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Le défi du samedi
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28 décembre 2019

Marchands de dynamite et de pelles ! (Kate)

 

De la Suède aux USA

Chante et danse le groupe ABBA

aff

Dans la Ballade des Dalton

Les marchands de dynamite

Et de pelles

352 2

Dont le bruit résonne

Ding dong bell

Au-delà du mythe

Couv_5990

Nitroglycérine

Solidifiée

En héroïne

Statufiée

Une invention

Une belle

D'Alfred Nobel

Pour la construction des nations

0-3

(page extraite de Géo hors série Lucky Lucke dont voici la couverture ci-dessous :

0-2)

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21 décembre 2019

Promenons-nous en cathèdre et en bois (Kate)

 

Peut-on écrire tout en latin

Non ça ne serait pas bien

Et en grec non plus

Cela n'aurait pas plu

wordcloudex

 

 

 

 

 

 

 

 

Peut-on faire rimer cathèdre

Avec autre chose que polyèdre

Quelque chose en cèdre

Peut-être un rèdre

0-1

Peut-on parler de cathèdre

Pour Junon qui est le parèdre

De Jupiter dieu de l'Olympe

Cela justifierait qu'on y grimpe

0-3

Peut-on diriger ex cathedra

Un village gaulois

Sans l'aide d'un deus ex machina

Cueillant le gui dans les bois

0-6

Peut-on du plus haut

Du pouvoir ex abrupto

Régner in extenso

Par le pouvoir des mots

23 décembre 2023

Diableries corréziennes. (Yvanne)


Un jour le diable en eut assez de la vie qui était la sienne dans les labyrinthes du ciel. Il trouvait que c'était l'enfer là haut. Trop de travail. En situation de burn out. Besoin de vacances. Il décida d'aller faire un tour sur la Terre pour voir comment cela se passait chez les Hommes. C'était peut être le paradis. Il abandonna sa charge à ses subalternes trop heureux de pouvoir enfin manier la fourche. Et ils s'y entendaient ses diablotins. Ils avaient été à bon école. Ils étaient même pire que leur maître. Trop de rage retenue depuis trop longtemps. Et vas-y que je t'attise le feu. Et vas-y que je t'embroche les pauvres hères tombés sous leur férule pour leur plus grand malheur. C'était, paraît-il terrible. Je ne souhaite à personne pareil calvaire. Mais me direz vous s'ils étaient là c'est bien parce qu'ils l'avaient mérité. Pas sûr. Personne n'est infaillible. Même pas Dieu . D'ailleurs on s'aperçoit qu'il y a quelquefois des manqués.

Ses affaires réglées, le diable se glissa dans la peau d'un beau jeune homme et apparut sur la terre dans la plus grande discrétion. Il avait choisi comme point de chute un petit village corrézien nommé Gimel. Il y régnait une douce quiétude en ce jour de septembre ensoleillé et chaud. Satan fut surpris de constater qu'en devenant humain il en avait pris non seulement les formes mais aussi les exigences. Une soif tenace l'amena devant une fontaine où coulait une eau transparente et fraîche. Alors qu'il se penchait pour saisir dans ses mains en coupe le précieux breuvage, il entendit des pas derrière lui. Il releva la tête et se trouva en présence d'une jeune fille à l'allure de paysanne. Ni belle, ni laide, elle aurait pu passer  inaperçue si quelque chose dans son regard n'avait attiré le voyageur comme un aimant.

- Bonjour ma toute belle. Je suis Jehan, un pèlerin en route pour Rocamadour. Comment te nommes tu et dis moi où je peux trouver le gîte et le couvert pour la nuit.
- On m'appelle Nanon. Vous pouvez venir chez nous. Vous y trouverez un abri et une bonne soupe.
Jehan, comme possédé, ne pouvait détacher son regard de l'étrange fille. Sa chevelure aux mèches folles, d'un roux ardent cascadait jusqu'à ses reins. Ses yeux, d'un noir profond semblaient lancer des lueurs farouches. Son sourire dévoilait des dents petites et pointues. Prêtes à dévorer...Toute sa personne électrisait le diable devenu homme. Il s'en voulait de succomber au charme de cette curieuse femme. Il la suivit à contre cœur – comment, lui, le diable pouvait il tomber amoureux se moquait il -  jusqu'à une maisonnette où elle habitait, lui dit elle avec son frère.

Jehan vécut entre les deux jeunes gens qui firent tant et si bien qu'il ne put les quitter.
Il était ensorcelé et son amour pour Nanon allait toujours grandissant. Il ne tarda guère à demander sa main.
- Mon beau Sire, je serai à vous si vous me construisez un château où nous vivrons heureux.
Le diable essaya de protester – il n'était pas venu sur terre pour tomber en amour pour une jouvencelle – mais il ne pouvait pas résister au feu de ces yeux impérieux. Il fit ériger sur la plus haute colline de Gimel un magnifique castel.
 - Ma mie, nous pouvons maintenant nous marier déclara-t- il en se jetant, tout fier aux pieds de la demoiselle.
      - Mon beau Sire, voyons, je ne peux être à vous sans parures d'or et de diamants.
On apporta à la jeune femme des coffres pleins de lingots et de pierreries.
       - Ma mie, vous voilà riche à présent. Il est temps de célébrer nos noces  supplia Jehan.
Mais la capricieuse voulait toujours plus et elle fixa un nouvel ultimatum au pauvre diable de Jehan.
       - Mon beau Sire, j'aimerais tellement entendre le bruit de l'eau dévalant les gorges depuis mes appartements. Faites moi donc ce dernier plaisir et nous nous unirons c'est promis.
      Jehan exauça encore son vœu. On entendit bientôt des grondements provenant de la rivière Montane. Trois cascades successives rugissaient pour se jeter dans un gouffre profond. Jehan, excité comme un petit garçon crut que sa belle, enfin satisfaite allait cette fois lui accorder sa main. Il se précipita dans sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant sa bien aimée dans les bras de son prétendu frère !
      
      Le diable berné vit rouge, vociféra, tenta de s'approcher du couple pour se venger mais les yeux de Nanon le clouèrent sur place. Il comprit alors qu'il avait à faire à une sorcière. Il se sentit tellement ridicule qu'il décida sur le champ de retrouver son fief au fond des enfers en jurant que ces deux là devraient payer un jour pour leurs forfaits. En reprenant son apparence initiale il constata avec stupeur un changement d'importance dans sa physionomie. Des excroissances avaient poussé sur sa tête.

C'est bien évidemment depuis cette histoire de diablerie corrézienne que Lucifer porte des cornes. Et que l'on peut admirer à Gimel les splendides cascades créées sous la contrainte par Satan et dont tout le Limousin s 'enorgueillit. Mais pour bien montrer que pour lui l'enfer était sur la Terre il ne manqua pas de laisser une dernière trace de son passage en nommant Inferno les gorges insondables et sombres de la Montane.

yv

9 décembre 2023

Vous avez dit "Siphon" ? (Walrus)

 
Un mot bizarre, hein ?

(Je l'ai proposé par vengeance suite à un événement récent.)

... bizarre mais riche de contenu : y en a des sortes de siphons !

Quant aux choses qu'on peut siphonner... Depuis les réservoirs de bagnoles (attention à l'amorçage : même sans plomb, l'essence c'est dégueulasse !) jusqu'aux comptes en banque (là, c'est mieux : l'argent n'a pas d'odeur, particulièrement l'électronique).

Mais revenons à la variété des siphons :

  • Commençons par celui des vidangeurs de réservoirs. Le plus simple est d'utiliser un bête tuyau souple mais il y a comme je l'ai dit (ça c'est pour allonger la sauce) le problème de l'amorçage. Les pros utiliseront donc préférentiellement un système avec poire (ou soufflet) d'amorçage (on en trouve même munis d'une petite pompe électrique) :

    Essence

  • Il y a ceux de laboratoire. Quasiment identiques aux précédents, sauf que c'est plus cher parce que c'est du matériel scientifique (comme disait ma boss chérie : "Pour les labos, une plaque avec un boulon, t'en as tout de suite pour cent euros !"). Ceux que j'ai connus étaient en verre, c'est vous dire si je suis vieux ! :

    labo

  • Il y a ce siphon que nous avons tous chez nous en au moins un exemplaire (sauf les utilisateurs de toilettes sèches) :

    wc

  • Il y a les siphons des tuyauteries de cuisine, par exemple :

    tuyau2
    Je vous montre celui qui est à l'origine du billet cité plus haut, que vous compreniez mieux mon enthousiasme :

    Le mien

  • Il y a les siphons à eau de Seltz (même si aujourd'hui on n'importe plus d'eau de Selz, on les met plutôt sous pression de CO2) :

    7972(Oui, vous l'avez déjà vu quelque part...)

  • Il y a ceux des pâtissiers (ou cuistots) qui, comme c'est drôle, sont chargés au gaz hilarant (les siphons, pas les pâtissiers, encore que, sur un mâle entendu...) :

    hilarant

  • Sur le même principe que ceux des cuvettes de WC, mais à une échelle un brin supérieure, il y a ceux qu'empruntent certaines rivières pour passer sous certains canaux, je vous montre l'exemple de la Wanze, un ruisseau du patelin de mon adolescence (Ville-sur-Haine) affluent de la Haine qui franchit ainsi deux canaux à la queue-leu-leu : l'ancien et le nouveau canal du Centre (cliquez sur l'image pour mieux voir). Si vous faites de la spéléo vous avez peut-être dû en franchir de similaires, mais naturels :

    Wanze

  • J'ai tenu le meilleur pour la fin : vous vous rappelez mon mollusque favori ? Je vous recolle l'illustration, cherchez bien :

w7911

Quoi ?

Complètement siphonné ?

Moi ?!

Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

2 décembre 2023

Participation de TOKYO

 

Mon hypersensibilité détectait à des kilomètres l’odeur des cookies au chocolat.

Même carbonisés, je pouvais dans un quartier désolé repérer ces mines de charbon.

J’avais une capacite d’attention hors norme mais je ne savais pas comment exploiter ce don.

 Dans mon cv en recherche d’un job je stipulais en gros caractère cette compétence divine jusqu’à ce qu’un jour enfin je décrochais un entretien.

Il a posé sa main sur la mienne il avait un tatouage ésotérique autour du poignet. Très lentement, l’air de rien frauduleusement pour ainsi dire je replace ma main à côté de la sienne.

Votre capteur infrarouge nous intéresse mademoiselle. Vous êtes à vous seule la radiesthésiste que nous cherchons.

Vous avez sans doute un super cerveau qui ne demande qu’à explorer d’autres odorats ; celui de l’argent par exemple !!

Mais l’argent n’a pas d’odeur dis-je en sursautant.

 Sauf pour vous dit-il en souriant. Ils m’ont immergée trois jours dans un coffre-fort. J’ai infusé au milieu de liasse de billets.

 

Une petite maligne comme moi avait enfin trouve le moyen de mettre la main sur des miettes du grand gâteau.

v

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25 novembre 2023

Participation de TOKYO

 

Je mangeai une pastèque tout en serrant dans ma main une figue de barbarie.
C’était mon ‘quant à soi ‘’à moi devant la cérémonie de mariage de mon ex-ami .
Je connaissais sa propension à l’auto aveuglement. Cet évènement était pourtant la seule chose qui m’avait fait sauter du lit et m’avait attirée comme le joueur de flûte
Ce mariage servirait -il à élargir les douves du palais de la mariée ?
Ou servirait-elle à m’enfoncer dans un coma ?
Tout comme un magicien vieillissant perclus d’arthrite mon n ex avançait vers la cathédrale.
J’aurai pu verser de la térébenthine dans le rectum du cure mais ‘mon quant à soi’ me dictait mon pas .
Mon pas était léger ma pastèque à la main. De toute façon je ne pouvais rien faire. J’étais comme une goutte qui s’était précipitée sur la vitre de l’existence et qui avait renoncé à la violence grotesque, la désinvolture cinglante et comme une roulette russe à balle marine je rejoignais le zendo des rêveurs glissant en une lente et douce méditation sinueuse vers la flaque de l’existence .

v

 

25 novembre 2023

Pauvre Walrus ! (Walrus)

 
(Car on n'est jamais mieux plaint que par soi-même, n'est-il pas ?)

Je ne parlerai pas de  schizophrénie : j'ai déjà reçu une volée de bois vert d'un professionnel qui me reprochait amèrement d'avoir confondu dans un de mes billets schizophrénie et dédoublement de la personnalité ! (Remarquez que j'ai déjà bien assez de mal à asseoir ma personnalité (pour peu que j'en aie une)  que pour m'en forger une seconde (à moins qu'à "l'insu de mon plein gré")).

(faut absolument que je me débarrasse de cette manie des parenthèses qui s'est aggravée, dieu sait pourquoi, depuis la semaine dernière (faut aussi que j'évite de confondre  "semaine dernière" et "semaine passée"))

Bon, revenons à mon cas !

J'ai tenté de retrouver le billet dont question ci-dessus assorti du fameux commentaire, mais je n'ai trouvé que celui-ci où j'évoquais mon état "schizophrène", mais où personne n'est intervenu pour mettre les choses au point. Vous pouvez cependant en lire le début qui vous éclairera sur mon problème : ce n'est pas le même mec en moi qui choisit les sujets et écrit la parti(cipa)tion !

La présente semaine ne déroge pas à la règle : au moment où j'ai posté le sujet est née l'angoisse de la réponse à donner à cette sollicitation.

Franchement : "Quant à soi" (avec ou sans tirets) !

Comme si j'avais un pré carré ! Déjà, j'ai pas de jardin et si j'en avais un, je n'irais pas le faire "à la française". Pour moi, Le Nôtre est au jardin ce que Boileau est à la poésie : un empêcheur de rêver en rond ! Carré ! Tu sais où tu peux te le carrer ton carré ?

Oups, désolé joye !

Donc, me voilà face à ce quant à soi que je répète sur tous les tons jusqu'à ce qu'une voix perverse surgie de mon Ça (je savais même pas que j'en avais un avant de rencontrer Zigmund) me susurre "Kant assoit".

Mais qu'est-ce que ce brave Emmanuel peut bien asseoir et asseoir sur quoi ? Une théorie, une thèse, une philosophie sur des bases irréfutables, mais lesquelles  ?

Faut que je me renseigne sur  lui,  parce qu'en dehors du fait qu'il a pondu des trucs dont "Critique de la raison pure" (un titre à te faire regretter d'avoir critiqué Marcel) je n'ai entendu parler de lui que par Umberto Eco dans un petit ouvrage sur la sémantique (parce que le drôle avait aussi des positions, bien assises je suppose, sur la sémantique !).

Et aussi parce que moi, quand on me parle de s'asseoir et d'Emmanuel, ça m'évoquerait plutôt un fauteuil Pomaré, si vous voyez ce que je veux dire...

Pomare

Comment ? C'est pas Emmanuelle ? Dites, faudrait pas me prendre pour un bigleux, je parviens encore à reconnaître mon épouse ! Même si la photo date un tantinet...

Bon, je vais me renseigner et je trouverai bien un autre sujet qui me permettra de vous faire part de mes découvertes...

23 septembre 2023

Aux arbres et cetera (Yvanne)


Comme la Corrèze est appelée « le pays vert » principalement à cause de ses forêts, le Limousin est dénommé « pays de l'arbre ». Et l'arbre-roi local est naturellement le châtaignier. D'ailleurs sa feuille figure sur le logo régional. L'on nommait autrefois le châtaignier  « l'arbre à pain » tant il est vrai que ses fruits, produits en abondance, nourrissaient nombre de familles pauvres dans les campagnes. Pas seulement les humains d'ailleurs mais aussi le cochon que chaque foyer se devait d'élever afin d'avoir de la viande. Celle-ci constituait pratiquement l'unique apport carné avec la volaille et les lapins de la basse-cour. La châtaigne est redevenue à la mode aujourd'hui et s'invite dans les assiettes des grands restaurants.

Le chêne figure en très bonne place dans nos forêts ainsi que bien d'autres espèces dont le hêtre que l'on appelle aussi fayard. Je connais une hêtraie absolument remarquable qui me fascine chaque fois qu'il m'est donné de l'emprunter. Une allée, constituée d'une soixantaine de feuillus plus que centenaires conduit à un haut lieu pourvu de richesses naturelles, culturelles et historiques : le Mont Gargan. Mais oui il paraît que Gargantua passa par ici ! Ce site avoisine le plateau de Millevaches et offre des paysages magnifiques de landes de bruyère, de forêts, de vallées verdoyantes jusqu'aux montagnes d'Auvergne dont le Sancy que l'on voit très bien par temps clair.  

Quand je marche dans cette hêtraie splendide en automne surtout avec ses couleurs pourpres et or je suis troublée par ces arbres étonnants, aux racines tentaculaires qui s'agrippent au sol pour s'y enfoncer profondément, aux troncs trapus et vigoureux malgré leur âge. Les branchages tordus, noueux, violentés par un climat rude en hiver partent de très bas et dans tous les sens. On ressent ici un vent de liberté régnant sur le monde végétal. Mais pas seulement. Il y a eu au Mont Gargan des combats menés contre l'ennemi par le colonel Guingouin lors de la dernière guerre. Mais c'est une autre histoire où le mot « liberté « prend tout son sens.  

J'aime marcher entre ces arbres majestueux dont les ramures en été forment une cathédrale de verdure où il fait bon flâner. Les oiseaux s'y égayent et s'égosillent, les écureuils furtifs donnent de ci de là des touches rousses qui allument les frondaisons. Il n'est pas rare d'apercevoir un chevreuil s'éclipsant, rapide et léger comme la brise qui agite mollement le feuillage. Ce lieu est vraiment magique.

Et au bout de cette allée superbe s'élevant jusqu'au plateau m'attendent d'autres trésors ensorcellants dont les ruines de la chapelle Notre Dame du Bon Secours, une fontaine cachée dans les genêts et des panoramas grandioses que je ne me lasse pas d'admirer. Mais c'est encore une autre histoire...

yv

 

23 décembre 2023

Donne une pomme ? (Kate)

Donne une pomme ?

Sarah : Salut Marianne ! Alors, ta dernière lecture, c'est quoi ?

Marianne : ... Montaigne.

S : Hein ?

M : Tiens, regarde, Tania...

S : ...de Montaigne,"Sensibilités", son dernier !

M : Tu l'as lu ?

S : Non, bof, pas trop envie mais beau sujet. Alors, qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?

M : Le Métèque.

S : Quoi ?

M : Georges Moustaki.

S : Ah, oui ! Mes parents adoraient ! Très "Seventies" !

M : Et toi, qu'est-ce que tu lis ?

S : Un bouquin conseillé il y a quelques jours à la radio, "rentrée littéraire 2022", présenté comme complètement addictif...

M : Philippe Jaenada, Ivan Jablonka ?

S : Non, enfin, pas si loin, un auteur que je ne connaissais pas : Grégoire Bouillier, "Le coeur ne cède pas"...

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M : Enquête policière ?

S : Si on veut, enfin, oui, l'auteur veut ça... Il fouille un fait divers et ce faisant se raconte autant lui-même que ses recherches...

M : Autofiction ?

S :  Oui, j'en suis au début, je ne le lâche plus. Il m'entraîne...

M : "Au bout de la nuit" !

S : Tiens, à propos de chanson, tu connais cette chanson de Moustaki, "Donne du rhum à ton homme" ?

M : Non... Mais ça rime déjà !

S : Bon signe ?

M : Hum... pas trop, chère cousine...

S : Tiens, regarde, pile 1970, un "clip" d'époque.

M : Mouais... plutôt mal vieilli...

S : Oui, alors que ce duo-là, c'est autre chose !

M : J'adore ! Pour en revenir à "Donne du rhum à ton homme"...

S : C'était pour te taquiner, comme tu m'as parlé du bouquin "Sensibilités"... Ça serait aujourd'hui "Donne une pomme"...

M : À ton homme ? C'est pas un peu tarte ?

S : Aux pommes ! Oui, un peu facile... Mais pour ne pas heurter les "sensiblités", on n'incite plus à boire (du rhum), à manger du sucre (du miel), à fumer (du tabac)...

M : Oui, toute une époque... Et dire "ton homme" !

S : Mais on dit bien "ta femme" !

M : C'est vrai... Et cette injonction : "Donne", et cette conclusion : "Et il t'aimera" !

S : Marianne ! Je te retrouve bien là !

M : Mon côté "Ève lève-toi" !

S : Je sais...Bon, j'apporte le thé.

M : Conclusion : la femme est une tentatrice ?

S : Incitée par l'homme ?

M : Tiens, ça me rappelle quand tu avais gagné le concours de danse au camping ...

S : Ah, c'est loin ! C'était "Kolé  Séré" !

M : Et tu dansais avec qui, déjà ? Avec Adam ?

S : Non, avec John...

M : Ah oui, le maître nageur ! Il ne buvait pas que de l'eau, hein ?

S : C'est pour ça que je lui avais donné un ultimatum...

M : Du rhum ou ma pomme ?

S : Première option, il avait choisi la première option !

M : Quelle chance pour toi !

S : Évidemment ! Et tes parents adoraient Adam !


 

8 juillet 2023

Polysémie (Walrus)


(...Faudra que je le replace, celui-là) 

Déjà avec un mot, on n'est pas à l'abri de la polysémie, ce ne sont pas les exemples qui manquent (vous n'avez qu'à chercher, je vais quand même pas tout faire à votre place).

Mais avec une image, c'est l'embrouille garantie, le grand n'importe quoi à portée de clavier sous vos doigts agiles !

Reprenons celle du jour :

P1050880

Ouille ! C'est pas la même, mais c'est tout comme : même endroit, même personnage, un an plus tard et avec des lunettes, à condition d'oublier le bras qui gâche un peu le gag visuel.

À partir d'elle, on peut s'orienter dans des tas de directions, imitant mais avec moins de style, celui de Kate !

  • Évoquer la langoureuse et provocante danse des sept voiles exécutée (c'était prémonitoire) par Salomé pour se faire servir la tête de Jean-Baptiste (non pas Poquelin, Jean le Baptiste !) sur un plateau.
  • Disserter sur les effets d'optique et jeux de miroirs destinés à tromper le public des pseudo-magiciens du monde du spectacle et lui faire prendre des vessies pour des lanternes ou de frais minois pour de la tête de veau.
  • Repérer sur l'affichette le nom de "Technopolis" et nous embarquer pour un voyage à Malines (Mechelen en langage du cru).
  • Aviser le papier peint et vous rappeler la pub Vénilia. (En dat in a kas, Marcel !)
  • Prodiguer des conseils sur les conditions de cadrage, d'éclairage et réglages de l'appareil pour produire une bonne photo.
  • Évoquer le slogan vantant le consommation quotidienne de cinq fruits et légumes.
  • Bénir la chute sur la pomme d'Adam d'Isaac Newton du fruit de l'arbre de la connaissance soumis à la gravitation universelle (dura lex sed lex) ce qui éveilla son esprit et nous vaut aujourd'hui de nous adonner, ô joie, aux charmes du calcul infinitésimal (petite cause, grands effets). Un travailleur, cet Isaac dont le nom sert aujourd'hui à nommer l'unité de force en mécanique.
  • Dans un registre plus personnel, chanter (faux bien sûr) ce refrain de Maurice Chevalier.
  • Se rappeler le Clockwork Orange (que j'ai personnellement trouvé très drôle) de Stanley Kubrick.
  • Chanter à tue tête et se trémousser sur le "Banana Split" de ma semi-compatriote Lio (l'autre moitié est portugaise)
  • Ou, même, et nous en resterons là, se vêtir uniquement de bananes comme l'inénarrable hôte du Panthéon : Joséphine !

    joséphine

Post Scriptum :
Oui, je sais, j'aurais encore pu allonger la sauce comme semble y invter la présence de la saucière, mais ça ira comme ça pour aujourd'hui, faut en tenir un peu pour la semaine prochaine...

29 avril 2023

Va va voum ! - tiniak

  

Va va voum !
Va va voum !
Quand mon moteur fait vroum
c’est que j’ file à la boum
(des férus d’Oum-Kalthoum)

Patapouf !
Patapouf !
Quand mon karma s’étouffe
c’est la faute à malbouffe
(et tous mes loukoums pouffent)


Tagadam !
Tagadam !
Au galop, vague-à-l’âme
bourdonne après Madame
(qui se fond dans le tram)

Kof ! Kof ! Teu-heu ! Teu-heu ! Bang bang !
Mêmes, tchiki-tiki-bang-bang !
C’est l’heure où mon cœur saigne
et répand son antienne
devant sa neuve enseigne
(de, naguère, ma "tienne")

 

Vavavoum

25 mars 2023

Sonnez le boute-selle ! (Walrus)

w760

Initialement, j'avais choisi "Quadrige". Vous connaissez : cet attelage de char à quatre chevaux (non pas Renault !) de front.

Mais je vous ai vus venir : immanquablement vous alliez me ramener Ben Hur et sa course de chars et je déteste Charlton Heston.

Donc, j'ai opté pour une sonorité voisine : "Quadrille" !

De toute manière, le "Quadrille des Lanciers" étant le seul qui me soit connu, on reste dans la cavalerie, d'où le boute-selle.

Pourquoi je connais le quadrille des Lanciers ? Parce que dans mon patelin (Charleroi) de l'immédiat après-(dernière)guerre, on le dansait encore régulièrement. Aujourd'hui, je crains qu'en dehors du gala annuel de l'école polytechnique de Paris (l'X pour les connaisseurs), on ne le danse plus guère avec ses cinq figures : 1. les tiroirs, 2. les lignes, 3. les saluts, 4. les visites, 5. les lanciers.

Si vous creusez un peu, vous apprendrez qu'il a été imaginé à Dublin au début du 19ème siècle et qu'importé en France, il faisait fureur (mais non pas Führer) à la cour impériale de Napoléon III (le Petit, si j'en crois Hugo).

Quoi ? À quoi ressemblait un lancier de l'époque ? Facile, y a qu'à demander :

w7602

Comment ? Il n'a pas de lance ? Et alors, est-ce que les pompiers portent une pompe ? Non, sérieusement : normal, lui, c'est le chef, il porte un sabre, les lances, c'est pour le petit personnel tout flou au fond de l'image.

Ce qui est étrange, c'est qu'à l'époque de cette enfance que j'évoquais plus haut, deux autres danses, bien moins compassées que le quadrille, faisaient elles aussi un malheur : la danse atomique , sans doute en souvenir d'Hiroshima et la danse du Spirou. Deux trucs assez remuants. Remuants au point que dans certaines communes on avait fini par les interdire (c'étaient toujours les danseuses qu'on projetait vigoureusement qui se ramassaient sur le "dancing floor" comme on dit aujourd'hui).

Bon, c'est pas tout ça, faut que je vous laisse, j'ai un tiroir à ranger !

 

31 décembre 2022

Élixir (TOKYO)

 

Si je comprends bien ma vie va devoir se résumer à des réunions Tupperware ;

C’est bon !! j’interromps ce charlatan avec un sourire si large et si intense qu’on aurait pu me confondre avec ces lutins espiègles qui avalent du soda dans ces pub débiles.

Les gourous en tous genres peuvent aller se rhabiller mon élixir de jouvence c’est ma cargaison de produit de beauté.

 Et on n’oublie pas que j’ai été une enfant autiste et que je suis restée suffisamment narcissique pour être immunisée par les propos hasbeen sur mon âge.

Mon gorille André regarde ce médecin dans les yeux et rétorque.

« Apparemment pour rester dans la course il faut atteindre la bonne combinaison de sucre, d’eau gazeuse de colorant caramel d’acide phosphorique et de benzoate de potassium de caféine d’acide citrique et d’arôme naturel. »

C’est la fin du grand mensonge Madame retorque le gourou. Mes espoirs de trouver l’élixir de jouvence dégringolent comme un rouleau de pièces de cinquante E dans un puit aux vœux.

Vous croyez vraiment ?

Je suis sur le point de faire demi-tour et prendre mes jambes à mon coup quand Mon gorille André empoigne par le coup le docteur en lui criant espèce de psychopathe dangereux

André est encore défoncé et je vois bien qu’il n’est pas le chaperon idéal.

Andre n’est pas un gorille dangereux ça c’est un fait mais il aime mettre les gens à l’épreuve, jouer avec leurs nerfs.

Je me sens soudain submergée par une vague de nostalgie pour ce bon vieux temps où la médecine ne jurait que par des élixirs de jouvence.

C’est le pire jour de ma vie je dois vieillir.

Je me prends la tête entre les mains prématurément grisonnante et je répète

 C’est le pire jour de ma vie.

v1

24 décembre 2022

Décasyllabe (TOKYO)

 

Je n’ai jamais écrit en décasyllabe, les mots sont si légers, plus légers que ma plume que l mettre des barrières ou des cadres, c’est épuiser en eux leur étincelante envie de vivre.

Parler comme on écrit mais à qui parle -t-on quand on écrit en décasyllabe.

 A une comtesse peut être !!

Parlez-moi de votre intimité, sans que vous sachiez où cela pourrait nous mener.

Votre cerveau fait il du saut à l’élastique quand le conte se balade en slip kangourou.

v1

Et comment avez-vous connu votre plus merveilleux coït en décasyllabe sur un tabouret de piano ?

Nous voilà comme ces idiots effarés qui ont la candeur et le bon sens de ne jamais faire usage du décasyllabe

Imaginez vous un peu accroupi sur la comtesse entrain de joyeusement vous exprimer en décasyllabe, accompagne d’un fouet argenté et de castagnettes andalouses !

3 décembre 2022

Apotropaïque (TOKYO)

 

Merci, merci, docteur je suis heureuse comme un poisson chat en eaux troubles.

Vous avez beaucoup questions ?

Je ferai tout possible, heu tout mon possible pour répondre à vos questions.

Mais nous ne devons pas oublier que meilleure réponse n’est pas toujours fiable ;

Le docteur dit chances avec son accent trainant ‘chaaaanzes.’

C’est plutôt déconcertant.

Le docteur Yamaguchi me tend alors un objet insolite.

SVP permettez que je raconte l’histoire de cet objet ?

Au treizième siècle vivait dans un temple zen un jeune moine qui avait la charge lourde de ramener la paix dans la vallée. Ce mot paix a beaucoup de nuances subtiles de sens.

Il plaça tout au long du chemin qui menait au temple des pierres Apotropaïque chargées de forces mystérieuse. Ainsi depuis deux milles an ces pierres n’ont pas été déplacées.

Même pas un peu ?

Docteur ? . Il ne parle plus ses yeux tournent comme des moulins à prière piégés dans son orbite. Une odeur d’encens fait frémir mes narines. Soudain la vision de ces objets me baigne dans une sérénité bouddhiste.

Le mot Apotropaïque s’égrène soudain comme un chapelet et vient percuter mon diaphragme comme un mantra. Alors qu’un souffle final s’échappe de ma poitrine je reviens à Moi

Le docteur a disparu et ma carte bancaire aussi.

v1

1 octobre 2022

Les rouflaquettes (maryline18)

m18

Alors que je cherchais l'inspiration, je suis tombée sur les très belles rouflaquettes du Roi d'Espagne, Alphonse XII ( 1874-1885 ) .

Poursuivant mes recherches, me voilà "soulevée" par le Requiem de Verdi créé en 1874, puis entrain de visiter la Sagra Familia.

Ne quittons pas l'Espagne...Je vous prépare une paella ?

Nous la mangerons ensemble en écoutant ...Mariano ?

Je file enfiler ma robe à volants !

Et bien, croyez-moi, une histoire de rouflaquettes peut vous emmener très loin...

 

23 juillet 2022

Une oeuvre sur la place (François)

 

Castiglion Fiorentino-0006

 

Sur la place du village,

Ce matin, j’ai découvert

Une sculpture d’un drôle d’usage,

Qui était érigée dans les airs.

 

Sur un socle emmanché,

Un cube en équilibre sur une pointe,

Défiait la gravité.

Je l’admirais les mains jointes.

 

Mais comment pouvait-il tenir,

D’autant que deux hommes étaient dans cet espace,

Sans chercher à se maintenir,

Acrobatiques Figés là, avec audace.

 

Je demeurais assez décontenancé.

Ce moment de surprise, je l’ai vécu,

Je me disais face à cette œuvre élancée,

La gravité est désormais vaincue.

 

16 septembre 2017

Mots croisés (joye)

- Chéri, il me faut un mot de six lettres.

- Et la définition ?

- « État de félicité ».

- Hmm, je ne suis pas sûre où elle vit.

- Qui ça ?

- Ta cousine Félicité…dans le Nioujerzi, je crois.

- Beuh non, « Nioujerzi » a neuf lettres.

- Y a d’autres indices ?

- Je crois que le mot contient un x.

- Ah. Alors, Texass.

- Téksasse contient un x ? T'es sûr ?

- J’en sais rien…euh, ouais, maintenant que j’y pense, son ex vit au Texass.

- Sonixe ? C’est pas eux qui fabriquent des appareils pour les hérissons sourds ?

- Peut-être bien. Il commence par quelle lettre, ton mot ?

- Euh…

- Ah !

- Non, euh…

- Allez, c’est E…X…et encore quatre lettres ?

- Paraît-il.

- Exquis ?

- Non, et sois raisonnable ! C’est trop tôt pour boire ta bière mexicaine.

- Allez, va, on est samedi, je peux m’en permettre une Dos Exquis.

- Oui, mais tu ne t’arrêtes jamais après une, et même pas dos

- Hé, j’ai trouvé…

- Quoi, ta bière ? Je pensais l’avoir bien cachée !

- Nan, ton mot !

- Ah oui, quoi t’est-ce ?

- Ex-mari !

- Ah, encore heureux… E..X..M..A..R..I.. ! Tiens, tu me donnes des idées...

- Parfait !  Et hop ! À la bonne mienne !

crossword puzzle

24 novembre 2018

Participation de Venise

 

Ma vie est aussi sinueuse et lente qu’un gastéropode.
Ma maison sur mon dos lieu d’une utopie ne s'intéresse qu’au bonheur des miens.
Rentrer dans ma maison coquillage c’est entrer dans le silence de la mer.
Lentement avec soin pour que cela dure encore.
Je me déplace entre le rez de chaussée et le parc . C’est ainsi que mon histoire s’est faite .
J’ai plongé très tôt mes yeux ouverts dans cette maison colimaçon je repoussais les gouttes visqueuses de la gelée matinale qui entravait la lumière du jour.
Je ne craignais pourtant pas les jours de grisailles , l’humidité tiède des herbes, car les fleurs sentaient la vanille .
J’aime toujours me glisser dans ce sous bois plein de pervenches afin de rendre une visite polie à mes cousins les gastéropodes .Je les regardais d’en haut dans leur repos provisoire .
Le vent m’enchante ma maison ces jours là écarte ses bras et résiste de toutes ses forces à la poussée furieuse de la tempête .
Coque, prairie,palourdes qu’on trouve au pied de ma maison les jours de marées basses sont les colliers que je porte au cou.

v1

22 juillet 2017

Surgères (Walrus)

 

 Surgères, octobre 2005

 

Pris d'une pulsion aussi créatrice que prémonitoire (sans parler que l'on est ici dans le vignoble des bois ordinaires du Cognac), le sculpteur d'une des métopes de l'église locale fit surgir de la pierre un Ronsard devenu chèvre (à moins que ce ne soit lion superbe et généreux) fou d'amour pour la jeune et belle damoiselle Hélène de Surgères.

(Mais oui, vous savez bien :
"Quand vous serez bien vieille...")

C'était prédestiné, l'amoureux transi ne se prénommait-il pas... Pierre ?

 

23 février 2019

La voltigeuse (Lecrilibriste)

Magnifique sculputre de Valentine Laude "Les trapezistes"

lec


Là-haut pendue sur son trapèze
dans son body d' peau d'chagrin
en musclant cuisses et trapèzes
elle rêvait au jour prochain
où elle aurait sa robe trapèze
avec des sequins

L'avait r'pérée dans la boutique
de la place des Célestins
d'la mode elle était addict
et pour séduire sonValentin
elle rêvait d'sa robe trapèze
avec des sequins

C'était la reine de la voltige
d' l'équilibre et chutes de reins
des pirouettes et des vrilles
des toubillons et des twists
rattrapés d'un bras de fer
par son double,Valentin

Mais Valentin était épris
d' la belle aux cheveux de lin
jongleuse, reine en tours de mains
qui avec eux était en piste
et sortit soudain des lapins
des manches d'une robe trapèze
avec des sequins

S'élançant à la conquête
d'un saut perilleux coquin
notre voltigeuse experte
s'élançait vers Valentin
quand elle vit la robe trapèze
avec des sequins
sur le dos de la donzelle
qui exerçait avec zèle
sortant avec élégance
de ses longues et larges manches
un lot de dix huit lapins

Lors, son sang ne fit qu'un tour
en un sursaut repressif
elle plongea vers la piste
manquant rater Valentin
Mais il la sauva de justesse
 la rattrapant  d'une main
dans un ballet aérien
qui semblait avoir des ailes
La foule hurla d'effroi
l'applaudimètre explosa
et la donzelle aux lapins
croyant que c'était pour elle
de la liesse profita.

La voltigeuse addict et triste
retourna dans la boutique
de la place des Celestins
pour acheter, devinez quoi ?
Un bikini rouge et jaune à p'tits pois

27 mai 2017

Et en même temps (Joe Krapov)

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- L’endive et le chicon ? s’emporta le commissaire Van In en reposant bruyamment ses couverts dans son assiette de carbonade entièrement vidée. Mais c’est n’importe quoi, ce que tu racontes-là, Guido !

L’endive et le chicon, c’est comme Istanbul et Constantinople ! Combien de kilomètres pour aller de Leningrad à Saint-Petersbourg ! Combien de temps faut-il pour aller de Lutèce à Paris ? De Lugdunum à Lyon ?

Endive et chicon, c’est étourneau et sansonnet ! C’est Bossuet et aigle de Meaux ! C’est aronde et hirondelle ! Krapoverie et déconnade ! Don Diego de La Vega et Zorro ! Docteur Jekyll et Mister Hyde ! Hermès et Mercure ! Aphrodite et Vénus ! Macron et Jupiter ! Bonnet blanc et blanc bonnet ! Jus vert et vert jus ! Chou vert et vert chou !

L’endive et le chicon ! Qu’on me saupoudre de mimolette râpée si je blasphème mais on tombe sur la tête, là, Guido ! C’est Isaac Newton et Gotlib ! Pourquoi les paquebots belges ont-ils trois cheminées ? Parce que les transatlantiques ! Le nonsense et l’absurde ! Dat is allemaal vijfenzeventig ! C’est échanger quatre trente sous pour un dollar ! Six of one and half a dozen of the other !

L’endive et le chicon ! Quelle différence entre une montagne ?

L’endive et chicon ! Le topinambour et la truffe du Canada ! Le bombyx du mûrier et le ver à soie !

L’endive et le chicon ! N’importe quoi et Port’nawak !

- Mais enfin, Pieter, protesta Hannelore, qu’est-ce que c’est que ces salades ? Il n’a jamais été question ni d’endives ni de chicons ? Guido te disait qu’il était allé aux Maldives faire un stage de chi kung ! Tu deviens de plus en plus sourd, ma parole ?

- Non, ce n’est pas ça, Hannelore, protesta Versavel. C’est juste qu’après trois Duvel et deux bouteilles de vin rouge il n’a plus tout son entendement !


- N’avoir plus son entendement et être sourd, c’est un peu pareil, non ? répondit-elle désolée en contemplant son conjoint qui avait entre-temps piqué du nez dans son assiette. Comme le tournesol et l’héliotrope ? Le haddock et l’églefin ?


- Le chicon et l’endive ?

N.B. Les trois personnages de ce sketch imbibé sont empruntés aux romans policiers de Pieter Aspe dont l’action se déroule en général à Bruges. Ou à Brugge ?

P.S. 1 Si vous allez un jour en voiture à Bruges (ou à Brugge ?) sachez que pour revenir à Lille il vous faudra prendre la direction de Rijsel. Lille et Rijsel, vous l’avez deviné, c’est comme l’endive et le chicon ! ;-)

P.S.2 Evidemment, tout ceci vous est transmis « From Rennes (From Condate ?) witloof » !

24 novembre 2018

Gastéropode (Laura)

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Gastéropode

 

Je pourrais raconter à nouveau la petite histoire de l'escargot bleu[1]
Qui s'inspire de la comptine de la souris verte de mon enfance.
Je pourrais en dégoûter certains en parlant de manger ce gastéropode.
Je pourrais me dégoûter moi-même en parlant des limaces.
Je préfère parler des courses d'escargots (et d'asticots) quand j'étais petite.
Je souhaite aussi évoquer la souffrance de l'hermaphrodite de Cannelle[2].
Je ne peux pas ne pas penser aux fossiles de mes parents que j'aime
Bien que la bave d'escargot[3] nous ait éloigné plus vite que rampe le gastéropode.
Vais-je terminer par de la poésie, celle de Desnos[4] ou de Prévert[5]?
Je vais rajouter de l'art parce que sa représentation sublime le gastéropode[6].

25 mars 2017

Force-toi car tu es bonne pâte ! (Joe Krapov)

N     ous les regardons, sidérés, avec l’appétit qui retombe :

O     n dirait un plâtras épais de gélatine anglaise molle,

U     n enchevêtrement pervers d’asticots qui feraient la bombe,

I      gnorant qu’au dos des affiches est destiné le pot de colle.

  es mollassonnes, les nigaudes ne vont pas pointer chez Engie ;

L     es niaises ont leur blancheur de dindes de Bressuire !

E     lles sont le maître étalon, par plats, du manque d’énergie

S     urtout lorsque le maître-queux, distrait, les a laissé trop cuire.

DDS 447 Pauvre-bitos-ou-Le-diner-de-tetes

5 janvier 2019

Des macaronis, tu m'épates ! (Walrus)

 

Au moment où j'écris ces lignes (parfaitement, je suis capable d'écrire plusieurs lignes, lecteurs de peu de foi !), j'ai déjà reçu les textes de trois participantes. Deux d'entre elles évoquent une situation à laquelle j'avais moi-même pensé : l'utilisation du vocable "Macaroni" pour désigner les Italiens d'importation dans leurs pays respectifs (qui sont paradoxalement le même, enfin, faut encore voir ce qu'on entend par "pays", le français ne brille pas par la précision de son vocabulaire).

Donc, je ne vous raconterai pas que chez nous aussi la chose était commune, que mon meilleur ami quand j'habitais Montignies-sur-Sambre au début de mes études primaires s'appelait Roberto Botti, qu'il habitait un peu plus loin dans ma rue (Bois Monceu) que son père était mineur, que sa famille italienne était bien sympathique. Que chacun d'entre nous connaît, à l'instar de Brassens et du curé de chez lui, le seul étranger différent de toute la racaille de son espèce (tous les Italiens ne sont pas de bonnes pâtes, n'est-ce pas), si vous voyez ce que j'aurais voulu dire...

Non, je ne vous le raconterai pas, je vais plutôt vous parler du macaroni de mon enfance : le macaroni Soubry !

Soubry, marque belge, fabriquait des macaroni (et des vermicelli) dès 1921, soit bien avant la vague d'immigration italienne d'après la deuxième guerre mondiale (y en a qui disent seconde, mais je crains fort qu'ils soient dans l'erreur). À l'époque dont je vous parle, celle de ma prime jeunesse donc, les macaroni n'existaient que dans leur version longue. Si vous en vouliez des courts, il fallait les casser.

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Donc, avant que les Italiens et leurs (délicieuses) traditions culinaires ne débarquent chez eux, les Belges mangeaient déjà des macaroni... à la cassonade et au beurre salé (en Belgique on dit salé, pas demi-sel, on laisse ça aux Français pour leur beurre et leurs maquereaux).

La recette est d'une simplicité navrante : disposer les macaroni dans une assiette dès leur sortie de la casserole de cuisson, saupoudrer de cassonade (vergeoise) et déposer quelques morceaux de beurre à leur surface. Mélanger et manger à belles dents. Conserver un morceau de macaroni et l'utiliser comme paille pour aspirer la sauce résiduelle en faisant le plus de bruit de succion possible. C'est ce dernier point qui fait tout le charme de la recette, parce que pour le reste...

C'est les Italiens qui ont été surpris quand ils ont découvert cette façon de "déguster" les macaroni !

 

 

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