Ce Matin dans ma boite mail j’ai reçu de mon site de rencontre un message surprenant . De tous les quidams que j’ai croisés sur ce site avouez que celui-ci méritait toute mon attention .
‘ Jeune apiculteur cherche abeille butineuse pour faire un miel rare .’
Pendant que tous les Français faisaient leur plein de glaçons, pour résister à la seconde canicule de l’été, mon quidam et moi recouvrions nos tartines d’un miel des Alpes .
Embobinons le film ; Depuis aout 2018 je visite de multiples profils sur le site de rencontre des quidams à la pelle qui veulent tous voyager , aimer , rêver
Mon prénom Maya me prédestinait-il à cette rencontre ?
Je n’allais pas rater la récolte du colza et de l’acacia mon quidam me promettait la lune.
Je m’étais suffisamment gelé les antennes cet hiver, je commençais à crier famine . Cet apiculteur tombait à pic.
Il a commencé par m’envoyer des tartines de miel par la poste.
Face à la disette que je traversais ce quidam me redonnait envie de dévorer la vie .
Devant ma boite mail je suis postée comme une ventileuse qui attend un signe de son messager.
Mais mon quidam n'a soudain plus donné signe de vie.Pourtant les tilleuls étaient en fleurs . Mes vacances ressemblaient à un long tunnel de disette.
Mon apiculteur s’était-il empoisonné aux néonicotinoïdes. Son silence commençait à me piquer les oreilles.
Depuis je regarde les effets des pluies acides sur la litière de mon chat .
Comme d'ordinaire, je maudis mon côté impulsif qui me fait choisir des mots biscornus dont je n'ai pas moi-même la moindre idée de comment je vais bien pouvoir les utiliser.
C'est vrai quoi, est-ce que j'ai une tête d'obsédé ? (ou une gueule d'atmosphère ?)
Quoi, "Encore que..." ?
Toujours est-il que la recherche d'une idée commence à tourner à l'obsession.
Et tandis que j'échafaude des scenarii plus abscons les uns que les autres, je parcours mon courrier et je tombe sur quoi, je vous le donne en mille ?
Un lien vers un message du nouveau CEO de mon ancien employeur. Je clique distraitement et qu'est-ce qui apparaît sous mes yeux exorbités ?
Moi, la satisfaction du client seize ans après avoir quitté l'entreprise, ça commence tout doucement à quitter le champ de mes préoccupations majeures.
Par contre, pourquoi est-ce qu'ils ont attendu que je ne sois plus là pour mettre enfin à la tête du groupe autre chose qu'un vieux schnock revèche ?
Voilà, la question commence déjà à m'obséder !
Moins quand même que l'image de la nouvelle CEO...
Brusquement j’ai allumé le lampadaire du salon dont la fenêtre donnait sur le jardin .Je ne percevais rien et toujours en peignoir je suis retournée à la fenêtre convaincue de surprendre un cambrioleur .
C’est là que j’entendis une langue primitive autrefois parlée par l’ancêtre commun aux dauphins et aux humains.
Ça ressemblait à un cri RUTABAGA !!Puis brutalement l un bruit d’enjoliveur et là j’ai crié / pas dans mon jardin .
Un OVNI en chair et en os avait atterri là sur la pelouse tondue la veille /.
On m’avait tiré les tarots hier soir. On m’avait bien annoncé une visite, mais là des Martiens ! ça allait surement affecter ma vie très ordinaire et si bien réglée.
Le martien est sorti de sa soucoupe avec une grâce fataliste alors que j’avais toujours du mal à y croire, j’étais hors de moi.
Salut ma petite caille dit l’un d’eux, désolé de ne pas avoir appelé plus tôt, mais ton jardin est une merveilleuse piste d’atterrissage et tiens toi le pour dit/ c’est que le début .
Puis il marqua une pause pour attendre ma réaction. Je ne savais que hurler / pas dans mon jardin .
La pause se prolongea au point que si c’était une maison les douze disciples de Jésus-Christ auraient pu y vivre. La réponse du martien se fit tellement attendre que prise de panique je restais sans voix comme si un opéra de termites avait miné ma voix.
Tu n’as pas de mauvaises nouvelles à nous annoncer demande enfin l’autre martien. Seigneur Dieu dis-je d’une voix d’outre-tombe, mais sur terre il n’y a que des mauvaises nouvelles.
Mais où est ce que vous vivez dans une citrouille ou quoi !!Dis-je contrariée.
Tu as l’air fâché disent -ils de concert tu as fumé un de ces joints qu’on vend dans ton quartier.
Le changement, ça peut arriver comme ça, un mauvais alignement des planètes et Paf un intrus dans ton jardin. Mais là j’ai dégluti une fois, j’ai cligné des yeux deux fois ,et j’ai dit / si vous n’êtes pas partis dans dix minutes j’appelle la police.
Dix minutes passent, en fait quinze minutes passent, je me résous à leur laisser une marge. Alors j’empoigne un parapluie à pois comme s’il s’agissait d’un couteau à égorger les cochons et en même temps je balance en pleine poire mon attaché case hermès qui porte encore des marques vertes.
Rien n’y fait, je décide alors de me rendre à pied au commissariat central.
J’avance jusqu’au guichet /et j’annonce.
Je viens signaler l’occupation de mon jardin par une soucoupe volante.
La femme me regarde avec des yeux de bile de bœuf. J’essaie de me contrôler ce qui est aussi facile que de garder un pitbull dans une taie d’oreiller.
Soudain je prends conscience que je suis en peignoir et que je ne porte pas de culotte.
« Cette personne vous a parlé de manière grivoise » dit la policière ‘ »ma petite caille je reconnais c’est déplacé, mais ça ne fait pas un suspect » poursuit -elle.
Elle a dû penser que ce n’était pas de l’imagination que j’avais, mais un cirque à six pistes dans la tête.
OK dis je vexée je vais les étouffer avec mes beignets faits maison et je suis partie en claquant la porte.
Mademoiselle Renard a mis sa belle robe rouge mais personne ne l'invite à danser le fox-trot. Il faut dire que le bal a lieu sur une plage et qu'elle se tient debout dans le milieu des vagues.
Observée depuis le sable par six chasseurs à courre et à court d’arguments elle pourrait sembler Vénus sortant des flots ou un nouveau Jésus de sexe féminin faisant l'intéressant·e. Mais ce serait oublier qu'elle est venue, pareille à l’ours blanc étonné des banquises lointaines, sur une plaque de glace, que cela jette un froid et que les sept Pénitents blancs dont le premier porte une croix, tout encapuchonnés, dépourvus d’horizons, ignorent ce miracle musical d’un autre temps et la féminité assumée de Peter Gabriel, premier t****** du rock à l’aube des seventies.
(On a beau changer d'outil et passer de Word en ligne à Dictation.io pour dicter ses textes on est toujours chez ces idiots de logiciels anglo-saxons à ciseaux puritains qui remplacent le mot « travelos » par six astérisques !).
Je ne vais pas délirer plus sur la pochette de l'album « Foxtrot » du groupe de musique « progressive » Genesis. Je viens de vérifier que je ne possède plus ce disque vinyle. J'ai délégué à mon épouse il y a quelques temps le soin de le revendre dans une braderie de Rennes.
C’est sur ce disque-là qu’on entend la version studio de « Supper’s ready », une suite de 7 passages musicaux liés d'un seul tenant. Cela dure 23 minutes et je l’écoutais souvent dans la version de l'album live « Seconds out » sans rien comprendre des paroles mais en adorant la musique.
Si j'étais ici pour vous raconter ma vie je vous confierais que j'ai été initié à cette musique-là par Marie-Paule D. qui en était fan·e et qui habitait « par-derrière chez nous », au numéro 11 de la rue Achille Olivier à L. Mais je sais très bien que ça vous fera des bosses d'apprendre que j'étais, le 5 décembre 1980, à Paris, dans le public du Théâtre Mogador qui écoutait et applaudissait le guitariste Steve Hackett qui officiait au sein de Genesis avec Tony Banks, Phil Collins et Mike Rutherford à l’époque de « Foxtrot » : 1972.
Eh non, je ne suis toujours pas un perdreau de l’année ! Je fais des efforts, pourtant !
On trouve tellement d'information factuelles de ce type sur Internet qu'on ne peut plus rien dire du flottement onirique de cette musique, de ce groupe-là et du jeune homme que j’étais alors.
De toute façon le monde a bien changé : ces musiciens à barbe et cheveux longs sont maintenant de gros messieurs chauves portant lunettes. Leur poésie n’est plus en cour et leur musique non plus. Les battements simplistes du rap ont remplacé les compositions savantes et le délire abscons des paroles n'est pas plus encaissable aujourd'hui qu’à l’époque.
Marie-Paule D. a disparu dans les limbes du côté de Mâcon. Je possède encore des cassettes contenant l’enregistrement antédiluvien de nos séances musicales communes. Elle jouait du Georges Moustaki, du Maxime Le Forestier et du Graeme Allwright sur sa guitare sèche et comme nom d’artiste elle avait choisi « Boulibif blues » !
Longue vie à elle !
Ce que je regrette le plus dans cette histoire c'est le sort que l'on a fait subir à Mademoiselle Renard par la suite, même et surtout de nos jours.D’accord, il faut de l'anthropomorphisme mais point trop n'en faut quand même ! Et du merchandising. Le commentaire, emprunté à Alphonse Allais, qui l’appliquait à Baudelaire, est le même !
- Super ! Tu la laisses danser et tu vas t'asseoir à la buvette pour écrire...
- Trop bruyant !
- Tu trouves un endroit calme...
- Et à l'ombre ! Pas facile ! C'est pour quand ?
- Ce soir, dix-sept heures.
- Dix-huit heures ?
- Dix-sept heures trente dernier carat et tu me joins quelques photos !
- Sur quoi ? Les melons, les chiens, les renards, les manèges, les stands de brocante ?
- Ce que tu veux, histoire d'illustrer ton texte sur le fox-trot.
- ...
- Merci Vince, n'oublie pas le fameux titre du bouquin de publicitaire...
- "Ne dites pas à ma mère que je suis dans la pubicité, elle me croit pianiste dans un bordel" ? Ça serait plutôt : "Ne dites pas à ma mère que j'écris un article sur le fox-trot (auquel je ne connais rien), elle me croit en train de faire une sieste sous un arbre avec une boisson fraîche après avoir écumé les stands de brocante pour trouver un vinyle", pour faire court !
- Ça roule !
Allez, une bouteille d'eau, un banc à l'ombre, mon carnet, mon stylo, mes lunettes et... je m'y jette !
Nous autres, par ici, au Défi du samedi, nous constituons, l’air de rien, une belle bande d’excentriques.
Lorsqu’il y a une bavure policière, par exemple, nous n’allons pas, pour protester, mettre le feu à une médiathèque.
Plutôt que d’aller répandre de la haine et des insultes sur le site de l’oiseau bleu, nous tâchons, chaque semaine, de poser les pièces d’un puzzle écrit qui constituent, l’air de rien, une œuvre littéraire.
Comme on dit maintenant, « C’est pas n’importe qui qui fait ça ! ». Je me demande même quelquefois si cette excentricité ne confine pas au snobisme !
Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie ni la vôtre. C’est pourquoi j’ai choisi d’évoquer à nouveau, en chanson, le plus grand excentrique de la poésie française.
Voilà un garçon qui avait toutes les qualités pour entrer dans le moule de la société absolument moderne du XIXe siècle occidental et qui a préféré s’excentrer totalement pour faire toutes les conneries possibles aux quatre coins du monde. Si tant est que le monde a des coins.
Sacré Rimbaud ! On n’est vraiment pas sérieux quand on a dix-sept ans ! Et encore moins après !
Âne, mulet, bardot, ânesse, bourrique ou baudet, c’est kif-kif bourricot pour moi !
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que j’ai rencontré au cours d’icelle certains de ces animaux à grandes oreilles. Pas plus tard qu’il y a quinze jours par exemple, je vous ai présenté Ouvrard qui fit l’âne pour avoir du son, en reçut et qui, grâce au gramophone, nous a gratifié les esgourdes d’une chanson sur sa malportance : le chanteur autofictionnel est sans retenue, c’est là où le bas de contension blesse.
Si je prends les choses dans l’ordre chronologique il me faut évoquer mon grand-père qui, nous prenant sur ses genoux, mon frère et moi, rapprochait nos têtes et les frottait l’une contre l’autre en disant « asinus asinum fricat ». C’étaient là les seuls mots de latin qu’il connaissait et je les ai retenus sauf que je prononce « asinoum » là ou il disait « asinom ».
« C’est ça qu’on m’a dit à l’école, papa, c’est ça qu’on m’a dit (de faire) à l’école. » Graeme Allwright
A l’école justement je n’ai jamais eu à coiffer le bonnet d’âne. La pratique, humiliante au possible, avait disparu du circuit et j’étais plutôt bon élève. Cela ne m’empêchait pas de m’adonner le jeudi à mon activité préférée, la lecture de bandes dessinées et notamment celles de l’hebdomadaire « Vaillant, le journal de Pif ». Je faisais mes délices de l’Insaisissable, Nasdine Hodja , de Roger Lécureux et Pierre Le Guen, personnage malicieux qui, dans un Orient très stylisé, traversait les déserts sur le dos de sa mule pour aller de ville en ville narguer les sultans insultants et défier les tyrans à turbans. Reviens, Nasdine, il y en a encore un peu partout !
Plus tôt j’avais peut-être lu aussi les aventures de Roudoudou et de son copain l’âne Martin – il y a plus d’une bourrique qui se nomme comme ça, paraît-il !
Plus tard j’ai connu Anatole, compagnon du très surréaliste Philémon, dus tous deux à la plume de Fred. C’était dans Pilote, mâtin quel journal !
Je n’ai pas eu l’honneur de lire l’autofiction de Cadichon – Les Mémoires d’un Âne – mais en intitulant ainsi mon billet du jour je rends hommage à Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur. Je n’ai pas non plus fréquenté la bête qui emmena sur son dos la Vierge Marie en Egypte. Était ce le même âne que celui qui, dans l’étable de Bethléem avait surnommé le boeuf « Miroton » ?
Il y a un certain nombre de bourricots dans les fables de La Fontaine : « Le meunier, son fils et l’âne » est peut-être la plus célèbre de celles-là.
Dans les « Lettres de mon moulin » d’Alphonse Daudane (ou Baudet ou Daudet ?) j’ai lu « La Mule du pape » mais j’ai laissé de côté Don Quichotte de la Manche avec Sancho Pança sur son âne. Je connais par contre celui de Buridan et moi non plus je ne sais pas choisir entre passer l’éponge à Cléopâtre prenant un bain dans du lait d’ânesse et chanter « Entre le bœuf et l’âne gris » avec des paroles anticapitalistes en compagnie des Lutins de la lutte. Du coup, plutôt que de mourir d’envie, je fais les deux.
Je connais aussi l’anecdote du peintre Boronali. Certains farceurs de la belle époque firent passer pour une œuvre d’art d’un peintre d’avant-garde un tableau badigeonné par la queue d’un Aliboron d’où a surgi, par anagramme le nom du peinturlureur de canular !
Mais abrégeons. Je ne voudrais pas que ce billet, à force d’exhaustivité, pèse le poids d’un âne mort. Je ne suis jamais allé au Théâtre des Deux ânes. J’ai bien dû chantonner au moins une fois la chanson « Mon âne », d’Henri Dès. Je n’ai pas lu le récit de la traversée des Cévennes avec un âne par Robert-Louis Stevenson. Je ralentis quand il y a un panneau dos d’âne de peur de crever un pneu et de me faire tirer l’oreille chez le roi Midas à cause de ma mauvaise conduite. J’ai fait l’impasse sur le très grossier baudet des Capenoules, sur le duo de l’âne du Véronique de Messager « Cahin-caha ! » et sur le « Peau d’âne, Peau d’âne, ne vois-tu rien venir ?» de Jacques Demy que j’aime bien pourtant à cause de Delphine Seyrig et de l’hélicoptère final.
J’ai noté pour les daltoniens que le catalogue de Vert baudet est plus volumineux que l’« Âne rouge » de Simenon. J’ai acheté le coffret des dévédés de Shrek mais je n’en ai encore regardé aucun. Il y a certainement un âne aussi chez Sylvain et Sylvette, un autre chez Delphine et Marinette de Marcel Aymé, un chez les musiciens de Brême et quand Vincent mit l’âne dans un pré j’arrêtai de compter pour revenir au début de la boucle.
Car un billet sur les ânes ne saurait être complet sans une évocation admirative de cette vieille bourrique de Nasr Eddin Hodja ! Ce personnage de la littérature turque est en effet connu de tous les amateurs de contes, conteurs et conteuses du monde entier. Il se nomme parfois Ch’a ou Jha ou Jeha et ses aventures mi-philosophiques, mi-absurdes valent le coup d’être consultées ou entendues.
Pour vous en donner une idée, sachez que Nasr Eddin voyage sur son âne mais en le chevauchant à l’envers.
En tout cas Nasr Eddin me prouve que je ne suis pas un âne ou plutôt que je suis peut-être un âne mais doué d’une mémoire aussi bonne que stupide : je sais que ce personnage a son cénotaphe (un mot pour le prochain Défi du samedi ?) à Aksehir… et que ça ne sert à rien de retenir ça puisque je n’irai jamais là-bas !
- C'était une soeur, Sue, et un frère, Han.... À leur ressemblance, on ne pouvait en douter. La soeur avait seize ans et tenait par la main un garçon de douze ans à l'air décidé...
- Mais c'est un pastiche de Jules Verne !
- Hein ?
- Les enfants du Capitaine Grant !
- Jule Verne a bien rendu hommage à Alexandre Dumas...
Afrodisiaque : médicament sédatif évitant aux hommes politiques de passage à New-York d’éprouver de la concupiscence pour les femmes de chambre noires.
Abstinence : doctrine philosophique prônant la bonne tenue et la bonne contenance plutôt que l’incontinence verbale et la ponte de saillies et chansons de salle de garde à jet continu.
Préserv’hâtif : agenda dont toutes les pages ont été dédoublées afin de pouvoir revenir sur des décisions de rendez-vous prises trop rapidement.
Capote : au jeu de belote, fait, pour une équipe féminine, de ne pas ramasser de cartes lors d’un tour de jeu.
« - Les filles, je crois qu’on est capotes ! - Ça ne fait pas un pli ! » Marcelle Pagnole – La Partie de cartes
Chou : lieu de naissance des enfants de **** masculin
Rose : lieu de naissance des enfants de **** féminin
Cigogne : système alternatif de livraison de progéniture reposant sur l’utilisation d’un oiseau alsacien à longues pattes et long bec et d’une nappe à carreaux brodée du sigle « Amazone »
« Quand passent les cigognes et que l’enfant paraît Le cercle de famille reprend de la choucroute. » Victor Hugotte – La Légende des ****
Perturbation : nom donné à tout manquement à l’abstinence (voir ce mot)
« Beethoven a longtemps cru que la perturbation rendait sourd alors que c’est son usage immodéré du pinceau et de la toile qui fut la cause de sa surdité. » Michel Wellberck – La Perturbation intellectuelle à travers les âges
Cuniculinimbus : nuage dont la forme générale fait penser à un lapin blanc.
Stuprdéfiant : écrivaillon de **** masculin ayant une propension certaine à instiller de la pornographie partout où il passe.
« La Fondation M**l*ns*rt a déposé plainte une fois de plus : certains stuprdéfiants du samedi ont osé se moquer de Bronca Castrafiore dans leur journal de littérature hebdomadaire. » Rémi Sanzot – La Belle gigue m’en a toujours boucher un coin
Paradisiaque : de la même manière qu’il n’existe pas de treizième étage à new-York, il n’y a pas de septième ciel au paradis puritain. On passe directement du sixième au huitième.
Antidorine : mouchoir de fine batiste que l’on dispose au bout de ses deux bras tendus devant un objet de scandale. L’antidorine est bien souvent orné d’une feuille de vigne brodée.
"Couvrez ce **** que je ne saurais voir !" Molière – Tartuffe ou l’Imposteur
Bistre : objet métallique servant à amarrer les navires dans les ports.
« La psychologue scolaire – Monsieur et Madame Bienloti, nous vous avons convoqués parce que votre fils Pierre n’arrête pas de dessiner des bistres dans les marges de ses cahiers. Madame Bienloti – En même temps, nous habitons rue du Quai et Pierre va souvent jouer dehors sur le port. Monsieur Bienloti – Du coup je ne vois pas où est le problème ! » Dr Zigmund – Le Rhinocéros regarde la lune
Gif-sur-Yvette ; Jouy-en-Josas ; Bourg-la-Reine ; Montcuq ; Corps-Nuds ; Nouvoitou etc. : villes françaises dont il conviendrait de changer le nom au plus vite. En effet le gif est trop animé, le jouy sature la toile et le calembour est est la fiente de l’esprit qui vole d’après Victor Hugotte.
2069 : année comme les autres. En effet nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’elle ne soit pas une année érotique.
Levrette : cuniculinimbus ayant évolué pour prendre la forme d’un chien de luxure (qui est une chienne).
Luxure : douleur localisée à l’épaule due à un recours trop fréquent à la perturbation.
Luxation : province encore mal explorée du Nirvana occidental
« Ici tout n’est qu’ordre et beauté Luxation, calme et volupté » Charles Baudelaire – Invitation au voyeurisme in « Les Ecornifleurs du mâle ».
Alibido : long écrit de Madame Pauline Réage certifiant que la marquise est bien sortie à cinq heures et qu’il n’y a pas à en faire toute une histoire.
Exhibi-sionisme : système de roulement habile permettant de savoir, chez les couples gays, qui sera elle.
Morpion : enfant né dans un chou ou dans une rose et/ou livré par une cigogne aux couples qui pratiquent l’abstinence.
« Madame la marquise m’a filé des morpions. » Georges Brassens – Les Trompettes de la renommée
Roméo et Juliette : pièce de William Shakespeare traitant de la rivalité entre les Mantaigu et les Copulet.
Nikè : déesse de la victoire et du triomphe dans la mythologie grecque. Son nom, mal prononcé, est devenu le label d’un fabriquant de chaussures de sport :
« Elle t’a acheté des belles Nike, ta mère. » Mohamed Tondoihouj-Aimondoi – Ne change pas demain !
Rhinoc’Éros : animal africain recherché pour sa corne qui est Aphroditesiaque
Tombe, raideur ! : jeu vidéo puritain dans lequel l’héroïne s’arrange pour provoquer la débandade générale. Quelques répliques entendues dans le jeu :
« - Sache-le, Super Mario : avec le temps les raideurs se déplacent ! - Range ta péninsule, Cyrano ! Ou sinon je te l’amputasse ! - Après l’émoi le déluge ! - C’est bon, c’est dans la boîte ! Coupez ! »
L’architecte Numérobis souffre d’athée-rosse-clair-rose. Tous les jours il vient chanter un couplet supplémentaire de sa complainte au mur des lamentations :
J’ai la ziggourat qui s’dilate J’ai le temple bien trop ample J’ai l’église qui s’enlise J’ai la pyramide fétide L’presbytère plein d’mystère Qui aurait besoin d’un clystère
J’ai la cure très impure Il lui faudrait une piqûre La cathédrale qui s’étale La gargouille qui me gratouille La nef qui vaut pas bézef Le transept devenu inepte Et l’abside translucide
La basilique pathétique Qui demande antibiotique L’oratoire fort bizarre Qui réclame suppositoire Le calvaire bien trop vert L’abbatiale en cavale Le couvent défaillant
J’ai le cloître comme un goitre La chartreuse désastreuse Le monastère délétère Le prieuré mal barré La mosquée dévastée L’minaret pas réparé L’hypostyle en péril L’cénotaphe en carafe Mes omeyyades sont malades Et l’évêché toujours fermé de l’intérieur
Mes synagogues sont bouchées Le sanctuaire en misère L’candélabre qui s’délabre Le calice qui s’dévisse L’tabernacle en débâcle Et l’sacrum c’est tout comme
J’ai la foi qui va pas droit La croyance en déshérence Pas d’espoir en Renaissance Juste du goût pour l’amour Et la vie au jour le jour !
Ah mon dieu qu’c’est embêtant De ne pas pouvoir croire ! Ah mon dieu qu’c’est embêtant De nier ton pouvoir !
Ah mon dieu qu’c’est embêtant D’avouer cette chose : Ah mon dieu sans tous tes plans Je vois la vie en rose !
Il était une fois un vieux matou qui vivait dans une ferme en Iowa.
Dans sa jeunesse, c’était le matou le plus fort et le plus agressif. Chaque matin, l’agriculteur regardait tous les autres chats dans l’étable qui avaient les oreilles, les queues et les pattes blessées ; le vieux matou n’épargnait aucun concurrent.
Miaou ! Miaou ! menaçait-il pour faire trembler les chattes, les chatons et les matous plus jeunes que lui. Et ceux-ci n'attendaient pas pour dégager.
Ça se passait ainsi pendant plusieurs années, mais un jour un matou plus jeune vint visiter.
Miaou ! Miaou ! menaçait le vieux matou, mais d’un air fatigué.
Le nouveau-venu le regarda. Il n’était pas impressionné.
Miaou ! MIAOU ! répétait le vieux matou, en montrant les quelques dents qui lui restaient.
Le jeune matou commença à se lécher les pattes.
MIAOU ! MIAOU ! criait le vieux matou, enragé par le manque éhonté de respect chez le jeunot.
Le jeune matou se leva. Il s’approcha du vieux.
Et alors ? ronronna-t--il.
Et alors quoi ? répondit le vieillard.
Et alors, ÇA ! fit le jeunot tout en griffant le vieux matou. Il le regarda droit dans les yeux et son regard disait que le vieux allait être vite déposé.
Et puis PAN !
Le vieux matou secoua la tête. Il ne comprit pas ce qui venait d’arriver, mais il vit le jeune matou raide mort par terre devant lui.
MIAOU ! MIAOU ! MIAOU ! cria-t-il, victorieux, et leva sa pauvre queue arthritique.
Dans la maison, le vieil agriculteur rangeait son vieux fusil.
Moralité : Fusil du matin, chagrin. Matou du soir, espoir.
L’« Ysopet sur la toisle cirrhée » est une œuvre de la poétesse Nathalie de Boron dont ne nous sont restées que les deux première fables.
Dommage ! L’inspiration de cette dame valait bien celle de Marie de France dont on n’a souvent lu que les lais sans savoir qu’elle en jouait aussi (de l’ukulélé).
L’histoire littéraire enseignée dans les écoles de la République n’est pas très tendre envers ces autrices pas tristes, plus ou moins condamnées, fort injustement, au placard dans lequel on eût mieux fait, nous en sommes persuadés, d’enfermer le petit Marcel P., un drôle qui ne l’est pas souvent, drôle.
Voici l’oeuvre de Dame Boron :
UN JOUR MON TROUBADOUR VIENDRA
La iouvenceslle nommée Cruchon Souventes fois s’en fut béer Dans l’audytoire des conteurs
Elle les trouvoit fort affables Aimoit ouyr de leurs faribosles Divasgations et menteries Mais à la fin ils repartoient La laissant seule sous son toit
Un Castelthéodoricien De passage en la constrée Fut ravi de la renscontrer Et lui trouva fort beaux attraicts
Cy vite fait il la troussa Il l’engrossa Et l’épousa
Moralité :
Tant va Cruchon à la fontaine Qu’à la fin elle se case
***
LE MÉNESTREL ET L’USURYÈRE
Un ménestrel alloit De castel en castel De Tournai à Ixelles Divertir gentes dames Et faire s’esbaudir Les maris d’icelles
Tout l’été furent chants Des seigneurs appréciés Las ! Les ducatons accordés Au troubadour alors en cour Furent fort vite despensés L’inflation galopoit Dans toute la constrée.
Lors à l’hiver venu Le ménestrel fut nu De sonnailles et trébuchailles. Il trouvoit porte close aux castels Où qu’il aille
Il s’en fut voir une usurière Et la pria de lui prester Quelques sols pour subsister
La banquière, dame sage Qui se nommoit Casaraille Lui tinct ce savant langage :
- Sans chemise, sans pantalon Trempe ton siège en l’eau froide. Sesche-le à l’essuie-mains Puis dis-toi, quoi qu’il en coûte, Que l’époque est un peu scoute Et qu’à danser céans devant les buffets vides Ou à battre le pavé Cela n’ira que mieux demain : Dans une future époque même Tu danseras le Casatchoque Et tu fêteras la mi-Carême.
Moralité :
De Casaraille ou de casserole, D’astrologues ou de démagogues, Les bruits et les discours marioles Point n’emplissent l’estomac Quand le temps est aux frimas.
Est-ce une consolation ? De son côté, comme un con, Le riche à la vie dorée S’il a la tourista File aux gogues.
En cette veille de couronnement, son fils m'a téléphoné plusieurs fois, sur le fixe, le portable, mais me doutant que c'était lui, je n'ai pas répondu.
Que n'avais-je fait là ! Durant la nuit, par je ne sais quel stratagème, j'avais pourtant tout bouclé, il s'est introduit chez moi. De quel droit ! Je ne m'en suis pas aperçu sur le moment et c'est resté au stade de vague impression... Je n'allais pas crier partout un stupide "Y'a quelqu'un !" qui serait probablement resté sans réponse et m'aurait sans doute couvert de ridicule. Tard, je me suis couché et ai tenté de dormir avec un piètre résultat. J'ai entendu des cris, on m'appelait, à coup sûr. Je me suis cramponné à mon semblant de sommeil et, tout en comprenant que je ne rêvais pas, je me suis dit : "Tu rêves ! Ce n'est qu'un cauchemar de plus !..."
Soudain il m'a appelé et outre mon nom et mon prénom, il égrenait à l'envi tous mes autres prénoms et mes surnoms qu'alternativement il sussurait diaboliquement ou qu'il hurlait, soufflant le chaud et le froid, tantôt prenant la voix sirupeuse de mon père ou travestissant habilement sa voix pour lui donner certains accents éraillés de celle de ma mère.
Je contractai les paupières, rabattis le drap sur ma tête en feu. Idée lumineuse : il ne me verrait pas et je ne l'entendrais plus : "Non, frère, je n'y suis pour personne, et surtout pas pour toi !"
Et puis, vociférant mes noms dans tous mes appartements, il se mit à donner des coups de cannes ici ou là mais j'avais eu le bon sens de me réfugier bien recroquevillé sous mon lit très bas. Il ne me trouverait pas.
C'était sans compter sur ce faisceau lumineux intense, perçant comme une lame de couteau, qu'il s'est mis soudain à braquer sur les murs, les meubles, les bibelots, les tableaux, le lit et dans ma cachette d'où il m'a délogé.
Alors j'ai eu un flash, comme un flash, qui m'a quelque peu, enfin si peu, rasséréné : tous les lions ont une Angleterre, elle se trouve sous leurs griffes !
Le grand bastonneur est sorti de chez moi, hors de lui, en me vouant aux pires gémonies et m'énumérant diverses sortes de représailles des plus barbares.
Mais j'ai fait fi de son emprise sans objet, le sachant lui-même le jouet d'une force supérieure qui le manipule et qu'il ne maîtrise pas !
Quelquefois il vaut mieux écouter la bande son d’un film que de se farcir une heure trente d’horreur imagière. L’exemple type pourrait être « Orange mécanique » de Stanley Kubrick ou « Papa est en voyage d’affaires » et « Underground » d’Emir Kusturica.
Voilà pourquoi je vous ai fait cadeau aujourd’hui de ce poème bruitiste qui est en fait la bande originale de la bande dessinée « Le Grand défi », une aventure de Michel Vaillant, coureur automobile par Jean Graton.
Je n’ai pas poussé le vice (platiné) jusqu’à vous recopier les vrombissements divers et variés que j’ai lus au fil des 70 albums de la série ! Je pourrais aller voir aussi si la deuxième série, réalisée par le fils Graton et d’autres, a vu évoluer les bruits des moteurs en même temps que la cylindrée des voitures. Ou encore enquêter du côté d’Alain Chevalier qui concurrença pendant un temps la série dans le journal Tintin.
Juste un regret, au retour d’un voyage à Reims, celui de manquer de temps pour aller chercher l’onomatopée qui correspond au bouchon de champagne qui saute sur le podium du vainqueur !
A votre avis il fait « plop » ou « pop » ou « plooop » ou « polop » ou... ?