30 juillet 2011

Dix-sept heures ... (Mamido)

Couple

Photo de Pierre Jahan

 

Dix-sept heures, une chambre. Au centre, un grand lit. Sur ce lit, un couple… Au milieu des draps froissés, deux corps au repos, la pose voluptueuse.

Devant la fenêtre, rien que le filtre du rideau, séparation fragile avec la vie du dehors et pour ces deux-là, pourtant, le sentiment d’appartenance à un univers rien que pour eux.

Le passage insidieux du soleil cependant, et avec lui, de la chaleur… une grande flaque sur le lit, un bain pour nos deux amants.

Plus de torpeur encore, de la béatitude sur leurs lèvres souriantes et dans leurs visages endormis… Le sommeil à deux, pour quelques minutes puis, au réveil, un regain de vigueur pour une ultime union, pleine de fureur…

Un subtil changement de la lumière du jour, annonce du soir. La disparition du soleil par derrière les toits, et avec, le rafraîchissement de l’air et l’apaisement des corps…

Cueillette rapide des vêtements, partout sur le sol de la chambre… Frôlements, doux échanges de regards, ébauches de caresses, soupirs de regrets…

Sortie dans les ruelles sombres et fraîches de la ville, main dans la main…

Sous le porche de la belle, un dernier et langoureux baiser…

Dans un souffle, une demande ou plutôt, une promesse : « Demain, dix-sept heures ?... »

 

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Les saisons du couple (Caro et Kloelle)

Caro

Les saisons du couple.


Tableau 1 Printemps

17 h. Un théâtre de banlieue, un décor, un lit vierge. Le va-et-vient d’un projecteur des coulisses au centre de la scène. Deux corps en creux, absents des draps blancs, moulage éphémère.

Dans la salle sombre, trois silhouettes au quatrième rang, le halo d’une lampe. Un nom Ménard. Un autre, celui d’une femme. Un couple, non l’ombre d’un couple. Fragile. Des mots, un dialogue crescendo, les trilles du printemps et les promesses, la lumière, les rideaux en arrière plan, le souffle d’un ventilateur, une valse d’embryons de poussière sur les tentures épaisses et passées. Le solde d’un vieux décor, lieu éteint d’un marivaudage peut-être. Brusquement, une main debout dans la pénombre. La course d’un stylo sur le carnet, des notes, encore des notes. Une voix tranchante, « Oui, rendez-vous demain, deuxième audition. Vous deux. Scène 1. »

Le silence et des pas lointains sur les lattes de bois inégales

 

Tableau 2 Eté

14 h. La générale. Le même théâtre de banlieue, un décor, un lit défait. L’invasion d’une lumière dorée. Deux corps sur le lit, l’un contre l’autre. Une musique pétrie de carreaux de mosaïques irisées sur leurs peaux claires, sur leurs corps drapés dans le tumulte des draps. Entre eux, un babil inaudible, syllabes lentement découpées jusqu’à la mélodie des mots d’entente. Un brusque rougeoiement, une fenêtre largement ouverte, le vent tiède en caresse sur la commode vierge, sur le chevet, sur le sol. Le couple dans un jour artificiel, l’un contre l’autre, boléro, valse, promenade, course et le bavardage des mains, des jambes, des hanches, des bouche. Et enfin des yeux.

Puis plus rien. Jusqu’au vagissement et l’éclair bleu sur le berceau au fond à droite.

Tableau 3 Automne

20 h. Pénombre. Une rumeur diffuse, le bruit des portes, des corps, grincements des strapontins, le murmure du velours rouge sous le poids des spectateurs. Derrière le rideau, le cliquetis des derniers réglages. Des hommes à la marche lourde et aux silhouettes longilignes, le choc d’un marteau sur l’éclat du bois, un juron.

Elle, Lui. A droite. Une main sur le rideau, tremblante. L’hésitation. La tirade, l’indécise, chausse-trappes menaçant, béante depuis trois semaines, nœud des actions et des dénouements: les mots-clefs, incontournables et périlleux. Le mouvement silencieux et répété de ses lèvres, à elle. Son regard. Leurs peurs communes, cet instant où… l’arrêt ou la mise en danger ? Trois coups. Une respiration tenue, les yeux clos, deux âmes tendus comme des arcs, en suspens. Le rideau rouge fendu, trois pas vers la lumière.

 

Tableau 4 Hiver

23 h. Dernière représentation. Les vacillements des lumières, les raclements des malles, des meubles. Des rires et des baisers sonores. Elle, accroupie. Sous sa paume le bois sale du plancher, nu, déserté, muet. Le noir, pas la pénombre, le noir solitaire d’un théâtre en exil. Les plaisanteries au loin. Juste Lui, une caresse muette sur ses cheveux pâles. Un soupir, un regret.

Main dans la main, sur le départ. Un ultime baiser à la scène. Un homme, un trousseau lourd à la main. La dernière lumière éteinte. Le tour de clef. L’ultime.

PS: photo issue du blog http://redsardine.over-blog.com/article--housse-de-couette-ma-meilleure-ennemie--42791074.html

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Occupation étrangère de NOTRE lit ! (trainmusical).

INTRODUCTION
Notre lit au milieu de la chambre.

PENDANT
Elle : son regard sur lui au centre du lit.
Lui : dans la détente avec elle.
Elle : dans la recherche du confort auprès de lui.
Lui : son corps contre elle.
Elle : délicieuse sensation.
Lui : son admiration en elle.
Elle : satisfaite de si belles caresses.
Lui : sa sensualité pour une bonne lèche.
Elle : ces poils dressés sous la finesse de sa langue.
Lui : la douceur.
Elle : encore et encore !
Lui : la délicatesse du plaisir.

APRÈS
Elle et lui : chacun de son côté dans le même lit.
Lui : des yeux fermés.
Elle : dans le dodo.

CRITIQUE
Elle et lui : le sans gène du squat de NOTRE lit !
Nous : notre pardon de cette occupation intempestive dans la compréhension d’êtres si adorables.

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Vieille cérémonie, nouvelle peau ? (Joe Krapov)

Souvenir suraigu dans le Chelsea hotel
Du satin de ta peau et des bruits de New-York,
Mamelons érigés, queues de poisson, sirènes
Et dans mon portefeuille une unique photo
De nous sur le trottoir.

O mon épouse gitane à la sauvagerie
Ardente du brasier des vieilles origines,
Mon absente chassée des fichiers de police,
A ce moment fatal des trois coups à la porte
Quelle révolution !

- Field commander Cohen ? Etat d'arrestation !

Et ta voix grave et suave
Et les trois coups de feu
Et la fuite éperdue dans le couloir livide,
La foule, le départ et la séparation
Pour les siècles des siècles

Souvenir suraigu de la chambre au Chelsea,
Des combats surannés,
Des ébats condamnés.
Ô Chambres anonymes,
Naissance, amour, décès,
Et vos murs, seuls témoins toujours quasi-muets
De notre humble vécu.

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Chelsea Hotel #2

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A bit crowded (Adrienne)

Rome, premier novembre. 17 heures, 17 heures trente, peut-être, et déjà la nuit. Une chambre d’hôtel; au centre, un grand lit et sur ce lit, un couple.

Lui, allongé sous les couvertures, l’air agonisant de l’homme légèrement enrhumé – ou de certains hommes, en tout cas – malade, donc, ou prétendument malade. Trop malade pour dîner encore avec elle ce soir-là.

Elle, sur le bord du lit, la tête dans les mains, les yeux secs et brûlants, le cœur à l’envers, anéantie. En état de choc. Avec des envies de « solution définitive ».

Vingt-sept ans de mariage sans le moindre nuage et le voilà amoureux comme un collégien.

Amoureux d’une autre, depuis le printemps dernier.

Rome, premier novembre. 17 heures, 17 heures trente, peut-être, et la fin d’un parcours. De grands mots sur de grands maux. Toujours… jamais… plus jamais.

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Presque rien (Captaine Lili)

Une maison, une chambre

17 heures à la pendule

Elle et lui, sur le lit, dans la chambre jolie

Les doigts en valse

Les corps en chœur

17 heures dix à la pendule

Une tête sur une épaule

Les bras de lui sur ses hanches à elle, belle

17 heures vingt à la pendule

Deux peaux, un souffle

Le lit comme une île

Le temps à l’arrêt… ou presque

Une maison, une chambre

17 heures et quelques

Un couple beau d’amour

Un presque rien de tendresse

 

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Action ! (Vanina)

Gros plan de la caméra - une montre sur le poignet avec manche de chemise du cameraman: 17h00; fond flou: parquet. Balayage vertical (bas en haut) - vue sur un jeune couple silencieux, elle: les cheveux longs roux détachés sur les épaules, lui: les cheveux bruns, pas très longs mais bouclés. Zoom arrière - le couple, nu (mais pudique) et à genoux, sur un grand lit aux draps blancs ouverts mais pas froissés; le lit de bois au centre d’une chambre aux murs de tissu beige, propre, lumineux; par la fenêtre un ciel bleu, au loin une tour d’acier et de vitres/miroirs. Augmentation du son - paix de la nature, chants d’oiseaux, insectes volants; en arrière plan sonore, tumulte de la rue, voix humaines, cris. Zoom avant sur le couple immobile - les yeux dans les yeux, pleins d’Amour réciproque, lui: les yeux bleus, elle: les yeux noisette avec des éclats de verts; respirations retenues: tension; les mains dans les mains: douceur et crispation confondues. Zoom sur les mains - vue sur les alliances en or. Son…- un bruit intense d’explosion. …au début du zoom arrière - une violente lumière orangée. Camera fixe le temps de voir - à la place du couple, des cendres avec les deux alliances. Chute de la caméra - vue rapide par la fenêtre, au loin la tour légèrement masquée par un ciel gris, poussiéreux. Plus aucun son… caméra au sol, plan fixe - vue sur la montre dans un tas de cendre au sol: 17h02.

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Une chambre en ville (Sebarjo)

Une chambre en ville


Hôtel des Amériques, deuxième étage, chambre avec vue Numéro 24, dite La chambre verte. Un lit sans dessus-dessous. Un homme et une femme... dessus-dessous.  17 heures...


Comme chaque dimanche, Le Beau serge retrouvant Sa Sirène du Mississipi, pour une histoire sans faim... Amour sans suite, l'amour en fuite, amour aux Baisers volés, sans toit ni loi ni Domicile conjugal, amour aux quatre cents coups tirés sur le pianiste, l'Amour avec La femme d'à côté...

Cléo de 5 à 7 pour une Nuit américaine. Une belle fille comme elle, choisie par pure maniaquerie cinéphile, par simple maniérisme cinématographique. Pour le goût des pellicules sans l'odeur de l'après shampooing et du sel laissé sur La peau douce par la nouvelle vague.

Faisant son Jules - et elle sa gym - te voilà encore un Enfant sauvage, un de ces Barons perchés italo-calvinaux, dépensant sans comté ton Argent de poche pour tous ces joujoux, bijoux bisous du cou jusqu'aux genoux. Cache-cache sous les draps, passe-passe sur l'oreiller, mais hélas pouic-pouic sous les taffetas de soie ! A quatre pattes sur le pouce, cherchant des poux sous la couette en faisant Deux anglaises et l'incontinent mais ne trouvant qu'une queue ... de cheval ! Tournant l'étalon, le pied mal(a)pris, en grandes pompes autour du sommier délatté, ring saccagé et désormais dela(i)ssé.

Quatre boules de cuir à bout de souffle et une petite femme en pleurs, sur l'écran noir d'une nuit blanche. Deux Truffes mal peignées. Septième round, septième art : Chaos Knocking-Out aux portes du paradis. Fin du cinq à sept. Aussi dévastateur et horripilant qu'un ouragan monégasque, un Mistral gagnant décoiffant deux Mistons impossibles. L'amour comme un télégramme (stop !), un aller-retour sans Dernier métro, un expresso sans ivresse, un café viennois sans crème fouettée. Une Mariée en noir sans Noces rouges, Un Homme aimant les femmes sans l'éphémère. Résultat : cœurs nettoyés à sec, au fil des jours et des lunes. Vivement dimanche...


NB : Un grand merci à François Truffaut ! Mais aussi à Agnès Varda, aux Trois Claudes (Chabrol, Lelouch et Nougaro) et aux autres...


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Proposition (in)décente ... (Zigmund)

De Zigmund à Zelda :

            Où ?
-chambre n°69 à l'Internat
            Quand ?
-à ta guise...
            Comment ?
-partage belles bulles dans flutes  irisées
-duo profiterolles chocolat sur crème banane
-et/ou glace deux boules et son cornet
           Pourquoi ? Pour quoi ?
-rencontre au sommet,discussions diverses
-révisions des cours d'anatomie pour examens proches
-câlins
-et bien plus si affinités...

zigmund ...

(poor lonesome doctor long way from home)

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