Pas avant six heures la boutique ouvrira.

Le chant des pots où se cachent les hirondelles.

Ici on a pris habitude de rivaliser avec l’éternité en collectionnant les pots et les cruches.

C’est toujours un étonnement de venir ici .

Une horloge au fond de chaque pot compte les rayons de soleil qui frappent  la terre cuite d’un chant neuf .

C’est une vraie bibliothèque où se terrent les confitures et autres merveilles.

Comme une abeille j’y butine tous les dimanches dans ma robe d’organdi.

La première fois que je suis venue dans cette boutique j’avais six ans.

Je craignais de rencontrer une sorcière derrière les fagots de buches

A six ans on tourne le dos à la fenêtre du réel, on est chargé d’orageuses couleurs et tout a l’odeur du pain d’épice  même ces pots de terre suspendus dans la grande salle.

Aujourd’hui on innove des gerbes de fleurs sortent de chaque pot .

On marie un jeune soldat à la fille du maire. La grande salle est vibrante d’odeurs  printanières et les pots de terre rient aux éclats .

Les notes sortent du piano comme des pétales de roses et la mariée semble tourmentée .

Un pot vient de se briser à son pied. C’est un signe du ciel crient les vielles en applaudissant .

On ne connait bien  le bonheur que parce qu’il te manquera dit l’une d’elle .

L’ambiance devint soudain pesante .La mariée n’était pas une grande malade en phase terminale, elle se saisit d’un pot suspendu  . A peine un vague souffle d’air frais sur la nuque  de la vieille et la voilà sans connaissance sur le sol .

Dis donc walrus j’en ai une bien  bonne

 La prochaine fois que tu choisis une photo avec des pots de terre censure-moi au moindre écart !!

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