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Le défi du samedi
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22 avril 2023

Âne y croche (Cavalier)

J’adore Marc mon père. Il est intelligent, mais aussi si profondément bête parfois.

Ma mère Colette a le sens plus pratique. Du bon sens. 

Mon père taquine gentiment la truite. Il utilise des cannes de bambou avec un fil au bout. Un jour, il décide d’essayer d’en fabriquer une en fibre de verre, et pourquoi pas d’en vendre. Quelle drôle d’idée.

Rapidement, la cuisine, en superbe banc d’essai, fleure bon le verre fondu, mais exhale aussi des relents de vieux problèmes de démoulage. Toutes les cannes se brisent les unes après les autres quand on les extirpe de leurs solides matrices. Un peu pot de colle, elles refusent tout net de prendre l’air.

Mon père s’acharne. Puis, jours après jours, la difficulté le mine. Dépité, un peu raide, il se confie à un inconnu au café. Et justement, celui-ci utilise à longueur de journée un produit pour ce genre de casse-tête. Il lui refile le tuyau.

Mon père parvient ainsi à bricoler quelques cannes. Mais bien sûr il n’en vend la queue d’une. Ma mère est exaspérée, la cuisine dévastée. Elle lui demande de mettre son produit dans une grande casserole. Pour bouillir son lait. Ça pourrait enfin servir à quelque chose.

C’est au Monoprix du coin qu’il m’achète. Il m'alchimise le produit miracle. Colette, bonne pâte, met à rissoler deux belles truites. J’en ai l’eau à la bouche, et tel un phœnix à brûle-pourpoint, je renais de mes cendres.  

Abasourdi, Marc entrevoit le filon. 

- On va en vendre des tonnes ! Je l’appellerai Polytétra-fluoro-éthylène. C’est un nom super vendeur !

- Heu … non, dit Colette, là c'est moi qui décide ! Peau douce de téflon sur âme pur aluminium … Elle s’appellera Téfal !

...

 


Source: Externe

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15 avril 2023

Telle un trophée (Kate)

Telle un trophée

Belle telle un trophée

Au bras de mon ennemi

Qui soudain s'est présenté

Et surgi comme par magie

Pour me la souffler

La très brillante Alix

Étoile montante au bal de l'X

Ce maudit François

Ne mérite pas qui que ce soit

Citant Rabelais

Et d'autres auteurs bien laids

Quand il interpelait

Ma chère et tendre

"Madame la Vicomtesse"

Je lui avais dit de ne pas prétendre

Qu'il lui faudrait attendre

Qu'à moi il s'adresse

Plutôt qu'à une déesse

Alors que je brûlais d'envie

De lui dire de s'occuper de ses fesses

Mais les siennes, à lui

Et de quel droit, avec un tel style

S'adressait-il à ma dulcinée

De façon si peu subtile ?

J'avais bien ma petite idée...

Et puis ce cattleya !

Sorte d'orchidée

Qu'il lui adressa

"Avec amitié"

Là je me suis dit

Ce gars je le maudis

Et du haut de ma supériorité

Je n'en avais fait aucun cas

Ou plutôt j'avais tenté de m'en persuader

Même si je n'y arrivais pas...

Après de rapides recherches

J'ai trouvé qu'il était féru

Mais quel m'as-tu-vu !

Oui, féru, qui l'eût cru ?

De musique, littérature

Poésie, théâtre, culture

"Monsieur" avait lu la Recherche

Et la "vicomtesse"

Alix de Stermaria

Était attendue à l'adresse

Du côté de Guermantes, par là

0

0-1

D'ailleurs le narrateur

Amoureux éperdument

S'était fait remballer purement

Et simplement

Par un simple billet

Résumant son rejet...

Malgré mon talon d'achille

Je vais te botter les fesses

Avec style

Et à cette adresse

Tu n'y reviendras pas

Mon gars

Alix est ma joie

Mon chemin tout droit

Oublie-la toi

Un jour tu comprendras

Rien ne m'arrêteras

0 2

Aimer ma fiancée

Loin de toi cette idée

Indigne d'elle tu es né

X elle et X comme Xavier

- Xavier !

- Hein ?

- Xavier,

Tu viens ?

- Quoi ?

- Xavier chéri...

- Alix, c'est toi ?

- Oui.

Tu peux marcher ?

- Ça va aller...

 

 

 

8 avril 2023

Mes trois mousquetaires (Kate)

Mes trois mousquetaires

D'ailleurs toujours en déplacement

Attiré par mon argent

Réussit à me courtiser habilement

Très fier voire arrogant

A rapidement fait des enfants

Garçons, une paire, également

Nommés Louis, royalement

Alors ensuite je l'ai fui pour longtemps

N'appréciant pas sa vie de sacripant

0

Anne-Charlotte de Chanlecy

(Non, pas Milady !)

séparée de celui

qui resta mon mari

pour qu'il vive sa vie

de mousquetaire

et moi la mienne aussi

sur mes terres...

 

 

 

 

 

1 avril 2023

Après le rafiot ... un raffut de tous les Diables (Cavalier)

Source: Externe

 

À voir toutes ces émissions de télé-réalité d’aventure, je devine bien que le Monde actuel tourne un peu blasé. Ce ne fut pas mon cas, car moi je dus survivre. À la vie, à la mort.

Mon esprit, lui, se promène librement sur votre Monde, et j’ai sans doute mérité ceci, grâce à mes peurs bleues et grâce à toutes mes souffrances endurées de mon vivant.

En effet, il y a bientôt cinq cent ans que mon navire a sombré dans la nuit, et que je me suis retrouvé, seul, sur un banc de sable salvateur au large du Pérou.

Mais au petit jour le constat est sans appel, le banc de sable est minuscule, il n’y a pas de végétation, pas de gibier, pas d’eau potable. Ce n’est que du sable, sans un caillou, et de quelques mètres de hauteur. 

N’ai-je survécu à ce naufrage pour venir périr ici d’une lente agonie ?

La marée rogne mon espace, et je me réfugie bien au centre le plus en hauteur possible. Le soleil est inexorable, alors je me protège dans les flots. Jusqu’au cou. J’ai faim et surtout je commence à avoir très soif. C’est l’enfer sur Terre, ici bien au milieu de l’océan.

Mais je me dis, non Pedro, il te reste ton couteau ... et ton cerveau. Je fouille les algues apportées par la marée, j’y trouve des crevettes, je creuse dans le sable et j’avale quelques coques bien salées.

Tout à coup de grosses tortues de mer. Elles viennent prendre un bain de soleil. Mon sang ne fait qu’un tour, je me précipite le couteau à la main et j’en égorge une sur le champ. Je me désaltère et je boucane sa chair découpée au soleil. J’ai très soif, je retourne la carapace vide. Dieu m’enverra peut-être de l’eau ?

Les averses viennent chaque nuit. Les tortues, chaque jour. Les carapaces servent d’abri, de réserves d’eau. De là à dire que c’est la routine ...

Pedro Serrano, il te faut signaler ta présence. Il faut faire du feu. Je mets ce goémon à sécher, et je cherche un caillou. Rien, rien de rien ... Alors, il me faut plonger. Au bout de deux mois, en plongeant plus profondément, je finis par trouver quelques galets. Un couteau, une pierre à feu, l’étincelle, et c’est le commencement du Monde des hommes.

Des hommes, oui, et le plus incroyable c’est que trois ans plus tard j’ai trouvé mon Vendredi ! Un naufragé arrive à quatre pattes sur le sable, un matin. Surpris, affolés, nous croyons tous deux voir le Diable en personne ... horrifié par mon apparence pileuse il s’enfuie en hurlant, et moi je hurle en fuyant … En un beau raffut primordial !

Puis l’autre Diable tout à coup inspiré par je ne sais quoi entonne un "Cre-do in u-num de-um ... ", ce chant fameux universel, Credo le plus célèbre de la chrétienté, un peu comme "Imagine" de vos jours, oui, imagine ... je lui réponds. Nous tombons raffutés dans les bras l’un de l’autre.

Alors, on se partage les tâches, on se dit tout, on se raconte nos secrets, nos exploits, nos aventures, nos femmes, et ce pendant une année entière ...

Puis la haine arrive avec ses méchancetés, ses insultes, ses bagarres ...

On se réconcilie, par intervalle, faute de mieux, et Miguel et moi, on alimente le feu, et on attend.

Quatre ans ont passé à guetter l’horizon, quand un jour, un navire intrigué par la fumée du feu arrive et envoie une chaloupe. Mais tout à coup, les marins voyant s’agiter deux beaux Diables velus et hirsutes sur le rivage, font demi-tour : « Signons-nous, et éloignons-nous de ces lieux maudits ! »

Alors unissant nos forces, Miguel et moi entonnons désespérément d’une seule voix tonnante et tonitruante en un raffut ultime à tue-tête le Credo !

Quelque jour après, Miguel mon compagnon meurt sur le chemin du retour. De trop d’émotions sans doute. Depuis en Europe, ayant barbe gardée comme une preuve, je vais de foire en foire exhibé à demi-nu comme une bête curieuse … Il faut bien manger. 

L’Empereur Charles Quint roi d’Espagne qui a eu vent de mon histoire, me fait mander en Allemagne, et me fait don d’une bourse d’or de quatre mille pièces de huit reales. En rente. Un trésor dont je compte bien profiter un peu chez moi au Pérou, en face de mon île, mais j’ai la mauvaise idée de mourir sur le chemin, à Panama, là, entre les deux océans ... Ce n’était pas demander le Pérou pourtant ...

Depuis, j’erre de par le Monde, et je vous observe. Je regarde la Télé et suis sur Internet aussi. Pour passer le temps. Mais mon état d’esprit ne risque pas d’évoluer, car quand je tombe sur Dual survival, Bear Grylls, Bienvenue dans ma tribu, Koh-lanta, Survivor ou The Island voire Girac et Gims and so on ... Je suis mdr top trop grave, grave ... Grave !

 

1 avril 2023

Coup de tafia dans la rue Surcouf ! (Joe Krapov)

Ah quel raffut sur le raffiot
Quand le loufiat, Félix Gaffiot,
Annonce qu’il n’y a plus de ratafia
Et que tous ses buffets sont vides !

Lorsque la fontaine est tarie
Tu ne trouves plus un affable ;
Tous les affreux se donnent le mot :
C’est révolte sur le Bounty,
Les rats de cave se rebiffent !

DDS 761 Révoltés du Bounty

C’est vite une mêlée touffue
Dans laquelle tout le monde s’engouffre,
Une affolante offrande
De gnons et de bourre-pifs !

Il pleut des baffes, des coups de gaffes,
On se bouffe le museau
On entend « Bing ! » et « Paf ! »
A en perdre le souffle.

On s’arrache des touffes de tifs
Même à ceux qui n’ont plus
De poils sur le caillou !
Ca chauffe au culot des bouffardes !

DDS 761 Pepito 1

On se traite de joufflu, de bouffi,
De pâte à pouffe, de maroufle,
De mauvais mataf, de mafflu,
D’échappé des bat’d’Af,
De va de la moufle,
De manque d’étoffe,
D’efféminé,
D’avocat commis d’office,
De schizoSuffren,
De rien dans le coffre
Et si c’est ça qu’est-ce qu’on bouffe ?
Comment on étanche sa soif ?
Maffieux ! Tafiole !
Raffarinade !
Bretonne en coiffe !
Bouffon ! Ruffian !

DDS 761 Pepito 2

On se bat comme chiffonniers
On s’accroche le taffetas !
Sur le pont quelle effervescence !
Ah dis-donc mon Enée
C’est à donf qu’on défonce ici !

Les sabres affûtés ressortent la rengaine
Des joyeux bouchers de la Villette.
On ne fait pas que s’effleurer,
On ne bluffe pas
Quand les affamés crient famine :
Quand on la saute, on n’fait pas mine
De souffleter çui qui nous mène :
On va l’zigouiller, l’officier,
On va lui faire son affaire !
On va moucher cet effronté
Qui nous inflige tant d’affronts !
On va pas rester sans moufter
Comme le mufti de la rue Mouffetard
Devant son extrême suffisance !
On n’est pas des souffre-douleur !
On va t' filer des coups d’riflard !
Jeune effronté enchifrené,
Tu vas kiffer nos rebuffades !

Puis la bagarre s’effiloche
On affiche ses positions,
Surtout celle du démiffionnaire
A qui l’on fendit lèvre
Et briva finq ratiches

Et l’on ne voit plus sur la nef
Que fieffés coquins à coquards,
Soutiers effarés,
Souffreteux, éclopés,
Offensés.

A la fin on suffoque, on s’étouffe
Et on aspire – pas qu’une taffe ! - à la retraite,
Au grand silence des giraffes
Dans des pays sans orthographe !

2023-03-25 - 285 20

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1 avril 2023

J'aurais voulu faire du raffut (Kate)

J'aurais voulu faire du raffut

Oui, nous avons bien lu :

"J'aurais voulu proposer le mot "quadrige"

Mais vous m'auriez dit d'arrêter mon char..."

(Mais, cher Walrus, il se fait tard

Et pas facile, hein, les rimes en "ige"?)

"Alors j'ai proposé le mot "quadrille"

Pour que vous lanciez des banderilles !

Aujourd'hui la lettre R a droit de cité

Alors à votre sagacité :

R comme "retraite" ?

- Non, je suis belge, j'y suis j'y reste, c'est tout bête !

R comme "roi" ?

- Celui qui commence sa carrière de roi

Bien au-delà de l'âge de la retraite...

R comme "ramdam" ?

- Oui, Madame,

Il faut faire bien du raffut

Pour être entendu

Non, je me suis trompé

Je me suis perdu

Bon sang, mais c'est bien sûr

Encore du sel sur les blessures

C'est le mot "raffut"

Vous m'en direz des rats... s'il en fut !

Encore un défi

Pas facile

Mais j'en fais fi

Et que les mots en rang

Défilent

Pour ce défi

Qu'ils relèvent le gant

En ce samedi !

./.

Cher Walrus,

Voici ma participation

À la grève des autobus

Aux manifestations

Au tohu-bohu

Bref, au raffut !

./.

J'aurais voulu faire du raffut

Mais en chansons

Ça vous aurait plu

Vous ne dites pas non ?

Alors romantiquement

J'aurais voulu

 

Et étonnamment

Un succès grandissant

J'aurais voulu être un artiste

Pour être seul sur la piste

 

J'aurais voulu

Amoureusement

Avoir un enfant

Ça m'aurait plu

 

J'aurais voulu

Faire du raffut

Un mot malvenu

Qui serait bien perçu

Mais n'ai fait qu'ajouter à la confusion

Des sentiments

(Avec tous ces violons

Évidemment !)

Tournant

En dérision

Autour du pot

Adepte des mots

S'il en fut !

0

Guitare et basse

En place !

 

 

25 mars 2023

Soudain dans sa vie il fit moche. 5 (Joe Krapov)

- Waoouh ! Ce quadrille des homards m’a tuer ! déclara Alice en se rasseyant. 

Et puis, tout étourdie encore par la cavalcade, elle s’aperçut que le voisin à chapeau qui lui avait galamment proposer de gardé son sac pendant la danse n’était plus là. 

Son sac non plus du reste. Comment allait-elle faire pour rentré au pays des merveilles sans sa clef ?

Le Quadrille des homards (recadré)
Ce petit dessin colorié à l'encre est signé d'Ilarion Pavlovitch Krapov.

25 mars 2023

Légère panique à l'X

Légère panique à l'X

Le vingt mai

J'y étais

Pour de vrai

Belle comme un trophée

Là-bas

Au bras

De mon cavalier

Rêvé

Xavier

De la Gambille

En place pour le quadrille

Que nous avions répété

Et tant dansé

Avec les quinze autres couples

Parmi les plus souples

Port altier

Sourire léger

Maquillage appuyé

Souliers cirés

Grande soirée

Nos familles assemblées

Mon père Félix

Anxieux pour son Alix

Ma mère Elena

Si heureuse d'être là

Les parents de Xavier

Qu'on n'avait pas rencontrés

Mais en coulisses

Xavier dérape

Et glisse

Un cri s'échappe :

"Ma cheville !"

Vite de la glace

Plus de quadrille

Je te remplace

S'écrie François

J'ai la même taille que toi

Vite il s'habille

Et prévient Alix :

"En place pour le quadrille

Du bal de l'X !"

Allez François

Les dés sont jetés

C'est toi et moi

Tenons-nous prêts

Sa main

Serre la mienne

Et soudain

Transportée à Vienne

Plus rien ne me sert

De croire être amoureuse

De Xavier

Je suis trop heureuse

Même si je tentais de l'en dissuader

Il voulait se déclarer

Ce soir à sa mère Consuelo

Directrice de Sup de Co

À son père Angelo

Responsable de Sciences Po

J'aurais été obligée

De tergiverser...

Mais François

Surgi du bois

Comme ça

Ce gars

Trouvé trop bien pour moi

0-1

Qui nous avait récité

Avec facilité

La tirade de Pantagruel

Qui questionne

Sur mariage

Et cocufiage

Et auquel

Ne lui répond personne

Il nous avait transportés

De rire

Et je ne peux m'empêcher

Encore d'en sourire

0

 (extrait de

0, Rabelais, Le Tiers Livre, chapitre 36)

25 mars 2023

Un quarteron d'amoureux en goguette (Cavalier)

« Galer n’est pas jouer  ! … Ha, souvenirs, souvenirs : Mi souviens bien, com' ça l'est loin. »

Cinq années de mariage déjà, et un couple d’amis. Avec une grande attirance réciproque pour deux d’entre nous quatre. Du "pourquoi pas si ça leur fait plaisir ...", pour les deux autres, une beauté des îles et un nantais si terne. Samedi soir, un dîner arrosé puis une partie de tarot ennuyeuse.

Cette nuit, nous sauterons le pas - la première fois pour nous. Hugo reste chez moi avec mon épouse. Et moi, le petit nantais un peu anxieux, je m’éclipse vers leur appartement au bras de Suzie, son ange inaccessible, belle comme une vahiné, jolie comme un cœur. Bientôt, nous dansons nus tous les deux. Elle rit à chaque fois qu’elle se regarde au fond de mes yeux.

Elle m’offre ses lèvres. Je résiste. Timidité ? Désir de contrôler la situation ? Peur de me lancer ? Soudain je pense à nos tendres moitiés qui ne lisent pas Victor Hugo. Alors, je la jette sur le divan. "Prends-moi, dis-moi des mots sauvages ! " Avec cet accent-là ces mots-ci rendent fou. Or au fond de moi pointe un petit problème, et plus j’y pense moins ça s’ébranle.

Alors on s’essaye à tout. En vain. Résignés, nous nous endormons enlacés. Soudain, je sens un baiser suave comme un letchi bien mûr, pimenté comme un rougail de mangue. Je me dégourdis à brûle-pourpoint.

À ce moment, un cliquetis bafouille dans sa serrure. Puis alors on se fait grave agonir : "Mais bon sang, qu’est-ce que vous faisiez pendant tout ce temps ! Des galipettes ! Hé ! Faut pas vous gêner non plus ! ..."

Et les cartes tombent, tombent aux sons envoûtants des ségas, tard, tard jusqu’au petit matin.

...

 


 Paroles : 

Graeme Allwright - P'tite fleur fanée

P'tite fleur fanée Lyrics: Vi souviens Nénère adorée / Le p'tit bouquet que vous la donne à moin / Na longtemps que li l'est fané / Vi souviens bien, com' ça l'est loin / Vi souviens Nénère adorée / Le p'tit ...


Quand du Quadrille Créole naquit le Séga :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Quadrille_créole

Source: Externe

11 mars 2023

99 dragons : exercices de style. 76, Interrogatif (Joe Krapov)

Qui aurait pu imaginer qu’il s’agissait là d’un commissariat de police installé à côté d’une douane ? Cela ne ressemblait-il pas plutôt à un alignement de tentes de Romains tout droit sorties d’un album d’aventures d’Astérix le Gaulois ? Est-ce que vous trouvez normal que Caïus Maigretus, le responsable de la brigade locale, ne ressemble ni à Jean Gabin, ni à Bruno Cremer ni même à Rowan Atkinson ?

Aucune lampe n’est braquée dans les yeux du suspect, aucun coup asséné avec brutalité ne vient endommager le crâne du gars qu’on vient d’arrêter et qu’on cuisine à petit feu, on n’entend pas de questions-réponses cinglantes et saignantes signées Michel Audiard, ça vous étonne ? Ça vous gêne ? Avez-vous oublié qu’on est en 303 après Jésus-Christ, quelque part dans ce qui deviendra plus tard la Libye alors que le légionnaire arrêté n’en a pas, d’alibi ?

st-george-slaying-the-dragon

- Vous permettez, citoyen Da Lydda que je vous fasse part de mon étonnement et de mes questionnements sur votre situation ? N’êtes-vous pas, positivement, ce qu’on appelle un déserteur de l’armée romaine et, simultanément, un adepte de cette nouvelle religion chrétienne ? Est-ce au nom de votre croyance que vous vous êtes mêlé, sans ordre de votre hiérarchie et sans arguments autres que votre prestance de cavalier et vos armes de combats, à une affaire de règlement de comptes entre autochtones ? Ne pensez-vous pas que nous avons autre chose à faire, alors que l’Empire romain, frappé de décadence et de réchauffement climatique, s’en va petit à petit, inexorablement puisque dépourvu de sèche-linge, vers ce qu’on appellera son déclin et sa chute, que l’armée d’occupation n’a rien de plus urgent à accomplir que de compter les moutons du père Mathurin comme vous l’avez fait et d’endormir les enfants avec des sornettes ? N’avez-vous pas l’impression de vous être occupé de ce qui ne vous regardait pas et d’avoir agi de façon droit de l’hommiste, expéditive et inconsidérée dans ce qui relevait de la simple gestion municipale ?

saint-georgesAlors c’est réellement ça, le Christianisme, des considérations du genre « Aide ton prochain comme s’il était ton frère » « Interviens pour faire régner sur terre la justice et la paix », « Chasse les marchands du temple » et « Bousille la nature et les animaux comme tu veux, ils n’ont pas d’âme » ? Est-ce que ces éléments de doxa justifient le meurtre, fût-il celui d’un animal pas très joli - et quand je dis « fût-il » alors que je devrais dire « serait-il » ou « même si c’est celui d’un animal » c’est sans doute aucun de ma part un lapsus linguae car je pensais « futile » qui est le qualificatif possible de votre comportement, non ? -.

Avez-vous jamais été effleuré par le concept de BIODIVERSITÉ, Georges Da Lydda ? Croyez-vous que la noctuelle doit être éliminée à l’aide de pesticides au prétexte des dégâts qu’elle occasionne aux cultures paysannes ? Pensez vous que « le thon, c ‘est bon » et que de ce fait on peut le surpêcher, quitte à provoquer sa disparition à long terme ? Que le dodo s’en remettra après un petit somme ? Que les abeilles donneront toujours du miel parce que votre Dieu a voulu qu’il en soit ainsi ad vitam aeternam et vas y que je t’envoie mon latin de cuisine, mon santo spiritu dominus meus rundupus ite missa est exoneratus of the futuram generationem aux vieux crabes qui roulent en cycle amen ?

Ce fait d’armes légendifère, ce combat à l’épée et au cheval blanc, cette rose qui pousse dans le sang de la bête vaincue et abattue, ce village de quelques pedzouilles dont le trouillomètre était à zéro et qui, en remerciement de votre « exploit » se sont convertis à votre foi, ce prosélytisme de pacotille, cette hagiographie pour petits enfants friands d’images pieuses et de hauts faits de chevalerie, votre prequel de « Tous à la croisade !» qu’on racontera peut-être par la suite de 99 manières différentes, toute cette fête de la pusillanimité vaut-elle quelque chose vis-à-vis du crime que vous venez de commettre : faire disparaître LE DERNIER DRAGON VIVANT DE NOTRE PLANÈTE ?

Vous imaginez la perte que vous venez de faire subir à la future histoire des sciences ? Cette incurie de pâle freux niais, ce crime contre l’histoire au nom d’une religion noire, cet écocide de corneille, vous ne croyez pas que ça mérite un châtiment exemplaire, une ordalie digne du Salvador, une mise au pilorible, un supplice du tréponème pâle pour le détestable que vous êtes ? Tu pensais peut-être qu’on allait te tendre la joue gauche, te pardonner cette offense au vivant ? Pas question mon pote, tu vas juste finir martyr et pourrir un peu, c’est logique, non ?

waves crashing on beach in the shape of elegant dragon by Crystaldelic

***

Et toi aimable lecteur, bien-aimée lectrice, n’as-tu pas de la chance qu’après avoir pondu un bon paquet déjà de variations stupides autour de ce canevas je t’aie toujours épargné jusqu’à ce jour la description du supplice que l’armée romaine, l’ayant repris, appliqua à celui qui devint Saint-Georges ?

N’es-tu pas bienheureux ou bienheureuse du fait que, personnellement, je ne ferais pas de mal à une mouche et que ces histoires de fer rouge, d’eau bouillante, de gavage au pain complet et à la cancoillotte, ces bûchers, ces garrots, ces supplices de l’eau, ces vierges données en guise de quatre heures aux lions, ces jugements de Dieu, ces castagnes, ces bastons, ces vendetta et ces vent d’états me lèvent le coeur ?

11 mars 2023

Duel au soleil (Cavalier)

« Dieu reconnaîtra le sien »

Des rides au vélin de mon visage,
Des empreintes tracées, des ferrades.
L’espoir qui file et défile mes neurones,
Un bonheur perdu ne revient jamais.

Des faux courant au droit de ton visage
Sur des plaies écrasées au fer rouge.
Le futur qui gerce à nouveau ta mémoire,
Un bonheur perdu ne revient jamais.

Alors ... au soleil réverbère,
Déterrons la hache de guerre
Sous l'équerre bleutée de nos visages,
Sous l'amour de nos croissants dessoudés ...

Mon sommeil qui reprend la voie de mes rêves,
Puis qui se perd aux feuilles de ma vie.
Dans mon éveil qui ce matin frissonne,
Un bonheur perdu ne revient jamais.

Ta douleur qui sombre encore dans tes rêves,
Qui enfonce les nuages posés sur tes nuits,
Sur ton envie qui ce matin se donne,
Un bonheur perdu ne revient jamais.

 

Source: Externe

 

 

Source: Externe

"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, 
c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." Jacques Salomé
Cité par Lô sous sa si belle photographie sur Lôtre page - Daily Photography

...

 

4 mars 2023

Ô que j’eusse aimé être papillon bleu (Cavalier)

 

Source: Externe

 

Ce printemps est si beau toujours,
Et les papillons tourneboulent.
— Constance est chimère d’amours
Par tous ces nectars qui me saoulent …

Et les papillons tourneboulent
Les tourtereaux sous le jasmin.
— Par tous ces nectars qui me saoulent,
Je ne veux pas savoir demain …

Les tourtereaux sous le jasmin
Clament leur flamme dessillée.
— Je ne veux pas savoir demain,
En noctuelle mal rhabillée …

Clament, leur flamme dessillée
Et puis le vent dans les pruniers.
— En noctuelle mal rhabillée,
Il sort de l’eau de mes paniers …

Et puis le vent dans les pruniers
Prendra des fleurs comme oriflamme.
— Il sort de l’eau de mes paniers
Quand feu de paille trop s’enflamme …

Prendra des fleurs comme oriflamme,
Ce papillon en bleu velours.
— Quand feu de paille trop s’enflamme,
Ce printemps est si beau toujours ...

 

***

 

Source: Externe

Ne t’inquiète pas petite noctuelle
Sortant de ta chrysalide
Tu te sens petit canard
Parcheminée, chiffonnée, toute enchifrenée


Mais bientôt entourée de ces mâles
Même pas bleus
Aux bois dormants, si jolis …

Tu seras princesse !

 

(***  Cavalier, Pantoum Malais)

 


— Ay me, Gloomy, doff thy name, and for that name

Which is no part of thee ...

Take all myself!

 

4 mars 2023

Quand la vie manque d'ocelles (Joe Krapov)

Edouard Philippe avec un papillon géant sur l'épauleNous autres les noctuelles, les papillons de nuit et les autres lépidoptères, nous serions en droit d’avoir une dent contre vous, les humains – et contre vous aussi, les humaines -. Déjà, nous en voulons énormément à celui d’entre vous qui s’appelle Edouard Philippe ou Doudou !


Vous rendez-vous compte que nous passons beaucoup moins de temps que vous sur cette planète ? Sans parler des éphémères qui ne vivent qu’une journée sous forme d’imago, notre espérance de vie est de quelques semaines, au mieux de quelques mois.

Papillon multicolore sur parcheminà la façon de MuchaMettez-vous à notre place un peu ! Vous pourriez, vous, en seulement trois semaines, apprendre quelque chose sur le monde qui vous entoure, vous plier aux codes imposés par votre modèle social et vivre pleinement votre vie ? Intégrer, en trois semaines, la manière de calculer la surface d’un triangle rectangle, survivre au service militaire, supporter un chef de bureau, une D.R.H., Florent Pagny, un démarcheur téléphonique, monter un meuble Ikéa, faire du vélo, déclarer vos revenus en ligne, lire Télérama de la première à la dernière page, vous enquiller plus de trois pages de Proust d’affilée sans vous endormir, allumer un barbecue malgré la présence parmi les invités de Madame Sandrine Rousseau, retirer la languette de la Vache qui rit sans vous mettre du fromage mou sous les ongles, trouver une compagne, obtenir son consentement, copuler, être là au moment où elle pond son œuf, élever les mômes qu’elle vous a fabriqués et auxquels vous souhaitez transmettre votre collection d’images Panini de footballeurs des années 1990, même et surtout si ce sont des filles, réparer un lavabo qui fuit, ouvrir un PEL ou un pot de confiture sans adjuvants extérieurs, commander un billet de train sur SNCF-Connect, manifester contre le report de l’âge de départ en retraite ou contre la disparition de la biodiversité ?

Parce que c’est bien cela qu’on vous reproche ! C’est vous qui bousillez le climat et la planète et c’est nous que vous accusez, lorsque nous sommes de mignonnes petites chenilles, de manger juste ce qui suffit à notre croissance en piochant parmi vos plantations ! Et alors zyva que je te nous pesticide, que je te monoculture, que je t’empêche de polliniser en rond, que je te flytoxe et te dététise tout ce qui vole et n’est ni un drone militaire ni un ballon chinois ni la fusée d’Elon Musk en route pour faire subir le même sort à la planète Mars !

Un papillon volète autour de la flamme d'une bougieMais le pire n’est pas là. Ce qui nous tue, nous les noctuelles et les autres papillons naufragés de la jeunesse, c’est votre ignorance totale de notre religion. Si nous supportons aussi bien ce passage par quatre stades d’existence, le Roudourou (l’état d’oeuf), le Parc des Princes (la larve puis la chenille qui redémarre), la Baujoire (la chrysalide) et le Chaudron (l’état de papillon) c’est que nous sommes portés par l’Espérance.

Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi nous sommes attirés par la lumière au point quelquefois de nous y brûler les ailes ? Vous êtes vous seulement une fois demandé pourquoi vous trouviez autant de nos cadavres sur vos phares avant de véhicules polluants ?

Eh bien, sachez-le, nous ne sommes pas différents, les insectes et les hommes. Vous-mêmes vous vous rendez dans ces lieux sombres qu’on appelle églises ou temples et vous priez pour qu’à l’issue de votre vie vous puissiez gagner le paradis. Vous savez que Dieu dans son immense bonté vous pardonnera tous les péchés que vous avez commis sur cette terre. C’est pourquoi vous ne craignez pas la mort et la répandez autant autour de vous.

J’ignore ce qu’il en est réellement de votre lieu de séjour éternel et il paraît que vous non plus ne savez pas très bien où allez mais vous y allez à grand pas.

Eh bien ce que nous promet notre foi, c’est un monde de vie infinie, au bord d’un grand océan, dans un bonheur toujours renouvelé par la sensation de ne plus rien devoir à personne et le sentiment du devoir accompli sur cette terre. Mais pour y accéder, il y a une condition : nous devons mettre un terme à notre existence en nous suicidant contre un phare de véhicule automobile roulant au minimum à 90 kilomètre à l’heure !

Et voilà-t-il pas que votre premier ministre a fait baisser la vitesse à 80 kilomètres heures, attirant ainsi sur les ronds-points, à notre place, des nuées d’insectes jaunes qui ont bousillé l’arc de Triomphe et fait dépenser ensuite dix milliards à l’État !

Y’en a, j’vous jure ! T’es qu’un vilain doudou, Edouard ! Na !

 De nombreux papillons multicolores au-dessus d'une vague d'Hokusai

Illustrations réalisées sur demande par Deep Dream Generator.

4 février 2023

Belphégor et Jujube (Joe Krapov)

DDS 753 Arthur_Bernède

Cette semaine, ça va être du donnant donnant. Moi non plus, je ne savais ce que c’était qu’un jujube ! Je croyais même qu'on disait une jujube ! Mais vous, savez-vous pourquoi il y a une rue Arthur Bernède à Redon, riante cité du Sud de l’Île-et-Vilaine dans laquelle habitent mes beaux-parents, rue devant laquelle nous passons quand nous allons rendre visite à la famille ?

Arthur Bernède ! Qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ? Quel rapport avec le jujube ? Moi je sais de longue date que c’est un romancier et qu’il est surtout connu – s’il l’est encore – pour avoir écrit « Belphégor ».

DDS 753 Belphe´gor-e1666800643397Ca ne va peut-être pas vous rajeunir mais moi, si ! En mars 1965 ce roman populaire a été diffusé sur les écrans de la télévision française sous forme d’un feuilleton en quatre épisodes. C’est peu de dire qu’il a flanqué la trouille à tous les gamins des écoles et collèges. Je me souviens très bien que dans la cour de récréation on vous sautait sur le dos, vous mettait les mains autour du cou et faisait mine de vous étrangler en disant « Ah ! Ah ! Je suis Belphégor, le fantôme du Louvre !».

Comme il n’y avait pas de télé à la maison, le mystère était encore plus grand pour nous et il m’a fallu attendre des années pour que je comprenne le phénomène. J’ai ainsi en ma possession, dans ma collection de dévédés, cette terrifiante série vintage qui en fera rigoler plus d’un aujourd’hui. J’ai également fait l’acquisition du roman original de 1927 que j’ai pris le soin de relire cette semaine : je ne voudrais pas qu’on m’accuse de parler de choses que je n’ai pas lues ou vues ou surtout que j'aurais oubliées ! J’ai aussi souvenir d’être allé voir un film homonyme de Jean-Paul Salomé sorti en 2001, fort tombé dans les limbes lui aussi. 

DDS 753 Jujube autobiographie

Si j’ai proposé le mot « jujube » à l’animateur de notre atelier préféré, - c’est encore plus drôle s’il l’a choisi tout seul - c’est surtout parce que je pensais à « Jujube », le surnom de Juliette Gréco qui, dans le feuilleton « Belphégor » de 1965, tient le rôle d’un personnage nommé Laurence Borel. C’est peu de dire qu’elle irradie dans ce rôle qui est celui d’une très intrigante séductrice.

Ma semaine ayant été fort occupée, je n’ai pu revoir que les deux premiers épisodes de « Belphégor ». Ce qui me fait sourire, c’est la notion de duplicité et le goût du transformisme, de la transformation que l’on trouve à tous les étages. Dans le livre qui est assez grand guignol et dont le style mélo a énormément vieilli il y a un personnage de détective, Chantecoq, complètement pompé sur Rouletabille et surtout Arsène Lupin, qui use et abuse de déguisements divers et variés. Le fantôme du livre n’est évidemment pas un fantôme, c’est un costume endossé, pour on ne sait quelle raison, par une gentlewoman cambrioleuse. Quand on fait un casse pour récupérer un butin, en général on n’attire pas l’attention sur soi avant et pendant ! Mais bon, la fiction n'a jamais peur de l'invraisemblable !

Dans la série, tout est changé. Il y a plus traditore que le traduttore, c'est l'adaptatore ! Le journaliste Jacques Bellegarde se prénomme désormais André et est devenu étudiant en physique. Chantecoq, Simone, la Scandinave, les époux Papillon ont disparu. Il y a une séance digne de Frankenstein, avec seringue et tensiomètre, pour donner vie au fantôme dans une crypte de l’église Saint-Germain L’Auxerrois (des prés ?). On ne cherche plus le trésor des Valois mais la pierre de Paracelse ! Le bossu et l’homme à la salopette ont été remplacés par une inquiétante Lady Phonographe et il y a une séquence d’enlèvement de la fille du commissaire Ménardier avec un simulacre de meurtre en haut de la tour Eiffel. Mais je ne vous en dirai pas plus là-dessus car je hais ce genre de séquences vertigineuses et donc j’ai « zappé » et j'en ai profité pour aller faire pipi. Vous qui avez la télé, vous faites bien ça aussi pendant les pubs, non ?

DDS 753 images (1)Mais je ne vDDS 753 Juliette-greco-68ous ennuierai pas plus longtemps avec Belphégor. Je poursuis juste avec l’idée qu’il y a deux Juliette Gréco : celle, magnifique actrice et chanteuse, qui avait un très joli nez et celle d’avant qui avait un tarin un peu trop gros et trop fort. Par deux fois elle eut recours au bistouri des Frankenstein brothers : à la fin des années 40 et en 1956.

Voici la moralité de cette chronique : comme chante Boby Lapointe dans « Avanie et framboise », « on peut presque tout changer excepté ce qu’on ne peut pas ». Juliette a quand même bien fait de se faire refaire le pif, surtout la première fois : nous avons retrouvé une photo de son appendice nasal initial. Oui, hein, pas terrible !

 

DDS 753Juliette Jujube 2

25 février 2023

À chaque mouton son pré (Cavalier)

 
Tandis que se lasse la Rivière

Quand Elle s’ emboucle et se déplie
Jusqu' aux esses des grands moulins

Tandis que le jour doucement prépare ta soirée
Et ne traîne plus comme un appât

Tandis que la Rivière se lasse
Sous le soleil faiblissant
L’ été se suspend par dessus les peupliers
En figurines de papier

Tandis que des profondeurs de l’onde
Des poissons alphabet
Bondissent sous tes yeux
Les maisons éclatées rendent une image
Plus rêche à ton oreille

Aux sons de mille cloches

Tandis que la forêt s’ assombrit
D’ une volonté d’ombrelles en sommeil déjà :

À chaque écho son ruisseau
À chaque mouton son pré
À chaque collerette sa fleur
À chaque frondaison son arbre

Et toi … ma Douce
Assise sur mon panier de pêche
Tu lis ici

Encore un peu

 

Source: Externe

25 février 2023

Le méandre de la Queuille (Lecrilibriste)


Tout le long, du long méandre
Léandre doucement se laisse surprendre
Par cet itinéraire curieux que la Sioule a choisi
Pour entourer d’halo un visage de terre
Car il lui a plu d’en agir ainsi
D’en sertir le tour pendant des ères
Pour dessiner ce méandre de Queuille
Elle a caressé les lignes, gommé les aspérités
Travaillé symétrie et curiosité
Comme un peintre peindrait sur une feuille
Cette fille rebelle D’Océan
n’aime ni les remous, ni les courants
elle musarde et lézarde gentiment
Faisant l’école buissonnière
Ou bien l’école des Beaux Arts
Que la nature lui a offerte
Pour créer quelques œuvres d’art
Avant d’aller se noyer chez son père
De subir ses marées et ses tempêtes
Ses navires et ses eaux gris vert
Oubliant la turquoise de ses eaux
A jamais


Charmé, Léandre fera le tour
De ce méandre à pied
Juste le temps de se détendre et d’entendre
La vibration de la rivière qui glisse
Comme une respiration lisse
Et la chanson douce de l’eau
Qui clapote contre la berge
En lui soufflant quelques rimes
Dans les méandres de ses souvenirs
d’un Léandre de Molière
d’un Scapin et ses Fourberies
que par cœur, il avait appris
Et pour scander le rythme
Il trouvera quelques galets
Pour voir s’il sait encore
faire quelques ricochets
qui atteindront l’autre côté
avant d’atteindre le gué
pour traverser

le méandre de Queuille

Lecrilibriste

25 février 2023

Sinuosités et avanies de la langue française (Joe Krapov)

DDS 756 la_femme_du_boulanger affiche

- Ah, Pomponette ! Pomponette ! Quel fleuve impétueux t’a encore emportée ? Quels méandres as-tu suivis cette fois ? Pour qui enfin ce nouveau safari ? Pour un fourbe amoureux de tes courbes ? Pour un argousin qu’allumèrent ta jupe de satin, tes voiles de mousseline, le parfum de santal et de musc échappé de ta nuque ? Pour un amiral de bateau-lavoir ? Pour un général Alcazar qui t’offrit une limonade en échange de tes œillades ? Par quel truchement les séduis-tu donc tous ?

Sur quel brick as-tu embarqué encore ? Pour quel voyage sinueux, quelles arabesques ? As-tu suivi un nouveau barde à gandoura et à guitare ? As-tu kiffé un fou d’algèbre, un azimuté de l’alchimie littérale, un poète ? Comment décroche-t-on la timbale ? En te parlant d’Aldébaran ? En te promettant un concert de luth au zénith ? En te faisant boire un élixir d’amour chez ce gilet jaune d’Adonis Zetti ?

Pomponette ! Coeur d’artichaut ! Plus je te laisse libre de mener ta vie de patachon et plus tu m’assassines ! Chaque lascar de hasard de plus à ton tableau de chasse cause une sale avarie au vaisseau de mon coeur. Albatros englué dans le mazout de tes frasques, je porte le fardeau de tes noubas cruelles – un quintal de salicornes ! - et reste là prostré en fabriquant mon pain. A toi la baraka, à moi le four qui crame. Calfeutré dans mon appentis, je rame, je calfate les brèches de notre pauvre felouque éventrée par les récifs. Même l’alcool des alambics ne pourrait rien contre le cafard de mes échecs et mat. Les cases de mon échiquier sont plus noires qu’un caoua ch’ti et j’ai roqué côté cimetière ! Je ne suis pas un zéro mais presque. Peut-être un pauvre maboul ? La vie n’est pas coton, l’amour m’est charabia mais le fait est que je t’aime comme on aime le parfum des lilas, le souk des fêtes foraines ou l’eau dans la carafe.

Tes frasques sont-elles seulement sexuelles ? Es-tu maraboutée ? Serait-ce chez toi un besoin de niquer sur un divan, un tabouret, un sofa, un matelas différents ? Qu’est-ce qu’il a qui ne te plaît plus, notre vieux lit à baldaquin ?

Pourquoi vas-tu fanfaronner à toutes les douanes devant ces imbéciles de gabelous ? Qu’ont-ils de plus en magasin, comme camelote, ces zouaves de rencontre et ces clébards des rues, ces caïds de banlieue, ces cadors du Carrefour ?

DDS 756 la_femme_du_boulanger_desordre_des_esprits

- Ma langue aime se frotter à celle des étrangers. J’en ramène de saveurs subtiles et des mots incongrus dont on ne soupçonnait pas qu’ils pussent aussi bien s’acclimater chez nous. Je n’aime des dictionnaires que cette image délicieuse qui suggère que l’on s’aime à tous vents. Mais j’aime plus que tout ton pain, ô boulanger, tes bras puissants, ta force et ta fragilité et ta compréhension. J’adore ta solidité de baobab, ton absence de mesquinerie et surtout ton moka au café, ton fondant à l’orange, ton halva, ta moussaka et tes tajines. J’aime quand tu donnes ton aval à mon dérèglement de tous les sens. Et c’est pour toi et pour cela que, toujours, je reviens. Allons, éteins cette bougie, cesse le décompte arithmétique de mes fugues, mets tes tracas dans ton barda. Retirons-nous dans notre alcôve, mène-moi dans l’azur des sept ciels, mets en route la noria de tes baisers et je ferai de toi mon nabab, mon cheik, mon sultan. Dans le silence de la nuit je serai ton harem. Je te ferai entendre le barouf que peuvent faire toutes les femmes du monde, tout le ramdam de la passion va battre sur ta peau de tambour. Mes massages te rendront fou, tu vas en voir de toutes les couleurs, du chamarré, des camaïeux et du carmin. Je vais t’emporter loin comme fait le Sirocco, je serai ton alezan, tu ne reconnaîtras plus ton zob ni tes glaouis après ma razzia sur ton saroual et ta vertu ! Je vais t’offrir la position du goudron et des plumes, te faire la guitoune acrobate, le minaret cramoisi, le coup de la girafe, le derviche retourneur, le muezzin tarabusté, le bardot à deux dos façon madrague, le sacre du printemps arabe, l’aubergine farsie, la babouche que veux-tu, la cueillette de l’abricot en Basse-Provence par la smala d’Abd-El-Kader, le « Mets ta sourate dans ma savate », le « Comme une crêpe de sarrasin », la grenouille sur le nénuphar, la matraque du mamelouk, la gabardine damasquinée, le baroud d’honneur de San-Antonio, on jouera à la lime en macramé, à massicote-merguez, à « Un chouïa wali-walou », à « Abats tes brêles et mate mon vizir ! », à l’amalgame pentathlonique, à l’enlèvement au sérail, à « Mets du talc sur mes fez » et, en clou du spectacle, je te ferai la planche du fakir !

- Tais-toi, Pomponette, ma gazelle ! Il n’est plus l’heure de parler. Fin des salamalecs, montons dans notre chambre !

***

- Ah, Pomponette ! Quel inti-fada, ce Pagnol !
- En fait, c’est de Giono, ce pitch, boulanger !

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25 février 2023

Princesse des méandres (Kate)

Princesse des méandres

Chère Cassandre,

La carte du tendre

Compliquée

Que tu as dessinée

S'enlise dans les méandres

De ta pensée

(Et notre relation

Par trop complexe

Me laisse perplexe

J'y perds la raison)

unnamed

Au rendez-vous de Queuille

Je ne t'ai pas trouvée

À croire que tu veuilles

Me laisser désenchanté

Ou simplement me libérer

Après tout ce trajet

unnamed-3

Parvenu à Château Rocher

Te dire que je quittais Nice

Disais adieu au tennis

Toi devenue ma seule priorité

Ton étrangeté alliée à ta beauté

Saisissant enfin la chance

D'abolir les distances

Te rejoignant

Ici définitivement

(Ma mère

M'a dit l'endroit

L'envers

C'est toi

Seul fils qui gères

Ton univers)

Merci chère Cassandre

Princesse des méandres

Tu as bien fait de me faire venir

Jusqu'à ce lieu plein d'avenir

Où la force du paysage

M'a interrogé au passage

Ses fleurs sauvages

L'air les vieilles pierres

Lézards ou vipères

M'ont rendu mes repères

J'ai rêvé

Médité

Écrit

Dormi

Esprit magiquement vidé

Corps soudain allégé

Direction Nice

Cap sur Sophia Antipolis

Mes étudiants en géographie

unnamed-1

Tant d'autres paysages à l'esprit

Adieu Cassandre

Mon coeur moins tendre

N'est plus à prendre

De tes sinueux méandres

Il a réussi enfin à se déprendre

Et qu'ici notre histoire finisse

Ulysse

unnamed-2

(Lagarde et Michard, XVIè siècle)

18 février 2023

Label Rouge - Parce que tue le veau bien (Cavalier)

L'abat-jour
L'abat-soir
L'abattoir …

C’est ce soir
Sans surseoir
L’assommoir

Sans ma mère
Sous l’amer
Sous la mer des Sargasses
J’en tremble et m'en agace

... sagace

Et dis ? Est-ce que
L’arabesque

En halal
Ça fait mal ?...

C’est ce soir
Sans surseoir
L’assommoir

Ris de veau
Tête de veau
Côte de veau
Côte de Beaune
J’en ris jaune
J’en frissonne

Né en France
Mort en France
Je suis en transe
Vive la France !

En Label
Rouge de Babel
C’est mon tour …

C’est ce soir
Sans surseoir
L’assommoir

Le mouroir

Pouce derrière !
Je ... Joker
Je passe mon tour
En compte d’abattis !

Décati, équarri
J'ai pas envie
J'aime la vie
Je suis la vie ...


Pis, on m’aurait menti ?

...

 

Source: Externe

Abattoir-veau-vache. Comme la mère et l'enfant sont en contact sonore
au sein de l'abattoir, il y a un ordre strict dans le protocole d'abattage,
pour plus de tendreté et bien plus de tendresse carnée, labellisée si bien enviandée.

 

Source: Externe

4 février 2023

Fan de chichourle (Kate)

Fan de chichourle !

- Salut Vincent !

- Salut Didier !

- Ça va ?

- Super, et toi ?

- Ouais...

- Un café ?

- Un double...

- Et un grand verre d'eau non glacée !

- Merci.

unnamed

Bon, marre du Court-Métrage, je vais me poser un peu pour voir mes messages et week end !

Ah ! Un bon café ! Quoi ? Le boss m'a appelé ce matin ? Je le rappelle.

- Allô, Jean-Mi ?

- Vincent !

- Hein ?

- Vin-cent !

- Ouais...

- Écoute, j'ai besoin d'un article pour ce soir.

- C'est vendredi...

- Urgent, ur-gent !

- Pas le Court-Métrage, déjà donné...

- Non, c'est l'abécédaire des fruits.

- Quoi ?

- Je compte sur toi, Vince...

- Ah, la quetsche ! Déjà donné l'an dernier... Pas le ramboutan, quand même ?

- Non, c'est la lettre J.

- J comme jus de fruit ?

- Non, le jujube.

- Le quoi ?

- Un fruit chinois.

- Connais pas.

- Fais-moi un truc là-dessus genre "adoucit la gorge", enfin, tu vois...

- Non..

- Mais si !

- Pour quand ? Dix-huit heures ?

- Seize heures trente dernier délai. Tu lâches tout et tu t'y mets.

- J'suis crevé, Jean-Mi...

- Merci Vincent, on se voit mardi !

- Salut Jean-Mi, bon week end !

Mais qu'est-ce que je vais écrire là-dessus... Le jujube ? C'est quoi, c'machin ?

- T'as fini ton café, tu veux déjeuner ?

- Tu as un menu du jour ?

- Tiens l'ardoise.

unnamed-1

- Aux figues ? T'as rien à la jujube ?

- Non, pas de miel de jujube mais j'en ai goûté c'est super bon... Le menu ?

- Faux-filet, à point.

- Frites et salade, comme d'hab'!

Le miel de jujube ça adoucit la gorge, comme tous les miels, bon point de départ : un des quatre fruits pectoraux comme la datte, le raisin de Corinthe et la figue ! Clin d'oeil au menu du jour... Ça rappelle les treize desserts de Noël...

Fruit exotique, donc a voyagé, ça plaît ça ! Il y en a beaucoup dans la région d'Annaba, et le nom de cette ville viendrait du nom du fruit, sympa... mais encore ?

Acclimaté en France, dans le midi et arrivé de Grèce via l'Italie, air connu : Frédéric Mistral, l'évoque (sous le nom de "ginjourlo" à propos de la grande foire de l'automne de la Saint-Michel le 29 septembre)  et bien avant lui, des leudes attestent la présence de son passage dans la région de Nîmes, piste intéressante...

- Un verre de vin du Gard, offert par la maison.

- Merci Didier, très bon.

Le Gard... La chaleur de juillet du Gard, les vignes... Ça me rappelle la tourte aux bettes-cardes que faisait ma tante Suzon et qu'on mangeait dans la cour, sous le parasol, contre le mur de la petite maison entourée de vignes. Des parfums, des goûts, des lumières, des "peuchère !" et des "fan de chichourle !" avec l'accent... Enfant, je ne comprenais pas pourquoi elle m'appelait "fan" au lieu de Vincent, et "chichourle" me faisait rire...

Mais c'est quoi ce "chichourle" au fait ? Du jujube, eh bien, super surprise !

Et ça nous mène où tout ça ?

À zinzolin ! La fameuse couleur violette au nom si poétique...  Alors, jujube, grand voyageur, tu me plaîs, tiens, fan de chichourle !

4 février 2023

枣 jujube (joye)

poeme chinois

 
Bien chers lecteurs, bien chères lectrices,
Pour écrire cette participation, j'ai d'abord trouvé un article qui parlait
de comment écrire un poème en chinois.
Une forme classique consiste à mettre la scène dans la première ligne.
La deuxième ligne continue cette idée. La troisième phrase introduit
une autre idée, et la quatrième ligne réunit

le tout en reliant le premier sujet et avec le deuxième.
J'ai aussi utilisé Google Translate. À part quelques mots et quelques
phrases, je ne parle pas chinois, évidemment.

L'arrière-fond vient du site australien et gratuit Canva.
Le symbole au milieu est l'idéogramme représente la tranquilité.
À mon avis,cela ressemble à une personne assise, les jambes croisées.
J'aimerais bien penser que cela me ressemble. - joye
11 février 2023

Fous à tous les coups ! (Kate)

Fous à tous les coups !

Kung fu

Panda ?

0

T'es fou

C'est un koala !

Oh là là !

Tout doux !

0-1

Kung fu

Un art du coup

Un art des coups

Sport sans objet

Surgi du passé

S'affronter à mains nues

Implique qu'on remue

Les mains les pieds

Puis on a trouvé

L'objet

On l'a façonné

Lancé

Jeté

Projeté

Pour que moins on s'avance

On aura plus de chances

Si c'est lui qui déboule

Et que tout il chamboule

On l'a faite

La boule

Parfaite

Qui roule

Telle la soule

Du fond des âges farouches

Qu'on pourchasse

Dans de grandes chasses

Pour qu'on couche

Avec d'autres peaux

D'autres os

Couleurs

Odeurs

D'autres clans

Dans le sens du vent

Mélanges

Étranges

Ballon

Rond

Oblong

Blond

Luisant ardent

Inquiétant

Survolant

Habitants

Champs

Et campements

Viens-tu de Chine

Drôle de machine

Surplombant l'Amérique

Du Nord du Sud

Sans certitude

Apparition magique

Sport sans règle

Ni arbitre

Qui est espiègle

Qui fait le pitre

Retour à terre

Tombé en mer

0-2

Les hommes sont fous

À tous les coups !

 

 

11 février 2023

Hai-Kung-FiUz (voyage en Absurdire) - tiniak

 

avec une pensée singulière pour Vegas et Walrus

Kun foud’

Un bègue et son collègue dyslexique, de surcroît affligé d’un bec-de-lièvre, devisent sur leurs rencontres amoureuses.

Le bègue : - Taa.. T’as mis ll’..longtemps p’p’ppour l’aimer, toi ?
Son collègue : - Nan. De chuite, né eu un kun foud’ pour sa thaï.

***

avec une pensée singulière pour TOKYO et lecrilibriste

Haï coup d’coude

Quand le Cavalier devient MaBoUle
de TaBoU, le Singe se fait PiQUANt

[Ma Bu : position du cavalier;
Ta Bu : pas frappé ;
Pi Quan : coup de poing marteau]

***

avec une pensée singulière pour Joye et Joe Krapov

Kangourou, mon vieux, sois heureux
Un coup porté (du poing, du pied…)
N’a ni ton nom, ni ton aspect
Garde-toi toutefois des fâcheux

Fais profil bas, mon vieux, crois-moi
Un truc que je tiens du panda

***

Enfin pour les plaisirs d’écrire et de lire que, toutes et tous, nous partageons ici 

Coup de fou pendable

“- Oui, monsieur Lian Wu, bonsoir et merci d’avoir pris la peine de venir.”
Mon père prit place sur la chaise devant le bureau du professeur ; je demeurai debout dans son dos, le front baissé, le regard pris dans son cheveu noir encore et bien fourni.
“- Voyez-vous, monsieur Lian Wu, je balance entre m’interroger gravement sur la santé mentale de votre garçon ou m’offusquer de tant de désinvolture.”
Mon père se tint coi en prenant ma copie que le prof lui tendait à bout de bras, tout en poursuivant son laïus réprobateur.
“- J’ai demandé à la classe de faire des recherches personnelles et originales sur les cris des animaux, et… Mais je vous laisse juge. Lisez, donc… dit monsieur Rabiaud en se rasseyant derrière son bureau.

Relevant le nez de ma copie, mon père déclara :
“-Eh bien, monsieur le professeur, je ne vois rien que de très personnel et original dans cette copie.”
M. Rabiaud se passa une main sur le visage. Tendit l’autre main pour que mon père lui rende la copie. Ceci fait, il lâcha dans un soupir :
“- Original et personnel, ah ça oui ! ironisa-t-il avant d'entamer la lecture de quelques passages de mon cru : <Quand il s’ennuie, Dragon fait “Longg! Longg!”> ; <Quand il cherche sa proie, Tigre fait “Hou ! Hou !”> ; <Quand il survole la sienne, Aigle fait “Ying! Ying!”> ; <Quand il s’est fait mal aux orteils, Singe fait “Haou ! Haou !”> ; <Quand elle se moque du héron, Grue fait “Hé! Hé!”>... Je continue ? demanda, pour la forme, M. Rabiaud.
Mon père se retourna pour me jeter un petit sourire qui valait son pesant de clin d’œil. Puis il fit de nouveau face au professeur, le priant de lui donner une feuille et de lui prêter un stylo. M. Rabiaud s’exécuta, pour le moins interloqué.

Quand nous prîmes le chemin de la cour, nul doute que M. Rabiaud devait encore se tirer les cheveux, les yeux plongés dans le feuillet laissé par mon père.

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Lian Wu : Le pratiquant

11 février 2023

Un doux combat d'amour (Cavalier)

 

Xiang Li songe au bonheur
Elle pleure des larmes d’argent
Des larmes de diamant

Le long du Grand Canal
Le bois des cerisiers
Prépare ses fleurs en secret
Dans le vent si doux là-bas
Les colombes déplient leurs ailes
Les nénuphars s’étirent

Ils savent déjà …

Oui hier en s'entrainant
Ils se sont fâchés
Ce ne sont encore que des enfants 

Un gong de bronze dans le regard
Xiang Li rêve ...  rêve d’aller se battre
À la lueur des lampions
Aux sons des pétards
Sous les ailes du Dragon

Dragon Shaolin terrible qui la para
D’une chemise d’organdi
D’un pantalon de soie
De longues chaussettes lacées dorées
De socques de bois précieux
D’une ceinture aux mille vœux

Serait-ce en mes livres ?
Serait-ce un rêve ?
Suis-je donc Ye Xian

La petite fille de cendre
Cendrillon
Ou bien Xiang Li ?

Moi ?
Conte de fée
Qui suis-je ?

Il me reste un chausson chinois
Kung-fu
Un socque de vair
De verre, envers et contre tout
À n’y rien comprendre …

Pourtant
La place où nous nous battions

Hier, est encore tiède
Sur la jonque magique
Sur le Grand Canal
Sur la place de la Muraille

Que de couleurs
Que d’agitation
Que de musiques

Et Chang si beau 

 

Source: Externe

Source: Externe

 

Source: Externe

28 janvier 2023

Ève, resteras-tu magicienne ? (Cavalier)

Femme, reste femme ...

Source: Externe

... 

Son rimmel noir de jais en mes grands uniformes
Aux identités tant impossibles pour elle
Ne pouvant être autre, en tout vat brillent ses formes
Grandes sources de vie, gammes intemporelles ...

Reste-t-elle Ève de son monde moins logique
Insérant fort dans ma roue folle son bâton ?
Aimant sans mode, si intensément magique
S'offrant comme une Reine ou un tendre Chaton ?

... 

____________________________________________________________________________________

Accrostiches à la première lettre, et aussi irrationnel, à l'émistiche : Jais ........ Si Reine ...
____________________________________________________________________________________

 

Source: Externe
Sangrias

Aux 5 sens, l'abus de femmes n'est dangereux, consommer sans modération !

Cavalier, collage sur acrylique

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