PAS DANS MON JARDIN !!! (TOKYO)
Brusquement j’ai allumé le lampadaire du salon dont la fenêtre donnait sur le jardin .Je ne percevais rien et toujours en peignoir je suis retournée à la fenêtre convaincue de surprendre un cambrioleur .
C’est là que j’entendis une langue primitive autrefois parlée par l’ancêtre commun aux dauphins et aux humains.
Ça ressemblait à un cri RUTABAGA !!Puis brutalement l un bruit d’enjoliveur et là j’ai crié / pas dans mon jardin .
Un OVNI en chair et en os avait atterri là sur la pelouse tondue la veille /.
On m’avait tiré les tarots hier soir. On m’avait bien annoncé une visite, mais là des Martiens ! ça allait surement affecter ma vie très ordinaire et si bien réglée.
Le martien est sorti de sa soucoupe avec une grâce fataliste alors que j’avais toujours du mal à y croire, j’étais hors de moi.
Salut ma petite caille dit l’un d’eux, désolé de ne pas avoir appelé plus tôt, mais ton jardin est une merveilleuse piste d’atterrissage et tiens toi le pour dit/ c’est que le début .
Puis il marqua une pause pour attendre ma réaction. Je ne savais que hurler / pas dans mon jardin .
La pause se prolongea au point que si c’était une maison les douze disciples de Jésus-Christ auraient pu y vivre. La réponse du martien se fit tellement attendre que prise de panique je restais sans voix comme si un opéra de termites avait miné ma voix.
Tu n’as pas de mauvaises nouvelles à nous annoncer demande enfin l’autre martien. Seigneur Dieu dis-je d’une voix d’outre-tombe, mais sur terre il n’y a que des mauvaises nouvelles.
Mais où est ce que vous vivez dans une citrouille ou quoi !!Dis-je contrariée.
Tu as l’air fâché disent -ils de concert tu as fumé un de ces joints qu’on vend dans ton quartier.
Le changement, ça peut arriver comme ça, un mauvais alignement des planètes et Paf un intrus dans ton jardin. Mais là j’ai dégluti une fois, j’ai cligné des yeux deux fois ,et j’ai dit / si vous n’êtes pas partis dans dix minutes j’appelle la police.
Dix minutes passent, en fait quinze minutes passent, je me résous à leur laisser une marge. Alors j’empoigne un parapluie à pois comme s’il s’agissait d’un couteau à égorger les cochons et en même temps je balance en pleine poire mon attaché case hermès qui porte encore des marques vertes.
Rien n’y fait, je décide alors de me rendre à pied au commissariat central.
J’avance jusqu’au guichet /et j’annonce.
Je viens signaler l’occupation de mon jardin par une soucoupe volante.
La femme me regarde avec des yeux de bile de bœuf. J’essaie de me contrôler ce qui est aussi facile que de garder un pitbull dans une taie d’oreiller.
Soudain je prends conscience que je suis en peignoir et que je ne porte pas de culotte.
« Cette personne vous a parlé de manière grivoise » dit la policière ‘ »ma petite caille je reconnais c’est déplacé, mais ça ne fait pas un suspect » poursuit -elle.
Elle a dû penser que ce n’était pas de l’imagination que j’avais, mais un cirque à six pistes dans la tête.
OK dis je vexée je vais les étouffer avec mes beignets faits maison et je suis partie en claquant la porte.

NIMBY (Lecrilibriste)
NIMBY
N Ne vous méprenez pas Monsieur le Ministre
I Innovez, oui ! Où vous voulez, mais pas dans ma commune
M Ménager la chèvre et le chou, voyez-vous, c'est mon lot
B Batissez le où vous voudrez votre incinérateur, mais ailleurs
Y Y faut pas trop enfumer mes administrés …
Quoi que ...
N Nimbée de cette orée de verdure
I Il est vraiment séduisant votre projet.. Il renflouerait bien la commune ...
M Mais de quel côté s'en iront les fumées ?
B Ben ! Bien sûr en fonction du vent !
Y Y a surtout le mistral ici, vous savez … Pour l'environnement, c'est pas joué ! ...
Alors ...
N N'hésitez plus, les fumées iront vers le nord
I Il n'y a là que quelques mas perdus ... non ? … Voyez !
M Mais les champs de lavande vont en être imprégnés ?
B Ben ça donnera au parfum une suave odeur de fumé
Y Y plus qu'a mettre ça à la mode avec une bonne pub à la télé!
Et la partie sera gagnée !
NIMSY (Kate)
Non
Il ne
Me
Suffit (*) pas d'
Y penser...
(Je sais, c'est la rentrée !)
Il faut aussi le dire et le redire...
(Soyons accro aux acronymes !)
Abracadabra
Et abracadabrantesque :
Not
In
My
School
Yard !
Ni pesticides
Des jardins voisins
Ni pétarades
De moto plaintive
Ni poussières toxiques
De toutes matières brûlées
Ni merde de chien
Ni seringue usagée
Ni branche dangereuse
Ni tuile égarée
Transportées par quelque tempête
Ni feu du ciel
Fracassant nos têtes
Ni éclipse totale ou partielle
Encore moins volcan en colère
Heureusement point de débordante rivière
NIMSY !
(*)Sorry !
P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non par bongopinot

Être Nimbiste c’est humain
On crie on s’oppose on rage
Gardez donc les inconvénients
Nous on prend les avantages
Pas touche à ma cour
Ni même à ma commune
On change les discours
L’égoïsme en tribune
Un langage généreux
Pour tous les sans papier
Et tous les malheureux
Mais loin de nos foyers
Une ligne T.G.V bien sûr
Mais sans nuisance sonore
Les décharges d’ordures
Oui mais loin de nos demeures
Inquiet face à la mondialisation
Le sentiment d’insécurité
Mobilisation manifestation
Les contents les mécontents sont arrivés
Breakfast in America ? (Joe Krapov)
- Its too dark to put the key in my ignition…
- Not in my backyard : i let the sunshine in !
- I think I’ll roll another number for the road…
- Not in my backyard : we only smoke gouda !
- Happiness is a warm gun, Mama !
- Not in my backyard : i don’t shot the sherif and the only bad thing I do is to hang the portrait of Macron upside down.
- Baby you can drive my car !
- Not in my backyard : it’s smaller than my uncle’s hat.
- See the sky about to rain…
- Not in my backyard : it never rains in Rennes !
- Why don't we do it in the Road ?
- Do it in the road if you want but not in my backyard : it’s not a baisodrome !
- Where have all the flowers gone ?
- In my backyard !
Sept exemples (Adrienne)
Ça fait bien une cinquantaine d'années que dans la petite ville de l'Adrienne il est question de construire une route qui permettrait à la circulation - surtout celle des poids lourds - d'éviter le centre ville. Depuis cinquante ans, tout le monde est bien d'accord que c'est absolument nécessaire - aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain - mais le tracé suscite chaque fois mille polémiques: chacun veut ce contournement mais personne ne veut qu'une route vienne gâcher sa jolie vue sur les collines boisées.
La même chose se passe pour les éoliennes prévues par le conseil communal: dès que les plans ont été connus, un comité s'est formé contre leur installation.
Idem pour un autre projet écologique, pour les traitements des déchets ménagers. Avant de savoir exactement de quoi il retournait, un groupe d'action était déjà constitué.
Une des plus grandes usines textiles - une des rares à être restées actives après la crise de la fin des années soixante et les délocalisations - a eu toutes les peines du monde à recevoir le permis de bâtir, au moment où elle avait besoin de plus d'espace pour ses activités. Etre propriétaire des terrains depuis le 19e siècle n'était pas un argument. Etre un des principaux employeurs de la ville non plus.
Par bonheur, une maison d'accueil pour des malades du SIDA, qui se retrouvent sans appui et sans logement, fonctionne paisiblement depuis 1998, aidée uniquement par des dons privés. Il a juste fallu, au début, bien informer les gens. La maladie faisait très peur.
Par bonheur, les jardins d'enfants et terrains de jeux se multiplient: aucun voisinage ne se plaint du bruit que cela entraîne. C'est déjà arrivé ailleurs…
Par bonheur, une ancienne carrière de sable qui allait être utilisée pour y enfouir des déchets un peu louches a également vu naître un comité pour sa défense. La ministre pas très verte a dû retirer le permis aux exploitants.
Not In My BackYard (Walrus)
Bon, "Not In My", jusque là, ça va, c'est facile : "Pas dans ma/mon" personne ne contestera ma traduction (enfin, j'espère...)
Là où ça se corse, c'est avec "Backyard" !
En bête francophone, vous en demandez la traduction à un quelconque dictionnaire en ligne, Reverso par exemple, et là, vous tombez des nues devant ses propositions :
|
Traduction Jardin |
Exemples concordants 1364 |
Et ce n'est que le début de vos découvertes !
En effet lorsque vous jetez un œil à quelques exemples de traduction avec contexte, vous tombez sur ceci :
Had a menage-a-raccoon in my backyard : J'avais des ratons-laveurs dans le jardin
Had a menage-a-raccoon in my backyard : J'avais un couple de ragondin dans ma cour
Quand on sait que le raton-laveur est de la famille des carnivores et le ragondin de celle des myocastors, on commence à comprendre que le métier de traducteur n'est pas de tout repos et que peut-être Cheeto, le président favori de joye (la perle de l'Iowa), ne raconte pas vraiment ce qu'on nous en dit...
Tout étonné déjà qu'on ait relevé 363 "arrière-cour" pour 27 "arrière cour", vous vous demandez si en anglais aussi il y a des variations d'écriture pour "backyard"
Gagné ! Il y a backyard, back yard et back-yard . Je l'ai toujours dit que l'anglais était plus riche que notre propre(?) langue !
J'ai alors pensé que j'aurais peut-être dû m'adresser à un dictionnaire plus réputé.
Et, en effet, l'Oxford Dictionnary nous apprend que, stricto sensu, en anglais de Grande-Bretagne, il s'agit d'une cour (il précise même "en dur") située à l'arrière d'une maison et que ce sont encore une fois les nord-Américains qui entendent par-là tout ce qui dans une propriété se situe à l'arrière du bâtiment, que ce soit cour, prairie ou jardin, le tout destiné à l'organisation de barbecues.
Voilà, vous en savez autant que moi !
Comment ?
Ah... le NIMBY ?
Je m'en tape du NIMBY, j'habite un appartement au quatrième étage et que ce soit à l'avant ou à l'arrière, il n'y a qu'un vide à vous filer le vertige.
Nimby (Laura)
Ainsi, c'est le nom qui regroupe ce qui m'énerve dans les journaux: les gens qui s'opposent qui s'opposent à tout ce qui se fait ici alors même qu'ils reprochent que ça ne se fasse pas ailleurs.
Je connaissais "Nimby" sous le nom de "Larzac", Plateau des mille Vaches", Notre Dame des Landes", Bure", "ZAD" etc.
J'aime bien aussi le référendum sur la privatisation des Aéroports de Paris : certains s'opposent à la privatisation alors même qu'ils l'avaient prônée et s'allient même dans cette opération avec des gens qui leur sont complètement opposées le reste du temps et l'inverse est vrai aussi.
A l'heure, où on nous nous gave de réchauffement climatique, de développement durable, de la culpabilité des humains là-dedans, je vois de plus en plus de gens conduire comme des fous, se garer comme des pourciaux[1] loin de prendre les transport en commun pour baisser notre empreinte carbone.
J'arrête là parce que j'ai un bain à prendre pour me détendre car ce sujet m'énerve; je sais, ce n'est pas bon pour la planète mais je trie, j'achète local, je vis en appartement, on a une voiture pour deux, je marche et prends les transports en commun et je ne suis pas NIMBY!
31 AOUT 2019
[1] https://www.wiki-anjou.fr/index.php/Pourciau
Ont senti le souffle du dragon
Laura ; Joe Krapov ; Lecrilibriste ; Walrus ;
maryline18 ; Kate ; TOKYO ; Minuitdixhuit ;
bongopinot ; joye ; Adrienne ;
L'enfant solitaire par bongopinot
Un enfant solitaire
A brisé les barrières
Les yeux pleins de lumières
Il part dompter la bête légendaire
Sur les traces de son imagination
Dans un royaume fantastique
Sur le sentier de ses créations
Il retrouve un peuple magique
Et pénètre dans l’antre du dragon
Dans les entrailles de la terre
Il est pris de frissons
Sa poitrine se serre
Puis son angoisse et sa peur
Finissent enfin par le quitter
Il ressent même une douce chaleur
il se sent chez lui comme protégé
Dans la pénombre il entend un souffle
Et ensuite distingue un œil perçant
Il avance lentement le pas souple
Dans un silence apaisant
Il vient de dénicher un joyau inestimable
La magie la féerie des grands rêveurs
Avec le sympathique dragon intouchable
Qui sommeille et veille en prère protecteur
Maintenant plus d’inquiétude
Il peut retrouver le monde réel
Il a obtenu réponses et certitudes
Alors il continue son chemin de pastel
Le sentier de l'étrange (Walrus)
Alors, comme ça, vous ne connaissez pas Ellezelles ?
Alors, c'est bien normal que vous ne connaissiez pas le sentier de l'étrange non plus...
Nous l'avons parcouru en 2007 avec nos petites-filles lors d'un séjour au gîte du Vieux Pommier (là où en jouant au foot avec elles j'ai malencontreusement perdu, en fin de séjour, les ligaments croisés de mon genou gauche).
C'est de là que j'ai rapporté l'image-sujet de ce jour. En compagnie de quelques autres.
Une (toute) petite sélection ?
Le parcours fait six kilomètres environ, ça ne nous posait (à l'époque) aucun problème, sauf à Louise qui n'était pas toujours très enthousiaste à l'idée de tricoter des guibolles.
Alors, pour l'aider à surmonter ses réticences, je la faisais marcher au pas avec moi au son de cette chanson (idiote) :
En avant, en avant,
En avant plein de soupe, plein de sel et les gamelles et les bidons,
J'ai, j'ai,
J'ai kék'chose au pied qui m'empêche d'avancer !
Et ric et rac, on va sketter* l'baraque,
Et rac et ric, et on verra les briques !
Et quelques autres (mon fonds culturel est riche) tout aussi stupides.
* Pour la traduction de "sketter", voir Madame Chapeau, as usual...
Les dragons de Tolkien (Minuitdixhuit)
— Mouais… avait dit le Docteur, c’est que votre garçon, il est tout simplement en train de devenir un homme.
J’avais le short et la culotte aux chevilles et il inspectait scrupuleusement mon zizi.
— Tout va bien, c’est que votre garçon, il est tout simplement en train de devenir un homme, avait-il répété à ma Mère au visage défait. Faut lui donner des vitamines, il va en avoir besoin, et aussi des jaunes d’œufs crus et beaucoup de sport.
C’est la bonne Angolaise qui avait tout cafté en exhibant, rigolarde, le pantalon de mon pyjama sous les yeux effarés de Maman.
— Ah, ça, c’est une belle carte du Portugal, y’a même les colonies, le Brésil, le Cap-Vert et là c’est Timor… se réjouissait-elle de ses admirables gencives.
De larges taches aux contours géographiques constellaient le tissu et moi je me demandais bien ce qu’il était en train de m’arriver.
À peine sorti du cabinet de médecine, j’avais été propulsé au presbytère.
— Mouais… avait dit le curé, c’est que votre garçon, il est tout abominablement en train de devenir diabolique.
J’avais cadenassé d’un triple nœud mon short, mais j’avais peur malgré cela que son âme perçante dénonce les deux poils roux qui m’étaient poussés en si peu de temps.
— C’est épouvantable, votre garçon, est en train de devenir onanique, avait-il affirmé à ma Mère au visage mortifié. Il perforait d’un doigt moite la Bible ouverte sur Genèse 38-9-10. « Ce qu’il faisait déplut à l’Éternel, qui le fit aussitôt mourir. »
— Faut lui attacher les mains dans le dos quand vous le couchez, il va en avoir besoin, et aussi des pénitences de pain dur et beaucoup de confessions. Qu’il vienne faire contrition tous les… (il consultait son carnet)… Jeudis, à 18 heures, après les scouts.
Je n’imaginais pas que cela fut grave à ce point.
La nuit, dans mon lit, avec la lampe de poche que je m’étais bricolée selon le modèle du manuel des Castors-Juniors, je lisais avidement les Contes Inachevés de Tolkien et voilà qu’à présent on allait me lier les poignets pour m’empêcher de rêver.
Maman ne m’avait infligé ce supplice qu’un seul soir et cela n’avait servi à rien. Pendant mon sommeil, comme chaque fois, j’avais combattu le Dragon de Fer de toute mon énergie, faisant rempart de mon corps à ses morsures, protégeant avec un courage inouï la Laure, ma petite camarade de classe qui pourtant me malmenait dans la cour de récré. Mais c’est ainsi que mes rêves me concevaient, défendant la fragilité contre la terreur, me sacrifiant valeureusement pour la vertu d’une Princesse ingrate…
De ces combats oniriques, j’émergeais en sueur et en larmes, tremblant, poisseux, mais vainqueur du Dragon Infernal vaillamment terrassé.
Il me faut avouer que j’avais une arme secrète. Quand il s’y attendait le moins, de ma lance magique je l’aspergeais de l’épais jus de navet qui bouillonnait dans mes veines et le monstre subjugué s’écroulait dans des râles éloquents que je n’ai à nouveau entendus que bien plus tard dans mes nuits d’adulte et curieusement, plutôt dans les moments de la câline compagnie de Laure.
Mais cela est une autre histoire.
Gestes figés (Laura)
Gestes figés par la photographie ou la peinture
Gestes d’un art sportif immémorial en noir et blanc
Gestes des danseuses saisis par Degas, motif obsédant
Gestes du travail des raboteurs de parquet par Caillebotte
Gestes retenus des proches du Christ qui se lamentent
Souffrance et respect saisis par Giotto dans une chapelle
Geste précis et violents de St Georges combattant
Le dragon, combat transmis par Vitale de Bologna
Gestes douloureux que le sacrifice d’Isaac par son père
Sur le panneau précieux crée par Brunelleschi, l’orfèvre
Gestes enfin inclus dans une vraie perspective
Piero della Francesca en est un des meilleurs exemples
Gestes tragiques et majestueux de la Vierge
Dans les Piéta comme celle de Michel-Ange à Rome
Gestes sublimes dans la Tempête de Giorgione
Paysage hyperbolique admiré à l’Academia de Venise
Le monstre (TOKYO)
J’avançais dans le parc avec la tronche d’un cendrier. J’avais qu’une envie me barrer d’ici et me la couler douce sous un grand parasol.
Quand je suis tombé sur ce monstre. On avait dû m’assaisonner le pâté du matin au crack. Ce monstre me demandait de l’adopter, me suppliait de ne pas l’abandonner ici..
La créature au visage hideux, abandonnée certainement par un Frankenstein de carton-pâte semblait prête à persécuter toute la ville encore endormie .
Je n’étais pas un Avengers pot avec les superhéros de la galaxie, ni le filleul des super-Dupont .
Puis je fus pris d’un fou rire à la simple idée de me balader avec ce chien fou dans mon quartier / surpriiiiise je viens acheter ma baguette de pain avec toto mon chien fou !!
Surpriiiise , toto pisse devant les hortensias de la mairie .Non Monsieur le Maire il ne mord pas !!
Bon les surprises c’est rigolo une fois par an mais là l’animal devenait encombrant d’autant qu’il venait de sauter de son piédestal pour me lécher la joue.
Combien je regrette aujourd’hui de ne pas avoir eu sur moi ma redoutable caméra et sur fond de Cui Cui d’oiseau le voir dévorer le gardien du parc.
Un vrai pataquès cette balade dans ce parc alors que moi je voulais simplement me faire cuire le cul au soleil.
Je vous le dit et vous le redit du crack dans mon pâté en croute.
Quand j’arrivai dans ma ville, celle-ci était infranchissable. Elle avait été découpée en zone étanche. Des flics partout. Je n’étais pas à Biarritz pourtant en plein G7. Quoique le monstre avait de profil une légère ressemblance avec TRUMP. Tout le monde ne parlait plus que du Monstre.
Ma vie était devenue une interminable pochette surprise, Le monstre n’obéissait qu’à moi.
P’tit frichti sur le pouce ? Deux-trois radis ?!!
je ne savais plus comment le nourrir d’autant que j’avais à mes Basques un mur de photographes et de caméramans parce que ce serait tout de même dommage de ne pas immortaliser un truc aussi spontané. !!
Je le surveillais comme le lait sur du feu du coup il plissait son large museau et se roulait par terre comme un labrador. Aux premières pluies il s’est mis à rouiller Il était devenu modeste modeste vous dis-je !!
La seule chose qui l’incommodait c’était l’effluve des chaussettes des humains et le piment d’Espelette là je le tenais plus .
Hier soir dans son sommeil je l’ai foutu dans le hangar, la pluie, ça mouille trop , il ne supporte plus ,
ces articulations sont paralysées . Pauvre bête finir comme ça !!
Depuis mon hangar est devenu une machine à cash pour amateur de shows télévisés.
Suffit-il ? (Kate)
Suffit-il d'un dragon
Pour évoquer un donjon
Construit en moellons
Avec force sueur au front
Suffit-il d'un dragon
Pour qu'on fasse un plongeon
Dans la piscine au fond
Assez profond
Suffit-il d'un dragon
Pour que nous construisions
Des théories d'explication
Du monde qui donnent le ton
Suffit-il d'un dragon
Avec tous ses boulons
Pour que nous réfléchissions
D'où nous venons
Suffit-il d'un dragon
De petits vers de mirliton
Pour que nous enfilions
Quelques perles pour de bon ?...
Photos de l'auteur, août 2019, n° 1, 2, 4 tirées de "Histoire de la France" de Georges Duby ; n° 3 et 5, collection personnelle




















