03 janvier 2015

Participation d'Emma

Je me souviens…


Je me souviens de votre premier cri fragile et chevrotant…
Miracle sidérant.
Je me souviens du petit clown en fer avec une clé dans le dos.

Je me souviens du bonheur.

Je me souviens
de l'odeur de l'encre violette,
et de maître corbeau sur son arbre perché…
Je me souviens de ma première orange, à 6 ans,
cadeau du gros monsieur de la chambre voisine
à l'hôpital…
Je me souviens que sur le chemin de l'école, Gérard a coupé avec son canif
la queue d'un cochon qui dépassait d'un camion,
le pauvre gueulait tellement qu'il a ameuté tout le quartier.
Je me souviens du canard décapité qui courait dans la cour de la ferme.
Je me souviens que Matisse avait dessiné nos cartes de ciné-club,
et qu'elles étaient très moches.
Je me souviens que le serial incendiaire était un pompier.
Je me souviens que l'assassin de notre pauvre facteur était un gendarme,
et que le gendarme était le père d'un petit copain.

Je me souviens de mon enfance

Je me souviens
du corbillard noir sur la neige blanche
et de mes petits pieds
gelés dans mes souliers d'été.

Je me souviens de la douleur

Je me souviens des raggazzi de Naples
qui sifflaient nos robes légères
avec constance, sinon conviction…
Je me souviens de nos exaltations et de nos rêves
sur les banquettes en skaï du bistrot de Pierrot…
Je me souviens "du" concerto pour clarinette[1], un soir de plénitude,
un soir de plénitude où les flammes dansaient,
avec la certitude que la vie serait belle.

Je me souviens de la ferveur

Je me souviens,
mon Dieu, je me souviens,

des soirs et des matins,
des soleils et du vent, des roses et du ressac,
des couleurs et des goûts, des notes et des mots,
des baisers,
et de chaque étincelle qui fit
que la vie fut si belle.



Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags :


La cantine (Pascal)

Je me souviens… Je me souviens quand on avait pris ma voiture pour aller déjeuner ensemble à la cantine. Je m’étais débrouillé… Les autres étaient montés dans un autre véhicule et je m’étais empressé de t’inviter dans la mienne. Je crois bien que tu t’étais laissée faire… Je t’avais pour moi tout seul, le temps de cette excursion d’appétit, le temps de cet enlèvement consenti, le temps de traverser Toulon et ses encombrements de midi.

Si tu savais comme j’étais fier de te savoir à mon côté, à ma droite. Tout me paraissait si magnifique, de la journée grise jusqu’au clochard qui était venu quémander quelques pièces à notre fenêtre baissée, pendant le temps d’un feu rouge. J’aurais voulu lui lancer des pièces d’or, sans qu’il ait besoin de me remercier, juste pour te regarder t’étonner de ma bienveillance sans limite. J’aurais tant voulu t’impressionner en jetant tous mes atouts si fragiles dans tes yeux si bleus. Je voulais les voir s’illuminer autant que les miens pouvaient briller quand je t’admirais à la dérobée. J’étais un grand chevalier et j’avais toutes les bontés dans la circulation pour que tu remarques mes tonnes de mansuétude courtoise envers le monde environnant. Je roulais doucement.

Si tu savais comme j’ai voulu nous perdre dans la foule ; j’espérais des bouchons d’anthologie, des fins de grèves, des travaux, même des accidents, je l’avoue,  pour te garder plus longtemps prisonnière dans mon fauteuil de passagère.  J’aurais voulu faire le tour du monde pour rejoindre la cantine ; je voulais t’inviter au restaurant et réserver une table avec plein de fleurs des champs pour qu’elles jalousent tes yeux brillants de fin d’enfant… Même les feuilles décolorées des platanes, mortes, allongées, saignant le long des caniveaux leurs couleurs fanées avaient des auras de merveilleuse fourrure d’automne. Chaque passant, chaque automobiliste, chaque humain croisé avait quelque chose de merveilleux. C’est comme si je ne voyais que le meilleur en eux au travers de mes sourires planants.

Je me souviens de toutes les secondes de ce voyage de réfectoire. Même les bosses, les nids de poule, les retardataires piétons de trottoirs, sur des passages protégés étaient sujets à nos  amusements notoires. Nous étions dans le même fabuleux manège ! Si tu savais comme j’étais heureux ! Pour toi, j’aurais décroché tous les pompons !... Nous regardions le même paysage, nous allions dans la même direction, nous avions la même faim, le temps de cette escapade aux mille impressions !... Comme le gris valentin installé dans notre ciel depuis le matin n’avait pas encore de projets chagrins, j’ai abaissé le toit à la faveur d’un ralentissement pour que tu puisses goûter aux joies de rouler dans une belle décapotable. Je voulais que tu ressentes le plaisir d’être une princesse emportée dans son carrosse…

Une seconde, tu as été surprise de voir ce toit escamotable se ranger en douceur en dessus de ta tête jusque dans le coffre. Curieuse et intriguée, tu découvrais les nuages en regardant le ciel. On aurait dit une enfant dans un nouveau jeu en train d’en comprendre les couleurs et les senteurs. Protégée par le pare-brise, le vent ne pouvait refroidir ton intérêt. Tu admirais les étages supérieurs des immeubles, la cime des arbres alignés sur les trottoirs et tu écoutais l’ambiance bruyante des boulevards. Tu avais quelques émotions de voir l’immensité du tableau troublant et, en même temps, d’être vue par les acteurs de ce même tableau déroulant.

J’observais la moindre de tes réactions, je voulais tant te faire plaisir en déployant tout mon jeu. Je voulais tant faire briller quelque chose de neuf dans tes pupilles en me regardant mais, comme une enfant gâtée, tu étais trop intéressée par le paysage traversé. A ma façon, je t’offrais un tour de manège et tu en profitais sans discernement, comme quelque chose de soudainement naturel.

Même dans mon carrosse, j’avais les cheveux blancs… Je restais laquais à jamais… Pourtant, je me souviens, nos regards se sont croisés quelques fois ; c’était pour se faire croire qu’on admirait des paysages différents. Je ne pouvais pas t’admirer en continu, je conduisais… Et puis, la circulation était malheureusement fluide. Tout se passait trop vite. Un évènement comme celui-là, je voulais le graver d’éternité au milieu de ma mémoire. Je savais bien que cela serait, entre nous, la plus grande intimité qu’on allait partager dans ce monde. J’étais un héros sans gloire, un chevalier d’antan sans rien d’intéressant à déposer à tes pieds, un gueux sans miséricorde.

Je pourrais me rappeler de chacun des visages que nous avons croisés ! Tout était tellement surnaturel. Je flottais dans une dimension autrement plus authentique que mes rêves les plus audacieux. J’étais plus qu’un spectateur dans notre réalité. J’en étais l’instigateur, le créateur… Je n’arrivais même pas à parler ; je me concentrais sur ma conduite et mes envies irrépressibles de t’admirer se laissaient dévisager… Quiconque nous regardant aurait compris cette douce machination…

Je dévorais ton reflet dans la vitre du pare-brise pour que tu ne t’aperçoives pas de cette admiration déplacée. Ta peau était blanche, en retard de soleil ou en retard de sommeil, un peu anémiée, comme une feuille de courrier où rien de vraiment essentiel n’a jamais été encore épanché en folle passion. Les quelques grains de beauté décorant ta figure étaient comme des finauds panneaux indicateurs à la signalisation confidente de tes frissons amoureux. Ce n’était que ma traduction secrète mais elle me plaisait bien au moment où je la pensais. Je t’avais pour moi tout seul à l’audace de ma servile timidité conquérante. Je n’osais même pas te parler, j’étais un grand benêt de cinquante ans !...

Je crois que j’avais tellement de mots d’Amour à te confier qu’ils se bousculaient tous aux portes de mon palais comme des axiomes approximatifs… Je voulais tant allumer l’Etincelle dans les yeux de tes vingt-sept printemps… Tes cheveux, surpris par quelques jeunes tourbillons venteux, se plaquaient sur ta figure comme un masque blond transparent mais ténébreux mais d’un doigt, tu les rattrapais magiquement en mèches apprivoisées en les cernant derrière tes oreilles. J’adorais ce geste tellement féminin qui naissait naturellement à la faveur des gentils courants d’air. C’était la facture mirobolante d’un charme fou, un sortilège, et tu ne comprenais même pas l’impact foudroyant qu’il jetait sur moi…

L’affreux bâtiment de la cantine était déjà là. Du tocsin, mon cœur sonna subitement le glas. L’avalanche… l’ensevelissement… l’asphyxie… l’apnée… la mort… par l’arrêt du moteur… Je redevenais fantôme et l’illusion sublime s’estompait comme un rêve qu’on ne peut plus retenir. Si tu savais comme j’aurais aimé prendre ta main pour escalader les marches qui emmènent à la cantine…

Je me souviens…

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags :

Je me souviens (Pivoine)

Je me souviens de deux plats ovales, un bleu, un rose.

Mes parents y disposaient les sandwiches fourrés à de tout, lorsque nous recevions à la maison, chose rare.

Je me souviens de mon uniforme bleu marine, à l'école, jupe plissée, chemisier bleu clair à écusson rouge, pull ou gilet, socquettes blanches, tablier d'un bleu plus indigo, costume de gym importable, béret à pans flottants dans le dos pour aller à confesse et rubans roses...

Je me souviens du cérémonial des "Notes", le samedi matin, quand nous devions faire la révérence devant la Révérende Mère.

Je me souviens d'avoir fait ma communion en mai 68 et d'être allée en vacances en France la même année.

Je me souviens des disques de rock que mon frère empruntait à la Discothèque Nationale de Belgique : Led Zeppelin, Pink Floyd, Deep Purple, festival de Woodstock, John Lennon et le Plastic Ono Band...

Je me souviens d'un train qui quitte Firenze pour Bologne et de ma cousine qui reste sur le quai de la gare.

Je me souviens de la gare Saint-Charles, à Marseille, où nous avons mis mon frère sur le train de Bruxelles, puis, d'avoir musardé dans toute la Provence et de l'arrivée en Arles.

Je me souviens de mon arrivée dans un nouveau lycée, en septembre 1972, de conférences, de récits contre la guerre, de pièces de théâtre, du 11 septembre 1973 et des dimanches sans voitures.

Je me souviens du réveillon de nouvel-an de mes seize ans où j'avais une jupe gitane.

Je me souviens d'un double 33 tours qu'on me prête un 18 décembre, "Léo Ferré chante Rimbaud et Verlaine".

Je me souviens du "oui" de mon mariage et du "oui" de mon divorce qui était un non à ce même mariage.

Je me souviens d'un manteau et d'une écharpe bois de rose et d'une lecture des « Mémoires d'Hadrien », au théâtre Poème de Bruxelles.

Je me souviens d'avoir "flashé" sur les écrits d'un blogueur sur skynet...

Et d'avoir entamé avec lui une conversation qui dure encore.

Je me souviens d'une foule d'époques impossible à énumérer ici.

Je me souviens et pourtant, qui sait ?

Peut-être qu'un jour je ne me souviendrai plus.

***

pi01

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags :

Mais qui danse encore la Rumba ? (Walrus)

1

Je me souviens d'une chanson qui disait "Je me souviens des beaux dimanches..." que je verrais bien fredonnée aujourd'hui par notre chère Lorraine. Celle dont c'est le pseudo, pas celle qui habite la Lotharingie (comme disent mes compatriotes du nord), encore que...

2

Je me souviens d'avoir entendu ma mère raconter plusieurs fois s'être jetée au sol avec moi dans ses bras sous les rafales d'un Messerschmitt 109, mais je ne me souviens pas du moindre goût de cette terre que j'aurais eue dans la bouche, ni de l'évènement lui-même d'ailleurs.

3

Je me souviens de notre petite maison de la rue du Pont Bary où, au matin du jour de la Saint-Nicolas, le poêle ronflait répandant une agréable chaleur et entourant d'une aura rouge les jouets disposés sur le sol.

4

Je me souviens d'une petite fille habitant la maison voisine de celle du coiffeur Isidore (que mon père traitait de "tailleur de pierre", fait que je n'aurais peut-être pas dû lui répéter) et dont la tenue ressemblait étonnamment à celle de sa poupée : souliers noirs vernis, soquettes blanches bien tirées sur les chevilles, robe à la jupe gonflée par un jupon plissé, gros nœud dans les cheveux, une vraie petite Martine, mais je ne me souviens plus de son prénom.

5

Je me souviens d'avoir, en compagnie de mes parents et d'autres curieux, marché la nuit en suivant les voies du tram jusqu'à l'endroit où elles plongeaient dans les eaux noires et sinistres de la Sambre sortie de son lit.

6

Je me souviens du saisissement que m'avait causé un sale gamin en me faisant observer une vieille boîte à sardines remplie d'eau tandis qu'il y envoyait le souffle de sa carabine à air comprimé. Éclaboussé, je pleurais comme un veau, ce qui m'a valu d'être consolé par une "grande" qui semblait faire office de chef de bande de ce ramassis de va-nu-pieds. Quelques jours plus tard, j'ai fait semblant de pleurer dans ses jupes, mais je ne devais pas être très convaincant car elle m'a envoyé sur les roses.

7

Je me souviens de cet étrange malaise, une sorte de vertige, qui me prenait chaque fois que je pénétrais avec mon père dans la salle des redresseurs qui alimentaient en courant continu les "trams verts" de Charleroi.

8

Je me souviens du slogan d'un apéritif au quinquina qui disait "Mieux vaut Laterre dans le corps que le corps dans la terre". Mes parents m'en envoyaient chercher à l'épicerie où j'entrais en saluant les tenanciers d'un joyeux "Bonjour Monsieur Mestdagh ! Bonjour Madame Mestdagh !", alors que c'était le nom de la chaîne de leur magasin d'alimentation.

9

Je me souviens d'avoir échangé avec mon ami André ma Sten enrayée, rouillée et un brin pesante pour mes petites mains contre un casque de l'armée américaine trop grand pour ma petite tête.

10

Je me souviens de ces petits galets enduits d'une couche brunâtre et emballés dans du papier de soie que l'on achetait sur les ducasses et qui "pétaient" quand on les jetait sur le sol.

11

Je me souviens de ce voisin qui avait l'outrecuidance de porter le même prénom que moi (mais le nom d'une marque de mayonnaise, bien fait !)  et dont j'ai porté longtemps l'empreinte des dents sur la poitrine après qu'il m'ait mordu jusqu'au sang avant d'être victime d'une crise d'épilepsie.

12

Je me souviens d'avoir bu de grands bols de sang de bœuf et de grandes cuillers d'huile de foie de morue, mangé du foie de veau cru, subi des séances de rayons UV, des douches glacées au jet, j'en passe et de meilleures, mais je ne me souviens plus s'il était question de rachitisme ou d'anémie ou des deux ou d'autre chose encore.

13

Je me souviens du chausseur "À la chapelle" où l'on pouvait voir ses pieds dans ses godasses au moyen de rayons X, un pédoscope ils appelaient ça, j'avais pas encore de dosimètre à l'époque.

14

Je me souviens des "barakis" qui vivaient dans leur roulotte un peu plus loin que chez ma grand-mère. En été, leurs enfants venaient balader leur "snotneus" sur le seuil de la porte tandis que nous goûtions et finissaient toujours par recevoir des tartines.

15

Je me souviens de Leila, la fille d'un voisin de ma grand-mère avec qui je préparais des compotes sur un petit poêle dans un appentis de sa maison et qui m'assura un jour avoir le cœur à droite et m'en administra la preuve en attirant ma tête contre sa poitrine (très modeste à l'époque).

16

Je me souviens de la passerelle enjambant la ligne de chemin de fer où je courais m'immerger dans la vapeur à l'odeur douceâtre des locomotives entrant en gare d'Havré-Ville.

17

Je me souviens de ma voisine Maria qui me demandait de tendre l'avant-bras puis exécutait une "roue" enroulant sa taille autour de ma main. Par bonheur elle ne m'a jamais demandé d'inverser les rôles, j'ai jamais pu faire la roue, j'aurais eu l'air de ce que je suis...

18

Je me souviens de la fureur du colonel quand il avait découvert le halftrack de notre bureau de tir à l'ombre d'un pommier au sommet d'une colline de l'Eifel "On vous voit de Berlin(-Est)" qu'il gueulait. Mais c'était rien à côté de ce qu'il nous a passé quand ils nous ont retrouvés trois jours après la fin des manœuvres au fond de la grange d'une ferme en suivant la ligne téléphonique hors d'usage.

19

Je me souviens du visage extatique de MAP dégustant son premier advokaat à la petite cuiller.

20

Je me souviens de mon étonnement en découvrant sur "Chou romanesco, vache qui rit et intégrales curvilignes" un billet où une vidéo explique la démarche oulipienne au moment où cette même MAP nous demande de singer Georges Perec.

21

Je me souviens d'avoir arrêté ma lecture de "La vie, mode d'emploi" à la page 146 (sur 640) pour avoir commencé à trouver la chose plus chi pesante encore que le chef-d'œuvre de Marcel, et ce n'est pas d'avoir découvert le coup du cheval (voir 20) qui va me remettre en selle pour terminer le parcours.

22

Je me souviens d'avoir cherché sur quelle astuce était basée la rédaction du "Je me souviens" du même Perec, mais je n'ai rien trouvé de probant, sauf qu'il y a 480 de ces phrases numérotées. Alors, je pousse l'exercice jusqu'au bout ?

Comment ça, vous n'êtes plus là ?

 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags :

souvenirs de Ristretto

Je me souviens des nuits de moissons – borborygmes d’insectes géants mastiquant  les champs.

Je me souviens de la bouche noire du puits, le rire grinçant de la chaine – mes yeux fermés.

Je me souviens d’un porte-bagage, et de son dos, son dos…

Je me souviens de l’odeur mate après l’orage.

Je me souviens, dans la musique de fête foraine, le goût sucré des pralinés.

Je me souviens des diabolos et de l’électronique « Pop corn »

Je me souviens de la brioche à la messe du quinze août – nous étions fidèles ce jour là !

Je me souviens de sa main sous mon pull.

Je me souviens de mon Solex

Je me souviens de ce manoir que l’on s’était juré d’habiter quand on serait grands.

Je me souviens de notre collection de petites cuillères piquées dans les bistrots.

Je me souviens des nuits, l’herbe sèche, les étoiles filantes, nos quinze ans.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

Participation de Venise

Je n’oublierai  jamais comment -portées par une brise capricieuse- les voix des indiens

M’arrivaient par intermittence.

Je me souviens la première fois  où j’entendis ma  mère  jouer  NABUCCO de VERDI.

Les vitres tintaient dans leurs feuillures

De la poussière libérée du plafond poudroyait dans un rai de lumière.

Je me souviens de l’odeur du civet de grand- mère qui dégageait des arômes en bouillotant dans l’arrière cuisine.

Je me souviens de la première piqure de guêpe à  la lèvre alors que je me trouvais au verger en train d’éclaircir les fruits.

Je me souviens de cette brume qui m’enveloppait le soir de Noël. A mon réveil elle restait

Suspendue comme une mousseline autour des arbres.

Je me souviens de ma mère ramassant sa paire de ciseaux et couper les perles qui ornaient la dentelles de ma robe.

Je me souviens de la naissance de ma sœur des poissons d’argent flottaient devant mes yeux.

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags :

Goût amer (Vegas sur sarthe)

Je me souviens du goût de l'encre violette
des bons points rose, bleu, du chant de la sonnette,
des agates queutées, des calots en acier,
des goûteux Malabar chipés chez l'épicier.
-
Je me souviens aussi des genoux couronnés
de cette eau qui piquait, de la gaze de laine,
des filles ricanant, ces rosses, ces vilaines
tandis que je mourais, piteux, saucissonné.
-
Je me souviens surtout de mon ensorceleuse
elle disait souvent “Je suis ton amoureuse”
Moi - roi du chat perché - je la croyais, naïf.
-
Je possédais de loin le plus beau des canifs
et qui mieux qu'elle aurait dansé la capucine?
Mais je n'oublierai pas ses prunelles assassines...
 

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags :

je me souviens… (Fairywen)

 

Je me souviens…

Je me souviens… De quoi ? De tant de choses… Fidèle à moi-même, les tristes, je ne vous en parlerai pas. Seulement des tendres et des belles.

Je me souviens du goût des abricots que ma mère me donnait toujours à goûter lorsque nous étions en vacances au bord de la mer, l’été, et que je sortais de l’eau.

Je me souviens de l’odeur de foin et d’animaux du clapier de mon grand-père.

Je me souviens du grenier de ma grand-mère où je passais des heures avec mon cousin préféré.

Je me souviens de jardin de mon grand-père, où j’allais “voler” les fraises, les carottes (pour moi et pour les lapins) et les tomates.

Je me souviens de Lancelot, ce grand cheval noir teigneux avec tout le monde sauf avec moi.

Je me souviens de Julie, Voyou et Réglisse, mes premiers chats. Et bien sûr de Mystic, mon bébé parti trop tôt.

Je me souviens des goûters de noix, pain et sucre dans le verger de mon grand-père, des cerises noires et juteuses que j’allais cueillir sur l’arbre.

Je me souviens des bouquets de coucou que je faisais chez ma grand-mère, où le printemps était toujours en avance de 15 jours par rapport à chez nous.

Je me souviens de la neige, l’hiver, des parties de luge avec les copains, et du chocolat chaud de ma mère quand je rentrais.

Je me souviens de mon 1er parcours de CSO[1] avec mon cheval, où nous avons fini à la deuxième place. Et de mon premier sans fautes avec ma jument.

Je me souviens de ma première balade avec lui, enfin libres tous les deux.

 

Et surtout, je me souviens de cette torride nuit d’été en Espagne où j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari, puis de la naissance de la plus belle des petites filles, de ses premiers pas, de ses premiers mots.

Oui, je me souviens, et surtout, j’espère que je me souviendrai encore longtemps de tout ça…

 



[1] Concours de Sauts d’Obstacles

 

Défi 331 du samedi 27 décembre 2014

Posté par Walrus à 00:01 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags :