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Le défi du samedi
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20 mars 2021

La gargouille (Pascal)

 
Retour à la nature ou cachette introuvable, mes parents avaient loué un gîte dans un petit village perché dans un coin perdu de la France profonde. Au mitan des quelques maisons, il y avait un seul croisement de chemins caillouteux ; vers le nord, c’était des champs et encore des champs ; vers le sud, c’était la forêt et encore la forêt ; vers l’est, c’était le cimetière, avec des croix et des croix ; au sud, c’était la petite église, avec ses pigeons et ses fientes…  

C’est le bus du voyage qui nous avait laissés dans le croisement ; on avait plein de valises comme si c’est ici qu’on allait habiter. La lettre que tenait mon père indiquait l’église comme point de ralliement. Sur le chemin, nous marchâmes un moment dans la poussière, les flaques séchées et dans les caillasses ; je salissais mes beaux souliers tout neufs ; quelques rideaux de fenêtres s’écartèrent prudemment sur notre passage.
Plus perdu que cet endroit, il fallait chercher ; il n’y avait pas de magasin d’alimentation, pas de bar-tabac, pas de boulangerie, rien qui ne puisse justifier un quelconque approvisionnement. Je l’appris plus tard ; les quelques rares habitants du coin n’étaient ravitaillés que par un antique camion-épicerie-journaux aux teuf-teuf asthmatiques ; à prix prohibitif, ma mère y achetait le pain, la gazette et de quoi manger…  

Cet appartement spartiate, reconverti en modeste gîte, ce devait être l’ancien logement du curé ; il accolait l’église. Arrivés devant la porte, comme s’il nous avait reconnus du bout du chemin, en baissant la tête, un paysan nous apporta la clé de l’appartement, et il repartit si vite, qu’on n’était même pas sûrs de l’avoir vu. En silence, nous nous installâmes, en rangeant nos bagages ; mon petit lit était pile au-dessous d’une véranda, ce genre de petit fenestron qui aide la lumière à éclairer la maison…

Ici, c’était bucolique. À l’aube, c’était le chant du coq qui laissait des points de suspension à mes derniers rêves ; la journée, on avait les mouches et les taons, les guêpes et les sauterelles qui rentraient dans la maison ; le soir, c’était les grenouilles d’une mare toute proche qui vocalisaient leurs amours ; la nuit, c’était les cloches de l’horloge de l’église qui sonnaient les heures en se moquant bien de ceux qui essayaient de dormir sous son aile. M’man achetait des œufs chez des voisins ainsi que de la volaille qu’ils nous apportaient plumée et vidée. On avait aussi les légumes ; jamais je n’avais mangé d’aussi bonnes soupes…

Mes parents avaient de grandes discussions auxquelles je ne comprenais pas grand-chose ; des fois, ils se grondaient et ils me disaient d’aller jouer dehors ; des fois, ils se rabibochaient et ils me disaient d’aller jouer dehors. Alors, je partais courir la campagne et les environs. Du haut de mes presque sept ans, les arbres, les oiseaux, les gerbes de blé, les épouvantails, les rares grandes personnes que je croisais, tout ce que je découvrais était plus géant que moi ; j’avais toujours la tête en l’air.
C’est là, qu’horrifié, je m’aperçus qu’une effrayante bestiole avait pris ses quartiers d’espionnage juste au-dessus de notre logement ! Je tapai dans les mains, je lui jetai des pierres ; avec un arc improvisé, je lui décochai mes flèches ! Impossible de déloger cette monstruosité d’un autre siècle, d’effleurer sa carapace en granit ! Tous les jours, je tentais de la chasser ; elle était comme un oiseau de mauvais augure, le doigt dénonciateur qui dit que c’est ici que cela se passe. J’en parlai à mon père mais ce n’était que le millième de ses soucis ! Il avait apporté son poste de radio ; pendant des heures, il écoutait les événements qui se passaient dans le pays, en hochant la tête. Ce qui se disait devait être grave parce qu’il n’avait jamais le sourire. La nuit, il écrivait des longues lettres qu’il remettait, le matin, au chauffeur de l’autobus, au croisement ; dans sa main tendue, il rajoutait le prix des timbres, et même un peu plus pour payer le service au conducteur…  

Quand elle avait le temps, maman m’emmenait balader. On prenait des petits chemins ; elle me racontait des choses de grands, auxquelles elle rajoutait ses leçons sur la nature.  La guerre et les fleurs, les méchants et les fraises des bois, l’occupation et les petits oiseaux, c’était plus humanisé, plus sucré, plus bucolique. Immanquablement, on se retrouvait devant le portail du cimetière ; on ne se privait pas pour aller visiter les morts. Je quittais mon béret, j’enlevais les mains de mes poches et je défilais devant les tombes en baissant les yeux. M’man disait toujours que ce n’est pas ici qu’on pratiquait la délation, un mot que je ne tardai pas à comprendre…

Effets de l’église et de son bénitier, par je ne sais quel miracle, sur notre boîte aux lettres, dorénavant, on s’appelait Durant. David Durant, combattant le dragon perché sur la toiture, avec ma fronde, il y aurait de quoi en faire un récit pour le « Défi » de samedi.
Dès que je le pouvais, je m’occupais de cette hydre maudite qui nous espionnait avec ses gros yeux globuleux et ses griffes toujours sorties ! Un soir, alors que je m’étais obstiné à la déloger, il me sembla qu’elle avait battu des ailes, comme si elle en avait eu marre que je l’asticote ! Ce n’était qu’un éclair dans le ciel ! Pour se venger, cette affreuse chimère avait déclenché un terrible orage, à moins que ce fut mes flèches qui avaient percé les nuages ! Toute la nuit, en réelle punition, elle dégueula son trop-plein d’eau sur la vitre de ma petite lucarne !...  

Les hirondelles étaient reparties ; les mûres poussaient sur les ronces comme pour adoucir leurs épines acérées. Un jour de fin d’automne, une voiture noire est venue chercher mes parents. Il y eut des cris, plein de fumée, de poussière, des bruits de portières, et puis plus rien. Moi, j’étais chez notre vieille voisine, en train de ramasser des œufs, sous le duvet du ventre des poules, avec elle. Elle m’a caché derrière son tablier, a juré ses grands dieux, à qui l’interrogeait avec brusquerie, qu’elle n’avait vu personne…

J’ai presque soixante-dix ans ; j’ai retrouvé ce petit village perdu, au cœur de la France profonde, et j’ai reconnu son croisement à peine goudronné. Vers le sud, c’est la forêt, et encore la forêt ; vers l’est, c’est le cimetière, avec des croix et des croix ; au sud, c’est l’église et ses pigeons aux roucoulements remplis de rumeurs de campagne… 
Porté par le souvenir de mes souliers tout neufs, j’ai emprunté le chemin qui mène vers la maison du Seigneur ; pour m’accompagner, au tempo d’une mélancolique mélodie d’antan, chantaient les guêpes et les taons, sautaient les criquets et dansaient les mouches. Sur le toit du clocher, la sale bestiole avait quitté son piédestal ; je veux croire qu’un seul coup de mitraillette l’a définitivement épouvantée alors que, moi, je n’ai jamais su y arriver pour sauver… papa et maman…

 

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23 janvier 2021

Le yoyo par bongopinot

b

 


C’est un yoyo extraordinaire
Mais il faut un peu d'expérience
C’est parfait pour se distraire
Si vous avez un peu de patience

Une bonne coordination du corps
Et une agilité avec vos mains
Pratiquer à l’intérieur ou dehors
Seul ou entre copains

Il faut s’entrainer régulièrement
Ne pas se décourager trop vite
Lancer le yoyo correctement
On décompresse on profite

Il existe énormément de figures
Comme la promenade du chien
Suivez bien la brochure
Puis faite la berceuse des bambins

Puis une petite tour Eiffel
Un trèfle à trois feuilles
Attention à la ficelle
Oh là là ça vrille
 

16 janvier 2021

Bonne année (bongopinot)

  

b

  

 

C’est du jardin des poètes
Que s’envole une douce mélodie
Pour parcourir les pays
Dans un petit air de fête

Que le vent gentiment emporte
Et ces notes sorties d’un xylophone
Tintent et sonnent
Pour frapper à toutes les portes

De tous les défiants du samedi
En souhaitant la bonne année
Et bien sûr une bonne santé
Et une vie qui leur sourit

Cette douce mélodie
Vole et tournoie
Pour apporter la joie
Avec une partition amie

Quelques notes sincères
Envoyées du fond du cœur
Pour apporter un peu de bonheur
Et éloigner les galères

 

3 octobre 2020

Imbroglio (TOKYO)


J’ai des problèmes d’argent donc je suis revenue vivre chez toi papa.
Ha non !non
 Ha si !si ! .
Mais je ne vis plus seul ma chérie , je suis depuis la mort de ta mére avec sa sœur jumelle.
Son message contenait un sous texte que je tentais de déchiffrer
 J’hésitais entre ‘fou le camp’ ou ‘tu veux comme belle-mère ta tante ‘?’
D’elle ou de moi une seule avait obtenu un bail à vie chez lui et ce n’était pas moi.
Mieux valait l’éliminer tout de suite cette garce qui avait osé remplacer ma mère.
Et nous avons eu un fils l’année dernière tu seras sa tante ,, non sa cousine enfin je ne sais plus tu me compliques la vie .
Devant cet imbroglio j’ai été tentée de revenir en arrière au temps où fille unique gâtée pourrie je vivais entre mes parents comme un poisson dans l’eau.

Je déprimais, j’étais la candidate gagnante et j’avais dû commettre une minuscule erreur qui avait compromis tout mon succès auprès de mon père.
Il pourrait au moins m’accorder le statut de ‘girl visiting à home.’
Je te jure papa je vais consulter tous les jours des offres d’emploi sur le net.
Quand ma tante s’est pointée pour le déjeuner je l’ai tout de suite rebaptisée l’autre/la sœur jumelle de ma mère .
 Un grain de beauté dans le cou la différenciait de ma mère pour le reste c’était tout pareil.
Mon père faisait l’économie d’un deuil et l’autre d’un loyer.
J’aurai pu la transpercer de 41 balles mais ça faisait désordre et comment identifier le corps je vois d’ici l’imbroglio de la police scientifique.
 Je ne voulais pas être la meurtrière de ma mère ressuscitée.

J’avais oublié que l’intelligence et la gentillesse étaient compatibles. L’autre donc ma tante m’aimait comme ma mère et son fils mon cousin non mon neveu me ressemblait comme deux gouttes d’eau.  Je me suis alors sentie autorisée à parler sans tabou à ce nouveau couple.
Devant mes propos ma mère de substitution me dit l’air blessé que mon manque de respect l’attristait ‘.La femme que tu aimes maintenant papa est une image renversée un négatif de maman.’
 Je trouve ça gore.v


Faut que je me montre digne de d’Artagnan mon héros de jeunesse demain je l’affronte en duel.
J’ai donc commencé à prendre des cours d’escrime

25 juillet 2020

On patauge (Walrus)


Des grenouilles à c't'heure !

Encore heureux qu'il n'a pas ajouté "Et que ça saute !"

Parce que les grenouilles,
ça vous saute jusqu'aux... genoux !

Faut pas surestimer leurs capacités non plus... (Je parviens pas à retrouver la chanson à l'origine de cette plaisanterie douteuse, mais je cherche, rassurez-vous...)

Je pourrais vous faire celle de la différence entre coasser et croasser, mais Vegas s'y est attelé avant moi !

Alors, chatouiller et gratouiller ? Aucun rapport avec les grenouilles, la chatouille et la gratouille, ça ne rime à rien !

Bon, on va dire grenouillère et barboteuse alors.

Là, vous devez bien admettre que grenouillère et grenouille sont intimement liées et si vous ignoriez que les grenouilles barbotent , vous avez jamais vu de grenouille !

Je continue ou vous en avez mare ?

La barboteuse est un vêtement qui laisse les membres découverts (je parle des bras et des jambes, je vous vois venir !) ce qui permet effectivement de barboter sans (trop) mouiller ses vêtements.

barboteuse2

La grenouillère (désolé j'ai pas de photo de moi dans cette tenue) englobe tout, ce qui n'est pas pratique pour barboter et comme vous n'avez jamais vu de grenouille qui ne barbote pas (sauf dans la collection de ces batraciens en porcelaine que possède une amie de mon épouse), vous conviendrez que ce vocable est bien mal choisi. Parce que si vous enfilez ça pour barboter, c'est plus une grenouillère, c'est une combinaison de plongée ou un burkini.

Alors, pour la différence entre la combinaison de plongée et le burkini...

Comment ?

Là, vous en avez vraiment marre ?

Bon, je me plonge dans autre chose !

 

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3 juin 2023

afrotiniak - tiniak


Avec ce billet doux
déposé à genou
sur ta paume diaphane

Fi des tristes courroux !
scellons le désir fou
d’accorder nos membranes

Rive ornée à la croupe
je sais ta promenade
et, de ma Guadeloupe
tu connais la ballade

Où mieux qu’entre nos doigts
soupirs de peu de foi
raviver notre flamme ?

Tant caresse de soie
peut embraser nos voix
du concert de nos âmes !

Il chante, le gwoka
sur ta fesse, ma Dame
un nouvel eurêka
d’amoureuses alarmes

N’ayons plus à penser
que jouer sous le dais
couvrant les plis de l’Orne

Ici, deux feux follets
d’un seul élan mêlés
hurlent à Capricorne

A ta pierre de Caen
s’apaise mon volcan
et vient à l’occident
un sommeil tropical

Kit en mousse au tiroir
(menottes transitoires)
sur ce drap, Blanche et Noir
ronflent d’un même allant

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8 avril 2023

Sale petit rat (Cavalier)

Source: Externe

 

C'est un tout petit rat, à peine une danseuse,
Ces cheveux sont noués d'un ruban de satin.
Un petit sacripant qui est bien trop crâneuse
En exposant son tout, tout en ne sachant rien …

Mais elles ... elles,

Ces danseuses au repos du grand ballet Bolchoï
Ont la fraîcheur des roses des bouquets d’Opéra.
L’instantané, cassé, recomposé par l’œil,
Aura pu être pris aux pinceaux de Degas …

Scènes intimes observées puis proies de l’analyse,
Tous leurs jolis moments seront décomposés :
Mouvements immuables, éternelles reprises,
Prêtresses de la grâce sous la réalité …

Mystères de la grâce sous la fusion du rêve,
Le Peintre chasseur d’instants se fera magicien :
Onirisme et vérisme en symbiose dans la sève,
Les fleurs ainsi croquées seront brossées sans frein …

Alors toi, Petit Rat, perdue dans la vraie cire,
Au vrai tutu de tulle, aux vrais chaussons de danse,
Sacripant effrontée, tu ne seras pas pire,

Et moi je te demande, ce que toi tu en penses ?

 

 

Source: Externe

 

Source: Externe

 La Petite Danseuse de quatorze ans

"Les danseuses ont cousu mon cœur dans un sac de satin rose,
de satin rose un peu foncé, comme leurs chaussons de danse …"
Edgar Degas

18 mars 2023

interrogatoire à la noix (joye)

nuts

Monsieur Coco a essayé de noyer sa femme. L’inspecteur Cacahuète fut appelé à la scène du crime, une grande maison, genre pignon sur rue.

- Vous avez essayé de noyer votre femme ?
- Non !
- Pourquoi lui cherchiez-vous noisette ?
- J’ai rien fait de la sorte !  
- Ma Cadamia m’a dit le contraire, monsieur !
- Cadamia ? Qui c’est ? J’ai rien fait !  Arrêtez de me griller comme une pistache !
- Hmm, c’est salé, ce que vous dites.
- Comment pourrais-je sortir de cette cage ?
- Cage ? Où ?
- Monsieur l’Inspecteur, que voulez-vous, que je fasse amande honorable ?
- Oui, va falloir que vous payiez !
- Que je paie ? Quand ?
- Tout de suite, allez, va, ce n’est pas le Pérou.
- Pérou ? Je viens du Brasil, moi. Vous comptez pour du beurre, Cacahuète !

18 mars 2023

Con post (Joe Krapov)

DDS 759 modifié

On pourrait prendre le parti, s’agissant de la pistache, de faire un pastiche de Ponge. Mais quel apostolat ce serait que cette chose ! On a beau être plus pisse-copie que le regretté Fausto, on dit « Passe ! » devant la tâche et on pense qu’à la place du pastiche on ferait mieux de se tourner vers l’acrostiche, plus fastoche.

DDS 759 Fausto Coppi

Car la pistache est dure : dure à ouvrir, dure à cuire et dure à dire. Si on en sert dans ta cantoche, fais attention à tes ratiches !

Ce fruit à coque nous cherche des niches, il nous rejoue la mouche du coche. De même qu’on ne prête qu’aux riches, il a la dureté de la roche et pourrait remplacer l’aimable petit pois – il a même couleur ! - sous la pile de matelas de la princesse moche et revêche qui se fâche dès qu’on se fiche de sa chevelure filoche ! Il paraît que plus tard, allant à la pistoche, on la vit, la Sissi, qui portait des postiches et un gros classeur de partoches, essentiellement des chants malgaches assaisonnés de triples croches !

Mais de quoi me mêlé-je ? Et Patrick Modiano, potache, était il surnommé Patoche ? Était-il du genre plutôt lâche et recevait-il des taloches ?

De tout cela, Dame Pistache n’en a cure. Madame joue la détachée, sachant qu’à l’apéro, son entretien d’embauche, elle sera toujours là, comme la vedette à l’opéra.

Sache qu’on en trouve partout ! Elle se vend sur la place Hoche, aux Appalaches ainsi qu’à Binche, Avranches, Antioche, Loches et Greenwich, au magasin de la mère Idien.

La pistache a du bol : elle joue à cache-cache et s’y colle en gros tas. Aucune ne se détache du lot alors on pioche, on écarte les coques, croque puis mâche, et tel Marcel Amont avec son bulletin de naissance, on avale.

Peu chaut à la pistache que l’on jette un grand froid dans cette cérémonie. Qu’on aille au clash ou que ça cloche, qu’on traite la belle-doche à moustache de vieille ganache bancroche, qu’on reproche à Eustache, le peintre du dimanche de gaspiller la gouache, ça l’indiffère. Elle s’en moque si on dit à Blanche qu’elle a pris de la brioche, qu’elle fait trop la bamboche et si on lui rabâche qu’il serait temps qu’elle s’attache à un trader bravache si elle veut faire un môme avant que ses jolies loches ne tombent sans panache et que son ventre n’affiche « relâche » !

C’est fou comme avant le repas, quelquefois autour du grenache ou du guignolet-kirsch surgissent les anicroches et les empoignades franches ! Voilà qu’en lieu et place de la galoche roulée on se fâche, on s’accroche, on s’embroche, on se démonte le museau, on se taquine comme à la pêche à l’épinoche, on se décoche des flèches, on se traite de patache, de vieille vache, on recrache sa haine mais toujours c’est sans panache qu’on se cravache ou qu’on se poche avant qu’au tournebroche, autour de la bidoche, tout le monde un peu plus gris se réconcilie « con carne », comme chez Carné (La Belle équipe ! Rocco et ses frères ! Non ? Plutôt Drôle de drame chez les Visiteurs du soir à l’Hôtel du Nord, alors ?).

DDS 759 PifouPoche92_06062004

Pendant ce temps les mioches colorient Pifou-poche et les pistache se fendent la gueule, pareilles à des « British smileys ». Sauf une, et c’est un rite qui m’irrite car c’est toujours à moi qu’on la laisse, l’inouvrable au visage fermé d’ouvreuse de cinoche !

Ô, dernière pistache ! Pour faire encoche en ta caboche où elle manque, je n’irai pas chercher ma hache ou ma mailloche. Tu vas visiter la poubelle ou finir enterrée dans la terre du jardin si je te balance au compost. Et je m’arrête là, le mien est terminé.

18 mars 2023

En piste, à la tâche ! (Kate)

En piste, à la tâche !

- Salut Vincent !

- Salut Didier ! Un café...

- Double et un verre d'eau, etc.

- Super !

- Tiens. Ça va ce matin ?

- Oui, un peu de boulot mais pour mon bouquin...

- Ah ? Les églises ?

- Les saints, les paysages, etc.

- Eh ! Ton téléphone !

- Merci !

Qui c'est encore ?

- Allô Vincent ?

- Hein ?

- Vin-cent !

- Oui, Jean-Mi ! C'est vendredi...

- Juste un truc, s'il...

- Je suis en congé, non...

- Allez, Vince !

- J'peux pas j'ai piscine !

- C'est urgent...

-  C'est quoi ? Pas les fruits encore, hein ?

- Oh, juste P comme pistache.

- C'est-à-dire ?

- Quelques lignes...

- Non !

- Comme elles te viennent, ce que tu veux !

- Mais là, je suis sur tout autre chose, alors non, désolé.

- Vin-cent !

- Bon, j'ai compris. C'est pour quand ? Avant-hier ?

- Ce soir, seize heures.

- Seize heures trente alors. Je raccroche et je vais aller pister des pistaches après avoir coursé les quetsches...

- Merci ! Écris ce que tu veux.

- Sur la pistache ?

- Tu m'as bien entendu, salut l'artiste, en piste !

Je suis abasourdi : "En piste !", il se fiche de moi, le Jean-Mi... À la tâche, plutôt !

- Ton café ? Je te le réchauffe ?

- Non, merci, ça va Didier. Tu as des glaces ?

- Quel parfum ?

- Pistache !

- Non, je ne fais plus...

- Pourquoi ?

- Parce que ce colorant vert est trop chimique et j'ai eu des réflexions comme quoi les "vraies" glaces à la pistache seraient plutôt blanches et n'auraient pas le goût d'amande mais celui de la pistache et nanani et nanana... J'ai chocolat, café, vanille et rhum-raisin, du classique. Tu veux quoi ?

- Juste un autre café, un petit.

Alors adieu la glace à la pistache bien verte de mon enfance ! Reste le goût des pistaches ramenées d'Iran par mes voisins, il y a bien longtemps...

Pistache : en piste, à la tâche ! Je fais du sur place, là. Alors en vrac : "pistache" me fait penser à Eustache. Forcément puisque je suis dans mon dossier sur les églises, leurs noms, pourquoi, comment et où, etc.

Eustache, mais qui es-tu avec ton nom de petit homme vert ? Ah ! Un grec dénommé Placidas au départ et renommé Eustache par la suite pour récompense... Tiens, il pleut... Et les gens arrivent pour l'apéro, c'est déjà l'heure, zut !

- Tu veux manger, Vincent ?

- Oui, comme d'hab' !

- J'ai bavette, frites, salade.

- OK, à point.

- Un verre de Minervois ?

- Il est bon ?

- Super !

- Et j'ai terrine de lièvre aux pistaches, ça te dit ?

- Non, non, merci...

"Pistache" et "Eustache"... avec ça, je vais pas aller loin... Et si j'allais voir dans la galerie photos ? Je ferme le dossier "églises" et j'ouvre le dossier "vacances".

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Ah, Sète en avril, c'était super, même si le temps n'était pas toujours au top, je m'y revois encore escaladant le Mont Saint-Clar : l'ascension, la vue, les parfums de végétation le matin, la lumière, la fraîcheur, le surplomb et la chapelle... Et puis les parents qui voulaient absolument que je passe les voir au Cap d'Agde. J'ai fait le détour pour découvrir ce lieu où la pluie et la grisaille avaient pris le dessus, ça arrive.

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Pas question d'aller jusqu'au Mont Saint-Benoît et juste au loin apercevoir le quartier Saint Martin. Zut pour les photos que j'avais prévu de faire...Mes parents parlaient tout le temps et les quelques photos que j'ai réussies sont celles de la boulangerie Saint-Benoît, à côté du parking et, quand on était attablés à la pizzeria sous la bâche, au son de la pluie, le glacier Saint Martin..

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Un peu Rimbaud ce jour-là, un peu illuminé, un peu ailleurs, surtout, ne rêvant que de tendre des fils de clocher à clocher... Mais rien que les couleurs criardes des glaces pour touristes, qu'une boulangerie faisant ostensiblement un clin d'oeil au patrimoine... Quelle ironie !

- Vincent, t'as fini d'écrire ?

- Oui, j'arrête, c'est bon, merci pour le plat !

- Je te prépare une glace ?

- Non, merci, je vais à la pistoche !

- Cool !

(*) extrait du livre

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18 mars 2023

Sous la pistache d'argent (Cavalier)

Dans le bruissement des feuilles flétries,
Frigorifiée sous ton châle chatoyant,
Griffant l'air de tes ongles vernis verts,
Tu suis l’ondulation lente des blés d’or.

Sous le halo de la parcelle fumante,
Tu l’as cachée, la pistache d’argent,
Celle semée au prélude des sources …

Mais soudain, la courbe de sa coque fait craquer
Et disloque la vallée aux empreintes des cours d’eau :
C'est un nœud sur ta tresse céladon qui se fissure.

Et il s’écarte comme une plume
Tout au long de son calame de mystère,
Comme une imprévisible romance
Cachée à l’ombre de troncs belliqueux

...

 

Source: Externe

 

 

 

18 février 2023

Ni label ni lambeau (Kate)

Ni label ni lambeau

Label

Lambeau

La belle

Le beau

Haillon chiffon

Cendrillon

Princesse de conte

On se raconte

Peau d'âne

De cette repoussante membrane

À des robes couleur de ciel, d'argent et d'or

Un carrosse plutôt qu'une citrouille alors

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Marquis de Carabas

Chat botté

Culotté

Chapeau bas

Maigres hardes perdues

Dis-tu

Au roi

Qui s'évertue

À te parer

De sa vesture

Quasi investiture

Pour toi si nu

Fils cadet

D'un meunier

Mais tu n'as pas hérité

Du moulin

Pour toi rien

Sinon ce chat

Tu n'y crois toujours pas

Il veut des bottes

Qu'il adopte

Use et abuse

De ruses

Pour qu'on t'habille en roi

Te déclare marquis

T'en fournit l'habit

Et il t'obtiendra

Bientôt

De l'ogre le château

Enfin la fille du roi

Pour époux te voudra

L'habit ne fait pas le moine

Oh que si !

On est repoussé par une peau d'âne ?

Mais non disent les contes de Perrault

La belle

Cendrillon

Étonne

La belle

Peau d'âne

Rayonne

Le beau

Marquis

Doit ses élégants

Vêtements

Au chat

Son héritage

Chaussé de bottes

Usant de chantages

De tours de langage

Bel équipage !

(Illustration :

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tirée du livre :

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17 décembre 2022

Le diner du plankton (Nana Fafo)

La banquet de Planque t'on.

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Ce samedi du défi, le dîner du Kiss a ouvert le Colloque sur le Bonheur
organisé par notre maître du jeu Walrus
Colloque qu'on appelait aussi "Le Banquet de Plankton"
(non, ce n'est pas parce qu'on y planque des thons)

Comme chaque année, Sheldon Plankton nous a enchanté
d'un discours éblouissant qu'on attendait tous avec impatience.
Il s'y préparait toute l'année.
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Ce matin là, lorsque Ronchonchon l'appella pour se donner rdv
il ne se doutait pas que les choses allaient tourner ainsi.
Tout le monde le sait que Ronchonchon, lui, il aime pas les réunions
de "faisants" qui se pavanent en faisant croire qu'ils font,
mais bon, il y a de la bouffe gratos, alors il arrive à se motiver.

00(2)



Sheldon attaqua sa tirade de Plankton
"Le bonheur est une question de point de vue"

Pour Bongopinot, le bonheur pourrait ressembler à la vie en poésie
Pour Cavalier, ça pourrait être un jaillissement d'émerveillements et d'interrogations
Pour Joé, il suffirait de retrouver 99 dragons en rire et chansons
Pour Joye, les mots et leurs jeux en images feraient leur show
Pour Kate, tout pourrait se jouer avec une bonne partie de scrabble entre 2 bouquetins
Pour Laura, et si c'était l'aura
Pour Lecrilibriste on pourrait regarder la vie dans son plus simple et précieux appareil
Pour Maryline ce serait comme une mélodie de souvenirs
Pour Oncle Dan, on imaginerait un mélange de sauce piquante et de chasse au Trésors
Pour Ronchonchon ce serait de ronchonner sur tout et n'importe quoi paisiblement
Pour Tokyo, on naviguerait en eaux troubles à la découverte des désirs inconscients de personnages d'un autre monde.
Pour Végas, le bonheur c'est Germaine... ou pas
Pour Yvanne, et si c'était le talent des histoires vraies qui réchauffent le coeur
et enfin pour notre ami Walrus, le Bonheur ça pourrait être de jouer à Hubert le chauffeur de la famille


De manière presque alphabétique, Sheldon termina son oration
par cette question

"Mais de quoi se planque t'on ? A la recherche du bonheur ?"

Puis, il quitta la scène.
On ne l'a plus revu de toute la soirée, de toute la semaine, de tout le mois...

Le mardi matin, la nouvelle tombe :
Il paraît que la réunionite pourrait conduire à l'impensable...
le Burn meeting !

 

00(4)

 

Belle lecture récréative !

27 août 2022

730 raisons d'aimer les contes (et les comtes mais pas les comptes) (Nana Fafo)

Adieu les contes de fées !

730 dinosaure



Encore des vieux machins et pierreux en plus !
Ronchonchon n'en peut plus, c'est de la persécution du père tout puissant...
Allez j'me casse !

DSC09384



Il était une fois, un cochon tout rose, appelé Ronchonchon.
Il habitait à proximité d'un chateau pierreux
(pas aussi clinquant que celui de la photo, mais tout de même !)

Mais qui peut bien habiter dans ce machin vieillot ?
ça doit cailler là dedans !

Il avait entendu dire qu'une Princesse y attendait son Prince...
Comme si les filles d'aujourd'hui façon "girl power" attendaient
qu'un gars tout sec vienne les délivrer.
N'importe quoi ! T'as vu leur tête ?
Elles n'ont pas besoin d'être secourues et
quand elles croisent un Cochon, elles sont plutôt hargneuses et moqueuses.

Mais, bon ! On ne sait jamais, pourquoi pas tenter le coup.
Et si il y avait vraiment une Princesse à surprendre et suspendre !
Il paraît qu'un dragon bleu tapi dans la forêt empêcherait la Princesse de sortir.
Tu m'étonnes qu'il était bleu, le machin, il devait se les peler
à rester guetter les ptis trouducs téméraires (comme celui de Joye ?).

Mais c'est pas un dragon "bleu" qui allait arrêter Ronchonchon !
C'est pas une mauviette, lui !
Et c'est pas aujourd'hui qu'on va bouffer du cochon grillé !
Et bien, ça en fait des "c'est pas"...
Pensant à ce que la Princesse allait penser de lui, il avancait
fièrement, quand il tomba pif à groin avec une grosse bestiole bleue.

DSC09381



Ronchonchon : c'est toi ?
La Bestiole : et toi, c'est toi ?
R : joue pas au con avec moi, faut que t'arrête de séquestrer la Princesse
La B : la princesse, mon pauvr' gars, c'est un mythe !
R : et toi t'es pas un mythe, Dragon ?
La B : Moi, je suis pas un Dragon... j'suis un Dino !
R : ah... je cherche un Dragon tu l'aurais pas vu ?
La B : les dragons, ça n'existe pas !
R : alors comment je vais impressionner la princesse ?
La B : quelle princesse ?
R : celle du château !
La B : écoute, je sais pas où t'as eu l'info,
mais ça fait bien longtemps que les princesses
ne vivent plus dans les châteaux...
maintenant elles errent dans la forêt, certaines ont même des van.

pfff Ronchonchon... et la magie des contes de fées t'en fait quoi ?
J'aime pas les Princesses


"Un conte c'est le message d'hier, transmis à demain à travers aujourd'hui"

Amadou Hampaté Bâ

assemblage photo

Belle lecture créative

3 septembre 2022

Arc bouta (Kate)

Arc bouta

Néreuse

Ou nareuse ?

Si du nez

Elle en avait

C'était du flair

De la détermination militaire

jeanne

texte

Jeanne la bonne Lorraine

Vierge souveraine

Voyageuse

Victorieuse

À Orléans

Où bascula la Guerre de Cent Ans

Sainte belliqueuse

"Qu'Anglois brûlèrent

à Rouen"

Jadis et naguère

Mais où sont les neiges d'antan

Jeanne généreuse

Et de moi Laurent

Si elle avait été amoureuse

J'aurais pu être son amant

 (illustration extraite de "Histoire de la France des origines à nos jours" de Georges Duby)

 

9 avril 2022

Ah, l'X, encore ! (Kate)

 

Ah, Saint Ptote !

Brillant mathématicien

Dont le frère

Ah, Saint Dète !

Illustre grammairien

Eut un parcours parallète

Ou presque

Dans une voie littéraire

Tout en arabesques

C'est une litote

Ou prenons-le comme tel

Leur père

Saint Ange

Quitta leur mère

De façon étrange

Qui depuis lors

Leurs rêves hante

Leur mère alors

Sainte Theorema

Les incita

A ne pas prendre

La tangente

Mais à comprendre

Ainsi Saint Ptote

A l'X entra

La tangente arbora

Mais on la dénia

A Saint Dète

De la branche cadette

Pourtant partie prenante

Des constantes

Car de façon flagrante

Nulle est leur tangente

Suivant la devise

Communément admise

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Mathématicien

Physicien

Écrivain

Penseur

Né ici

Statufié

Assis

Sans épée

Évoqué

Et apprécié

Par ce littéraire

Et tant d'autres littéraires...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

31 juillet 2021

Étape 5 : le Japon (Kate)

 

Disons le Japon

Même si la photo

Est prise à Bordeaux

Au fond

Pas si loin de l'empire nippon

Entouré d'eau

On fait du lèche-vitrine

D'articles pour la cuisine

En livres ou magazines

De quoi saliver entre copains copines

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Tiens, une nouveauté

Que la librairie a fait trôner

Sur le thème de l'Italie

Et autres envies

0-2 2

Mon livre préféré

D'Amélie

Sur ce sujet

Est des plus déjantés

Et comprend même la recette abhorrée

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J'ouvre une parenthèse.

(Si Bordeaux-Belgique-Japon : premier triangle

Alors Mongolie-Le Havre-Paris : deuxième triangle

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Un peu de mathématiques

Comme une sorte de tic

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Avec Yeruldelgger tome deux

toujours aussi vigoureux

sur fond de Mongolie

et autres lieux en folie !

On déguste...

des spécialités locales aussi bien normandes débordant de crème, de beurre, de sucre, de calva que mongoles plus délicieuses les unes que les autres : beignets d'on ne sait quoi bien gras en tout lieu et à toute heure, tête de chèvre avec les yeux (c'est mieux mais il n'y en a que deux !), thé salé au beurre rance et farine...

Tout cela n'étant rien, si ce n'est un clin d'oeil couleur locale, comparé au contexte de trafics et violences en tout genre.)

Je ferme la parenthèse.

 

Vous prendrez bien une tasse de thé ?

Prochaine étape : plutôt Corée du Sud ou Désert de Gobi ?

 

21 novembre 2020

Grégory a plus d'une amante (Kate)

 

 

Chère Sarah,

Les souvenirs nous réchauffent et les traces que nous en gardons nous les remettent en tête, merci pour le voyage en Grèce que je n'oublierai jamais : l'excursion mouvementée à l'île de Thasos, les sommets enneigés conduisant à Vólos en ces premiers jours d'avril, le café frappé...

Tu n'avais pas pu venir à la fête de Fabrezan que l'on avait organisée en l'honneur de l'enfant du pays, Charles Cros, dommage, mais Grégory m'y avait accompagnée, surprise !

Sur le podium en plein air, j'avais lu "Le hareng saur", (poésie apprise en primaire), petite contribution parmi tant d'autres en cette belle journée d'été. Au final, la fleuriste accompagnée par son fils, chanta l'air du film de Louis Malle, concert d'applaudissements.

Au retour, Grégory m'a complimentée sur mon texte, dit "sobrement et distinctement" et aussi qu'il avait beaucoup aimé l'exposition sur les débuts de la photographie des couleurs, moi aussi.

Comme tu le sais il est toujours en Allemagne et hier, en cherchant une clé USB avec des photos, justement, j'en ai trouvé une qui m'était inconnue. Tu te doutes bien que je l'ai insérée dans l'ordi : belle surprise musicale et poétique à la clé ! Grégory, musicien et aussi poète à ses heures (talent caché), s'accompagnait à la guitare et chantait à la manière de "Sidonie a plus d'un amant". Lis un peu :

Grégory a plus d'une amante

Grégory a plus d'une amante

C'est une chose peu connue

Qu'il pleuve qu'il neige ou qu'il vente

Il lui en tombe toujours des nues

 

Il en a une qui est allemande

Archéologue et ethnologue

Et c'est pour elle qu'il se demande

S'il va cesser son catalogue

 

Il a Marianne du Centre Ville

Historique et bien accrochée

Qu'il a aimée après Sybil

C'était léger et passager

 

Grégory a plus d'une amante

Quand elles le voient elles s'impatientent

Mais ne croyez pas qu'il s'en vante

Grégory aura plus d'une amante

 

NinaCallias

"La dame aux éventails, portrait de Nina de Callias", tableau d'Édouard Manet, 1873

 

Joli, n'est-ce pas ? L'avant-dernier vers me plaît particulièrement : en pleurer ou bien en rire, j'hésite encore...

J'ai fait une copie (en souvenir) et s'il me réclame sa clé, je la lui rendrai sans commentaire, je crois que ça n'en mérite pas.

Sur ce, je vais aller dîner avec Nestor, mon nouveau collègue. Il m'avait invitée et j'avais réservé ma réponse...Mais des "Nestor" et des invitations à dîner, il n'y a pas pléthore !

Bises de ta cousine,

Marianne

 

7 novembre 2020

Les Malheurs de Solfie (Joe Krapov)

DDS 636 Aquarelle Solesmes IDepuis que je suis devenu musicien à temps presque plein, juste interrompu par des confinements gouvernimportementaux, c’est incroyable comme je souffre.

Né nul en solfège comme tout le monde, me voilà chargé d’écrire, de réécrire, de transposer des partitions musicales ou d’inventer des contrechants pour d’autres musiciens qui ne jouent pas d’oreille – c’est hors de leur portée ! – mais en lisant les petits signes noirs posés sur des lignes pleines de codes et pourtant aucun d’eux ne se débrouille comme un chef en informatique.

Mais bon, c’est normal, c’est moi le chef, donc c’est à moi de bosser ! Alors OK, je m’en tire très bien avec Noteworthy composer, Van Basco Karaoké et Partitionsdechansons.com mais là, faudrait voir à ne pas pousser le bouchon trop loin avec le chant grégorien et ce neume dont je n’avais jamais ouï parler! Les grands rigolos de l’abbaye de Solesmes, désolé, je les laisse à Vegas-sur-Sarthe : il habite plus près !

Allez, chantons maintenant !


Mon Neume

Sur cette terre ma seule joie, mon seul bonheur
C'est mon neume.
J'ai donné tout c'que j'ai, tout mon temps et toute ma sueur
A mon neume

Et même la nuit, quand je rêve, c'est de lui,
De mon neume.
Ce n'est pas qu'il est beau, qu'il sonne juste ou qu’il sonne faux
Mais je l'aime, c'est idiot,

Il est carré
Mais ses épaules
Par du carton
Sont rembourrés
A l'Auvergnate

Etc.

 

31 octobre 2020

Sarah par monts et par vaux (Kate)

 

Ma chère Marianne,

Merci pour ton accueil à Béziers, me voilà rassurée : j'entends bien !

À mon retour, une invitation pour un week end en région parisienne m'attendait, changement de décor !

Non, pas Versailles ni Fontainebleau mais Vaux-le-détour Vicomte !

Coïncidence fort agréable puisqu'on avait revu chez toi le film "Le Roi, l'Écureuil et la Couleuvre" et que j'avais lu cet été "Le Vicomte de Bragelonne" !

Je n'ai donc pas vu passer la semaine : tout en faisant découvrir l'empreinte romane de la ville (et gallo-romaine), je me projetais déjà chez Nicolas Fouquet.

 

L'accueil de notre groupe a été des plus chaleureux et après les présentations d'usage, visite guidée de ce lieu somptueux.

En effet, comment ne pas en être jaloux, même si on est le roi de France,  et même si la devise de la famille Fouquet :"Quo non ascendet" peut prêter un peu à sourire ?

Peut-être en se posant des questions sur la provenance d'une telle richesse et d'une telle ascension pour quelqu'un qui, justement, n'était pas d'ascendance noble "stricto sensu" ?

Enfin, tu connais la suite, l'arrestation, le procès, la forteresse de Pignerol...

Mais pour l'heure, un buffet digne du grand Vatel et quelques rafraîchissements nous attendaient à l'extérieur : ambiance amicale et de bon ton dans ce cadre grandiose.

L'après-midi nous permit de continuer la visite et la soirée d'échanger sur celui qui fit de l'ombre au Soleil par sa mégalomanie et son irrésistible ascension...

Au plaisir d'avoir de tes nouvelles,

Bises,

Ta cousine Sarah

(P.S. : portrait par Charles Le Brun)

 

 

4 juillet 2020

Message de ma chienne (Walrus)

 
Vous savez quoi ?

Mon bipède a utilisé une de mes photos comme sujet pour le blog du défi du samedi.

Sans même me demander mon avis !

Il est gonflé quand même !

Quoi ? Vous voulez la voir ?

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Évidemment, ça pouvait pas rater, il y a aussi mon père. Avec lui, c'est toujours pareil : dès que mon bipède apparaît, il veut se l'annexer et il se colle à lui !

Parfois, il m'énerve tellement que je dois intervenir et me hisser plus haut que lui.

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Non mais... c'est mon bipède à la fin ! Ou quoi ?


23 mai 2020

Quand faut y aller... (Walrus)


Le matin, on nous avait embarqués dans nos GMC, ces camions américains dont on prétendait qu'il était interdit de les laver parce que c'était la boue qui les tenait ensemble (on racontait même que certains avaient fait le débarquement; il est vrai que nous portions sur le bras gauche l'insigne de la brigade Piron).

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Nous avons quitté Spich pour nous rendre à Ossendorf, de l'autre côté de Cologne, pour participer à un défilé ou une parade ou une prise d'armes, bref, un machin où il nous fallait marcher au pas en groupe bien structuré etc...

Le RSM (Regiment Sergent Major) que nous appelions l'adjupette (bien qu'il ne portât pas de kilt) nous avait bien fait la leçon sur comment régler nos pas sur la musique : "Boum, c'est gauche !"

Par "Boum !" il entendait le temps fort de la marche jouée par la musique militaire, en l'occurrence "Le régiment de Sambre et Meuse". Ça nous faisait une belle jambe, surtout à Sterpin, un grand dégingandé qui avait bien du mal à distinguer son pied droit de son pied gauche.

Sambre et Meuse, c'était un des départements de nos régions au temps où nous étions Français, approximativement celui de l'actuelle Province de Namur.

Nous avons donc défilé au son de cette marche, célèbre s'il en est. Par bonheur, contrairement à vous, nous avons échappé aux paroles.

Tout ça démarrait sur un vigoureux "En avant, marche !" lancé par l'adjuchose en synchronisation avec la musique (synchro pour lui, nous, ça nous a pris un certain temps pour trouver le bon "Boum !").

À l'époque nous n'avions encore dans nos rangs en dehors des Belges de souche que des descendants d'Italiens, d'Espagnols, de Turcs et de Polonais.

Aujourd'hui, vu le pourcentage des gens d'origine maghrébine dans la population, il crierait peut-être "Yallah, marche !", mais on ne peut pas savoir, y a plus de service militaire...

 

18 avril 2020

J'ai trop la haine !!! (Nana Fafo)

J'ai trop la haine !

amigurumi au crochet

 

1. Recueillez les données terrain

2. Triez et Choisissez les meilleurs pousses

3. Rédigez un plan d'action

4. Plantez la petite graine de votre ouvrage, Assurez le coup et plantez-en plusieurs.

ça vous évitera d'avoir trop la haine !

 

Voici la consigne qu'ont reçu nos chers résidents de l'EHPAD de Sens.

C'est quoi cet atelier pourri !

Envoyez la purée, une bonne patate, la sauce et tout le tra la la.

Débrouillez-vous avec ça...

Et "Soyez créatifs"

 

C'est ainsi qu'Al a raconté à Ronchonchon son histoire sur les ateliers du jeudi après-midi.

Parfois, il y a "bien beaucoup" des non-sens, 601 en fait.

Al avait trop la haine d'être là.

crocodile au crochet

 

Lui, il aurait préféré jardiner...

Alors c'est ce qu'il a fait,

pour respecter la consigne littérale sensée être littéraire.

Il n'a pas eu la Trôye, comme le Sanglier de Cornouailles

son voisin de chambre, agoraphobe, qui a peur des films gore. 

Lui, il a défoncé le jardin et planté sa contribution à fleurir la vie.

On saura ce qu'il a planté le 4 ventôse... euh le 4 juin !  Quand ça sortira (sauf si...)

Sauf si quoi ? Ben, soyez créatifs !

 

0-ronchonchon et sanglier au crochet

 

Belle lecture créative à toutes et à tous

Pour le défi 607 - Troène - du défi du samedi

 

 

 

11 avril 2020

Sol-fa, Sceau Gouda (joye)

AVIS AU PUBLIC

in re le Chantier Covid:

(chantier sol-fa)

Restez sur votre divan.

(sofa)

Faites livrer à la maison une bonne quantité de fromage.

(gouda)

Ne bougez plus avant que votre stock ne soit épuisé.

(de fromage)

Attendez encore quelques jours.

(cela vous rendra plus prudent que Cheeto)

On vous enverra votre badge.

(sceau ouate)

bedtime

 Portrait de monsieur Récamier par Joye-Louis David

11 avril 2020

Les Aveux d'Haroun El Poussah (Joe Krapov)

DDS 605 Raymond Kopa

J’étais sur ce sofa quand Kopa écopa d’un méchant pénalty ; l’arbitre s’appelait Coppi, comme Fausto, et c’était à Sofia, chef-lieu d’la Bulgarie.

J’étais sur ce sofa quand Sophie se défit de tous ses beaux habits et fauta un iota.

J’étais sur ce sofa à manger du moka lorsque Mocky tomba dans un méchant coma après avoir commis tant de films très moqués car aucun du niveau de Pépé le Moko.

C’est sur ce sofa là que j’ai lu Modiano, Akim, Kamo (Pennac), Kerouac, Chaval et Gus Bofa (ici la rime est riche !).

C’est sur ce sofa-là que Lagaffe a gaffé et que De Mesmaeker une nouvelle fois ne signa pas contrat.

DDS 605 fox-et-croa-l-emprunt-quotidienSur ce sofa passa tout le gotha : Truffaut, Léaud, Sapho ; ici Nino Rota et Verlaine vomit, Rimbaud gifla Basile Boli et puis lança la tombola du Stromboli. Ont défilé ici Philémon et Baucis rejoints à la coda par Alexandre Lagoya, un joueur de cora des îles sous le vent (en fait Bora-Bora), le directeur des disques Ocora, l’inventeur du Coca-cola, Michèle Cotta, Benoît Dauga, Alice Dona qu’on adora, qui se dopa et répéta toute la doxa du mouvement des bodegas de Mendoza et même aussi Fox et Croa !

Sur ce magique sofa on se gaussa de ces beaux gars, Nicky Lauda, Robert Rocca, Emile Zola, Podalydès, Donatello et Jean Roba.

Sur ce sofa qu’est-ce qu’on a ri de Deborah, de Sorayah, Mona Lisa, Nick et Nora, Rona Hartner, Lotharingen et Konakry ! Du mollah Omar, de Radio-Nova, de l’auteur de la Torah, de tous les ayatollahs et même de Saint-Thomas qui ne voulait pas nous croire quand on lui affirmait que son amour était parti avec le loup dans les grottes de Rocamadour (il en fit un zona par la suite !).

Sur ce sofa on rigola, on caressa des chats, surtout des angoras, on visionna maître Yoda et des vidéos de yoga, on cria « hop-là ! », on yodla au-delà de tout ce qui est permis dans le kama-soutra en matière de cris !

Sur ce sofa on osa tout et jamais on ne mit le holà à quoi que ce soit : on y gueula djobi-djoba, on y joua au jokari, on y chanta du Joe Dassin, on y moqua Michel Jonasz plus chauve qui peut que Charles II à son retour des grandes Jorasses quand il se shootait à la Josacine et voulait jouait de l’ocarina.

Sur ce sofa, la semaine dernière, se donna Lola Rastaquouère !

Sur ce sofa on s’y lova, on ânonna, on y alla à Canossa, on annota Benjamin Stora, on pelota Paula, la cousine Rosa et toutes celles qui voulurent bien nous laisser faire (les autres nous giflèrent, en colère, ou alors nous violèrent, en chaleur). Je me souviens encore de Constance Bonacieux, de Nicole Notat et d’autres audacieuses de la montée aux cieux comme de Fausta Tulmouche, reine des Sainte-Nitouche le tiercé pas dans l’ordre !  Sur ce sofa, on y sauta même des repas ! On dansa la soca sans qu’Iznogoud le sache, on y but du soda et y engloutit des tonnes de gelati Motta aux germes de soja.

Ce sofa sur lequel Aladin me faussa compagnie n’était qu’un vieux tapis volant qu’il me faucha ! Il mérite l'échafaud, ce fâcheux ! Heureusement me sont restés les rêves des mille et une nuits que j’ai rêvés dessus dans l’humble médina où l’on me confina à cause du corona lorsque j’étais pacha.


N.B. Il n'y a ni nota bene ni post-scriptum à cette divagation de calife bonasse !

DDS 605 haroun-el-poussah

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Le défi du samedi
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