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Le défi du samedi

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31 août 2019

Dans la famille ... (maryline18)

 

Dans la famille Tapudkeur, la mère Martine, s'en va chez'l docteur pour soigner ses aigreurs.

Dans la salle d'attente elle reconnait Madame Matuvu, Garocou, Putsavon, quejtepic, et Monsieur Jetesoul et keujteurluk. 

Le docteur Garotuil est un As, il appelle tout son p'tit monde par son p'tit nom pour lui faire croire qu'il l'aime bien ! Martine n'est pas dupe...

_ Bonjour Martine, rentre ! Qu'est-ce qui t'arrive ?

_Bonjour Docteur, j'ai des aigreurs, des brûlures d'estomac et comme du mal à digérer ces temps-ci et je dors mal aussi !

_Je vois, je vois...

( Il ne voit rien d'autre que son décolleté puisqu'il y plonge déjà ses yeux de merlan frit...) Il faut bien dire, à sa décharge qu'entre les renouvellements de médicaments et les aspirines à prescrire pour soigner les effets indésirables du verre en trop de la veille ( ou de l'avant veille, ou de l'avant l'avant veille, il s'ennuie un peu le bougre...)

_ Ouvre la bouche et tire la langue !

_ AAAAH !

( Il fait un bond en arrière ! )

_ C'est quoi c'brasier !? Ferme malheureuse !

_Respire ! Souffle ! NON, PAS SUR MOUAAAAA !

_ C'est grave Docteur ?

( Il est rouge écarlate avant même d'avoir posé son stéthoscope sur son soutien-gorge ! )

_ J'y vois rien, c'est en feu ! T'as pas fait les choses à moitié, dis-donc ! J'te prescris de l'eau, de l'eau sous toutes ses formes : en tisanes, excellentes pour le sommeil, tu y ajouteras une cuillère de miel et queques fleurs de tilleul, mais aussi pour immersions et ablutions. Il faut refroidir tout ça ! Tu me feras en parallèle des exercices de respiration au grand air, mais attention aux forêt, j'veux pas d'ennuis si près d'la r'traite hein !

_ Bien docteur !

_ Surtout évite les courants-d'air, gare aux retours de flammes ! Si ça arrive, fais le 18 ! Mais attention, c'est à tes risques et périls, tu comprends...l'uniforme...t'es pas à l'abri d'un pyromane !

_ Fais-moi voir ton carnet !

( Elle lui tend le petit carnet rose tamponné ici et là mais presque illisible avec le temps ).

_Il faudra penser à te faire vacciner quand ça ira mieux, j'aurais juré que tu l'étais, à ton âge !

_ Oh mais moi aussi Docteur !

_ Il vaut toujours mieux prévenir que guérir Martine, il ne faut qu'une petite étincelle pour allumer un grand feu, pas vrai ? ( Un brin de malice s'est glissé dans son regard...)

_ Pour sûr Docteur, mais quand le feu est dans le vieux bois, on ne peut plus l'éteindre...j'espère qu'il n'est pas trop tard pour la vaccination !

Martine paie et se dit qu'une fois de plus, il ne s'est pas mouillé pour établir son diagnostic...et aussi que son ordonnance ne coûtera rien à la Caisse !

_ Au revoir Docteur ! ( Elle serre sa grosse main moite et s'en va ). Elle fonce vers la mer méditerranée ou...vers la mère "Médite tes années".

 

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31 août 2019

Strange thing (Lecrilibriste)


À l'intérieur tout feu tout flamme
mais immobile sur sa stèle de pierre
le robot-dragon rêve d'un souffle de vie
que lui apporterait un vent de folie
Il y a urgence car son âme s'enflamme …

Depuis quelques temps, rien ne va plus
son pater avec son ADN
l'a créé, fabriqué, connecté, installé
et sur cette implantation formaté,
asservi à cracher des flammes virtuelles
alors qu'il pouvait marcher, cracher, ruer ...
Avec les nouvelles technologies
il a pris quelque envie de vie

Les touristes s'approchent  et s'arrêtent
« Strange thing » « Strange thing »
c'est drôle quand on le regarde dans les yeux
y'a quelque chose qui bouge
Il fait peur, il a l'air dangereux.
Au fait,  sont-ils verts, noirs ou bleus ?
Si on  regarde de ce côté, il a l'air triste et désolé »

Il n'est pas désolé,voyez-vous, il est triste et furieux
Et ses yeux sont rouges, mesdames, messieurs !

Mais Fifi, ado sublime et audacieux
phénomène en informatique spécifique
rode autour de la chose insolite
et frayant pour de bon avec la jet-set
des hackers, des pirates et des asiatiques
bidouille sa babasse en lui caressant la tête
Et  dit « t'en fait pas mon vieux, on va s'envoler
sur ton dos jusqu'en Chine, j'irai m' balader »
quand j'aurai fini d' ficeler mes algorithmes

C''est ainsi qu'en août, une belle nuit
lors d'une nouvelle lune en lion
Fifi s'envola sur le dos du dragon
jusqu'à la muraille de Chine ;

L'histoire ne dit pas s'ils ont bien atterri
Mais on n'a jamais revu ni dragon ni Fifi

31 août 2019

99 dragons : exercices de style. 50, Style cocasse (Joe Krapov)

Bien le bonjour, joyeux lecteurs de la chanson de Ricochet ! C’est la toile de Pénélope ici ! On tapisse, on retapisse, on détapisse partout, même dans les toilettes ! Ça a beau être pareil, ça n’est jamais la même chose, ce mythe qui nous vient tout droit des neiges d’antan ! Et tant pis donc si en passant je donne un soufflet à Ronsard ou mets ce bon Vaugelas en pièces !

***

DDS 574 dragon 124486432_o

Ça aurait pu se passer à Dache, à Chquoufougnouze ou à Saint-Profond-du-Lointain. À Perpète-les-Bains, à Pampérigouste ou à Saint-Pisse-qu’en-Coin. Mais non, c’est bien à Trillebardou, chez Jean Guillemette, que le dragon a fait son apparition. C’était un glouton mémorable, du genre qui avale la rue des Lombards.

- Mais quand t’arrêteras-tu de boulotter mon troupeau ? demanda le paysan.

- Mardi s’il fait chaud ! répondit le dragon ! À la venue des coquecigrues ! À la Saint-Glinglin !

Comme les paysans du coin n’étaient pas du genre à jeter les épaules de mouton toutes rôties par les fenêtres, ils appelèrent à l’aide.

- Sire, sire, il a plu sur notre mercerie !

***

Le monarque demanda à ses chevaliers d’aller faire sa fête à ce bestiau bariolé comme la chandelle des rois mais il trouva face à lui des visages de bois.

Ces vassaux-là se croyaient sortis de la côte de Charlemagne mais ils n’étaient en vérité que des carabins de la comète qui, éternellement, tranchaient de l’éléphant sans jamais quitter la table ronde où la chère était si bonne. Bref ils se chauffaient à l’espagnole et se caressaient l’angoulême, ces rodomonts, ces Ramasse-ton-bras, ces dépuceleurs de nourrices !

Ils lui répondirent «Niet !».

***

Ce bon roi était franc comme l’osier et dans cette situation où il apparaissait roulé comme un soleil d’hiver, il lâcha la bonde :

- Jamais je ne fus tant étourdi du bateau ! Ah je suis bien entouré ! Des vendeurs d’épinards sauvages ! Des « Prend-à-gauche toute ! L’autre gauche ! » Des goulafres ! Mais je n’irai pas à travers choux pour ma part. Pas de ça Lisette ! Pas question de jouer de l’épée à deux talons, de faire un trou à la lune ! Je vais la prendre avec les dents !

Il s’en alla trouver le dépanneur du coin, un nommé Larchevêque. Il tenait boutique à l’enseigne de « Crois Robert, c’est un expert ! »

Après avoir encaissé une palanquée de « Tranquille Emile, c’est trop facile », de « À l’aise Blaise on t’le dépèce » et de « Cool Raoul j’lâche le pitbull » le souverain eut droit à sa solution miracle : « Laissez faire Georges, c’est un homme d’âge ! ».

Et de fait Larchevêque semblait de taille à tirer de l’huile d’un mur.

***

Il nous faut faire à présent un détour par les appartements de la princesse.

- Il y a de l’oignon ! s’énervait-elle.

La princesse était toute épaplourdie. Que dans cette version-ci aussi on passât sous silence les exigences sexuelles de la bête, cela l’avait ébarnouflée puis lui avait mis le cœur sur les lèvres. Mais comme à cette époque-là on demandait aux filles de garder les manteaux ou de compter les clous d’une porte, que pouvait-elle faire d’autre que bâtir des châteaux en Asie, rêver d’un hashtag #Superwomanbatledragon, se pimprelocher devant le miroir et rêver qu’un bel homme vînt lui déclamer : « Ma mignonne, ma mie, ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle …» tandis que les ans filaient ?

***

Et donc Larchevêque envoya Georges pour faire rendre gorge au souffleur de la forge.

Le chevalier Georges avait la mine renfrognée d’un soupe-tout-seul, la tête d’un vendeur de vache foireuse : il ne riait jamais.

Il était logé chez Guillot le songeur. Pour un peu c’eût pu être aux petites maisons, c’est à dire qu’il avait un grain, des visions, des rêves. Mais comme il avait la force virile et la science des armes de poing, il était devenu mercenaire mystique, ce qui lui permettait de concilier ses deux extrêmes et d’avoir un rôle social à jouer dans les récits d’édification religieuse de l’époque.

Il avait donc été recruté par un endormeur de mulots de la Sainte Eglise et de la pire espèce, un grand architecte de fourbes qui prenait des airs penchés. Depuis il voyait vaches noires en bois brûlé ! Il avait ses rats, ses hannetons sous le chapeau, qui lui faisaient croire qu’à force de combattre l’hérétique de façon hiératique il deviendrait saint !

Le combat eut lieu et il fut tout sauf silencieux :

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- Tu ne fais que de l’eau claire, mon joli !
- Tu prends ton nez pour tes fesses !
- Je te promets que tu vas rire du bout des dents et même ne plus rire du tout d’ici peu !
- Tu chantes Guillemette, jeune homme !
- Ris t’en Jean ! On t’frit des œufs !
- Ferme ta boîte à camembert ! Tu l’ouvriras pour le dessert !
- Sur quelle herbe as-tu marché ?
- Tiens prends ce cataplasme de Venise ! Et une giroflée à cinq doigts, une !
- Garde ton onguent de miton-mitaine ! Tu me canules !
- Adieu la voiture ! Patatras Monsieur de Nevers ! Passez muscade ! Va te coucher, Basile, tu sens la fièvre !
- Ah qu’est-ce qui se passe ? Le marchand de sable est passé ! Le petit bonhomme me prend ! Je m’endors ! Je me meurs ! Tu vas me le payer Aglaé ! Je n’ai plus d’encre au cornet ! Je vois des anges violets !

Bourouloulou ! Quel choc ! Quelle tempête quand le chevalier frappe la bête avec la clé de l’autre monde, son épée Ascalon ! Et bientôt, c’est cuit de jeudi pour l’animal à quatre pattes !

- Nous mangerons du boudin, la grosse bête est par terre ! O notre bon roi, le dirons-je ? Ça fait hideur quand on y songe !

***

Il est bien évident que dans cette version-ci la rose qui naquit dans le sang du dragon fut de la variété « Cuisse de nymphe émue » !

Cela ne donna pas pour autant l’idée au bon chevalier Georges d’aller désennuyer la petite princesse. Enfin, bon, les personnages font ce qu’ils veulent ! Comme on disait jadis, les volontés sont libres !

Kiki carabi mon histoire est finie pour aujourd’hui !

Inspiré par le très recommandable livre de dame Catherine Guennec . - A Trillebardou chez Jean Guillemette. - Paris : First editions, 2019.

 

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24 août 2019

Défi #574

Courage, c'est la dernière !

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24 août 2019

Ont mis le nez à la lucarne

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24 août 2019

El sindg èst al bawète, i fera bô dmin (Walrus)


C'est ainsi qu'on salue une personne se trouvant à une fenêtre dans ma  région natale.

Vous n'avez pas compris ? Je pourrais vous dire de demander à Madame Chapeau, elle vous traduirait ça les doigts dans le nez ! Mais pour les quelques rares personnes qui pourraient ne pas y être arrivées toutes seules (donc sans doute pour personne), je traduis : "Le singe est à la lucarne, il fera beau demain".

N'allez pas jusqu'à me demander ce qui lie la constatation à la prédiction, ma sagacité a des limites !

Le singe en question (sur la photo sujet) est ma fille au prénom gallois, quand elle arborait encore sa toison flamboyante.

La photo a été prise dans l'église de Blythburgh

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Une église énorme pour un patelin plutôt petit (≈ 300 âmes, hameaux compris).

Quoi ? Vous ne voyez pas bien le côté flamboyant ? Qu'importe, j'ai une autre photo de la même époque :

Maltings

Ouais, c'est un peu flou, on ne peut pas tout avoir, hein, c'est une vieille dia...

24 août 2019

Le petit garçon par bongopinot

Blythburgh

 

Elle aime visiter église et chapelle

Pour retrouver un peu de paix de fraîcheur

Elle reste un moment devant l’autel

Admirant toutes ces lueurs

 

Son petit garçon solitaire

Regarde lui par une lucarne

Et ça à l’air de lui plaire

Son regard se porte sur sa mère

 

Lui aussi apprécie les vitraux

Les statues si blanches

Les bougies formant des halos

Une main sur sa tête l’autre sur sa hanche

 

Il s’imagine dans dix ans

Il sera un grand aventurier

Ses cheveux bouclés dans le vent

Par monts et par vaux parcourant les sentiers

 

Inspectant les monuments

Travaillant pour survivre

Ici et là toujours en mouvement

Mais pour l’instant il parcourt ses livres

 

Il est encore trop jeune pour partir

Mais il sait que son jour viendra

Il est quand-même pressé de grandir

Néanmoins pas de problème il patientera

 

24 août 2019

La tête (Venise)

 

Tu vois la preuve est là

 

Les chrétiens sont des coupeurs de têtes.

Qu’est ce que tu racontes. ?

 

Oui ! depuis des siècles ils abattent les têtes qui n’opinent pas du chef.

La tête de cette enfant en est la preuve irréfutable.

Tu fais preuve d'un art consommé de la rhétorique, mais cela t’amènera à un internement psychiatrique crois moi !!

 Sais-tu ce que disait Platon : « L'opinion se situe à mi-chemin entre le savoir et l'ignorance.

 

Regarde !! le visage a bougé furtivement.

Ça va mieux maintenant.

Pas vraiment, assieds-toi,   ici on ne ferme jamais .

Rappelle-toi ce que disait Winston Churchill : “Un fanatique est quelqu'un qui ne veut pas changer d'avis et qui ne veut pas changer de sujet”

Bien peut-on continuer notre visite ?

Oui à condition que je puisse fumer une clope.

Je fume pour ne pas m’envoler au septième ciel .

 

24 août 2019

Voir le Monde (Minuitdixhuit)

 

  C’est de là que je peux voir le Monde.

  Il ne lève pas souvent le nez, toujours à fixer la pointe de ses chaussures ou à fermer les yeux bien fort, parce que sans doute qu’en priant bien fort, il vaut mieux qu’il garde les yeux clos, des fois qu’il apperçoive la vanité et la vacuité de ses jérémiades adressées au ciel.

  Moi, Maline, je préfère me tapir dans ce haut de l’église qui est déjà un peu plus près de ce ciel qui ne m’attend pas, mais qui n’a pas l’air d’attendre grand monde de ce beau Monde prosterné.

  Il y a la Bigote qui boit le Diacre qui boit le Curé qui boit l’Évêque qui boit le Pape qui boit le Saint-Esprit qui boit Dieu et bien sûr, Dieu rince son verre sans avoir besoin de vénérer personne pour cause de hiérarchie sommitale et j’ai bien compris que c’est à lui qu’il faut s’adresser, ou même à pas s’adresser du tout, parce que ça, Grand-Mère me l’a appris :

—   Pense avec ton cœur, Maline, pas avec les boniments des montreurs de médailles miraculeuses.

  Grand-Mère, elle n’y croit plus trop aux miracles, depuis que son premier a été emporté par la tuberculose, son second tombé sur le front des Flandres, il ne lui est resté que ce petit-là que les cochons n’ont pas voulu manger, pas très vaillant, pas très malin, mais c’est son fils et c’est mon Père, ça m’a permis d’être et je sais que Grand-Mère est, pour si peu de ça, heureuse. Il lui a donné sa préférée : moi.

  Bien sûr, c’était pas compliqué, sans frères ni sœurs je suis la seule rescapée de cette famille de vivants-morts, Grand-Père parti dans la boîte en bois, Maman dans la belle maison où on va la voir tous les Dimanches, avec Papa et son bouquet de fleurs et on la retrouve dans le grand parc :

—   Mais qu’elle est jolie cette petite fille, mais comment s’appelle-t-elle, Monsieur ? Et ces fleurs ! Vous êtes aimable, Monsieur, si seulement mon mari venait me voir de temps en temps avec un si joli bouquet, vous savez, je suis mariée, mais bien sûr… Les hommes… Vous, vous n’êtes pas comme eux, hier aussi, un Monsieur est venu, mais sa fille et ses fleurs étaient épouvantablement laides, pas comme celles-ci… Mais qu’elle est jolie cette petite fille, mais comment s’appelle-t-elle, Monsieur ?

  Papa, il est jardinier, alors les fleurs c’est son métier, heureusement, parce qu’elles sont apaisantes pour lui et pour Maman, et gratuites. Avec tout ce qu’il lui offre comme fleurs, il y a longtemps qu’il n’aurait plus les moyens de revenir saoul du café. Il est gentil, triste, mais gentil. Il s’assoit à la table de la cuisine, moi, j’ai fait de la soupe aux pâtes, c’est facile à faire et c’est la seule chose que je sais faire, alors je le regarde qui mange et qui pleure. Papa, il ne sait faire que trois choses, bêcher les jardins, pleurer Maman et boire sa soupe de peine. Mais ce sont les mêmes trois choses.

  Alors moi, Maline, je préfère me tapir dans ce coin d’église qui est déjà un peu plus près de ce ciel qui ne m’attend pas, mais qui n’a pas l’air d’attendre grand monde de ce Monde.

   Je ne suis pas bien grande, mais, si c’est Dieu qui a décidé de tout ça, je crois que je peux faire un peu mieux, sans me vanter.

 

24 août 2019

Romane d'apprentissage : Épisode sept instone (joye)

Non, ce n’est pas chaque femme qui peut vivre une telle vie : veuve d’un artiste et d’un restaurateur, chapelière et star, amante d’un faux-curé et d’un vrai-bossu ! Et tout cela dans l’espace de six semaines…

…normal alors que je cherche un peu de répit en faisant des études.

Je m’inscris alors au programme docte et oral à l’Université des Sciences métaphysiques en Californie sur le campus à Dubrovnik, Pas-en-Californie.

Là-bas, mon prof préféré, un grand Irlandais qui s’appelait Phil O’Saufy était un amour. 

Après tout, c’est quoi la philosophie sinon l’amour du savoir, comme disait ma tante Kafère ?

Et qu’est-ce qu’il savait ! Ce fut bien mon Phil qui m’apprit la magie. Voyez-vous, ce n’était pas sorcier.

Je publiai plusieurs sortilèges aussi (disponibles pour 25 euros chacun chez Amazone e-bouquins), dont je vous livre un extrait gratos icitte :

Lorem ipsum dolor sit amet, mel putent maiestatis an. Duis labores te sit, pro hinc pertinax appellantur ut, cu discere dignissim mnesarchum nam. No everti docendi menandri quo. Iracundia comprehensam ne his, utinam officiis convenire vix ea. Te nam nibh audire vituperata, duo et maiorum torquatos. 1

Oui, je sais, impressionnant, n'est-ce pas ? Et ça se prononce exactement comme c'est écrit. Je vous en prie.

Vous n'allez pas le croire, peut-être, mais avant la fin de mon cursus, je sus mettre la tête d’un enfant au milieu d’un mur, en murmurant  !124433339

Malheureusement, j’eus mes diplômes seulement avec mention assez bien, parce que je ne pus jamais remplacer cette stupide tête en plâtre avec la tête de l’enfant vivant. Je dis à mon comité que cela ne fut pas mon intention, mais ils choisirent méchamment de ne pas me croire. Est-ce de ma faute qu'ils sont tous maintenant des crapauds ?

Bon, à la semaine prochaine pour la fin scintillante de ma saga estivale.

Oscula magna acadabracantim,

Romane.

1D’Aprentissage, Romane. Sortilèges qui marchent super bien. Université de Métaphysique à Dubrovnik, 2019. eBooks en vente (Amazone).

24 août 2019

Tu t'es vu quand t'as bu? (Adrienne)

 

- Là! là il y a une tête!

Le pépé pointe sa canne vers le haut du mur.

- Ben oui, dit le fils en haussant les épaules, c'est des sculptures, il y en a partout dans cette église.

- Mais non, non, s'énerve le pépé, là! là! une tête qui bouge!

- Faudra arrêter de picoler, pépé, rigole le fils, ça ne te vaut rien, le Vosne-Romanée.

Dans la galerie supérieure qui fait le tour de la nef, Camille darde un regard qu'elle veut sérieux et menaçant à faire peur, chaque fois que le vieil homme lève la tête, puis disparaît à nouveau sans être vue des autres. Ça l'amuse toujours beaucoup de faire ce genre de blague aux touristes.

- Mais enfin! là, je vous dis! une tête rousse!

- Ah! pépé, ça suffit, s'exclament maintenant les uns et les autres, excédés. Et mémé ajoute, en marmonnant:

- Il est rond comme un boulon.

Alors, pour le punir d'avoir des visions sous l'effet de l'alcool, il est privé de vin pendant toute la suite du voyage en Bourgogne.

 

24 août 2019

Il eût suffi (Kate)


Il eût suffi

Que Louis Denis

Mit sa face

À la surface

Pour nous faire une farce

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Il eût suffi

Que le bruit

Du présent

Soit rattrapé par le temps

Du passé et des grands absents

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Il eût suffi

D'un simple petit

Déclic magique

Pour que le loustic

Devint soudain

Connu du public

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Photos faites par l'auteur sur internet, août 2019 ; l'auteur n'ayant actuellement pas la possibilité de se rendre à Vulcania, d'accéder au DVD des Visiteurs, de disposer du livre sur Woodstock et n'ayant pas non plus la force suffisante de recopier la conjugaison du verbe suffire 

suffire31 2

 

24 août 2019

Confesse (Vegas sur sarthe)


Si j'aurais su j'aurais pas v'nu
je ne serais pas monté là
échelle et tout le tralala
au risque de déconvenues

On m'avait promis du spectacle
du spirituel et du mystique
au prix d'efforts acrobatiques
pour entrevoir le tabernacle

Au lieu de ça, pauvre de moi !
je vois la bonne du curé
agenouillée, transfigurée
son arrière-train en émoi

On croirait qu'elle est à confesse
rien que ce mot me fait rougir
de mon perchoir j'entends rugir
le jeune vicaire qui professe

De génuflexions en courbettes
la pénitence s'éternise
Faut-il avouer des bêtises
pour être châtiée en levrette

Elle clame sa repentance
implore ses saints, ses grands dieux
son tourmenteur a l'air radieux
d'avoir appliqué la sentence

Sur mon perchoir j'ai trébuché
je suis dénoncé, découvert
chacun remballe l'éventaire
et je me vois sur le bûcher

J'ai déguerpi … mea-culpa
ça m'a coûté deux malabars
mais le spectacle était jobard
même si on ne me croit pas

24 août 2019

En haut du Triforium (Lecrilibriste)

 

Mais quelle est cette petite frimousse espiègle d' ange qui apparaît soudain dans une ogive sculptée du triforium, à côté du visage de pierre du grand Saint Louis ?

Bien sûr, c'est Louisette ! Qui voulez-vous que ce soit ?

Avec ses jambes toutes neuves de 10 ans, toujours avide de découvrir le monde, elle a grimpé à toute vitesse dans le noir la volée de marches en colimaçon, devant ses parents qui montent à un rythme plus lent et le sculpteur ami qui leur fait visiter le triforium de l'abbaye qu'il restaure actuellement.

Attend nous, Louisette crie maman  ! Attention  Louisette ! Crie le sculpteur, attend s'il te plaît et surtout ne te penche pas …

Mais Louisette ne bouge plus. Elle reste plantée immobile, scotchée devant ce qu'elle découvre de derrière son ogive.

Comme c'est drôle de regarder d'en haut ce qui est en bas. Les choses ne sont plus pareilles !

On ne les voit plus de la même manière.

Quand elle était en bas, les colonnes lui semblaient immenses … au moins 20 fois plus grandes qu'elles. D'ici, elle les découvre autrement en plongeant son regard dans la nef , elle voit tous les détails. Elle est à côté des feuilles d'acanthe en relief qui s'enroulent autour de chaque chapiteau de colonne. Elle pourrait presque les toucher.

Elle regarde fascinée la vaste nef , les colonnes de pierre qui soutiennent le ciel de voûte et les visages sculptés des personnages qui l'entourent juste à son niveau. C'est bizarre, Il y a même des diables...Le plafond bleu étoilé d 'or ressemble au paradis. Et surtout, surtout, les vitraux, éclairés par le soleil envoient des taches de toutes les couleurs sur les murs, sur les bancs, les chaises, sur l'autel et sur les dalles de pierre, partout, dans tous les coins . C'est beau toute ces éclats de lumière colorée.

Les adultes l'ont rejointe dans la galerie du triforium creusée en haut du mur de chaque côté de la nef. Le sculpteur explique, raconte l'histoire de l'abbaye. Il fait remarquer les graffitis qui sont inscrits dans le mur du triforium. Il explique que ce sont les ouvriers qui ont travaillé à ériger l'abbaye . Ils ont signé ainsi leur travail pour laisser leur trace, laisser quelque chose d'eux aux générations futures.

Louisette impressionnée avance maintenant avec précaution et en file indienne dans l'étroitesse de la galerie du triforium .. . On est si haut ici.

Elle regarde, elle écoute …. Chacun admire, touche la pierre, détaille les sculptures vues de près . Le sculpteur fait remarquer… la précision du ciseau sur l'aile de l'ange, sur sa main qui tient la flûte, sur le doigt qui tient la note jusqu'au son pur...

Louisette regarde, écoute … Elle entend la musique de l'ange...

 

24 août 2019

La curieuse (Laura)

 

Cette petite fille m'a fait penser à un petit personnage que j'ai dans ma bibliothèque que la personne qui me l'a offert a qualifié de "curieux." Cette petite fille curieuse me fait penser à moi  : ma curiosité insatiable ne me laisse guère de repos. Le jour du retour de vacances, je nous ai fait  faire six kilomètres à pied pour voir l'endroit où je pourrais mieux sentir la présence de Nerval il y a presque deux siècles. C'est souvent que je cherche le paysage que j'ai lu dans un livre ou vu dans un tableau. Parfois, c'est le tableau qui représente un endroit vu que je cherche et pour ça, je parcours la France, l'Europe et le monde. La curiosité, un vilain défaut? Je préfère penser que ceux qui passent mille fois pendant des années  près d'un lieu sans avoir envie de le voir de plus près ont du sang du navet dans les veines.

 

17 août 2019

Défi #573

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17 août 2019

Ont suivi la ligne

17 août 2019

Saint-Sulpice (bongopinot)

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En balade

Vacance oblige

je dirige

Ma promenade

 

Vers un monument asymétrique

Et comme j’aime visiter les églises

Souvent magistrales et grandioses

J’y rentre et découvre un obélisque

 

C’est à Paris que je le trouve

A l’église de Saint-Sulpice

Sous de bien beau auspice

Et cette photo le prouve

 

C’est un élément insolite

Un moyen ancien de savoir

Un simple outil de mesure

Sur le temps qui nous hante

 

L’image du soleil s’y projette chaque jour

Et tous les jours elle change de place

Marquant ainsi les saisons les solstices

C’est un calendrier naturel de bonjours

 

17 août 2019

Il est passé par ici... (maryline18)

 

Parfois, dans le coeur de nos enfants se cachent des monstres...

Oh, avec vos yeux bienveillants de mamans, vous ne pouvez pas les voir... Il est inutile d'avoir des remords, des culpabilités.

Je me demande pourquoi ce monstre a abîmé son coeur ; j'y avais mis tellement d'amour protecteur...De plus, pour être sûr qu'il ne lui arrive rien, pour le protéger de maux invisibles, imaginaires, le prêtre l'avait baptisé, dans la grande église. Moi, je n'y croyais pas trop au pouvoir de ce p'tit monde au ciel, mais bon, tout le monde dormait sur ses deux oreilles après ça.

Parfois, dans le coeur de nos enfants, se cachent des monstres...

Le monstre n'est pas "lui", mais "en lui", et donc un jour il en ressortira. Si vous saviez comme cette pensée me réconforte.

...Surtout, ne pas penser, ne pas s'arrêter, ne pas repartir en arrière...VIVRE et attendre qu'il remballe son mépris et s'en aille. Ne pas donner d'eau au moulin de sa méchanceté, juste attendre qu'il soit à cours d'arguments et parte.

...Il tente d'étouffer les bons moments passés, c'est normal, il fait son travail de saleté de monstre. Je le déteste. Moi je sais bien tout ce que tu aimais : ton histoire préférée c'était Boucle d'Or, tu adorais mes "moka" avec les crottes de toutes les couleurs au dessus, tu aimais nos balades en vélo, nos après-midi bricolages, nos sorties au parc ou à la piscine.

Plus tard, tu attendais comme moi ces week-end où on se racontait tout, où on rigolait pour rien, comme deux ados...Il y avait les gares, les billets qu'il fallait composter, les vélos qui montaient les marches aussi vite que nous pour arriver sur le bon quai. Et puis on faisait les courses et je t'offrais les plus beaux fruits comme les trophés de ma toute neuve indépendance...

Quand tu étais rentré, le dimanche, souvent je n'avais pas le courage d'attendre seule le train du retour alors je pédalais, pédalais. J'économisais le prix du billet. Où allais-je chercher toute mon énergie ! Pour que tu sois fier de moi, je ne pouvais pas baisser les bras alors je fonçais vers mes quatre murs de liberté tandis que mes larmes coulaient... Un week-end c'était si vite passé ! Je retournais à mes privations pour bientôt revenir te chercher et te voir rire encore !

Quand le monstre s'en ira, je te raconterai et tu m'écouteras...peu-être. Il est passé par ici, il repassera par là !

 

17 août 2019

Chenille Music Express (Minuitdixhuit)

 

  Jojo avait dit :

—   C’est quoi ? Un ballon en or sur une fusée Atlas ? Ça, j’en crois pas mes yeux, waouh, c’est la classe !

  Moi, j’avais la honte parce que les USA avaient gagné la Coupe du Monde Féminine de Foot et que, naturellement, j’étais pour la France et ça me plaisait qu’à moitié d’être un peu inférieur à Jojo, malgré notre âge. On avait 22 ans à tous les deux, et moi 11 et quart… Donc…

  Jojo, ce qui me sauvait, c’était son accent, ça faisait marrer mes copains.

—   Eh, la fille, elle mâche tout le temps et elle sait même pas dire cheuvaingume comme tout le monde.

  Elle était meilleure en Français que la plupart au village mais elle avait parfois besoin d’un interprète.

  Je l’aurais bien défendue aussi, mais elle était assez balaize pour ça, plus que moi, et c’est elle qui avait filé un pain dans la tronche à Gros Bernard, pas moi, et ça il l’avait pas vu venir, mais bien cherché, à toujours se moquer d’elle.

  Le GB, il avait la haine de s’être fait ponché par une gamine épaisse comme une affiche alors il faisait genre amnésie et je me suis accusé à la place de Jojo. Parce que c’est comme ça qu’on devait faire m’avait expliqué Grand-Mère, Allons ! Nous les Enfants de la Patrie. C’était la grandeur de notre nation, nos bras vengeurs pour protéger les filles et les compagnes, la veuve et l’orpheline.

  Jojo, elle s’en fichait, elle était pas orpheline, mais Américaine, c’est tout comme, expliquait Papa qui écoutait souvent la radio.

—   Ces gens-là, ils n’ont pas de passé, comme qui dirait, pas de parents, c’est pour ça qu’il faut pas leur en vouloir, ils n’ont pas eu de la bonne éducation ancestrale, comme toi, mon garçon.

  Moi, j’en étais pas si sûr, mais je voulais pas me faire disputer.

  Elle était en vacances de par chez nous, moi aussi, mais moi, de par chez moi. Comme répétait souvent Papa,

—   Quand on a ce qu’on a, c’est pas la peine d’aller se chercher des Amériques ailleurs.

  Et Maman, qui était de bien plus loin que le bourg d’à côté, levait les yeux au ciel.

  J’avais accompagné Jojo à l’église du village, elle me l’avait demandé, parce que jouer aux covebois et aux Indiens, ça l’intéressait moyen et moi aussi. Elle m’avait murmuré :

—   C’est des trucs bizarres qui s’y passent, il paraît.

  Moi, j’étais pas au courant, alors j’avais confirmé :

—   Oui, vachement bizarres.

  Elle m’avait regardé… bizarrement…

—   Des trucs avec des vaches ?

  J’étais assez content. C’était la première fois que je parvenais à la surprendre.

  Bon, finalement, la fusée au ballon Coupe du Monde lui avait fait penser à autre chose et c’était mieux ainsi qu’une sordide histoire de vaches et j’étais rudement rassuré.

  Alors, le soir, à la fête au village, comme Papa m’avait donné 5 Francs, on était monté dans une voiture de la Chenille Music Express, celle qui accélère et se couvre d’une bâche verte au bout du troisième tour et qui inquiète les parents parce qu’en dessous, il s’y passe des trucs bizarres, paraît-il.

  Et au bout du troisième tour, sous la toile, Joye m’avait embrassé comme jamais j’ai encore oublié. Pas un baiser de Grand-Mère, mais comme elle m’avait dit après :

—   À la Française, Béééïbi !

  Ça devait être une coutume ancestrale Américaine.

  Et de toutes ces vacances, j’ai jamais recraché son cheuvaingume.

 

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