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Le défi du samedi

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11 mai 2013

Participation d'Adrienne

"La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.

Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre, criaient "bis", "encore", et refusaient de partir."

Extrait du livre d'Elise Fischer : "Les alliances de cristal"

***

Dans les coulisses, chacun la repoussait chaque fois sur la scène : Va, va, retournes-y, salue !

Les organisateurs du concert étaient là aussi, pressants : Tu n’as rien prévu pour un bis ? une petite pièce ? un mouvement, un seul ? un de ceux que tu as joués ?

La jeune fille était vidée, épuisée, livide. Mais il n’y avait personne pour le remarquer. Ni dans la foule, qui exigeait son petit supplément de plaisir musical, ni derrière les coulisses.

Celui qui s’était arrogé le rôle d’impresario était le plus acharné : Va donc ! ne te fais pas prier ainsi !

Cette petite si prometteuse n’allait tout de même pas commencer à faire des caprices de star ? Il espérait beaucoup de cette soirée et voyait déjà deux ou trois articulets élogieux dans la presse. Il y avait des journalistes dans la salle, qu’il avait invités, et qui étaient restés jusqu’à la fin. Bon signe !

Le lendemain, en effet, on pouvait lire ceci :

« Jeune virtuose morte sur scène »

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11 mai 2013

Participation de Berthoise

J'ai cherché mon chapeau, enfilé mon  manteau que j'ai laissé ouvert. J'étais déçue. Vaguement déçue. Étonnée  d'en être si marrie. J'ai échangé quelques mots avec ma voisine, c'est  elle qui m'avait refilé la place en me demandant de l'accompagner.  C'était bien sympa de sa part. Une sortie, même en semaine, ça ne se  refuse pas. Mais j'étais déçue. Je lui ai dit que je trouvais le jeu  brillant. Oui,  ça je pouvais le dire. La nana, elle jouait vachement bien. Du reste,  le public ne s'y trompait pas, qui applaudissait encore. Pouvais-je  vraiment lui avouer que Tchaikovsky n'était pas ma tasse de thé, que  Chostakovitch me pompait un peu l'air ? Je n'ai rien dit, je suis polie,  je l'ai remerciée encore de cette bonne soirée, d'avoir pensé à moi. On  a quitté le théâtre où il faisait sacrément chaud. On a traversé le  parking. J'ai boutonné mon manteau et remonté le col. Il tombait une  neige mouillée qui s'écrasait sur le sol en laissant une boue sale. Dans  la voiture, on a parlé de choses et d'autres. De rien, de tout, du  boulot, des enfants, des maris. Elle m'a déposé devant la grille de la  maison. J'ai trottiné pour traverser la cour. Je suis rentrée, contente  d'être arrivée. C'est en ôtant mon manteau et mon chapeau que je me suis  aperçue que j'avais perdu mes gants.

11 mai 2013

Comme Ludwig (Vegas sur sarthe)

La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.
Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre, criaient "bis", "encore", et refusaient de partir.
 
C'était l'instant qu'elle savourait le plus quand - l'épreuve finie - elle recevait de plein fouet l'hommage dont elle se sentait indigne.
Comment elle avait une fois de plus étrillé la Truite sauce Schubert puis expédié prestissimo cette Marche Turque comme s'il y avait le feu au balcon !
Ce soir l'apothéose avait été ce Vivaldi printanier agrémenté subrepticement d'un zeste de Cabrel au beau milieu de l'allegro, un p'tit coup d'sarbacane ni vu ni connu... “quand au son festif de la musette dansent les nymphes et les bergers”. J't'en foutrais des bergers, moi!
 
Du feu, ils n'y avaient vu qu'du feu!
Et ça continuait de crier... peut-être des “Bis” et des “Encore”.
La friponne en avait gardé sous la pédale et se jura d'en remettre une couche si les bravos ne cessaient pas.
S'ils n'avaient jamais entendu voler un bourdon, ils allaient pouvoir goûter du sien quitte à rester fâchés à vie avec Rimsky-Korsakov.
Elle n'aimait pas ce ruskov pas plus que Schubert ou Mozart. Elle n'aimait pas Beethoven non plus, ni Liszt, ni Chopin...
 
En fait elle n'aimait pas le piano, surtout ce râtelier de chicots noirs et blancs qu'on appelle clavier et qui lui rappelait trop l'oncle Hubert.
Un jour elle leur dira qu'elle hait le piano.
Peut-être même leur confiera-t-elle qu'elle est sourde de naissance... comme ce Ludwig.
11 mai 2013

Participation de Stella No

« La jeune fille s’était levée pour saluer sous les bravos et les vivats. Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre, criaient «bis », « encore » et refusaient de partir ».

J’observe le public en me racontant mon histoire. J’observe ces gens qui m’acclament, inconscients de mes tromperies.

Je suis devant eux, souriant à l’excès et rendu fébrile par l’adrénaline. Comme toujours le concert a été parfait. Ma voix n’a pas failli, j’ai atteint les notes les plus difficiles, j’ai su jouer tantôt de la basse, tantôt du piano et reproduire les chorégraphies. J’avais encore une fois démontré le plein potentiel de Cassie Jones. Sans aucune fausse note.

Je vais leur dire la vérité. Je suis décidée. J’ai fait tant de mal à ceux qui m’aiment vraiment.

Je prends ma respiration et réclame le silence. Les musiciens me regardent interloqués : je n’avais jamais fait cela. D’habitude, je suis plutôt pressée de faire couler le champagne en coulisse.

Voilà, la bombe est lâchée. Il n’y a aucun bruit dans la salle. En fait, non : c’est moi qui suit sourde aux huées du public. Je m’enfuis lâchement tandis que mon manager de père accoure pour … pourquoi au juste ? Leur dire que lui aussi a toujours menti ?

Peu importe. Je me réfugie dans ma loge et m’observe longuement dans le miroir. Cette fois, nous y sommes : plus personne ne m’attendra sur scène, ni nulle part ailleurs. Les milliers de personnes, qui voulaient être moi hier, ne voudront plus me connaître. C’est à ma sœur d’être leur idole, cela aurait dû toujours être elle.

J’ai toujours envié Hannah, dès l’enfance. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait. Moi, je devais toujours être« comme il faut » : toujours être polie, agréable, parfois même séductrice pour que mon père obtienne des contrats. Souvent, j’ai jalousé Hannah jusqu’à en devenir folle : elle avait un physique banal, ce qui la rendait libre vis-à-vis de mon père. Moi, avec mes atouts, je devais être son appât, comme il disait. J’ai fait des choses dont je ne suis pas fière. La pire fut de prendre la place d’Hannah. A l’époque, ça ne me semblait pas si compliqué : moi, la jolie sœur, je devais être la chanteuse qui faisaient fantasmer les hommes et qui inspiraient les femmes. Je devais chanter sur scène en play back, tandis qu’Hannah, celle qui avait le vrai talent, chantait en coulisse. J’ai profité du prestige, des lumières, des cadeaux, des amants et de tout le reste, alors qu’Hannah n’était que ma grande sœur que la presse me félicitait d’avoir généreusement employée malgré son physique disgracieux.

Je devrais être heureuse pour Hannah, elle va enfin pouvoir vivre dans la lumière et profiter de ce qui lui revient de droit. Mais je suis malheureuse. On pourrait penser que j’ai eu suffisamment de bénéfices depuis toutes ces années, mais cela représentait avant tout des sacrifices. Et puis… comment profiter de ce que je volais à ma propre sœur ? Je mérite d’être seule et montrée du doigt comme la vilaine usurpatrice que je suis.

Que faire à présent ?

Je suis toujours devant mon miroir, je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Tout ce que je vois, ce sont mes souvenirs : les bons, les mauvais. J’aimais être acclamée puis après je pensais à mon Hannah, dans l’ombre, et je m’en voulais.

Je voudrais qu’elle me pardonne, mais comment faire ?

J’ai une chanson dans ma tête, une chanson que je voudrais chanter, moi. Mais je sais que je ne suis pas une chanteuse et ça me fait mal de n’être rien.

Une lettre ? Non, Hannah ne la lirait même pas et je crains d’oublier des choses importantes.

Un livre ? Oui, un livre, voilà ce que je vais faire, écrire! Ecrire le livre de nos vies, écrire la vie d’une chanteuse merveilleuse, de son père machiavélique et de sa sœur déplorable. Et dans ce livre, j’y mettrai les mots de ma chanson à moi, des mots sincères, des mots d’amour, des mots pour obtenir le pardon d’Hannah.

 
11 mai 2013

La solitude du virtuose (Anémone)

C'est à ce moment précis que la jeune fille se brisa définitivement comme un vase de cristal.
Personne n'avait vu sa panique soudaine, comme personne n'avait remarqué sa pâleur extrême.
Elle joua le morceau prévu pour la reprise.
A la perfection, comme on l'attendait d'elle. Suscitant de nouveaux vivats.
La dernière note éteinte, elle s'affaissa cependant sur le sol, exposant à tous son intime solitude.
Un filet de sang coulait, noir et épais, le long de ses lèvres.
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4 mai 2013

Défi #245

"La jeune fille s'était levée pour saluer sous les bravos et les vivats.

Le concert était fini. Debout, les auditeurs applaudissaient à tout rompre,

criaient "bis", "encore", et refusaient de partir.

..................................................

Extrait du livre d'Elise Fischer : "Les alliances de cristal"

A vous de poursuivre chers amis défiants ...

 

Pianiste

Nous attendons vos ♪ ♫ ♪ ♫  à

samedidefi@hotmail.fr

A tout bientôt !

4 mai 2013

Ont transcendé l'œuf :

4 mai 2013

Nom d'une pipe (titisoorts)

Ceci

4 mai 2013

Participation de Célestine

Cher Monsieur Magritte,

Aujourd’hui, la Maîtresse nous a montré  un tableau de vous. La Claivoyance, ça s’appelle. Ouh ! C’est compliqué comme mot, ça, hein, la Clairvoyance…Quand elle a installé le tableau dans la classe, nous avons tous rigolé. Il faut dire qu’il y avait de quoi !  Il paraît que c’est vous en train de peindre…Vous avez une drôle de coiffure : vous ressemblez à tonton Eugène, le frère de papa.

La maîtresse a dit : « vous allez faire une rédaction sur ce que vous inspire ce tableau ». Ca a murmuré dans la classe. Et puis on s’est mis au boulot. Je parie que les filles vont vous trouver élégant, les filles, ça s’intéresse toujours aux fringues. Elles vont décrire votre costume et les reflets dans vos cheveux. Un vrai casque à huit reflets.  Alceste, j’en suis sûr,  va s’intéresser  à l’œuf. Alceste, c’est un gros qui mange tout le temps. A coup sûr qu’il va vous décrire toutes les recettes possibles, au plat, en omelette, à la coque, mollets…

Agnan, c’est le premier de la classe, il a pris des airs inspirés de scientifique, derrière ses gros carreaux de myope, et il a levé le doigt pour demander « Comment ça s’écrit, ornithologue, maîtresse ? » tout ça pour nous en mettre plein la vue. Ce sale chouchou !

Clotaire s’est gratté la tignasse, comme d’habitude, il n’avait pas d’idée apparemment, c’est le dernier de la classe, il n’a jamais d’idées. Mais il a la télévision chez lui !

Rufus et Maixent se sont regardés en ricanant…C’est mes meilleurs potes, ils trouvent que vous ressemblez au Bouillon, notre surveillant. On l’appelle le Bouillon parce qu’il dit toujours « Regardez moi dans les yeux ! »

Eudes n’arrive pas à comprendre comment vous avez fait pour vous peindre en train de peindre…Il est très fort mais il  n’a pas de cervelle.

Et moi…moi je trouve qu’il est merveilleux votre tableau, monsieur Magritte. Parce qu’il montre les choses comme je les vois. Et que tout le monde se moque de moi quand je le dis. Ma mère dit que je fais le malin. Il n’y a que la maîtresse qui me croit. Elle m’a dit que ça s’appelle un médium.

C’est comme ça que j’ai deviné que mon père est parti. Rien qu’en voyant la lettre posée sur la table.

 

Nicolas

cél

Merci à messieurs Goscinny et Sempé

4 mai 2013

Participation de KatyL

k1

k3

 

Un tableau avec une femme pensive qui regarde le tableau qu’elle vient de finir. Elle se dit : « ai-je réussi ce bouquet ? Car dans cette peinture se trouve la tendresse du monde, sa légèreté, sa beauté ».  Elle désire dédier ce bouquet à la féminité et à la douceur, au rêve et à l’amour. Dans ce vase en porcelaine fine, posé sur un guéridon, cette fleur rose de confusion d’être ainsi le centre de l’intérêt exhale un parfum suave et entêtant.

L’artiste est pensive car elle a cueilli le matin même cet hibiscus encore ravi de se trouver avec toutes ses amies épanouies sur un arbre haut et fier, cette main de femme est venue la priver de sa vie sur la branche pour s’accaparer sa couleur, sa texture et sa beauté.

Demain, dans quelques jours elle ne sera plus que le reflet d’elle-même, déjà vieille ! Plus personne ne la regardera avec des yeux de désir. Ronsard avait raison ! C’est pour cela qu’elle a eu la chance de croiser le chemin de cette artiste peintre, car désormais elle est en vie pour longtemps, plus longtemps qu’elle n’aurait vécu sur sa branche.

Qui a cueilli l’autre ? Est-ce la fleur qui s’est penchée maline sachant qu’une main viendrait la cueillir pour l’immortaliser à tout jamais ? Qui a voulu cette éternité ? La fleur pardi !

k2

 

4 mai 2013

Hommage à l'ARTISTE (MAP)

Peintre en "DEVENIR" :

il peut voir l'oiseau dormant

dedans l'oeuf opaque !

                    

   

Oeil M

  FlècheOeuf FlècheOiseau

 

 

Eh bien moi je dis : "Chapeau l'ARTISTE !!!"

Chapeau

4 mai 2013

Participation de rsylvie

rs1

4 mai 2013

Dessine-moi un oeuf (Prudence Petitpas)

86019585[1]Dessine-moi un mouton ? demanda le petit prince à l’aviateur qui venait de poser en urgence son avion dans le désert…Cet aviateur aurait pu être le frère de René Magritte qui, lorsqu’on lui demandait de dessiner un œuf, nous reportait sur la toile un oiseau… Après, à savoir si cet oiseau était bien celui qui allait sortir de l’œuf, il fallait évidemment le temps de le couver… quand au mouton du petit Prince, celui dont l’image représentait la caisse avec le mouton à l’intérieur,  c’était exactement celui que voulait le petit prince !

Coup de chance ou pas, le dessinateur aviateur, qui peut-être avait pris un coup sur la tête, lors du crash, avait réussi un coup de maître ! Sauf qu’il ne s’appelait pas Magritte, il est vrai, mais qui dit qu’il n’avait pas en tête cette clairvoyance ?

D’autant que notre aviateur s’était moins compliqué la vie que notre René, une caisse étant plus facile à dessiner qu’un oiseau… Bon, peut-être s’étaient ils rencontrés lors d’un salon de la peinture, ou d’un diner mondain réunissant la noblesse lyonnaise et la bourgeoisie belge de l’époque… Un jour, où il y avait au menu des œufs mimosa en entrée, et un ragout de mouton en plat… pourquoi pas ? Ils se seraient trouvés assis l’un à côté de l’autre et auraient commencé à parler peinture…

-          Et vous, si on vous demandait de dessiner un œuf, vous feriez quoi, aurait demandé Antoine,

-          Heu, je crois que je ferais un oiseau bien sur, pourquoi cette question ?

-          Heu, simplement, parce que si un jour un petit prince me demandait de lui dessiner un mouton et que je n’arrivais pas à le satisfaire, je finirais par lui dessiner la caisse où se trouve le mouton dont il rêve…

-          Oui, bonne idée, ainsi il pourrait se l’imaginer, répondrait alors René

-          Oui, et sur qu’il l’aimerait et qu’il pourrait l’emmener chez lui, sur sa petite planète et ce mouton là correspondrait tout à fait à celui qu’il attendait ! mais vous, votre œuf, êtes vous certain que l’oiseau que vous dessineriez, serait bien celui que l’on attendrait ?

-          Oh, vous savez, personne ne s’en soucierait, la princesse qui me demanderait de dessiner cet œuf, n’aurait pas de planète et comme ce serait en plus d’une gourmande, une bonne cuisinière, je la soupçonnerais d’avoir pensé qu’il serait bon d’attendre que l’œuf éclos afin de se farcir l’oiseau !

Et sur ce, ils avaleraient tous les deux leur repas sans plus échanger de parole, ruminant chacun leur prochaine œuvre…

4 mai 2013

L’avenir du futur (Cavalier)

Autoportrait dénommé La clairvoyance René Magritte

 

Au fruit mûr l’oiseau s’envole. Le peintre ne sait plus qui a prédit l’avenir sur la nappe de la table. Et voilà enfin que les prophètes se sont assis sur des chaises cadenassées. Et le peintre recharge son pinceau à la palette des diseurs de futurs. (Qu’on leur donne la pulpe du fruit !) L’image s’étale sur la toile, bardée de fragment de coquilles

                 et de plumes autours…

 

Allez ! Qu’il est donc imprévisible cet avenir en devenir, à venir de la graine, jolie marguerite ! Il nous a souvent induits en erreur dans de telles peintures : Dictateurs en puissance, aux sombres sommets !

 

Il nous a fait souvent s’ouvrir la graine du petit d’homme. Babillant, souriant. Tel Hitler, qui était sur la
route, comme la source en son lit, comme la première parole qui survient, comme la plume qui perce et qui gerce sous la peau ; et le futur sera toujours bien plus vaste

                qu’une toile peinte en blanc !

 

Et toujours bien plus beau, il ne sera pas…

 

 

Cavalier , le 29 avril 2013, pour Le Défi Du Samedi.

 

PS : N’y voyez ici dessein, trop (quoique… :), prenez-y seulement, simplement, quelques images…

4 mai 2013

Participation de Venise

Il ressemble à un jeune soldat solitaire

Qui au lieu d’ouvrir une auberge s’était mis à peindre.

Il aimait ce retrait ce lent écoulement des jours

Comme si quelques miracles allaient le sortir de cette impasse.

Le bel oiseau noir sur la toile

C’est un corbeau Freux, de ceux qu’affectionnent

Grands arbres et jardins publics.

Pareil à une nonne emportée par l’émerveillement de sa passion

Il ne voit pas la neige tombée.

Mais peut être y- a-t-il  mille manières de voir le monde.

Et qu’on peut enjamber une fenêtre sans en être prisonnier.

C’est en comprenant cela que je me suis laissé porter

Par des images floues, comme la corneille qui passe sur l’herbe envahissante

Les coquelicots de juin sur le seuil de ma feuille.

C’est alors que j’ai aperçu Magritte au cœur de mon récit.

Mon cœur s’est mis à battre.

Lui faisait semblant de ne pas me voir .en prenant un air détaché et fixant quelque chose au loin que j’étais incapable de voir.

Ve1

4 mai 2013

CÉCITÉ (par joye)

participation 2

4 mai 2013

Du paradoxe belge (Joe Krapov)

23 lignes pour souligner ce paradoxe incroyable, à savoir que la Begique est le seul pays au monde à nous faire cadeau d’artistes de talent qui, à l’instar de René Magritte, font consensus autour d'eux partout sur la planète ou au moins dans ma salle de bain ? Mais on me demande l’impossible, là !

Car la liste va être longue des natifs et natives d’outre-Quiévrain que l’on pourrait asseoir dans le fauteuil du peintre surréaliste. Et le jeu risque d’être amusant : quel objet donner en pâture-peinture à l’artiste belge « clairvoyant ».

Nous mettrons hors-jeu d’emblée Verlaine et Rimbaud : déjà ils étaient Français et le voyant, sans doute pas clair, n’a pas vu venir le coup de revolver !

A part cela, qui pourrait avoir une dent contre Jacques Brel ? Son « Ne me quitte pas » n’est-il pas la chanson d’amour par excellence ? Ses « Flamandes » et ses « Bourgeois » nous ravissent toujours alors que ses « Bigotes » sont le portrait le plus prémonitoire qui soit de Christine Boutin et Frigide Barjot en train de participer à la procession du Saint-Sang à Bruges («Nous partîmes Saint-Sang mais par un prompt renfort… ») ?

Asseyons le grand Jacques dans le siège de René et posons sur le guéridon une péniche. Nul doute qu’il peindra sur la toile une potence afin que le canal s’y puisse pendre, c’est là une tradition du plat pays qui est le sien.

A la place d’une péniche, installons une gondole. Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut il nous fera des vues de Bruges, une ville ou moi aussi je retournerais bien volontiers.

DDS 244 PaulDelvauxTheIronAge

Changeons la gondole pour un sifflet et rappelons un peintre et un cinéaste. Paul Delvaux nous peindra une de ses gares magnifiques ou de belles dames hallucinées et dénudées sembleront échappées tout droit du Malpertuis de Jan Ray. Sur le quai B la locomotive et les wagons d’ « Un soir un train » d’André Delvaux s’arrêteront.

Une carte postale de Sète ou de Caen suffira pour que Raymond Devos nous peigne une mer démontée, mais lui est hors compétition : même avec trois fois rien il nous faisait toujours quelque chose de neuf.

Du chapeau melon de Magritte Simenon coiffera Maigret et sur la toile il posera ce moment où tout bascule dans la vie d’un homme. Cela prendra la forme d’un jockey perdu, individu figé dans l’écorce ou la course du temps.

D’une fleur dans un verre on verra naître sous la plume de Franquin le fantastique Gaffophone.

D’un demi de bière – pour la marque on n’aura que l’embarras du choix ! – Annie Cordy en fera des tonnes et des tonneaux pour caricaturer Angela Merkel en Frida Oum Papa.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, révélons un dernier secret : lorsque la séduisante Georgette, l’épouse de Magritte, a posé sur la table un almanach Vermot, ni Zigmund, ni Sebarjo ni moi n’avons volé ce livre. C’est bien sûr Jean-Luc Fonck, du groupe Sttellla, qui s’en est emparé pour truffer de bons mots quelques galettes reconstituantes dont, plus que jamais en cette période d’austérité, nous vous recommandons l’usage. Car c’est aussi ainsi, par cette jovialité et cette humanité partagées qui vont du Libellule de Maurice Tillieux au « Vous permettez, monsieur ? » d’Adamo, des « Yeux de ma mère » d’Arno au « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, de « la longueur tuée dans l’œuf » de notre oncle Walrus au mariage de Mlle Beulemans, du Martini de Mussolini...

 

DDS 244 léonidas

...au W comme wagon de train d’Adrienne, des énigmes célestes d’Anémone à la poésie au point de croix de Lorraine, de t'Kliekske à la plus formidable des Belges d'honneur de l'Iowa, du marsupilami au Chat de Gelück, des « Ah que » de Johnny Hallyday aux merveilles de Julos Beaucarne, de Dupond à Dupont en passant par la Castafiore que la ligne est claire, qu’Allah est grand, comme disait Vialatte, et que le pays du Maneken Pis marque son territoire et réjouit ma mémoire. Cela dit, je reprendrais bien encore un Léonidas, ceux avec la noisette étant mes préférés !

P.S. Ce texte, accompagné de ceux que j’ai publiés ici ces dernières semaines, pourrait très bien intégrer un recueil intitulé : « 23 lignes pour chro-niquer mon Alzheimer ! ». Ca me plairait assez ! Et maintenant, chantons du Belge !

 

4 mai 2013

Peintre ou philosophe (Anémone)

L'oeuf contient l'envol
Et l'envol contient l'oeuf.

Le tableau n'est pas que peinture.
Le peintre n'a que l'apparence du peintre.
Il est créateur de pensée.
Concepteur de rêve.

D'abord la plume ou l'oeuf?
Tous deux sont immobilisme et mouvement.
Départ et arrivée.
Peu importe l'origine.

Qui se demande si le fruit,
Dont la graine est portée par le vent,
Procède ou non de la racine?

4 mai 2013

Peinture futuriste (Adrienne)

J'ai mis l’œuf de poule sur la table 
et j’ai peint un pigeon sur la toile 
Alors 
on ne fait plus l’œuf
a demandé le maître 
Non 
ni l’œuf ni la poule 
a répondu le pigeon 
Ah bon 
excusez-moi je croyais qu'on commençait par la poule 
a dit le maître 
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper 
a dit l'œuf
4 mai 2013

Le tableau de Magritte : (EVP)

Enfin un sujet vraiment n’œuf : Chouette !!

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