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Le défi du samedi
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14 décembre 2013

Garder le rythme ! (Mamido)

Rythmr

 Deux ou trois pensées, comme ça.

 Ce site qui, chaque semaine, propose un sujet, permet à tous ceux et à toutes celles qui le désirent de se lancer dans l’écriture. D’ qu’ils viennent de Paris ou d’ailleurs, quelquefois de fort loin, quel que soit leur niveau. La forme est libre : prose ou poème, nouvelle et discours également, tout est accepté. Le nombre de ligne n’est pas fixé, s’il y a un titre, c’est encore mieux. On ne peut pas prendre exemple sur les autres puisque tous les textes sont publiés en même temps, le Samedi. C’est donc un véritable défi. Le défi du Samedi.

Parvenir à produire, seul chez soi, une page ou deux pour le Vendredi soir demande de l’organisation. Certains sujets entraînent des recherches. Alors, on va sur Wikipédia pour tenter de répondre à nos questions.  Par exemple : qui peuvent bien être Mauss (un anthropologue, Marcel de son prénom) ou Michon (Pierre, un écrivain) ? Nicolas Sarkozy, on sait déjà. Malgré le caractère éphémère de l’actualité, on s’en rappelle encore.

Après, on se lance. L’écriture, c’est du travail, ça prend du temps, on fait des ratures. Puis le texte prend corps, on trouve son propre rythme. Au fil des semaines, écrire devient un jeu, on se permet quelques effets de langage. Il faut donner du sens, malgré la contrainte (supprimer une voyelle, écrire à la manière de…). Puis vient le moment de publier son article, on attend son accueil avec appréhension. Que vont en penser les autres Défiants ? Leurs commentaires, leur analyse souvent -toujours ne figurait pas dans les mots…- bienveillants, nous aident à progresser, trouver le bon son, faire entendre notre petite musique.

On pourrait penser que « bloguer » ainsi ensemble ce n’est pas la vie, que ce n’est que faire parti d’un système virtuel. Pourtant, ici aussi, dans la machine, des liens se créent. J’en veux pour preuve le commentaire de Katy L., au sujet de mon absence.

Ce texte y est une réponse. Non, je n’ai point disparu. J’ai juste l’inspiration paresseuse. Aussi, à défaut d’écrire, je me contente de vous lire. Et puis, quelquefois, la vie, c’est du sport (yes ! pas facile à placer celui-là), toujours en mouvement, difficile de garder le rythme. Il faut se préserver, aller à l’essentiel.
Donc, je n’ose pas encore vous promettre le grand retour, seulement de donner des nouvelles de temps en temps.

NB : Les mots en caractères gras figurent tous dans l’image de cette semaine.

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28 septembre 2013

99 dragons : exercices de style. 16, Notice de montage (Joe Krapov)

Hola !
El théatriculo de marionetas « El caballero St-Georges y la dragounne » es oun kit à montar soi-même composito de :

- Ouna castelleta
- Oun caballero St-Georges
- Su bidette
- Ouna pétassa figlia del rey pleutro
- La dragounne qué péta le fuego por de vrai
- Six moutonos de sexo femino
- Oun rey pleutro
- Ouna tourniquéta por fare la vinaigrette
- Et oun raton lavor

 

chateau-fort-46500

1) Montaje della castelleta

- Posar le donjon al centro de la scene
- Encastrar il « chemin de ronde » con la échauguette en la partie supérior de las cuatros murailles
- Clipar les tours de guet alle murailles con un tornevisso
- Fixar la chevillette et la bobinette al pont-levis
- Disposar el raton lavor sulla sommeta del donjon.

Vuestra attencion please ! Si chiquitos de -36 mois à la casa, ne pas utilisar la huile bouillante in case of sonic or sarrasinic attack. Just « Faites chier la vache !» comme dans « Sacré Graal ».

 

face-anterieure-283830

2) Montage della pétassa figlia del rey pleutro

- La Princess Barbie e livrada con la garderoba di l’época e accessori alla moda la piu recente di aujourd’hui. Elle être looking like i’d fell in love with the actress althought même si she is not Isabelle Huppert.
- Habillar Princess Barbie con el string, short, porte-jarretelles, bas résilles, wonderbra and tutti quanti.
- Ajoutar fluo make-up, piercing, tattoo, blue or red hair and more if affinities.
- Posar le hennin pointu avec voile flottant comme dernière too much touché su la cabessa della pupetta Arielle Dombasle
- Do not oubliar to put the holy high tech smartphone in her revolver pocket. No revolver pocket ? Agitar a la mano in permanence like in real life !

 

morphologie-du-cheval-111360

3) Montaje del bidette di St-Georges

- Fixar la caparaçon sul dosso del bidette con la sangla n° 9 y con delicatesa.
- Por que le bidette possere hennissar, prière d’insérer deux piles LR6 dans la loggia prévue à Santa Fé.
- Sceller la selle et les étriers d’un coup

ACHTUNG : Bidette Stewball pas aimer rivière des tribunes. Fragilum guibollam. Trotteur, not sautare.

 

 

armure-42020

4) Montaje del caballero StGeorges

- Faire entrer el caballero St-Georges en la armura : petites poulaines pour l’hiver et les petons, cotte de maille qui m’aille, cuirasse Potemkine, hauts de chuasse Randall, épaulière, cubitière, mentonnière, braconnière, plus que genouillère et bien moins que deux mains.
- Attachar scutum-bouclier bras gauche
- Affutar tranchant Durandal sed Dal
- Tailler la lance crayon con le taille lance-crayon.
- Chargear batterie GPS por evitar los aléas de l’épisode 15 : réminiscence égaracion, creva il bidette, Zorro arriva, soulever Princesse, pique-nique, et Georges gros Jean comme devant au last moment
- Posar sur tête du héros-homme sweet heaume.

 

130922 005 réduit

5) Montaje della dragounne

- La dragounne crachar real fire de fuego y invectivas inflamadas. Functionar con la cartouche campingaz C 206.

Attention : babies -36 mois pas avalar écailles dorsure la dragounne pas comemstibles. Et urgences hospital attente pas top par chez vous.

6) Montage dellos moutonos

- Cuatro pattas solemento ! Non existar el mouton à cinque pattas
- Se mefiar della brebis galeusse inside le troupeau : vache folle, grippe aviaire, mouton marteau y alors bêle bêle, bêle comme tout le jour le téléfono pleure dans port Alexandrie Alexandra et ouah ouah bark sur le Nil et raton lavor papillonne jeunesse.

***

Cuando el théâtriculo de marionetas « El caballero St-Georges y la dragounna » e presto per l’utilisazione, los chiquitos debere scenarii en el libretto junto “99 dragons : exercices de style / por Joe Krapov” lesen und appliquar. Alternatively, la invencion de su storyboards personales e permisa et recommendata. E possibile caballero St-Georges y princess Barbie to play doctor, main chaude or bataille navale Rhaa lovely si volare (if they want). Dans limites raisonnables mais pas aspirateurs sites web ni téléchargements massifs.

But simply not utilisar la dragounne y su lance-flammes por playing at « el petite pyromano amousante » porqué sinon la mamma pas content.

Rappel : This toy was fabricado en la peninsula Isterica ! Olé ! Viva Espana, viva el velosolex y viva el raton-lavor !

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27 avril 2013

Des chemins, des sentiers et des rues où l'on marche (Joe Krapov)

23 lignes pour évoquer les chemins et sentiers sur lesquels j’ai marché ? Pour dire toutes les rues que j’ai arpentées ? Mais on me demande carrément l’impossible, là ! Même mon disque dur externe qui sert de mémoire d’appoint à mon unique neurone proteste alors que mes boîtes de photos et de diapos trépignent dans leur placard : « Fais nous prendre l’air, cela fait des années que tu dois faire la liste des endroits où vous êtes allés ! ».

Autre réticence : cette évocation de la marche effrénée du photographe-poète n’est-elle pas un peu trop personnelle ? Ne relève-t-elle pas plutôt de l’épanchement sur un blog que de l’inscription dans un Défi, fût-il aussi peu futile que ne l’est celui du samedi ?

DDS 243 110428 131

Et puis qui s’intéresse, dans nos cités plus qu’agitées, aux douceurs de la Suisse normande, aux mystères du Yeun Elez, aux joies maritimes du GR 34, aux curiosités touristiques de la Rance vers Pleudihen, aux sentiers des douaniers de Belle-ïle, Jersey, Guernesey, Noirmoutier ? Qui veut encore longer la Loire ou le canal de Nantes à Brest ? Qui veut faire le long parcours austère dans le sable, l’impérissable tour du splendide Marquenterre ? N’ai-je pas déjà montré abondamment les rues de Bruxelles, Nancy, Lyon, Strasbourg, Nantes ou Rennes ?

Non, vraiment, pour causer dans les salons, pour être à la page aujourd’hui, il faut avoir joué les trottins bien puritains, bien purotins, derrière le popotin de la Christine Boutin, avoir marché, sévère et purgatif, derrière le dargif pas forcément jojo ni toujours impavide (d’un pas vide) de Frigide Barjot. Et cela, en vérité, je vous le dis, c’est véritablement impossible pour moi. Sans compter, mais cela nous éloigne de la bonne marche de cette chronique, que je me fiche comme de ma première paire de chaussures de randonnée de la façon dont au mois d’août à Knokke-le-Zoute, Georges et Roger s’empapaoutent. Et de plus les séances de gymnastique au lit (astique, hola, asticot las ! Unique au lit fut Nicolas nous dit Carla) de Véronique et Davina me broutent quelque peu (et pourtant mon rêve secret, quand je serai grand, est d’épouser une lesbienne) surtout quand Véro tique devant Davina tendue et que Claude François me recommande de marcher droit .

Bref chacun est libre de prendre son pied sur les marches ou dans la marge. « Moi je préfère la marche à pied »,  comme chantait Salvador. Et bien souvent, comme ajoutait Goldman, « Je marche seul »  ou alors accompagné de ces fabuleuses Bretonnes qui m’ont converti à cette activité que je trouvais jadis ingrate et que je juge désormais fondamentale.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, je dois avouer que j’ai longtemps traîné les pieds en ronchonnant derrière leurs jolies fesses, me demandant à quoi rimait ce genre de messe dont elles raffolent. Marcher dans la campagne, quelquefois sous la pluie, effectuer un circuit, une boucle, me semblait marcher pour marcher et je me demandais souvent, sous ma pèlerine, en nage : « Par Saint-Jacques, que composent-elles ? ».

Maintenant c’est moi qui vais devant, qui mène la marche, le Canon Ixus HS 220 ne quittant plus ma menotte droite, heureux de laisser loin derrière moi tous ceux qui causent dans les salons. Je les préviens ainsi que vous car pour finir cette chronique je vais une fois de plus blasphémer :

« Quand je marche au-dessus des vanités humaines
Je me sens comme Dieu arpentant ses domaines ».

Ite missa est ! Et vive la Bretagne !

19 septembre 2009

A SHAGGY DOG STORY (Joye)

Ça rentrait comme dans du beurre : me trouver un sponsor pour mes participations chez les Défiants du samedi. Autrement dit, mettre du bon beurre dans les épinards. Allez, fastoche, même pour une Ricaine lointaine comme moi qui n’ai pas inventé le fil à couper le beurre.

Pas grave, j’attrape mon portable.

Heum, ah oui, oké, appel international, on fait d’abord le 011 : tip-tip-tip.

Et puis le code du pays, c’est bien le 33 : tip-tip.

Et puis le numéro, mais gaffe, on ne fait pas le zéro sauf lorsqu’on a les pieds dans l’Hexagone même, sinon, tous les réseaux téléphoniques mondiaux s’éclatent en même temps et les ondes de choc arrivent jusqu’à l’espace pour griller la petite satellite traquée à Ploumour-Boudou. Donc, prudence. Et une fois arrivée en Armorique, ma petite communication n’aurait pas encore trop loin à filer.

Donc, voilà, pas de zéro, mais un bien joli 2 : tip.

Et puis le reste du numéro en orthographotapant NOBODY (6626339) : tip-tip-tip-tip-tip-tip-tip.

Ça sonnait à la française : Brrrrrrrrrrrrp. Brrrrrrrrrrp.

Et puis ce petit déclic.

- Allô bonjour le toutou, tu es bien chez Adopte-Un-Homme, à qui voudrais-tu aboyer ?

- Euh…Aboyer ? Eum, je ne sais pas aboyer…

- Vous n’êtes donc pas un chien ? Désolée, madame, nos clients sont des chiens, exclusivement, nous les aidons à adopter de beaux maîtres gentils et généreux…

- Oui, oui, je sais ! Ne coupez pas ! Je téléphone depuis les États-Unis !

- Mais nous sommes un organisme…

- Oui, je sais, madame, je sais que vous êtes une agence qui permet aux chiens d’adopter des maîtres singuliers. Moi, je cherche des sponsors, et je voudrais bien vous demander de me sponsori…

- Écoutez madame, nous ne sommes pas là pour vous servir d’assiette de beurre, vous savez ! Nous sommes un organisme sérieux, fondé par un très beau chien extraordinaire, Nobody, et l’homme qu’il a adopté, l’incroyablement talentueux J. Nikolai Baryshnikov Bolshoi Spasiba Troïka à la Balilaika-Krapov. Père.

joye

- Ah oui, je sais, madame, mais je me demandais bien…

- Même si je vous proposais un petit générique de pub ?

- Générique de pub ? De la musique ?

- Oui, cela vous dirait-il ?

- Ah, si vous saviez, madame ! Depuis le temps que monsieur Balilaika-Krapov a eu le Prix Nobel en Rondeaux Exceptionnels, il est devenu photographe du National Geographic. Il pédale partout dans la Chouque-Route, sur celles de Ma Dissonance et ailleurs, et il n’a plus du tout le temps de composer des musiques.

- Je vous passe un morceau de la mienne ?

- Avec plaisir !

Donc, je pose le télef, j’attrape ma Takamine, et je chante de tout chœur…euh…cœur !

http://www.onmvoice.com/play.php?a=8468

À la fin, la dernière corde toujours en train de vibrer tendrement, j’entends comme un petit étouffement à l’autre bout du fil, le son d’un tiroir qui s’ouvre, un Kleenex qui sort d’une pochette et trois ou quatre secondes de mouchages étrangement bruyants.

- Mais, vous pleurez, Madame ? Ça, je n’aurais jamais cru !!!

- Non, madame, je ne pleure pas, je suis allergique au moisi !

- Aumoix quoi ?

- Non, je suis désolée, nous ne pouvons pas vous aider.

- Non ?

- Non ! La chanson n’est pas très…eum…comment pourrais-je le dire gentiment ? C’est que..finalement…bon…Madame, il n’y a pas plus de Balalaika-Krapov dans cette chanson-là que de beurre en brioche à la margarine ! Au revoir !

Et clic.

Hélas, mes amis, vous connaissez maintenant la triste fin de la triste histoire…

…car lors de mes démarches pour faire mon beurre d’Adopte-un-Homme, je suis tombée, hélas ! complètement à côté de la plaquette.

Brought to you by...

kANALBLOGG_S

4 janvier 2014

A propos de vœux (Walrus)

Ce n'est pas que je veuille me montrer pessimiste, mais à cette période de l'année où il est de bon ton de la souhaiter bonne, heureuse, radieuse, faramineuse même, à tout un chacun (et même chacune), je ne puis m'empêcher de me rappeler qu'au temps de ma jeunesse folle, du côté de la préhistoire donc, mon ami "L'âne à chroniques" qui sévissait dans le même journal d'association que moi, parlait à cet égard de vœux pieux qui prendraient rapidement des allures de vieux pneus et préconisait de mettre un peu plus d'authenticité dans nos vies plutôt que de les barbouiller d'un vernis dicté par les circonstances.

Ouais, il était dur !

Mais bon, il ne vous connaissait pas...

Forcément : le web n'existait même pas !

goodyear

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22 octobre 2011

On ne voit pas le temps passer mais il ne fait rien à l'affaire (Joe Krapov)

Maintenant c’est tous les cinq ans
Qu’on peut jouer au chamboule-tout
En vue de dégommer le grand
Dépendeur d’andouilles un peu fou
Qui crèche à l’Elysée Palace.
C’est qu’elle est bonne, là-bas, la place !
 
DDS164_3Si t’as pas l’estomac qui flanche,
Tu t’y tapes vraiment bien la cloche :
Super boustiffe, super-boutanche.
Quand ils y sont, ils s’y accrochent
Les politicards bien pépères
Plus ou moins septuagénaires !
 
Et même s’il a les portugaises
Plus ensablées qu’Mad’leine Renaud
Le vieux roublard de la Corrèze
Y coule des beaux jours bien au chaud.
Il aimerait mieux mourir ici
Plutôt qu’au château de Bity
 
Où, paraît-il, c’est mal chauffé !
Tandis que là, dans ses babouches,
Il songe à tout c’qu’il a baffré
Avec l’argent des frais de bouche.
Il rêve des billets d’avion
Vers l’île Maurice et le Japon
 
Et de tous les coups bien foireux
Par lesquels, roi du couteau suisse,
Il élimina les envieux.
Et tel un Raminagrobis
Il se pourlèche les babines
De les savoir dans la débine.
 
- Mais… Joe Krapov…
 
DDS164_2Ce qu’on ne comprend pas vraiment
C’est comment notre grand flandrin
S’est fait soul’ver ses régiments
Par le patron des argousins,
Un p’tit teigneux à talonnettes
Qui montre partout sa binette,
 
Un type qui fait croire aux moukhères
Qu’il a, dans son slip kangourou,
Un machin gros comme un Kärcher
Avec lequel il nettoie tout !
Ah vous m’en direz tant et tant
Sur le cont’nu des culbutants !
 
Moi, l’encravaté de Neuilly
Il peut remballer sa réclame :
Je n’irai pas voter pour lui
Et, devant vous, je le proclame,
Je le hurle, mieux, je le slamme :
Il faut qu’on vote pour des femmes !
 
- …Je crois que tu te trompes…
 
DDS164_1On en a marre de ces bagarres
Entre mecs à grosses paluches !
Il faut confier, et dare dare,
Les clés du pouvoir aux greluches !
Il faut redire ici, en somme :
« La femme est l’avenir de l’homme »
 
Et « l’homme n’est l’avenir de rien ! » :
Il ment comme l’arracheur de crocs,
Il a des manières de vaurien
Il a le bagou des escrocs ;
Premier imbécile venu
Il est sot de chez saugrenu.
 
Nous on veut une présidente
Avec des accroch’-coeurs mignons,
Des agates aux lueurs ardentes,
Des roberts comme des lumignons ;
On veut vivre en Intelligence !
On veut une femme pour la France !
 
On veut unir nos volontés
Pour voir le retour de l’éthique
On veut à volonté bander
Pour le retour du politique ;
Et pour cesser de fantasmer,
Il faut s’en remettre aux mousmés.
 
Il faut voter pour Clémentine,
Pour Christiane, pour Marie-Georges,
Pour Ségolène ou pour Martine,
Pour une qui porte un soutien gorge,
Une mini-jupe ou bien des couettes :
Christine Boutin ! Ou bien Arlette !
 
- … de date : on n’est plus en novembre 2006...
 
Et s’il s’avère après usage
Après élection de la dame
Qu’elle cachait dans son corsage
Le fil acéré d’une lame
De poignard et un braquemard
Sévère derrière son Shalimar,
 
DDS_164_9Si nous nous retrouvons baisés
Comme après chaque nuit d’élection,
Si plus rien ne peut apaiser
Nos utopiques érections,
Alors jusqu’en deux mille et douze
Il nous faudra chanter le blues,
 
Traîner la queue entre les jambes
Attendre la prochaine fois
Où nous retournerons, ingambes,
Le rire aux lèvres, ivres de joie,
Voter pour Isaure Chassériau
Ou pour le commandant Cousteau !
 
- … on est en octobre 2011 !
- Qu’est-ce que ça change à mon discours ?
- Oui tu as peut-être raison. Dans « poème de circonstance » on entend effectivement bien « Aime pô constance de cirque » !
- Mais tu as peut-être raison quand même, toi aussi : quand je le resservirai en 2017, je remplacerai le commandant Cousteau par Nafissatou Diallo ! 


21 mai 2011

Vox populi vox Dei :quand le verni(s) craque (Joe Krapov)

- Encore des photos de fleurs ? Mais enfin, vous y passez votre vie, au jardin du Thabor, ou quoi ? Et Dieu dans tout ça ? Il n’avance plus ! Vous n’êtes plus inspiré ?

110514_Canon__66
D’habitude l’ordinateur, de sa voix féminine qui sonne plus hall de gare que Hildegarde von Bingen, ne m’adresse la parole que pour me dire : « La base virale VPS a été mise à jour ».

- Eh bien non, je ne suis pas en panne d’inspiration ! J’ai juste le kiki comprimé par le temps, bousculé par les dates, les travaux à rendre, la mémoire saturée, l’enchevêtrement des habitudes et du goût pour les autres qui me tisse des devoirs chronophages !

- Allongez-vous ! Je suis la dame de l’étang noir. Vous serez mieux allongé sur le divan pour m’en glisser deux mots. Allez, soyons fous, on se tutoie pour que tu puisses tuer ton surmoi. Ouvre le capot et chante : « We all live in a yellow Soumarine ».


- OK ! OK ! Chiche, pois chiche ! Inversion des rôles ! M’allonger ? D’accord ! Cela fait une éternité que je n’ai pas écrit au lit et que je ne me suis pas glissé dans les draps avant même 21 heures !


- Oui mais moi, je fais comment, pour te suivre ?


- Toi, tu restes là, bonhomme-bonne femme ! Tu joues « Tamara Drewe » pour notre visiteuse.


- Mais je l’ai déjà vu ! Et puis… elle a essayé toute la journée mais elle n’a pas réussi à lancer le dévédé.


- C’est à cause de ton autorun qui a été désactivé par l’antivirus.


Je bidouille le truc pour ouvrir le disque dans VLC media player, je laisse les deux femmes de la maison scotchées devant leur écran et j’essaie réellement de fuir la voix intérieure en allant m’étendre dans la chambre.

110518__01B

Du fond de mon lit, je contemple face à moi le tableau représentant un coin d’Avoise, une commune du Sud de la Sarthe, peint par Constant Guilmault. Je n’ai aucune raison particulière d’envoyer Dieu se promener par là-bas, même si les paysages y sont chouettes. J’ai déjà fort à faire pour relier deux pièces de mon roman-puzzle. Qu’est-ce qui s’est passé à l’hôpital de Nantes ? Comment transformer un diaporama sonore déposé sur Youtube en chapitre de roman sur papier qui se termine par « j’ai retrouvé ma pelle » ? Comment faire tenir ces interrogations-là en 23 lignes qui ne fatiguent pas le lecteur internaute (c’est raté, ici on est déjà à la 24e !)

- Tu m’emmerdes avec tes questions, se plaint l’ordinateur psychanalyste de l’étang noir de mes deux. Normalement, dans ce texte-ci, c’est moi qui devais prendre la parole !

- Ta gueule, machine !


110514_Canon__18Cette fois-ci, c’est Dieu qui a parlé. Il est sur une photo que j’ai posée dans l’ordi. Il se tient derrière la porte de sa maison natale, sise au bout du quai Duguay-Trouin à rennes et son joli monogramme AD en mosaïque orne la porte de fer forgé.

- Maison natale d’Augustin Dieu, mon cul ! » rétorque la Lacanienne pas polie. Il nous a déjà fait le coup dans « Rennes-en-délires » avec la maison natale d’Amaury-Duval, l’oncle d’Isaure Chassériau. Il a aussi prétendu que c’était George Sand !

- George Sand, ça fait GS, ça ne fait pas AD ?

- Aurore Dupin, banane ! Ca pourrait tout aussi bien être Alexandre Dumas, André Darrigade, André Dassary, André Dussolier, Antoine Doinel, Albert Dupontel, Alphonse Daudet, Anabelle Dejour, Anne Debretagne ou Adrienne Durand-Tullou  !

Ca suffit ! J’ai posé mon stylo et mon cahier par terre. Impossible d’écrire dans ces conditions. Je vais prendre un livre et lire. Soit « Les nouvelles brèves de comptoir » de Jean-Marie Gourio, soit « Je suis un être exquis » de Jean Yanne, soit « Ca roule ma poule » de Coluche ou alors « La porte » de Simenon. Oui, tiens, le dernier ! Quand on entend des voix et qu'on voit une freudienne à divan déguisée en femme de chambre se pointer dans son plumard, c’est qu’on est vraiment fatigué : on devrait se méfier et prendre la porte.

Les ordinateurs sont insupportables ! Depuis qu’ils ont accès à Wikipédia, on ne peut plus dire ou écrire de conneries chez nous sans qu’ils se mêlent de nous faire des réflexions ! Ils ont commencé par corriger notre orthographe dans nos traitements de texte et maintenant ils se permettent de critiquer notre boulimie photographique, nos recettes de cuisine littéraire et notre rythme de production ! Mais où va-t-on, mon Dieu, je vous le demande un peu !

- Je n’en sais rien, Joe Krapov ! Mais si tu voulais bien me trouver un ascenseur qui me remmène au Paradis, ça m’arrangerait !

4 janvier 2014

L’exécuteur des vœux ultimes. (Mamido)

Mami


Ce trente et un Décembre, une longue soirée attendait Charlie. Durant cette nuit spéciale, moment de passage d’une année à la suivante et synonyme pour la plupart de fête et d’ivresse, lui se préparait à partir au travail.
Comme tant d’autres, me direz-vous, qui du médecin à la sage-femme, en passant par le pompier, le flic, l’agent EDF, de sécurité ou d’entretien, le restaurateur et le cheminot s’apprêtaient, comme lui, à une longue nuit de labeur.

Après une bonne douche, Charlie s’habilla chaudement. De bonnes chaussures, un pantalon confortable, un gros pull que vint compléter un solide pardessus de laine agrémenté d’un cache-nez et d’un chapeau de feutre à large bord. Ainsi accoutré, il avait tout à fait l’allure d’un représentant.
L’après-midi, il avait préparé quelques outils dans une mallette en cuir. Il n’en avait pratiquement jamais besoin car il trouvait généralement sur place le matériel nécessaire à son ouvrage mais mieux valait pouvoir parer à toute éventualité.
Avant d’enfiler une paire de gants noirs en fin chevreau, Charlie consulta une dernière fois la longue liste de ses clients de la nuit. Puis il la fourra dans l’une de ses poches avant de sortir en refermant soigneusement sa porte.

Il se rendit d’abord à l’hôpital, puis à la maison de retraite où se trouvait le principal de sa clientèle. Avant de sortir de chacune des chambres où il avait exécuté sa tâche, il prononçait cérémonieusement « Avec les meilleurs vœux de la maison, Madame… » ou « Monsieur », c’était selon. Il consacra la fin de sa nuit à ses visites chez des particuliers. Chaque fois, avant de s’en aller, il prononçait cérémonieusement ses vœux. Une fois dehors, il barrait l’un des noms de sa liste.

A sa sortie, sur le palier de la dernière maison, personne ne répondit à ses vœux, comme dans les maisons et les chambres où il s’était rendu précédemment d’ailleurs.
Charlie haussa les épaules avec un doux sourire. Il n’était ni étonné ni choqué. Plutôt satisfait même. Si personne ne lui répondait, cela signifiait tout simplement que le travail était bien fait.
Il était l’exécuteur du souhait ultime de tous ceux qui, chaque jour, appelaient de tous leurs vœux la mort.

Sa tâche était simple et rapide. Affaiblis par la vieillesse ou la maladie, de plus, consentantes,  les personnes ne lui opposaient aucune résistance. Une tisane aux herbes choisies, un simple bouillon de onze heures, un oreiller ou une petite poussée dans le dos,  en haut d’un escalier et pratiquement sans douleur, le vœu du client était accompli.
Le travail était efficace et soigné, accompli avec humanité : Charlie accompagnait ses clients jusqu’au bout. En trente ans de métier, Charlie n’avait encore essuyé aucune réclamation. En effet, quand le job est correctement exécuté, il est rare que le client revienne de l’au-delà pour se plaindre !

Comme son père avant lui, Charlie se méfiait des intermédiaires. Aussi, ne travaillait-il jamais à la demande des familles. Il traitait toujours directement et exclusivement avec la personne concernée. Aucun contrats écrits, prestations payables d’avance et en liquide.
Charlie était consciencieux et compétent. Son entreprise n’avait nul besoin de publicité. Le « bouche à oreille » suffisait à sa renommée. Son carnet croulait sous les commandes.

Il était six heures maintenant. Le jour n’allait pas tarder à poindre. Charlie releva le col de son pardessus de laine. Il se mêla aux nombreux fêtards qui, avant de rentrer chez eux, passaient chez le boulanger pour y acheter les premiers croissants de l’année.
Il répondit à leurs vœux avinés avec un sourire las puis, les épaules voûtées par la fatigue, son paquet de croissants à la main, sa baguette sous le bras, il rentra chez lui.

20 avril 2013

elle est fan de cette statue‏ (Porphyre)

por1

Ça trompe énormément, déjà les pachydermes dont je désire vous parler ne sont pas 3 mais 4.

Il est vrai qu'il est impossible de voir les 4 en même temps.

Ils sont là au milieu de la place à faire couler de l'eau par leur trompe. Ils sont beaux et fiers, tout le monde se fait photographier devant eux, surtout les touristes.

Certaines personnes se posent tout de même la question, pourquoi une telle statue dans cette ancienne capitale de la Savoie ! La réponse est souvent que c'est un hommage à Hannibal qui franchit les alpes avec ce genre d'animaux.

Et bien non ces personnes se trompent, cette statue fort originale fut érigée en hommage au général de Boigne bienfaiteur de la ville de Chambéry grâce à une fortune réalisée aux Indes, d'où ces bestioles au centre de la ville.

J'ai oublié un détail qui a son importance, ces animaux étant 4 et n'ayant pas d'arrière train, sont surnommés les quatre sans cul.

por2

4 avril 2009

C'est des choses auxquelles il faut penser (rsylvie)

c'est des choses auxquelles il faut penser


« - c'est quoi ces trucs ?

-je sais pas si elle les a regardé(e)s "!

-"ben nan,

genre ya ça…. tu vois ?»




allé savoir pourquoi, y a ça ….des matins chagrins,

pour certains ,c’est plus tard dans la journée .

pour d’autres ,c’est n’importe quand !

…….et mon sèche cheveux m'a lâché ce matin, je sais pas comment je vais faire ?


-"ben, fait ça comme
,
mets un chapeau et

.. va à l'école...

tu verras, c’est rigolo "

-"il m'a tuée de rire au moins 4 heures

je suis vénère, parce que je croyais que c'était neuf (9?),, heures….

enfin plus,  pour la vie quoi…." 



-« putain
ça va pas quoi !

t’es une r^veuse toi,,,,

faut pas l'inviter celle-là » !

-"m’a juste dit ...je maîtrise pas mais je maîtrise mieux que la finance » !

-« ah oui, l'excuse,,,,,, j'étais choqué(e) aussi »

-« il est parti au cinéma avec sa copine en répétant bêt’ment c'est mieux qu'aux répétitions la DS.


-« l’était si prévenant que
j’lui faisais confiance moi,,,,

ah ben c'est ça la totale quoi » 

-« ah oui, effectivement maintenant, j’comprends mieux pourquoi

tu es parti(e)  3 mois… »


-« ben oui,
notre histoire ça a foiré
parce que
tu vois des fois... 

il fait sec, là il fait froid, et

d'autres fois ça mouille
"

14 mars 2009

Un matin comme à l’ordinaire (rsylvie)

"Un matin comme à l’ordinaire" par rsylvie

je me lève,….

Quand soudain un éclair m’aveugle.


-« ...Tiens, va plutôt t’coiffer ! T’as vu ta tête » !

Les yeux encore éblouis, j’avance une main malAdroite vers le rasoir

« et merde, j’me suis coupé »

Vite trouver un pansement pour ne pas repeindre toute la pièce en rouge.

« L’est où cette putain d’boite à pans’ments » ?

L’est là » ! me répond une toute petite voix en me tendant le dernier.

« vous moquez pas. … soyez cool koi….

J’vois bien dans la glace que vous êtes pétés d’rire devant ma tête d’ahuri, mes cernes de lendemain de fête et l’étonnement de ma découverte.

A6A Dw6wI E9D

C’est bon, vous avez assez ri de moi, j’peux continuer ?

Merci »..


L’est pas bien grande ma p’tite voix,

Mais qu’est-c’qu’elle est belle,

....Et qui plus est, d’une gentillesse.

Que ça m’change de ma diablesse ! 

Beaujour Michel, veux-tu que je soigne ta coupure » ?

Intimidé par tant de douceur, j’acquiesce d’un haussement de tête et lui tend la main. Qu’elle prend aussitôt pour y poser délicatement ses lèvres.

Je suis au paradis.

 

4 petits vœux pour toi, pour moi

4 petits souhaits pour moi, pour toi,

2 pour toi, pour moi

2 pour moi, pour toi »
susurre-t-elle à mon oreille

L’est pas bien grande ma p’tite voix,

avec elle, loin ... faire rien que ce que je veux

Serait merveilleux…

et me voilà rêvant d’île paradisiaque,

d’un lagon azuré où nous nagerions nus, sous le soleil…

tandis que la radio donnerait les chiffres gagnants pour le tirage du vendredi 13. Et cette fois je n’aurai pas égaré le reçu de loto.

L’auto !! ??? !!! ?? !!!

Houlala, 7heures 38, et je ne suis toujours pas lavé, habillé… ne parlons pas de petit déjeuner !Et le voisin qui doit faire les 100 pas devant sa sortie de garage. J’suis sur qu’un d’ces matins, je vais retrouver ma voiture à la fourrière. Il m’a déjà prévenu plus d’une fois « Vous verrez un jour. Ma bonté a des limites ». Maudit bonhomme, j’suis sure qu’il déteste les jeunes. D’ailleurs je n’l’aime pas non plus. Avec ses airs de s’croire plus important que chacun. Un jour, il se fera prendre à son propre jeu et c’est lui qui sera dans le besoin.

Sans plus attendre, j’me glisse dans mon costume trop sérieux pour un jeune diplômé du cirque et pas assez chique pour un futur candidat sur la liste des demandeurs d’emploi. Songeur et quelque peu rêveur (c’est pas tous les matins qu’un génie vous accompagne dès le réveil) je dévale l’escalier.........

 

Je cris, Sous la douleur du choc. C’est sur, vaut mieux regarder où l’on met les pieds quand on habite en pleine ville ....L’eurodateur ne semble pas avoir souffert, mais moi je suis dans un bien triste état. Les lunettes de travers, j’ai un verre de brisé et le front me fait beaucoup souffrir. « maudit soit le maire qui nous taxe tout l’temps. Qu’il aille au diable avec tous ses impôts indirects » pensais-je et puis autour de moi tous ces yeux illares

 

Un peu d’émoclar  ? me dit mon p’tit doigt pansementé.

Tu sais bien qu’il ne faut pas mettre n’importe quoi, quand le corps saigne ».

Que j’ai de chance d’avoir ma p’tite infirmière de poche.

Pas plus grande qu’un pansement. Elle ne me quitte pas d’un.. .

pousses-toi dont » ? fait une voix familière.

C’est monsieur Minet, qui semble d’assez mauvaise humeur, à en deviner son impatience à me voir chercher ma clé de voiture.

« C’est bon Monsieur Minet, je l’ai … vous inquiétez pas, Je suis déjà parti.

Aur’voir Monsieur Minet, et encore merci ».

Quelle plaie pensais-je, en appuyant sur la pédale d’accélérateur.




8heures 30 le périphérique est bondé.
....D’un mouvement ferme et décidé, je tourne le volant et prend la bande d’arrêt d’urgence. Que j’enfile à une vitesse qui me laisse scotché au siège tandis que la voiture avale le bitume. ....Après deux ou trois slaloms et quelques têtes à queue, je me hisse à la hauteur de l’embranchement d’une déviation qui me libère de la cohue, et arrive sans encombre au parking de l’agence d’intérim.

Blanc comme un linge, je descends de la voiture en nage. Transpirant autant de peur que d’effroi devant l’ampleur de ce que je viens de faire. ....au détriment de toute notion de sécurité.

4 petits vœux pour toi, pour moi

4 petits souhaits pour moi, pour toi,

2 pour toi, pour moi

2 pour moi, pour toi » chante une petite voix à mon oreille


alors que je franchis la porte de l’agence.

Monsieur Michel ? prenez un ticket et allez vous asseoir dans la salle d’attente » ! .... je m’assois et m’empare brutalement d’un magazine. Sur lequel je découvre, embarrassé, que le maire de notre bonne ville est mis en cause dans une sombre histoire de malversations et d’appel d’offres tronqués pour le marché de la mise en circulation des nouveaux eurodateurs de la municipalité.

 4 petits vœux pour toi,..... pour moi  » chante une petite voix à mon oreille

Perdu dans l’étrangeté de mes pensées, je ne la vois pas arriver. Quand une femme m’interpelle pour me signaler qu’il n’est plus possible de me recevoir ce matin. Ni une ni deux m’en faut, pour être sur pieds ..... Et de me diriger vers la porte, d’humeur massacrante.

Quelle plaie cette ritournelle, pensais-je en moi même. Aussi collante que du sparadra.

Me voilà dehors, quand je me trouve face à Monsieur Minet.

-‘Monsieur minet ? vous ici, mais

Y a pas d’mais. J’ai été licencié ce matin, et je viens sans perdre de temps, m’inscrire afin de retrouver au plus vite un travail.

-« Vous aussi ! alors on est devenu collègue ?

Certainement pas », me répond-il quelque peu froissé par l’insolence de mes propos.



....

Au fait, mon doigt ne saigne plus,,, alors oust, à la poubelle l’urgo.

Vous me croirez si vous voulez.

Mais depuis, tout a repris son cours tranquille

Etrange, mais un de ces 4 faudra que j'aille faire un tour à la pharmacie du quartier, on ne sait jamais qu'il me faille une nouvelle boite de pansements !

14 mars 2009

Sans me faire mousser (Walrus)

Et zut ! Plus de dentifrice.

J'ouvre le tiroir supérieur du petit meuble de salle de bain : rien !

Enfin, rien... je veux dire pas le moindre tube de dentifrice, parce que pour le reste, il y a de tout, même là, au fond à gauche, une boîte poussiéreuse (et pour qu'une boîte soit poussiéreuse au fond d'un tiroir fermé...)

Que je vous montre :

G_nie2
Sans doute un souvenir d'un séjour en France, il y a des lustres de ça.

Je me dis qu'avec le temps les persels ont dû se déglinguer et que tout Génie qu'elle soit, elle ne doit plus être très efficace et je l'empoigne pour la jeter en m'exclamant "Génie, mon cul, oui !"

C'est alors que ça s'est produit : un monstre effrayant et verdasse est surgi de la boîte dans un nuage de poussière. On était un brin à l'étroit dans la petite salle d'eau, mais sous ses aspects d'abominable Hulk, il était plutôt impalpable.

G_nie3

– Tu connais la formule, Seigneur Walrus, je suis donc ton esclave... momentanément, bien sûr. Juste le temps de réaliser quatre de tes vœux. Choisis les soigneusement et... magne-toi un peu, j'ai pas que ça à faire !
– Accorde-moi au moins un temps de réflexion, que je sache ce que je veux, comme vœux...
– Commence déjà pas à m'embrouiller, mortel, quand je dis esclave, c'est façon de parler et fais gaffe, plus on m'énerve, plus je grandis, je suis un djinn tonique, si tu vois ce que je veux dire ! Je t'accorde une semaine de réflexion et t'as perdu un vœu, pour t'apprendre à m'appeler pour rien. Et tant que j'y suis, ça sert à rien non plus de me demander de disparaître : ce vœu-là, je ne peux pas le réaliser !

Et il s'évapora, laissant derrière lui une irritante odeur de lessive caustique.

La scène m'a poursuivi toute la journée et j'ai fini par mettre ça sur l'abus de Gin Tonic. Mais durant la nuit, il m'est réapparu :

– Plus que six jours ! Grouille-toi, j'ai pas que toi comme défi !

Nuit suivante, même topo.

Nuit suivante, même topo.

Moi, je ne parvenais pas à me concentrer sur ce que je pourrais lui demander, tout mon esprit n'avait plus qu'un désir : le voir disparaître. Et chaque jour, ça allait croissant et embellissant.

Le dernier jour du délai qu'il m'avait accordé, regardant la boîte pour la centième fois peut-être, une idée lumineuse m'est venue : "sans bouillir" était-il écrit !

J'ai empoigné une casserole d'eau et l'ai mise à chauffer. Lorsque l'ébullition fut bien régulière, j'y ai précipité le contenu de la boîte et là, parmi les bulles, j'ai vu :

Fin2

J'ai ouvert grande la porte de la cuisine et il s'est envolé, faisant dans sa bulle des gestes menaçants.

"Bon vent !" lui ai-je crié. Et j'ai refermé l'huis.

28 février 2009

Léo part en vrille (Joe Krapov)

- Et tu dis que c’est notre gamin qui a fait ça ?

- Oui. Chez la psychologue.

- Je ne te demande pas combien tu as payé la consultation ! Cher ?

- Cher. Mais ce n’est pas la peine de croupionner, Léo. Il faut bien issir de cette situation, non ? C’est toi qui as dit que ça urgeait de faire quelque chose !

Le père n’arrive pas à détacher son regard de la partie blanche au milieu de la feuille.

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- Cet enfant dessine très bien les artichauts. On dirait qu’il a godronné toute sa vie ! On pourrait peut-être en faire un jardinier, après tout ? Il dragonnerait, il paloterait…

- Cesse de dire des cochonneries devant le petit, Léo !

- Il n’est pas là pour l’instant et puis paloter, ce n’est pas peloter ou palucher. De toute façon, côté cochonneries, il en remontrerait à un régiment de bachi-bouzouks en goguette, le rejeton ! L’autre jour, quand il t’a répondu, à propos du champ de fleurs jaunes « colza mon cul, ma tête est malade ! »… A cinq ans ! Mais où a-t-il oringué tout ce vocabulaire de marin alcoolisée ? Qu’est-ce qu’elle en dit, la psy ?

- Rien. Que notre fils est un surdoué.

- Un surdoué ? Cet animal qui écrit à sa cousine qu’il aimerait sorguer avec elle, qu’il rêve de la tarmacadamiser, de lui béliner le joyau, de lui couvrir le rigondonne voire de la houssiner ? Un surdoué du vocabulaire égrillard, oui, voilà ce qu’il est, ce cochon !

- Elle a dit qu’il fallait juste le canaliser.

- Le psychanalyser ? Autant le bolchéviser ! Le vocabulaire des psys, ce sont toujours des mots qui n’existent même pas ! Ca ne veut rien dire, canaliser !

- Notre enfant déborde d’énergie mais il n’a pas encore trouvé le chemin de la sublimation.

- Ce qui est sublime, c’est qu’il ne fait que vétiller et folichonner ! Je te rappelle qu’on a dû le retirer de l’école parce qu’il avait commencer à ébousiner la petite voisine et qu’il avait appris à toute la classe les mots « caca » et « boudin » !

- Il est quand même surprenant que, de nos jours, ce deuxième crime soit jugé plus grave que le premier !

- Mais qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire ?  Un rudenteur de colonnes Morris ? Un japonneur de poupées de salon ? Il serait capable de leur faire leur affaire, ce simili-zoophile !

Il retourne le dessin, mais ne semble pas convaincu du résultat non plus. Quoique…

- On ne peut pas le ramener à la maternité ? Est-ce qu’on nous l’a warranté, au moins ? On pourrait se faire rembourser du prix qu’il valait à la naissance ?

- Léo, tu dis n’importe quoi. Et puis tu devrais arrêter de licher autant de schnaps. Tu es encore plus moiti d’alcool que cette feuille de papier ne l’est d’encre. D’ailleurs, tu interprètes mal. Ce qu’il faut regarder, ce n’est pas le blanc, c’est la partie violette. Le petit y a vu deux dames de la société qui se font des révérences.

- La partie violette ? La partie violette ? Des révérences ? Ah ben zut, alors, c’est vrai ! J’ai été bien zibé, dis donc ! J’avais pas vu !

Du coup, le père est pris d’un doute.

- Où est-ce qu’il est, d’ailleurs ? On n’entend plus rien ! Il est pas encore en train de faire une connerie, au moins ? Gottlieb ! Gottlieb !

- Je suis là, papa !

- Mais qu’est-ce que tu fais là, malheureux, avec ta bouteille d’encre et cette plume d’oie ? Mon Dieu, Anna Maria ! Viens voir la catastrophe ! Cet enfant a complètement salopé ma partition de la Symphonie des jouets avec sa putain d’encre violette ! Il m’a foutu des pattes de mouches partout !

- Des pattes de mouche avec une plume d’oie ? » s’étonne la mère.

- Je ne l’ai pas salopée, Papounet chéri. J’ai juste chiadé un peu le changement de tonalité vers le si mineur du deuxième mouvement et ajouté un contrepoint de flûte avec des septièmes sur le passage avec crécelles.

- Petit crétin ! Je vais te donner du martinet pour t’apprendre à respecter le bien d’autrui. Viens-là, Schweinhund, sors des toilettes !

- Arrête, Léopold, veux-tu ? s’interpose la mère. C’est peut-être là un signe insigne du destin. Dis-moi Wolfie, est-ce que ça te plaîrait plus tard de devenir musicien comme papa ?

- Oh oui Maman ! J’adore chier des pizzicati et dégueler des ornementations pour des soprani à gros seins !

- Eh bien moi vivant, proteste le père, cela n’arrivera jamais ! Mon fils intermittent du spectacle ? Musicien à la solde de tous ces rois et archevêques emperruqués ? Non ! Ca suffit d’un, dans la famille. Il n’y a pas d’avenir dans ce job, crois-moi et tu feras autre chose comme boulot, mon fils, je te le garantis. Aussi vrai que je m’appelle Leopold Mozart !

14 février 2009

Ca ne fait pas un pli (Joe Krapov)

« Cher monsieur Shiva

Votre réputation de touche-à-tout ne laisse personne de marbre et votre divine beauté ne peut inspirer que de l’amour à tout individu normalement constitué. Je suis un peu gonflée d’écrire « normalement constitué » si je considère le nombre de vos bras. Et moi-même qui suis une pauvre victime des vertiges de l’amour, je suis aussi un cas très particulier : l’Amour m’a rendue aveugle, il m’a fait perdre la tête mais il est aussi celui qui m’a donné des ailes et de l’audace.

C’est pourquoi je profite de la large ouverture d’esprit du site de rencontres désormais meethique « Le deep fix du samedi » où d’autres amoureux-amoureuses de partout et d’ailleurs viennent évoquer leurs nuits d’amour, parler des effets secondaires plus ou moins priapiques des médicaments antihypertenseurs ou narrer les joies très particulières de l’épreuve orale de « promotion canapé » pour vous déclarer ma flamme, vous proposer la botte et même plus si affinités et j’espère que cette phrase beaucoup trop longue ne vous aura pas rebuté. C’est que voyez-vous, je suis folle de vous l’avouer, mais je rêve déjà chaque nuit de vos six mains parcourant mon corps lascivement offert, je frémis par avance de vos avances et avancées en mes contrées, de vos explorations de mes replis. Je sais que vous me volerez comme il faut dans les plumes et que ma conquête amoureuse sera votre plus belle victoire.

Athéna Niké, de Samothrace, en résidence temporaire dans un musée parisien. »

***

Le facteur du Louvre est un plaisantin. C’est un petit amour du XVIIIe siècle, un Cupidon joufflu qui distribue le courrier soit en soufflant sur les lettres, soit en attachant les missives à l’empennage de ses flèches. Et c’est un paresseux de surcroît. Il n’a pas voulu, bien qu’il connaisse Shiva car il est cultivé, pousser jusqu’aux Indes galantes l’indexation Rameau de cette drôle d’épître. Il a déposé le courrier aux pieds de… la Vénus de Milo ! Celle-ci a répondu ceci :

« Ma chère amie

J’ai lu votre déclaration et découvert avec stupeur votre façon bien directe de draguer. Les bras m’en sont tombés, positivement. Vous n’avez donc aucune retenue, aucune pudeur ? Vous avez réellement perdu la tête, mon amie, et vos ailes de géante vous empêchent de marcher droit ! Sachez d’abord que je ne suis plus celle que vous croyez . Les dames dans mon genre ont de l’éducation et on ne propose pas la botte, même aux Italiennes, sans leur avoir au préalable baisé la main.

Je vous répondrais bien d’aller vous faire voir chez les Grecs mais vous en venez comme moi. Je vous appelle donc, ma chère Athéna Niké, a un peu plus de décence dans vos propos. Soyez plus marmoréenne face au flot de vos émotions. Il y va de la réputation de notre pays et de notre musée.

Bien à vous

Vénus »

***

Le facteur, bien évidemment, ne retourne pas cette réponse à la Victoire de Samothrace. Il dépose l’enveloppe entre les mains d’Aline pour qu’elle revienne et d’Adèle pour qu’elle fasse pleurer son amoureux à la fin de la chanson (car elle est morte, Adèle). Aline et Adèle crèchent dans un tableau où leur frère préféré, le célèbre peintre Théodore Chassériau, les a représentées un peu comme des jumelles mais sans la courroie ni l’étui.

- Voici, dit Aline, qui amuserait beaucoup notre cousine Isaure !

- Elle en ferait peut-être une chronique pour son journal internautique !

- Je crois qu’elle fait plutôt des interviews truffées, en ce moment !

- Et toi, truffé quoi, ce soir ? On va la voir ?

- Si tu veux. Je lui envoie un SMS pour la prévenir.

***

Pas facile de joindre Isaure Chassériau en ce moment. Le Musée des Beaux-Arts de Rennes est en réfection et les toiles du 1er étage ne sont pas visibles. Peu importe à vrai dire puisque Isaure a quitté son tableau le 1er avril 1999 afin de vivre sa énième vie en nos deux siècles à nous. Le SMS est donc bien arrivé chez M. Krapov où elle a sa résidence rennaise, le rendez-vous avec les cousines a eu lieu. Il fut fort arrosé, si bien que toute l’équipe du « Défi du samedi », au sortir du restaurant, s’est rendue complice du hold-up nocturne des trois malhonnêtes.

Tout le monde a bien ri en imaginant la tête effarée du conservateur du Musée du Louvre quand il recevrait ce cadeau un peu spécial. Et cela fit scandale à Rennes quand on découvrit le lendemain la fontaine de Parmiggiani, place de Coëtquen, dépourvue de son ornement central, une très jolie tête d’Athéna qui trônait jusque là au milieu d’une flaque d’eau circulaire. La joyeuse équipe l’avait adressée à « Dame Victoire qui a perdu la tête par amour du dieu Bachi-Bouzouk, Musée du Louvre, 99, rue de Rivoli 75001 Paris ».

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Evidemment c’était sans compter sur le facteur joufflu qui déposa cette fois-ci l’objet aux pieds de la Joconde. Celle-ci ne fit aucun commentaire, ne jeta même pas un œil à la tête qu’elle avait aux pieds. Mona Lisa, sortir du cadre étroit de son travail, esquisser un sourire autre que professionnel, c’est trop lui demander. Elle est là pour faire le job, elle fait le job. Mais ceci n’est pas la moralité, que vous avez déjà devinée, bien entendu car vous êtes comme moi des Brassensophiles avisé(e)s : qu’on trouve chaussure à notre pied, que la marmite rencontre son couvercle, que les creux épousent les bosses ou les bons les rosses, que l’on regarde ensemble dans la même direction ou pas, Cupidon s’en fout !

6 décembre 2008

Toutes proportions gardées (Joe Krapov)

Isaure a posé son antique magnétophone à cassettes devant le patriarche à barbe blanche. Elle a enfoncé les deux touches, sorti un carnet à spirales, un crayon et posé une photocopie de recette de cuisine à côté du livre de ce « Monsieur Max » dont le titre est : « … et je t’emmerde, petit con ! ».

- Votre roman s’inscrit dans le mouvement de l’autofiction, non ? »
- Sauf que tout est vrai. D’Hun, j’ai réellement connu 406 Attila. Je lui ai conseillé d’utiliser le feu pour faire cuire sa viande mais ce barbare n’a jamais voulu passer au régime sans selle. Résultat il est tombé sur une vache folle, viande avariée, septicémie galopante plus rapide que le cheval, il est tombé raide mort, ce petit con ! C’est bien fait ! Il n’avait qu’à m’écouter ! De deux… »
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Ingrédients d’un fondant à l'orange pour 4 personnes :
1 grosse orange juteuse ; 120 g. de beurre + 1 noix pour beurrer le moule ; 2 œufs ; 120 g. de sucre en poudre ; 120 g. de farine ; 1 cuillère à dessert rase de levure chimique
Pour le glaçage: 1 orange juteuse ; 160 g. de sucre glace

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-… -771 Rémus et Romulus ! C’est moi qui leur ai amené la louve qui les a nourris. Sans moi, pas de forum, pas de vraie Rome, pas de Cinecitta et pas de 1920 Fellini Roma ! Je leur avais bien dit pourtant de se méfier de celui de leurs descendants qui franchirait le Rubicon ! Ils m’ont répondu : « Papy, on ne peut empêcher personne de carburer au gros rouge ! ». Quelles taches, ces deux-là ! Le déclin de l’Empire romain, après, je ne vous raconte pas ! Si on m’avait écouté, mais non ! A l’époque, ils étaient tous rendus au forum à faire des commentaires sur tout et n’importe quoi. Comme aujourd’hui, du reste ! Quels petits cons, quand j’y repense. De trois… »

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Râpez le zeste d’une orange avant d’en extraire le jus.
Allumez le four thermostat 6 (environ 200°).
Plongez une terrine quelques minutes dans de l’eau très chaude.
Coupez 120 g. de beurre en petits morceaux.
Essuyez la terrine et mettez-y le beurre puis 120 g. de sucre et travaillez longuement le mélange jusqu'à obtenir une sorte de crème.
Incorporez à cette crème 2 oeufs entiers, un par un, sans cesser de remuer.
Ajoutez ensuite les 120 g. de farine, le zeste de l'orange finement râpé et, enfin, son jus.
Terminez en incorporant une cuillère à dessert de levure.
Beurrez un moule à manqué (carré de préférence).
Versez-y la préparation et glissez-le dans le four pour environ 35 minutes.

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- La guerre de Troie, j'ai tout fait pour qu'elle n'ait pas lieu mais n'hélas... »
- …On ne vous a pas écouté !. Les histoires de poire Belle Hélène, ca ne va pas trop intéresser les lectrices du « Défi du samedi ». Vous pourriez avancer un peu plus vite dans la chronologie ? »
- 800, ça vous va ? C’est comme ce sacré Charlemagne ! Il avait raflé la mise, lui, reconstitué l’empire à son profit. Je lui ai dit de se méfier de ses petits-fils. Au lieu de cela, monsieur se plantait des fleurs dans la barbe et écoutait de la musique pope ! Le Flower Power avant l’heure ! Il aurait pu vivre sur un grand pied comme sa mère, mais non, débranche tout ! Limite pédophile, le mec, à distribuer des cachous, des sucettes à l’anis et des poupées de cire aux petites filles à la sortie des écoles. Bref, comme disait 715 Pépin, en 843, ce fut Verdun ! »

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Pendant la cuisson du gâteau, préparez le glaçage : pressez l'orange, mettez les 160 g. de sucre glace dans un bol et versez le jus peu à peu en remuant de façon à obtenir une crème coulante mais assez épaisse. Dès qu'il est cuit, démoulez le gâteau et arrosez-le immédiatement avec la moitié du glaçage. Cette opération va le rendre moelleux. Lorsque le gâteau est totalement refroidi, étalez le reste de glaçage qui, cette fois-ci, va rester en surface et lui donner son aspect «glacé».

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- Vous n’avez rien de plus glamour, de plus « people » que ces règlements de comptes entre politiques pour nos lectrices ? »
- Vous voulez que je vous raconte les débuts de 1492 Line Renaud à la cour d’Anchois Pommier ? »
- Vous voulez dire 1494 François Premier ? »
- C’est le même ! Les surnoms étaient à la mode à l’époque. Elle n’a pas fait long feu la Marie-Line en 1515 ! Marie Gnangnan on l’a appelée, elle, à cause de sa chanson sur le petit chien dans la vitrine ! Je lui ai conseillé d’attendre jusqu’au 20e siècle. Elle m’a écouté, elle au moins, la demoiselle from Avant-hier ! »
- Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour publier vos carnets à spirales ? Vous avez été le conseiller secret de tous les grands de ce monde… »
- Les grands ? Des nains, oui ! Regardez 1769 Napoléon ! Toujours les yeux plus grand que le ventre ! Il roulait en Volvo Marengo, il est allé faire le plein de Benrézina en Russie, il n’a pas surveillé le niveau de son Waterloo, résultat il a coulé une bielle à Sainte-Hélène ! Ils m’énervent tous, ces petits cons, à pas m’entendre ! Du coup j’ai décidé de prendre ma retraite. Ca fait quand même 5000 ans que je cotise, il est temps de laisser la place aux jeunes ! Et comme ce genre de ragots ça marche bien en librairie, j’essaie d’arrondir mes fins de mois. Mais je le vois bien que personne ne m’écoute plus. Même vous, depuis le début, vous recopiez votre recette ! »
- Plus personne n’écoute plus personne de nos jours. We are whistling in the dark ! »
- Pissing in the wind, oui ! Vous savez que le premier homme à avoir pissé dans un violon, c’était 1737 Stradivarius ? »
- Eh oui, c’est fou ! Victime d’un diurétique, peut-être ? »
- Il était en pleine crise de 1782 paganinisme, comme cette société ! »
- Le secret de votre longévité c’est quoi ? »
- Comme 1874 Churchill. Le sport. Jamais de sport ! Et vous, mademoiselle Chassériau, comment se fait-il que vous soyez née en 1818, portraiturée par votre oncle pour obtenir un prix au Salon de 1838, que vous reparaissiez en 1966 pour diriger l’Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes, puis vous quittez votre tableau du Musée des Beaux-Arts en 1999 et on vous retrouve journaliste au « Défi du samedi » en 2008 ? Sans compter que je vous ai déjà vue à Alexandrie où vous avez aidé à la rencontre de Cléopâtre de 5 à 7 avec ce pitre de César, que vous avez été demoiselle de compagnie de Catherine de Médicis et que vous nous avez joué un tour de Cauchon à Rouen en 1431 en nous subtilisant Jeanne d’Arc ? C’est quoi, le secret de votre jeunesse éternelle, à vous ? » 

Isaure appuie sur la touche « stop » du magnéto et range son matériel dans sa sacoche. 

- Quand on aime, on a toujours vingt ans ! »
- Tss ! Tss ! On me l’a déjà sortie, celle-là. Je n’y crois pas ! »
- Le secret, c’est de partager la recette du fondant à l’orange avec le maximum de gourmandes de connaissance, monsieur Mathusalem ! Maintenant qu’on est « off the record », vous pouvez m’expliquer pourquoi vous êtes aussi aigri ? »
- Mon petit-fils -2970 Noé m’a beaucoup déçu. Son côté 1710 Louis XV, « après moi le déluge » ! Vous trouvez normal, vous, qu’il ait embarqué les moustiques du chikungunya dans son arche et pas son grand père ? Les jeunes sont en train de perdre le sens de la famille ! Mais allez, je me suis bien vengé quand je l’ai fait engager par Coca-Cola ! Vous ne trouvez pas qu’il a l’air ridicule avec son costume rouge, son pompon blanc, son traineau tiré par des rennes et sa tournée des popotes du 24 décembre pour laquelle il doit bosser plus toute l’année pour gagner moins que rien tandis que je me la coule douce désormais ? »
- Ca se discute. Tout peut se discuter de nos jours. » 

***

 - … y compris l’intérêt de publier une pareille interview dans notre journal !», commente Janeczka, la rédac’ chef un peu fâchée.
- Allez, mon Bijou ! Si tu découpes suivant les pointillés, tu récupères la recette de ce gâteau succulent !. Tu vas bien nous trouver deux pages de pub à mettre au verso ? Comme dit Iowagirl, « quand on aime, on ne compte pas » ! Reprends en une part de ce fondant ! » 

Mais, de fait, le plat est déjà vide. Toutes proportions gardées, en voilà un qui n’a pas fait long feu !

20 septembre 2008

Operation Picadillo - Joe Krapov

Il lui a donné rendez-vous en l’église Saint-Louis-des-Invalides à Paris, dans la crypte où est exposé le tombeau de Napoléon. Il est lui aussi général, mais pas d’Empire. Il s’appelle Blizzard.

- Blizzard ? Vous avez dit Blizzard ? Comme c’est Blizzard ! » a commenté Papistache après avoir pris le rendez-vous pour l’interview. Ca n’a fait rire ni Janeczka, la rédac’ chef du « Défi du samedi », ni Isaure Chassériau la journaliste.

 

Lorsque celle-ci arrive, toute vêtue de rose, le général Blizzard est en contemplation devant des vitraux représentant une fécondation dans un laboratoire pharmaceutique au Moyen-Age. Le matériel médical de l’époque n’est pas sans évoquer les chambres de torture dans lesquelles on pratiquait la question.

- Excusez-moi de vous avoir condamné à m’attendre, mon général, mais j’étais un peu charrette !

- Dans ce cas, je veux bien tenir les brancards !» plaisante le général avant de lui baiser, très vieille France, la main. Puis il l’invite à s’asseoir sur un des bancs de bois inconfortables mais tout proches.

- On comprend pourquoi les amoureux de Brassens préféraient commettre leurs turpitudes sur des bancs publics !

- Encore Brassens ! fulmine Isaure intérieurement. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec ce type ?

 

Elle installe son mini K7 acheté dans une boutique antique d’électroménager à Quimper pendant les Européades 2005. Les lecteurs du Défi du samedi n’ont rien à cirer de ce détail mais comme c’est un fait véridique elle ne le mentionnera pas dans son papier dont le sujet est bien, du reste, la publication, par le général Blizzard, d’un livre...

-… qui est devenu un best-seller dès le lendemain de sa parution, sans que vous-même ne fassiez partie des pipeules ni que vous ayez brillé par vos faits d’armes. Justement, parlez-moi un peu de vous. Où êtes-vous né ? Qu’avez-vous fait comme études ?

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- A l’origine il y a une accumulation d’ingrédients hétéroclites mais indispensables. Je vous les énumère : 30 g de margarine, 450 g de bœuf haché, un gros oignon, 1/2 verre de vin rouge ou de xérès, 2 cuillerées à soupe de jus de citron, 3 tomates, 1 petit piment chili, 100 g. d’olives vertes farcies, 2 cuillères à soupe de câpres, 75 g. de raisins secs, 3 grosses pommes de terre coupées en petits cubes, 1 gousse d’ail, ½ cuillère à café de cumin, 50 g. d’amandes mondées grillées et concassées, du sel et du poivre.

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- J’entends bien à travers tout cela que vous avez fait vos classes à Mourmelon-le-Grand à la 410ème Compagnie Légère de Repérage des Morses, dans les transmissions, sous les ordres du Capitaine Walrus. Mais pouvez-vous indiquer à nos très nombreuses lectrices et à nos quelques égarés lecteurs les opérations militaires auxquelles vous avez été mêlé ? Vous fûtes à la B.B.C., dans le même placard, je crois, que Pierre Dac dans les années 40, aide de camp d’un général célèbre. On vous doit, paraît-il, le choix des vers de Verlaine qui annoncèrent le débarquement allié ?

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- Je me souviens très bien des corvées de pluches de cette époque. On pleurait sur l’oignon mais après lui avoir fait la peau, on le coupait en quatre quartiers puis on y tranchait de fines lamelles. On faisait des concours d’économe ! Ca consiste à essayer de ne garder qu’une seule épluchure par pomme de terre ! Ensuite de quoi on la coupait en tout petits cubes. Le général et Yvonne préféraient qu’on laissât les olives entières.

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- Pendant la campagne d’Indochine, vous avez été blessé. Vous aviez le bras dans le plâtre.

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- Aller à l’épreuve du feu, c’est toujours une opération délicate. Je commence à faire fondre la margarine dans un faitout. Je fais ensuite rissoler les oignons jusqu’à ce qu’ils soient blonds ou dorés. J’ajoute les pommes de terre et le cumin puis ensuite les tomates. On est là pour casser du rouge, non ? Même si je l’admets, ils étaient plutôt jaunes !

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- Ah ? C’était un accident survenu en permission ? Vous êtes mal retombé en sautant du haut d’un plongeoir ? C’est pour cela qu’on vous affecte ensuite à la DGSE, la Piscine, ou vous oeuvrez au sein du Service de Décodage des Enigmes, Calembredaines et Entourloupes, le SDECE seconde manière. Vous y resterez assez longtemps.

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- Eh bien oui, cela arrive ! On ajoute le piment, le sel, le poivre, les olives, le jus de citron, le vin, enfin tout… sauf la viande !

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- Vous avez, vous aussi, votre traversée du désert. Vous êtes affecté à la surveillance de la pousse du gazon sur les pelouses corses de 1981 à 1983.

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- Ca n’a pas duré aussi longtemps que ça. J’ai mis le couvercle et laissé mijoter la situation pendant 20 minutes en ajoutant de l’eau chaude de temps en temps pour que tous les ingrédients baignent constamment dans leur jus de cuisson.

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-Vous rentrez ensuite en France et vous terminez votre carrière à la Direction des Renseignements Généraux puis vous partez en retraite sans avoir jamais fait parler de vous. Vous publiez aujourd’hui vos mémoires et c’est un immense succès en librairie. La novélisation de « Bienvenue chez les Ch’tis » est enfoncée, vous êtes sur le point de dépasser les chiffres de vente du tome 8 de Happy Roteur. Votre ouvrage s’appelle « Les fiches cuisine de tante Edvige / par son général de mari, Blizzard ».

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- Effectivement au bout des vingt minutes, j’ai ajouté la viande, mélangé le tout et laissé cuire cinq autres minutes. Mais cette « opération Picadillo », je ne la raconte pas dans mon livre . C’est un scoop que j’ai réservé pour les lecteurs de votre journal. « Le Défi du samedi », c’est ça ?

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Isaure appuie sur la touche « stop » de son zinzin.

 

- Maintenant qu’on est « off the record » vous pouvez m’expliquer en clair pourquoi vous répondez en langage codé comme dans le bouquin ?

- Secret défense ! Sécurité du territoire !

- Mais alors, quel intérêt pour le lecteur ? Vous ne donnez même pas la grille de décodage ! D’habitude on nous explique qui a vraiment coulé le Rainbow Warrior, où sont passées les courroies et l’étui des deux tours jumelles, dans quelle position la fille de madame Angot s’envoyait en l’air avec Ange Pitou ou avec son gynécologue. Et vous, là, rien ! C’est carrément les Parapluies de l’escouade ! Vous révolutionnez le monde de l’édition avec un livre dans lequel on n’apprend rien sur la Grande Muette !

- Il n’y a rien à en dire ! Les civils n’ont pas à connaître notre cuisine interne !

- Alors vous l’expliquez comment votre succès en librairie ? Par le bouche à oreille ?

- Non, par l’oreille à bouche ! Il s’avère que le message crypté est lui compréhensible par la majorité des non-spécialistes de l’art militaire et que son contenu peut être utilisé par les fantassins et cantinières qui s’occupent de la logistique ou plutôt de l’intendance. Je ne l’avais jamais remarqué auparavant. C’est une amie, qui est devenue mon agent littéraire, Madame Sylvie R. qui m’a incité à publier ainsi, de manière codée, mes fiches secrètes.

- Votre livre est édité « aux Arcanes de Pandora ». C’est en référence à votre travail dans la police ?

- Non, je peux vous le prouver et vous soutenir mordicus que c’est un simple hasard. Vous savez, Baudelaire a bien été édité par Poulet-Malassis et il n’a jamais travaillé pour la maison Poulaga !

- Quand même ! Quel succès pour un livre de cuisine somme toute bien banal ! Est-ce que vous êtes sûr que l’illustration de la couverture n’y est pas pour quelque chose ? On vous voit dans une cuisine, de dos. Vous êtes nu, vous avez pour seul vêtement un tablier et vous avez une fleur dans les cheveux. Vous avez un beau cul, certes. Mais ça date de quand, cette icône en noir et blanc ?

 

Visiblement le général se vexe qu’on lui rappelle son âge. Il élude.

 

- A Tahiti, ça veut dire qu’on est un cœur à prendre, la fleur dans les cheveux. Est ce que ça vous tenterait une aventure avec moi, maintenant que je suis un héros de l’édition ?

- Mais vous êtes marié, mon général, si j’en crois le sous-titre de votre livre ?

- Ce genre de considérations n’empêche jamais un général de partir à l’assaut d’une nouvelle forteresse, à la conquête d’un cœur ! Vous savez, mademoiselle Chassériau, Edvige et moi connaissons beaucoup de choses sur votre compte. Vos rapports avec votre cousin Théodore, votre passé rennais, vos récentes promenades en barque, par exemple…

- Halte-là, militaire ! Bas les pattes, monsieur le satyre mal nippé ! Vous n’avez aucun mérite à savoir des choses! Tout ce qui me concerne est sur Fesse-bouc.com ou ailleurs sur Internet. Allez donc y voir, vous ne serez pas déçu. Et surtout n’essayez pas de me faire chanter : je connais la musique et votre partition par cœur !

 

Isaure Chassériau ramasse son matos et plante là l’officier de renseignement pantois et déconfit.

- Je suis allé trop vite, se dit celui-ci. Il eût mieux valu que je lui proposasse de venir voir ma collection de soldats de plombs.

- Je préfère de loin les estampes japonaises, songe Isaure en sortant de la crypte.

 

***

 

Dans les locaux du « Défi du samedi » le metteur en pages, Monsieur Papistache, entre dans le bureau de la rédactrice en chef.

- Dites-moi Janeczka, vous-qui-rédactez-en-chef et veillez à la haute tenue morale de notre hebdomadaire chéri, pouvez-vous me dire dans quelle rubrique je puis insérer cette interview surréaliste ? Vie littéraire ? Cuisine ? Politique ? Power to the Pipeule ?

- Mettez-là où vous voulez, Papistache, mais surtout veillez à la mettre au dos d’une publicité nulle.

- Diantre ! Quelle idée originale que celle-là ! Pourquoi donc un verso ?

- Un recto peut aller aussi. Une fois qu’elles auront découpé les questions d’Isaure et collé les réponses du général Rondo Veneziano sur une fiche cartonnée, les lectrices auront récupéré une recette de cuisine inédite qui ne devrait pas déplaire à leur Crouton ni déparer le menu de leur Manu !

- Quelle belle idée, Janeczka ! Finalement, l’interview de Demoiselle-qui-s’habille-de-rose-et-a-des-couettes-comme-Sheila, je vais y mettre des pointillés et en faire une fiche bricolage !

 

P.S. La recette du picadillo est extraite de « La cuisine espagnole et mexicaine » de Anna MacMaiadhachain et Jan Aaron, livre paru aux éditions Gründ en 1980. A vos fourneaux et bon appétit à toutes et à tous !

 

P.S. Madame Joye, du service technique, signale (aux blondes belges ?) qu’il ne faut pas découper les pointillés qui apparaissent sur l’écran de l’ordinateur avec une tronçonneuse. Il vaut mieux imprimer et ensuite découper la feuille avec des ciseaux. You’re not ecologic, Joe Krapov !

 

- Dites, Val, Vous n’auriez pas vu mon thé Krypto ?

- Non, Papistache, je n’ai vu monter personne !

6 septembre 2008

3 petites mises en bouche de rentrée scolaire au collège « Paris-SUR-Seine »…. (Rsylvie)

 Toutes ressemblances avec des personnes, lieux, ou noms…..

seraient pure coïncidence… et non, un souhait de nuire ou se railler de qui que ce soit,

si ce n’est une pure auto dérision…..

bien sur il existe d’autres versions ! et rien ne vous interdit de faire la vôtre !

version061063« rive droite »

-« que penses-tu de la consigne donnée par le professeur de français » ?

-« je la trouve plutôt originale »

-« pareillement, je pense que cette année nous aurons plus d’intérêt à cette matière ».

-« tu as mille fois raison, d’autant plus qu’il ne semble pas se prendre la tête avec des phrases toutes faites. J’en veux pour preuve l’énoncé et l’originalité des prénoms. »

-« oui, j’aime beaucoup. »

-« comment vas-tu aborder le sujet ».

-« et bien, je pense m’inspirer de la célèbre Odyssée d’Homère et les voyages d’Ulysse. Et toi » ?

-« je vais commencer par aller faire connaissance avec son site SamediDéfi. Je trouverai certainement matière pour l’argumentation ».

-« Mais c’est une excellente idée, Anne Sophie. Comment n’y ai-je pas pensé ».

-« Ensuite, j’envisage de créer une atmosphère dantesque comme…

Ils furent happés par les vagues tentaculaires de l’océan. »

-« comme c’est bien dit ».

-« merci, Claire Marie ».

Version rivegauche« rive gauche »….

-“putain d’ta race !

j’sais pas où l’on dénichée la meuf de français c’t’année…

mais j’sens qu’ça va être galère» !

-« ouais… »

-« nous prend pour des intellos….

Faites croustiller vos méninges, qu’elle écrit.

J’vais t’en foutre moi d’la belle écriture. Va pas être déçue.

-« ouais…. Va pas être déçue. »

-« tout façon c’est nul son truc…. T’en connais de bouffons ça comme ?

-« ben… NON «

-« et puis qu’est-c’qu’on s’en branle d’leur bateau à ces pétés d’tunes !

Tiens, z‘ont qu’à tomber » !

-« ouais…. bien fait» !

-«  pas qu’ça qu’à foutre, moi . »

-« ouais… pas qu’ça qu’à foutre, nous » !

-« Viens MANU on va chébrant l’DIOR»

-« put… c’est chiadé…. hotmail.fr … «

-« ha ! t’as d’jà maté l’site ? »

-« grave, que j’l’ai maté….j’la kiffe trop »

-« alors ? »

-« fais croustiller tes méninges ! »

-version rivebo  BO.BO.

-« t’as vu le nouveau prof de français » ?

-« ça nous change de celui de l’année dernière ».

-« tu crois qu’il a mis son prénom parmi ceux de la consigne » ?

-«  HolaLA, comme c’est excitant. »

-«  je pense qu’il s’appelle Valéry et qu’en fait son diminutif est Val ».

-« hum…. J’adore ».

-« Et puis Janeczka, c’est très tendance. En plus…. Ça fait pays lointain.

En tout cas, il ne manque pas d’humour, parc’que Papistache ! ».

-«  Voyons Bertille, Papistache est un chat… un bon gros minou tout doux. Tu sais de ces beaux chats persans… aux couleurs bleutées…. Mollement étendus sur des sofas parmi des tonnes de coussins plus lumineux les uns que les autres ».

-« dis-donc, il t’inspire le nouveau ».

-« En fait, je le trouve assez beau gosse ».

-« écoute, j’ai une idée. Que penses-tu de lui faire parvenir nos dissertes par courriEL » ?

-« génial, très tendance ! »

-« en plus, il aura ton adresse mail ».

-« Et, l’imagination fera le reste… ».

13 mars 2010

consigne ourson contre attaque‏ (rsylvie)

J’avais horreur quand il m’appellait de la sorte !

Mais bon, depuis 7 ans que nous travaillions ensemble, ce n’était plus la peine que je perde mon temps à lui rappeler combien cela m’est pénible de l’entendre déforme ce doux prénom Corinne !

Toute au récit que me fait le boss,

je pense déjà au personnage que j’allais interpréter

afin de me fondre dans le décor et récolter le plus d’infos possible.

Un ours en peluche… un commissariat… dans l’Oregon des States…

Lors de ma dernière mission, grâce à anglais très scolaire, j’avais sympathisé avec Dona, fille d’un riche propriétaire terrien. J’allais lui téléphoner. Ensuite rien de plus facile que d’enfiler un jean, une chemise à carreaux, une paire de bottes et se faire passer pour une petite cousine venue étudier l’agriculture intensive et la traite des vaches !

-29 décembre, 18heures-

Sac en bandoulière, le col de mon blouson cuir pleine peau retroussé, je descends l’escalator du grand aéroport. A deux pas de là, un jeune blondinet fait de grands signes en ma direction.

 Pas à dire, dans l’Oregon on sait recevoir » pensais-je en montant dans le vieux pick-up bleu métallisé du frère cadet de Dona. La nuit tombante, nous prenons enfin la direction de Salem (capitale de l'État) qui se trouve au centre de la fertile vallée de la Willamette.

Alors que confortablement installée sur la banquette avant, je me remémore les conseils du patron. -« ...pour pas d’confusion, tu t’ appeleras Cerise. Facilité de communication entre nous avec le C qui t’est déjà commun et puis…. pour rappeler leur festival des cerises qui a lieu tous les ans » me dit-il fier d’étaler sa science »- La sordide histoire des sorcières de Salem me revient en mémoire. Je frissonne d’effroi avant de m’endormir épuisée par le décalage horaire.

-30 décembre, 11 heures-

Quitter le ranch des parents de Dona.

Il avait été décidé d’un commun accord, afin de faire plus crédible, que j’aurais des corvées à faire matin et soir. Je devrais aider à la bonne gestion du bétail à travers le coral et donner un coup d’main à la femme de ménage dans les tâches quotidiennes de l’entretien des chambres. Après avoir fait mes travaux du matin, je retire rapidement mes habits tout crottés qui puent la vache, et enfile une robe couleur myrtille, applique un peu de brillant à lèvres, de quelques coup de blush rehausse mes pommettes (pure coquetterie féminine dont je n’avais pas besoin, me faisait toujours remarquer le boss), 3 gouttes de Shalimar et me dirige après avoir enfilé mon manteau vers le garage, afin de prendre place dans le vieux pick-up que Dona mettait à ma disposition, le temps de mon séjour parmi eux.

Salem étant la deuxième ville en termes de population. Il m’est très facile de me glisser dans la foule pour disparaître aux yeux des badauds et arriver le plus naturellement du monde devant la porte de l’immeuble abritant les services de police du conté de l’Oregon.

 

Un coup d’œil devant, un coup d’œil derrière, je suis dans la place. Devant moi, cela grouille de partout. Ce soir c’est feu d’artifice et repas de fin d’année. Alors pas une minute à perdre. Le commissaire sur son 31, interpelle l’adjudant au sujet de... et surtout de l’organisation de la soirée. Ce dernier hurle aprés ses troupes et convoque tout le monde pour un dernier briefing avant la mise en place du buffet de ce soir.

-...well Miss, do not remain there

thus go in runs to seek what misses for the installation of the tables”!

« Et bien mademoiselle, ne restez pas là,

allez donc dans la coure chercher ce qui manque pour la mise en place des tables » ! »

Le ton ne souffrant aucune répartie, je m’exécute. D’autant mieux que cela sert mon enquête, étant de ce fait tout naturellement introduite dans la place. Je m’affaire tant que ce peut, quand soudain j’entends des éclats de voix en direction du bureau de l’inspecteur Hary.

- you were still with your whores!

All the pretexts are good for you to find them

You are only one mental patient.

And me which believed you to walk the baby!

Do you think only of Junior when it sees you behaving kind?

You disgust me… old ruined sexual

 tu étais encore avec tes putains !

Tous les prétextes te sont bons pour les retrouver

Tu n’es qu’un malade mental.

Et moi qui te croyais à promener le bébé !

Penses-tu seulement à Junior

quand il te voit te comporter de la sorte ?

Tu m’dégoutes …vieux détraqué sexuel… »

Vlan….. fait la porte en claquant derrière

une femme d’age mure,

qui s’enfuit sans se retourner !

Sans plus attendre, je me dirige vers la sortie et quitte l’immeuble, bien décidée à rentrer illico en France. Cette année je ne serai pas le cul l’an de l’agence. En moins qu’il ne fallait pour le dire, je venais de comprendre et résoudre l’énigme de l’ours de l’Oregon.

-31 décembre, 21 heures-

 Et ben coco affaire rond’ment menée

T’as bien mérité la première page».

Rouge de confusion, car ce n’est pas souvent que le patron me félicite de la sorte, je repose négligemment le journal du soir sur une table et tends mon verre au boss !

13 février 2010

Guy Léclair dans "L'apoeucalyptusse est pour demain" (Joe Krapov)

- Dans ce mano à la mano, je sens que je perds pied !
- Eh bien, mets les pouces !
- Je ne peux pas. C’est interdit par le règlement.
- T’es pas obligé de lui obéir au doigt et à l’œil, au règlement.
- Bien sûr que si ! Je ne tiens pas à être mis à l'index de la guilde des astro-internautes !
- Tu joues petit bras, je trouve.
- Sans doute mais il faut voir en compagnie de qui je suis : ce sont des géants et des géantes. Et puis ça n’est pas la première fois que je l’annonce, que je vais passer la main.
- Dans le dos ?
- Non, non, je vais le leur dire bien en face, les yeux dans les yeux.
- Ca va prendre quelle forme, ton "paume paume paume paume"à la Ludwig Van ?
- Une question aussi majeure doit faire l’objet d’une contribution, comme il se doigt.
- Houla ! T’as peur de rien, toi ! Pas même des contradictions !


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La suite se déroule à l’hôtel de Rennes-Métropole, un bâtiment si esthétisant que Joe Krapov lui-même n’en possède aucune photographie. Voici l’église du vieux Saint-Etienne à la place.


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- Mesdames et messieurs, annonce le Président, l’intervention suivante, je préfère vous en avertir tout de suite en y mettant les formes, sera celle de monsieur Guy Léclair.
- Ah non ! Pas encore lui ! soupirent en chœur les conseillers de l’opposition et de la majorité.

Et ce qui doit arriver arrive : au moment ou Guy Léclair s’empare du micro le temps jusque-là clément au-dehors se gâte. A travers les grandes baies vitrées, on voit le ciel s’obscurcir comme si la nuit était tombée tout à coup. Un orage violent frappe le bâtiment flambant neuf d’éclairs, de grêlons, de coups de tonnerre et de rafales de vent.

- Mesdames, Messieurs, mes chers collègues, je serai bref. Après un an et demie d’explorations tous azimuts de la strato-littérature potentielle, après de nombreux voyages dans les galaxies du monde inté-rieur et maints récits d’anti-dissipation des brumes matinales, le temps est venu pour moi de couper le cordon, de lâcher prise. L’effort de 21st century schizoïd-manie que tout cela demande est surhumain et, contrairement à monsieur Hajtyla, je n’ai pas trois cerveaux. L’Enquête Sidérale sur le Grand Barouf Universel que je viens de remplir, ces rapports de réunions que je dois retranscrire afin qu’ils soient archivés aussitôt rendus, tous ces comptes, contes, comptages, recomptages et racontars qui vont emplir des tas de cartons à l’Etat Major Comique ont eu raison de ma santé mentale et de ma vieille carcasse. Je peux vous l’avouer désormais, je suis né en 1933. Je vous prie donc de bien vouloir accepter ma démission.
- Ho ? Enfin ? Euh… je veux dire ? C’est pas vrai ? Vous n’allez pas nous faire ça ? » proteste mollement le Président.

Le président interroge l’astro-internaute avec une grosse lueur d’espoir qui fait trembloter sa voix tandis que des yeux étincelants, scrutateurs et dubitatifs dans toute l’assemblée sont fixés sur l’aventurier de la Marche de Bretagne perdue.

- Surtout, reprend l’apprenti flying-saucier, deux des missions récentes que vous m’avez confiées se sont avérées trop épuisantes pour moi. Il s’agit de la quête du lipogramme en « a » sur la planète Catalpa du centaure : je sortais justement d’une tentative de description de la boucherie Sanzot à base de lipogramme en « O ».
- Sanzeau, je crois, monsieur Léclair !
- Sanzeau, oui, si vous voulez. Comme le whisky du capitaine.
- Et.. l’autre mission ?
- Fabriquer une rue en forme de suppose-histoire afin d’y garer ma fusée à l’horizontale.
- Mais, vous l’avez réussie, celle-là, si j’en crois ce document ?


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- Oui, bien sûr. Je l’ai tellement réussie que mon véhicule interplane-éther s’est mis à empester l’eucalyptus !
- Où est le problème ? Il existe d’efficaces déodoeuphorisants, non, de nos jours  ?
- Certes, mais avec ce suppose-histoire à l’eucalyptus, je suis devenu la risée de toutes nos collègues femmes dans cette docte assemblée.
- Non ? C’est vraiment pas de bol. Vous manquez de cul. Je veux dire, vous n’avez pas de pot !
- Si, un pot d’échappement. Je ne vois plus que la présentation de ma démission pour m’en sortir honorablement.
- Eh bien soit, vous nous mettez vraiment le couteau sous la gorge… Je l’accepte !

Là-dessus, Guy Léclair va se rasseoir. Du coup, l’orage cesse avec un dernier coup de flash*, comme pour immortaliser l’instant, et le professeur Zarkov-Krapov pose son stylo.


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* La marque du flash ? Gordon, bien sûr !


9 janvier 2010

Le Vert galant (Joe Krapov)


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Le dôme de la gare de Limoges
Est aussi vert que le galant
Qui culbuta sur l’herbe tendre
Plus d’une sauterelle du pays.




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Le roi Henri sortait Flamberge

- Ce n’était pas le nom de son épée, mordiou,
Mais celui de sa verge -
Plus souvent qu’à son tour.



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Pas de blues sur la pelouse !

Des branles de Bourgogne
Et la feuille à l’envers, avec ou sans la blouse,
Pour que le sire se pavane sans vergogne.



060723_09Comme il ôtait le pull-over  de dame Arlette !
Comme il troussait la Véronique !

Comme il bousculait Bécassine !
Un vrai chaudron de Saint-Etienne !
Un printemps verdoyant, quasi perpétuel !


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Jamais ne fit chou blanc

Pour planter son poireau
Et jamais vermoulu
Ni vérolé, l’oiseau !



060725_227Pas une auberge en Limousin,
Pas un pont qu’on ne lui dédie :
Ce verni a son nom partout
Mais la morale est sauve :
La justice des maris a rendu son verdict !



090824_234Car l’un de ceux qu’il fit cornards
Lui flanqua en 1610
Un fabuleux coup de poignard
Dans sa véranda à saucisses !


Il faut pas être versatile
Ni laisser traîner ses couteaux
Car ce dangereux ustensile
Peut servir à vous faire la peau !

(Les photos ont été prises à Limoges, Chateauponsac, Rennes et La Flèche. Si cette note vous semble écrite en vert et que partout ou j'ai écrit "ver" vous voyez rouge, croyez en ce bon vieux Joe : vous êtes daltonien(ne) !)

2 janvier 2010

Bibit ille, bibunt omnes (Berthoise)

Bibit ille, bibunt omnes

Voici deux façons de concevoir l'ivresse.

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Les plaisirs de la taverne.
Faits et dits mémorables de Valère Maxime ( 1er s.), XVe s. - Paris, BnF, Ms. Fr.

In taberna

Bibit hera, bibit herus,          
bibit miles, bibit clerus,         
bibit ille, bibit illa,            
bibit servus cum ancilla,         
bibit velox, bibit piger,         
bibit albus, bibit niger,          
bibit constans, bibit vagus,      
bibit rudis, bibit magus.
Bibit pauper et egrotus,            
bibit exul et ignotus,             
bibit puer, bibit canus,
bibit presul et decanus,            
bibit soror, bibit frater,         
bibit anus, bibit mater,            
bibit ista, bibit ille,            
bibunt centum, bibunt mille
Parum sexcente nummate             
durant, cum immoderate             
bibunt omnes sine meta.            
Quamvis bibant mente leta,         
sic nos rodunt omnes gentes         
et sic erimus egentes.            
Qui nos rodunt confundantur

Carmina Burana mis en musique par Carl Orff

Hypocras, boisson à base de vin et d'épices commune au Moyen-Âge.

Ingrédients :

- 1 bouteille de vin rouge. Du Bourgogne, j'aime bien le Bourgogne.
- 100 g de miel de forêt. Le miel de forêt est fort en goût, surtout le miel de châtaignier.
- 30 g de cannelle en bâtons. Avez-vous lu de Jorge Amado, "Grabiella, Girofle et Cannelle" ?
- 60 g de gingembre frais. Le gingembre frais est excellent pour ranimer les ardeurs endormies.
- 10 clous de girofle. Ce que ça évoque, est plus désagréable, le dentiste ou l'oignon piqué du pot au feu
- 10 gousses de cardamome. La cardamome me rappelle l'Inde. Les laddhous sont un avant-goût du paradis.

Préparation :

Versez le vin et le miel dans un récipient.
Râpez le gingembre.

Broyez les épices dans un joli petit creuset avec son pilon, ( si vous n'en avez pas, posez-les dans un torchon et un rouleau à pâtisserie fera l'affaire), et  versez-les dans une toile ( une étamine, c'est un joli mot étamine) que l'on noue, ou dans un filtre à café, c'est moins poétique mais plus pratique.
Mettez la toile ( l'étamine, oui j'insiste) contenant les épices dans le breuvage ( c'est le vin et le miel mélangés) et recouvrir.
Laissez macérer au moins pendant 4 heures. C'est vraiment le minimum, 4 heures, 24, c'est mieux.
Après 24 heures, invitez quelques amis, sortez les verres, les beaux, ceux qui font plein de jolies lumières quand on les mire,  partagez la boisson en vous laissant aller à raconter sottises, sornettes et billevesées et en riant très fort.

Vous pouvez aussi boire tout seul du picrate dans un verre à moutarde, mais c'est nettement moins drôle.

Sans_titre_berth


Le buveur, Bernard Buffet, 1948

Je bois
N'importe quel jaja
Pourvu qu'il fasse ses douze degrés cinque
Je bois
La pire des vinasses
C'est dégueulasse, mais ça fait passer l'temps

La vie est-elle tell'ment marrante
La vie est-elle tell'ment vivante
Je pose ces deux questions
La vie vaut-elle d'être vécue
L'amour vaut-il qu'on soit cocu
Je pose ces deux questions
Auxquelles personne ne répond... et

Je bois de Boris Vian

12 décembre 2009

Mots à hic (Joe Krapov)

dds84_cleopatreA mon amoureuse d’Egypte
Puis je offrir le mot «mie»
Sans qu’elle s’en offusque
Dessous ses bandelettes ?

La chèvre de Monsieur Seguin
- Et les entêtées de tout poil –
Cela mettra-t-il un terme à son ire
Si je lui offfre le mot «hair» ?

(J’ai déjà donné le mot «tif»
Au chauve qui peut général
Qui avait besoin d’un
Pour me coller au gnouf)

A Charles Baudelaire
Faisons cadeau des mots «lusque», «clame»,«volupté»,
«mot d’ordre», «Chat botté» :
Il en tirera bien quelques vers s’il ne s’est pas
Piqué le nez ou autre chose hier au soir


Peut-on donner le mot "anneau" à Edith Piaf ?


Peut-on encore gratifier le nègre Banania des mots «y’en a jeu» dès lors que tout le monde est Dakar pour entendre des timoniers à talonnettes décréter que «l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ?

Tristesse de Chopin !

A l’irascible du château
J’offre ce conseil et les mots
«des rateaux quand ta bile est» :
Il faut marcher sur les dents
Et prendre le manche dans le nez.
Ah oui, bien sûr, cela fait mal !
Ca peut provoquer même un malaise vagal
Et blesser l’amour propre
Mais à nous, ça nous fait des vacances !

Offrons le mot «rose» à ceux qui sont gais
Et à l’espion qui rit trop envoyons le mot «sad».

Donnons le mot «l’os» au gros chien
Et «bone» au beau qui fait le singe.

Et aux défiants du samedi
Faisons cadeau de nos mots «d’où»,
Des mots sertis d’ailleurs ou qui n’existent même pas :
D’où tu es toi ?
Du mot «Zambic», des mots «cratère», des mots «critère», des mots «Steenvoorde»,
Des mots «graphiques» pour MAP bien sur,
Des mots «Le Mans» pour ce dur-à-cuire de Végas,
Des mots «Ris ? Tu ris ? Té ! Salut, tante» pour l’oncle Dan,
Du mot «Scooter» pour Virgibri Oussov,
Des mots «tôt cycliste» à Sébarjo.

Offrons le mot «reine» à Poupoune qui n’a rien à voir avec la glace si ce n’est qu’elle crèche rue Lepic,
Le mot «cœur» au merle doux qui fait temps des cerises en Iowa,
Le mot «quête» à Tiniak pour qu’il tape du pied sans gêner les voisins quand il joue le ragtime du Graal dans son sous-marin sous les combles,
Le mot «ka» à Valérie, le mot «zarella» à Martine27, Rsylvie et toutes les dames et demoiselles qui viennent ici , qui me semblent être de bien aimables gourmandines !
Et pour Walrus et Papistache laissons les se disputer la possession du mot « nacal » et du mot « narque » !

Pour moi, ne m’offrez rien, surtout pas de mots, j’en ai trop !
Le vocable « péter un » suffira à me remettre d’aplomb si je dois changer mon fusible des pôles.
A la rigueur, le mot « i can ».
Le dernier des derniers, s’il n’en reste qu’un seul, je serai celui-là !

dds84_mohican

Photo du spectacle "Les Saltimbrés en vacances"
par le cirk des trois valoches

7 novembre 2009

Marina(de) les pieds dans l'eau (Joe Krapov)

Entrée du pays des merveilles ?
Placard caché de Barbe-bleue ?
Huis clos de la chambre jaune ?
Niche du chien des Baskerville ?
Résidence des dix petits nègres ?
Repaire secret d’Arsène Lupin ?

Détective privé
De jugeote mais pas d’hypothèses,
Je prends des coups sur le citron
Mais je retiens votre attention :
« Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine »
Ou la grippe A/H1N1

Appentis de l’hôtel où Verlaine et Rimbaud se tirèrent
Dessus ?
Maison de berger dans le maquis corse où Marbeuf engrossa Laetitia la grenouille
Pour que Napoléon soit l’orgueil des Bretons ?
Arrière du 21 où habite l’assassin ?
Issue de secours du pensionnat où Paul Meurisse est entouré de diaboliques ?
Fabrique d’emplois fictifs en manoir de Corrèze ?
Banque de blanchiment de listings accablants ?
Usine d’eau gazeuse pour désaltérer l’amateur d’odes rocambolesques ou abracadabrantesques ?
Cachot d’Edmond Dantesque ?

Détective privé
De jugeote mais pas de références,
Je me mange des mandales
En tentant de mettre le mystère K.O.
« Ca vaut mieux que d’avaler d’la mort aux rats »
(de Montsouris)

Prison de hasard
Où l’on m’a bouclé, lié
A un fauteuil glauque !


Dans cette pièce hermétique
L’eau monte à vitesse grand V.

J’ai beau gigoter, hurler, appeler à l’aide Watson, Scotland Yard, Lestrade,
Maigret, Bourrel, Julie Lescaut, Tintin ou Rouletabille,
Personne ne vient à mon secours.
Mais que fait la police ?
(Elle compte les manifestants : 1, 1, 2, 2, 3, 3, 4, 4, etc. !)

Détective privé
D’assistance, de portable, de secrétaire,
De vie bientôt !
Inspecteur sans gadget,
Les genoux un peu mous,
Les pieds qui font « Glou-Glou »
Dans le repaire de Fu-Manchu

Détective pourvu
D’une existence exaltante et haletante
« Ca vaut mieux que faire le zouave au pont de l’Alma »
Qu’ils disaient !

Aujourd’hui, je ne vois pas trop la différence !

dds80_sherlock

24 octobre 2009

Voyage maritime en haïku de vent et même que, parfois, il y a du tankage (Joe

C’est un vrai défi
De s’en aller naviguer
Sur ce frêle esquif

(Même les origamis
Recherchent des blogamis !)


bateaujk

La coque de noix
Qui part chasser la baleine !
Projet Ac(c)hablant

(La jeunesse est sans pareille
Qui croit aux monts et merveilles)


bateaujk

Bateau de papier,
La mer est un boulevard
Hostile au buvard !


bateaujk

Furies d’océans
N’empêchent pas que l’on rêve
Au chant des sirènes


bateaujk

Sur la feuille bleue
Un bateau en pointillés
Pour plier bagage


bateaujk

Jasons, moussaillons !
Jaspinons notre légende
Pour que l’argot note

Toisons l’univers qui dort
Sans plus rêver de trésors


bateaujk

S.O.S. Helpdesk !
Un enfant pisse au ruisseau !
Signé : Titanesk !

Bouillon : mer du vermicelle
(C’est une question d’échelle)


bateaujk

Chasser le requin
Dans le marais poitevin ?
T’es pas un peu vain ?

(Pour la chasse à la baleine
Remonter un peu la Seine)

 

24 juillet 2009

NUE sous l’saule (rsylvie)

Combien de fois, elle a été surprise par la nuit tombée, et de
devoir rentrer rapidement à la ferme pour la traite.
Que son brave père, avait due commencer…
D’ailleurs elle l’entend encore :-« ‘riv’ras-tu un jour à prendr’le travail pour sérieux ? »
Ma pauvr’tiote mais qu’est-c’qu’on va ben faire de toiée » ?
Et oui, car il avait l’accent du terroir le père.
Alors il disait » toiée et moié »… « p’tête ben qu’oui » et aussi « vindieu qui pieu » !

…Tiens il pleut,
Un 26 juillet !
mariage pluvieux….mariage heureux !
D’ailleurs j’entends carillonner au clocher.


Mais c’est ben vrai qu’il y a mariage

On n’parle que d’ça au village.
C’est la p’tite qui r’vient avec son prétendant
Comment d'jà qui s’nomme ? Un drôle de nom.
-« Doit pas être du canton » ?
-« Mais d’oùXéTi  qu'il est son charmant » ?
-« Qu’ça peut ben foutre, à toé la ma’gu’rite.
T’en souviens quand elle était p’tite » ?
-« Pour sure, une ben belle pétiote.
Et point sotte » !
Sous le saule pleureur, ELLE rigole doucement, car elles ne la voient pas.
Mais ELLE les entends et doucement replonge vers la nostalgie
du temps des cris dans la coure de récréation,
quand la grosse cloche sonnait la fin des devoirs….

…Tiens j’entends carillonner au clocher
C’est le 26 juillet
Tous sont réunis
Les anciens comme les nouveaux amis
Pour les voir passer
Pour les saluer


Avec douceur ELLE se souvient du Gaston qui courait derrière ELLE. Petit Pierre, qui l’attendait après le souper,  pour aller au bord de l’Orne, goûter encore une dernière fois, avant de rentrer se coucher,  les délices de l’eau rafraîchissante entre les doigts de pieds, en ces chaudes journées d’été. Et puis il y avait Maria,  la complice des jeux de mots. Son amie, presqu’une soeur tant elles se complétaient et s’entendaient à merveille.  Maria avec qui ELLE inventait des histoires de princesse et de prince charmant vêtus d’or et de diamant, tel Solaire illuminant le ciel…

…Le soleil resplendit
ce 26 juillet, tout leur sourit !
Un vœu ?
Mariage d’amoureux….mariage heureux !
Plus qu’un souhait.
J’entends carillonner au clocher.

c'est fête au village de toujours
ELLE est de retour
Val se marie
Vindiou.... qu'elle est jolie !

plus qu'un conte, cet article est une fiction des gens du pays,.
Cette nouvelle arrangée pour la p'tite histoire est
un voeux de bonheur pour VAL
 
qu’est AUJOURD’HUI

toute de coton parée…


"
HE
sylvie stop !!!!
c'est en rien à voir avec la consigne c’que tu nous chantes là !
-"mais non, c'est bon, t'inquiètes.... écoutes voir
"

C’est un après midi comme un autre
Il fait bon sous le saule pleureur.
A l’abri des regards, ELLE aime venir s’y reposer.

Loin des yeux de chacun négligemment elle retire une manche,

et se laisse dévêtir d’un coup de vent pour se retrouver

aussi légèrement vêtue qu’une promise en sa nuit de noce.

 

-« hé m’dites pas qu’c’est pas hérotique

qu’ça « NUE sous l’saule » !

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Le défi du samedi
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