Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le défi du samedi
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 057 671
Derniers commentaires
Archives
13 février 2021

Sarah raille (Kate)

 

Ma chère Marianne,

Un rêve ! Tu vis un rêve, un homme en or, ce Nestor !

Il te fait la cour, comme on disait il y a bien longtemps. Tu ne le vois pas ?

S'il n'est pas allé jusqu'à préparer une flambée dans la cheminée pour te faire transpirer et succomber comme par magie sur la peau de bête préposée à cet effet, comme J.J. le vétérinaire contrôlé par le fisc affublé non pas d'un expert-comptable, comme il le croyait, mais d'un "expert en comptabilité", c'est plutôt une bonne chose pour lui ! Comme on avait pu rire ! Vois sur quels terrains tu m'amènes...

Plus sérieusement, il sait mettre tous tes sens en éveil sinon en émoi : la vue (livre, coquillage, fumée...), le goût (thé au jasmin), l'odorat (jasmin, encens), le toucher (livre, tasse), l'ouïe (bossa, silence...) et l'esprit aussi, allez avoue ! La bonne idée de t'avoir emmenée passer cette journée dans la nature.

Tu n'es pas convaincue ou plutôt tu es prudente, de plus en plus, je le comprends. Tous les débuts ne sont pas des débuts, tous les débuts sont différents, ouais. Il faut faire connaissance, établir un lien, une confiance, réfléchir, avoir envie, etc... et tomber amoureuse ! Cela fait beaucoup et trop vite mais cette belle journée sans fausse note t'appartient, elle est à toi. On sait bien que rien ne presse jamais et c'est moi qui me suis toujours précipitée qui te dis ça, qui à la moindre palpitation, n'écoutant que mon envie de plaire, élaborait déjà tout un scénario qui ne marchait pas, bien sûr... C'est moi qui te dis ça, avec quelques années de plus, ma natte jusqu'aux fesses en moins (elle m'encombrait plus qu'autre chose et ne me rajeunissait pas franchement, mais j'ai fini par comprendre) !

Pour l'heure je reviens d'une semaine de travail à Paris et comme je ne pouvais pas y aller en moto, j'ai pris le train. Surprise, je me suis retrouvée à l'aller assise non loin de Damien, le frère de Pacôme (enfin, Côme de son vrai nom, tu sais bien). C'est lui qui m'a reconnue et nous avons lié conversation, enfin lui, plutôt. Il est pharmacien, comme son père l'avait espéré pour ses jumeaux prénommés Damien et Côme (mais Pacôme est avocat comme son père Yves et non médecin). Damien se rendait à Paris pour quelques jours et m'a aimablement fait la conversation, enfin il a parlé :  en effet, je n'ai pu lire mais tout le trajet ferroviaire (et au-delà) m'a été dûment expliqué dans les moindres détails par un spécialiste non seulement de ce parcours mais par un passionné de "La Vie du Rail" dont il est d'ailleurs un grand contributeur, tant au niveau photographique que technique (sic).

0 3

Le moindre signal, le plus anodin croisement, la plus banale bifurcation... Il connaît tout, de chaque horaire à chaque numéro de train. Il s'est même dépêché à sa montée, juste après le passage du contrôleur qu'il avait guetté, d'aller ouvrir un boîtier dans le couloir pour relever je ne sais quel numéro sur son carnet, ce qui est, bien sûr, rigoureusement interdit ! Je l'ai vu faire et j'en ai eu le souffle coupé d'autant plus que le contrôleur revenait justement vers nous.

Tout, tout, tout... vous saurez tout sur les trains non seulement de France mais d'Europe et lors d'un précédent voyage il a pu, en compagnie d'autres passionnés absolus, voir des merveilles ferroviaires de Moscou à Pékin avec son sac à dos rempli d'appareils photos... J'ai évoqué un train touristique des Alpes et il m'en a déroulé tout le parcours, l'historique, les péripéties : toute l'histoire du train et même tout ce qui touche aux travaux l'intéresse, que dis-je, le passionne ! Même la construction du tramway de Clermont n'a aucun secret pour lui, il l'a suivie de bout en bout (et ça a été long, tu t'en souviens !) et auparavant il se rendait régulièrement à Lyon pour voir les travaux du tram (quels beaux week ends !). J'ai tenté de le rejoindre sur ce terrain car la construction du tramway de Lyon a permis des découvertes archéologiques... mais il dévié tout de suite, si j'ose dire !

Il m'a expliqué qu'il habite un immeuble qui surplombe une gare (non, tu n'hallucines pas !), ce qui lui permet de voir en permanence ce qui s'y passe... Pour ma part, c'est plutôt le problème des retards incessants, de plus en plus longs et de plus en plus inexplicables sur la ligne de Paris qui me dérangent et même m'inquiètent mais, tu t'en doutes, pas Damien ! Les retards ? Oui, ça arrive a été sa seule réponse accompagnée d'un sourire.

Par bonheur, j'ai eu quelques moments de répit quand il est parti photographier je ne sais quel poteau ou panneau et j'ai juste fermé les yeux... M'est apparu l'immense Jean Gabin dans "La Bête humaine" et l'instant d'après se superposait la scène où Jean Poiret explique à Michel Serrault comment il doit tenir sa biscotte en prenant exemple sur ce cheminot descendant de sa loco pour aller boire son thé à la cantine... 

J'ai souri et je m'apprêtais à sortir enfin un livre de mon sac ("Le roman de Bergen") quand il est revenu vers moi avec son appareil photo : "Tu ne devineras pas ce que j'ai vu sur le ballast juste après Nevers !"

0-1 2

Il m'a montré cette photo numérique et malgré toutes ses explications, mon esprit divaguant ailleurs, je ne te dirai pas quelle particularité géniale a été capturée, tu ne m'en voudras pas...

Voilà un trajet avec une heure de retard seulement mais en inoubliable compagnie !

Bises à toi,

Ta cousine Sarah

Publicité
13 février 2021

Le Fou de Bergerac (Joe Krapov)

Tintin Macron

Heureusement, à l’endroit où Emmanuel est tombé du train, le ballast est du genre sablonneux. Il s’est quand même chopé des égratignures et de vilaines écorchures mais apparemment, quand il se relève et se tâte les côtes, nulle douleur ne le lance. Il voit juste un peu de sang sur ses mains et sur son pyjama.

Maintenant, pour juger de son état, il n’est pas le mieux placé. Pour lutter contre ses insomnies et ses angoisses il avait pris la veille un médoc appelé Elpénor. Géant ! Il s’était endormi d’un coup mais deux heures après il s’est réveillé dans le wagon surchauffé avec une sensation d’étouffement et des vertiges inimaginables. Il n’a trouvé ni la lumière ni la porte alors il s’est dirigé vers ce carré plus lumineux. A tâtons il a trouvé deux poignées qu’il a abaissées. L’air frais de la nuit s’est engouffré. Il s’est penché au dehors car il n’était pas en état de se souvenir des recommandations de son docteur, Bernard Hinaus-Le Nen.

- Méfiez-vous des nuit d’orages et de la foudre de Jupiter !

Boum ! Boum ! Badaboum ! Bonjour M. Ballast dur ! Eh, le train je vous demande de vous arrêter !

Emmanuel, une fois relevé, a retrouvé un peu de ses esprits.

Le voilà en pyjama, le long d’une voie ferrée française, dans les bois, quelque part dans le Sud-Ouest, sans téléphone portable pour joindre son chef de cabinet resté à bord de Rail-Force One.

Pour le discours d’inauguration de la place des Chrysanthèmes à Biarritz et l’hommage à Jean Borotra, c’est bien évidemment râpé. Il ne reste plus qu’à se mettre en route vers un monde plus civilisé que cette forêt inquiétante traversée par des rails.

Casting Tintin 02Un kilomètre à pied, ça use les souliers et encore plus la plante des pieds nus. Deux kilomètres à pied… Un point de lumière apparaît. Il presse le pas, appelle.

- Monsieur ! Monsieur ! Mon cher compatriote !

En arrivant près du chantier il a un mouvement de recul. Le travailleur de nuit porte un gilet jaune !

- Qu’est-ce qui vous arrive ? demande l’homme, un barbu à casquette à l’air méfiant. Qu’est-ce que vous foutez-là en pyjama ? Et puis d’abord qui êtes-vous ?

- Je suis Emmanuel Macron, le président de la République. Je suis tombé du train deux kilomètres plus haut !

- C’est celaaaaa, oui ! Je veux bien vous croire vu que moi-même je suis le pape ! Mais peu importe il faut soigner vos blessures. La maison de la garde-barrière est juste après le virage. Suivez-moi, on va s’occuper de votre cas !

- Vous n’avez pas un téléphone portable ? Il faut que je prévienne mon chef de cabinet.

- Un téléphone portable ? Vous êtes vraiment tombé sur la tête, mon pauvre garçon !

***

Casting Tintin 17La garde barrière ressemble à cette cantatrice dont Emmanuel, dans son état pitoyable, n’arrive pas à se rappeler le nom. Le rossignol dylanesque ou quelque chose comme ça, enfin ça c’est son surnom.

Elle a désinfecté à la hussarde les écorchures et Manu a hurlé :

- Ça pique !

- Vous pouvez gueuler tout ce que vous pouvez ! Faut que ça se fasse ! Moi je suis vaccinée ! J’étais infirmière pendant la guerre. J’en ai entendu des malades qui hurlaient et ils avaient autre chose que vos petits bobos. Voilà c’est terminé. Vous allez finir la nuit dans mon lit. J’ai changé les draps mais ne rêvez pas que je vous y rejoigne ! Bas les pattes ! Je dormirai dans la pièce à côté. C’est un grand honneur pour moi d’héberger le président de la République mais je ne voudrais pas abuser de la situation !

Le cheminot à gilet jaune et la garde-gestes-barrières se marrent comme des brochets maousses vu qu’on ne trouve pas vraiment de baleines dans la Dordogne.

***

Une fois que l’homme a été remis au lit Clémentine a fermé la porte de la chambre à clé. Elle a servi un coup de rouge à Méluchon. Celui-ci lui a dit :

- Garde ton fusil à proximité. Il a l’air inoffensif mais c’est peut-être lui l’assassin. Je vais prévenir les gendarmes. D’ici une heure ils viendront le capturer pour l’emmener à Bergerac.

***

Casting Tintin 13- Mais puisque je vous dis que je suis le président de la République ! Emmanuel Macron ! Vous me reconnaissez, quand même ? Mon portrait est dans toutes les mairies !

- Mais oui, mais oui ! Vous aussi vous êtes sorti de la cuisse de Jupiter ! Macron ? Inconnu au bataillon ! Si vous êtes le président de la République, moi je suis Napoléon !

Le commissaire Siraneau jubile. Mettre la main sur un coupable ce n’est rien, il est habitué. Mais surtout faire la nique à ce commissaire Maigret qui est venu de Paris, qui enquête depuis son lit où il est allongé après blessure dans l’hôtel d’Angleterre, et qui sème la pagaille dans toutes la ville en soudoyant les administrés pour qu’ils viennent témoigner contre les notables, ça restera un des grand plaisirs de sa vie !

Nul doute que la confrontation entre Maigret et Macron - les « tombés du train » comme il les surnomme en son for intérieur - mettra un terme à l’affaire du « fou de Bergerac ».

***

- Commissaire Maigret, cet homme ressemble-t-il à celui que vous avez suivi il y a une semaine en vous jetant en marche du train de Bordeaux ? Dans la couchette au-dessus de la vôtre il soupirait, toussait et vous empêchait de dormir puis il s’est levé, est allé au bout du couloir et, à un endroit où le train ralentissait, il a sauté. Vous avez sauté vous aussi à sa suite et l’homme mystérieux, se voyant filé, vous a tiré dessus. Eh bien figurez-vous qu’il vient de récidiver exactement au même endroit. Un signe, non ?

- Je suis le président de la République, merde ! Enlevez-moi ces menottes !

- Je ne peux pas l’affirmer vraiment, commissaire Siraneau. Il faudrait qu’il cesse de fulminer et qu’il tousse un peu à la place.

- Je suis le président de la République ! Vous allez le payer cher, votre cirque ! Je vais vous faire traverser la rue vite fait, bande de mariolles ! Gaulois réfractaires !

- Docteur Rivaud, faites tousser l’inculpé !

Pendant que les gendarmes maintiennent vigoureusement Emmanuel le docteur lui enfonce un bâton d’esquimau bien profond dans la cavité buccale. Macron tousse.

- Je pense que c’est bien lui, affirme Maigret. Fais les valises, Liliane ! On va rentrer à Paris, l’affaire est close.

- Je suis le président de la République !

Emmanuel s’effondre en larmes, complètement épuisé.

Siraneau conclut l’affaire avec ce qu’il croit être une marque de panache :

- Monsieur, nous sommes en 1920. Le président de la République s’appelle Paul Deschanel. Jamais il ne serait assez stupide pour tomber d’un train de nuit en pyjama ! Vous imaginez le ridicule de la situation ? Et le bonheur, en apprenant cela, des plumitifs de tout poil ?
 



N.B. Les illustrations "Tintinesques" sont l'oeuvre de Ludo D. Rodriguez.
Merci à L'Adrienne de me les avoir fait découvrir.

Les paroles, la musique et l'interprétation de
"Le pyjama présidentiel" sont signées de Lucien Boyer.

6 février 2021

Bons baisers de Loutre-Mère (joye)

 

Mesdames, oui, on le sait, vous nagez dans le boulot, au travail et à la maison ! Il n'est pourtant pas indéfendable de vous faire un petit régal à vous toute seule pendant que les autres dorment ! 

 

Pensez donc à nos petits plats réconfortants : le poisson, les fruits de mer, les sushis, l'abalone introuvable ailleurs en francophonie que dans les dicos des Belges et des Ricaines ! Ne vous embêtez pas, nous saurons vous trouver exactement ce dont vous avez besoin ! Vous le méritez, et nous, le petit personnel de Loutre-Mère le savons bien !

 

Allez, qu'est-ce que vous attendez ? Faites appel au Loutre-Mère avec le bon app' (c'est le cas de le dire) du GooglePoissonStore, et passez votre commande !

 Et ya basta les soirées de taf infernal !

6 février 2021

N'ormeau-lisation (Joe Krapov)

200225 Nikon 219C’est dans le quartier de Quineleu, à Rennes, que se trouve la rue des Ormeaux. Je n’ai pas grand’ chose à en dire sinon qu’ont vécu ici, pas très loin, dans l’impasse de la Herpe rebaptisée rue Albert Martin, les arrière-grands-parents puis les grands-parents de mon épouse.

Ce quartier du sud immédiat de la gare est resté presque dans son jus, à base de maisons de cheminots. Elles sont aujourd’hui habitées, comme celles du quartier Sainte-Thérèse, par une population de bourgeois-bohême. Mais qui peut se payer le luxe d’habiter un centre-ville aujourd’hui sans entrer peu ou prou dans cette catégorie ?

Le meilleur moyen de gagner ce quartier de Quineleu est de passer, sans faire le zouave, par-dessus le pont de l’Alma qui enjambe les voies de chemin de fer et près duquel aucune princesse anglaise ne vient se crasher ou alors c’est qu’on ne me dit pas tout.


200225 Nikon 186Au bout du pont vous tournez tout de suite à gauche et vous passez entre les lieux d’enfermement les plus emblématiques de la ville de Rennes. Sur votre droite se trouve la prison des femmes et sur votre gauche cet immeuble de bureaux neufs complètement grillagé que j’ai pour ma part baptisé « la Burqa ». Le vocable « architecte » est un gros mot partout, pas seulement à Bruxelles, et le concept de permis de construire débouche très souvent sur une insulte à l’environnement.

 

200225 Nikon 184Après, vous vous perdez dans un labyrinthe de rues presque toutes semblables les unes aux autres et surtout envahies par des SUV stationnés-là parmi d’autres voitures de taille imposante. Le concours de celui qui a la plus grosse n’est toujours pas terminé.

Comment remettre de la poésie dans tout cela ? C’est bien simple suggéré-je à Nathalie A., notre maire préférée, que j’aime bien quand même malgré ses partis pris architecturaux ultra-minéraux et limite très moches. En rebaptisant tout ! Puisqu’il y a une rue des Ormeaux, faisons comme dans les lotissements neufs : créons l’unité du lieu par la thématique maritime ou zoologique induite par ce nom de rue ! Appelons Brigitte Bardot à la rescousse ! Rebaptisons les rues de Quineleu à l’aide de coquillages et crustacés !

Exit la rue de Riaval, fin de la rue Jean Boucher, arrêtons-nous à la poissonnerie !

Voici mes suggestions du jour :

200225 Nikon 228

Rue de la Môme Crevette, personnage de Georges Feydeau
Rue de la Moule rieuse
Rue de la Bernique hurlante, café rennais
Rue Marcel Gamba
Rue Bernard Lhermitte, frère d’acteur
Rue des Sœurs Palourde (elles étaient de mœurs légères)
Rue des Longs couteaux (à éviter la nuit)
Rue Homard Matuer
Rue du Crabe aux pinces d’or
Rue Abalone Some, cow-boy
Rue des Quatre praires d’Altona
Rue O. Bulot (elle donne dans la rue des Trois huît·re·s)
Rue Coquillard Saint-Jacques
Rue Casse-corps et Mollusque
Rue Yoko Bigorneau
Rue de l’écrevisse platinée
Rue Jean Tanlamer
Rue de la Naissance de Vénus
Rue Monseigneur Pétoncle-Walrus, prélat belge

***

200225 Nikon 217Marina B., mon épouse préférée, m’insinue dans les conduits auditifs que la rue des Ormeaux aurait été ainsi dénommée en référence aux arbres qui portent ce nom ou aux jeunes ormes plutôt qu’à ces coquillages en voie de disparition..

En arrivant à la fin de ce billet, il se pourrait donc que j’aie tout faux quelque part ! Voilà ce que c’est que d’emboîter le pas à la première idée qui passe en arborant un « suivez-moi-jeune-orme » derrière son chapeau !

Si malgré cela j’ai le droit de revenir en deuxième semaine, je repartirai de zéro et parlerai du jeu Abalone que je ne connais pas et auquel sans doute je ne comprendrai rien non plus !

Car voilà, la preuve en est apportée à nouveau : en ce bas-monde l’imbécile curieux et indigeste survit mieux que le coquillage nacré, comestible et fort couru !

6 février 2021

Jeu FLIP (Kate)

 

Chère Sarah,

Oui, "zut pour Grégory", comme tu l'écris si bien... mais tout n'est pas si simple ou suis-je trop romantique ? Quel mot désuet qui pourtant me vient soudain !

Nestor a voulu au retour de cette belle journée me prêter la BD sur Narbonne et m'a offert un thé au jasmin chez lui avant de me raccompagner.

Ambiance : musique brésilienne tout en douceur, il a sorti le livre de sa bibliothèque et a fait chauffer de l'eau à la cuisine... Quelques discrets effluves d'encens m'ont fait approcher de la cheminée sur laquelle un petit cône niché dans un coquillage se consummait lentement.

0 2

Il m'a tendu le livre, nous avons dégusté ce thé qui me ramenait des années en arrière, au lycée, le jasmin tenait toujours aussi bien ses promesses, le goût correspondant parfaitement au parfum... Quelques notes de bossa en toile de fond, calme et serénité du jour qui décline, peu de mots. Je l'ai remercié et me suis approchée de la nacre qui se recouvrait doucement de cendres d'encens, noir sur blanc, mat sur brillant, chaud sur du froid, yin yang...

- C'est une oreille de mer.

- Hein ?

- Oui, un ormeau. Or : oreille et meau : mer.

- Ah !

- Un abalone.

- Un quoi ?

- Un ormeau, abalone c'est le mot anglais.

- Mais c'est un jeu Abalone ?

- Je ne sais pas.

- C'est un jeu de plateau qui se joue à deux avec des billes noires et des billes blanches. Je te montrerai.

Et quand Nestor m'a déposée devant chez moi, il faisait nuit.

J'ai recherché mon jeu d'Abalone pour une prochaine partie, peut-être.

0-1 2

Flot de souvenirs diffus, vague de nostalgie entre le thé au jasmin qui me ramenait au temps où Lavilliers habitait nos coeurs juvéniles et le jeu d'Abalone qu'on avait découvert au FLIP de Parthenay en modèle géant au hasard des rues, des places et des stands et que nous avions acheté (en version "mini") avec Éric pour nous distraire par ce juillet particulièrement pluvieux... C'est loin tout ça !

Côté nostalgie, je te passe les odeurs d'encens et l'ambiance feu de cheminée : "l'histoire est une répétition" ou n'attirons-nous en somme plus ou moins que les mêmes personnes ? Ou sommes-nous nous aussi attirés par les mêmes ? Oui, je sais, philosophiquement pas très originale comme réflexion pour une prof d'histoire qui vient de passer la journée avec un prof d'histoire...

Grégory ? Comme un passé proche presque oublié alors que les souvenirs anciens semblent tangibles...

Alors je me suis plongée dans le passé de la région et identifiée à Ermengarde !

À très bientôt le plaisir de lire tes "zut" et "re zut", chère Sarah !

Bises de ta cousine,

Marianne

 

Publicité
23 janvier 2021

Le Parti pris du yoyo (Et v'lan, passe-moi le Ponge !) (Joe Krapov)

Si c’était un gâteau, ce serait un Paris-Brest. Tout d’abord pour la symétrie, comme lui constitué de deux cercles parfaits en leur milieu soudés.

Si c’étaient deux villes ce seraient les mêmes.

Ponge - Le Parti pris des choses

De la bonne Lutèce - a-t-elle amphore grandi, cette enfant ! Est-elle embouteillée depuis qu’elle en a pris, de la bouteille, de l’âge ! - il aurait hérité de la nervosité, du mouvement de fourmilière : sa ficelle s’engouffre et s’enroule au moyeu comme l’heure de pointe avale l’employé, le trottin, le badaud à la station Guimard. Hector ! Tous ces Orphées descendent par ta bouche grande ouverte remercier Fulgence qui leur souhaite bienvenue mais votre enfer de 1900 on en ressort et, c’est le mot, on en remonte à Saint-Lazare et on s’élève dans les airs ! Ô la Chapelle ! Ô Stalingrad ! Ô ma Glacière ! J’y ai perdu mon Eurydice et mon bonheur (Glück Auf Deutsch !)!

De Brest il aurait le silence-même, le roulis des flots, la force de traverser les siècles sans beaucoup changer, le côté têtu des Bretons qui s’obstinent à la tradition, au travail à la main, au hissage des voiles, à la science des noeuds, un jeu d’enfant par tous les temps, rappelle-toi, Barbara, tu en possédais un avant qu’il y ait la guerre, cette connerie infâme.

Et donc, tout rond comme une pomme, possédant à peu près sa taille, mais plus cylindre plat que sphère, le yoyo tient dans la paume d’une main d’enfant.

De l’action ! De l’action ! De l’action Saint-Gobain au portefeuille boursier, qui tire les ficelles du mouvement des valeurs ? Quelle trivialité agite et pour quel gain tous les boursicoteurs ?

Pendant ce temps le yoyo chante, en déroulant régulièrement la note continue de son vrombissement, les valeurs du mouvement.

On pourrait pour conclure poser à son propos trois questions très idiotes :

Est-il normal qu’en grandissant l’être humain l’abandonne, infidèle à son jeu d’ascenseur onaniste, au profit du bilboquet ?

Où se situe la touffe qui sert à yoyoter ?

Pourquoi, au Jeu des 1000 € ou à Questions pour un champion n’offre-t-on plus à la gagnante ou au gagnant un yoyo en bois du Japon avec la ficelle du même métal ?

P.S. Vivons-nous dans un monde de charlots ?
 

30 janvier 2021

Sarah entre Montmartre et Quartier Latin (Kate)

 

Chère Marianne,

Mais je vois que tu passes du bon temps dans cette belle région pleine de surprises et que tu visites autre chose que des vieilles pierres et des vieux souvenirs, qu'il n'y a pas que la réception de bouquets de fleurs blanches dans la vie mais aussi la savane, les éléphants, les pique-nique et les rencontres historiques !

Zut alors pour Grégory, si je ne m'abuse, hein ?

M'est revenu en mémoire l'épisode de l'été avec la fête de Fabrezan où il t'a bien tu à quel point le poème de Charles Cros chanté par la fleuriste résonnait en lui et maintenant j'ai cette musique dans la tête et ses paroles aussi, zut !

Enfin, tu revis, tu ressens, tu réfléchis, tu respires... Moi aussi : quelques balades en moto avec Pacôme, histoire de prendre un bon bol d'air, mais je ne l'ai pas pris pour avocat ni pour amant d'ailleurs : ce n'est pas au programme pour l'instant, mais zut et re-zut, est-ce que ça se programme tout ça ? Bon, promis, j'arrête de dire "zut".

0 2

Grâce à toi (et à la clé USB oubliée de Greg le poète), je me suis replongée dans la vie et l'oeuvre de Charles Cros et qu'est-ce que j'ai découvert dans mon livre de littérature du XIXème ?

0-1 2

Eh bien, s'il a fait partie du Club des Hydropathes du côté du cabaret du Chat noir à Montmartre, il se lie avec le Cercle des Zutistes ! Parmi eux François Coppée, Verlaine, Rimbaud, des poètes, des musiciens se réunissent dans des cafés entre Saint-Michel et Montparnasse. Imagine l'ambiance littéraire : fumée, alcool, personnages hauts en couleurs comme Willy, etc.

D'ailleurs le poème de Verlaine "Mandoline" date de cette époque :

"Et la mandoline jase

Parmi les frissons de brise"...

Belle ambiance parisienne et si Thomas n'aime plus Paris (clin d'oeil à son père Jacques), j'aime le jazz, "ce jazz qui d'jazz dans le noir" (clin d'oeil à mon père Daniel)...

Je ne vais pas revenir sur mes soirées dans les caves de la montagne Sainte-Geneviève, zut, je m'égare dans le passé... et tu seras confirmée dans l'idée que j'ai un net penchant pour les caves !

Donne le bonjour aux étoiles du soir, du matin, de l'après-midi, porte-toi bien Marianne,

Bises de ta cousine,

Sarah

23 janvier 2021

J'arrête le jeu du yoyo (Kate)

 

Ma chère Sarah,

Merci pour ta lettre, je ne sais pas plus ce que tu penses : tu me laisses perplexe et c'est bien comme ça.

Ma première réaction "à chaud" a été tout d'abord de t'écrire ceci :

Assez de blabla

Arrêtons ce yoyo

"For da"

Ce n'est pas ce qu'il me faut

Un coup on s'voit

Un coup on s'voit pas

Assez de soda

De loup et d'agneau

De hauts et de bas

La vie ce joyau

Plutôt du champagne

Et des mâts de cocagne

0 2

Du cygne de Léda

Naquirent des jumeaux

Hélène si belle déjà

Pollux si costaud

Oui Zeus la guerre de Troie

Grâce à toi on l'aura

Et nous n'irons plus au bois

Au petit bois de Saint-Amant

Cueillir du lilas

C'était si charmant

Ni à Trousse-Chemise

Faire quelque bêtise

Car comme Sidonie

Greg est infidèle

Alors il restera avec celles

Qui voudront de lui

Et il y a pléthore

"Da for"

Pour moi c'est fini

Ça c'était vendredi et puis samedi Nestor m'a téléphoné pour m'inviter à passer la journée de dimanche en sa compagnie "si je n'avais rien de prévu". J'ai bien tourné et retourné les pages de mon agenda dans tous les sens et bien réfléchi, même si les seules choses prévues étaient le ménage et les corrections (même pas une partie de Scrabble chez maman partie en Espagne). J'ai fini par dire oui à cette journée à la campagne à la destination "surprise" et je l'ai assuré d'apporter du ravitaillement sous forme de boissons et de pique-nique.

Il est passé me chercher de bonne heure et en route pour... Ensérune ? Non, plus loin. Le canal de la Robine ? Non, plus. Mon état d'esprit était calme, apaisé, heureuse d'être invitée, de m'être embarquée en sa compagnie et de rouler dans une voiture confortable pilotée par un chauffeur agréable et charmant, de voir défiler de beaux paysages, de partager sa conversation. Et puis j'ai vu les panneaux "Sigean" qui nous faisaient de grands signes, on ne pouvait pas les manquer !

- Sigean ?

- Oui, tu connais ?

- Non, pas le parc animalier, on y va ?

- Oui, on pourra voir des animaux. Tu as bien pris ton appareil photo ?

- Je l'ai toujours avec moi.

Des grands espaces, presque personne, des oiseaux de toutes sortes, des bêtes dans la nature... On a pris un café, marché, roulé, pris des photos d'animaux... On était bien loin des cours d'histoire. Enfin, pas tant que ça...

La matinée a filé. Non loin des éléphants, nous avons pique-niqué au pied d'un olivier et je l'ai remercié pour sa surprise... qui ne s'arrêtait pas là... Le soigneur qui s'affairait est venu nous saluer.

- Bonjour Nestor

- Bonjour Gaëtan, je te présente Marianne

- Bonjour Marianne

Il nous a parlé de parc, de son travail et de sa double passion : les animaux et l'écriture.

Alors Nestor a sorti de son cartable une bande dessinée que je ne connaissais pas : "Des élisyques au Prince Noir" à laquelle Gaëtan a écrit le scénario.

- Pas possible ! Me suis-je écrié, mais c'est l'histoire de Narbonne ?

- Oui, de la Préhistoire au Moyen-Âge et on prépare la suite, du Moyen-Âge à nos jours.

Voilà, chère Sarah, une belle journée d'histoire, bon air, bonne humeur et belle rencontre.

Je t'en souhaite les mêmes et d'ailleurs, n'oublie pas de donner le bonjour à Pacôme qui est devenu avocat, c'est bien ça ?

Bises de ta cousine,

Marianne

(P.S. : photo extraite du livre "Jeux du monde" Unicef, Lied, page 262 ; le yoyo serait originaire de Chine...)

 

 

 

16 janvier 2021

Le xylophone est un jeu d'enfant (Kate)

 

Chère Marianne,

Ta lettre m'a enchantée, charmée et quand même étonnée...

Il t'envoie des fleurs

T'écrit des mots

Tu pardonnes son erreur

Tout ça est très beau

(Je résume...)

J'ai moi-même suivi

Tant de chemins

Qui ne menaient à rien

Poursuivi

Tant de chimères

Au parfum amer

(Je te prie de m'excuser pour cette sortie de route...)

Que je ne peux rien te dire de valable, je crois, si ce n'est que notre vie est faite d'essais et d'erreurs, de tas de choses qu'on n'aurait pas dû faire et que pourtant les pires regrets concernent souvent les choses qu'on n'a pas faites, surtout celles qu'on s'est empêché soi-même de faire. Allez, j'arrête, tu sais tout ça !

J'avais commencé à t'écrire il y a quelques jours et mes notes sont restées à l'état de brouillon et je les retrouve : je ne résiste pas à l'idée de t'en faire un résumé et tu verras à quel point notre état d'esprit est variable et fluctuant.

0-1 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà, en plus lisible :

Chère Marianne,

Tu te souviens de "Neume joue pas du pipeau !" ?

Maintenant qu'il te couvre de fleurs, tu écoutes son chant des sirènes !

Dis-lui que tu n'es là pour personne

Que ton nouvel amant joue du xylophone

Qu'il te laisse réfléchir

Avant de s'arrêter pour te voir en allant bosser à Carcassonne

Si Nestor n'a pas tort

Peut-être a-t-il raison ?

Non, pas encore ?

Tu es bien allée dîner dans sa maison

Alors invite-le à déjeuner avec toi

Plus de flûtes ni hautbois

Greg a tout repris la dernière fois

Reste un xylophone

Qui trône au salon...

Ce reliquat fera un sujet de conversation (ou pas) : tu diras que bientôt il sera rendu à son propriétaire, que ta console sera ainsi libérée et que tu vas refaire toute la déco (et hop, un autre bon sujet, ou pas !)...

Bon, tu vois, je "balance" ma première version en deuxième, match nul, la balle au centre ?

0-2 2

Plus concrètement, hier Grégory m'a téléphoné alors que j'étais plongée dans l'histoire des jouets au XXème siècle et plus précisément dans le catalogue d'une exposition de 1978 que mes parents avaient vue à Paris. Il m'a appelée pour avoir de mes nouvelles car on ne s'était pas revus depuis ma visite à la la fameuse clinique. Je l'ai rassurée, tout est rentré dans l'ordre, ma vie s'efforce d'être un long fleuve tranquille... Mais la rencontre de Pacôme en a un peu bouleversé le cours. Je suis en effet, sur son invitation, allée boire un thé chez lui et nous avons discuté une bonne heure mais non, je n'ai pas fait comme Vincent Delerm.

Tu me diras, à raison, pourquoi lui ai-je raconté tout ça ? Mystère, il a en effet une petite "musique" à lui qui fait qu'il y a un échange et que, peut-être, j'avais envie de lui faire partager un moment de joie, même si j'imaginais bien qu'il m'appelait pour me parler de toi...

Et puis, oui, il m'a demandé de tes nouvelles et je ne lui ai bien sûr pas parlé de Nestor, d'ailleurs que lui aurais-je dit ? Tu travailles, ta mère va bien, la routine.

0-4 2

Il m'a dit "tant mieux". Il est sur un nouveau projet au Pays Basque, pas à Carcassonne. Toujours sur la flûte, cette fois la flûte basque et aussi d'autres instruments locaux dont le xylophone. J'ai cru qu'il plaisantait et il m'a parlé d'un xylophone basque. Justement, je lui ai parlé du catalogue de l'exposition sur les jouets américains que j'avais retrouvé et d'un xylophone en jouet charmant et aussi du fameux téléphone de Messieurs Fisher et Price qui avait enchanté notre enfance.

0 2

Il a bien ri et m'a raconté que pour le Noël de ses quatre ans, il avait reçu de ses grand-parents, qui ne s'étaient pas concertés, une trompette et un tambour ! Ses parents n'étaient pas ravis mais lui si !

En résumé, il va aller sur un chantier au Pays Basque et tu pourras lui rendre son xylophone s'il s'arrête chez toi.

Voilà, chère Marianne,

Bises de ta cousine,

Sarah

16 janvier 2021

C'est sûr que j'en prends fort à mon genèse ! (Joe Krapov)

DDS 646 La genèse

Dieu était assez content de lui. Ça se passait très bien, finalement, sa genèse. Il avait fait le monde en six jours, s’était reposé le septième et maintenant, depuis son laboratoire, il regardait s’ébattre ses petites créatures dans cet Eden parfait.

Il avait dit aux grenouilles : « Vous coasserez et vous multiplierez » et les grenouilles coassaient et multipliaient les bonds de feuille de nénuphar en barreau d’échelle d’aquarium (le fameux barreau-mètre).

Il avait dit aux corbeaux : « Vous croasserez et vous multiplierez » et les corbeaux croyaient les renards flatteurs, lesquels lorgnaient sur le fromage qu’il tenaient en leur bec. Après, ne se sentant plus de joie d’être appelés phénix comme en Arizona, ils lâchaient le calendos que l’autre boulottait. (Faut pas leur en demander trop à ces volatiles car les oiseaux sont un peu des cons d’après ce qu’en dit le facteur Chaval).

DDS 646 fruit-défendu-concordeIl avait dit à Manureva et à Manuradam de ne pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal et de fait l’idée ne leur venait même pas de s’en approcher. Le serpent qui veillait sur la pomme s’emmerdait à cent sous de l’heure – c’était là le montant de son SMIC horaire -.

Tout allait bien. De temps en temps il dépannait ses locataires humains, les plus dégourdis de la troupe, en leur fournissant des outils de son atelier.

Manureva s’était mis en tête de se tisser des vêtements alors que le thermostat était réglé tout au long de l’année sur « vacances estivales ». Ne sachant pas trop ce qui pouvait passer par la tête des femmes et ne voyant pas malice à ce qu’elle désirât avoir un « dressing » et à organiser un défilé de mode il lui avait fait cadeau d’aiguilles et de fils divers tirés de sa panoplie de chirurgien.

Manuradam était un bricoleur de première. Couteau, scie, hache, rabot, varlope, avec tout ça il fabriquait toutes sortes d’objets inutilitaires auxquels Dieu lui-même n’aurait jamais pensé.

Le seul ennui c’est que ces deux-là qui s’entendaient comme larrons en foire étaient très bruyants et très bavards. Mais bon, à un univers créé en six jours, faut pas lui en demander trop non plus !

DDS 646 la joie de vivre

Ce lundi matin-là, Manuradam avait eu un coup de bambou. Enfin plusieurs. Plusieurs coups de hache dans la plantation de bambous.

- Qu’est-ce que tu fais, Chouchou ? demanda Manureva qui venait de se confectionner la veille un magnifique wonderbra en feuilles de palmier. « De l’anglais wonder qui signifie "merveille" et de l’italien bravissimo qui signifie «j’aime beaucoup» » avait commenté Manuradam qui se piquait d’étymologie alors que Dieu n’avait encore inventé ni Alain Rey ni la tour de Babel et encore moins le breton et le syldave.

- Aujourd’hui j’ai inventé le xylophone. Du grec xùlon qui signifie « bois » et du grec phôné qui signifie « le clown qui parle ».

- C’est un instrument pour traduire la langue de bois ?

- Non, écoute plutôt ça !

Le bricoleur avait aligné des morceaux de bambou de longueurs différentes sur deux planches auxquelles il les avait attachés avec de la ficelle de cuisine.

- En tapant dessus avec ma mailloche, j’émets des sons différents. Je crois bien que maintenant, avec ça, je vais pouvoir inventer la musique !

- Ah, Choupinet, c’est chouette ! C’est super-joli ! Ça me donne envie de me secouer les miches ! Je crois que de mon côté je vais inventer la danse ! Vas-y, tape sur tes bambous et sois numéro 1 ! Tahiti quoibaudou équateur méridien !

***

DDS 646 Dieu en colèreC’est ce jour-là qu’Augustin Dieu découvrit qu’il était mélophobe (du grec de derrière melos "la musique" et du grec de devant phobé "la détestation". - Il vaut mieux se piquer d’étymologie que d’héroïne ou de vaccin anti-covid, enfin, tout ça se discute -).

A longueur de journée Manuradam enchaînait des titres de sa composition : «Voyage voyage», «Les démons de minuit» «Chacun fait ce qui lui plaît» «Étienne Étienne» «Besoin de rien, envie de toi» et franchement ça lui cassait bien les oreilles au Créateur.

- C’est dommage qu’on ne soit que deux à chanter, disait-Maruradam à Manureva, sinon j’aurais bien inventé la SACEM aussi !

Dieu n’en pouvait plus de l’entendre taper sur ses bambous. Il retourna donc dans son atelier et pour faire cesser la musique de Radio Jamaïque il fabriqua les insectes xylophages (termites, capricornes, etc, voir le Défi du samedi consacré à ce mot) auxquels il n’avait pas songé dans sa prime genèse.

Mais ça prenait du temps de ronger les bambous : le xylophone était solide, les insectes tout petits et ils s’y cassaient les dents. Augustin perdait patience. Il n’aimait vraiment pas, mais pas du tout la musique !

- Il faut que je trouve un moyen de les chasser du paradis terrestre ! maugréait le barbu.

Au bout d’une semaine de «Another brick in the wall», de «One step beyoooond» et de «Rooooooxane» il s’approcha de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il libéra le serpent de ses obligations militaires et le remplaça par un pangolin et une chauve-souris, ce qui était très con en fait. Si seulement il avait eu l’idée basique d’inventer les boules Quies, à l’heure qu’il est (3 h 30 du matin) on serait encore en train de danser au Palace, surtout les nuits de la pleine lune.


16 janvier 2021

Le xylophone d'Antonn (Lecrilibriste)

 

Source: Externe



Quand Calypso est au piano
Boniface à la calebasse
que Seymour tape sur son tambour
Persephone prend son saxophone
Marimba son ocarina
Antonn sort son xylophone
et tape sur ses lames de  bois
un rythme syncopé d'Afrique
appris où ? On ne le sait pas
Alors …
Comme un sort qui serait jeté
tout le monde se met à danser
C'est électrique, acrobatique
chaotique et désordonné
mais personne ne peut résister
c'est un branle-bas singulier
de p'tites gambettes qui gambillent
de posterieurs qui se tortillent
de sarabandes et de quadrilles
toute la nuit sous les palmiers
tout le monde danse à son gré
Mais quand cinq heures ont sonné
une corne de brume résonne
s'arrêtent tous les bigophones
Antonn range son xylophone
et s'en vont tous les feux follets

16 janvier 2021

mantra (tiniak)

 मन्त्र

Kamasutra en un mantra ?
Sachant qu'il en faut pour sa chienne...
Il me vient des songes, paria !

Là, j'entends que tu me dis : pouce !
Oh, ne vais pas filer en douce...
Tu manquerais trop au festin

Poissant de tes doigts cet écran
Holistique, bien malgré toi
Où se loge ton sentiment ?
Ni dans ton ventre, ni ta voix...
Eh ! Profitons de ce moment !

Hare Ôm

tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
pour un Défi du samedi #646.

9 janvier 2021

W comme Walrus

 

Après bien des essais de titre ("Hymne à Walrus", "Des fleurs pour Walrus", j'en passe et des pas meilleurs...), c'est "W comme Walrus" !

Mais les deux mamelles pôles de ma présente pensée sont : "C'est gonflé !" et "J'hallucine aussi ?" :

- "C'est gonflé ?" : oui, c'est gonflé, de glisser subrepticement le prochain mot du Défi en arguant que, bien sûr, ça ne pourra pas  être ce mot... Déjà, j'ai eu un léger doute et n'ai pas été sans penser à Edgar Allan Poe et sa "Lettre volée" : ce que vous cherchez est bien caché, si bien caché qu'il est en évidence...

Et puis oui, c'est assez gonflé tout de même d'écrire que je puisse douter de ton imagination... tu en débordes et nous le prouves chaque semaine !

- "J'hallucine aussi !" : oui, Sir Walrus, et pourtant je ne suis pas "Lucy in the Sky with Diamonds", seulement Kate en quête de William d'idées ! Alors voyons, comment sont tirés choisis les numéros de l'Euromillion mots du Défi de la Semaine ?

0 2

Par hasard, par surprise, par élimination, par Lady Madonna Walrus, par deux comme les Dupondt (ou comme le récent doublon doublet duo "kamasutra/kimono" #633) ? Eh bien, "volubilis" nous donne enfin quelques pistes puisque :

- d'une part, "imbroglio" a empêché le mot "ipomée" d'être choisi (oui, il a tout paumé cui-là !)

- d'autre part, le choix de "lasso" n'a pas permis à "liseron" de nous inspirer (il nous aurait enlisé lassé !).

Évincées donc les fleurs... Se seraient-elles alors syndiquées ou auraient-elles tout simplement au bord du chemin revêtu un gilet fluorescent pour se faire choisir, la nature étant souvent très surprenante en termes d'adaptabilité ?

Le fait est que "volubilis" (sur l'écran depuis  2020 2012 2002 !) a pu, enfin, nous montrer sa belle gueule robe... Il était temps car un peu plus le mot "vaporetto"(*) prenait sa place ! (**)

Mais dans quel pays sommes-nous ? Wonderland Walrusland ?

Ne sommes-nous pas un peu comme cet "Eggman" lancinamment évoqué par Lennon dans sa psychédélique chanson "I am the Walrus" ?

Alors "Wonderbra",

Pourquoi pas ?

Wonderbra

Aurait donc ainsi pris le pas

Sur Watsonia

Wattakaka

Et autre weigélia...

Eurêka !

Non, je ne doute pas de ton imagination, Walrus, je m'en méfie car après W vient la lettre X... mais peut-être aurons-nous un choix, comme avec le défi #640 "roupille/roupie" ?

0 2

(*) "vaporetto" ou tout autre mot commençant par v et placé avant volubilis dans le dictionnaire, car en cette belle année 2021 je laisserai en février les gondoles à Venise aussi bien qu'en mars le printemps sur la Tamise... et ne prendrai donc aucun vaporetto, sinon en compagnie du commissaire Brunetti...

(**) En vertu de fait, logique, si on y pense (bien), puisque "vaporetto" se termine par un "o", comme "lasso" et "imbroglio" et vient avant "volubilis" dans le dictionnaire, alors que "ipomée" vient après "imbroglio" et "liseron" après "lasso", les pauvres...

photos de l'auteur, janvier 2021

2 janvier 2021

Volupté bis (Kate)

 

Chère Sarah,

Tu t'attaches facilement..., tu m'as fait rire ! Et quelle bonne surprise de retrouver Pacôme !

Ma vie est vide et mécanique : boulot, dodo... Et puis, j'ai reçu une longue lettre accompagnée d'un bouquet...

Greg-au-lit

Comme tu dis

Est revenu à Nice

0 2

Après un paquet de bulbes d'eucharis

Vient d'envoyer des lys

À ma mariale personne

Ils m'entêtent

Me questionnent

Suis-je bête

Des pages d'explications

Des regrets à la tonne

Son acte de contrition

En mon coeur résonne

Se superposent

Ses yeux myosotis

S'imposent

Ses bras volubilis

Ses jeans Levi's

Comme des leitmotiv

M'obsèdent

Me motivent

Pour que je cède

À son invitation

Et infléchisse

Mon obstination

Il faut que je réfléchisse

Avant de replonger

Dans son iris

Lapis-lazuli

Réentendre sa musique

Devient une idée fixe

Oublier une bêtise

Dans une volupté bis

Attention danger

Renouer

Nos vies

Fluides et prolixes

Retrouver ma terre promise

Voilà Sarah, où j'en suis, je t'embrasse, chère cousine,

Marianne

26 décembre 2020

Sarah rencontre Côme (Kate)

 

Chère Marianne,

La cave, toi aussi ! Une seule idée au sortir de cette expé souterraine, rentrer prendre une douche. Et comme nul verre en vue (non) et nulle étoile à qui dire bonsoir (non plus), je suis juste descendue faire un tour à la librairie, à deux pas.

Vitrine attrayante, comme il se doit, à contempler, à lire voire à méditer (non, j'exagère un peu).

Quel homme s'approche de moi ? Non, tu ne devineras pas : Côme. Oui, Côme, on n'en connaît qu'un, celui qu'on appelait Pacôme parce qu'il n'était pas comme tout le monde, celui qui portait toujours une besace pleine de livres et autres... Celui qui avait littéralement "bousillé" les affiches de La Semaine de la Poésie (du jamais vu), l'évènement de mars qu'on préparait depuis une année.

- Pâcome ! donc

- Sarah ! Oh, ma jolie Sarah !(grand sourire)

"Merci pour ton effort"... de mémoire, aurais-je dû répliquer, mais sous le coup de la surprise, j'ai ri en le voyant et en superposant en une fraction de seconde le grand barbu en kaki qu'il était à l'homme en blouson de cuir, cheveux très courts, face à moi. Plus de musette débordante de tout mais un gros cartable noir, quelques cheveux blancs (bon, je m'égare)...

- Qui a volé ta grosse natte ?

- Et ta grosse barbe et tout ton barda ? Et dans ton cartable, des livres de droit à la place des araignées, fourmis, bombes de peinture, marqueurs indélébiles, peaux de bananes, poil à gratter ?

tvmag hlt

- Je te montre : le programme télé avec la photo de notre ami, tu te rends compte !

oui hlt sdlp

- Oui, formidable, le Goncourt pour un Papou, je cours l'acheter. Regarde, je viens de retomber sur le marque-page avec un extrait de "Zindien" qu'on avait choisi et diffusé.

- "Zindien", ce Z m'avait inspiré et j'en avais rajouté sur pas mal d'affiches de la Semaine de la Poésie !

- Partout on pouvait lire "Semaine de la PoésieZI", jusque dans le hall de l'IUFM où on t'avait croisé bombe de peinture en main...

- En flag de chez flag et Hervé m'avait appelé Lurti : "Mais c'est Lurti !"

- C'est vrai, Lurti, alors que tu t'appelles Pacôme, enfin "Côme pas comme tout le monde" comme tu disais... Tu avais même répliqué tout de go : "Bonjour les Zindiens et les Zindiennes, je ne suis pas Lurti", quel aplomb ! Et il t'avait lancé : "Mais si, Monsieur, vous êtes Lurti, l'Urticant, enchanté de faire votre connaissance, vous prendrez bien un café avec nous ?"

- Je n'en menais pas large et je me suis excusé. "L'Urticant", c'était bien ça, d'ailleurs, regarde :

deb urti

fin urti

0-4 2

Et il ouvre son cartable dans lequel il a le livre d'Hervé "Je m'attache très facilement" et il a finement souligné au crayon le mot "urticant"...

Oui, j'ai acheté "L'anomalie", oui, ensuite nous sommes allés boire un verre... oui, moi aussi "Je m'attache (très) facilement" !

Bises de ta cousine,

Sarah

 

19 décembre 2020

le mot juste (joye)

Certains auteurs sont comme des modistes

Qui confectionnent de belles œuvres d’art

Et qui font livrer leurs strophes habillées

Par des jolis vers arpètes.

L’effet est tellement ravissant qu’on applaudit discrètement

Tout en murmurant « Chapeau ! »

D’autres fouillent dans les poubelles

Et dégottent d’une main crade des abominables galures

Qu’ils jettent dans la figure des éventuels lecteurs.

On se tient le nez et bougonne « Lard pour lard... ».

MORALITÉ :

Ce n’est pas tout le monde qui peut filer de la poésie partout,

Ni penser aux pieds de mouton en voyant le mot « trottin ».

trottin

 Image retrouvée sur Google

19 décembre 2020

De caves en cave (Kate)

 

Ma chère Sarah,

Alors, comme ça, tes chers collègues ne pourront plus t'appeler "La grosse natte" (dans ton dos, bien sûr) ? Qu'est-ce qu'ils vont trouver ? La garçonne ?... En tout cas leur surprise a dû être de taille et la liste de tes conquêtes m'a bien fait rire (surtout Olivier et tous ses colliers, il détonnait ce bijoutier...)

En tout cas, si tu as fait visiter les caves à un groupe de scientifiques, tu as pu avoir le plaisir ensuite de pouvoir te laver et te sécher les cheveux en un clin d'oeil... et de pouvoir aller boire un verre ensuite, peut-être ?

Quant à moi, belle convergence souterraine, ma mère m'a invitée pour que je l'aide à nettoyer et ranger sa cave afin qu'elle puisse y stocker du bois de chauffage et remettre la cheminée en marche. Je suis donc partie tôt le matin et après les stères de bois nous avons déjeuné ensemble sous la véranda. Comme il se doit, après le café, partie de Scrabble et dès la début maman a crié : "Scrabble !" en posant les lettres T R O T T I N.

"Ça n'existe pas...", lui ai-je avancé prudemment, mais après vérification dans le Bible (du Scrabble) : jeune employée qui fait des courses. Bon, je te passe la suite, j'ai pu grâce à ma lettre G faire à la fois le mot "trotting" et le mot "goyaves" en même temps donc "Scrabble !" à moi tour, etc.

Quand même, ce mot "trottin" me trottait dans la tête... et quand la radio a diffusé la chanson "Nashville ou Belleville", une petite étincelle a surgi et j'ai allumé les phares, la nuit tombant vite. Monsieur Eddy, "certif" en poche avait débuté dans les années 50 comme "trottin", c'est-à-dire coursier dans une banque (la même que celle où travaille maman) avant de se lancer dans la carrière qu'on lui connaît.

Oui, "trottin", pas toujours au féminin mais souvent dans les romans de Zola, Balzac, Stendhal... j'avais fait quelques recherches en rentrant.

Et puis, la nouvelle est tombée : la mort de John Le Carré...

0 2

Trottin

Il a été

Et à quelques uns

Il a enseigné

L'art de trottiner

Sans se faire remarquer

Ni repérer

L'art de filocher

L'art de s'esquiver

Celui des faux papiers

Des courriers cryptés

Des boîtes aux lettres infiltrées

De messages codés

Entre agents discrets

John Le Carré

A succombé

À une pneumonie

Après une belle vie

Riche et intense

De contacts et d'intelligence

Et au Brexit

Il a dit non

Non de non

Pas double mais quitte

Tu te souviens, son dernier livre, "Retour de service" que je t'avais passé ?

J'espère qu'au cours de tes pérégrinations citadines tu vas encore découvrir quelque endroit "secret" au détour d'une rue, d'un grenier ou au fond d'une cave !

Bises de ta cousine,

Marianne

12 décembre 2020

Le Sophistiqué (Joe Krapov)

DDS 641 Louis-xiv le sophistiqué

Le sophistiqué, lorsque vous l’élûtes, étiez-vous sous le coup d’une poussée d’utopie pas piquée des hannetons ? D’une illusion d’optique ou d’une indigestion de sushis ?

Où donc a-t-il puisé ce programme politique, lequel stipule qu’on peut être en même temps étique et potelé, en même temps phoque et putois, en même temps Héloïse et Iseult et tant pis si Abélard et Tristan se retrouvent soûlés voire spoliés par cette éthique oiseuse ?

Les élites ont vite fait d’envoyer aux pelotes les toqués qui ne sont rien, qui ont loupé l’idée de traverser la rue et postulent à Pôle, allongeant ainsi la liste des hostiles en loques qui hoquètent et réclament juste un peu d’équité.

Du haut des pilotis, l’Huile, essentielle, elle, toise la pelouse située au-dessous des hôtels cinq étoiles où sa soupe est si bonne.

Du fait de la présence d’une nouvelle peste, Elle interdit les liesses, la pratique du tire-fesses et d’embrasser l’hôtesse la nuit de la saint-Sylvestre ! Groggy, l’an neuf ! Tout le monde pieuté à 20 heures avec les poules ! Piteuse perspective qui rend ronchon : l’année 2021 au Mont-de-Piété ! Et prière de crier « Gloire au pilote et à son équipe» !

On s’isole derrière sa liseuse, son poste de télé, on met le loquet à la porte et on joue aux osselets ! Pour les jours heureux, vous repasserez, c’est plié !

Hostie ! Quelle impression de phtisie galopante, d’époque peu épique et de la Marianne en épouse épuisée ! Qu’elle fait pitié, votre utopie ! Difficile de rester stoïque une fois qu’on a dressé la liste des arrogances du soliste et constaté, toujours « en même temps », la généralisation de la poisse et l’omniprésence des poulets.

Et donc, tout bien soupesé, on ne lui dressera pas de stèle honorifique à votre sophistiqué !

Ni à moi non plus : toute cette horripilosité ne vaut pas un isopet et n’était qu’exercice de poétique anagrammatique. Histoire de me poiler sous ma housse de poète-couette !

Oui, je suis assez sophistiqué comme gars, moi aussi !

12 décembre 2020

Les stances à Sophistication (joye)

femlin 24

Vous me demandez vos lettres, vos photos,
Vos articles de toilette et d’autres affaires.
Cela m’indiffère tout à fait, ma gourgandine, oh !
Je vous envoie tout par FedEx, tant qu'à faire.

REFRAIN : Oh, vous que j’aimais tant !
Je vous embête, ma bonne arléquine.
Oh, vous que j’aimais tant !
Je vous assure : je vous enquiquine...

Je vous ai connue au bord du bois
Où vous regorgiez lors d’un contretemps.
Si j’avais su que vous étiez fille de joie
Je vous aurais délaissée sur-le-champ !

Mais je vous ai aidée – une bevue –
Parce que le lendemain, à mon désarroi,
Je fus dans l’embarras imprévu
De faire hôte à des bizarres bestioles, ma foi !

[REFRAIN]

Le lendemain, les Anglaises furent arrivées
Et traînaient partout au boudoir.
Vous vous souviendrez que j’ai beau essayer
De vous aider à les déboire.

Vous aviez certains…états naturels
Mais quand ce coquin Cupide survolat
Comme tout autre besoin en fait corporel,
Je devais rester – hélas – chocolat.

[REFRAIN]

Vous aviez d’autres intérêts exotiques.
J'en rougis encore, rien que d'y penser.
Pour apaiser vos envies béatiques,
A tous vos caprices, il me fallut céder

Ne fallut-il pas que la langue s’égare
Dans les lettres entre la paix et l’ère
Car chanter une telle chanson à dare-dare
N’est point sympa pour toutes les Sophie...tralalère.

[REFRAIN]

femlin 6

NB: Les illustrations sont des célèbres "Femlins" créés par LeRoy Neiman pour la magazine américaine Playboy, à l'époque où mes frères cachaient un exemplaire ou deux sous le matelas dans leur chambre. Les paroles originales de la chanson "Les Stances à Sophie" se trouvent ici. Je vous préviens, vous qui ne les connaissez pas, elles sont dégueu...heu...incroyablement dégoûtantes et sexistes. Quoi qu'il en soit, j'espère que ma version 2020 vous plaira.

12 décembre 2020

Sarah change de look (Kate)

 

Chère Marianne,

Belle rencontre, comme on les aime... Et si vous avez dit bonsoir aux étoiles, alors là, j'adore ! Politesse ou pirouette ? En tout cas, si tu as pu oublier Grégory le temps d'une soirée, c'est parfait.

Tu sais que depuis toujours je porte cette natte jusqu'aux fesses souvent assortie d'un serre-tête en harmonie avec ma tenue : bleu marine, noir, en imprimé Vichy ou en Liberty...

Bien sûr, j'ai rencontré Bertrand mais il était si barbant

Que je l'ai laissé pour Gontran, fils de famille, mais si fainéant...

Par la suite, ma vie avec Hubert qui portait toujours le même imper

De marque anglaise

Mais ne disait que des fadaises

M'a fait rechercher la compagnie d'Olivier

Du signe du Bélier, arborant plusieurs colliers

Et une dizaine de bagues et bracelets

Personne n'est parfait

Comme chacun le sait...

Tout ça ne pouvait plus durer

Et depuis mon retour de Béziers

Je me suis empressée

De faire tout couper

Pour avoir enfin une coupe à la garçonne

Avec une frange friponne

(D'après mon coiffeur, John)

Et j'ai remplacé mon maquillage de nonne

Par du rimmel à la tonne...

Croyant enfin avoir atteint mon degré de sophistication maximal, j'en suis arrivée au résultat suivant :

- clin d'oeil de Betty,

- frôlage de Lili,

- palpage d'Élodie...

0-1 20 2 copie

Heureusement, je m'en suis sortie en tournant ça à la plaisanterie et quand j'ai posé mon casque de moto (non, pas mon casque de vélo !), ça a été pour prendre le casque de chantier, les bottes et l'équipement pour aller faire découvrir les caves à un groupe de géologues.

Bises de ta cousine,

Sarah

28 novembre 2020

Sarah est Balance (Kate)

 

Comme tu balances ton... Grégory ! "Un de perdu", dit l'adage, mais c'est un adage...

Et Hector ? Non, Nestor, alors, dis-moi, vous avez parlé musique ou cinéma ?

0 20-1 2

Je te remercie pour ton cadeau : "Tristesse de la Balance et autres signes" de Jacques-André Bertrand, ce Papou, son premier livre. Balance, signe d'équilibre, soi-disant... mais on a dit et écrit tant de choses pour expliquer les caractères et le monde, le zodiaque serait-il une science ? Ça se saurait, en tout cas c'est drôle et bien écrit et si la Balance est mise à l'honneur, les autres signes ne sont pas oubliés !

Pour l'heure, "balancer" ou pas, telle est souvent la question. Deux exemples, nés en 1948, respectivement Nathalie Baye née le 6 juillet et Gérard Miller né le 3 juillet, non pas sous le signe des Gémeaux mais du Cancer.

En 1982, dans deux films phares, Nathalie Baye incarne deux personnages bien différents confrontés au dilemme : balancer ou pas ? Elle incarne aussi bien Nicole, prostituée, dans "La Balance" proche du milieu, des truands, des indics, de "balances", que Bertrande, paysanne sans fard dans "Le Retour de Martin Guerre" face au retour de son pseudo mari : balancer ou pas...

Mais encore ?

En 2009, Gérard Miller balance avec humour dans son livre "Ce que je sais de vous... disent-ils" en énumérant les lieux communs qu'on a bien sûr envie d'entendre, par exemple : "La Balance n'est jamais vulgaire", etc.

Sur un plateau Nathalie et surtout les personnages qu'elle interprète, sur l'autre Gérard, sur le troisième toi et sur le quatrième moi. Quoi ? Une balance n'aurait que deux plateaux ?

La Balance que je suis (serais ?) te salue et te rappelle que j'ai bien balancé, d'ailleurs, il n'y a pas si longtemps...

Puisqu'il faut terminer en chansons, bonus : Moustaki par Barbara, et le réjouissant film "La fiancée du pirate" avec la belle Bernadette Lafont.

Et alors, avec Victor, pardon, Nestor, vous avez parlé cinéma ou musique ?

Bises de ta cousine,

Sarah

 

 

21 novembre 2020

Sous la Coupole (joye)

flourish

Une

abondance

de décadence,

Une affluence

de confiance,

Un comble...abominomble.

flourish

Un

déluge

de vermifuge.

Un excès

de désuccès.

Un foisonnement...prochainement.

flourish

Un

maximum

de médium.

Une

multitude

de latitude.

Une nuée huée de buée.

flourish

Un

océan

de goélands.

Une pléthore

d’omnivores.

Une profusion de...confusion.

flourish

Une

proliferation

d’expiation.

Une quantité

d’ubiquité.

Une richesse de vieillesse qui blesse.

flourish

Brèfle,

un surcroît

de pisse-froid

qui aboient

comme des bourgeois

sous leur beffroi

de...rabat-joies.

flourish

 

14 novembre 2020

Acrimonie (tiniak)

 
A
ux branchies de la terre
s'étiole un vieux panache
- mon Moi de nain bravache en est tout dévasté
quand l'Art qu'on voit aux ciels ne veut rien pardonner
nul serment goût-de-miel
ni compulsivités

Crois-moi, c'est bien fini (même l'Année Prochaine...)*
tant l'humus a couvert chaque ban dévoyé
par les impunités de la nature humaine

Referont pas le monde (où niche l'univers)
pas ceux dont la chambrée n'est plus que devanture
ni les frontons austères
(quand les fourmis, peut-être, auront cette aventure...)!

Il en va des questions comme des pandémies :
maigres résolutions au courage en vacance
et la perte de sens... Fourrées ! Sous le tapis !

Mais, oh ! s'aimer au four que de plaider Toujours...
Et puis ? semer en corps encore une réplique ?
Eh ! Crottes...
La culotte au genou sitôt quittée la Grotte ?

Oh ! N'y soit - quand mâle y pense... qu'un peu de joies
humbles, dans le soupir qui enjambe une danse
Mais non, Ménon !
C'est Possession, en procession d'Appartenances
croissant de l'Une à Celui Qui
tend ses appétits à Fortune & Panse

N'était le ventre d'une femme
où peut se former de l'espoir...
à l'entrée comme à la sortie : rien de certain
au caractère - volontaire ? aléatoire ?... du festin ?
Et puis, (je vous l' demande un peu)
elle est fait' de quoi, Son Assiette ?

"Il en pose, de ces questions !!"
(elle, n'entend pas de réponse; pas une once)
Un chariot passe, un autre fronce et crie son nom
sur son mouvant nombril : "j'essuie !!!"
Mais rien que la merde à ses pieds sur le Pardi !

Et voici que la page tourne
(impavide sous l'horizon)
tandis que Bon Soufflet s'enfourne
avec la semaine à sa suite
(imprimée sur cartons d'invite)
avec un jet d'ancre... au citron ?
 

 

All aboard

tiniak ©2020 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

14 novembre 2020

Kiss me, stupid ! (remake) = Embrasse-moi, idiot ! (ris mec !) (Joe Krapov)

Où est passé mon ombilic
Sans lequel je n’ai plus rien d’chic ?

C’était un diamant synthétique
Qui brillait sous l’ciel des tropiques
Et qu’j’avais collé au mastic
Dans ce trou qui tombait à pic
Au bas d’mon thorax athlétique !

A-t-il filé en Amérique
Dans la vallée siliconique
Où de transhumanistes geeks
Font d’la chirurgie esthétique ?

A-t-il calté au Mozambique
Pour y chasser le porc-épic,
Le serpent python ou l’aspic
Ou d’autres animaux mythiques
Que l’on ne trouve qu’en Afrique ?

DDS 637 images

Y a-t-il messe à la basilique ?
Se prend-il pour une relique
De Saint Blaise ou Saint Dominique ?
A-t-il des prétentions bibliques ?
Veut-il pondre des encycliques ?

Pour qui se prend cet alcoolique ?
Sort-il du coma éthylique ?
Rêve-t-il de lieux idylliques ?
Se fout-il de la République ?

Fut-il arrêté par un flic,
Divaguant sur la voie publique,
Ayant coché au stylo Bic
Sur son ADD (1) famélique
« Je vais acheter de la gueuze Lambic
Pour agrémenter le pique-nique
Qu’on va faire chez les « Am’nez zique »
En chantant « Dominique nique » ?

Ce à quoi Longtarin réplique :

DDS 637 Kim Novak

- 135 euros ! Donne ton fric !
On n’a pas encore passé l’pic
Et pas fini le diagnostic
De cette maladie inique
Qui rend étique et rachitique
Le modèle capitalistique
De notre système économique.
En attendant nous on fait «Couic » !
On fait avancer le schmilblick
Et renfloue le Trésor public
En taxant les gens bordéliques. ».

Où est passé mon ombilic ?
Je perds tout et c’est ça le hic !
Je suis vraiment somnambulique
Depuis c’confin’ment fatidique !

Et puis surtout, nom d’une bourrique,
Pourquoi écris-je en italiques
Mes perditions métaphysiques,
Mes impressions mélancoliques
D’homme à qui manque, ainsi qu’Ithaque,
Son trou perdu quasi Proustique,
En marcel à côté d’la plaque ?

N’y a-t-il donc aucun indic,
Chez les Bouley ou les Lepic,
Pour me dire où donc ce loustic,
Ce zombi bidon d’ombilic,
A pu jouer les bucoliques ?
C’est plus la saison des colchiques
Ni celle où tourne l’alambic !
Est-il parti boire un tonique
Dans le bistrot de Kim Novak ? (2)

 

201113 285 010 redimensionnéejpg

- Sonic attack ! Do not panic !
As-tu r’gardé, vieil amnésique,
Sous ta pile de slips en chachrik ? (3)
Dans ce joli vase de Lalique ?
Dans tes tomes de Rubrique-à-brac ?
Dans l’ Larousse encyclopédique
Dans l’manuel de ton Kodak ?
Dans le pot de colle vinylique ?
Au pied d’l’applique ? Sous le clic-clac ?

- Ne cherche plus, Marie-Annick !
Il était dans l’ pot d’basilic !
Y’a des jours, j’ me fich’rais des claques !

(1) Autorisation de Déplacement Dérogatoire

(2) Il s’agit ici, tout au long de ce poème ( ?) d’une allusion au film de Billy Wilder dans lequel l’actrice Kim Novak qui joue le rôle d’une prostituée, à un moment donné du film, « cherche son nombril » qui a roulé par terre.

(3) Mercerisé comme il se doit depuis Pierre Dac et Francis Blanche.
 

7 novembre 2020

J'en prends note (joye)

agrippine

🎧 UN neume est un groupe de notes associes sur une même syllabe.

Non !?!

🎧 UNE neume est une série de formules neumées…

Botte œuf corse !

🎧 … qui terminent principalement les alleluias de la messe et qu'on désigne aussi sous le nom de jubili, jubilations, chants de joie.

Eh oh, L’Alléluia n’est pas de la messe, c’est du Leonard Cohen.

Mais passons, passe que les chants de joye, je pense comprendre !

🎧  Le Podatus est un groupe de deux notes ascendantes.

Ah oui ?

🎧  Le Clivis est un podatus renversé.

Oui ah !

🎧 Le Torculus est un groupe de trois notes dont la seconde est plus élevée que les deux autres.

Oh, ça, non !

S’il y a quelque chose qui suit la seconde, on dit deuxième, n’en déplaise à L’Académie française !

🎧  Le Porrecus est un torculus renversé.

Non ! Ça ! Oh !

Et puis d'ailleurs, quand j’ai renversé le Porrecus, je me souviens que ma maman m’a filé une baffo profundo

🎧 Le Scandicus est une série de notes ascendantes.

Dorémy fait l'sofa de La Tideau, oui, je sais.

C’est aussi la raison pour laquelle on dit qu’on monte en Scandinavie.

🎧 Le Climacus est une série de notes descendantes.

Yep, c’est pour cela qu’on dit de baisser la clim’.

ca me troue

Passe que toussa NEUME dit rien du tout. - D. Zolée

🎵🎵🎵🎵🎵

Toutes les définitions utilisées dans ce texte ont été glanées d'une revue - La Musique sacrée, Février 1903, Éditée par Nougues et Mathieu Gallica, page 6 et retrouvée sur Gallica.

Les images d'Agrippine de la très regrettée Claire Bretécher sont utilisées ici sans sa permission car elle est morte en février de 2020, comme si cette année n'était pas assez déjà pourrie...

Publicité
Newsletter
Publicité
Le défi du samedi
Publicité