Le trésor (Célestine)

Je marcherais vers toi sur un trottoir mouillé de noirs et blancs pavés, jupe de satin doux et caraco turquoise. Les mèches de mes cheveux fous porteraient à leur bout des  perles de pluie fraîches, et mes lèvres entrouvertes attendraient, frémissantes et buvant l’air aigri de cet automne froid, que tu viennes vers moi. Et le flot des Pontiacs bruisserait sur l’asphalte,je ne verrais que toi dans mes yeux d’amour flou. Je courrais, je courrais, j’attraperais la mort à courir comme ça sous la pluie de novembre, mais je n’écouterais pas la voix de la raison, et je courrais encore.

Tu serais sur le port, fier et lointain paysage, et le regard perdu dans la brume étouffée. La main serrant le bastingage d’un quelconque café, ténébreux et sauvage, tu ne regarderais pas dans ma direction, mais vers un point cruel de l’horizon blafard qui ne serait pas moi.

J’arriverais fourbue, éperdue, et perdue noyant dans tes yeux clairs le chagrin de mes yeux, serrant mes poings de peur que tu ne me repousses, et pourtant, au milieu d’une foule inconsistante et fade ignorant les tourments qui agitent mon âme, tu placerais soudain tes bras comme un rempart, tout autour de mon corps telle une forteresse, la chaleur d’un  baiser allumerait en moi un incendie hagard.

Elle regarde sa montre et remonte son col. Il est tard, elle sort dans le soir ordinaire. La pluie a allumé le trottoir de diamants.

Elle est seule, elle a froid. Elle a encore rêvé d'un improbable amant au carrefour des songes. C’est sa seule richesse, rêver, c'est son trésor. La vie l’a oubliée une nuit de janvier où ses beaux yeux sont morts. 

 

cél

 illustration:Joël Guenoun ®

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Vendredi 13 (Joe Krapov)

Chères amies et chers amis du Défi du samedi,
la rédaction de votre e-journal préféré
est heureuse de vous offrir une longue nouvelle inédite
de notre collaboratrice Isaure Chassériau.

 Rappelons qu’Isaure vient de recevoir le prix Alphonse Allais 
pour l’ensemble de son œuvre
et que ses « Aventures éclatées de l’ineffable Joe Krapov »
égaient nos e-colonnes déjà pourtant pleines
de chansons, de saillies, de poésie et de génie
depuis maintenant plus de 5 ans !

Le récit inédit s’intitule « Vendredi 13 » et il est consultable ci-dessous
sous forme d'un ibouque 
ou téléchargeable en pdf ici. 

Bonne lecture à vous ! N'oubliez pas de sélectionner le mode plein écran !
C'est la petite flèche en haut à droite. Pensez aussi à utiliser le zoom de la liseuse  !

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Participation de Sebarjo

 

UN AUTRE MONDE

 

Un_autre_monde

 

C'était le premier 33 tours que je m'étais acheté. J'avais hésité entre celui-ci et une compilation intitulée Voilà les hits ! qui comprenaient notamment des tubes de Chris de Burgh, Lloyd Cole, Jimmy Cliff , Wham et même... Jean-luc Lahaye, bref que du bon ! Finalement, la pochette d'un joli jaune et représentant un guitariste un peu naïf, genre Gaston Lagaffe première génération, m'avait aidé à prendre ma décision...

C'était à l'époque où j'étais un jeune collégien qui commençait à sélectionner lui-même la musique qu'il écoutait. Mes oreilles, jusque depuis peu, avaient été bercées et aguerries par le choix de mes parents, plutôt francophone : Brassens, Brel, Tri Yann, Escudero, Servat, Ferré, Lavilliers, Béranger, Budet et un peu de Beatles quand même ! Je sortais tout juste de ma première phase marquée par les Forbans qui sont chouettes et sympas et de la Compagnie Créole qui ne fait rire que de bien drôles d'oiseaux. Je me débarrassai de ces vieilleries et pris véritablement mon indépendance musicale en entrant en sixième et en quittant l'école primaire et avec elle, le temps des billes et scoubidous. Bien vite, vint alors le temps du walkman, des clips et des 45 tours. Je me mis à aduler Thriller et Cendrillon. Et parce que j'aimais bien cette dernière chanson, j'optais définitivement pour Un autre monde, le dernier album de Téléphone, qui venait tout juste de sortir (et qui restera l'ultime).

Cette chanson-mirage m'a tout de suite plu. Forcément, à cet âge-là, on rêve tous d'un autre monde ! On veut tout casser, tout changer, tout révolutionner ! A se demander si Téléphone était un groupe réel ou une fantasmagorie. Ils m'avaient transporté, c'est sûr. Bien des années plus tard, je savais bien évidemment que ce n'était pas qu'un rêve*.

Et, même si je me dis parfois encore que ce Téléphone ancestral qui crachait dans l'Hygiaphone bien loin des Android et autres smartphones qui envahissent notre autre monde d'aujourd'hui c'est juste une illusion, ils ont chanté, ils ont existé. Leur musique a explosé dans mes oreilles comme une Bombe humaine ! Ils ont fait vibrer le Cœur de la nuit En crachant leur venin... C'était quelque chose tout de même... Je crois qu'ils vont me manquer...

 

juste_une_illusion

 

Mais non, je n'ai pas rêvé, ma réalité m'a juste alité et même si comme ce bon vieux Téléphone, je perds le fil, je dois regarder la réalité en face : un autre monde est bien là...

 

*extrait des paroles de Le Jour s'est levé, dernière chanson de Téléphone

 

alt : Noomiz

 

 

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Quand le rêve devient réalité (trainmusical)

J'ai rêvé toute ma vie de voir ce star en vrai, un musicien hors pair. 

Son jeu d'acteur avec sa belle voix sur les plus grandes scènes d'opéra du monde entier enthousiasme les spectateurs. Il parcourt les cinq continents avec des récitals, remplissant des salles de concert jusqu'au dernier strapontin, applaudi par des mélomanes en délire. Sa voix est un délire, sa présence est un délire. Je ne l'ai jamais vu, je possède des cd de lui, et parfois je l'entends sur des chaines de radio ou éventuellement à la télévision. Déjà ces moments me comblent de bonheur. Cependant avoir les moyens de le voir en chair et en os, serait une consécration. Difficile, car je n'ai pas les moyens financiers et surtout ma vallée est si éloignée de tout.

Tout cela ne m'empêche pas de rêver, puisque le rêve fait vivre me répétait mes parents. Je ne sais pas ce que Freud en pense. Alors, parfois dans mes sommeils, je m'imagine être au premier rang, l'applaudissant sans relâche. Pas pendant les interprétations évidement, uniquement quand une œuvre est achevée.

Ces rêves sont de plus en plus fréquents. Est-ce que cette fréquence prédomine une bonne nouvelle? Il faut le supposer, car la secrétaire de la société culturelle du village m'appelle pour me communiquer que ce brillant ténor va venir donner un concert pour l'inauguration de la salle municipale. Je n’y crois pas, il me semble que c'est un rêve... et pourtant ce n'est plus un rêve, ce n'est même pas virtuel, c'est réel, il va venir dans mon petit village le mois prochain et les habitants intéressés reçoivent gratuitement une invitation qui inclut, après la prestation, un apéritif dînatoire en sa présence.

Quelle chance qu'il s'arrête dans notre coin pratiquement perdu. Pas belle la vie?

Le jour venu, je le croise sur la place principale, il me salue, comme cela se fait toujours dans notre petit bourg. Je sais qu'il est là, ce n'est vraiment pas un rêve. Quelle aubaine et mon excitation monte. Je ne peux que vous recommander de rêver sur vos désirs, ça vaut la peine.

Le soir, le moment tant attendu arrive. Le récital va commencer d’ici peu, et afin d’avertir le public, la sonnerie retentit…
Et merde! Déjà le matin, c’est mon réveil qui sonne, une fois de plus ce fut un rêve!

Pour analyser plus en détail cette situation, prenez contact avec Sigmund Freud en cliquant sur ce lien http://d34.e-loader.net/JVQZKXIrVo.jpg

 

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UN REVE (Lorraine)

        C’est là-bas. Ce n’est ni la première ni la dernière fois que je  marche vers le Palais de Justice, monumental, écrasant, gigantesque.  D’un pas hasardeux, il faut le reconnaître car, je ne sais pourquoi,  les pavés gondolent .  Et quand j’avance, ils  s’entrechoquent, deviennent des marches inégales, branlantes, qui m’obligent à m’arc-bouter,  à me retenir même des deux mains pour ne pas tomber de la hauteur d’une falaise.

 

         Car à mesure que je progresse, les obstacles se disproportionnent, se quadruplent, me hissent sur un sommet de je ne sais quel monument, me redescendent soudain face à l’entrée béante du Palais de Justice où je pénètre enfin, soulagé.  Pas longtemps.  Les poternes se succèdent,  une enfilade d’accès s’ouvre devant moi,  j’en franchis un, il en surgit un second.  Je pousse le battant, derrière moi un autre se referme.  Je voudrais sortir, je ne peux.  D’autres personnes me croisent, sereines, ouvrant une seule porte et se retrouvant à l’air libre. Comment ?  Pourquoi ? Mystère !

 

         Moi seule fais du sur place.  Et quand enfin la dernière porte consent à me libérer,  je me retrouve d’où je suis partie, sur la place rocailleuse, devant le Palais de Justice monumental, écrasant, gigantesque !

 

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Un rêve bleu (MAP)

Dans le creux d'un coquillage

un rêve bleu s'est blotti

la mer en un doux tangage

l'a bercé toutes les nuits

 

Le rêve ainsi a grandi

c'est alors qu'un enfant sage

le trouvant, l'a recueilli

sur le sable de la plage

 

Ce rêve est-il incroyable ?

Je vous sens tout ébahi !

Cherchez donc sur le rivage

Vous risquez d'être surpris !

Coquillage en bleu

 

 

 

 

 

 

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Participation d'Anémone

REVE:
Radeau où je vogue
Eveillée et en fragile équilibre
Vers de réels et fantasques
Emerveillements

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Rêverie (Djoe L'Indien)

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Et si le rêve n'était
Qu'une partie de pêche
En solitaire ?








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A moins que ce ne soit
Tout bêtement ma foi
De n'être qu'une rose
Caressée de soleil ?







DSC_9241 
  Ou bien très simplement
  De n'être qu'un oiseau
  Qui vole au bord de l'eau ?

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Chute ou Envol ? (Vanina)

Van

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