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Le défi du samedi

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27 juillet 2019

Keeping up appearances (Adrienne)


Pourquoi leurs parents avaient-ils donné à l’aînée un prénom français et à la cadette un anglais? Et quelle importance, puisque Laurence appelait Priscilla “Lala” et Priscilla appelait Laurence “Lolo”? Sauf que peut-être ce prénom anglais a pu influencer ses choix de vie.

À dix-huit ans, Priscilla a déclaré qu’elle voulait faire des études d’institutrice, choix que tous ont applaudi, les parents, la grande sœur, les profs.

- Priscilla, avait coutume de dire Lolo, elle est si intelligente que même rien qu’en dormant sur ses cours elle les connaîtra par cœur !

Et puis, au début des vacances d’été, Priscilla a disparu. Volatilisée.

Ne me faites pas chercher, avait-elle écrit à sa sœur, je vais bien et vous donnerai bientôt des nouvelles.

Ce que personne ne savait, c’est que depuis des semaines elle entretenait une correspondance internet avec un jeune Anglais et qu’elle était partie le rejoindre. Comme ça, avec juste une valise.

- Et tes études d’institutrice? a demandé Madame, comme si c’était la chose la plus importante.

- Je les ferai en Angleterre ! a répondu Priscilla. Ce que Madame n’a pas cru, bien sûr.

Entre-temps, elle était déjà mariée et installée dans la maison de ses beaux-parents, qui étaient charmants et l’adoraient, disait-elle.

Ce n’est que quelques mois plus tard que Laurence a enfin pu rendre visite à sa sœur et se faire une opinion sur ce jeune Onslow qu’elle avait épousé.

- Et maintenant, a dit Lolo, viens avec moi !

Quand elles sont arrivées en ville, Laurence leur a mis à toutes les deux un gant de ménage en plastique jaune sur la tête.

- On fait la fête ! a dit Lolo. On n’a pas pu enterrer ta vie de jeune fille, on va le faire maintenant ! C’est ma tournée !

- Je ne peux pas, a répondu Priscilla. Je suis enceinte.

Alors Laurence a bu toute seule.

 

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27 juillet 2019

Il suffirait (Kate)

Il suffirait

Il suffirait

De presque rien

D'un je ne sais quoi

Pour qu'on décrypte bien

Cette scène où l'on pose

Et comprendre qui fait quoi

0

Il suffirait

Qu'on ne nous égare pas

Vers Avignon

Et son ambiance de rue

En Cité des Papes ne sommes pas

Lorgnons

Vers le Nord beaucoup plus

ian rankin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il suffirait

D'un signe de ralliement

Que sais-je

Un insigne

Un gant

Jaune ou beige

scotland map

Il suffirait 

Qu'on soit porté

Par la foule

Pour sortir de l'anonymat

La musique enflerait

Comme une houle

Et nous réunirait là

Paul McCartney & Wings - Mull of Kintyre (HD 1080p)

Photos de l'auteur : n° 1 Avignon, Place des Corps Saints, juillet 2017

n° 2 et 3 juillet 2019

 

20 juillet 2019

Défi #569


Non, ce n'est pas Avignon

PICT0049

20 juillet 2019

Ont vu rouge

20 juillet 2019

Les petits pots de terre (Venise)

 

Pas avant six heures la boutique ouvrira.

Le chant des pots où se cachent les hirondelles.

Ici on a pris habitude de rivaliser avec l’éternité en collectionnant les pots et les cruches.

C’est toujours un étonnement de venir ici .

Une horloge au fond de chaque pot compte les rayons de soleil qui frappent  la terre cuite d’un chant neuf .

C’est une vraie bibliothèque où se terrent les confitures et autres merveilles.

Comme une abeille j’y butine tous les dimanches dans ma robe d’organdi.

La première fois que je suis venue dans cette boutique j’avais six ans.

Je craignais de rencontrer une sorcière derrière les fagots de buches

A six ans on tourne le dos à la fenêtre du réel, on est chargé d’orageuses couleurs et tout a l’odeur du pain d’épice  même ces pots de terre suspendus dans la grande salle.

Aujourd’hui on innove des gerbes de fleurs sortent de chaque pot .

On marie un jeune soldat à la fille du maire. La grande salle est vibrante d’odeurs  printanières et les pots de terre rient aux éclats .

Les notes sortent du piano comme des pétales de roses et la mariée semble tourmentée .

Un pot vient de se briser à son pied. C’est un signe du ciel crient les vielles en applaudissant .

On ne connait bien  le bonheur que parce qu’il te manquera dit l’une d’elle .

L’ambiance devint soudain pesante .La mariée n’était pas une grande malade en phase terminale, elle se saisit d’un pot suspendu  . A peine un vague souffle d’air frais sur la nuque  de la vieille et la voilà sans connaissance sur le sol .

Dis donc walrus j’en ai une bien  bonne

 La prochaine fois que tu choisis une photo avec des pots de terre censure-moi au moindre écart !!

v

 

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20 juillet 2019

Une araignée au plafond (Walrus)

0720

 

Au premier coup d'œil avec sa couleur rouge on pourrait penser à un restaurant chinois, mais en y regardant mieux, les pieds des premières lettres de l'enseigne nous enseignent (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher) qu'il s'agit d'un resto italien.

Tant qu'à regarder, apprenons-en un peu plus : la vue en contre-plongée et la barrière de protection devant la porte entr'ouverte (question que le client ayant un peu forcé sur le Prosecco, le Chianti, le Zabaione et la Grappa ne s'écrase dans la rue en tentant une sortie majestueuse) montrent qu'il s'agit du premier étage du bâtiment.

L'angle entre les parois laisse supposer que l'établissement se situe à un coin de rue.

Les flasques gainées de paille suspendues au plafond confirment la nature italienne de l'endroit, contrairement au tissu Vichy des nappes et de l'abat-jour qui fait un peu franchouillard rustique.

Vous m'objecterez bien sûr que le Vichy est aussi présent en Italie du nord, ce à quoi je vous répondrai que la cuisine servie dans les restos italiens de mon pays est très souvent d'inspiration plus méridionale : napolitaine, sicilienne, quel est donc l'adjectif correspondant à Pouilles* ?

Pour le reste, je n'en sais pas plus : je n'y ai pas mis les pieds, la photo a été prise en l'an de grâce deux mille deux par mon épouse lors d'une virée entre filles dans la bonne ville d'Anvers (Antwerpen pour les vlamingophones pointilleux).

Non, je n'ai pas parlé de la guirlande d'ampoules colorées courant sous la corniche, mais vous l'aviez remarquée sans moi, alors...

 

*apulien


 

 

20 juillet 2019

Le baiser. (maryline18)

 

D'un côté, la barrière de l'interdit et de l'autre côté, l'issue de secours, le filet d'air indispensable à ma respiration, la fenêtre ouverte à la vie, à l'envie...Au milieu, mon esprit torturé.

Comme l'adolescent qui cherche des preuves d'amour pour pouvoir affronter la vie, l'ennui, les paris idiots, oui, comme lui j'ai cherché, j'ai cru, j'ai supposé...Comme lui, j'ai élevé mes interprétations erronées au rang de certitudes. Comme lui, j'ai foncé tête baissée pour mieux affronter les difficultés, les déceptions, les désillusions.

Comme à lui me vient l'envie de me rebeller, une fois encore, au pied de la limite à ne pas franchir. Devant celle-ci j'entends les murmures des gens respectables. Ils sont rassurants, forcément, les gens sérieux, ils savent toujours ce qui est bien, ce qui est mal...De toutes leurs bouches, des échos de bonnes conduites, de mises en garde, de reproches programmés se croisent. Je m'étends sur le lit, mes pensées tournent en boucles et me donnent la nausée. C'est sûrement un cauchemar, comme celui que je faisais enfant, quand j'étais fiévreuse.

Je regarde le plafond, les bouches sont là, me dévisagent, j'ai peur. Je cherche ton visage, au milieu de ces yeux rieurs, méchants. Je tends l'oreille mais je n'entends rien d'autre que leurs rires tonitruants. Où es tu ?  toi seul peux combattre les monstres de mon âme torturée, mon amour te rend aussi invincible qu'invisible.

Je suffoque mais comme un animal en captivité, assuré d'avoir tous les jours sa pitance, j' hésite à m'enfuir de ma cage, je respire son air vicié et mon teint blêmit, mes poumons s'atrophient, mon coeur s'affaiblit. Un jour, je me pencherai au dessus du vide de cette baie vitrée et comme toute réponse à l'échec de ma vie, et comme au dessus d'un puits où il n'y a plus rien à puiser, je me laisserai tomber... puisqu'il ne peut en être autrement. Un jour, je ne verrai plus toutes ses bouches et leurs mensonges mais sur tes lèvres, sans bruit, dans une autre dimension, j'irai, mon amour, déposer le plus beau, le plus tendre des baisers...

 

20 juillet 2019

J'en... (Laura)

 

J'en ai vidé des fiasques
J'en ai aimé des hommes
J'en ai fumé des cibiches
J'en ai fait des frasques

J'ai été scandaleuse
J'ai été une grosse fumeuse
J'ai collectionné les conquêtes
J'ai été alcoolique

J'ai fait beaucoup d'excès
Je n'avais pas d'équilibre
Jamais rien je ne regretterais
Rien de rien, je ne regrette

A force de vouloir remplacer
La timidité par le rire
Et l'outrance, je me suis transformé
En un Pantagruel grotesque

Aujourd'hui, alors que je remonte
Mes sept collines en marche arrière
Je peine mais je bois avec enthousiasme
Beaucoup d'eau assaisonnée de fièvre curieuse.

 

20 juillet 2019

Au « Bouchon Cramoisi » (Lecrilibriste)


Au coquet « Bouchon Cramoisi »
on déguste lyonnais mais on boit du Chianti
et lorsque la flasque est finie
on suspend la bouteille avec une poulie
tout en haut du plafond comme un ciel de lit
C'est un rituel d'aficionados
Et cela fait un vrai concerto
de tintements et de sons de grelots
lorsqu'Eole joue aux courants d'air
quand les carreaux sont grands ouverts

Rouge et blancs sont les sets à carreaux
Rouge est le Chianti  maestro
Rouges les clients emméchés
Rouges quand ils se mettent à hurler
leurs souvenirs  de vieux  troupier
ou l'air du beaujolais nouveau...

Euh ? … C'est du beaujolais
du Chianti ou du Cabernet
cette bibine toute cramoisie ?
disent-ils quand ils sont tous cuits
couchés sur le sol, regardant au plafond
les flasques qui planent et qui dansent en rond
On se croirait au paradis  ….

Patron ! Une autre flasque, je vous prie !

20 juillet 2019

Un endroit magique par bongopinot

 

Une magnifique façade

Un intérieur original

Des tables rondes

Endroit magistral

 

Au plafond il y a des bouteilles

Leur col assez long et très mince

Leur panse enflée et garnie de paille

Suspendues elles pendent en abondance

 

Cet endroit se situe dans un lieu de rêve

Dans une roulotte auprès d’un ruisseau

Dans un mignon hameau nommé mirage

Où dansent et coassent les crapauds

 

Grimpez ces marches en bois

La porte est grande ouverte

Vous serez comme des rois

Regardez la belle carte

 

Des mets délicieux y sont proposés

Des vins de grands crus de vrai trésor

Jamais vous n’oublierez ce moment passé

Dans ce village ou le temps reste fixé au décor

 

20 juillet 2019

Romane d'apprentissage : Épisode deux (joye)

ristorante

Ayant fui quitté l’Anjou après la mort inexplicable du pauvre Titus, je me retrouvai à Bordighera. Ah Italia ! Ses bonnes ! Ses pâtes !  Ses bonnes pâtes ! Avec les quelques euros que je volai sécurisai en lavant les soquettes crades de fou feu mon amour, je trouvai un squat appart’ dans la Via Romana - ouais, appelée presque comme moi, votre héroïne estivale et jeune-veuve, Romane !

Or, bien que majeure et vaccinée, je n’avais que vingt-deux dix-sept ans, et je me rendis tout de suite compte qu’on ne vit d’amour et d’eau fraîche que dans les romans sirupeux où la fille tombe amoureuse des hommes musclés mais peu poilus, ne portant jamais de chemise…Bon, c’est pas mon truc à moi que j’ai. Et moi, quelque déesse féerique que je fus, il fallait tout de même que j’eusse de quoi manger. Il me fallait donc une Taf Quelconque, histoire de pouvoir me payer des gelati de temps à autre.

Vous n’allez pas le croire, ou peut-être si, mais je trouvai tout de suite un boulot al Ristorante Bottigle, à deux pas de mon pieu dans la Via Romana !  Che buona fortuna !

Mon patron, Otto Luoghi, était un homme corpulent, comme tutti les bons restaurateurs italiens au prénom allemand (à cette époque-là, on ne se posait toujours pas trop de questions, hein), mais son fils Gieuseppe-Gomberto était un jeune Adonis. Il avait une gueule à faire pleurer les pierrines, comme on dit nulle part sauf dans ce Bildungsroman, mais c’était quand même vrai. Ses yeux noirs comme des olives, son nez droit comme une baguette, sa bouche rouge et pulpeuse comme une tomate…

Allora, vous voyez bien que j’avais trouvé mon métier idéal, servant des pâtes étouffe-chrétiens al ristorante. Si je versais du chianti parfois sur les clients au lieu de dans leurs verres, ce n’était pas de ma faute, on voyait bien que j’étais inamorata pizza pazza et l’on me pardonnait rapidement. Sinon, Signor Luoghi venait tout régler avant que les baffes ne se perdent, n’oubliant pas d’apporter aussi son couperet impressionnant pour le seconder si besoin était. 

Vous vous demandez sans doute si je devins la belle-fille d’Otto ? Hélas, non, ce n’était pas mon destin !  Mon pauvre Gi-Go, comme j’aimais l’appeler, était gay comme un pinson et quand son papa le sut (je n’ai pas le temps malheureusement de vous dévoiler qui le lui trahit), Otto le botta dehors et fit de moi sa héritière unique quelques heures avant de m’épouser et encore quelques jours avant de mourir dans une bagarre tragique avec des clients et où il avait oublié d’apporter son couperet, peut-être parce que je l’avais mal rangé dans un tiroir dans l'armoire derrière la cuisine, amoureuse-dingue comme j'étais en ce moment, hélas !  Mais bon, tout est bien qui finit bien, non è vero ?

Cíao, cíao, alla prossima settimana, saluti a tutti…

20 juillet 2019

S'il suffit (Kate)

S'il suffit 

S'il suffit d'un restaurant pour qu'on voyage

D'une couleur pour qu'on rêve

D'un coin de rue pour arrondir les angles

D'un moment hors du temps

 

Alors 

Installons-nous

Investissons la carte

Réchauffons-nous

De rouge

Partageons

Nos envies

Laissons-nous emporter

Ailleurs

Loin

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Photos de l'auteur, janvier 2018, caffè Mazzo (63)

 

 

13 juillet 2019

Défi #568

 

No comment, comme disent les politiques...

0720

 

13 juillet 2019

Se sont penchés sur l'art floral

13 juillet 2019

Titre (Walrus)

w567

 

— Pas de mot on avait dit !

— Dommage...

13 juillet 2019

La photo c'est pas moi ! (Venise)

 
À Force d’être sponsorisées par le nucléaire voilà ce qui arrivera à nos vies.

Retenez votre irrépressible hilarité, tête de nœud et regardez à travers cette image la fin de nos vies une feuille de salade entre nos dents irradiées. Abusons du collagène pour ne rien en savoir. Mais le soir de Noel au pied du grand sapin BADABOUM ça se gâte !!
Votre dernier smiley ressemblera à une couronne mortuaire.Bon ! n’allons pas trop vite cette photo ne dit rien de nos vies d’avant.
Je vois remonter votre taux de glycémie. C’est vrai je n’y suis pas allée avec le dos d’une cuillère à caviar.
Quand nous poserons nos genoux à terre.
Quand la lumière tombera
Quand fuiront nos certitudes
Et que nos désaccords nombreux s’agiteront inutilement dans nos silences
Je repasserai par la ruelle où je t’ai rencontré la première fois.

v

Nous ne  sommes depuis que des rêves de pierre.

13 juillet 2019

Il suffit (Kate)

 

Il suffit
de passer le pont
qui va de juin à juillet
de prendre ce tournant
de lumière
avec un panier
un sac en bandoulière

Il suffit
de voir une photo
de fontaine
de verdure
pour avoir un déclic
sortir de la routine
pour aller musarder

Il suffit
de peu de mots
pour se reconnecter
et participer
à ce défi
du samedi
merci

k

13 juillet 2019

Réception florale par bongopinot

0706


Sur une table un corps fait de lierre
Posé dessus un visage de pierre
Yeux fermés bouche ouverte
D’où sortent des tiges bien vertes

À ses côté des galets sans âge
Quelques fleurs et feuillages
Pour une occasion particulière
Une fête d’un anniversaire

Dans une salle des fêtes
Tout le petit monde s’affaire
Des paniers rouge cerise
Pour une jolie surprise

Des assiettes gris-bleu
Pour des instants heureux
Et des touches de couleurs
Pour garder la bonne humeur
Pour que cette réception florale
Ne soit que bonheur et régal
Tous ont revêtu leur costume
Comme le veut la coutume

13 juillet 2019

Romane d'apprentissage : Épisode un (joye)

124111697

Mon premier amant était artiste-performeur et s’appelait Titus Lepérilleux.  Non, je ne mens pas.

Je l’ai rencontré à la Foire aux Lumas, où il faisait son one-man show, « Gerbant-la-Gerbe », un commentaire retro-avant-gardiste (son mot, pas le mien) sur la politique de Greenpeace. Hélas, oui, c’était avant que Tonton n’envoie ses agents pour couler le guerrier multicolore. Non, non, ne le nions pas, le président en était eau courante, sinon à La Nouvelle Zélande.

Mais bon, revenons à mon agneau… À cette époque-là, à cette foire,  il n’y avait rien de glamour comme aujourd’hui,  pas de vols en montgolfière à gagner, non, seulement des vendeurs de machines à coudre, quelques tristes manèges, et des plats et des plats et des plats en papier alu des escargots à déguster. Oh, pardon, non, des lumas, pas des escargots, il faut préciser – et aussi des téméraires comme mon Titus, qui aurait reçu plus d’un luma en plein gueule lors de son spectacle, craché par des petites garnitures haineuses qui s'y ennuyaient comme des ratons morts.

Comme quoi, vous voyez déjà sa gueule d’atmosphère.

Tomber alors sur Titus, qui savait se transformer en bonhomme crachant des feuilles sur les pierres, était comme une trouvaille. C’était le fou de coudre (bah oui, son stand était juste à côté de celui des Singer, c’était le destin, voyez-vous !)

Je savais que Titus m’emmènerait, moi, sa petite Romane, loin de Vauchrétien (béni soit son nom) pour nous installer dans une grande ville – comme Angers, par exemple, ou encore, Saumur - et où, parmi des gens un tantinet plus mondains que nous, je me voyais déjà, sur son bras, vivant ma vie de jetsetteuse commençant enfin, fricotant avec Mick et Bianca, trinquant avec des coupes de champagne, grignotant de vrais escargots…

Hélas, tout n’est pas bien qui commence bien. Tout de suite après notre mariage à la mairie, seulement quelques petites semaines d'extase conjugale où je lavais ses soquettes crades dans le ruisseau derrière notre vieille caravane rouillée mais toujours glamour où il ronflait tous les jours, Titus est décédé lors d’un accident tragique, attaqué par une bande de chiens sauvages qui se nourrissait des lumas.  

Non, non, je vous le jure c’est l’histoire officielle, vérifiée et tamponnée par un petit inspecteur drôlement meugnon à la gendarmerie locale.

Je ne sais pas qui a lancé les rumeurs affreux à propos d’un malfrat quelconque qui aurait un jour échangé les feuilles de son costume pour des orties auxquelles mon homme était fatalement allergique. Ça, c'est un MENSONGE, je vous dis.

Parole de jeune veuve tragique !

13 juillet 2019

L'odeur de la liberté. (maryline18)

 

À l'orée de la forêt, elle hésita, puis, poussée par sa curiosité, par sa formidable envie de le rencontrer, elle avança dans la pénombre odorante et humide. Etait-ce une légende ou pas, elle était bien décidée à en avoir le coeur net ! Il lui fallait trouver le vieux chêne malade qui abritait en son tronc une famille d'écureuils, puis suivre le chemin tortueux à sa droite. Des brindilles craquaient sous ses pas , des glands lui tombaient sur la tête, des fougères lui chatouillaient les jambes.

Le livre de l'arrière-grand-mère décrivait une clairière enchantée, avec en son centre, un magicien aussi surprenant que généreux. Il suffirait de lui susurrer à l'oreille quelques mots pour qu'il en fasse tout un poème, ou bien de lui souffler une idée, une couleur, pour que naisse toute une histoire. Bientôt il lui raconterait les plus beaux contes débordants de princesses, de fées, de chevaliers et de sorcières. Cette idée l'enchantait et lui donnait tous les courages.

Ses pas ralentissaient bien malgré elle. Le soleil semblait l'avoir abandonnée, en même temps que ses forces... Seuls quelques oiseaux l'encourageaient à persévérer. Elle décida alors d'une petite pause et s'endormit  sur un coin de mousse, plus moelleux que le meilleur des matelas, ne pouvant résister à une douce torpeur. Elle aperçut très vite, l'homme aux mille histoires. Elle s'approcha de lui, il paraissait l'avoir attendue depuis si longtemps. Son corps était couvert de feuilles et son visage avait les traits tirés. Il lui sembla si triste qu'elle voulut d'emblée être son amie.

Elle s'approcha et lui murmura quelques mots bien choisis. Il était question de vallées, de sources, et de voyages. Alors le visage du magicien s'éclaira et toute une féerie coula de sa bouche. Volant comme un oiseau, elle se posa dans une vallée recouverte de fleurs de toute beauté, elle se baigna dans une rivière d'eau douce et but à la source magique, celle qui exauce presque tous les rêves. Il l'emmena faire un voyage merveilleux. Elle devenait l'héroïne de toutes ses histoires. Quand elle ouvrit les yeux, il avait disparu, lui laissant en souvenir une grande plume, aussi douce que le duvet d'un oisillon. Elle la sentit et apprit l'odeur suave de la liberté. Entre rêve et réalité, entre éveil et somnolence, elle rentra le pas léger. Il lui suffirait, à présent, de caresser sa plume magique et de fermer les yeux pour basculer dans l'autre monde...  

 

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