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Le défi du samedi

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12 octobre 2019

Ça fait vroom ou plutôt braoum ? (Vegas sur sarthe)


Ce matin-là je peaufinais mon tiercé dominical quand Germaine est rentrée du Mammouth et m'a jeté à la tête les clés de la Simca 1000 en déclarant : »Elle se traîne ta caisse... ça doit être la soupape »
« Comment ça elle se traîne ? T'as desserré le frein à main au moins ? »
Germaine fronça les sourcils en grattant son chignon choucroute – sa façon à elle de se concentrer – pour confirmer : « C'est un veau, j'te dis. Sabrina affirme que c'est la soupape »
« Qu'est-ce qu'elle y connaît en bagnoles ta copine Sabrina ? »
« Elle en connaît un rayon justement. Elle a déjà dézingué 3 bagnoles à son mec »
Je me concerte pour choisir une explication parmi les 15 qui se bousculent dans mon esprit bricoleur : « T'aurais pas mis du gazole par hasard ? »
Germaine s'empourpre : » Je fais gaffe aux prix mais pas à ce point là. Tu m'prends pour qui ?»
« J'te prends pour une qui l'a fait le mois dernier et qui m'a coûté une purge de réservoir à cinquante balles ! »
Germaine s'entête : »Si Sabrina dit que c'est la soupape, c'est que c'est la soupape … passe que moi, je sais même pas à quoi ça ressemble une soupape de Simca 1000 »
Pas facile mais je vais devoir faire un peu de pédagogie tout en ménageant sa susceptibilité : «Une soupape c'est … comme ta bouche, Germaine ; ça s'ouvre et ça se ferme environ 2500 fois par minute»
Elle acquiesce : »Je comprends pourquoi elle fait autant de bruit »
Le Tiercé Magazine m'en tombe des mains : « Du bruit ? Quel bruit fait ma Simca 1000 ? »
« Ben … du barouf, quoi »
J'ai besoin de précisions pour affiner mon diagnostic : »Ca fait plutôt vroom ou plutôt braoum ? »
« Je sais pas moi, p't'être que ça fait les deux »
« J'ai besoin de savoir, Germaine. Si ça fait vroom c'est une soupape d'admission mais si ça fait braoum c'est une soupape d'échappement »
Germaine ouvre de grands yeux : » Passe qu'y a plusieurs soupapes ? »
« Oui Madame ! Il y a 2 soupapes par cylindre et 4 cylindres … je te laisse le soin de faire le calcul »
Germaine calcule : »Ca fait un joli tas de soupapes. Tu crois qu'elles sont toutes mortes ? »

J'essaie de minimiser l'hécatombe : »A moins que ça soit l'arbre à came »
Germaine en tombe sur le cul : »Y a un arbre à came aussi ? J'comprends maintenant pourquoi y a une odeur zarbi et que ta caisse marche de travers qu'on dirait Sabrina en fin de soirée »
Je préfère ne pas répondre à ça ; j'enchaîne : « T'as regardé si ça faisait de la mayonnaise dans le liquide de refroidissement ? »
Germaine farfouille dans son cabas, extirpe sa liste de courses : »Merde ! J'ai oublié la mayo ... »
(Soupir)
Je ne sais plus qui a dit « Le divorce est la soupape de sûreté de la chaudière conjugale » mais je trouve ça très approprié à la situation du moment.
 
Je vais en être quitte pour faire vérifier les bougies, sans doute les culbuteurs, peut-être même le joint de culasse !
J'explose : »Bordel ! Germaine … une Simca 1000 de 1975 … notre année de mariage … ça ne peut pas se terminer comme ça ! »
Avec la veine qu'on a en ce moment, sûr qu'il va falloir déculasser.
Je conclus: »T'es fière de toi ? On n'a plus qu'à déculasser ! »
Au bord des larmes, Germaine me lance un regard de chien battu : «Déculasser ? Bichon, tu peux m'engueuler mais t'as pas l'droit d'être impoli comme ça»
Je bouillonne : »Déculasser, c'est pas gros mot. S'agit juste de retirer le cache culbuteur et de … »
Je sens du vague à l'âme dans son regard, Germaine minaude : »C'est vrai que tu m'y as culbutée pour la première fois en 75 mon bichon »
Elle ne ferait pas de l'auto-allumage ? Je parle de la bagnole, pas de Germaine.

Pas envie qu'elle m'appelle bichon.
Pas envie de culbute.
Pas envie des conseils avisés de Sabrina.
Juste besoin d'un devis, rapidement ...

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12 octobre 2019

Question existentielle (Joe Krapov)

Est-ce que les PAPOUES ont besoin d'une SOUPAPE ?

 

12 octobre 2019

Je me souviens (Adrienne)

 

La mère de l'Adrienne a deux casseroles à pression. C'est ainsi qu'on les appelle en Belgique. Et oui, vous avez bien lu :
1° qu'on peut en parler au présent parce que ces machins, malgré l'emploi intensif qui en a été fait, sont indestructibles
2° qu'il y en a deux, une énorme pour la soupe de la semaine et une de taille 'normale' utilisée quotidiennement pour les pommes de terre, le stoemp ou les viandes qui nécessitent une cuisson longue, comme le pot-au-feu.

Ce qui avait convaincu la mère de l'Adrienne, c'était le double argument de vente de ses deux 'Miss Mary': un temps de cuisson nettement plus court et des vitamines ou sels minéraux mieux conservés.

Win-win, comme on dit aujourd'hui.

Mais sur le goût de ces patates sorties de la Miss Mary, on ne disait rien...

Mini-Adrienne détestait les 'Miss Mary', non seulement parce que tout ce qui en sortait avait à peu près la même qualité gustative, mais surtout pour leur côté bruyant et effrayant.

Leurs "pschitt pschitt' remplissaient la cuisine de bruit et de vapeur et au moment du 'jaillissement' final, le père était prié d'aller au plus vite porter la chose dehors, pour que le plus gros jet de vapeur s'éparpille dans la nature au lieu de remplir la cuisine.
Qui pourtant faisait quatre mètres sur quatre et avait une hotte aspirante.

Enfin, la touche finale: mini-Adrienne, qui devait essuyer la vaisselle, a failli mille fois se démettre l'épaule ou se casser le dos à soulever un de ces engins.
Qui en plus n'étaient pas faciles à essuyer parce qu'à cause du rebord, l'eau ne s'en égouttait pas.

Aujourd'hui, la mère de l'Adrienne n'utilise plus ses Miss Mary: elle a découvert le micro-ondes, c'est encore plus rapide :-)

Mais elles sont toujours en état de nuire: elles dorment à la cave.

 

 

12 octobre 2019

Ma(es) soupape(s) (Laura)

 

Danser comme une folle en guise de soupape de sécurité

C'est ma soupape d'avoir une tripotée de livres lus ou à lire

Lire des polars effroyables où  flotte le soupçon sans cesse

Manger des moules, de la viande crue, une pomme par jour

C'est ma soupape de t'aimer jour après jour, heure après heure

Faire l'amour avec toi, à la vie et niquer la mort, c'est ma soupape

Chanter, pleurer pour éviter de crier, écrire le plaisir, la peur

Ce sont mes soupapes

 

 

 

12 octobre 2019

Catéchisme du samedi (joye)

andré vingt-trois

André Vingt-Trois, qui se met souvent sur son trente et un, surtout le dimanche, est la soupape de Paris. Sa mère était Claudia Cardinale. Son papa, Dieuléflic, est l’arrière-petit-fils d’Hélène de Trois. C’est elle à qui nous devons la citation « Paris ne vaut pas une messe, mais peut-être Maine-et-Las, et l’on verra ».

Avant de devenir soupape, Vingt-Trois était l’Archeduchesse à Pont-Évêque, ne fût-ce Archevecque à Pont-Duchesse, on confond souvent ces deux lieux. Avant cela, il passait à Tours, près de Rond-de-Jambes.  Houlà, ces toponymes sont bien mon calvaire !

La soupape Vingt-Trois est contre le mariage homosexuel. Peut-être parce que son petit Jésus ne s’est jamais marié, ou peut-être juste parce qu’il est mesquin (la soupape Vingt-Trois, pas Jésus), qui peut bien le savoir, mais, en tout cas, il dit que ce n’est pas très catholique, toussa.

Maintenant vous savez tout sur la soupape de Paris. Pour votre gouverne, sachez que Francis est le pape et que Dieu est le surpape. Sauf chez les fidèles d’Islam, où monsieur Akbar est le chef. Voilà pourquoi eux ils font tout à la Akbar.

Petite à part grammaticale : on ne sait pas exactement pourquoi on dit LA soupape, étant donné que c’est LE pape auquel il est sous. Encore un mystère !

Petite à part d'à part de vocabulaire : On ne dit pas Mystère à une soupape. On dit « Votre Oiliness ». En anglais au moinsse.

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12 octobre 2019

P’tit Chose (Pascal)


Les autres, les autres, ils m’appellent le « P’tit » ou bien « La Chose », comme si je n’étais rien qu’une simple entité négligeable, une petite poussière que la nature a malencontreusement laissée pousser…

« Hé, le P’tit, va me chercher un marteau !... ». J’ai douze ans, je travaille à la distillerie de Jack Paniel, à Lynchburg, dans le Tennessee. J’y travaille jour et nuit ; il paraît que je suis né dans une de ces baraques, là-bas, dévolues aux servantes de la grande maison.
Ma mère, je ne l’ai pas connue et, mon père, il paraît que c’est un des métayers ou bien, c’est ce Jack Paniel lui-même. Je suis un bâtard, comme ils disent, en se moquant…     

« La Chose !... T’as pas encore fini de balayer la cour ?... Accélère le mouvement ou tu vas prendre mon pied au cul !... ». Corvéable à souhait, je ne suis jamais sorti de la propriété ; je ne sais rien de ce qui se passe en dehors de la clôture ; je ne suis jamais allé à l’école. Pourtant, j’ai vite appris la faim, les coups de fouet, les punitions et l’enfermement de fond de cachot…  

« Le P’tit, va chercher du bois !... Il faut que ça bouille !... ». Le patron, quand il est saoul de son whiskey, il me réclame, il me veut sur ses genoux, il a des caresses que je ne comprends pas, il me bouscule ; alors, je m’enfuis et je me réfugie dans ma cachette secrète ; il lâche ses chiens dans la propriété, et tant pis pour moi s’ils me retrouvent…  

« La Chose ?!... C’est toi qui as renversé le seau ?!... ». Je travaille à l’alambic ; je roule les tonneaux, j’astique les cuivres, je surveille la pression, et gare à moi si je m’endors devant le manomètre que le patron a acheté à prix d’or. La nuit, je ferme un œil mais je garde l’autre ouvert mais c’est le froid qui me réveille tous les matins. J’ai un petit chien, un bâtard, comme moi ; seul et abandonné, il était tout tremblant quand je l’ai mis sous ma chemise ; comme moi, il pleurait sa mère ; comme moi, il avait faim ; je l’ai recueilli, je l’ai soigné ; en le serrant contre mon cœur, je lui ai parlé de la maman qu’on n’a jamais eue avec des mots qui l’endormaient. Le soir, dans ma planque, je lui amène des bouts de pain et des restes de ma soupe. Dans le secret, je l’ai baptisé « P’tit Chose », comme moi…  

« Le P’tit ?... Ramène des bouteilles !... ». Dans son bel habit du dimanche, il paraît que le patron me cherche ; ils sont tous à ma poursuite pour satisfaire à ses caprices. Il était tellement saoul qu’il a basculé de son cheval ; alors, il l’a fait battre à mort. J’ai encore les hennissements désespérés de l’animal dans les oreilles ; s’il tombe sur mon « P’tit Chose », il l’écrasera d’un seul coup de botte…   

« La Chose ?!... La Chose ?!... Où es-tu encore planqué ?!... Nettoie la porte du condenseur et que ça brille !... ». Demain, le patron va faire visiter sa distillerie à tous les notables du comté ; avec un discours bien ronflant, il va pérorer devant son alambic, leur faire déguster son whiskey, leur vanter son poison. Il faut que tout soit prêt, que tout soit irréprochable. Enfin, avec mon P’tit Chose, libéré du joug de l’esclavage, on partira, on partira visiter le monde. Ne le dites à personne : sur l’alambic, j’ai coincé le gros ressort de la soupape…

12 octobre 2019

Le pape des soupapes (Kate)

 

Soupapes en escadrilles

Pour le desperado en espadrilles

Grand amateur de peccadilles

Fabuleux magicien de broutilles

Acocotte oui

Soupape aux soucis

Du quotidien et de leur tyrannie

Un sourire à défaut d'un rire

Un soupir

Pour échapper au pire

Un souvenir

D'un rêve où l'on n'en finit plus de dormir

Amac oui

Un souhait

Pour rendre la vie plus gaie

Inventeur

De génie

Bricoleur

Maudit qu'on bénit

Réinventeur

D'une porte... bonheur !

aporte oui bas

(Bonus : la signature soupape de Franquin !)

12 octobre 2019

La soupape  (Lecrilibriste)


À force d'être faussement sage
de s'exprimer au ralenti
pour éviter l'accrochage
toujours se montrer gentil
désamorcer l 'amorçage
que lui lance un abruti

Quand explose la soupape
Pardi ! ça décape !

À force d'ébullition
avec 100 chevaux vapeur
sans  limiteur de pression
pour le turbocompresseur
L'a beau avoir un blindage
naturel d'abnégation
l'naturel d'enfant pas sage
enfin reprend possession

Quand explose la soupape
Pardi !  ça décape !

Mais quand elle a explosé
cette soupape surcompressée
Il se retrouve épuisé
vidé de toutes ses scories
Il n'en dort pas de la nuit
Jimmy  l'est anéanti
Y-a-t-il un dragon en lui
qui soudain s'est affranchi

Quand explose la soupape
Pardi ! ça décape !

La soupape a explosé
il a pas pu l'arrêter
réagi en décalé
c'est bluffant de vérité
pas eu l'temps d'se dégonfler
Il a surmonté son trac
a relevé le défi
a terrassé l'ennemi

Quand explose la soupape
Tant pis ! ça décape !

5 octobre 2019

Défi #580

Relâchez la pression, voyons !

Soupape

 

5801

 

5 octobre 2019

Ont joué leur petit Gainsbourg

5 octobre 2019

Une belle amitié par bongopinot

b

 

Il vient d’une famille de bien

On est toujours restés copains

Et ça depuis la saint glinglin

Son petit côté décalé de rupin

 

Fait que je me moque un brin

Mais ensemble sur les chemins

On partage nos joies nos chagrins

Peu importe le futur le destin

 

L’amitié nous réussit si bien

On l’a écrit sur un parchemin

C’était un mercredi au petit matin

Et on écrira bien d’autres demain

 

Avec nos mots pleins et sereins

On garde le cœur sur la main

Et la tendresse d’un air malin

Sifflant dans les sapins

 

Face à la mer et à l’air marin

On continue de tisser le lien

Comme lorsqu’on était gamins

Car un amour vrai n’est jamais vain

 

5 octobre 2019

Confusion mentale (Walrus)

 

Je ne me suis pas laissé démonter quand une amie m'a demandé "Comment vas-tu t'y prendre avec Rupin ?"

J'ai répondu "Pas la moindre idée, il nous reste six jours, je ne travaille que poussé par l'urgence !"

Mais j'ai quand même ajouté "J'associerais bien rupin et Rutebeuf..."

C'est maintenant que je suis au pied du mur que je m'aperçois de mon erreur : j'avais associé Rutebeuf (vous savez bien : "Que sont mes amis devenus, que j'avais de si près tenus et tant aimés" comme le chante Ferré) à quelques vers qui, en fait, sont de Villon :

Et les autres sont devenus,
Dieu merci grands seigneurs et maîtres
Les autres mendient tous nus
Et pains ne voient qu'aux fenêtres

D'ailleurs, là aussi, ma mémoire était infidèle : je pensais que le premier ver commençait par "Et les aucuns...", mais cette classification est réservée chez Villon à ceux que la mort a déjà raidis.

Bien sûr, j'ai une excuse : on peut considérer en l'espèce les aucuns et les autres comme une forme plus ancienne de les uns et les autres et donc trouver  que si les autres mendient tous nus, les uns doivent en toute logique être les rupins. Or Villon nous donne, lui trois catégories : les uns, les autres et d'autres encore. On croirait du Marcel, bordel !

J'aurais pu, pour camoufler mon incullture crasse, supposer que Villon répondait à la question de Rutebeuf, mais deux cents ans les séparent. Ça n'aurait pas amélioré mon image de marque !

Passons !

Je pensais souligner que cette description que Villon nous fait du monde de la fin du moyen-âge ressemblait vachement à celle que l'on pourrait faire du nôtre quand, ce qui ne saurait tarder, la mondialisation aura produit tous ses effets : un monde où ne coexisteront plus que deux classes : les rupins et les crève la faim.

Coïncidence : cette semaine mon épouse a reçu un livre qui décrit un monde où les choses semblent être déjà comme ça. Il raconte les aventures d'un couple qui se place chez les rupins de haut vol comme gardiens de propriété mâtinés de jardinier, cuisinière, lingère, etc. Un métier qui semble plus tenir du servage que du contrat d'emploi classique.

w5791

 

5 octobre 2019

CHANSON POUR UN RUPIN (TOKYO)

 

Le jour où je rencontrerai un RUPIN

Je déguiserai ma voix.

Et sans charivari, sans couiner je lui dirai.

 

REFRAIN

v

Pourquoi n’es tu pas dans mon lit                            

Sous ma douche

Chez mon médecin

Alors que je retiens mon souffle

J’entends le RUPIN me dire

 

REFRAIN

 

Pourquoi n’es-tu pas dans ma douche

Pourquoi n’es-tu pas dans mon lit

Pourquoi n’es-tu pas chez mon médecin

Et toutes les nuits

  1.  
  2.  
  3. Sans dormir sans rêver
  4. Je n’ai qu’une obsession/
  5. Son chéquier
  6. So compte en banque
  7. Son livret A
  8. Donnez-moi un élastique géant
  9. Donnez moi deux billets pour Tombouctou

REFRAIN

Pourquoi n’es-tu pas dans ma douche

Pourquoi n’es-tu pas dans mon lit

Pourquoi n’es-tu pas chez mon médecin

Mon portefeuille est à sec

Les pièces ne tombent plus du ciel

Les rues sont pleines d’hommes d’affaires ruinés

Mes objectifs financiers prennent l’eau.

Comment réveiller le dieu de l’argent sinon en reprenant mon chant sacré.

Tous ensemble les défiants.

Reprenons le refrain !!

5 octobre 2019

Avec les rupins … (Lecrilibriste)


Avec les rupins j'suis pas bien
Ils vivent un monde loin du mien
bien protégés dans leurs remparts
de noms, de bourse, de comptes en banque
Y z' ont des sous, y s'croient malins
avec leurs grands airs ils te toisent
avec leur faux self, ils te pompent
avec leur argent, ils te trompent

T'as beau essayer, t'as beau faire ...
Tu fais pas partie de leur sphère

Ils ont des codes qu' tu n'connais pas
du beau monde que tu n' fréquentes pas
des yachts et des décapotables
aucun souci pour boucler le mois
y font des ronds de jambe aux rois
du Qatar et de la finance, des USA
Avec l'argent, z'ont tous les droits
Ils ne te calculent même pas

T'as beau essayer, t'as beau faire
Tu fais pas partie de leur sphère

Heureus'ment y en a certains
qui échappent au système
Ils ont la fibre de l'humain
qui circule dans leurs veines
Mais il faut du temps, pour que ça vienne
un certain temps pour qu'ils comprennent
que nous sommes tous des maillons de la chaîne
que si l'argent est le nerf de la guerre
réussir sa vie n'est pas forcément monétaire

5 octobre 2019

RUPIN (Laura)

 

Riche à millions de lupins
Ultime luxe : avoir du temps enfin
Pour découvrir tous les chemins
Il faut rêver à d’autres matins
Ne pas nier non plus le présent des petits riens

 

5 octobre 2019

Une richesse d'Anna Scie clique (joye)

À Noël,

Léon

(nom laid

mondial)

a ciré

Érica.

Un rupin nu

(ni pur

ni bas

Sabin)

lia

l’ail

des

sodas ados,

et

l’animal

lamina

le gitan

antigel !

Le trac

cartel :

léger regel…

Tresser

ressert

un port

trop nu.

Ici,

émir

rime,

non ?

Ris,

Sir.

Non ?

Si !

Sinon,

Le rut, Luc,

culturel !

 

Anna

En obi ibo

(mmm)

ne serait

en tiares

pop.

Les fins,

le sel.

Snif.

Amène

l’énéma !

Le bon

gag

Nobel !

Aha !

 

 

~  NOTES SETON ~

Anacyclique : un mot qui se comprend comme un autre ou d’autres mots si on l’écrit à l’envers. Oui, un peu comme un palindrome, mais pas exactement.

 

Je tiens à remercier Olivier Miakinen, le roi des astucieux, qui a eu la gentillesse de me proposer une liste impressionante des paires d'anacyliques en français. 

5 octobre 2019

Moyennement classe (Joe Krapov)

- Autrefois, soit t'étais un RUPIN, soit t'étais dans le PURIN !
- Bob Dylan a eu beau chanter "The times they are a-changing" c'est quand même un peu pareil aujourd'hui, non ?

5 octobre 2019

R comme rupin (Adrienne)

Rupin? Rupin! se dit l'Adrienne en découvrant le mot imposé par Walrus pour le Défi du Samedi. Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir inventer avec un mot pareil? Ça ne fait pas du tout partie de mon vocabulaire et je ne vois pas dans quel contexte je pourrais le placer... 

Vendredi midi, quelques heures avant l'échéance, c'est toujours le vide dans sa tête. Elle a bien tenté quelques pistes - à commencer par celle d'Arsène Lupin/Rupin, vite abandonnée - et quelques rimes en -pain/-pin, mais rien de bien valable ne lui est venu.

- Je crois que je vais abandonner, dit-elle à Walrus.

Et au moment même où elle le lui écrit, elle sait que l'abandon n'est pas son genre ;-)

Finalement l'idée lui est venue des publicités pour la loterie Euro millions. Voilà de nombreuses années que sur les chaînes flamandes on brode sur le même thème, avec le même acteur et sa tête de benêt ahuri, qui répond chaque fois à la même question: "Is mijn leven veranderd nadat ik Euromillions gewonnen heb?" (1) de la même façon: "Goh! eigenlijk niet!" (2)

Mais tout le clip contredit chaque fois cette affirmation, comme dans la vidéo ci-dessus où il explique que, tout comme 'avant', il participe encore à des brocantes pour faire de la place chez lui.

Ou comme dans la pub ci-dessous, où il raconte que 'comme avant', il va au foot avec son père et que sa mère lui fait ses tartines quand il part en excursion.

'Word schandalig rijk', dit le slogan, 'Deviens scandaleusement riche'.

Pour l'Adrienne, le mystère de la loterie reste entier: que peut-on bien faire de 190 millions d'euro, la cagnotte de cette semaine? 

***

(1) Est-ce que ma vie a changé depuis que j'ai gagné à Euro millions?

(2) Bin non en fait!

5 octobre 2019

Rupin tout plein (Kate)

 

Si j'ai trompé Galathée à Saint-Tropez

Et qu'à Cannes Ariane m'a lancé des vannes

Heureusement qu'à Megève Ève m'a proposé une trêve

Puis par la suite j'ai eu la chance de croiser Hortense à Saint-Paul-de-Vence

Cependant Constance au bord du lac de faisait des avances

C'était avant Courchevel où Marielle ne m'a pas mené la vie belle

Curieusement à Biarritz Mademoiselle Litz a voulu s'inscrire à l'école Berlitz

Ainsi passant par Neuilly Auteuil Passy Quitterie a voulu qu'on se quitte

Alors je suis retourné au bercail à Versailles avec Kaï une amie Thaï

D'où nous sommes partis à La Baule où j'ai renoué avec Paule

Cousine de Charlotte estivante rigolotte de La Grande Motte

Finalement c'est à Honfleur que Fleur m'a fait lire "À l'ombre des jeunes filles en fleurs"

proust

Et là je n'en pouvais mais à Combray avec May

J'ai prié à l'église de Méséglise avec Élise

Écouté un roulement de tambour à Cabourg avec Seymour

Ai été tancé à Tansonville par la débile Sybille

Pour avoir flirté à Guermantes avec Amarante...

 

Réveillé en pleines pensées libertines au sujet d'Albertine

Marion (deuxième prénom Hermione, c'est une fille "Deutsche Grammophon") à qui j'avais dit : "Nous nous marions"

M'a mis sous les yeux le livre de Bourdieu

bourdieu

"La distinction" et m'a dit : "Lis donc !"

En arrêtant la chanson de Van Morrison pour de bon

J'ai pris les clés du camion et avec Yvon

Nous avons partagé la même passion

Une vraie communion

5 octobre 2019

« Origine » (Pascal)


Aujourd’hui, un ancien des Apprentis Mécaniciens, lecteur assidu et grand aficionado de mon dernier recueil, m’a offert un carton de bonnes bouteilles. Un ancien apprenti : c’est drôle, ce paradoxe, tu ne trouves pas ?... Ce serait bien, la vie, si on n’utilisait que des paraboles ; on danserait à demi-mot, on aurait des sophismes sur le bout de la langue comme des baisers de confusion ; on cultiverait l’équivoque et, au bord de nos lèvres, il ne pousserait que des mots tendres, parfumés et en couleur printanière. Mais, excuse-moi, je m’égare, ce n’est pas le propos de ma lettre d’aujourd’hui…

Tu sais, je ne prévoyais pas l’étendue de cet engouement envers mes textes. Comme pour moi, il me semble que je vais titiller des preux souvenirs dans leurs caboches de grands enfants ; et, de mon côté, je me sens moins seul avec toutes ces remembrances mouvementées qui m’accaparent au quotidien.
Naturellement, ce midi, jour de gloire, j’ai ouvert une de ces bouteilles !... Ha, ha !... Mon imbécile abstinence de ces dernières semaines a volé en éclats ! Pied de nez aux obligations muettes, merde à tous les devoirs ! Je le clame ! Je renvoie les conventions au banc des maussaderies ! Je rallume la flamme ! Au travers de la griserie passagère, même si ses contours m’échappent, le monde devient buvable. Tu comprends ?...
Je me devais de lever mon verre à cet admirateur, et à cette opportunité alcoolisée ! Cérémonial de l’élévation, j’ai lentement décacheté le goulot, enfoncé le tire-bouchon et tiré vigoureusement sur son manche comme si, tout à coup, j’avais une grande soif !...

Le liquide rouge sang a coulé dans mon verre ballon ; j’aimais ce transvasement et ces glouglous de fontaine de jouvence. Emprisonné, le liquide ambré semblait tournebouler dans son récipient ; en échange, il dégageait ses parfums extraordinaires comme un imminent sauf-conduit à l’évasion et, de la coupe aux lèvres, il n’y a qu’une simple pliure de coude… Allez !... À ras bord !... Les femmes et les enfants d’abord !... Loin du festif, l’ivresse déraisonnable a ses champs de vastitude ; ses cieux sont divins, ses océans sont sans fond et j’endosse le costume du naufragé, la robe de bure de cette communion solennelle…

Au premier verre, bien sûr, par défaut, j’écoutais du Neil Young, « Old Man, Needle And the Damage Done, Harvest, Alabama… », tous ces standards d’un grand passé glorieux, mais tellement périmé ; il faut bien laisser, aux années fossoyeuses, le temps d’enterrer tous les souvenirs, même les meilleurs.
Les premières vapeurs de l’alcool sont comme la clé d’un futur que je n’ai pas envie de maîtriser ; elles sont un véritable feu d’artifice ; avec volupté, des premières détonations jusqu’au bouquet final, les éblouissements, les frissons, le tonnerre, je prends tout.
Fi du sevrage !... des « Tu ne devrais pas… ». Au gré de mes sentiments ballottés, je sais que je vais me retrouver dans des contrées hospitalières et sauvages ; je sais que je vais souffrir et me féliciter de tutoyer ce breuvage ; au fond de mon palais, je devrais tourner la clé de ma langue et succomber à tous les orages…

Au deuxième verre, je suis passé directement à du Bruce Springsteen ! À fond !... Ça soufflait dans les baffles ! Ha, ha !... Il me fallait du corsé musical ! Rends-toi compte, du quatorze degrés ! Du rouge qui tache jusqu’au fond du calebar ! Tout à coup, sur le quai de l’oubli, j’ai posé les valises des soucis, rangé les contrariétés, éloigné les mauvais esprits, chassé la cabale et son cortège d’opprobre ! Libéré du joug des convenances, je me suis vu danser sur la table du salon mais ce n’était que mon imagination qui me devançait ! Ha, ha !... Ce qui était loin se rapprochait et ce qui était près ne se laissait pas attraper !...

À la troisième perfusion, chape de plomb, j’ai été pris d’une immense nostalgie, comme si je devais rendre en mélancolie tout le bonheur fugace qui m’envoûtait et tous ces pétillements multicolores qui éclaboussaient ma tête. Bon gré ou mal gré, ce qu’on prend, il faut toujours le rendre. Stephan Eicher était le porte-drapeau idéal pour représenter tout ce vague à l’âme latent. Avec mon ballon, j’ai foncé dans le couloir, j’ai dribblé les portes et j’ai marqué dans le filet de mon écriture.
Une partie de moi avait tombé ses barricades, j’étais capable de parler d’Amour ! J’avais retrouvé des mots de troubadour ! L’allocution abondante, sur ma feuille, je les décorais avec des guirlandes de pudeur ! J’avais des tournures de phrase blondes, des points de suspension comme des grains de beauté et des épithètes à la peau blanche !... Heureusement que j’étais seul…  
C’est fou comme on peut déclamer quand on a un petit coup dans le nez ; j’étais capable d’enfanter des vers, de résoudre des grands mystères, de gagner à l’euro millionnaire, de paraphraser Apollinaire…

Parce qu’il fallait me mettre à table, rends-toi compte : j’ai dévoré mes pâtes au beurre comme si c’était des ortolans ! Entre sauce tomate et gruyère râpé, je me suis régalé !... Ha, ha !... Dis-moi, les rupins, les snobs, les bourgeois, quand ils ont un coup dans le nez, comment ils voient leurs ortolans ?... Comme des pâtes ?...

Au quatrième verre, je faisais la vaisselle ; les mains dans l’eau, je me baignais, et les bulles de savon, c’était le ressac tumultueux des vagues du robinet contre la plage de mes remembrances émues. La musique de l’accompagnement ? Peut-être Pink Floyd et « Echoes », peut-être Bashung et « La nuit, je mens », peut-être Souchon et sa « Ballade de Jim »…  
En tout cas, quand j’ai versé le reste de la bouteille dans l’évier, c’était Dylan qui tenait la palme du hit-parade. En général, c’est lui qui finit mes festivités de navigateur solitaire, bousculé aux vents de l’ivresse ; les intonations de sa voix, ses mélodies, sont comme une piste d’atterrissage où, vaille que vaille, je repose mon âme quand elle a trop plané dans les méandres de mon imagination bourlingueuse…  

Je suis soûl, aigri et encore un peu magicien ; par la fenêtre, je jette des sorts les plus terribles à tous les cons qui m’encerclent, à tous les chiens qui aboient, à tous les chats qui grattent dans mon jardin, à tous ces traits d’avion qui découpent le bleu du ciel.
Ce soir, ce sera le retour aux choses ordinaires, la longue dégringolade aux Enfers ; il faudra tomber du nuage, payer l’addition, faire avec la barre qui plombera ma pauvre tête malade et composer avec cet estomac en total désaccord avec mes quelques débordements…
En attendant, ici ou là, je vais aller bricoler ; inusable, cet autre moi est sacrément courageux. Ce qui est amusant, c’est qu’il ne se rappelle jamais ce qu’il a entrepris ; lavage, sciage ou jardinage, il n’y a que le lendemain que je découvre ses « œuvres »…  

Oui, j’aurais bien aimé boire cette bouteille avec toi ; on aurait trinqué pour le goût des souvenirs, pour l’ivresse mal contenue et les rires balayant la routine et l’indifférence ; nos éclats de voix auraient chassé les vides abrupts et nos silences gênés auraient encore réveillé nos chimères… les plus inaccessibles…


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