Défi 163 (32Octobre)

 

-        T’as vu, ils ne savent pas quoi inventer ?

-        Moi, je trouve cela touchant

-        Touchant… tu aurais dit nian-nian…

-        Non, touchant…cela me fait rêver… comme certainement, celui qui l’a faite…

-        Tu me déçois

 

Dialogue que j’ai surpris alors que j’étais assis sur le banc tout à côté, ces deux-là ne m’ont même pas vu. Trop occupés à s’invectiver. Ils ne vieilliront pas ensemble !

 

 

 

-        Papa, maman, regardez ! c’est la maison à Lucky Luke !

-        Mon chéri, ne crie pas si fort. Le monsieur là-bas va croire que tu te moques de lui

-        Je ne me moque pas ! je suis sérieux ! je te dis que c’est la maison à Lucky Luke

-        Mais Lucky Like, c’est une BD… il n’a pas existé.

-        Dites, Monsieur, c’est vous Lucky Luke

-        Oui, mon garçon.

-        Qu’est-ce que je vous avais dit !

 

L’innocence de l’enfance. Quel plaisir d’entendre ces mots.

 

 

 

-        Bonjour, Monsieur. Je suis le journaliste du L’écho Maximois. Nous avons rendez-vous.

-        Bonjour, jeune homme. Qu’y a-t-il pour votre service ?

-        J’aimerai que vous me parliez de votre boîte aux lettres. Comment vous est venue cette idée ?

-        C’est une longue histoire. Vous avez le temps ?

-        Tout le temps que vous voulez…

 

Nous sommes rentrés dans la maison. J’ai sorti la bouteille de guignolet. Il a mis en route sa machine à enregistrer les mots et je lui ai raconté… Quand il est parti, la nuit tombait, il souriait comme un enfant.

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P comme proverbe (Adrienne)

 

 « L’ennui naquit un jour de l’uniformité », se dit Léo, instituteur à la retraite.

Alors il sortit ses couleurs et ses pinceaux, sa scie sauteuse et deux ou trois vestiges de jouets, puis passa un bel après-midi d’automne à faire de cette vilaine boite grisâtre imposée par la Poste un tabernacle digne de recevoir son courrier.

 Stagecoach

Le soir, satisfait de l’œuvre accomplie, il se repassa une vieille cassette avec John Wayne …

 

http://www.youtube.com/watch?v=MskUuuxncAo

 

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Schizophrénie (Joe Krapov)

- Cette semaine vous aviez le choix entre :

AVANT LEURRE C’EST PÂLEUR, APRES L’HEURE C’EST PUS RECELEUR

- Oh, dis donc , t’as vu, Loreille, la belle boîte aux lettres ?
  Je la piquerais bien pour ma collection !

- Mais enfin, Lardu ! Ce serait du vol à la roulotte !

DDS163_roulotte

et

RENVOYER CHEZ EUX ( ???) LES ROMANICHELS

Puisque tous les chemins ne mènent plus à Rome
Et que l’on crie haro sur nos déplacements
Qui alimentera vos désirs de romans,
Vos scénarios de peur et vos rêves de chrome ?

Quelle main raclera le violon sans racines 
Pour animer la noce ou fleurir les marchés ?
A quel charme malin irez-vous raccrocher
Ce que nous accolions aux magies enfantines ?

Le monde licencie, les chiens sont dans les niches,
Le scénario charrie la morne loi des riches :
Semer la haine, éliminer, hurler « chaos » !

Voler des poules est crime à trop petite échelle.
La valise bourrée  rapporte bien plus gros
Et la vente des armes est tout sauf criminelle !

Une espèce de hara-kiri du clown, en quelque sorte !

- Tu aurais pu aussi botter en touche et chanter ceci :

 

- Aussi ! Avec un peu de chance Sebarjo l'aura fait !

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Un Facteur aggravant (Sebarjo)

 

Je venais de déménager. Pour être un peu plus tranquille, un peu plus au vert.

Je m'étais installé dans l'Aveyron, dans un joli petit village, planté sur une colline. Un vieux château moyen-âgeux surplombait la ville qui serpentait sur la crête de son mont ascendant.

Une jolie petite maison en pierre avec une vue extraordinaire. Tout était splendide ici. Je surplombais un petit bois qui longeait paresseusement les méandres de l'Aveyron qui coulait plus ou moins langoureusement aux pieds des murailles de notre fief. C'était vraiment magnifique. Un petit paradis se dressant au-dessus de notre terre.

La maison était petite mais suffisamment grande pour y vivre à deux. Une grande pièce au rez-de-chaussée, à l'étage un ancien grenier à blé aménagé en chambre à coucher. Il y avait tout ce qu'il fallait. Une cheminée, un petit jardin qui nous permettait de faire un mini-potager, une ancienne poulie qui faisait office d'ascenseur.

J'avais un peu personnalisé les lieux. Et entre autre la boîte aux lettres. Il y avait quelques jours encore, j'habitais un peu plus au nord – même de la Loire- dans un drôle de petit patelin, Saint-Marin d'Abbat. On surnommait ce lieu incroyable - qu'une départementale en ligne droite traversait - le village aux boîtes aux lettres. Et pour cause ! Chacun y personnalisait sa boîte aux lettres ! Un vrai jeu de piste pour facteur novice !!!

Alors, c'est vrai qu'une des premières choses que j'avais faites en arrivant ici, c'était d'installer mon ancienne boîte aux lettres. Elle était tellement belle. Une roulotte lunaire, bleue aux volets rouge avec des Z qui les zébraient, comme des ron-rons de gens qui aiment dormir grassement le matin.

Elle avait un succès fou auparavant... Mais là... Elle n'était pas au goût de tout le monde...

Et au premier chef, du facteur...

La preuve avec le premier courrier que je reçus. Qui donc pouvait m'écrire déjà ???

C'était le facteur.

Voici ce que sa plume m'adressa :

 

Monsieur,

votre boîte à recevoir votre courrier a peut-être une jolie allure mais ce n'est pas cela qui fera accélérer l'allure des plis postaux qui y sont destinés. Et ce n'est pas la forme cubique d'un quatre roues qui fera avancer plus rapidement les choses !!! Croyez-moi, j'en ai vu d'autres, et en matière d'esthétique, elle ne vaut pas un pli !

Car je suis fidèle au (et à la) poste, j'accomplirais bien évidemment ma tache avec attachement, mais tâchez-vous même de ne point entâcher la grandeur postale (souvenez-vous de l'aéropostale, il y en a qui sont morts pour acheminer votre courrier !)

Veuillez ne rien recevoir du tout !

Signé,

A son grand dam, le facteur de monsieur !

 

Eh bien, quel accueil ! Mieux valait ignorer tout ceci et se la jouer lettre et le néant !

Le lendemain, je ne pensais déjà plus à cette histoire et prenait mon petit déjeuner. Il était à peine onze heures, j'avais décidé d'être un peu plus matinal... Quand soudain, j'entendis deux coups sourds contre la porte d'entrée – assez balèse car brute de mélèze.

Sans me lever, je lâchai un joli « Entrez : » bien sonore.

Rien.

Je finis par l'ouvrir moi-même. Elle n'était même pas verrouillée. En plein dans son milieu était punaisé un papier sur lequel on pouvait lire :

Le facteur frappe toujours deux fois AH AH !!!

 

Ce n'était point l'oeuvre d'un corbeau mais de mon nouvel « ami », qui vadrouillait à bicyclette de boîte à lettres à boîte lettres.

Finalement, c'était gentil de sa part. Il me signifiait ainsi qu'il m'avait posté une deuxième lettre. Oui c'est cela il devait être gentiment timbré et peu recommandé de l'envoyer valser...

Effectivement, lorsque j'ouvris le coffre de ma roulotte-boîte aux lettres, je découvris un nouveau courrier... Il s'agissait d'une vieille enveloppe jaunie par le temps ( del'aéropostal certainement). Je la décachetai et pus lire ceci :

 

le_deserteur_manuscrit

 

 

 

Une jolie farce car si je ne logeais point à l'Elysée, j'habitais rue des alizés...

 

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Participation de Célestine

Dès potron-minet, les chats du quartier assis en rond chauffent leurs moustaches aux rayons vanillés du printemps. Les gouttières perlent de l'averse de la nuit, l'aube fait frisotter les brins de pelouse.

-Et au fait, les gars, elle habite où ça, la nouvelle,  là, la rouquine ?

 

-T'es bien curieux, Méphisto ! Ne me dis pas que tu en pinces pour cette bourgeoise au pelage carotte ? Elle n'est pas pour toi,  tu t'es bien regardé ?

 

Celui qui vient de dire ça prend des mines de fin connaisseur. Un matois aux yeux fendus en pistaches. C'est Arsène, le chat de la Mairesse. On dirait qu'il s'est déjà réservé les faveurs de la belle.

 

-Moi je sais où elle crèche ! Dans la petite maison grise à l'entrée du village ! dit Homère, le gros chat blanc de Lucienne, l'épicière, un diabétique nourri à la crème et aux berlingots,

 

-Il est bizarre le type qui s'est installé là. Pas catholique. Patibulaire mais presque...

 

-Ha ha ! Très drôle, Méphisto, mais elle n'est pas de toi, pontifie Waterloo, le chef de la bande, un greffier sérieux comme un pape, borgne, et pelé comme un kiwi.

 

-En attendant, je le trouve louche, moi aussi, ajoute Lexomil, le chat du pharmacien...

 

-Chut! la voilà !

 

-Elle est quand même sacrément belle, cette minette, se pourlèche le pauvre Méphisto pendant que ses congénères se tiennent les côtes devant son air déconfit.

 

-Croyez-vous que je ne vous entends pas, messieurs, aiguiser vos griffes sur mon dos et celui de mon maître ? Sachez que celui-ci est le meilleur des hommes. Il m'a installé chez lui une vraie petite maison rien que pour moi...une jolie maison en forme de roulotte, dit la rouquine en levant son fin museau vers le soleil.

 

-Pff, tu parles, dans la boîte aux lettres...

 

-Et pourquoi pas ? De toutes façons, il ne reçoit plus de lettres... La chatte, pensive, marque un temps d'arrêt.

 

Si vous l'entendiez quand il me joue Chopin au piano, ses cheveux soyeux en bandoulière! Il me sert dans des assiettes de satin, il m'accroche des perles de lune dans le cou. J'ai de petits mouchoirs de miel pour m'essuyer les babines, et de doux chaussons de guimauve pour défroisser mes pattes au crépuscule. Ma petite maison bleue est tapissée de velours et des calicots de brume rose pendent aux fenêtres. Il me traite comme une reine.

 

-Ben, dis donc, la rouquine, tu es donc toute sa vie! soupirent tous les chats en chœur .

 

La jolie petite bête a fait son effet dans le cercle des matous.

 

Ils restent cois. Plus aucun n'ose parler.

 

-Il est veuf. Et à propos, mon nom est Desdémone. C'était le nom de sa femme. Une belle rousse.

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CORRESPONDANCES (Joye)

étrange cabale
ta bal gitane
voyage partout
en caravane
un peu timbrée
sans enveloppe
ton beau refrain
jamais ne stoppe
et cartes sur table
pour les lettrés
destin de l'air
bien envoyé
ta bal gitane
un peu étrange
voyage chez moi
comme un bel ange

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Défi 163 (KatyL)

katy163

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Courrier savant (MAP)

Dedans ma roulotte

Miss IVE mène la danse

du courrier savant !

Courrier savant

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La boite aux lettres (EVP)

 

Accrochée pas trop loin de la porte,

J’ai mis une boîte aux lettres, rigolote

Elle est en bleue en forme de roulotte.

J’attendais ainsi de jolies lettres

Et des poèmes de petits maîtres.

 

Las ! Ce matin m’écrivent les impôts,

Et ce cher trésor tout aussitôt.

Hier c’était l’assurance auto.

Demain la facture de l’électricien,

Après celle, inouïe, du mécanicien.

 

Si ça continue dans la même veine,

J’ôte ma roulotte et l’envoie dans la plaine.

Non que ces courriers me fassent peine,

Mais pour ce qui est des déclarations,

Plutôt mots d’amour, que taux des contributions.

 

Mais bon, avec ses jolis volets orange

Qui, avec le bleu, font un bien joli mélange,

Je la garde, si jamais m’écrivait un ange,

Pourrait rire avec moi de ces courriers austères,

Et nous ferions ensemble de bien plus jolis vers.

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