s’appelait Théodule, ce crabe tellement minuscule
Qui squattait une moule des bouchots de Charente.
C’était un pinnothère d’une taille vraiment ridicule
Qui se posait des questions pas du tout évidentes.

La vie, la mort, l’au-delà des bulles, pourquoi si petit ?
Pourquoi sa moule hôtesse, pourtant bien plus grande,
S’était accrochée volontairement, un samedi juste par défi,
Sur ce cétacé géant, cette baleine pas très franche ?

On lui avait raconté, mais fallait-il le croire,
Que sa taille était prodigieuse, pour tout dire inouïe.
Comme il ne pouvait l’imaginer, encore moins le savoir,
Il l’appelait mon Dieu pour simplifier sa théorie.

Il entendait souvent le chant mélodieux des anges,
Et cette fois où le bivalve entrouvert, il vit,
Que l’on n’était plus dans l’eau, c’était étrange.
On lui a dit le ciel, c’était peut-être là le paradis ?

Un jour, un tremblement formidable, l’Armageddon.
La moule qui se détache, se casse et puis se meurt.
Théodule, le minuscule se retrouve vivant au fond.
Lui, si petite particule, en est quitte pour une frayeur.

Châtiment pour tes péchés ? Colère du très-haut ?
Les promesses d’après trépas, tu parles mon n’veu,
Si tu te retrouves à poil, SDF dans l’abîme des eaux,
C’est juste ton Dieu, galopin, qui a secoué sa queue.

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Nano fabliau (JAK)

ja

Nano fabliau

-Dis donc toi, le lilliputien  ôte toi de mon passage !

-Que nenni la terre appartient à tout le monde

Et si j’ai l’air étriqué, peut-être imperceptible,

La grandeur de mon âme n’est point microscopique

On ne saurait en dire pareillement  de ton air

On sait que notamment tu as de grandes œillères

 

Le cheval –prenant le mors aux dents -objecta aussitôt :

 

- riquiqui tu es et resteras  toujours petiot !

 

Ce faisant, un quidam et son enfant charmant passèrent alors par là.

Le chérubin enjoué aussitôt voulu posséder cette fine miniature.

Le père acquiesça et dans un splendide  haras le petit nain, aimé et admiré, finit ses vieux jours en patriarche vénéré.

Quand au cyclopéen longtemps il enragea  dans un paddock malsain  où il finit sa vie ignoré et cagneux.

 

Moralité

 On peut être petit et voir la vie en grand !

 

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