01 octobre 2011

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Docanard

Venise ; Ristretto ; MAP ; Mamido ; Vegas sur sarthe ; EVP ;

PHIL ; Célestine ; Sebarjo ; Joye ; Zigmund ; Adrienne ;

Joe Krapov ; titisoorts ;

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quoi de neuf docteur ? (titisoorts)

 -bonjour Docteur .
- Oui, Bonjour, je suis assez intrigué, de vous entendre parler.Un canard qui parle.
- He bien, j'ai des maux qui me bloquent ,j' ai tant à dire. Je présume, que je m'allonge sur ce divan.
- Je vous en prie.
- Voilà, tout à commencé, lorsque mes parents ont vouluent que j'aille à l'école. J'ai subi toutes sortes de railleries, de moqueries " on va te bouffer" ou bien, le grand jeu était à celui qui m'arracherait le plus de plumes.
- Vous étiez la bête de foire, un canard qui parle.
- Oui d'accord, mais je pensais, que vous, les hommes avaient fait la part des choses.Vous avez pourtant aimé un canard qui parle.Mon grand père était connu de tous, Saturnin. Lui, il a reussit, c'était une vedette, vous étiez aux petits soins pour lui. Mais comme toutes les stars, il n'avait plus de moment à lui, un autographe par ci, une photo par là, une plume en souvenir.Il a fini par se terrer, ne plus sortir. Je  n'ai pas voulu de cette vie, alors j'ai fui. Je suis parti à l'aventure, droit devant, découvrire le monde, de mes propres ailes. Et c'est à ce moment là, que je vous ai découvert, vous les humains. Je traversais les villes, à la tombée de la nuit, et, dans les vitrines, je voyais du foie gras, mon foie, ma carcasse. Imaginez, vous vous balladez dans une ville et là vous y voyez des cuisses humaines confites, du foie,des morceaux de viandes, votre propre corps. Je ne le supportais pas. A travers la vitrine, d'une librairie, je voyais des recettes de cuisines pour me préparer à l'orange, photos à l'appuis.Cuisinez à la graisse de canard ! vous voulez que vous récupere vos déchets de liposuction et que je fasse cuire vos frites avec. Il y a aussi la reine de coeur, la sorciere, l'ogresse, lorsque je la voie à la télévision, j'en ai peur: c'est Maïthé de Rion des Landes, un coup de hachette par ci, un autre par là.J'en ai les plumes qui se relèvent. Il y a aussi une chanson, je vous débite tout d'un bloc docteur, donc, je disais qu'il y a aussi une tête que je voulais mettre à prix (wanded)c est celle de J.J Lionel, le chanteur de la danse des canards. Je n'en peu plus de l'entendre, qu' on lui tords le cou. Un jour, dans mon périple, je me suis approché d'une ferme, et là, j'ai vu des canards de basse cour. Je voulais juste discuter, en savoir un peu plus sur eux. ils ont commencé à m'attaquer, avec leur bec puissant. Ils arrivaient tous sur moi, je commencais à paniquer, j'ai regardé autour de moi, rien, rien pour se défendre ,pas un outil, pas de quoi casser, trois pattes à un canard. Alors ,comme je fais dans ces cas là, je fuis. J'avais peur. Peur surtout des poulets, une nuit, je dormais non loin d'un clochard, dans une maison en carton, moi, le roi du duvet. J'avais froid et faim. Heureusement, je leurs ai toujours échappé, d'autres, n'ont pas eu cette chance, toutes les semaines, je voyais dans les journaux " le carnard enchaîné." J'étais toujours à me mefier, J'avais l'impression d'être comme l'histoire que me racontais mes parents le vilain petit canard, jamais à sa place. Un mois, je me suis caché dans un parc, au milieu, d'autres canards dans une mare. Une dame venais me donner à manger tous les jours . Elle semblait seule et triste, j'ai fait le pas, je suis allé lui parler, apeurés tous les deux. Depuis, je vis chez elle, nous nous tenons compagnie, je la sens heureuse, heureuse de pouvoir partager sa vie, même si c'est avec un vilain petit canard, et moi je suis bien.

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Yoyo le canard iatrophobe (Joe Krapov)

- COIN COIN !
- Bonjour Docteur !
- COIN COIN ?
- Oui, ça va très bien, merci.
- COIN COIN COIN COIN COIN ?
- Oui je viens prendre ma tension des ailes, comme d’habitude.
- COIN COIN COIN COIN COIN COIN ?
- Que je retire mes palmes académiques avant de m’allonger ? Si vous voulez !

Le docteur Piqueblé lui prend la tension

- COIN COIN. COIN COIN COIN COIN.
- Un électrocanardiogramme ? Je ne pense pas avoir subi un supplice comme ça ! Ah si, peut-être, la première fois que je suis venu vous voir.
- COIN COIN COIN COIN COIN COIN. COIN COIN !
- Si vous voulez !

Il retire ses chaussettes. Le docteur lui passe des espèces de bagues aux pattes, lui pose des ventouses sur le jabot, attache les fils de sa machine à une espèce de boîte à ryhtme.

- Docteur, vous avez vu comme c’est drôle ! J’ai l’air d’un canard enchaîné !
- COIN COIN COIN. COIN COIN COIN COIN COIN COIN. COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN ! COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN ! COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN COIN !
- De l’arythmie ? M’envoyer chez un canardiologue ? Si vous voulez ! Ca ne va pas arranger le stress que je développe à chaque fois que j’entre dans un cabinet médical ! Mais si ça peut vous faire plaisir, j’irai !
- COIN COIN COIN COIN ?
- Non, merci, je n’ai besoin de rien d’autre. Je vous dois combien ?
- COIN COIN COIN !
- 36 oranges ?! 36 au lieu de 23 à cause de votre corde à nœuds électrique qui secoue les plumes? Eh ben dites donc, c’est fort de café ! Vous vous sucrez bien sur le dos des canards, vous !


Yoyo paie, rajuste son col vert et sort. Une fois dehors il pense : « C’est bien parce que j’ai reçu une bonne éduckation chez M . Krapov à l’animalerie de l’Université de Rennes 3 que je me tais mais un jour il faudra que je lui dise quand même que je suis iatrophobe ! Et puis les toubibs, non seulement on ne comprend rien à ce qu’ils écrivent sur l’ordonnance mais en plus j’entrave que couic à leur langage à la con ! ».

Rentré chez lui il prend rendez-vous avec le canardiologue.

« Pas avant le 26 octobre ! », répond la secrétaire.

Ca lui en bouche un coin, ça lui cloue le bec. De quoi se ronger les ongles au sang si jamais c’était grave. Un mois d’attente, ça te laisse tout le temps qu’il faut pour faire une bonne crise canardiaque des familles !
 

DDS161_canard_savant

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C comme canard (Adrienne)

En ouvrant la porte de communication vers la salle d’attente, ce lundi en début de soirée, le docteur L*** jeta un œil fatigué vers la rangée de sièges disposés en face de l’étagère aux magazines. Il y avait là déjà cinq personnes : trois habitués et une dame avec un enfant qui toussait. Il leur fit un salut rapide, de la tête, puis dit son rituel :

- C’est à qui le tour ?

Il vit que tous les regards convergeaient vers sa gauche : sur le siège du côté de la porte de son cabinet était assis un canard. Un beau spécimen mâle de canard colvert, qui sauta de la chaise en un seul coup d’ailes et s’approcha de lui en se dandinant :

- C’est à moi !

Avait-il réellement entendu ces mots ou était-ce le fruit de son imagination ? Le manque de sommeil, la fatigue accumulée de ces longues journées de travail, ces kilomètres de route, ces appels la nuit, tôt ou tard ça se paie, il était bien placé pour le savoir. D’ailleurs, il ne laissait plus à Parpalaid, son ami et confrère, l’occasion de l’ausculter : il avait trop peur de ce qu’il pourrait entendre.

 Il tenait toujours la porte ouverte en regardant ses patients d’un air un peu hébété mais aucun ne réagissait : seul leur magazine, pourtant vieux de bientôt deux ans, semblait les intéresser, et sur les genoux de sa mère, l’enfant geignait entre deux quintes.

Il referma la porte de communication, fit le tour de son bureau pour s’asseoir à sa place et constata que le canard était déjà installé sur le similicuir d’un des deux sièges en face de lui. Avec l’air expectatif du patient qui est prêt à raconter son histoire. En tout cas, c’est ce qu’il crut voir dans la pose de l’oiseau.

- Que puis-je faire pour vous, demanda-t-il, bien décidé à ne plus s’étonner de rien. Au plus tôt ce canard serait ressorti de son cabinet, au mieux ce serait, pensa-t-il. La lassitude, il en aurait juré, lui donnait des visions.

- Voilà docteur, fit la bête d’une voix presque humaine. En fait, ce n’est pas pour moi que je suis là, c’est pour mes colocataires. Il faut absolument que vous veniez en consultation à notre domicile.
Je vous aurais bien téléphoné, pour ne pas vous faire perdre du temps dans votre cabinet, mais vous comprenez qu’il m’est assez difficile de former les numéros. Pourriez-vous venir lundi matin ? C’est assez urgent.

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consultation hors normes (Zigmund)

consultation hors normes

-"Le véto c’est à l'autre bout de la rue"  ai-je marmoné en voyant le trio  improbable entrer dans mon cabinet.

- Mais, docteur, c'est le véto qui nous envoie et nous avons pris rendez vous pour Hadrien .

-Quoi ? Hadrien Derien …c’est … ça ? j’avais flairé la blague en regardant le nom sur l'agenda …

-écoutez docteur c’est sérieux : Hadrien est le clou de notre spectacle …

-et qu’est ce qui vous fait croire que je soigne les canards colvert ?

-ben , l’an dernier vous avez déjà soigné le cheval de notre petit cirque…

-je me souviens, ça avait été hippique …euh pardon épique…Bon alors ce canard ? j’en fais quoi ? il a besoin de lunettes ?…

-ben... peut être, parce qu’il se cogne  partout , et s’il voit mal , nous on est mal parce qu’il mène les autres  canards pour une chorégraphie

-la danse des canards I presume ?

-non docteur le lac des cygnes, soyez chic, tout le monde sait que vous aimez l’ophtalmologie vétérinaire…

-oui mais là c’est chaud pour lui faire une skiascopie et après, pour les lunettes, on va rigoler...

SKiascope------ancien

Désarmé, j’ai donc saisi mon skiascope, réduit la fente lumineuse au maximum … le volatile se tenait coi(heureusement pour lui ! ) j'ai intercalé mes réglettes de verre, ombre en masse à – 3 … l’est  myope le bestiau…le fond d’œil semble normal...le dépistage du glaucome c'est impossible ici (la conscience professionnelle a des limites)

"Bon, les amis,  pour les lunettes,  j’ai une idée : vous récuperez un chaperon de fauconnerie *,  vous faites découper le cuir  et vous demandez à l’opticien de se débrouiller pour incorporer de chaque côté un verre de –2  et vous lui dites de faire au mieux pour le centrage, je sens qu’il va adorer la blague l’opticien …il va encore dire : qu’est ce que c’est que cette vraie connerie ?"

 

*un skiascope est cet instrument qui sert à déterminer la puissance des verres à prescrire(en particulier pour les bébés, les enfants, et ça marche aussi sur les animaux )

** un chaperon c’est un masque de fauconnerie photo empruntée àchaperon

http://dp.mariottini.free.fr/carnets/dubai/rapaces/chaperon.htm

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N'EST-CE TORT QUI VEUT (Joye)

Le canard savant me semblait bien portant et ne présentait aucun des signes habituels d’un problème de santé.

Avant de parler avec lui, je fis un bref  bilan visuel du patient :

  • Peau rèche ?  Non.
  • Lèvres/ongles bleuâtres ?  Non.
  • Pouls rapide ou irrégulier ? Non.
  • Yeux jaunâtres ?  Non.
  • Anormalités évidentes ?  Non.

Je commençai alors l’entretien oral.

- Alors, monsieur Dafí…

- C’est Duc.

- Vous êtes un duc ?!?

- Non, mon nom de famille, c’est Duc. Dafí, c’est mon prénom.

- Ah, excusez-moi !  Je corrigeai le nom sur le dossier.

- Pas grave.

- Bon, continuons. Pourquoi est-ce que vous consultez ?

- Ben, voyez-vous, par-dessus de mon aile, je perds mon sang.

- Ah bon ?  Montrez-moi exactement où vous avez mal, s’il vous plaît.

Il leva l’aile droite et, visiblement, il y dégoulinait du sang. Le noir de ses plumes avait caché cette évidence pendant le bilan visuel. Je notai.

- Mais ! Comment cela s’est-il produit ?

- Le fils du roi chassait sur l’étang derrière de chez moi. Il me visa.

- Il ne vous a pas tué, c’est quand même ça ! je lui dis en gribouillant mes notes. Malheureusement, il n’y avait pas de cases à cocher pour décrire sa situation.

- Non, il tua mon copain.

- Ça alors ! Et vous avez téléphoné à la police ?

- À votre avis ?

- Ah non, euh…je vois…  Je me raclai la gorge et pour cacher mon embarras, fis semblant d'encore écrire.

- Alors, monsieur Duc, il va falloir que vous voyiez un chirurgien.

- Vous ne pouvez pas m’aider ?

- Non, hélas, vraiment pas. Je hochai la tête.

- Et pourquoi donc, vous n’allez pas au moins me laisser mourir dans mon coin !

- Monsieur Duc, je ne peux rien faire pour vous !  Vous voyez bien, je ne suis pas chirurgien, je ne suis que canardiologue…

- Ah, me regarda-t-il avec mépris. Mais votre cœur à vous n’y est pas ?

- Bien vu.

- Vous êtes opticien ?

- Non, pourquoi ?  

Ses petits yeux brillaient étrangement. J’écris encore mon observation sur son dossier. Le canard attenda que je finisse d’écrire et puis me fit, brusquement :

- Vous connaissez alors le nom d’un chirurgien ou pas ?

- Je pense bien, je vous file l’adresse de mon ami Mégret.

- Mégret de Canard ?

- Oui ! Vous avez entendu parler de lui ? 

- Vous vous fichez de mon bec ?

- Mais non, je vous assure, monsieur Duc…j’adore les canards, j’en connais plusieurs à Orange, ce sont des individus délicieux…

En ce moment, je pensais bien que mon patient allait me rentrer dans les plumes, Je pris hâtivement mon petit bloc-notes, mais avant de pouvoir lui noter l’adresse de mon collègue, je vis partir mon patient sur ses deux pattes encore boueuses.

Je regrettai. Je n’aurais pas dû le laisser partir comme ça, il n’était vraiment pas dans son assiette.

Le pire, par contre, c’est qu’il prit le dernier Canard enchaîné avec lui et nous ne sommes que jeudi.

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Le médecin magret lui (Sebarjo)

Le Médecin magret lui

 

Cette nuit j'ai fait un rêve étrange. J'étais médecin. Malgré moi. Rien que ça, c'est vraiment bizarre.

J'exerçais loin de mes terres natales puisque j'avais installé mon cabinet aux pieds de grottes préhistoriques, en plein cœur du Périgord noir.

Tout cela semble à peu près normal... Le plus surprenant arrive.

J'étais assis à mon bureau de consultations, l'air paisible du type qui n'est jamais malade (l'air médecin tout simplement) tout en écrivant sur un papier d'ordonnance des phrases illisibles.

A un moment, je me lève pour aller chercher mon nouveau patient qui devait trépigner. Et là, grosse surprise en ouvrant la porte.

Mais c'est un canular ! M'écriai-je.

Non, un canard, me répondit l'individu qui se trouvait en face de moi.

Et effectivement, c'était réellement un gros canard bien grassouillet qui me faisait face et qui de surcroît, me parlait...

Je compris alors que j'étais bel et bien plongé dans un songe profond.

Je lui demandais alors ce qu'il voulait et voici ce qu'il me répondit, en chantant :

Y'a eu la Danse des canards
Maintenant y'aura le Rock des oies
Car on en a marre (à canards !)
De se faire engraisser dans la joie
Qu'on dise quoi qu'on fit (de canards !)
Ça nous gave grave, foi de canard !

Un deux
Un deux trois

C'est le Rock des oies
Qui en ont marre de faire du foie gras
C'est le Rock des oies
Qui en ont marre de tout ça

 

On fait la grève de noël
On veut plus trôner
Dans la belle vaisselle
On a décidé de danser
De chanter pour se révolter


Un deux
Un deux trois

C'est le Rock des oies
Qui en ont marre de faire du foie gras
C'est le Rock des oies
Qui en ont marre de tout ça

 

Ça au moins, dans un rêve comme ça, on se marre ! C'est sûr, on est loin du cauchemar ! Et ça m'en bouchait doublement un coin... Mais ce rêve avait beau être complètement f(l)ou, je lui demandais :

-Elle est bien jolie votre chanson, mais que puis-je faire pour vous et vos oies blanches, moi qui ne suis qu'un pauvre médecin de campagne ???

-Docteur, j'ai besoin de vous. Je crois que je suis en train de filet un mauvais coton, bien magret moi... J'ai le gésier dans les pilons ou inversement. Ça me plie en deux à un tel point. Je suis obligé de marcher avec une cane ! Je digère mal comme si j'avais un cou dans l'aile. Et ça m'énerve ! Il faudrait me palmer !!! Eh oui, je crois que je fais une crise de foi(e) car j'en ai assez qu'on prenne les canards sauvages pour des enfants du bon dieu !

 

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Méfiez-vous des caramels mous (Célestine)

Méfiez-vous des caramels mous...
Par Célestine

Connaissez-vous ces blagues idiotes que l'on trouve dans certains caramels mous ?

Mon fils, du haut de ses sept ans triomphants, me posa un jour ce dilemme crucial, la diction légèrement enzozotée par sa friandise :

« Papa, écoute : dans la série « les soix impossibles » : préfères-tu, toute ta vie, être suivi par trente canards, ou avoir des zambes en mousse ? »

Je croisai son regard d'un bleu candide. Le caramel baignait ses dents, dont trois manquaient encore à l'appel, dans un jus marron de bave collante, lui donnant un sourire béat un peu répugnant de Quasimodo. Il attendait visiblement une réponse.

-Euh...Ze soisis...pardon je choisis... les trente canards ! lançai-je un peu vite, avec un faux air sérieux, cachant mal mon envie de me débarrasser de mon importun gamin. C'est que j'avais du travail, moi!


C'est ce jour-là que j'aurais mieux fait de me casser une "zambe". Au moment exact où j'ai ouvert la porte de la salle d'attente...

-Docteur Martinot ? a dit une voix. Une étrange voix nasillarde.

Je regardai ahuri les chaises vides, quand un palmipède émergea en claudicant de sous la table basse.

-Ce n'est pas trop tôt ! dit-il, n'attendant pas que je l'invite à pénétrer dans mon cabinet.

Je m'épongeai le front.

-Dites-moi que je rêve !

-Mais pas du tout, jeune homme, le rêve étant l'ensemble de phénomènes psychiques éprouvés au cours du sommeil, et par lesquels s'exerce l'activité nocturne du cerveau, il ne saurait être question d'onirologie ici. Vous ne rêvez point.

-Tu parles !

-Mais bien évidemment que je parle. La parole étant le langage articulé symbolique destiné à communiquer la pensée, s'adressant à un interlocuteur pouvant être éventuellement soi-même, et permettant d'exprimer des besoins, pensées, sentiments, souffrances ou aspirations, nous pouvons considérer que je possède ladite parole.

-Je suis dermatologue, je ne vois pas ce que vous attendez de moi, dis-je en reluquant ses plumes d'un beau noir doré.

-Ah ! La dermatologie ! La science de la peau, des muqueuses et des phanères, habituellement associée à la vénérologie...Non, mon derme et mon hypoderme vont très bien, je vous assure, mon derme réticulaire, papillaire, ma membrane basale, mon stratum granulosum...se portent à merveille.

-Mais je nage en plein délire ! Que désirez-vous , à la fin ?

-Délire...perturbation globale, parfois aiguë et réversible, parfois chronique, du fonctionnement de la pensée...Désir...effort de réduction d'une tension issue d'un sentiment de manque...

-Ça suffit ! hurlai-je excédé.Vous me faites perdre mon temps !

Je sentais la sueur inonder mon front d'eau glacée.

-Voilà que je parle à un canard, et en le vouvoyant en plus...non mais ça va pas, moi...

-Perdre votre temps ? Voulez-vous dire ce concept développé par l'être humain pour appréhender les changements du monde, ou bien l'ensemble des conditions physiques des basses couches de l'atmosphère à un moment précis et en un point précis ?

-Tu vas me faire le plaisir de dégager d'ici, Saturnin, et rapidement ! dis-je en attrapant l'emplumé qui me mordit cruellement à la main gauche.

-Aïe!

-Sachez monsieur, que je ne suis pas un canard ordinaire ! Je suis un fuligule à collier de la famille des Anatidés de l'ordre des Ansériformes. Et vous allez payer votre audace !

Il avait l'air furax.

Il sortit d'un air digne et outragé.On aurait dit une duègne offusquée.

Je me laissai tomber chancelant dans mon fauteuil de cuir noir.

Un silence étrange régnait dans le cabinet.

On sonna.

Je traînai les pieds jusqu'à la porte en massant ma main endolorie.

J'ouvris.

Et je les vis. Rangés en file indienne sur le trottoir. Une file d'attente de cauchemar, un concert de claque-becs caquetants et volubiles.

-Ce n'est pas trop tôt ! dit celui qui se trouvait le plus proche de la porte. Il portait le numéro 29. A côté de lui, le fuligule ricana, avec un regard vénéneux.

 

 Je m'évanouis.




Photo internet

Merci à Wikipédia pour avoir instruit mon fuligule...

Merci à Pierre Palmade pour m'avoir prêté quelques éléments de son sketch que j'adore.

Merci à C*r*mb*r  pour les blagues dans la série "choix impossibles".

 

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Fred erre peut-être encore dans les catacombes (PHIL)

J’ai osé regarder un truc à la télé, l’autre jour, complètement idiot. Pourtant j’ai bien ri, parce que je suis bon public. Personnellement, une histoire absurde et des images kitschissimes, ça me convenait parfaitement. Je retombais en enfance, quasiment, enfin disons en adolescence. Imaginez-vus en effer que j’ai regardé « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ». Vous vous rendez compte ? Je sais que mon épouse a du mal, avec ce genre de niaiseries. Moi, à petites doses, j’aime assez. Je ris. Parce qu’il faut bien avouer que cette histoire est complètement crétine. Mais Bernard Blier, André Pousse, Marlène Jobert. Et encore Françoise Rosay en mémé flingueuse. Et Paul Frankeur. Et Robert Dalban. Un casting de régal. Un régal de casting. J’ai ri, je vous dis.

De toute manière, il n’y avait tellement rien sur les chaînes de télé dites conventionnelles, que j’ai consulté les pages suivantes dans le programme. Et je suis tombé là-dessus. J’ai appuyé sur le numéro 8 de la télécommande, et hop. C’est assez inhabituel, hein. Je ne sais pas si vous, mais moi ça me casse saintement les pieds de supporter des interruptions publicitaires et intempestives. Même si le scénario du film est si mince qu’on peut voir à travers. Alors pour ça, la 8, le moins souvent possible. Je suis allergique à la pub. Heureusement que je suis loin d’être un accro de la télé. En plus, ces couillons là, ils nous ont zappé le générique de fin. Seigneur ! Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

Je me souviens avoir vu ce film la première fois il y a fort longtemps, je crois que c’était un soir de réveillon. Il y en a qu’on passait devant la télé, chez mes parents. J’imagine avoir été le seul à me délecter de ce monument cinématographique qu’était « Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages ». J’imagine que ma mère avait dû se réfugier promptement dans la cuisine, et que mon père et mon oncle avaient continué de s’asséner des vérités politiques digne du café du commerce. Mais bon sang, qu’est ce que j’avais ri.

Comme on le voit, il faut plus qu’un peu d’absurdité pour me décourager. Mais de là à raconter une histoire de médecin auscultant un canard savant… Non, je ne vois pas. Faudrait quand même pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.

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Canard savant (EVP)

Crise de foi

 

-          Entrez, Monsieur ?
-          Saturnin Eider.
-          Je vous en prie, asseyez-vous. C’est joli ce col vert, on dirait un vêtement mandarin. Mais dites-moi ce qui vous amène.
-          Et bien, rien ne va bien fort, et mon moral est au plus bas. Je nasille comme un…
-          Canard.
-          Oui car j’ai le cou farci de bactéries, dès qu’il fait un froid de…
-          Canard.
-          J’ai le bréchet tout rabougri. Je me dandine comme un…
-          Canard.
-          Car j’ai les pieds à 10 heures 10 et un peu palmés en plus. J’ai beau mettre mon duvet de…
-          Canard.
-          Je tremble magret tout. Je fais de la graisse de …
-          Canard.
-          Me dit ma charmante épouse sarladaise, bientôt, il me faudra un manchon de…
-          Canard.
-          Pour me réchauffer les menottes. Mes cuisses sont toutes confites à force d’écrire assis.
-          Mais quel est votre métier Monsieur Eider ?
-          Je suis journaliste à « Gluons et Bosons ».
-          Ah oui ! Un canard très savant.
-          Oui, mais le problème, c’est que l’on vient de pilet la théorie qui maintient l’univers !!
-          Allons, allons, je vais prendre une spatule pour examiner votre gésier, il ne faut pas vous faire de bile, cela pourrait nuire à votre foie déjà bien gras. Dites coin-coin…
-          Ah ! Mais c’est que vous ne connaissez pas les chercheurs, ils vont tout recommencer à calculer. Il me faudra tout réécrire, c’est une barbarie ! Déjà que je n’y comprends goutte !!
-          Tiens, c’est bien ça, mettez donc une goutte d’armagnac sur un canard, avec le café c’est excellent…
-          Et pour le reste, docteur ?
-          Je n’y peux rien mon petit canard…Enfin, évitez quand même le sud-ouest à Noël, on vous prendrait davantage pour un canard sauvage que pour un enfant du bon Dieu !!

 

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