Y ont (presque) cru
Laura ; Lecrilibriste ; Vegas sur sarthe ; TOKYO ;
Emma ; Pascal ; Kate ; maryline18 ; Adrienne ;
joye ; petitmoulin ; Walrus ; bongopinot ;
Ma vie sur Utopia (Vegas sur sarthe)
J'avais dévoré l'histoire de Thomas More et de son île Utopie en forme de croissant mais quand j'y posai le pied je trouvai qu'elle ressemblait à une banale île flottante.
Je ne fus pas autrement surpris qu'on brûlât sur le champ mes chéquiers et mes cartes de crédit puisqu'il n'y avait aucune notion de monnaie sur l'île et que l'utopien se servait au marché en fonction de ses besoins.
J'allais devenir un utopien parmi les cent mille utopiens qui peuplaient l'île : cinquante quatre villes magnifiques, une seule langue, les mêmes lois, la même retraite à 76 ans et les mêmes institutions; j'aurais dû m'intégrer facilement car nous possédions tout en commun, enfin … tout sauf les femmes.
En venant ici j'avais rêvé de bâtir un château en Espagne mais toutes les maisons en location étaient identiques et pour éviter l'enracinement les utopiens étaient obligés de changer de maison tous les dix ans.
Je me demandais s'il en allait de même pour les utopiennes, sinon les utopiens devaient s'ennuyer à mourir.
Dans mes rêves elle était grande et accueillante; pourtant celle que je tirai (au sort) bien que fraîchement ravalée était petite et sombre avec un jardinet broussailleux, je parle de la maison bien sûr.
Je songeai que dans dix ans j'aurais droit à une nouvelle demeure et que le sort me sourirait mais qu'en serait-il des utopiennes ?
Mon guide m'apprit que les maisons des utopiens n'ont pas de serrure pas plus que les femmes mais en cas d'adultère l'utopien perd sa liberté et devient esclave voire mort si récidive.
Celle qu'on m'offrit n'était ni blonde ni plantureuse comme dans mon rêve et j'allais devoir me satisfaire de ses petits seins pointus et de ses grands yeux étonnés tandis qu'elle me tendait en plus de ses lèvres le certificat attestant un examen prénuptial approfondi, la chasteté étant de rigueur avant le mariage.
J'imaginais aisément qu'après le mariage l'utopien perdait sa liberté et qu'il devenait donc un esclave comme en cas d'adultère, ce qui ne changeait rien au final.
J'avais lu que l'oisiveté y était interdite bien que la journée de travail soit limitée à six heures, ce qui me convenait amplement.
Il me restait à patienter jusqu'à 76 ans pour profiter de la retraite au côté de mon épouse aux petits seins et aux grands yeux étonnés.
Les soirées et les nuits étaient longues d'autant plus qu'il n'y avait pas de monnaie, ni espèces ni chéquier ni carte de crédit, que les jeux de hasard étaient interdits et l'adultère sévèrement réprimé.
J'allais devoir remiser ma mallette de poker et me retenir de loucher sur les autres femmes au demeurant fort attirantes.
Notre mariage fut vite expédié, mon utopienne se révéla si experte dès nos premiers ébats que je doutai de l'authenticité du certificat de virginité mais en venant ici j'étais décidé à ne m'étonner de rien.
Les utopiens qui renonçaient au mariage étaient appelés végète-à-rien; ils n'avaient pas de femme mais s'adonnaient aux délices de cinq fruits et carottes non râpées par jour, ce qui est mieux que rien.
Moi qui avais rêvé d'être un végète-à-tout – foin de leurs cinq fruits et légumes – et de profiter de la vie, des plaisirs et des femmes débauchées, je comprenais que la vie sur Utopie était irrespirable mais ne dit-on pas aussi qu'une vie sans utopie est irrespirable ?
J'avais lu également que les utopiens ne sont pas superstitieux, pourtant ceux que je fréquentais évitaient de poser leurs chaussures sur la table, de croiser les couteaux et de se couper les ongles après 18 heures.
Mon utopienne n'était pas superstitieuse non plus bien qu'elle évitât de tuer les araignées du pied gauche et d'écraser les crottes de chien du même pied ce qui m'exaspérait de plus en plus.
Et puis ses petits seins devinrent plus flasques, ses grands yeux moins étonnés et mes 6 heures de travail hebdomadaire plus ennuyeuses devant la machine à café; aussi pris-je la décision d'en finir avec tout ça et de m'éveiller pour de bon.
Au prix d'un effort surhumain je parvins à ouvrir grand les yeux ; contre mon flanc Robert ronflait, je crois même qu'il me souriait bien qu'il ait encore vomi sur la couette.
Robert c'est le chat.
Dans l'escalier de l'immeuble une radio braillait du Jeanne Mas « Toute première fois, Toute toute première fois ... »
Enfin j'étais bien.
Ne rêvez jamais d'île déserte, ne lisez pas Thomas More, c'est un leurre.
Utopie (Pascal)
Elle n’était pas là ; elle a changé de Service, il y a quelques mois.
Je m’en doutais ; quand je suis rentré dans le bâtiment, animal aux abois, les sens aux aguets, je n’ai pas flairé son odeur, ni aperçu son aura tremblante promenant dans les couloirs. À la place, il y avait une espèce de vide, un vide incommensurable plus profond que les abysses les plus insondables ; le soleil était sans chaleur, les ombres étaient maussades, l’air était vicié et rempli d’effluves que je ne cherchais pas à traduire. C’était l’uniformité pesante d’un bête bâtiment, des fenêtres aux ternes éblouissements, des étages et des escaliers gravis à l’allant désabusé, une ruche ouvrière sans le miel de mon abeille… adorée…
Vouloir me faire aimer par qui ne m’aimera jamais, quelle gageure ; c’était une utopie, un rêve de jouvenceau, une fantasmagorie d’imbécile, une inconscience de jobastre, oui !... J’ai laissé plus de dix ans de ma vie se heurter contre le rocher de son indifférence, et je ne m’en veux même pas d’en souffrir encore les éclaboussures brûlantes. C’était plus de dix ans d’espérance à voyager en solitaire, à grimper sur les étoiles filantes, à ruminer des incantations, à inventer des prières, à soudoyer mes indics, à mentir à mes amis…
En retard d’une bataille, tel le commun des mortels, je n’ai pas su allumer en elle une étincelle de curiosité ; je n’ai pas su saisir son mouchoir, je ne serai jamais son héros ; je souffre au quotidien de n’avoir pas trouvé la clé de son cœur. Elle est le plus cuisant échec de ma vie, et elle m’a tordu le cœur pour qu’il ne serve plus jamais à personne.
Quand je la pense, je visite mes souvenirs les plus entreprenants, les plus pathétiques ; si elle tournait la tête, c’était par sympathie ; si ses bises du matin touchaient le coin de mes lèvres, c’était pour s’amuser ; si elle me regardait à la dérobée, c’était pour mettre du bleu infini à chacun de mes gestes. D’un élan de chevelure trop blonde, elle effaçait toutes mes illusions au tableau de sa fausse ingénuité ; d’un sourire sans traduction, elle me punissait du mal qui me hantait ; d’un autre de ses rires moqueurs, j’admettais toute sa cruauté.
Quand elle me soufflait sa fumée dans la figure, j’entrais dans les nimbes de ses soupirs et, innocent escaladeur, je voulais remonter jusqu’à sa bouche. Quand, d’un revers de lassitude, elle retournait dans son bureau, le monde s’écroulait autour de moi comme si plus rien n’existait, comme si plus rien n’avait de valeur…
On me disait, on me criait, on me sermonnait : « Elle n’est pas pour toi !... », « Elle est ton démon de la cinquantaine !... », « Oublie-la, elle ne te veut que du mal !... », « C’est une chimère !... Un cauchemar !... Une calamité trop moderne pour ton cœur de dentelle !... ».
Je m’en foutais ; en courant, j’allais brûler mes ailes contre tous ses pièges. Impératrice de mes sens, meneuse de mon esprit, bourreau de mon cœur, détentrice de mon âme, au pilori de ses fantaisies de jouvencelle, combien de fois m’a-t-elle occis ?... Combien de fois m’a-t-elle carbonisé, coupé la tête, démembré, fusillé, réduit en miettes ?... Encore aujourd’hui, Princesse vaudou, quand elle s’ennuie, quand elle s’invite dans mes rêves, barbare et glaciale, elle me pique avec ses aiguilles les plus pointues ; à son gré, elle me noie, m’électrocute, m’enlise, m’inocule ses infections les plus insupportables. Maladie venimeuse, son désintérêt a lentement empoisonné ma fougue, refroidi ma fièvre, éteint mon imagination de pauvre Montaigu ; dans le vide, combien de fois ai-je basculé de son balcon…
Je l’aimais, ici-bas, Dieu m’en est témoin, comme je l’aimais ; j’étais plus fort que les autres ; j’étais capable de renverser les montagnes, d’ouvrir les mers, de décrocher la lune. Hélas, toutes mes prétentions n’ont pas impressionné ma dame de cœur.
Je suis condamné à la temporalité assassine et lancinante, celle de compter les heures, les jours, les mois, les années sans plus jamais l’approcher. La barre était trop haute ; qui étais-je pour espérer ce qui ne sera jamais ?... Pour elle, j’étais l’incongru, le manant, le fou qu’elle toisait en mesurant l’inimportance !
Pourtant, j’avais tant à lui proposer, tant à lui donner ; main dans la main, on aurait dansé sur l’arc-en-ciel, sur Pégase, on aurait visité l’univers ; parce qu’elle aime la brillance, j’aurais mis à ses pieds tout l’or des mines du roi Salomon. Parfois, dans un regain de fierté, j’aimerais n’avoir jamais existé pour n’avoir pas campé à ses pieds. Parfois, je voudrais tout recommencer pareil, jusqu’à la dernière virgule, jusqu’au dernier soupir, jusqu’à la déconvenue sidérale. Je veux le croire ; vaille que vaille, envers et contre tout, je dois le croire : mon cœur s’est enfin désamorcé du sang qui bouillait pour elle.
Ses prises de responsabilité au sein de la Grande Entreprise l’ont poussée à se désactiver des réseaux sociaux. De fait, je ne sais plus rien d’elle ; était-elle seulement réelle ou bien n’était-elle que le prolongement de mes dérives d’argonaute, celui prenant ses désirs pour des réalités ? N’était-elle qu’un caprice que j’avais élevé au rang de muse ? Mes questionnements sont flous et aucune de mes réponses ne m’arrange. .
À l’automne de ma vie, c’est ma seule conclusion : le plus bel Amour, le véritable, je ne parle pas de celui qui fait des gosses, des crédits, et qui attend les dernières maladies, c’est celui qui n’aboutit jamais ; c’est celui qu’on décore avec ses illusions les plus merveilleuses ; mieux : à force de l’user, il faut fuir ce bonheur de peur qu’il ne se sauve, qu’il vous crache un jour tout son mépris à la figure. L’Amour, comme la petite souris, les lutins, le petit Jésus sur sa croix, le père Noël, la loterie, c’est du vent, de la poudre aux yeux, de la prestidigitation de pauvre humain pendant l’éternuement de sa vie.
Elle n’était pas là ; elle a changé de Service, il y a quelques mois…
D'utopie (Kate)
D'utopie
Et uchronie
U vert
On préfère
Les voyelles
Plus frêles
De "L'Île aux esclaves"
À "La possibilité d'une île"
D'"Une île entre le ciel et l'eau,
Une île sans homme ni bateau"...
On dérive vers celle de "Paul et Virginie"
Puis vers la terre effrayante des "Fourmis"
Mais je pars déjà à la dérive
Je me bats et me raccroche à la rive
Avant que je me noie
J'en appelle à Pierre Benoît
De mes lectures d'autrefois
Qui prénommait toutes ses héroïnes en A
"Je t'appelle, je t'appelle Antinéa !"...
Si l'Atlantide a fait rêver
Et continue à faire fantasmer
D'utopie
D'uchronie
De fiction
À science-fiction
Pour une distanciation
Légère
Une réflexion
Salutaire...
Concluons
Pour ce faire
Par utopie en chanson
Douce-amère...
Nous aurons de la pluie (petitmoulin)
Nous aurons de la pluie
Pour laver nos blessures
Un soleil éclatant
Pour sécher nos draps blancs
Et ce qu'il faut de vent
Pour essuyer nos larmes
Nous aurons des blés mûrs
Pour emplir nos greniers
Des fontaines d'eau fraîche
Au cœur de nos déserts
Nous ouvrirons des portes
Aux paroles murées
Allumerons des lampes
Pour chasser les ténèbres
Nous tresserons des rires
Aux lèvres des enfants
Nous hisserons nos rêves
Aux cimes indociles
De l'utopie
Comme ça se trouve ! (Walrus)
J'avais d'abord pensé à Uranium mais j'ai renoncé à faire la bombe...
Du coup je me suis rabattu sur utopie en me disant qu'on verrait plus trad !
Et voilà-t-y pas que lors de son passage chez nous dimanche, Emilie (celle de nos petites-filles qui étudie la kinésithérapie) confie à sa grand-mère que quand elle en aura terminé avec ces études, elle se formera en gestion puis en comptabilité...
Tout ça, si j'ai bien saisi le sens de leur conversation, dans le but de créer un centre équestre avec une annexe d'hippothérapie (en France, on dit plutôt équithérapie).
Bon, elle ne sait pas encore ni quand ni où ni comment, mais elle y croit !
Ce serait pas ça une utopie ?
Galopante, même !
Vivent les utopistes (Adrienne)
Probablement qu'aujourd'hui, Henri a une opinion plus nuancée, mais entre ses seize et dix-huit ans il croyait que l'éducation était la meilleure réponse à tous les problèmes de société.
Il avait l'optimisme d'un Condorcet au bord de l'échafaud, rédigeant son Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain juste avant d'avoir la tête coupée:
Comme les Encyclopédistes et leurs amis, Henri était convaincu que par l'éducation on pouvait lutter efficacement contre les préjugés et leur cortège d'excès en -isme.
Deux ou trois ans plus tard, il écrivait à Madame:
"Ik ben er heilig van overtuigd, dat kennis een eerste stap is om Utopia te bereiken, dat de wereld beter wordt met meer kennis" (Je suis intimement persuadé que la connaissance est un premier pas nécessaire pour atteindre l'Utopie, qu'elle rend le monde meilleur.)
Madame espère de tout cœur que ces belles dispositions ne seront pas broyées par la réalité.
L'utopie de la nouvelle année (Laura)
A chaque premier janvier, naissent les bilans de l'année qui se termine
A chaque nouvelle année de sa vie ou calendaire, on prend des résolutions
A chaque premier janvier, tout change: les prix, les lois, les agendas, les calendriers.
A chaque nouvelle année de notre vie, on se bonifie comme les meilleurs crus classés
Mais à chaque premier janvier, on continue son livre de chevet: essai ou polar
A chaque nouvelle année, on a toujours un chapitre ou plusieurs tomes de retard
A chaque premier janvier, j'allume une nouvelle bougie pour mes chers disparus
La chambre verte[1] accueille morts illustres et illustres inconnus de nos paysages
A chaque nouvelle année de notre vie, il faut prolonger se connecter à nos bibliothèques
Pour prolonger si on peut, les livres qu'on n'a pas finis car on a imaginé le temps plus long
[1] Film de François TRUFFAUT
Utopie (Lecrilibriste)
Perdue en mer de Toutes Ondes
Utopie est l' île magique
où tout est possibilité
Entourée de murs en granit
garnis d'une forêt d'osmondes
dans un mystérieux nouveau monde
elle enfouit secrets et idées
concentrés de l'humanité
qui vont peut-être un jour germer
car tout peut se réaliser
si tu nourris sa terre féconde
Là, c'est sans filtre , sans encombre
Tous les rêves ont droit de cité
Tu accèdes par un pont levis
bien protégé tu vagabondes
dans les ruelles de ton esprit
rien ne résiste à tes envies
tu peux t'arrêter aux échopes
des détenteurs de libertés
des mesureurs d'égalité
des férus de fraternité
des scientifiques et des poètes
des croque notes et des arpètes
qui rêvent de notoriété
Là c'est sans filtre, sans encombre
Tous les rêves ont droit de cité
Aux affammés aux assoiffés
de pouvoir et de picaillons
les autoroutes arborés
de prestigieuses adéquations
Paranoïaque a des soupçons
il fait des interprétations
Y a un podium pour les champions
des premiers prix auréolés
L'empêcheur de tourner en rond
détourne ses rond-points axés
pour les mettre en accordéon
Là c'est sans filtre, sans encombre
Tous les rêves ont droit de cité
Et si par hasard tu t'ennuies
tu accumules les soucis
et rien ne va plus dans ta vie
va rêver en l'île Utopie
pour transformer un peu le monde
pour transformer un peu ton monde
à l'envi
Dans l'île Utopie
Tout est sans filtre, sans encombre
Tous les rêves ont droit de cité
Utopie (TOKYO)
8H 30 les portes s ‘ouvrent. Une immense salle d‘examen s’offre au regard des candidats.
Mon numéro 125 , je prends place et dégrafe l’enveloppe .
SUJET DU BAC PHILO/ A quoi ressemblerait un monde utopique ?
Je fais défiler les diapos dans mon cerveau. Tout y passe, jusqu’à de pittoresques indigènes dans de longues pirogues.
Pour une raison quelconque mon voisin semble me regarder avec une admiration sincère.
Puis il me dit / sais tu que vouloir atteindre ta démonstration trop rapidement c’est une pulsion de mort sublimée ?
Le Sahara serait ton monde utopique à toi pour une impatiente comme toi . Je le récompense d’un sourire aussi large pour décorer une niche à chien .
Apparemment je m’attendais à un sujet plus traditionnel comme/
Pourquoi les hommes portent-ils des T -shirts sales ?
Je commence à sérieusement regretter d’avoir ingurgité toute la semaine dernière des documentaires ethnologiques qui parlaient d’Harry Potter saison 8. Je commence à faire naufrage.
Le surveillant se penche sur moi / Vous ne seriez pas en train de penser à FRED ASTAIRE ?
Arrêtez donc de taper avec vos pieds vous dérangez tous les candidats.
Bon en fait ce sujet m’intéresse tout de même un peu .
Je me souviens tout à coup de la remarque de mon père à ma mère parlant de moi .
On peut emmener un crapaud à la rivière mais on peut pas l’obliger à penser.
C’est drôle pour une fois je suis d’accord avec lui .
Allez je me jette à l’eau , premier rond dans l’eau / mon monde utopique ressemblerait à une pâte à tarte avec de la lumière des étoiles .Un monde où seul un aventurière comme moi se hasarderait , ou seul un romantique me pardonnerait , ou que seul un nomade trouverait hospitalier alors que peut être qu’un chameau aimerait .
J’ai eu cette audace d’occuper avec toute cette fantaisie enfantine le vide de ma pensée pendant 3h de charabia.
J’ai récolté un 0,5 pour l’encre sans doute.
Ce ne fut pas mon heure de gloire mais quand même une question pareille te prend une vie pour y répondre !!
Je reviendrai à 75 ans passer ce bac philo .
Ma ville d'Utopie par bongopinot
Parfois pour me protéger
Je rejoins un endroit
Où il ne fait jamais froid
Et où mes jours sont légers
Dans ce pays lointain
Dans la ville d’Utopie
On vit en harmonie
Du soir au matin
Le soleil ne brûle pas
La pluie gentiment rafraîchit
La lune illumine nos nuits
Les étoiles éclairent nos pas
Le vent doucement caresse
Les oiseaux nous enchantent
Les rivières nous chuchotent
Des messages de sagesses
Ici pas de peur ni de crainte
La méchanceté n’existe pas du tout
L’amitié est partout
La joie est sans complainte
Je vis entre deux abris
L’un réaliste l’autre imaginaire
Mais ils sont complémentaires
Pour garder mon esprit
La dissertation. (maryline18)
"les bons sentiments, peuvent-ils changer le monde ?"
Si ça c'est pas une de ces questions absurdes qui fait tourner les méninges en rond ! C'est néanmoins, l'un des sujets du DAEU (l'équivalent du BAC) pour les étudiants de la deuxième chance, comme Marie, la trentaine, quatre enfants. Elle a Quatre heures pour analyser la phrase, la disséquer, l'inverser, l'envisager, pour enfin peut-être la contredire ou alors l'approuver, arguments et exemples à l'appui, il va sans dire...
Changer le monde...C'est pas les idées qui lui manquent mais les moyens ! Et puis, par où commencer ! Il faudrait établir des priorités, les femmes et les enfants d'abord ! Oui, mais non, les féministes vont encore raler, pas de discrimination, même positive...
Ou alors, on sauve une personne, une ville, un département à la fois ! L'idée lui plait assez. Elle fait appel à son penchant pour l'ordre. Elle la note sur son brouillon. C'est une bonne méthode pour n'oublier personne !
Mais on les sauve de quoi ?
Elle décide de lister les dangers de la vie moderne :
-Ceux liés à l'environnement : ( Polution, diminution de la couche d'ozone, les maladies...)
-Ceux liés aux accidents de la route, aux accidents domestiques, et à ceux qui découlent des accidents de parcours : Dans l'ordre logique : mariages, enfants, divorces. Non, attention, évitons de faire de l'humour, se dit-elle, il peut ne pas être apprécié du correcteur...( Elle barre.)
-Ah oui, elle parlera aussi des addictions, du manque chronique de sommeil et de la "mal bouffe !"
Elle dira un mot ou deux sur les attentats mais évitera de parler religion ( trop explosif ! ).
D'un coup lui vient une idée lumineuse, une étincelle justement, qui embrase toute ses réflexions déjà notées et traitées de long en large, il est vrai, dans tous les magazines.
- Et si le danger "number one" c'était " L'AMOUR " ? Le manque, le trop peu, le trop plein, le "pas bien", le mesquin, le grandiose, le magnifique, le possessif, le jaloux, le destructeur, l'utopique,...le rêveur !
Si le plus grand des bons sentiments pouvait à la fois sauver et anéantir un enfant, une femme, un homme, une famille, un bourg, une ville, un département, un pays...toute une génération ! Toutes LES générations futures !
Mais oui ! Elle a l'idée, le fil conduteur de sa dissertation ! L'amour, celui qui apporte l'intensité, la lumière à la vie et reprend tout en un seul instant, dans un regard, dans un silence... Il foudroie, transcende, humilie, torture, dilapide, exécute.
Mais maintenant que l'ennemi est démasqué, il lui faudrait trouver les termes à utiliser pour une prochaine campagne publicitaire destinée à repousser le plus possible le redoutable danger ! Une campagne de dissuasion, en quelque sorte...
Alerte à la population :
Toute personne étant surprise avec des quantités d'amour non conformes au régles en vigueur, sera dépossédée de son coeur et condamnée à errer, à tourner inlassablement en circuit fermé, dans les méandre de ses pensées tristes, à perpétuité !
Marie rassemble ses notes et rédige sa copie, de sa plus belle écriture en évitant les fautes d'orthografe, d'orthographe.
Voilà, tout est dit, pense-elle, en se relisant, ça ferait un bon début pour une histoire de science-fiction, en tous cas "ça fout les j'tons !"
Nous ont balancé un petit air de rebec
Laura ; joye ; Vegas sur sarthe ; Lecrilibriste ;
Walrus ; TOKYO ; Kate ; bongopinot ; Adrienne ;
Pascal ; Joe Krapov ; petitmoulin ;
Troubadour et sa troupe (Kate)
J'aurais pu n'en mettre qu'un
Troubadour
Qui parle d'amour
Mais ce n'est pas beaucoup un
OFF SESSION - Oldelaf: "La Tristitude"
J'aurais pu
Si j'avais su
Faire
Un abécédaire
Aède
Barde
Chantre
Duo
Eicher Stephan
Flûte
Griot
Harpe
Iliade
Johnny Cash
Keith Jarrett
La Castafiore
Mozart
Nina Simone
Orphée
Patti Smith
"Que reste-il de nos amours ?"
Rolling Stones
Scalde
Troubadour
U2
Van Morrison
Waltz
Xylophone
Yoddler
Zorba
Et la boucle, eh !
Aurait été bouclée !
J'aurais pu
Si j'avais su
Faire un scrabble
Mais pas capable
J'aurais pu
Chanter mes joies
Chanter mes peines
Si j'avais su
Trouver des mots de choix
Sur des musiques miennes
J'aurais pu
Si j'avais su
Faire un texte
Dans un contexte
De solitude
Sur fond de la force des habitudes
Mais tant de troubadours
Ont fair rimer
Amour avec tambour
Toujours avec aimer
Que non, je ne suis jamais seule
Non jamais seule
Il y a toujours une société
Des gens de la gaieté
EXCLU -- La tristitude spéciale Saint-Valentin par Oldelaf
Et la boucle, eh !
A-t-elle été bouclée ?
Notre Troubadour par bongopinot
Il vient d’un faubourg
Porte un pantacourt
Un pull un peu court
Une écharpe l’entoure
On l’appelle le troubadour
Il écrit au fond d’une cour
Il fait rimer son amour
En sifflant des bonjours
Il passe tous les jours
Il manie les calembours
Aussi bien que l’humour
Et la poésie de velours
De ses matins qu’il savoure
Sans trompette ni tambour
Il faudrait être sourd
À son amitié de toujours
Point besoin de discourt
À chaque appel au secours
Il prouve sa bravoure
Car très vite il accourt
On l’appelle le troubadour
Il écrit au fond de la cour
Il fait rimer son amour
En sifflotant des bonjours
Troubadour (Pascal)
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
J’avais glissé mon capodastre sur la cinquième case pour ajouter plus de fluidité aérienne à ma chansonnette. Je déclinais quelques arpèges faciles en sifflant dans les blancs de la musique. Oui, c’était une belle ballade…
Dans la campagne à l’été jaunissant, un jeune couple se promenait tendrement.
Ils avaient entrelacé leurs doigts pour être certains de la perfection de leur arrimage en transpirations communes, et ils balançaient leurs bras à la cadence de cette musiquette si légère. Ils étaient beaux ces deux-là comme peuvent l’être tous les amoureux à l’aube naissante d’une passion débordante. C’était un instant magique et éternel avec l’étrange impression mémorable de vivre pleinement cette harmonie dansante.
C’est le genre de souvenir qui s’imprime en force heureuse dans l’intemporel savoureux avec son cortège de verts parfums florissants aux senteurs enchanteresses...
Rien ne dépareillait au tableau des réjouissances naturelles au pays de ces adolescents consentants. Parfois, ils se butinaient goulûment pour confondre le nectar de leur convoitise au bout de leurs lèvres brûlantes…
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
J’avais dans les doigts le bon tempo et j’esquissais quelques pas de danse enjoués pour contourner élégamment des bouquets de fleurs des champs. Je les ai retrouvés, fuyant sur l’onde endormie, dans une barque languissante...
Elle laissait sa main courir le long du fil de l’eau et les vaguelettes naissantes perturbaient le miroir troublé par ces intimes vibrations caressantes. C’était une sublime figure de proue et j’admirais les tendres sourires réfléchis qu’elle laissait filer au gré de l’étang séduit. Sans manière, ils se posaient sur la berge et l’instant d’après, comme des bulles éparpillées, ils éclataient en rires balnéaires. Je suis sûr que tous les poissons montaient à la surface pour admirer cette sirène envoûtante ! Les grenouilles, les crapauds et tous leurs têtards devaient bien jalouser cette insaisissable beauté transformée en princesse illuminée, le temps coulant de cette excursion nautique ! Même les roseaux attendris se pliaient en longues révérences !...
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
J’organisais malicieusement quelques sonorités harmoniques au diapason ému des deux tourtereaux enlacés. Je m’appliquais pour ne pas les surprendre mais ils dansaient sur la mélodie ! J’avais quelques frissons heureux d’être présent abstrait dans cette communion champêtre. Je les ai surpris dans une arène d’orge…
Les épis se hérissaient sur leurs tiges, trop fiers de pouvoir frotter leurs têtes piquantes sur le duvet des jambes de la belle. Ils dodelinaient allègrement sur son passage en remarquant ses tendres frissons et ils voulaient tous s’enorgueillir d’être les précepteurs de ses décorations évanescentes courant sur sa peau.
La belle passante s’était coiffée du chapeau de son galant pour cacher ses émotions rougissantes dans les ombres quadrillées de la paille tressée. Tremblante, elle l’avait rabattu prestement sur ses yeux fermés quand il s’est approché encore du côté tellement attirant de ses lèvres frémissantes…
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
Je les distrayais avec ma gentille ritournelle et j’arrangeais d’autres couplets en cherchant des paroles d’invulnérables citadelles... Ils folâtraient tout autour de moi ou bien c’est moi qui les encerclais… Qui charmait l’autre ?...
Elle avait délaissé ses chaussures et j’aimais bien voir ses pieds nus se poser dans l’herbe comme deux colombes craintives sautillant dans la verdure. Ils se sont embrassés encore. C’était grâce au refrain poétique ou à l’ingénue rythmique…
Toutes les fleurs des champs penchaient leurs bourgeons en arrière pour participer à leur manière, au moment savoureux, à cette communion des cœurs. Les parfums se confondaient, les couleurs se mélangeaient à l’unisson, l’ambiance bucolique était teintée d’apnée frénétique…
Elle s’est adossée contre un grand arbre en cherchant à défroisser sa robe de dentelles mais l’amplitude feinte de ses gestes savants libérait les coins secrets de sa peau blanche aux regards gourmands de son presque amant…
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
Ou bien je sifflais les mélodies, je ne sais plus… Je n’osais plus ouvrir les yeux car ils étaient partout, ces deux amoureux ! Pourtant fidèle, je m’appliquais à jouer cette rengaine avec d’autres attouchements essentiels le long du manche de mon instrument. J’avais tellement d’autres accords substantiels dans ma guitare pour qu’ils se disent « oui » à l’abri des regards…
Puis ils se sont aventurés plus loin dans le champ d’orge. Elle avait cueilli un coquelicot sauvage et elle l’apprivoisait dans sa main. Les pétales se déroulaient comme une robe de princesse, ils s’entortillaient en simulant une valse imaginaire, ils s’écartaient en sensations évanescentes ou bien… c’était ma chanson…
Parfois, elle riait encore quand un baiser trop fougueux la faisait chavirer entre les épis comblés. Même le soleil s’ingéniait à calculer ses effets de lumière quand elle se cachait sous le chapeau. J’aimais bien sa démarche assurée et ses courses hésitantes, sa prestance capiteuse de jeune fleur aimante sans caprice et ses gestes précieux de corolle offerte, sa timidité effrontée et son courage échevelé...
Elle a libéré les cheveux de son chignon défait puis, sous la même baguette de ce concert improvisé, ils se sont allongés sous les mèches blondes de l’orge intéressée. Ils construisaient un nid douillet en roulant entre rires et baisers… Le chapeau est tombé…
Moi ?... Moi, je jouais de la guitare…
J’entretenais la mélodie éthérée aux soupirs ardents et répétés des plaisirs des deux amants…
Moi ?... Moi, je fermais les yeux… Je jouais à perdre haleine…