Défi #250
Rémi Caritey exerce depuis trente ans l’un de ces métiers improbables
et méconnus dont la forêt a le secret :
"récolteur de graines d’arbres".
Et vous de quel métier improbable aimeriez-vous nous parler ?
Pour cela une seule adresse :
Rémi Caritey exerce depuis trente ans l’un de ces métiers improbables
et méconnus dont la forêt a le secret :
"récolteur de graines d’arbres".
Et vous de quel métier improbable aimeriez-vous nous parler ?
Pour cela une seule adresse :
![]()
Joye ; Venise ; Vegas sur sarthe ; Prudence
Petitpas ; EVP ; Cavalier ; Stella No. ; KatyL ;
Sandrine ; Anémone ; Peggy Bee ; MAP ;
Célestine ; titisoorts ;

"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
Ses mains de roses fanées
Tremblent devant ces beaux miroirs
Et une larme de vieil organdi
Dévale ses joues de papier froissée
Monsieur des Ricochets serait parti
Pour une jeune estaminette
Au nom soyeux de Rodogune
Le ciel s’est déchiré soudain
Ah! madame au salon se meurt
Des habitudes de septembre
Quand les tapis aux fenêtres tombent
Comme des étendards flétris
Et dans le miroir son visage
Où les larmes ont creusé des lacs
Et des sillages de blé noir
La console a un goût de cendre
"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues. »
….....................
Dans l'écume neigeuse caressant le sol
un visage apparaît, puis soudain se retire
brève et douce apparition
mystérieux regard
venu de l'infini ….
Quelle est donc ton histoire ?
Quel message viens-tu nous délivrer
Petite âme errante ?

L'Apollonide - Souvenirs de la maison close
"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Les gentlemen sirotent un vieux bourbon
Les dames minaudent et séduisent
Tandis qu’un pianiste joue en sourdine une étrange mélopée.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Un homme saisit une dame par la main
Et l’allonge sur lui, ventre contre ses genoux
Lui soulevant les jupons, il lui assène une fessée.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Certains exultent à regarder l'excitant spectacle
Tandis que d’autres débutent cette antique danse
Corps contre corps, langueur et soupirs, transe érotique.
Dans le salon de Madame des Ricochets
L’odeur de l’alcool et du désir excite ces hommes si soignés
Ils ont le contrôle, ils ont le pouvoir, ils ont payé
Ils peuvent choisir de gratifier ou bien de punir.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Avec violence ou tendresse, les gentlemen prennent leur pied
Et Quand sonne Madame des Ricochets
Le rituel est clair: les gentlemen suivent les prostituées.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Il ne reste plus personne, les dames assouvissent tous les fantasmes
A l’étage, les soupirs et les cris sont feutrés
Et nul ne doute que les gentlemen obtiennent ce pour quoi ils ont payé."
"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
Mais ce qu’il y avait de plus étrange c’était cette pénombre bleutée dans laquelle toute la maison baignée qui me guinchait avec son œil de pythonisse
Sur la terrasse jonchée de monnaie d’or d’un frêne qu’un coup de vent aura vite éparpillée je peinais à voir calfeutrée la haut dans la chambre de la vielle tour pentagonale Viviane et sa sœur Morgan La maison me souriait comme dans un sommeil sans rêve.
Le sol de Mica du salon scintillait sous mes yeux, pendant que le brouillard pénétrait par les fenêtres mis closes.
C’est sur la pointe des pieds que je constatais consternée ma découverte.
Une partie du toit s’était effondrée entrainant les plafonds à l’étage
Un vestige de tonnelle et de pergolas avait fini l’étrange mutation organique de la maison

Trois pétales de lis ou de glaïeul recouvraient les fesses de Madame des ricochets qui hurlait de rire dans le salon. La théière flottait dans une mer de Chine et son portable captait les derniers messages des cormorans.
Dans l’escalier sous le mur de la mezzanine un grand miroir captait le soleil et illuminait le vestibule du bas.
Une marche après l’autre n’y tenant plus je m’approchais du miroir
Sur un tapis d’aiguille de pin gisait un cœur pris dans la neige.
Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
Dans le salon de Madame des Ricochets,
Les murs, pète-sec et méfiants,
S’endurcissent contre clous et autres objets d’attache muraux.
Les fenêtres, aigris de vieillesse,
Font de l’ombre au soleil.
Les portes d’un air renfrogné,
Empêchent l’accès à tout intrus indésirable.
Dans le salon de Madame des Ricochets,
Le plafonnier, de son œil sournois et vicieux,
Fait le guet à l’affut de tout changement.
La table immobile et soupçonneuse,
Surveille du coin de l’œil ses chaises-sujet placées autour d’elle.
Quand à ces chaises, le regard apeuré,
Gardent leur distance pour ne pas dévoiler leur amitié commune.
Seules les fleurs, mourantes dans leur eau vaseuse,
Ont leur cœur plein d’espoir tourné vers l’est.
Depuis sa mort, ils règnent impitoyablement, sans vergogne sur le royaume.
Seulement, en ce jour de vendredi 6 mai, un fort vent d’ouest souffle,
Et force fenêtres et portes à s’ouvrir.
Celles-ci s’exécutent en grimaçant.
Tous se tournent vers l’imposteur.
Un enfant tout souriant et plein d’innocence pénètre dans le salon.
Leur regard est rempli d’inquiétude.
Rien ne sera plus comme avant…
La roue tourne…
Une ère nouvelle s’ouvre…
De l'invention du galet de bain effervescent et du cachet soluble
"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues"
Sur le fauteuil embarquée, les cheveux laqués en voile, madame tanguait.
Un petit coup de sirocco avait frappé au carreau.
Monsieur Seltzer lui avait ouvert,
PA
TA
TRAS
Madame sa promise par la bourrasque emportée S'échoua sur le parquet.
Une foule en effervescence
Invitée à se sustenter de thé et de gâteaux anglais
La vit y faire trois bonds et
PLOUF
Se dissoudre dans un verre d'eau.
Sous l'oeil hagard d'une brigade d'éléphants en Tutus venus pour l'archi bal de printemps, aussitôt Annulé pour cause de tempête dans un salon.
Dans le salon de madame des Ricochets,
Les miroirs sont en grains de rosée pressés,
La console est faite d’un bras dans du lierre
Et le tapis meurt comme les vagues…
Dans la maison de madame des Ricochets,
Le mur redescend du tronc caréné,
Les fenêtres roulent en cent frondaisons
Sur des portes ouvertes aux angles d’épines…
Du beau pays de madame des Ricochets,
Les routes s’envolent aux bords des brasiers,
Traversent les champs en chemins amers
Et passent la ville de feuilles d’absinthe…
Sur la planète de madame des Ricochets,
La forêt s’étend en bulles fangeuses,
Les montagnes pleurent de toucher le fond,
Les mers tristement vibrent à nos cauchemars…
Alors, oui, madame des Ricochets,
Cette chanson glauque,
Nous la savons…
Alors, oui,
Ne soyez pas si affirmative
Dans le flou inconsistant
De vos mots dits…
Heureusement il y a la télé !
« Dans le salon de Madame des ricochets, Les miroirs sont en grain de rosée pressés.
La console est faite d’un bras de lierre et le tapis meurt comme les vagues … »
Sur une grève inachevée.
Les rideaux, en peau de chagrin des mots imprononcés,
Occultent des fenêtres de possibles avortés.
Sur la table de multiplication, des pains et des poissons de Tibériade, qu’on a oubliés.
Les fauteuils constrictors en plumes de serpent inca, trépignent leur histoire tronquée.
Le sofa de strato-cumulus avale un Don Quichotte sans destinée.
Des coussins d’écume de vanité garnissent le silence des idées.
Mais, heureusement, il y a la télé !
Dans le salon de madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d’un bras dans du lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
Dans la cuisine de madame des Ricochets
La cafetière est couleur de la rage sauvage
La tasse fatiguée, n’est pas dans son assiette
Et le sucrier se poudre de sous-entendus.
Dans le couloir de madame des Ricochets
Le tableau de Magritte s’accroche aux yeux des visiteurs
Le perroquet en a par-dessus la tête de tous ces chapeaux
Et le chat, statufié, ne respire plus que d’une oreille.
Dans la véranda de madame des Ricochets
La grosse plante verte joue à saute mouton sur une treille
Le pouf éclate de rire des étincelles
Et la table s’agenouille en prière.
Dans le salon de madame des Ricochets
La pendule pousse les aiguilles hors du temps
La bouteille délivre des messages éthyliques
Et dans son coin, la desserte rigole en chantant : sois gai ! Ris donc !
Dans le salon de madame des Ricochets
Des cochers damnent selon le daim.
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
Et pressé, j’engraine les rois des mires.
La console est faite d’un bras dans du lierre
Et le hier dans mes bras, je consolais malheur.
Et le tapis meurt comme les vagues
Et les vagues rumeurs commentent ta pitié.
Dans le salon de madame des Ricochets
Cochés selon le daim sale, on danse.
Le thé de lune est servi dans des œufs d’engoulevent
Goulûment œuvrés et enlevés comme une lune d’été sévère.
Les rideaux amorcent la fonte des neiges
N’ai-je ri, doré à mort, c’est de l’eau de la fonte, haine.
Et le piano en perspective perdue sombre d’un seul bloc dans la nacre
N’a que bloquer son sombréro perdu perspicace comme un pi (ah non !)
Dans le salon de madame des Ricochets
Qu’au Cheikh Richard, l’on sale les dons
Des lampes basses en dessous de feuilles de tremble
Trimballant bassement des sous, lampant la portefeuille
Lutinent la cheminée en écailles de pangolin
Où caille Pagnol, miné, luttant mi-chemin
Quand madame des Ricochets sonne
L’eau sonne, l’aure, l’eau sonne, donne, mais quand ?
Les portes se fendent pour livrer passage aux servantes en escarpolette
Escarpins portés comme des livres pas sages, et l’on se fendait les côtes,
Absurdement, l'absurde ment.
A la manière d'André Breton dans son poème "MONDE"
continuez à votre façon ses quatre premiers vers :
"Dans le salon de Madame des Ricochets
Les miroirs sont en grains de rosée pressés
La console est faite d'un bras de lierre
Et le tapis meurt comme les vagues.
.................................................."
A vos plumes ....
A tout bientôt !
![]()

Sandrine ; Venise ; Joye ; Vegas sur sarthe ;
Anémone ; EVP ; Cavalier ; titisoorts ; KatyL ;
PHIL ; Stella No. ; Peggy Bee ; Joe Krapov ;
Prudence Petitpas ; Célestine ;
Tu m’embarques dans ta barque depuis plusieurs années, mais il semblerait que le voyage se termine. Faut-il encore ramer quand la berge est à côté ? Faut-il encore essayer de s’évaporer dans la brume quand le temps est clair et le ciel dégagé ? Envie simplement d’accoster, envie tout simplement de changer l’allure de la promenade, de passer à l’allure portante et de me laisser vivre avec ce que le quotidien me donne. Tu m’as embarqué et j’ai tant aimé naviguer à tes côtés, j’ai tant aimé tenir la barre de nos amours et naviguer à vue par tous les temps. Nous avons traversé des tempêtes, dérivé sur des plages de sables mouvants en s’aidant mutuellement, en laissant nos âmes fusionnées et s’enhardir pour sortir de ces moments de déserts arides qui jalonnaient notre vie. La promenade est finie, je descends de l’embarcation pour remonter sur le ponton. La plate-forme tangue encore un peu, mais je garde l’équilibre. Tu cries, tu chantes à tue tête pour me ramener en arrière, pour m’accrocher encore un peu au voyage hors de la terre. Tu hurles, tu tempêtes, ta raison est à l’envers, tu veux encore un tour dans cette barque où nous étions si bien, où nous avons sans fin refait le tour du monde, rêver une autre vie, danser une autre ronde. Mais je remonte sur le plancher, je prends le virage sur un terrain ferme, attentive, à l’écoute de ce que me propose cette nouvelle vie. Mes larmes se volatilisent dans la nuit, mon chagrin se dissout doucement. Je m’enfuis de ta vie… La promenade s’arrête ici…

Il avait tout préparé, les fleurs en bouquet, les petits coussins, le pique-nique pour le déjeuner du midi, il était venu me chercher en barque, une barque faite par lui et son père.
J’habitais sur le lac de l’autre côté de chez lui,
J’étais de « l’autre rive ».
Je peignais le dimanche lorsque le soleil était au rendez-vous sur les bords du lac, et c’est là qu’il m’avait vue, mes cheveux blonds attachés à la sauvageonne en chignon, ma longue robe romantique en tissu de percale parsemé de roses, mes ballerines assorties, et mon tablier pour protéger ma tenue des taches de peinture.
J’étais bien, le soleil pas trop fort, l’eau tranquille et frémissante les oiseaux de passage qui égayaient l’après-midi .Mon tableau était déjà bien avancé lorsque j’avais senti dans mon dos une présence, je m’étais retournée en souriant et je l’avais vu, LUI ! Mon cœur avait chaviré, il était en maillot genre « marcel », les épaules dégagées, de superbes épaules ! J’adore les épaules robustes, on se sent de suite protégée d’emblée on a envie de se réfugier dedans…je m’étais sentie rougir, et je bégayai bêtement :
- « Bonjour, ma peinture vous plait-elle ? »
-« Bien-sûr elle me plait beaucoup, je suis émerveillé par ce que vous faites, ce n’est pas la première fois que je vous regarde peindre, mais aujourd‘hui avec cette lumière dans vos cheveux, j’ai eu envie de voir au plus près, je ne vous dérange pas j’espère ? »
Et il passa le reste de l’après-midi à me regarder peindre sans oser m’interrompre.
Au moment de plier ma table et mon chevalet, je m’aperçus qu’il avait déposé un bouquet de fleurs sur la boite de peinture et je ne l’avais pas vu les cueillir, je le remerciai du fond du cœur, il m’accompagna jusque notre demeure où je vivais encore avec mes parents, tout le long du trajet il me parla de lui, me posa mille questions sur moi, il souhaitait me revoir.
Nous nous revîmes chaque dimanche de cet été, il me fit ardemment la cour, je le fis un peu attendre malgré mon envie d’être serrée dans ses bras jusqu’au dernier dimanche d’août, où cette fois je le laissai m’embrasser…..
Il vint demander à mes parents la permission de m’emmener pique-niquer en prétendant être le meilleur rameur du lac, que je serais tranquille et qu’il préparerait tout ! Mes parents ravis donnèrent leur accord car Germain leur plaisait beaucoup, son sérieux était connu de tous, sa gentillesse, son beau sourire, son regard franc, et pour moi sa beauté intérieure (et ses épaules de rameur)../….